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 Alice Phyllis Patterson { Terminée

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Alice P. Patterson
Domestique
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Date d'inscription : 18/08/2012

MessageSujet: Alice Phyllis Patterson { Terminée   Sam 18 Aoû - 15:24

Patterson P. Alice




feat. Izayoi Sakuya
    IDENTITÉ :


    Nom : Patterson
    Prénom: Alice Phyllis
    Age : 17 ans
    Date et Lieu de Naissance : 30 octobre
    Orientation Sexuelle : Hétérosexuelle
    Nationalité: Anglaise
    Groupe : Humains
    Classe Sociale: Domestique de Stanislava Braginsky




Description Physique :

    La neige. C'est un élément qui peut nous venir à l'esprit lorsque l'on croise Alice du regard pour la première fois. Sa chevelure est d'un blanc opaque et scintillant. Vous l'aurez deviné, vu l'époque ce n'est pas une teinture...et son tablier de domestique vous confirmera également que ce n'est pas non plus une perruque achetée à un prix exorbitant. Non, la jeune anglaise est tout simplement albinos. Sa peau est donc très claire et ses cheveux sont ' naturellement ' blanchâtres. Cela ne l'empêche guère d'être mignonne. En fait, ça fait partie de son charme. La clarté de son cheveu s’agence parfaitement à la douceur et la féminité de son visage. Après tout, dans certains pays on admire les femmes au teint aussi blanc...tout comme dans d'autre on les torture, mais retournons à l'adolescente. Elle ne passe pas inaperçue, il faut bien l'admettre, or ce n'est pas comme si elle s'arrangeait pour être vue, admirée, insultée ou détestée.

    Ses conditions la forcent à rester à l'intérieur. C'est l'un des éléments qui fait d'elle une femme qui aime son emploi. Comme elle est plus souvent à l'intérieur à ranger, servir le thé ou accomplir une autre tâche anodine demandée par ses maîtres, elle ne souffre plus comme elle a déjà souffert. Elle se trouve chanceuse d'ailleurs de servir une famille aussi compréhensive.

    L'autre élément que touche sa maladie est ses yeux. Ils sont d'un bleu très clair alors que ses deux parents biologique avaient les iris marrons. Si elle n'avait pas la tête couleur flocon, on ne percevrait probablement pas son problème, ses yeux ayant quand même l'air normaux malgré la différence avec ses géniteurs. Le seul inconvénient c'est qu'elle a la vue largement réduite par cela, toutefois elle s'y est adaptée avec le temps. Elle n'avait pas vraiment le choix. Il n'est pas rare de la voir plisser les yeux quand elle lit ou quand elle sert une tasse de thé. Ça ne ralentie pas la vitesse de son service, ça la rend juste un peu plus soucieuse des quantités ou de la qualité de ses nettoyages ou rangements, voir perfectionniste.

    Son corps est quant à lui plutôt frêle. Elle est bien nourrie mais ne mange peut-être pas assez à cause de sa faible constitution. Son poids varie donc selon son humeur ou certaines périodes de l'année qui lui rappellent quelques mauvais souvenirs. L'anglaise ne va pas jusqu'à s'en rendre malade, elle se force généralement à manger un peu de pain ou un petit bol de soupe même si la faim ne l’appelle pas. Ses courbes sont normales et sa poitrine est dans la moyenne, pas qu'elle est la moindre envie ou raison de s'en vanter. Mais c'est toujours bon à savoir, non? Elle est d'ailleurs certainement la savoir qu'elle a un petit grain de beauté sous le sein droit...quoique, plus maintenant. Ses vêtements cachent aussi d'autres marques bien plus choquantes.

    Niveau accessoires, vêtements et coiffure la jeunette n'est pas plus particulière qu'une autre. Enfin si, ça dépend du point de vue. Elle n'a ni l'air bourgeoise, ni l'air villageoise. Les robes qu'elle porte sont généralement noires et couvrent son corps des épaules jusqu'aux genoux, serrant parfois sa taille mais étant parfois moins ajustées pour plus de confort. Il lui arrive plus rarement de porter des robes plus courtes selon la température, mais comme elle ne sort que rarement elle ne remarque pas tant que cela les différences de climat...si ce n'est qu'en regardant par une fenêtre. Par dessus son habit, elle enfile un tablier blanc toujours bien lavé, qui permet aux visiteurs et nouveau arrivants de la famille de la distinguer des autres habitants de la résidence. Elle porte également une blouse blanche sous sa robe qui lui permet de cacher son cou et ajouter un peu de style à ses manches en en ressortant les bouts à l'extrémité de ses manches. Au début c'était inconfortable, mais elle s'y est habituée. Par dessus cette petite touche de clarté, elle enfile un petit ruban noir par pure fantaisie - et peut-être aussi pour éviter pour éviter que son cou sois mit à découvert -. Elle met le même type de ruban dans ses cheveux, près de ses oreilles.

    D'ailleurs, sa crinière est toujours - ou quasiment toujours - décorée de la même façon. Elle garde une chevelure courte qu'elle laisse plus longue à l'avant et attache en deux petites tresses qui lui caressent constamment les épaules. Une autre fantaisie bien à elle pour avoir une raison de porter les rubans de couleur qu'elle collectionne. Ils ont une valeur sentimentale que vous ne tarderez pas à connaitre. Et d'ailleurs, je crois bien que nous en avons terminé de la description visuelle d'Alice.




