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 Home sweet home... [Solo]

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MessageSujet: Home sweet home... [Solo]   Lun 10 Sep - 1:49

«London. Oh! sweet London. My lullaby. The price of my life.» Une bouffée d'air. La voilà en lui, le parcourant de ses milliers d'étincelles, lui rappelant sa loyauté jamais ébranlée. Il aimait Londres. Il aurait voulu y naître et il y mourra. Lors même si sa dernière blessure était en terres de France, il se traînerait jusqu'ici. Jusqu'à sa terre de liberté. Il leva ses yeux ambrés vers les grandes bandes effilochées des nuages blancs, gris ou teintés des nombreuses couleurs célestes. Comme il était bon d'être de retour après une épopée en mer. Laissant les passants le bousculer, restant immobile et droit sur le quai, il imagina ces corsaires. Leur carcasse décharnée, squelettique et éparse couler aux fonds des abysses aquatiques. Il imagina, un sourire hautain à la commissure de ses lèvres, leur grand navire si craint et majestueux, tel le hollandais volant, sombrer dans ses eaux noires, froides et cruelles, avides de se nourrir des naufragés et des débris de la guerre. Puis, rouvrant les yeux et abaissant son regard sur la ville, sur ses habitants, il ajusta Cantatrice et fit un pas. Un pas fier, dédaigneux, puis un autre et ainsi laissa sa trace de sa démarche noble et condescendante. Il arpenta le quai pour s'arrêter, se retourner et regarder au loin l'horizon immensément bleu. Il n'avait éprouvé aucun attachement à l'Artois. Il s'était senti si indifférent qu'il en avait éclaté de rire. Il avait fait tout ce voyage pour rien. Il n'aurait même pas dû le faire d'ailleurs. Pourtant, il avait senti l'irrépressible besoin de voir cette lande. Cette partie du monde où il avait pousser son premier souffle, son premier cri et où il avait réclamé désespéramment ces bras chaleureux dont il n'avait plus souvenirs. Il n'y était resté qu'un mois, un pauvre mois où le temps lui avait semblé cruel. Il lui avait paru si éternel, étiré et soucieux de le faire ardemment patienter. Pendant toutes ces heures, ces semaines, il avait parcouru l'Artois nuits et jours, en quête de victimes de sa rage. Il avait fait couler le sang si bien qu'il ne lui était pas conseillé d'y retourné pour des vacances paisibles. Puis le jour enfin, celui où un navire abordait les côtes, était arrivé. Il avait pu embarqué pour cette ville qui manquait tant à son cœur. Même un criminel a besoin d'attache. Certains le lui reprocheraient mais il les ferait taire par le fil de ses lames. Llueld ajusta son chapeau d'un geste vers l'avant puis continua sa marche. Il zyeuta de ses grands airs les gens qui s'affairaient sur les quais. Ils déchargeaient, empaquetaient et attendaient tous les navires. Certains ne faisaient que se balader le long de cette étendue bleue mais ils ne semblaient d'aucune importance parmi ces gens désireux de partir où de revenir. Il les regarda en acceptant le respect qui germait en lui. Ce travail était pour les passionnés. Ceux à qui la mer avait caressé leur avenir. Sans cesse à ses côtés, ils travaillaient jours et nuits ne vivant que par ses battements et espérant vainement de pouvoir l'épouser un jour. Llueld cessa de penser à ces vies insignifiantes et soupira. Le revoilà à Londres. Terre de tous ses désirs, celle qu'il désirait rendre rouge, qu'il désirait marqué de son âme, de son énergie et de son propre corps. Cependant cela l'horripilait. Il y était mais il n'avait aucun but présentement. Aucune commande, personne pour le supplier d'éradiquer untel ou unetelle. Cette pensée le démangeait telle une fourmilière. La célébrité noire lui était-elle montée à la tête? Et alors? Il avait besoin d'une commande en ce moment. Il n'avait pas envie de cogner à la porte de la mort d'une personne sans raison. N'y avait-il personnes de rancuniers? Personnes de vindicatifs? Assoiffés de vengeances, de haine? Londres était-elle donc devenue si paisible? Avait-elle perdue son charme