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 De la même espèce... [PV: Ada Zevouda]

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MessageSujet: De la même espèce... [PV: Ada Zevouda]   Lun 10 Sep - 6:59

Le dos las, le front ouvert en une petite coupure, voilà un bien grand et étrange homme qui foule le sol de la forêt de ses pieds. Une soirée qui avait pourtant commencé calmement pour le grand homme. Il n'avait fait qu'entrer dans une auberge, et demander un repas chaud pour le dîner. Mais, l'aubergiste l'avait dévisagé. Tout comme les clients qui ne firent qu'interrompre leur beuverie et leurs chants paillards à sa simple vue. Car il est vrai, qu'il n'est pas commun de voir un « homme de couleur » entrer dans une pièce, la tête presque contre le cadre de la porte, et à la carrure large et robuste. Une vraie force de la nature, de presque deux mètres, avec une couleur de peau qui pour certains n'évoque pas l'humanité. Alors, certains poivrots, entraînés par d'autres moins étriqués par la peur -alcool aidant- viennent le voir tout en se demandant si le même sang coule dans ses veines. Et ça, peu importe s'ils l'empêchent de terminer sa soupe, son pain, et sa charcuterie.

En peu de temps, le groupe d'hommes se retrouva dehors. En cercle, autour de celui qui les dépassait d'une tête. Cinq, contre un seul. Mais d'un guerrier robuste, il n'en a pas que la carrure. Si ce n'était pour cette bouteille de gnôle qui silencieusement avait volé contre son front alors qu'il se retournait, il n'aurait pas pris un coup. Mais ses mouvements, rapides, qui faisaient tournoyer sa grande cape, rendait cette montagne insaisissable. Et pourtant, il jouait, avec ces gens là. De sa nature profonde, il les surpassait, de sa technique, il les maîtrisait. Et c'est pour ça qu'il ne se contentait pas que de les frapper, mais de les soulever et de les projeter sur tout ce qui l'environnait. De vieilles caisses, des murs de pierre. Il les attrapait au cou, pour les traîner derrière lui pendant qu'il court vers un autre, le tout avec un petit rire malsain. Un jeu, ce n'était qu'un jeu, tout ça. C'était un guerrier mort d'ennui dans une ville qui ne savait lui offrir que de trop simples combats.

Revenons là où nous en étions. Karthikeyan, de son prénom complet, avait fini sa soirée en une simple balade aux abords du Palais Royal. Il espérait y trouver un peu de calme, de fraîcheur, de quiétude. Juste un endroit où se reposer, loin d'un monde qui ne sait que l'ennuyer.

Il arriva rapidement à une clairière. Un endroit ou les arbres s'étaient écartés pour ne laisser qu'un vieux chêne aux allures de centenaire en seul maître des lieux. De l'herbe, le clair de lune, un arbre majestueux, le silence. « Yan » eut envie de laisser ressortir sa face cachée. Mais, en dépit de cette flagrante solitude, il avait encore quelques réticences à laisser parler l'animal qui rôdait en lui. Il avait fait tant pour pouvoir maîtriser ce don divin, que dorénavant il avait peur que cet être lui échappe, et qu'il dévaste tout sur son passage. Mais il était loin, loin de ce tout qu'il avait si peur de détruire. Alors, il regarda la lune, serein, ses pupilles déjà ambrées se mirent à luire d'une leueur divinement dorée.

Le loup ferma les yeux, sourit, soupira et alla s'installer au pied du chêne. Il se dévêtit de sa veste, et de ses bottes, qu'il plia et garda près de lui. Il posa sa main sur son front, qui n'avait malheureusement pas encore commencé à cicatriser. En plus d'être doté d'une force prodigieuse, son corps semblait se remettre de ses blessures avec aisance. Même si parfois, cela prenait plus de temps qu'à d'autres. Et généralement, c'était quand la faim se faisait sentir. Alors, il recroquevilla son gabarit sur lui même, croisa les bras sur ses genoux, et posa le front sur ses avant-bras. Il ferma les yeux, et arrêta net tout mouvement. Quelques minutes passèrent. De sa position particulière, il comptait se reposer, économiser simplement son peu d'énergie, jusqu'à ce que le sommeil le prenne et qu'il finisse par s'endormir. Il repartirait le lendemain. Sa respiration, douce, très régulière, s'était fondue dans le décor.

Un léger bruit attira son attention. Un buisson, qui bouge, puis un mouvement lent, vers un autre. Quelques feuilles qui s'arrachent, des brindilles qui se brisent sous le poids d'un pas... Karthikeyan se leva d'un bond et se rua vers la source de l'irrégularité. En courant, sa transformation opéra. Rapidement, un énorme loup au pelage tigré fond sur le pauvre cerf qui venait se repaître d'un fourré, et qui n'avait remarqué la présence de l'homme immobile. Un éclair vif, une mort instantanée.
Et un repas, pour le loup. Manger de la chair crue, le dégoûtait quelque peu en son principe, mais son côté animal lui, y trouvait son bonheur. Il déplaça la frêle carcasse de ses crocs, allant la dissimuler un peu plus loin que son havre de paix, puis retourna s'installer paisiblement sous l'arbre pour s'y reposer un court instant, juste le temps que la digestion fasse son effet. Il laisse son corps reprendre sa forme première, repassa une partie de ses vêtements, et s'allongea en plein milieu de la clairière pour regarder l'astre lunaire... Encore une fois, silencieux, immobile, fondu dans le décor.

Et encore une fois, il entendit un bruit. Des pas, plus légers, mais toujours ces brindilles qui craquent. Mais cette chose là, est plus légère. Mieux encore, elle ne se déplace que sur deux pattes. C'est un humain. La méfiance prit place à la sérénité. Le cadavre décarcassé tout proche et encore frais, les petites marques de sang sur sa peau, pour peu que ce soit un chasseur ou une personne un tant soit peu maline, et son « don » serait exposé. Yan se mit en appui sur ses mains et ses pieds, presque en position de pompes pour scruter la direction dans laquelle venait le bruit. Proche, trop proche de la carcasse. Il se transforma encore, tout en prenant un départ fulgurant vers sa cible. Cible qu'il bouscula une fois pour la renverser de la tête, avant de se tenir face à elle, grondant de colère. Un signe, juste un qui lui ferait deviner qu'il n'était pas qu'un loup énorme, mais un homme changé en loup. Juste ce signe, pour savoir si oui ou non il aurait à tuer une âme humaine ce soir.
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MessageSujet: Re: De la même espèce... [PV: Ada Zevouda]   Jeu 13 Sep - 8:47