Description Mentale :

    La fragilité décrit bien une majeure partie de sa personne. Déjà son physique est fragile, mais son caractère l'est tout autant. On pourrait croire que son passé sombre l'a endurcie, mais il a en fait tout le contraire. Plus son sort était atroce, moins elle supportait la douleur. En même temps, comment peut-on s’efforcer d'être plus fort quand on ne voit aucun espoir...aucune raison d'aller plus loin? Elle est sensible, dans tout les sens du terme probablement. Elle se choque aussi facilement qu'elle se chagrine, toutefois elle n'est pas du genre à frapper les gens ou piquer des colères. Sa rage elle la garde pour elle même et l’extériorise au moment venu en tapant ou criant dans les coussins et à quelques rares occasions en cassant volontairement de la vaisselle. Quand elle monte le ton et le remarque, elle se reprend aussitôt et s'excuse des milliers de fois jusqu'à ce qu'on lui dise de s'arrêter. Elle pleure pour un rien, mais est facile à consoler. Il vous suffit d'avoir les bons mots. Son estime d'elle même est en fait très basse alors qu'elle ne devrait pas l'être. Bien des femmes ce seraient enlevé la vie après avoir subit ce qu'on lui avait fait vivre. Peut-être serait-ce ce qu'elle aurait fait si elle n'avait pas été sauvé de ce quartier perdu de Londres? L'important c'est qu'elle a tenu bon jusqu'à l'arrivée des secours. Elle ne réalise pas la vraie force de son esprit et c'est cela qui fait d'elle un être aussi chétif.

    Mis à part cette partie d'elle, c'est une femme admirable aux intentions bonnes. Elle rêve d'un jour aider des jeunes filles comme elle à se sortir du pétrin comme on l'a fait pour elle. Les garçons aussi, mais vous comprendrez qu'elle s'associe personnellement plus aux gamines qu'aux gamins. Elle est douce et très soignée. Chaque détail est important à ses yeux, que ce soit le temps de fusion du thé de Stanislava ou que ses draps n'aient aucun plis, elle fera tout pour que tout soit complètement irréprochable pour sa maîtresse. Elle lui parle de façon très posée, même si cette dernière ne le demande pas, et s'arrange pour toujours être debout avant elle malgré ses tâches nocturnes pour l'aider à se préparer au matin. Elle admire et chéri sa maîtresse à un point tel où s'en est un peu poussé, mais avec l'opportunité que cette dernière lui a offert elle n'y voit pas de mal. Pour elle, la vampire est la plus belle, la plus gentille et la plus respectable des femmes.

    C'est en partie l'une des raisons qui la pousse à ne pas avoir de relations amoureuses. Elle préfère voir sa maîtresse épanouie que de souhaiter qu'on lui fasse la court. Elle n'ose pas rêver d'être un jour courtisée lors d'un bal, ce n'est pas pour elle ces choses là...et il faut dire que vu la seule relation qu'elle a établie avec un homme autrefois, c'est compréhensible. Elle n'a eut que Chester et les porcs qui couchaient avec sa mère pour exemple de la masculinité. Comment pourrait-elle faire confiance à un mâle ? Non, Stanislava lui suffit amplement! Mais si un jour elle était en effet invitée à une danse, elle serait timide et maladroite. Ses aventures l'ont rendue craintive et quand elle est nerveuse - pour une quelconque raison - elle est gaffeuse. Elle échappe des choses, en brise d'autres et vous écrasera les orteils. Attention messieurs.



Biographie :



    C'est dans un luxueux banquet à Londres que commença l'histoire interminable d'Alice Phyllis Scarlet. En un soir de mai, entre les hors-d’œuvre et les robes somptueuses s'étaient rencontrés un bourgeois et une bourgeoise typique. Ils n'avaient pas des status plus enviables que les autres, tout les deux enfants de marchands réputés. Une histoire d'amour jusque là banale, basée sur la beauté d'une femme et l'insistance de l'homme qui s'était retrouvé devant elle à lui baiser la main tout en lui proposant une danse ; Phyllis Lynch & Cameron Patterson. Après ce bal quelques semaines de fréquentation -diners réunissant les deux familles, soirées d'équitation sous le soleil couchant ou encore simples thés accompagnés de biscottes- et des arrangements entre leurs parents, il fut convenu qu'un mariage aurait lieu et ainsi fut-il. Le couple était heureux, leurs parents s'entendaient bien et tout allait à merveille. Oui , tout allait à merveille jusqu'au jour ou, suite à de nombreuse heures de travail et cris pénibles ainsi que d'efforts chevronnés des sages femmes de la famille Patterson, Alice naquit.

    Tout de suite, on cria au scandale dans la famille Patterson. Cette enfant ne pouvait pas être de Cameron. Elle avait une peau blanche et laiteuse, et cette chevelure grotesque tout aussi blanche. Les rumeurs circulaient partout dans leur quartier, qui malheureusement était garni de gens superstitieux avec ces vieux préjugés dépassés sur les vampires. On criait partout haut et fort :" N'approchez pas cette gamine, elle brule au soleil et a les cheveux d'une couleur impossible. C'est forcément l'enfant d'un monstre! Bientôt il lui poussera des dents aiguisées. Ce n'est que la fille d'un de ces démons ! Un être assoiffé de chaire. Fuyez! ". Tous, sans exceptions, croyaient ces paroles terrible sur la pauvre enfant qui elle était trop petite pour comprendre ce qu'il lui arrivait ou même nier les faits.

    " Elle est encore malade...franchement, elle fait exprès ou quoi? Sale peste!", marmonnaient constamment les nourrices de la petite, plus désagréable l'un que l'autre.

