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 La naissance d'une amitié. [Pv Nicole]

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MessageSujet: La naissance d'une amitié. [Pv Nicole]   Ven 11 Nov - 15:05

Les rues de la capitale française, qui d'habitude étaient si clair et animées, étaient aujourd'hui assombris par le temps maussade qui couvrait le ciel d'un épais manteau grisâtre qui ne semblait pas décidé à laisser le soleil réapparaître de si tôt. Les orages éclataient souvent ces jours-ci, noyant la ville sous une fine pluie qui rafraîchissait considérablement l'atmosphère. Comme chaque année, l'Automne imposait sa présence à grand renfort de température en baisse et d'un temps bien moins clément que la saison passée. L'hiver arrivait à grand pas, personne ne pouvait l'ignorer et il ne serait pas des plus tendre cette année encore. La plupart des gens regrettait l'été, mais n'accueillait pas ce temps froid avec plus de mauvaise humeur que cela, tandis que d'autres s'en plaignaient ouvertement et pensait déjà avec nostalgie à la douce saison estivale. Cela dépendait en faite plus de la classe sociale qu'autre chose, car les nobles et autres riches bien au chaud chez eux ne craignait nullement cette saison, alors que les paysans qui travaillait à l'extérieur à longueur d'année et les citadins qui avaient un métier pénible tel que les charpentier allaient devoir subir de pleins fouet les changements radicaux de températures. Mais qu'importe, personne n'y pouvait rien de toute manières, il n'y avait qu'à faire avec en attendant que cela passe. Pour Andreea, la fraîcheur de l'Automne n'était nullement problématique à ses yeux, car ayant grandi dans les montagnes de Valachie, elle pouvait se vanter d'avoir une assez bonne résistance au froid. Là-bas chaque hiver, la neige recouvrait tout et bloquait même les routes menant à son petit village natale, se qui l'isolait presque totalement du monde en attendant le changement de climat. Alors ce n'était certainement pas quelques petites gouttes de pluie qui allait faire peur à la jeune femme. Pour les parisiens, cela s'emblait être une autre histoire, car la plupart préférait ne pas sortir dans les rues dans la crainte d'être surpris par un orage et de se retrouver trempés jusqu'aux os. Seraient-ils en sucre qu'Andreea ne s'en étonnerait guère, tellement ces gens lui semblait tout craindre par rapport à ces grands gaillards que rien n'arrêtaient jamais dans les montagnes. Malgré son apparence fragile, la jeune femme était elle aussi faite de cette même roche inébranlable et était bien plus solide que la plupart des filles ayant sa constitution. En la voyant si pâle et si maigrichonne, qui donc aurait pu se douter qu'elle était si solide.

Et être quelque peu solide, cela était le minimum pour pouvoir survivre dans ce bas monde. Dans les quartiers mal fréquentés de cette ville, les plus faibles ne pouvaient espérer tenir bien longtemps sans faire une mauvaise rencontre, qui pourrait fort mal finir pour eux. Par chance, il était assez rare de croiser en plein jour des brigands cherchant à commettre quelques larcins, ces derniers attendaient généralement la nuit pour pouvoir se dissimuler davantage de leurs victimes bien évidement. Mais de toute façon, Andreea ne craignait pas grand-chose des voleurs, pour la simple et bonne raison qu'elle ne possédait rien qui puisse attirer leur convoitise. Contrairement à tous ces nobles qui se pavanaient avec de l'or dans les poches et aux doigts en guise de bijoux, Andreea pouvait bien passer devant un voleur sans que celui-ci ne prenne la peine de la regarder pour autre chose que ses beaux yeux. Son apparence n'était pas si misérable que cela pourtant, ses vêtements avaient beau ne pas être neufs, il restait tout de même décent et elle n'était pas aussi crasseuse qu'une mendiante. Mais il n'était nul besoin d'être un génie pour deviner en la voyant qu'elle n'était qu'une bohémienne, une fille qui vivait au jour le jour et n'avait pas de travail ni même de logement à long thermes. Une étrangère dans les rues de Paris, voilà tous ce qu'elle était et grâce à la réputation, pas toujours flatteuse, qu'on accordait aux gens comme elle, Andreea jouissait en général d'une tranquillité appréciable pour une vagabonde. La mettant dans le même panier que les gitans et autres nomades qui ne faisaient que passer dans la région avant de partir ailleurs, les citadins la laissaient aller à sa guise en pensant qu'elle partirait vite elle aussi. Quand aux criminels et brigands de cette ville, ils devaient penser qu'elle faisait partie d'un clan de nomades aux abords de Paris et la laissaient tranquille histoire de ne pas avoir d'ennui avec ces gens la. Ils étaient à peu près du même bord en vérité, alors pourquoi chercher la guerre entre mauvais gens. Bien entendu, Andreea ne faisait partie d'aucun " clan " comme ils disaient, mais tant que cette idée trottait dans la tête de ces personnes, elle n'allait certainement pas les contredire. Pourquoi s'attirer plus d'ennui que nécessaire après tout, la vie était déjà bien assez compliquée comme cela.