    La Maîtresse ordonne.
    Le chien obéit.
    Depuis des millénaires, cela fonctionne ainsi. Qui pourrait se permettre d'entraver le logique des choses ? Interrompre une règle inscrit dans les gênes, dans la peau et dans la chair ?
    Rien ni personne ne pourra arracher ce sentiment d'appartenance que les gens se permettent d'avoir entre eux. Ou envers leurs animaux. L'inverse n'est pas forcement vrai. Tous les animaux n'ont pas cette capacité de s'approprier un individu de leur espèce, ou d'une autre. Les chiens peuvent être possessif. Certains le sont extrêmement, surtout envers leurs maîtres.
    Ne nous y trompons pas, le loup n'est qu'un dérivé du chien. Un loup gardera toujours une part de liberté qui ne pourra lui être retiré, mais élevé comme un chiot, un louveteau se soumettra à son maître, non parce qu'il est LE maître, mais parce qu'il est le dominant des lieux.
    Et jusqu'à ce que le louveteau devienne grand, jusqu'à ce qu'il reste docilement en-dessous du maître dans la hiérarchie, le loup ne se rebellera pas.

    Ada Zevouda est une louve. Mais parce qu'elle est aussi humaine, elle a fait un choix. Mourir ou servir. Délaissée par ses congénères, abandonnée par les siens, seuls lui restaient les Vampires. Ils l'avaient recueillie, nourrie, logée. Lui avaient même apporté un peu d'amour, alors qu'elle avait tout perdu. Perdu sa famille, son village, sa vie de Princesse et son pays. Mais aussi et surtout son humanité. Lorsqu'on perd cette dernière, on aimerait se raccrocher à ce qu'il reste d'humain en nous, mais lorsqu'il est évident qu'il ne reste rien, on abandonne, là aussi. Et on se lie avec ceux qui sont comme nous, ou presque. Qui nous comprenne, qui nous apporte ce dont nous avons besoin.
    Ada a trouvé ce dont elle avait besoin en Mégane. Tel le fidèle chien qu'elle aurait pu être, elle était dévouée à sa maîtresse, qui le lui rendait bien. Des Vampires, une Louve-garou. Pourquoi pas.

    Cette nuit là, la seule du mois où sa maîtresse lui permettait de sortir longtemps, Ada s'était esquivée. Elle n'aimait pas s'éloigner de son gîte, mais parfois, l'envie était trop forte. Fuyez le naturel et il revient au galop. La règle d'or à ne jamais oublier. Si la Louve oubliait trop longtemps ce qu'elle était, il lui arrivait de perdre son sang froid et de recouvrir un état sauvage quelque peu... violent. Elle-même avait déjà une forte tendance à se transformer pour sa maîtresse – et pas que. Elle aimait beaucoup cette apparence. Elle oubliait tout. Elle n'était plus humaine, ne gardait qu'un étincelle d'humanité, et cela lui convenait. Sa part sauvage, de louve, était plus simple. Chasser, manger, dormir et réclamer des caresses de Megane.
    Aucune pensées humaines ne venait entraver sa conscience, lui empoisonner l’existence.

    Et lorsqu'elle pouvait aller courir sous la lune et les arbres, elle revivait.

    C
    ette nuit là en était une. Elle s'était éloignée de la demeure de ses maîtres, encapuchonnée comme à son habitude. Sa haute silhouette sombre et élancée n'attirait que peu les regards, elle passait inaperçue. Elle ne sortait jamais seule sans sa cape. Sa couleur de peau était bien trop voyante. A cette époque, ceux de son « espèce » étaient rare à Paris et étaient tous réduit à l'esclavage. Elle n'y faisait pas exception. Mais elle l'avait choisi. Ou du moins, accepté. Après tout, son pays n'existait plus pour elle, ni sa ville, ni sa famille.
    Qui était encore vivant ? Elle était âgée, bien trop. Elle était déjà centenaire, bien que son apparence ne prête guère à le prouver. Elle vivrait encore longtemps. Tout comme ses maîtres. Un jour, peut-être, elle retournerait dans son pays natal. Constaterait les dégats. Peut-être y avait-il des survivants. Si ses parents étaient mort, son frère lui aurait pu survivre. Avait-il eu des enfants ?
    Ce genre de question, Ada évitait de se les poser. Elle n'était plus princesse, elle n'était plus Zeeva – Louve – elle était devenue Louve. Et esclave. Une esclave offerte, littéralement Ada Zevouda. Elle n'avait pas choisi ce nom pour rien...


    A
    da ne retire sa capuche que longtemps après s'être aventurée sous les arbres. Elle attend d'être cachée à la vue des autres. Les gens n'aiment pas les personnes comme elle, de sa couleur, de son rang.
    Elle enlève son vêtement, trop lourd. Sa cape tombe sur le lit de feuille, rapidement suivie par sa tunique légère, puis par ses bottines. Elle laisse le tout sous un buisson, celui sous lequel elle a l'habitude d'y déposer ses affaires. Inutile de marquer l'endroit, elle le reconnaîtra à l'odeur.
    Nue comme un enfant tout juste sorti du ventre de sa mère, elle s'aventure plus profondément dans le sous bois. Elle inspire l'air frais.
    Une odeur de liberté, enivrante, se dépose sur ses papilles. Ses pupilles se dilatent de plaisir contenu. La chair de poule hérisse le duvet de son corps. Elle frissonne, caresse les troncs d'arbres sur son chemin, fait glisser délicatement ses pieds nus sur l'herbe douce, parfois parsemée de piquant qui ne font que lui chatouiller leur plante.
    Elle goûte le vent sur sa peau, sur sa langue. Lève les yeux vers les trouées des arbres et les faibles rayons de lune qui y percent. Elle sait où elle va. Une clairière, à l'écart du monde moderne, où, une fois sous son apparence de louve, elle parcoure en bondissant comme un louveteau curieux.

    E
    lle s'y dirige d'un pas léger. Ses seins lourds se durcissent, réaction à la brise qui la caresse délicatement tel un délicieux amant avide de plaisir charnel. La chasse l'attend, la chasse l'excite. Elle sent déjà un potentiel gibier passer à côté d'elle. Elle le repère, le mémorise pour quand elle sera prête.
    Ada est forêt. Ada est Louve.