    Depuis la naissance, bien des associés des compagnies des Patterson et des Lynch s'étaient désistés. Le couple parcourrait donc le pays de jours en jours pour tenter de faire subsister leur marché, et donc leur revenu, tout en se disputant sur presque tout. Plus les jours passaient et plus ils perdaient amour et confiance l'un pour l'autre, ce qui n'était pas fou car depuis qu'il s'était mis à douter de la fidélité de sa femme, Cameron s'était mis à observer les autres femmes d'un œil curieux. Ces départs constants les forçaient à engager des ' gardiennes ' pour le bébé, mais ces dernières étaient toutes aussi entêtés que les autres villageois. Elles chargeaient de plus grosses sommes qu'aux autres familles qu'elles servaient -parfois le double ou le triple- en clamant que garder leur fille signifiait également mettre leur vie en péril. Cela n'aidait pas leur situation financière déjà à risque, mais ils n'avaient pas le temps de négocier. Certaines des femmes utilisaient ce petit bonus pour leur propre plaisir, mais d'autres l'usaient à des fins plus louches. Cela était l'une des raisons pour lesquelles le nourrisson recrachait souvent ses repas sur ses gouvernantes. En effet, certaines d'entre elles la forçaient à boire du sang, parfois humain parfois animal, qu'elles trainaient dans de petits flacons noirs, de peur d'être mordues. N'importe qui aurait pu comprendre la raison des mœurs de la petite s'ils avaient su...mais elles cachaient bien leur jeu. D'ailleurs même aujourd'hui leur secret reste bien caché.

    Tout les médecins concluaient la même chose ;" Elle a un estomac fragile. Ne lui donnez pas trop à manger. ", " Ça passera avec le temps. ", " Son repas était peut-être un peu trop lourd. "... Les jeunes parents les ont bêtement cru sans remarquer.

    Cela dura environs un an. Les habitants ne s'en lassaient pas et partout on jugeait Phyllis du regard. Comment cette garce avait pu être infidèle à son mari avec un vampire? D'autant plus qu'avant son mariage bien des femmes le désiraient -même après en fait-. La plus grande raison de la vivacité de cette rumeur était probablement un témoignage de la jalousie de la plupart d'entre elles qui avaient vu en ce mensonge une façon de se redonner des chances avec le jeune papa. Ils n'en revenaient tout simplement pas, alors que toute cette histoire n'était qu'une panoplie de mensonges. La jeune Lynch n'avait jamais touché autre homme que son époux. Le fruit de leur amour souffrait tout simplement d’albinisme. Qui aurait pu le savoir à cette époque? Les rumeurs finirent par devenir insupportable pour Cameron qui cracha sur son honneur et divorça de sa femme, croyant dur comme fer qu'elle lui avait été infidèle. S'était-il remarié depuis? Lynch était loin de le savoir. Après cela, il disparu avec toutes leur possessions, ne laissant à Phyllis qu'une réputation gâchée et une maison vide qu'elle fut forcée de vendre. Même ses propres parents l'avaient rejeté pour ne pas tacher leur nom d'un scandale de plus. Il ne restait plus qu'elle et Alice, son enfant faussement illégitime.


    Les jours passèrent et la jeune mère faisait de son mieux pour s'occuper de son enfant. C'était tout ce qu'il lui restait, que pouvait-elle faire d'autre que l'aimer? C'est ce qu'elle se disait à tout les matins quand elle se faisait réveiller par ses pleurs qui témoignaient de sa faim quasi constante. C'est ce qu'elle se disait quand elle lui faisait prendre son bain et que la gamine l'arrosait en ricanant, alors qu'elle ne trouvait pas cela drôle du tout. C'est ce qu'elle se disait quand enfin la petite Alice s'endormait et que l'envie lui prenait de mettre fin à sa vie pour bonifier la sienne. Au moins, depuis qu'elle s'occupait elle-même de la gamine elle n'était plus aussi souvent malade et puis, que gagnerait-elle de plus à la tuer que la solitude? Elle faisait de son mieux pour trouver un emploi. Avec l'argent de la maison, elle avait pu acheter une petite baraque dans les quartiers paysans et deux chèvres un peu vieilles, mais dont le lait était encore suffisamment bon pour aider la petite famille à survivre. En espionnant une ferme elle avait apprit de son mieux à faire du fromage qu'elle vendait ou gardait pour acheter un peu de pain ou se nourrir. Ce ne fut guère long avant qu'une des chèvres ne décède et qu'il devienne difficile de subsister avec la vente de produits laitiers. À ce moment, le bambin avait environs trois ans.

    Sa fille étant en pleine croissance, elle ne pouvait se résoudre à abandonner. Elle allait jusqu'à supplier les marchands pour ne serait-ce que disposer de la bouse de leurs chevaux en échange de quelques pièces, mais tous refusaient. Qui voudrait obtenir les services de la mère d'un démon? C'était comme s'ils avaient peur de devenir comme sa fille s'ils la touchaient. Plus les jours se multipliaient, plus la belle Lynch affichait un air empli de haine vers son enfant. La haine que les villageois lui portaient venait de plus en plus prendre la place de l'amour qu'elle avait pour le fruit de ses entrailles. Elle qui un jour avait été si riche. Elle qui un jour avait eu un époux si beau. Elle qui avait tout l'avenir devant elle...tout ça gâché par cette saleté de gamine qui à tout les soirs lui demandait ce qu'elles allaient manger pour diner dès qu'elles rentraient. Ne comprenait-elle donc pas qu'elles n'avaient plus rien à manger? Qu'elle idiote cette peste ! Si seulement elle n'était jamais née ! Elle ne la regardait plus, ne lui souriait plus, ne lui chantait plus de berceuse avant de la laisser tomber dans les bras de Morphée...elle ne la bordait même plus, se contentant de la regarder du pas de sa porte en quittant la pièce. Comment une enfant aussi jeune pouvait se sentir en voyant un fossé se creuser entre elle et la seule personne qui depuis le début la supportait, l'aimait...l'acceptait comme elle était ? Terrible. Elle ne comprenait pas pourquoi on la discriminait. Sa mère avait beau lui expliquer sans cesse ce qu'étaient les vampires, elle ne comprenait toujours pas. Après tout, même si elle en était un, ce qui n'était pas le cas et elle le savait bien parce que la simple odeur du sang la faisait naturellement vomir - vous aurez comprit pourquoi -...qui avait-il de mal à cela? La majorité de ces créatures n'avaient pas choisi leur destin, n'est-ce-pas? Pour elle, ils restaient des humains. Ils avaient un régime différent, tout simplement.