Pensive, la jeune fille marchait dans les rues sans but précis, espérant peut-être qu'une idée lumineuse pour se faire un peu d'argent allait lui tomber du ciel. Mais pour l'instant rien ne lui venait. Certes quelques pigeons s'étaient laissés prendre à son petit jeu de bohémienne et l'avaient écoutés conter la bonne aventure, mais aucun de bien fortunés et ce n'était pas les quelques pièces qu'elle en avait retirée qui aller lui permettre de subsister bien longtemps. Si elle comptait pouvoir manger à sa faim ce soir-la, elle aller devoir trouver autre chose, mais malheureusement les idées commençaient à lui manquer cruellement. Cette ville n'était en rien Byzance et pour une étrangère comme elle qui n'avait pas de travail stable, arriver à s'en sortir décemment n'était pas une mince affaire. Enfin, elle s'en était toujours assez bien tirer, alors cela n'allait tout de même pas changer si radicalement tout à coup. Comme à chaque fois qu'elle se retrouvait au pied du mur, Andreea trouverais bien une solution à plus ou moins longs thermes et comme à chaque fois, elle allait continuer à alterner les périodes fastes et les périodes plus pauvres. Sa vie fonctionnait ainsi depuis des années et bizarrement, cela lui convenait tout à fait… Faute de mieux en tout cas elle ne s'en plaignait guère et s'arrangeait pour faire avec. Mais certain jour comme celui-ci où la pluie s'invitait dans le ciel et rendait les rues froides et humide, cela devenait un petit peu plus compliqué il faut bien l'avouer. Lorsque votre seule source de revenue vous vient des passants croisés dans la rue, il ne faut pas s'étonner de voir ces dit revenus baisser lorsque personne ne se promène dans Paris pour cause de mauvais temps. Les aléas du métier dirons-nous… Il fallait faire avec ou en changer, aucune autre alternative ne se présentait. Mais comme Andreea ne savait rien faire d'autre, ou du moins n'avait jamais essayer, il lui semblait évident qu'elle passerait le reste de son existence de cette manière incertaine. Vivre au jour le jour sans se soucier du reste, cela avait des airs de liberté, mais comportait tout de même quelques défauts comme celui d'être coincé à l'extérieur par un temps à ne pas mettre un chien dehors et celui d'être tiraillé par la faim.

Glissant sur les pavés humides pour la énièmes fois, Andreea laissa échapper un soupir avant de regarder le ciel gris. Un coup de tonnerre passa au milieu des nuages et peu de temps après, il se fit entendre aussi… Encore un orage qui s'approchait, comme si elle avait besoin de cela en plus pour rendre sa journée encore plus terne ! Réajustant la capuche de sa vieille cape bleu nuit, Andreea baissa la tête et se mit à marcher un peu plus rapidement pour espérer échapper à l'averse qui arrivait à grand pas. Le sol sous ses pieds nues était bien froid, mais elle n'avait guère le temps de s'en soucier, tous ce qui lui importait maintenant c'était de ne pas se retrouver trempée comme une souche. Après quelques minutes passées à tenter de fuir la pluie, celle-ci finit tout de même par la rattraper, mais par chance, Andreea trouva vite à s'abriter sous le porche d'une maison. Une fois à l'abri du déluge, la jeune femme se laissa glisser le long du mur et s'assit sur le sol pour attendre patiemment que la pluie cesse. Les genoux repliés contre sa poitrine, elle se mit à observer les rares passants qui courraient dans le but d'aller se mettre à l'abri tout comme elle. Cette journée était définitivement bien triste et inutile et Andreea ne voyait vraiment pas comment celle-ci allait s'arranger et de plus, lorsque le soleil se coucherait dans à peine quelques heures, la nuit ne risquait pas de se montrer plus clémente.