    Alors qu'elle arrive à la clairière, une vague odeur l'alerte. En même temps qu'un bruit, un bruit fugace. A peine un frottement. Mais elle ne s'y attend pas, ne comprend pas. Il n'y a jamais rien de plus que des animaux ici. Plus loin, elle sait que des bêtes, de sa race, s'y trouvent. Mais pas ici, pas si proche de la ville.

    E
    lle tourne la tête, à peine assez rapidement pour voir une masse rayée, une tache sombre, un tas de fourrure, de crocs et de griffes lui sauter dessus. Elle n'aperçoit qu'un éclat d'yeux jaunes, pareils aux siens.
    Surprise, Ada perd ses appuis. Surprise, Ada perd ses tous ses moyens.
    Elle a à peine le temps de réaliser, que sa louve à compris. Avant même qu'elle ne touche le sol, sa transformation s’opère. Rapidement, mais douloureusement. Des années d'expériences, d'habitudes, qui ont façonnées son corps.
    En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Ada devient Zeeva. Un grondement sourd, puissant, vibrant sort de son thorax. Feulement sauvage, sensation de prise au piège.
    Piégée sous un loup de deux fois sa taille et son poids, la Louve est emprisonnée.
    Elle grogne sauvagement, clouée au sol par le mâle. Les crocs de ses derniers se sont interrompu à un centimètre de sa gorge, prêts à se refermer sur son encolure au moindre mouvement.

    La louve cesse de se débattre avant même qu'elle ne tente de combattre. Louve n'est pas dominante, elle ne fréquente pas ses semblables, mais par instinct, elle sait où est sa place.
    Esclave humaine. Louve soumise.
    Zeeva pousse un geignement d’apitoiement, synonyme de rédition. Elle s'abandonne aux crocs. Grogne un peu, tourne sa tête, suffisamment pour planter son regard fauve dans celui, identique, du mâle. Miel contre Or.

    Ada n'aime pas. Elle a peur. Elle n'aime pas la peur. Alors, d'un coup de pieds mentale, elle repousse sa Louve soumise et prend sa place. Elle recouvre son apparence humaine. Un liquide lui coule dans le cou. Du sang.
    Emprisonnée par les crocs, Ada roule sur le dos, entre les pattes du Loup énorme. Elle lui fait face, plonge son regard luminescent dans celui du loup. Ils ont la même couleur. Tout deux ont les iris brillants, miel, or, fauve...
    Ada soutient le regard du loup quelques secondes, puis cède. Soumission Louve, Soumission humaine. Mais soumise ne veut pas dire sans fierté, sans courage. Elle lève une main, la passe dans la fourrure de l'encolure de l'animal qui n'a pas bougé, qui semble surpris, indécis. Elle le saisit à la nuque, serre, tire un peu.

    « -Essaie seulement de me croquer, et je t'éventre mon Loup-Loup. Ceux de ton espèce ne me font pas peur. Essaie un peu, même sans armes, je te tuerai. »

    L'esclave ment. Elle pourrait le tuer. Elle possède encore une lame, accroche à sa cheville, qui est tombée non loin avec sa métamorphose. Mais elle ne le ferait certainement pas tout de suite. Que s'il essaie de la tuer. Elle ne pourrait même pas le tuer en forme de Louve. Elle se contenterait de se soumettre à son loup, le mâle. Sa louve s'offrirait même. Et quant bien même elle hait ceux de son espère autant que sa part humaine.

    Ada et Zeeva ne font qu'une. [/b]
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MessageSujet: Re: De la même espèce... [PV: Ada Zevouda]   Ven 14 Sep - 4:23


Confusion.
C'était bien des bruits de pas qu'il avait entendu. C'était bien un corps humain qu'il avait percuté. Pourquoi, alors pourquoi était-ce un loup qui se tenait entre ses pattes ?

Et ce loup grondait, sans ciller. Il grondait sûrement à cause de cette position défavorable, il grondait sûrement pour dissuader le lycan de refermer sa mâchoire sur sa nuque et de mettre fin à ses jours en un battement de cils. Mais ses crocs s'arrêtaient net, juste au-dessus de ses oreilles. Son crâne était petit, assez pour se faire happer par une gueule de sang pur, et broyer sous sa pression plus que formidable. Mais Yan ne cherche pas à tuer cet animal là. Il est suffisamment conscient pour ne pas avoir à tuer un congénère sur un territoire qu'il désirait maintenant s'approprier. S'il le fallait, en chassant celui-ci à la force du hurlement, à l'issue d'une lutte de pouvoir.

Le loup, finit par lâcher prise, couine, se laisse faire. L'indien vient doucement lui mordre le cou, sans grand mal, pour ne laisser qu'une marque. Un stigmate de son autorité incontestable. Le loup gronde un peu, mais est déjà un peu plus calme. Et son regard, leurs regards d'ambre pur se croisent.

Les astres avaient décidé de se jouer de l'esprit de Karthikeyan ce soir là. Voilà que ce loup -qui d'ailleurs était une louve qu'il n'avait su identifier- se changea en une femme. Une femme qui finalement, se tourne face à lui, qui soutient son regard un instant avant de se dérober. Toujours cet ambre pur qui semble le poursuivre, qui sème le trouble dans ses pensées au chaos grandissant. Elle est louve, elle est humaine. Elle lui ressemble en bien des points. Trop, pour qu'il ne la tue. Elle se saisit de sa fourrure, l'attire un peu vers elle, lui parle. Il entend, il comprend. Il n'avait jamais vu d'humain à ce jour, sous l'influence de l'astre lunaire.

« Tes menaces ne m'effraient pas. Essaye seulement de bouger, et ta tête quittera ces frêles épaules avant que tu n'aies pu soupirer. »

Il parlait, ses babines jamais ne murent ; pourtant, sa voix avait atteint le mental de sa captive. Ces mots naquirent dans sa pensée, et n'eurent pas à traverser ses lèvres pour qu'elle les entende. Don de loup-garou, de sang-pur. Don inconnu à lui. Mais au fond de lui il savait qu'elle l'avait entendu, comme lui l'avait entendu avec sa propre voix et non celle résident dans sa tête.

Karthikeyan approcha son museau de cou de la jeune femme, et en huma le parfum. Étrange, se disait-il. Un parfum bien différent du sien mais, quelque part semblable. Une once d'une odeur particulière qu'il n'avait sentie que chez lui jusqu'à maintenant, et chez personne d'autre. Une fragrance très subtile, enfouit dans le parfum de son otage, comme un mot perdu dans une colonne d'inscriptions...