    Avec ce qu'elle avait subit, c'était surement l'explication la plus logique pour elle. Si ces êtres aux goûts particuliers étaient des monstres, alors la race humaine aussi en étaient. Quand on est ' humain ' on ne maltraite pas son prochain comme on l'avait maltraité elle. Bien qu'elle soit encore toute petite, elle lisait le dédain dans les yeux des autres paysans, tout comme dans ceux des bourges du quartier. L'herbe était-elle plus verte ailleurs? Comment pouvait-elle le savoir? Comme sa mère cherchait toujours du boulot elle se retrouvait enfermée à l'intérieur, les portes verrouillés à double tours et devait faire le ménage parce que sa maman en faisait déjà " bien assez comme cela " comme elle le disait si bien. Dans un sens, elle trouvait que sa génitrice n'avait pas tort, mais de là lui donner des corvées à un si jeune âge. Les autres gamines, elle courraient dans les champs avec les petits garçons. Elles se mettaient belles, souriaient et riait. Alice ne savait même plus si elle pouvait sourire.

    " Mère...me haïssez-vous ? ", lui demanda-t-elle un matin.
    Elle n'eut jamais de réponse. Sa maman s'était contentée de détourner le regard et était sortie pour encore une fois chercher du travail. C'était l'une des premières fois ou la petite s'était mise à pleurer quand elle s'était retrouvée seule. Suivie de nombreuses autres.

    Au moins, elle était toujours éduquée. Pour une pauvre, elle avait de bonnes manières et parlait poliment. Elle savait également lire et écrire, même si cela ne lui servait pas à grand chose vu le peu de livres qu'elles avaient et le fait qu'elles avaient à peine du papier pour noter les choses importantes. Les autres enfants l'évitaient autant que les adultes, sauf un gamin du nom de Chester qui lui aussi était discriminé comme elle à cause de sa dentition un peu mal placée et ses taches de rousseurs. Ils ne se parlaient pas beaucoup, mais sortaient parfois le soir en douce et jouaient ensembles. C'était agréable, d'avoir un ami. À ce moment là, Alice comprit de nouveau ce qu'était un sourire. Elle apprit le mot " Espoir " et se mit à en rêver tout les jours. Ils s'étaient fait l'impossible promesse de fuir ensembles un jour. C'était suffisant pour la rendre plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été, même si elle n'y croyait pas tellement. Si Chester pouvait l'accepter, alors il devait bien y avoir au moins une personne pour donne une chance à sa pauvre mère...c'est ce qu'elle se disait à chaque fois qu'elle la voyait rentrer en larmes.

    Bien sur, cette époque ne fut que brève. En vieillissant , Chester devint plus beau, très grand et plus sur de lui à un point tel qu'on cessa de le juger. Il fut à contrecœur forcé de laisser tomber son amitié avec l'albinos, car elle ne changerait jamais selon ses parents. Après tout...elle était l'enfant d'un démon. Il aurait voulu s'enfuir avec elle...mais à 9 et 7 ans que pouvaient-ils faire? Ali eu le cœur brisé. On lui arrachait sa seule raison de vouloir croire en un avenir meilleur. Qu'était-elle censé faire maintenant? La même année, sa mère abandonna les recherches. À quoi bon? Elle finit par se mettre à vendre son corps. C'est bien la seule chose que sa réputation l'aiderait à faire. C'était pour sa famille. Pour Alice. À chaque fois qu'elle se disait cela, sa haine grandissait. La petite surprit souvent sa mère en train d faire des choses pas très nettes avec des hommes qu'elle ne connaissait guère. De jeunes hommes comme des vieux. Même que certains prenaient un vilain plaisir à baiser sa mère devant elle, la fixant du regard pendant toute la relation. La malade devint bientôt traumatisée par ces images. Même qu'elle en eut souvent des nausée à entendre sa pauvre mère crier et ses partenaires la traiter comme une vulgaire pute - ce qu'elle était malheureusement devenue -.

    Quand sa mère invitait des hommes à la maison, la jeune fille courait à sa chambre. Elle s'asseyait au coin de la pièce et se bouchait les oreilles. Elle n'aimait pas entendre les hurlements simulés. Elle n'aimait pas, parce qu'elle savait pertinemment ce qu'il se passait. Bientôt, on se mit à chuchoter de nouvelles rumeurs. Sa mère aussi était un être démoniaque qui séduisait les maris des autres pour dans l'espoir de se remarier et vivre luxueusement sans le moindre effort alors que tout ce qu'elle méritait c'était de vivre pauvre et affamée. Une succube. L'enfant n'était pas mieux, cette gamine n'était que l'enfant d'un couple de monstre. Apparemment, l'ancienne noble prenait son pied à briser les mariages. Alice ne sut jamais si cela était vrai et elle en doutait fortement. Si sa mère s'amusait autant que les gens le disaient, elle n'aurait pas l'air si malheureuse. Elle ne la taperait pas tout les soirs en disant que c'est de sa faute, mais au moins elles pouvaient manger et s'habiller plus convenablement maintenant. Elles commençaient à acheter quelques décorations pour leur petite maison. L'ambiance était plus gaie, même si à tout les jours où un homme ou plusieurs passaient, elle recommençait à la frapper le soir venu. Au travers de sa robe de nuit, la mini Patterson regardait ses bleus en grimaçant. C'était le prix pour avoir une meilleure vie...elle le paierait.