[Désolé c'est très court T_T]
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MessageSujet: Re: La naissance d'une amitié. [Pv Nicole]   Dim 20 Nov - 16:57

Le ciel de Paris était dramatiquement gris. Un temps qui ne plaisait guère aux Parisiens y compris à la jeune Nicole Moulin. Elle n'aimait ni la pluie, ni la grisaille, surtout en journée. Curieusement, à l'inverse, elle adorait la pluie la nuit. Le bruit des gouttes d'eau qui tombaient sur la toiture et contre les vitres la berçaient toujours et l'apaisaient comme un ronronnement de chat. Cependant, en journée, quand il fallait sortir, c'était désagréable au possible. Mais le crachin et le temps maussade avaient aussi un grand avantage que la chocolatière ne pouvait qu'apprécier. Les Parisiens, nobles ou bourgeois, appréciaient, vu le temps, passer du temps dans son salon, bien à l'abri du froid et de l'humidité. Mademoiselle chocolat voyait son chiffre d'affaires exploser quand la pluie et le vent revenaient assaillir la capitale. Un mal pour un bien en quelques sortes.

Malgré tout, malgré le temps, Nicole travaillait toujours d'arrache-pied, ne comptant pas ses heures, ni son labeur. Elle voulait être reconnu de tous et par tous. Plus le temps passait, plus elle gagnait en bonne réputation. Elle savait déjà que certains bruits circulaient sur elle au palais royal. Des rumeurs qui vantaient ses mérites et les qualités du produit qu'elle proposait. Ses bruits de couloirs étaient certes dus aux nobles qui avaient déjà fait étapes chez elle mais aussi dus aux serviteurs de ces derniers. La jeune bourgeoise n'hésitait pas à en payer certains d'entre eux pour propager ces ouï-dires. Et oui, une rumeur, cela se créer et il fallait bien en passer par là pour atteindre certaines oreilles. L'objectif de la rousse n'avait jamais changé. Elle visait toujours le titre suprême, le « de » qui changerait sa vie selon elle.

La journée avançait doucement mais passait très vite pour miss Moulin qui aurait souhaité que les journées fassent plus de vingt-quatre heures. Comme chaque jour, elle avait veillé au bon nettoyage de son salon, de la cuisine, des cuves. Elle avait inspecté les salons au gant blanc pour vérifier sur les meubles qu'il n'y avait pas une once de poussière. Les stocks avaient été examiné en détail tout comme les comptes. La commande des produits avait été planifiée et les demandes qui devaient être honorées en ce jour avaient été répertoriées. La devanture avait été refaites de A à Z comme chaque jour. Les mélanges de chocolat avaient été réalisés sous ses indications. Nicole connaissait par cœur chaque recette, chaque mélange, chaque dosage et n'hésitait pas à mettre la main à la patte au besoin. Son exigence était légendaire peut-être plus que son chocolat mais tous ceux qui travaillaient pour elle connaissaient cet aspect de sa personne. Ils savaient aussi que le salaire était en rapport. Plus l'exigence était grande, plus les gages étaient conséquents. Un fois toutes les vérifications journalières faites, il fallait accueillir les clients, discuter, échanger, bavasser, pratiquer l'art de la flatterie. Cet exercice était fastidieux pour la jeune femme mais était plus que nécessaire à son établissement. Elle devait avoir bonne presse auprès de ses clients et pour cela devait se montrer une hôtesse sans pareil. C'était un aspect qu'elle maitrisait également très bien. Telle une danseuse de ballet, elle virevoltait entre toutes ses obligations à la perfection.

Les mondanités durèrent une grande partie de la journée jusqu'à ce que Nicole doive sortir. Elle avait une livraison à faire. Théoriquement, elle ne les faisait pas elle-même mais là, c'était un cas à part. Une grande marquise lui avait passé commande pour offrir à ses amies une dégustation privée. La marquise était une proche des souverains. Nicole ne devait donc faire aucun impair et mieux valait qu'elle soit là pour vanter ses mélanges. La belle se changea avant de prendre sa voiture avec plusieurs domestiques pour gagner la demeure citadine de la marquise. Tout avait été préparé à l'avance, il n'y aurait plus qu'à servir. Bien que rien ne l'indiquait, le cœur de Nicole battait à tout allure sachant ce rendez-vous capital. Une mauvaise impression de la marquise et tout ses efforts seraient vains. Il serait compliqué de rattraper sa réputation. Le fonctionnement était en cela bien étrange. Une réputation pouvait être détruite en quelques instants par une seule personne si elle était bien placée. Par chance, tout se passa pour le mieux. La marquise et ses amies furent enchantées par le chocolat de la demoiselle et tous les petits gâteaux qu'elle avait fait préparé. Un pas de plus venait d'être franchit pour son accession à son titre de noble. La dame lui avait même indiquée qu'elle en toucherait deux mots au roi dès que cela serait possible. Mademoiselle chocolat était aux anges. Les serviteurs débarrassèrent rapidement les tables et la voiture repartie rapidement en direction de la chocolaterie de la jeune femme mais avant, elle décida de passer par sa fondation.