Sa langue vint délicatement débarrasser son cou de ce liquide carmin qui perlait sur sa peau. Plus de doutes, cette femme avait bien un loup enfouit en elle, au plus profond de son être. Elle aussi, avait un loup tatoué sur l'âme. Elle aussi portait cette malédiction en son sein.

Tout parut instable. Absolument tout. Une foule d'interrogations vint serrer la gorge du lycan. Assaillir son esprit déjà embrumé par la simple existence de cette femme. Il n'était pas seul. Elle aussi partageait son secret. Combien de personnes le partageaient, était-il forcé de se cacher au grand jour, pouvait-il libérer cet instinct quand bon lui semblait...

Le loup baissa les oreilles, secoua la tête. Puis, petit à petit commença à perdre de son imposant volume. Peu à peu son crâne reprenait forme humaine, son corps se défaisait de son pelage épais. Il leva la tête, la transformation fut rapide, il souffla vers le ciel. Son repas copieux ne semblait pas apprécier ces changements de forme soudains. Il posa une main au sol, ainsi qu'un genou ; l'autre était relevé. Il se tenait au-dessus d'elle, sur son abdomen. Sans la toucher, juste il garda sa position de dominant. Puis il replongea son regard dans celui de la belle.

Intrigué, il laissa sa main aller se poser sur son visage. Sûr de son autorité, sûr de ne rencontrer aucune opposition, sûr de lui. De la délicatesse, de la curiosité. Point de brutalité, sans brusquer. Yan caressa sa joue, lui fit tourner le visage de droite à gauche. Elle était bien humaine, et aucun signe, aucune marque corporelle ne semblait invalider cette présomption. Tout coïncidait à la perfection. La couleur de sa peau, la couleur de ses yeux. Tout portait à croire qu'elle était de la même race que lui. Ses yeux se plissèrent à mesure qu'il regardait chaque trait de son visage en détail.

« Bheriya ? »

« Loup ». Seul mot de sa langue natale. Il ne sur venir que ce mot à ses lèvres. Peut-être comprendrait-elle, peut-être venait-elle des mêmes contrées sauvages que lui. Peut-être en saurait-elle plus sur son propre passé. Il ne voyait en elle qu'un moyen d'en savoir plus sur lui même, elle qui était aussi inconnue à lui que semblable. Si jamais il comprenait, il lèverait tout un voile de questions, fraîches, mais essentielles, et restées sans réponse.
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MessageSujet: Re: De la même espèce... [PV: Ada Zevouda]   Dim 16 Sep - 13:08

    Ada sent les crocs sur sa peau.
    Simple contact qui déclanchent des frissons. Frissons de peur. Elle tente de se contenir, ravaler cette panique. La peur du noir, du monstre dans la nuit. Cette peur vieille de millénaire. Qui jamais ne disparaît.
    Elle ne devrait pas avoir peur. Pour quelle raison aurait-elle ce sentiment ? Elle est comme lui, il est comme elle. Si semblable... Et pourtant, elle ne parvient pas à faire confiance à sa race. A CETTE race.
    Ada a déjà rencontré des loups garous par le passé, mais toujours sa méfiance avait fait qu'elle s'était enfuie, ou s'était montrée discrète. Ne jamais attirer l'attention de ses congénères tant détestés...
    Le pire, dans tout ça, c'est la connaissance. Le savoir.
    Savoir que la peur excite le prédateur. La proie panique. Le prédateur chasse et s'enflamme. Ada ne peut pas être une proie du point de vue du loup. Pas contre, une femelle appeurée affute et attise la curiosité, le besoin de domination et l'excitation d'un mâle.
    Ada ne s'est pas transformée en humaine pour rien. Peut-être, sous cette apparence, pourra-t-elle finter le loup et appaiser les sens de ce dernier...

    L'esclave feint l'indifférence. Elle tente de calmer les battements de son coeur bien que la situation ne prête guère à la sérénité. Elle sait qu'un faux mouvement de sa part et tout est fini. Elle n'aurait pas le temps de faire le moindre geste que cet énorme Loup l'aurait éventrée.

    Le Loup-garou ne semble plus aggressif. La tension dans ses muscles puissants s'est atténuée. Ada a toujours la chair de poule. Elle se met légèrement à trembler lorsque la voix du mâle résonne dans sa tête tel un grondement sauvage. Elle se doute qu'un humain n'aurait pas saisi le sens. Elle comprend que la seule raison pour laquelle elle y parvient, c'est que ce language est propre à leur race.

    Son regard se plante une fois encore dans le sien. Le transperce, le pénêtre. L'Egyptienne n'est pas confiante. Elle sait qu'elle peut mourir d'une seconde à l'autre. Mais alors que les dernières notes du rugissement se répercutent en un écho destabilisant dans son esprti, elle sait, aussi surement qu'elle est louve, qu'il ne l'égorgera pas.
    Le doute s'imisce pourtant lorsque le museau se rapproche dangereusement de sa gorge pour en humer le parfum. Instinctivement, Ada retrousse les lèvres et montre les dents, tout en fermant les yeux, se crispant, grondant doucement en signe d'avertissement.

    Et puis soudain, la longue langue rose surgit et vient débarasser Ada du liquide chaud niché dans son cou. Aussitôt, la Louve à l'intérieur gémit de plaisir alors que le corps de l'esclave se tend à s'en briser. Ses dents claquent, à un cheveux de la truffe du loup.
    Mais avant qu'elle ne puisse s'inquièter de son acte inconsidéré, cet étrange être dominant se retire légèrement, oreilles basses, regard ahuri. Il semble sonné, perdu.
    Mais Ada ne s'y fie pas. Méfiante, elle le dévisage honteusement alors qu'il reprend forme humaine, sous ses yeux.

    Un homme grand, fort, séduisant et à la peau aussi mate que celle de l'Egyptienne apparaît sur elle, en tenue d'Adam. Il ne la touche pas, ne la frôle même pas. Il se contente de se tenir au-dessus d'elle.
    Ses yeux, après un instant d'égarement durant lequel son attention semble troublée et fièvreuse, se reconscentre sur la belle. S'y focalise. S'y ancre comme si, subitement, elle était devenue la lune.

    Ada est perturbée. Sa Louve n'en mène pas large. Déçue de ne plus être en présence de son mâle si majestueux, elle se renfonce dans un coin minuscule de la conscience de la princesse Egyptienne. Elle s'y love, attentive, prête à surgir si son beau Loup réaparaît.