en un an? Llueld laissa échapper un bruit agacé d'entre ses fines lèvres. Par sa sainteté, il allait donc prendre les manières fortes et observer avec délectation les réactions des gens afin de les user pour un quelconque meurtre. Après tout, manipulation est mère de toutes réussites. Pourquoi se forcer à faire les yeux doux lorsque l'on peut user de l'intelligence qui nous est prêtée par sa sainte divinité? Ah! si tous les grands monarques pouvaient penser ainsi! Il faut malheureusement croire que certains préfèrent user de d'autres manières. Quant au roi d'Angleterre, il n'en avait cure. Llueld posa une main sur la garde finement exécutée de Cantatrice. Vendetta. Elle lui passa soudainement à l'esprit. Il devait en premier temps se rendre chez Valdrigue et reprendre sa chère seconde protectrice. Son seul allié lui avait promis de veiller au doigt et à l'œil sur Vendetta, comme s'il s'agissait de sa propre arme. Valdrigue vivait tout au fond de Londres, là où les polices cherchaient le moins. Llueld continua sa marche sur les quais en pierre parfois agacé par ces gamins qui le bousculaient en courant, parfois amusé devant les bonheurs qu'il trouvait pathétique et lamentable de quelques amoureux transis. Le jeune homme, cogitant entre le choix de marcher ou celui de prendre la calèche, s'approcha du bord de pierre, observant les brisants contre la forte base du quai. Un vent doux, puis progressivement fort s'était mis à s'élever. Éole était irrité. Quelqu'un avait provoqué la puissance incommensurable du vent et celui-ci refroidissait l'air déjà frais des grands appontements destinés aux puissants navires anglais ou étrangers. Llueld vérifia pour la seconde fois son chapeau haut-de-forme afin qu'il ne s'envole pas. Il avait pris sa décision, il marcherait.

Le jeune anglais releva la tête et observa le ciel qui changeait graduellement, doucement de couleur. Au loin, là où la ligne entre le ciel et la terre se faisait mince, les bleus marins et cosmiques se séparaient par une bandes où les rouges, les oranges et les jaunes s'entremêlaient, créaient des distorsions pour former les plus belles nuances dans la voûte céleste. Llueld contempla en admiration cette toile née sous le pinceau d'un des plus grands artistes. Il avait tant hâte du jour où un peintre peindrait enfin une œuvre rouge, sanglante, représentant la dernière aube du monde. En y repensant, peut-être avait-il plutôt hâte du jour où quelqu'un le sortirait de cet abyme dans lequel il n'avait jamais désiré plonger. Peut-être qu'un jour quelqu'un enfouirait cet être abjecte dans les tréfonds de son âme. Ce jour-là il ressortirait enfin. Il jaillirait de nouveau pour reprendre possession de ce qui lui revenait de droit depuis sa naissance. Non. Llueld porta sa main à son cou. Encore ces cris. Il en avait assez de les entendre sans jamais savoir qui les poussait, sans jamais savoir qui le forçait à penser de la sorte. Il s'appuya contre le quai, retira son chapeau et rejeta la tête vers l'arrière. Laissant le vent venir chatouiller ses mèches blondes, il porta son regard vers la mer, au bas de lui. Elle semblait plus déchaînée. Comme si elle s'élevait contre l'irritation du vent. Llueld laissa son regard ambré errer pendant quelques minutes sur ces embruns puis sentant un léger mal dans le cou, releva la tête et remit son chapeau. Il s'éloigna du bord et ajustant son accessoire sur son front, les yeux fermés, il n'aperçu pas la silhouette grande et élancée qui se tenait quelques pas devant lui. Ce fut évident, juste trois ou quatre pas à faire. Llueld rouvrit les yeux au dernier moment et la rencontre fatale eut lieu. Le jeune anglais entra en collision brutale avec le jeune homme habillé de rouge. Les deux reculèrent quelques secondes plus tard sous le choc de ce face-à-face sans douceur. L'inconnu étant plus grand que lui, Llueld porta une main à son front tandis que l'autre la portait à son menton. A-t-on idée de se balader sans regarder où l'on va! Une minute... Llueld serra les dents.