    L'adolescence fini par gagner la petite qui en murissant devenait une belle jeune femme, malgré les atouts spéciaux que sa maladie lui laissait. Son corps avait beau toujours être un peu maigre et couvert des marques laissées par les crises de sa mère, la fille aux seize printemps attirait l’œil de certains jeunes hommes. La mère d'Alice avait même reçu des offres de dots qu'elle avait, à leur grande surprise, refusé. Lynch était rendue paranoïaque. Elle se disait que si elle vendait ainsi sa fille, elle finirait par ne plus avoir de ces nouvelles. Elle n'avait pas pleuré, saigné, couché et autant souffert pour la voir partir dans les bras d'un bel homme et continuer de peiner toute seule. Même les plus grosses offrandes étaient retournées; " Qu'aurais-je quand j'aurais dépensé tout cela? Rien. Je devrais encore vendre mon cul et ça n'aura servi qu'à me faire perdre mon bébé. ", pensait la 'veuve'. Sa propre mère l'enfermait à l'intérieur de la maison. Avec de l'argent mis de côté, elle avait même fait mettre une serrure à la chambre de son enfant qui ne se déverrouillait que de l'extérieur. On aurait pu la comparer à une de ces princesses de contes de fées , enfermées dans leur tour pour être sauvées par leur prince charmant. Le Prince de l'albinos n'était cependant pas le plus orthodoxe des hommes, mais même lui ne le réalisait pas.

    C'est à cette époque qu'elle se mit à collectionner les rubans. Les plus jeunes, moins emplis des préjugés de la population ancienne du quartier s'étaient mit à croire aux paroles d'un adolescent qui semblait mieux connaître Alice que quiconque. Vous aurez deviné que c'était ce gamin dont je vous ai parlé plus tôt : Chester. Filles et garçons témoignaient de leur support pour la pauvre " Raiponce " à la chevelure de neige en accrochant des rubans de toute sortes, couleurs et matières à la branche qui atteignaient sa fenêtre. La belle Patterson retrouvait peu à peu son sourire alors qu'elle les décrochait et les rangeait dans sa boite à bijoux qui n'avait jamais contenu le moindre joyaux. C'était son trésor à elle, sa petite source de bonheur entre toutes les douleurs qu'elle devait affronter jour après jour. Ce jeu se déroulait aisément dans le dos de sa mère, mais vous devinerez qu'elle fini bel et bien par l'apprendre. Sa rage atteint ce jour là des niveaux jamais connus auparavant. Entrant brusquement dans la prison de sa fille, elle la jeta au sol et se mit à l'insulter et lui lancer des choses au visage. Sortant une paire de ciseaux elle se mit à menacer l'ado meurtrie, lui faisant même une discrète incision au visage, accidentelle cela dit.

    " Dis-moi où ils sont, petite garce ! "
    " J-je ne sais pas de quoi vous parlez mère. "
    " Les rubans ! Tes prétendants t'en on laissé, hein? Ils sont montés pour te baiser aussi!?! "
    " Vous racontez n'importe quoi mère. Je ne sais pas de quoi vous parlez. "
    " Je les ai vu. Les garçons s'arrachent la place sous ta fenêtre pour y accrocher ces bouts de tissus de pacotilles. Ils t'ont surement payé aussi. Où est l'argent!?! "
    " Vous divaguez mère, je n'ai jamais rien fait de la sorte et personne ne m'a donné de l'argent...ce n'est qu'une marque de leur support pour ma situation. "
    " Ta situation? Ta situation!? Où est l'argent merde! "

    Reculant de quelques pas, la paysanne ouvrit un tiroir de sa commode et pointa son coffre, reprenant la parole d'un ton empli d'angoisse et de peine. Elle était à la fois dégoutée par les théories de sa mère, mais aussi par son état lui même. Comment en étaient-elles arrivées là?

    " Il n'y en n'a pas, vérifiez-vous même ! ", dit-elle.

    Phyllis s'approcha du boitier et l'ouvrit sans problème. Il était vieux et n'avait plus de verrou. Sa fille l'avait en fait trouvé au grenier, surement laissé par les anciens propriétaires, et l'avait nettoyé avant de devenir prisonnière de sa chambre. Devant elle s'afficha une mer aux couleurs enchanteresses. Des roses flamboyants aux jaunes éclatants en passant par des teintes plus créatives les unes que les autres. Le coffret en était rempli au point de presque en déborder. La plus jeune de la ' famille ' ne voyait pas le visage de sa génitrice, caché sous les mèches rousses de sa chevelure légèrement ternies par les années. Cette dernière s'était mise à s’esclaffer d'un rire lugubre. Bientôt, les lames de la paire de cisailles entre ses doigts et ces derniers commencèrent à se serrer. Quand elle entendit le bruit subtil du tissu en train d'être brisé, elle poussa violemment sa mère qui tomba en l'entrainant dans sa chute.

    " Ne faites pas cela ! ", s'écria-t-elle, les larmes aux yeux.