    Une main humaine s'aventure alors sur la peau si sombre dans la nuit de l'Egyptienne. Leurs peaux ne jurent même pas l'une sur l'autre. Aussi ténébreuses que leurs pensées, la main se marie à la perfection sur la joue de l'esclave, qui sursaute brutalement à ce simple contact.
    Un mouvement de recul, stoppé par la terre juste derrière son crâne. Clouée au sol, Ada ne peut pas fuir. Elle ne peut que se perdre dans le regard magnétique de cet homme si grand au-dessus d'elle. Cette proximité physique la gêne. La louve en elle chercher à se prélasser sous la caresse, à se tortiller sous ce corps puissant qui la domine. Ada, elle, ne désire que éviter à tout prix ce contact. Et pourtant au fond d'elle, la surprise de voir un homme de sa couleur l'empêche de prendre ses jambes à son cou.
    Cela fait tant d'années qu'elle n'a pas été ainsi touchée par un homme tel que lui !
    Jusqu'à présent, toutes les personnes mates de peaux qu'elle avait croisées étaient des esclaves, tout comme elle. Lui ne le paraissait pas...

    Les doigts glissent avec douceur sur la peau cuivrée de la belle esclave. Le pouce frôle la lèvre inférieure de l'ancienne princesse. Des éclats de plaisir lui percent le dos. Elle en ferme les yeux. Cela fait plusieurs secondes qu'elle ne réspire pas. Sa respiration s'est bloquée avant même qu'il ne la touche.

    Le Loup-garou la force à tourner la tête. Douce fermetée. Ada ne s'y oppose pas. Les yeux toujours clos, elle se laisse manipuler, le coeur dans la gorge. Exposée ainsi sa gorge fait retentir tous les signaux d'alarmes de sa Louve. Le danger de la soumission. Et pourtant, elle ne fait rien.

    Musique d'ambiance Ici

    « Bheriya ? »

    Ada rouvre les yeux. L'être humain semble troublé. Son regard est en quête de quelque chose dont Ada n'en comprend pas la portée. Elle ne connaît pas ce mot, ni ce nom. Est-ce seulement du français ?
    Elle suppose qu'il confond, qu'il la prend pour une autre personne.
    Dans un mouvement lent, l'esclave secoue doucement la tête, pour ne pas l'effrayer. Elle le croit fou.
    La peur disparaît. Un prédateur instable n'est pas dangereux.

    Il la décortique de ses yeux perçants. Elle en fait de même. Elle inspire pronfondemment. S'énivre de son odeur.

    Lentement, l'esclave redresse son buste, se soutient avec ses coudes posés sur la terre meuble. Son visage se retrouve alors à quelques centimètres de celui de l'homme. Cette proximité la rend nerveuse. Bien trop. Alors, sans geste brusque, elle se traine sur les fesses et recule.
    Le mâle ne bouge pas, mais l'observe scrupuleusement. Il semble attendre quelque chose d'elle. L'esclave secoue de nouveau la tête et pose sa main sur sa poitrine.



    «- Bheriya ? Non. Je... »

    Elle s'interromp. Sa voix et rauque, tendue. Elle allait répondre "Ada". Mais s'il connait ce nom, il pourra la retrouver. Tandis que si elle lui donne son véritable nom, il ne le pourra pas et se retrouvera dans une impasse. Pourtant, elle hésite encore. Connaître le nom d'une personne est synonyme d'emprise. Mais cette Princesse Zeeva a disparue depuis longtemps. Zeeva était morte. Alors, quel était le risque ?

    « - Je suis Zééva »

    Zééva, qui signifie Louve dans sa langue natale. Ada incline la tête et le pointe du doigt.

    « - Toi, tu es Zéèv. Je ne suis pas ta... Bhériya. »

    Zéèv. Loup. Le contraire de Zeeva. Ada lève le menton pour l'affronter. Elle recule encore puis, subitement et dans un bond, elle fait un rouler-bouler pour s'emparer de son arme délaissée. Elle s'en saisit habillement. Durant une fraction de seconde, le doute s'insinue en elle. L'attaquer ? Rester juste à distance en le menaçant ?
    Finalement, elle ne choisit aucune des deux solutions.
    Dans un éclat de lucidité, elle se remet d'applomb et telle une gazelle, prend ses jambes à son cou, la peur au ventre.
    Pris par suprise, il ne devrait pas se lancer à sa poursuite très rapidement, et peut-être aura-t-elle le temps de quitter la tranquilité des sous bois et de récuperer ses affaires...

    Ada ne veut pas avoir à faire avec les siens. Ils ne font pas partie de son monde. Si Megane lui ordonnait de tous les tuer, elle le ferait. Mais celui-ci est bien trop gros pour elle. Bien trop fort. Et puis, elle avait repéré un excès de faiblesse chez lui, comme si les métamorphoses l'épuisaient. C'avait été le cas pour Ada durant de très longues années. Mais l'entrainement et l'habitude avaient fait qu'elle ne ressentait presque plus la fatigue. Du moins pas sans Changer 3 ou 4 fois d'affilé dans un laps de temps très court.



    L'Egyptienne allonge ses foulées, jetant de brefs coup d'oeil dans son dos. Elle le sent. Elle l'entend. Elle sait qu'il est à sa poursuite. Ada grogne, feule, tente de le distancer. Elle ne comprend pas pourquoi il la poursuit... Il ne lui a pourtant rien fait ! Et le fait que sa Louve soit en chaleur ne devrait pas le rendre si... persévérant ! Soit, les Louves célibataires et en chaleur sont rare, mais tout de même ! Quelque chose clochait. Quelque chose dont Ada ne saisissait pas toute l'ampleur.

    Son souffle commence à se faire court. Les loups sont rapide sur une courte distance. Pas à longue échelle. Mais ils sont endurants. Pourtant, Ada sait que si elle ralentit elle est finie. Il la chasse. Il est près, bien trop près.
    Elle se retourne, le voit surgir entre deux arbres. Dans un dérapage controlé, L'esclave pivote subitement et se jete sur lui, le prenant par suprise. Ils basculent, emportés par l'élan. Ils roulent au sol. Ada prend l'iniative; elle prend la position dominante, se positionne sur lui et le plaque dans les épines de pins. Son poignard toujours dans sa main, elle pose le coté tranchant sur sa gorge.
    Assise sur son ventre, elle n'a que faire de leur nudité. Elle se penche sur lui, ses yeux brillants dans la nuit. Elle montre les dents et grogne.