Malgré qu'elle veuille attendre les hautes sphères de la société, elle n'en oubliait pas pour autant les miséreux. Certains endroits les accueillaient mais ces établissements étaient souvent tenus par les religieux. Or la jeune femme était plutôt en froid avec l'Église du fait de son expérience du couvent qui avait été détestable. Préférant donc gérer son propre établissement comme elle le souhaitait, elle avait ouvert sa maison pour les pauvres. Elle la menait avec autant d'exigences que pour son propre commerce. Les miséreux pouvaient avoir des repas chauds gratuitement et un endroit propre où dormir. Bien souvent la fondation devait refuser du monde mais si la place était comptée pour les nuitées, les repas étaient toujours distribués même si ceux-là devaient être dispensés dans la rue. Nicole s'y rendait au moins une fois tous les quinze jours pour s'assurer que tout allait bien mais elle faisait toujours attention à ne pas trop se faire voir, pour éviter que tous sachent à qui appartenait cet endroit.

La pluie se mit à retentir sur la capote du carrosse. Momentanément arrêtée, elle se remettait à tomber avec force. Miss Moulin resserra les pans de sa capeline de velours vert sombre sur elle. La pluie était froide et la jeune femme rêvait de bientôt se retrouver dans son salon où un bon feu brûlait, allumé par Blanche, sa servante. Ses yeux s'égarèrent sur l'extérieur. Les rues étaient vides ou peu animées. Les gens préféraient rester chez eux mais soudain quelque chose attira son attention. Sa voix assurée retentit dans la berline.


« Arrêtez ! »

Sans avoir besoin de répéter, le cocher stoppa le cheval et la voiture s'arrêta. Les deux serviteurs présents s'interrogèrent du regard mais ne dirent mot. Leur patronne devait avoir ses raisons et ils n'avaient pas de questions à poser. Le troisième domestique, qui avait pris place auprès du cocher, vint rapidement ouvrir la porte et abaissé le marche-pied. Nicole sortit rapidement de la voiture sans faire attention à la pluie. Elle remonta la rue sur quelques pas avant de s'arrêter à quelques mètres du porche d'une maison. Une jeune fille était assise dessous, cherchant vraisemblablement à se protéger de la pluie et du froid. Même si elle vivait dans un milieu aisé, la chocolatière éprouvait toujours beaucoup de compassion envers les plus défavorisés. Ce n'était pas de la pitié, juste de la compassion pour ceux que la vie avait malmené. Elle s'approcha de la jeune fille recroquevillée. D'un geste délicat, elle passa une couverture de fourrure sur elle. La couverture qu'elle gardait dans la voiture pour se protéger du froid. Elle s'en était saisi avant de quitter sa voiture. Elle s'accroupit ensuite devant la pauvrette lui dédiant un sourire rassurant.

« Bonjour. Tu ne dois pas avoir chaud ici. Je connais un endroit où tu pourras avoir à manger et où tu seras à l'abri du froid et de la pluie. - Sa voix était douce et rassurante. Elle tranchait avec la voix autoritaire qu'elle prenait souvent – Ne soit pas inquiète, tu n'auras pas d'argent à donner et ce n'est pas un lieu malfamé ou amoral. Il est tenu par des personnes du commun mais pas des religieux. »

Nicole savait que curieusement les pauvres appréciaient moyennement les religieux. De plus, la fille semblait un peu bohémienne au vu de sa tenue. Or cette population appréciait encore moins les représentants catholiques qui le leur rendaient bien d'ailleurs. Mais Nicole n'avait aucun à priori sur les gens. Elle lui tendit la main.

« Est-ce que tu veux que je t'y conduise ? Je me nomme Nicole et toi ? Quel est ton nom ? »
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