«Dis donc! Sais-tu marcher en regardant devant toi?! s'exclama-t-il, frustré d'un pareil affront. J'attends tes excuses!»
L'intéressé grimaça de douleur avant de s'exclamer en se redressant de toute sa hauteur.
«N'est-ce pas vous messire qui ne regardiez pas où vous alliez? Et puis je vous signale qu'entre vous et moi, j'ai l'impression que je suis celui qui a le plus encaissé, ouch!»
Il se frotta vigoureusement le menton et Llueld étouffa un juron, indigné, humilié!
«Aie-je l'allure d'un morceau de pierre?! Mon front me fait tout aussi mal!»
«Je vous demande pardon messire! Je suis pressé et je n'ai pas pris la peine de m'écarter. J'avoue que vous êtes la troisième personne que je bouscule.»
Il sourit d'un air désolé et Llueld lui lança un regard ahuri, hébété devant pareil comportement. La troisième personne?! Ce grand dadais n'avait-il donc pas remarqué le monde grouillant sur les quais?! Sûrement pas!
«Eh bien dis donc! Ne penses-tu pas qu'il serait temps de remarquer toute la foule qu'il y a?! J'attends toujours tes excuses solennelles! Un simple pardon ne suffit pas! Me faire valdinguer ainsi n'est pas le genre d'activités que je prône!»
Le jeune homme s'inclina respectueusement devant Llueld, d'un air noble. Puis il se releva, un doux sourire sur le visage et d'une voix claire, il déclara:
«Milles excuses messire. Je vous prie d'oublier ce malencontreux incident de ma part. Je vous jure que cela ne se reproduira plus. Permezttez-moi de me présenter. Théodore Milo Canterini, noble italien.»
Il s'inclina une deuxième fois et Llueld enleva son chapeau et s'inclina à son tour. Il n'en avait rien à faire de son titre. Ça ne changerait rien dans son existence et sans répondre, il feignit de quitter sa compagnie.
«Puis-je vous demander à quelle heure part le prochain navire pour la France?»
«Demande au contre-maître ou à l'équipage d'un de ces billots de bois, répondit dédaigneusement Llueld en s'éloignant en direction de l'entrée du port. Bon voyage en terres françaises.»
Il avait eut l'amabilité de lui souhaiter une bonne traversée. La meilleure des choses serait donc de le laisser tranquille sous peine de se retrouver mort dans son lit à fond de cale. Encore, cet étranger se retrouvait chanceux d'être dans un endroit où les yeux zyeutaient tous les alentours. Cependant Llueld sentit une poigne ferme sur son épaule gauche. Il se retourna et d'un coup sec, se dégagea de cette emprise qui lui rappelait soudainement de très mauvaises et dégoûtantes sensations antérieures. Théodore retira vivement sa main, arborant un air désolé. Cependant Llueld perçu dans ses yeux verrons de la malice... de la malice?! Le jeune homme posa sa main sur sa poitrine avant de retirer son feutre.
«Je suis indulgent, cependant j'aimerais que vous fassiez preuve d'un peu de bonne foi. Je n'aime pas les jeunes qui se donnent de grands airs. Je crois que c'est à moi d'exiger de vous des excuses.»
Jeune? Dans ce moment, Llueld devinait qu'il osait le traiter d'adolescent pré-pubère. Il plongea son regard où la condescendance rivalisait avec la fureur, dans celui verron et malicieux de son interlocuteur.