    « - Ne... me... suis... PAS ! Qui que tu sois, laisses moi ! » siffle-t-elle.




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MessageSujet: Re: De la même espèce... [PV: Ada Zevouda]   Lun 17 Sep - 4:53

Chaud. Suave. Envoûtant. Le souffle de l'esclave caresse les lèvres du sang-pur.

Elle ne semble pas comprendre. C'est un échec. Elle ne comprend pas du tout. C'est inutile, tu brasses tes doutes, tu te perds dans les limbes de l'inconnu, et personne ne vient pour te guider.

Elle s'éloigne, elle quitte la large voûte que forment les épaules de Karthikeyan. Lentement, elle recule, cherche la sécurité hors de la portée du loup. Lui, trop anxieux, trop distrait, ne voit pas son mouvement comme tel. Il ne la craint pas, presque, il perd pied. Il ne comprend pas, bientôt le doute s'installe. Peut-être n'était-ce qu'une hallucination terrible, due à... une solitude trop tenace. Un rêve, peut-être ? Pas sa louve. Pas sa louve ? Mais la question n'était pas là, jamais il n'avait pensé faire d'elle sa...

Zééva, comme elle s'était elle même nommée avait bondit. Vif, précis, elle s'empare d'une petite lame qu'elle avait gardé dissimulée jusque là. Le manque de concentration. Sûrement la plus grande faille d'un guerrier, bien avant le manque de compétence. Mais pas un mot, un seul. Aussi rapidement qu'elle avait bondit, elle se mit à courir. Ses jambes, aussi fines qu'élancées semblent la porter comme le vent. Bheriya voulut la retenir, tendit la main comme si cela pouvait, par magie, stopper son mouvement. De sa gorge, nouée, s'étouffa un « arrête » presque plaintif. Il devait encore lui parler, il devait encore savoir d'où elle venait. Qu'elle fut réelle ou ne fut-elle qu'une illusion.

La fatigue commençait à le gagner. Il n'était pas de ceux qui vivaient exclusivement la nuit, les transformations – qu'il avait tendance à éviter – avaient la fâcheuse tendance de l 'épuiser. Son corps prit une impulsion. Ses mollets se crispèrent, pour ensuite libérer leur puissance. Un départ tout aussi vif que le sien. Il se devait de la rattraper, lui parler, lui poser une dernière question. Juste une, juste celle qui le libérerait de cette emprise solitaire. Être le seul représentant de son espèce, se condamner à une vie de marginal, se condamner à un exil « d'ermite ».

Il courait. Il ne voyait qu'une ombre passer entre les arbres, qu'une petite masse sombre se faufiler à travers la forêt. Il sentait ses pieds fouler les brindilles, les feuilles mortes. Il arrivait à entendre son souffle, un peu lourd, à chaque pas. S'il ne voyait que très peu Zééva, il entendait son souffle, il arrivait à discerner son parfum parmi celui des conifères. Ses sens étaient en éveil, affûtes comme ceux du loup qui résidait en lui, même ses yeux luisaient à travers l'obscurité. Il commençait pourtant à avoir l'envie de la laisser partir. De laisser fuir ce mauvais rêve. Il n'y a pas d'autre loup, il n'y a toujours eu que lui.

Perdu dans ses pensées, il ne la vit par sauter à sa gorge. La surprise fut telle que l'équilibre lui manqua. Son dos rencontra la rudesse du sol, des branchages lui percèrent la peau, laissant quelques légères entailles peu profondes de ses omoplates à ses reins. Mais le choc fut rude. Ils roulèrent encore sur le sol, le front de Karthikeyan percuta une racine, puis il se sentit plaqué contre.. des aiguilles de pin. De tout ce qui pouvait matelasser le sol d'une forêt, il avait fallu qu'il atterrisse sur ce qu'il y avait de moins confortable.

Son dos brûlait. Son front, légèrement écorché, le lançait. Il n'eut même pas le temps de se remettre de sa chute, que déjà une lame faisait la fière sur sa gorge, prête à faire valoir son tranchant. Prête à le tuer. « Zééva » se tint au-dessus de lui. Les rôles étaient inversés, voilà que c'était elle qui le bloquait. Il ne pouvait se retenir de la regarder. La douleur, mue en colère, et il ne peut s'empêcher de fulminer, la lèvre supérieure retroussée. Un grondement sourd vient de sa gorge, puis il ferma les yeux et soupira. Faire taire cet animal. Retenir ses pulsions sauvages. Rester par dessus tout humain, tel qu'il avait été élevé.


« - Ne... me... suis... PAS ! Qui que tu sois, laisses moi ! » 


Calme, de plus en plus détendu. La douleur se dissipait, alors que sa respiration retrouvait un cours normal. Elle était furieuse. Ou apeurée, il ne savait distinguer les émotions de ses comparses humains. Ni loups, d'ailleurs. Toujours les yeux clos, il alla d'un mouvement des plus lents, poser sa main sur le poignet de Zééva. Doucement, sans le serrer. Et il la fit déplacer sa dague, juste sur un centimètre, qu'elle s'immisce dans sa peau. Son sang perla, et une goutte fila jusqu'à tomber sur le sol. Puis il ouvrit les yeux, serein. Et il ne relâcha pas sa main.

« Reste calme. N'aie pas peur de moi, je ne te veux aucun mal. »

Karthikeyan n'eut pas à forcer énormément pour se redresser. Sa main, retenant toujours celle qui tient fermement cette dague à son cou. L'autre, appuyée contre les aiguilles, poussait légèrement le buste de l'indien vers le haut. Il ne croyait absolument pas en sa capacité à le tuer. Il espérait, seulement, qu'elle ne le tue pas comme ça, maintenant.