    La vieille dame la repoussa à l'aide de la paire de ciseau dont les lames étaient toujours ouvertes. Le tissu de la robe d'Alice se déchira, laissant voir sa peau blanche, et une coupure béante s'ouvrit sous son aisselle. Le sang se mit à couler sur le sol et les vêtements de la marâtre. Elle continua de se débattre et fini par reprendre le dessus, son enfant étant affaiblie par sa blessure. Dans sa colère, elle coupa le reste de la robe puis jeta ensuite son arme à côté du fruit de sa jeunesse la fixant avec les yeux emplis de colère et de...jalousie?

    " J'en ai marre de tes sottises, petite ingrate. Ça fait mal? Je vais te faire voir ce que c'est d'avoir mal Alice et crois-moi, tu regrettera de m'avoir menti... "

    Sur ces mots, Phyllis quitta la pièce en claquant la porte en la verrouillant. Quelques minutes plus tard, l'anglaise entendait une autre porte claquer, témoignant du départ de sa mère. Pendant plusieurs jours elle n'eut pas de nouvelles et ne mangea pas. Avec les lambeaux de sa robe et quelques rubans, elle s'était fait un passement. Comme elle était seule ça ne la dérangeait pas vraiment d'être nue. Les rubans cessèrent d'être accrochés à la branche quand on comprit que le conflit de la petite maison avait été causé par ceux-ci. Le visage vide d'émotion, la malade regardait les autres adolescents à l'extérieur s'amuser alors que comme toujours elle était prisonnière. À jamais. Elle l'avait comprit. Sa mère ne comptait pas la laisser filer, quel qu'en soit la raison. Elle se devait de garder près d'elle son bébé...son souffre douleur. Elle n'était qu'un objet qu'on utilisait pour faire passer la colère aux yeux de sa propre mère. Un objet inutile. Un objet, tout simplement. Quand la porte de sa chambre s'ouvrit, elle s'attendait à ce que sa mère fasse comme d'habitude et la noie d'excuse après l'avoir battue pour la énième fois, mais apparemment elle n'avait pas fini de lui en vouloir et sa vengeance atteignait de nouveaux niveaux. À la place d'une soupe chaude ou d'un morceau de pain dans une assiette de porcelaine usée, elle se trouva face à un homme qu'elle connaissait déjà. Elle recula brusquement vers son lit et se couvrit de ses draps. Dans l'ouverture de sa porte, elle vit sa mère lui jeter un regard mesquin, puis quand cette dernière ce ferma elle entendit de nouveau le verrou.

    " C-Chester? Que se passe-t-il? "

    Son ami ne répondit pas. Il était incapable de lui expliquer ce qu'il se passait. Pendant tout ce temps où elle était partie, sa mère s'était pavanée dans la rue en ventant une nouvelle prostituée. Une vierge à la peau claire et à la chevelure satinée. C'était Alice. Elle demandait un prix fort. Des tonnes d'hommes s'étaient battus à coup de sommes plus imposantes les unes que les autres. Tous des pervers qui voulaient profité de cette ' galerie inexplorée ' - et encore je suis gentille sur l'expression, certains auraient dit pire -. Le rouquin avait réussit à se rendre là on ne sait comment comme son premier client. Il posa délicatement sa main sur la joue de sa camarade qui recula en continuant de lui demander ce qu'il se passait. Adossée au mur, elle le toisait d'un regard suppliant. Jamais elle ne put comprendre ce qui suivit. Jamais elle ne put savoir à quel point il avait du sacrifier son honneur pour se retrouver là. Jamais elle ne put comprendre qu'il l'avait fait pour lui éviter de perdre ce qui était le plus cher chez une femme aux mains d'un vieux dégoutant. Pour elle, il avait ruiné sa famille...mais elle ne voulait pas et c'était tout à fait normal. Qu'elle personne saine d'esprit coucherait avec le premier venu? Alors qu'il posait ses doigts froids sur sa peau, elle continuait de l'interroger, pleurant à chaudes larmes. Alors qu'il approchait ses lèvres des siennes, elle le giflait violemment en lui disant d'arrêter. Il caressait son cou en chuchotant un faible.

    " D'accord, je ne vous embrasserai pas...désolé de ne pas pouvoir fuir avec vous Alice. "

    Elle se retrouva ensuite allongée sur le lit sous lui. Il tenait ses deux poignets d'une main et de l'autre il la tripotait. Elle continuait de sangloter en le suppliant d'arrêter. Il poursuivit comme s'il était sourd. Ses bras, son ventre, ses cuisses, ses seins...il caressa la totalité de son corps malgré la résistance qu'elle présentait. Elle se débattait, même si elle savait bien qu'elle était trop faible - d'autant plus qu'elle n'avait pas mangé depuis des jours-. Il se dénuda devant elle. Elle ferma les paupières pour ne pas le voir faire. Tout ce qu'elle faisait, c'était l'implorer un peu plus à chaque seconde qui passait. De ses jambes, il la força à ouvrir ses cuisses...puis le sang coula. Elle s'écria de douleur. Elle se mit même à appeler sa mère à l'aide même si elle savait pertinemment que c'était en plein ce que cette dernière désirait. Plus il bougeait, plus elle avait mal. Sa douleur était si forte qu'elle hurlait jusqu'à finir par en devenir muette. Il ne s'arrêterait pas. Elle tremblait ; de honte, de colère, de peine...de douleur. Il termina et s'excusa une dernière fois avant de quitter sa chambre sans lui jeter un regard. Il avait en effet été plus doux que certains ne l'auraient été...mais c'était probablement plus perturbant sur le plan moral pour la jeune fille qui venait de se faire dépuceler contre son gré par le seul homme qu'elle avait un jour respecté. Son seul ami à vie venait de la violer. Réalisant cela, l'albinos se recroquevilla sur elle même, s'enroulant dans ses couvertures chaudes dans l'espoir d'y trouver un peu de réconfort. Ce moment fut bref.