«À me retenir ainsi, tu vas rater ton départ pour tes terres sans noblesse. Saches également que je ne suis pas un de ces gosses qui se cachent derrières les jupons de leur mère, et je ne compte certainement pas te fournir mes excuses. Sur ce, je me dois de te fausser compagnie.»
Il remit pour la enième fois dans cet après-midi - qui ne s'annonçait pas des plus tranquilles comme prévu - son chapeau. Cependant il n'eut pas le temps de faire un pas.
«Hum, hum. Eh bien, eh bien. L'apparence ne fait pas son âge. Ou peut-être est-ce le contraire. Je n'apprécie pas votre remarque sur la France. Soit, j'y concède. Pour vous nobles anglais, rien n'égale votre puissance navale. Cependant je ne vous savais point si peu raffinés envers vos ennemis. À moins que la bienséance n'ait pas été enseignée à quelques particuliers. Voyez-vous, je serai vous faire part de mes plus plates excuses pour vous avoir confondu à "ces gosses". J'espère ne pas avoir offenser "sa majesté".»
Llueld lui jeta un regard haineux. Il désirait jouer à ce jeu? Soit! Il jouerait! Il lui montrerait comme à tous ceux qui s'étaient élever contre sa personne qu'il était le seul vainqueur dans quelconques joutes, qu'elles soient verbales ou physiques. Il sourit éffrontement. Ah! On osait porter atteinte à sa bienséance?
«Il y a des vérités malheureusement qui ne peuvent être changées. J'espère ne pas blesser là tes croyances. Tu auras beau t'excuser contre la terre entière, je ne donne mes remords que si je le juge utile. De telles altercations futiles et immatures ne méritent pas que je m'y penche afin d'exprimer mes regrets devant les paroles blessantes que j'aurai pu dire. Oh! Certes je n'aurai pas dit toutes les vérités du monde mais vois-tu, j'ai l'immense honneur et humilité d'avouer que je ne suis pas sa sainteté le Père tout puissant. Je ne puis donc pas émettre toutes les vérités fondées sur une personne. Loin de moi l'idée de m'avoir offensé, je me dois, en tant que personne des plus civilisées, accepter les remarques. Cependant Théodore...»
«Milo. Il est fort préférable de me prénommer Milo. Je n'aime pas Théodore. Oh! Veuillez m'excuser de vous avoir interrompu dans votre sermon.»
Théo... Milo s'inclina et lorsqu'il se releva, un sourire et une étincelle maligne se lisait sur son visage. Rien de bien méchant. Il était tout simplement tombé sur un être qu'il appréciait fort bien. Llueld l'avait deviné. Il en rit intérieurement. Comme c'était ironique. Il porta sa main à la garde de Cantatrice. Peut-être avait-elle envie de faire la correction à sa place? Quelques gouttes de sang ne seraient certainement pas mal vu.
«Très bien. Milo. Je n'ai rien à rajouter. Je ne gaspillerai pas ma salive pour cette histoire. J'y mets donc un terme maintenant.»
Il tourna les talons et fut percuté par un enfant. Il garda cependant sa dignité. Hors de question de montrer une quelconque faiblesse à cet être horripilant.
«Maman! Maman! regarde! Le bateau de la France quitte le port! Quand celui de l'Espagne partira-t-il?»
«Allons, allons. Je ne sais pas mon chéri. Maintenant dépêchons, nous allons perdre ton père parmi cette foule.»
Cette discussion entendue à quelques pas des deux adversaires verbaux n'aurait peut-être pas dû être entendue. Milo sourit et remit son feutre sur ses longues boucles blondes, dignes des grands nobles italiens.
«Je crains avoir manqué mon embarcation pour mes terres "sans noblesses". Auriez-vous l'humble amabilité de me laisser accompagner vos pas jusqu'à ce que je puisses prendre le prochain départ?»
Llueld savait que la provocation détonait dans le ton de voix du jeune homme. Il soutint son regard malicieux avec hargne. Ça s'annonçait mal. Très mal. Très... très mal.
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