« Dis-moi, si ce sang là est similaire au tien... Dis-moi à quelle race j'appartiens. »

Certes, c'était vrai. Mais plus que s'accorder sa confiance, il espérait qu'elle se détente, qu'elle évite de l'égorger pour le laisser seul, baignant dans son propre sang perdu dans une forêt qu'il ne connaissait même pas. Ses réactions l'effrayaient, autant que sa personne le fascinait. Plus le temps passait, et plus une force indicible poussait son être à embrasser le sien. Pourtant, le calme de l'homme, et sa maîtrise de lui même, arrivaient à chasser cette idée de son esprit.
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MessageSujet: Re: De la même espèce... [PV: Ada Zevouda]   Ven 21 Sep - 21:10

    Le cœur battant, Ada appuit de tout son poids sur le torse du bel homme. Maintenant qu'elle a l'impression de dominer la situation, l'esclave parvient à se contenir, à rester prudente et à réfléchir posément. Ce homme n'est pas humain. Tout comme elle, il est Loup. A la fois l'homme sauvage et la bête sans humanité. Drapé dans sa délicate couleur chocolat, son regard inquisiteur et perdu est en alerte, tel l'enfant égaré dans les bois.
    Son corps lui est pourtant calme. Ada observe ses cheveux en désordre. Aussi sombres que les siens. Ses yeux, pareils aux siens, luisent dans la pénombre d'une douce lueur or. Sa peau, bien que pas aussi obscure que celle de l'esclave, l'égale toutefois de sa douceur crémeuse et robuste. Des épaules larges pour un homme qui a travaillé de ses mains. Bien rondes, musclées.
    Le regard d'Ada glisse sur cet homme, dont l'odeur enivre ses sens et perturbe son radar interne.
    Il glisse sur ses pectoraux saillants, puis plus bas pour graver les moindres courbes et fossettes de ses abdominaux dans sa mémoire. Mais son attention revient vite sur son visage.
    Perdue dans ses pensées, elle ne réalise pas que sa Louve s'insinue sournoisement dans ses actes et dans son esprit pour prendre sa place. Zééva, elle, a bien remarqué que leur corps nu est superposé à celui de l'homme, juste sous son nombril.

    L'humaine ne veut pourtant pas y penser, mais la Louve, elle, ronronne intérieurement en reconnaissant un de ses semblables. Pourtant, habituellement, Zééva n'aime pas plus que Ada les loups-garous. Mais elle aime encore moins les humains. Les seuls qu'elle supporte sont généralement des suceurs de sang.
    Mais avec celui-ci... elle agit différemment. Ada elle-même est totalement déboussolée ; se retrouver si proche et parler à un être possédant la même couleur de peau que la sienne ne lui est pas arrivé depuis si longtemps... Sa louve, quant à elle, semble en chaleur tellement elle frémit et gémit sous le regard du mâle.

    Ada garde le contrôle avec un effort visible. Elle se doit tellement de lutter contre l'instinct de sa louve que sa main, tenant l'arme, se met à trembler sensiblement.
    Mais alors qu'elle livre un combat intérieur, l'homme - sous l'emprise de la lune -, se saisit du poignet de l'esclave et la force à en entailler la peau de son cou. Surprise, Ada ne cherche même pas à jeter l'arme au loin. Et c'est alors que le sang perle de la coupure qu'elle remarque enfin les multiples égratignures qu'il s'est fait. Particulièrement sur le front.
    Un Loup-garou qui se blesse en traversant une simple forêt ? Mais d'où diable sortait-il ?!

    Soudain, le mâle ouvre la bouche. L'attention d'Ada s'y fixe. Et alors que cette voix, possédant un fort accent, s'exprime très lentement, elle ne quitte pas ses lèvres d'un iota. La douceur et le calme, s’immiscent dans ses paroles, traversent les mots et les pénètrent comme un homme le ferait avec son amante.
    Sa phrase frappe Ada avec une violence telle que si elle avait eu ses oreilles, nuls doutes qu'elle les aurait plaqués contre son crâne. Le corps de l'esclave se détend brusquement. Tellement qu'elle en lâche son arme.
    Le mâle se redresse. Il se rapproche. Il est Proche, bien trop proche. Mais Ada ne se crispe pas. L'air désespéré, il la regarde, comme si elle représentait sa survie, son pardon, tout son espoir.

    Perdue, l'Egyptienne réalise que son corps ne lui obéit plus depuis que l'homme lui a demandé de se calmer, et de ne pas avoir peur de lui. La surprise de cette révélation la laisse sans voix. D'une seule phrase, il l'avait forcée à se soumettre, presque sans même s'en rendre compte !
    Son bras toujours enfermé dans la poigne d'acier du mâle qui se veut pourtant doux, Ada le dévisage comme si elle le voit pour la première fois.

    « Dis-moi, si ce sang là est similaire au tien... Dis-moi à quelle race j'appartiens. »


    Subitement, la lumière se fait jour dans son esprit. La main d'Ada cesse de trembler, et son regard se vrille dans celui de cet étrange inconnu sorti de la nuit.

    « Tu... »

    Ada inspire. Expire.

    « Tu ne sais pas ce que tu es ? » demande-t-elle enfin.

    L'étranger lui rend son regard sans sembler comprendre ses paroles. Ada se redresse. L'étonnement se lit dans ses yeux. Se pouvait-il qu'il ne sache rien, absolument rien de sa nature ?
    Ada secoue la tête, encore plus perturbée que quelques minutes auparavant. Un long frisson lui parcourt le dos. Elle n'a plus peur. Cette dernière a quittée son corps à l'instant même où l'ordre – qui n'en était pas un – du loup l'a percutée. Une chaire de poule d'effroi s'installe sur son corps. Elle avait entendu parlé de ce curieux pouvoir qu'avait certains loups. Mais jamais aucuns ne l'avait utilisé sur elle... Enfin, elle en connaissait bien un qui y parvenait. Mais elle avait tellement horreur qu'il le fasse qu'elle prenait toujours soin de l'éviter.

    L'esclave revient à la réalité. Un courant d'air frais vient alors lui rappeler la fraîcheur de la nuit. D'un mouvement souple, elle se relève. Action inutile qui est interrompue par la main du mâle qui ne la lâche pas.

    « Je reviens.... je te le promets... »

    D'un regard suppliant, elle le conjure de la lâcher. Pour la première fois depuis sa nouvelle existence, Ada se sent de nouveau la princesse Egyptienne qu'elle était dans le temps. Et son désir est de comprendre cette étrange situation. Et qui est ce loup. Mais avant tout, elle ne peut sciemment discuter sérieusement sans avoir mis quelque chose sur son dos. Et sur le sien.

    D'un pas décidé, elle fait demi tour sans même vérifier qu'il l'écoute. Elle revient sur ses pas d'une foulée fluide et rapide, et retourne chercher ses vêtements. Utilisant son flair, elle retrouve aussi le tas d'habits que l'inconnu avait laissé au pied d'un arbre. Elle les attrape et repart avec. Sur le chemin, elle ne peut s'empêcher d'en inspirer l'odeur, dont les effluves alléchantes la font redevenir une adolescente en proie au sexe.