    Voilà que sa mère entrait dans sa chambre et prenait la parole en l'analysant de ses pupilles qui lui semblaient sombre. Trop sombres pour être réelles. Probablement que la joie était tellement inexistante chez la dame qu'elle en était déjà morte de l'intérieur. Qui sait?

    " Alors ma chérie? Avez-vous aimé? ", dit-elle en éclatant d'un rire totalement malsain.
    La jeune femme ne répondit pas et resserra son étreinte sur ses couvertures. Elle entendit les pas de sa génitrice traversant la pièce pour la tirer par les cheveux.
    " Mais voyons, relève toi, le prochain arrive bientôt! Pour une fois que tu peux te rendre utile, mets-y un peu du tiens ! "
    " N-non " , marmonna-t-elle enfin en continuant de pleurnicher.
    " Quoi, tu ne veux pas? Pourtant moi je l'ai fais pour toi non? Il serait temps que tu fasses ta part aussi ! "
    " NON ! " répéta la plus jeune en frappant le bras qui tenait fermement sa chevelure. La poigne de sa mère se resserra encore plus et elle se mit à la tirer hors du lit par la crinière.
    " Tu n'es qu'une incapable. Tu ne peux pas sortir, tu brises tout, tu pleures tout le temps et en plus tu n'es même pas capable de te taire et être une gentille pute pour ta mère qui s'acharne à en être un pour toi depuis des années. Comme si je n'avais pas eu mal moi! Comme si je n'avais pas peur tout les jours de chopper quelque chose alors qu'à l'époque ma seule crainte c'était de trébucher dans ma nouvelle robe faite sur mesure ! "

    Elle la traina jusqu'au couloir et la balança en bas des escaliers. Continuant de lui lancer insulte par dessus insulte. La pauvre était incapable de se relever, encore sous le choc. Elle avait mal à sa plaie qui s'était ouverte, à son intimité encore fragile à cause de ces rapports forcés et aux bras et aux jambes touchées dans sa chute en bas des marches. Elle fut encore trainée, cette fois par le bras. Elle n'écoutait même plus ce que sa mère racontait. En fait, c'était comme si elle était soudainement sourde. Elle voyait le décor flou changer aux travers de ses larmes mais tout ce qu'elle entendait c'était le silence. Rien. Complètement rien...jusqu'à l'instant où elle senti la chaleur du soleil se planter sur sa peau nue et cette dernière être grattée par le sable alors que sa mère la relâchai devant leur cour.

    " Il est bon temps que je te mette où vont les ordures. À la rue ! Amuses-toi bien et bonne chance pour te débrouiller toute seule. Connasse. Dans quelques minutes tu seras à la porte à me supplier de me laisser entrer...".

    Crachant devant elle, l'ex-bourge se retourna et verrouilla la porte à double tour, laissant son enfant nue sur le passage. Par le hublot du deuxième, une volée de petits morceaux de tissu tombait aussi lentement qu'une neige légère de mois de décembre.


    La pauvre jeune fille ne réalisa pas combien de temps elle avait passé allongée là, immobile, sans qu'on ne lui adresse la parole. Les clients de sa mère passaient en l'ignorant et certains lui donnaient un coup de pied en ressortant...probablement étaient-ils censés se payer ses 'services' et étaient en colère d'être tombés sur sa mère en ruines. Cette dernière avait bel et bien fini par se sentir coupable et sortir pour aller implorer son pardon et la ramener à l'intérieur où elle lui ferait un bon petit plat pendant qu'elle prenait son bain. Toutefois, elle fut surprise de ne rien trouver d'autres à l'extérieur que les dernières parcelles du pansement que sa fille s'était improvisée. Les passants l'observèrent avec pitié et dégout. Même quand on est un démon, on n'abandonne pas son enfant dans la rue comme cela. "Enfin, elle paie pour ses vices" se disaient-ils en voyant la divorcée chercher son bébé qu'elle avait tant négligé.

    Une heure où deux après la dispute, plusieurs calèches étaient passées dans la rue sur laquelle reposait le corps meurtri de l'adolescente. Elle respirait faiblement et avait peine à bouger le petit doigt, mais comme tous elle avait relevé la tête vers le chemin en entendant le bruit des sabots dans la terre, suivit de celui des roues qui tournaient. Elle avait aussitôt laissé sa tête tombé en réalisant la richesse qui émanait de ces chars. Elle crut qu'ils passeraient tout droit comme si elle n'existait pas, mais quand la petite fenêtre d'un des véhicules se retrouva à son niveau, une tête couverte de mèches blondes en sorti brusquement.

    " Halte! ", disait une voix féminine au conducteur qui ordonna aussitôt l'arrêt des chevaux. Même s'il fut court, Alice ne comprit rien à cet échange. Il était en français. Elle leva de nouveau son regard, les paupières tressaillant à cause du soleil. En fait tout son corps en souffrait. Le peu de temps qu'elle avait passé là avait suffit pour presque lui causer une insolence vu sa peau sensible et son corps déjà affaibli par la faim et la soif.