    En moins de cinq minutes, elle retourne là où elle avait abandonné le jeune homme. Elle lui lance ses affaires d'un geste brusque, puis enfile ses propres habits. Sans remettre ses bottines.
    Elle comptait bien chasser, quoi qu'il lui en coûte !
    Ainsi vêtue, l'Egyptienne prend des distances très respectueuses et s'assoit, dos à un arbre et à dix pas de distance de son congénère masculin.
    Elle met ses bras autour de ses jambes qu'elle ramène ensuite vers elle. Elle plisse les yeux et observe le mâle s'habiller laborieusement. Elle le voit se débattre, grimaçant légèrement à ses nombreuses blessures.
    Une idée vient alors à l'esprit de l'ancienne princesse. Elle la dit tout haut :

    « Techniquement, si tu es bien un loup-garou, tu ne devrais pas tarder à te régénéré. Enfin, si tu as suffisamment d'énergie... »

    Ada baisse alors les yeux sur ses mains à la peau mate. Puis les relève sur le jeune homme.

    « Qui es-tu ? » souffle-t-elle en le transperçant de son regard.
    « D'où viens-tu, et pourquoi sembles tu ne même pas savoir ce que tu es ?... Je veux bien te parler, à une condition. » ajoute-t-elle en se penchant en avant, le menaçant de son doigt levé. « Tu ne réutilises plus ton pouvoir d'Alpha sur moi, et encore moins pour me faire parler. Si tu brises cette règle, je disparais, et tu ne me reverras plus jamais. Où alors, je t'égorge... à toi de voir »

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MessageSujet: Re: De la même espèce... [PV: Ada Zevouda]   Sam 29 Sep - 4:09

« Tu... »

Elle souffle sur sa peau. Il ferme les yeux, frémit, savoure.

« Tu ne sais pas ce que tu es ? »

Il la regarde, fixement. Il le savait plus que pertinemment. C'était bien pour ça qu'il lui courait après. Elle avait compris, que lui, ne comprenait rien à la situation. Elle secoue la tête, frissonne, et essaye de partir. Par réflexe, il tente de la garder près de lui, la retient. Il ne veut en aucun cas que sa seule comparse connue finisse par le fuir. Il a peur, de se retrouver à nouveau seul et sans attache, dans une ville qui ne l'aime pas. Le regard presque suppliant, elle le rassure en lui promettant de revenir.
Doucement, il sent sa main quitter la sienne. Yan lui faisait confiance, suffisamment pour la relâcher. Il n'avait pu comprendre ce sentiment qui naquit en lui. Il n'avait jamais octroyé sa confiance à quiconque auparavant, pas même son père adoptif. Un père qu'il n'avait considéré et ce jusqu'à sa mort, que comme un tuteur.

Elle s'en va. Lui, se replie sur lui même. Il ne sent plus les épines de pin dans son dos, il ne sent même plus son front écorché. Il pense, il attend, il espère ne pas être victime de tromperie. Il pose son front sur ses genoux, et devient comme une pierre entre les arbres. Immobile. I bien que la mousse aurait vu le jour sur sa peau en une semaine. Mais avant qu'il ne se laisse emporter par sa torpeur, elle revient, habillée, mais pieds nus.

Le froid avait séché ses blessures. Le sang avait partiellement coagulé, il ne restait plus à son don inné de les cicatriser. Si bien que lorsqu'il attrapa ses propres vêtements, et que sa peau s'étira sous la tension de ses muscles, elles s'ouvrirent légèrement, ravivant de petites douleurs ça et là sur son corps. Il passa son pantalon, puis sa chemise, qu'il ne prit pas soin de fermer. Son corps avait pris l'habitude de ce froid léger.


Il haussa un sourcil, et la regarda sans un mot. Elle était assise plus loin, le fixait, mais lui, n'avait pas compris un traître mot de ce qu'elle disait. Il savait lire, mais son éventail de bouquins parcourus était minces. Il ne savait mettre de visage sur ce qu'elle appelait loup garou, et son esprit, focalisé sur... elle, n'arrivait pas à mettre en place les pièces de ce puzzle qui lui aurait facilement apporté un semblant de compréhension. Sa logique était pour le moins bloquée.


Et elle parlait encore. Pouvoirs, Alpha, tout ces termes dépassaient son entendement. Il ne put que lui répondre, en se levant, d'une grimace d'enfant perdu. Puis il se mit à rire, avant de s'adosser à un arbre, sans plus se moquer de sa douleur.

« Je ne veux pas paraître vexant, mais je n'ai pas compris un traître mot de ce que tu disais. »

Ça y est, les plaies se refermaient. Il regarda son bras, sous tous les angles, puis les croisa avant d'affronter celui de la belle.

« Qu'est-ce qu'un loup-garou... Et que veux tu dire par pouvoir d'Alpha ? »

Il pointa sur doigt vers lui.

« Si tu parles de moi, je ne sais même pas de quoi tu parles. Je n'ai même pas eu l'impression d'utiliser quoi que ce soit. »

Il regarda ailleurs un instant, repensant à tout. Tout, depuis le début. Il se croyait seul maudit à se transformer en loup. Voilà qu'elle apparaissait, remettant en cause ses hypothèses. Il n'avait plus aucune base à partir de laquelle faire des hypothèses, supposer, ou se référer. Tout était mis sans dessus dessous dans son pauvre esprit. Il se massa le menton, avant de la regarder.

« Je me suis toujours cru seul et je l'ai toujours été. J'ai cru que j'étais un démon. Toujours... reclus, au fond de moi même. »

Il se mit à rire de nouveau, conscient à présent de sa bêtise et de sa naïveté. Puis il replongea son regard dans celui de l'égyptienne. Il était franc, amusé, et semblait prendre la situation avec le sourire. Il semblait heureux, ou hilare. Il n'avait pas cherché de semblables, n'avait qu'une éducation d'humain, ne connaissait rien aux codes de vie des loups. Il avait même l'air de posséder un certain pouvoir. Son éclat de rire perça à travers le silence nocturne de la forêt. Puis il inspira longuement en se massant les paupières.

« J'ai l'impression de n'avoir été qu'un imbécile, et ce pour presque un siècle déjà. »

Spoiler:
 
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De la même espèce... [PV: Ada Zevouda]

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