    La porte s'ouvrit, lui laissant voir un court instant une jeune femme vêtue d'habits masculins. Malgré cette tenue un peu étrange, elle était magnifique. Sa peau était aussi blanche que la sienne, voir plus, mais contrairement à elle elle semblait en pleine forme. Puis ses cheveux étaient d'un blond des plus éclatants et intriguant. Le regard flou d'Alice restait plongé sur cette vision qu'elle avait l'impression de voir en image par image. Le corps de la dame se pencha au dessus d'elle, semblant l'analyser dans un silence qui contrairement à quasi tout ceux que la petite avait vécu était apaisant. Au bout d'un moment, la mystérieuse inconnue lui avait tendue la main en lui demandant si elle pouvait se relever. En tremblant fortement, elle avait tenté de la prendre, mais son bras avait lâché aussitôt. La femme s'était agenouillé près d'elle et avait retiré son manteau pour l'en couvrir, ayant bien sur remarqué le rouge sur son dos, ses jambes et ses bras. Ces dernier avaient même quelques cloques de peau sèche. Suite à cela elle l'avait relevé avec précaution tout en s'empressant un peu, la faisant entrer dans l'engin arrêté au beau milieu de la route.

    Une fois à l'intérieur, l'escrimeuse, à en juger par les armes qu'elle portait, lui força une bouteille dans la main et fouilla un boitier qui semblait contenir quelques grignotines.

    " Ne vous gênez pas, buvez. ", lui ordonna la femme sans l'observer. Elle parlait anglais cette fois-ci, mais même Alice qui n'avait connu personne d'autre que sa mère et Chester devinait que son accent n'était pas français. Bien sur, elle ne s'y attarda pas et but toute la bouteille d'une traite, en laissant un peu lui déborder sur le rebord des lèvres dans sa hâte.

    Ce geste fit rire son interlocutrice qui lui tendit ensuite une miche de pain en disant dans la première langue qu'elle avait usé au "chauffeur" de reprendre la route. Alice prit le pain et le mangea, le brisant en morceaux qu'elle mettait dans sa bouche pour le déguster ensuite. Jamais elle n'avait mangé de pain aussi frais et aussi bon. Ouvrant une seconde bouteille de verre, la noble sorti un mouchoir de sa poche qu'elle trempa puis se leva pour aller s'asseoir auprès d'Alice. De ce chiffon, elle la nettoya un peu avant de refermer complètement le manteau qui était suffisamment long pour couvrir ce qui devait être couvert. La jeunette sentait déjà son corps se remettre de tout ce qu'il s'était passé plus rapidement, malgré sa peau qui la démangeait et lui faisait atrocement mal lorsqu'elle était touchée. Malgré cette douleur, elle affichait un sourire emplie de reconnaissance à la duchesse qui l'avait accueillie sans la juger devant une tonne de paysans et bourges anglais aux airs outrés.

    " Je ne saurais comment vous remercier pour cela. Je devrais retourner voir ma mère main-... ", commença Alice.
    " Ne vous en faites pas, c'est un plaisir de vous aider. Et puis, ce char ne fera qu'un autre arrêt. Je doute que vous ne vouliez remarcher tout le trajet dans votre état. " ricana la dame d'un rire chalereux, de nouveau assise devant-elle. " Je me nomme Stanislava Braginsky. Et vous, jeune fille? ", ajoutait l'autre, confirmant sa théorie.
    " A-Alice Patterson, mais si je ne quitte pas le... " balbutia-t-elle, évitant de mentionner son deuxième prénom qui était celui de sa marâtre.
    " Vous n'avez pas besoin de le quitter. Vous venez avec moi! "
    " Mais... "L'adolescente haussa un sourcil, l'air de questionner l'autre femme d'un simple coup d’œil.
    " Pas de mais. Voyez-vous, je viens d'emménager la France et je n'ai pas de domestique. Il me ferait un plaisir de vous accueillir sous mon toit si vous prenez le poste. " dit la blonde, un sourire aux lèvres. Durant le silence qui suivit, Ali' huma le parfum de rose de la dame et profita du confort du char. La chance la frappait pour la première fois de toute sa vie. Elle serait folle de refuser. Elle hésita tout de même...mais qu'avait-elle à perdre de l'Angleterre?

    Quelques jours plus tard, vêtue de noire et d'un tablier blanc mieux brodés que tout ce qu'elle avait pu porter dans sa vie, la jeune fille servait le thé à Stanislava alors que celle-ci sortait du bain après une longue journée de travail auprès du roi. Des quartiers pauvres de Londres à l'un des plus somptueux château de Paris, Alice avait voyagé, promettant servitude et loyauté à Mademoiselle Braginsky. Son français était encore écorché, mais elle apprenait bien. Elle n'avait plus la crainte de ne pas manger le lendemain. Elle n'avait plus la crainte d'être enfermée dans une pièce close. Elle n'avait plus la crainte de voir le visage sombre de sa mère. Sa vie commençait enfin et elle la mordait à pleines dents. Depuis, jamais ne passe un jour sans que l'anglaise n'ait un sourire aux lèvres. Pour ce qui est de sa mère, elle descend de plus en plus bas de jours en jours...mais elle est la dernière chose à laquelle songerait en ce moment sa fille. Elle avait beau ne pas comprendre pourquoi elle avait eut tant de chance cette journée là, elle était plus que reconnaissante à Dieu - mais surtout à Stanis' - de l'avoir enfin sauvée de son martyr.

    Plus jamais...plus jamais elle ne vivrait sous un tyran tel que sa génitrice.



Derrière l'écran:


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      Age:18 ans
      Comment t'es-tu retrouvé parmi nous?: Rebecca m'a invitée
      Des Remarques ou impressions? Très joli forum avec un contexte fort intéressant ^_^
      As-tu lu le règlement ? Bien sur que oui!
      Code du règlement : Pingouin Approuve !



Dernière édition par Alice P. Patterson le Jeu 30 Aoû - 13:55, édité 27 fois
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Melissande A. Sullivans
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MessageSujet: Re: Alice Phyllis Patterson { Terminée   Sam 18 Aoû - 16:44

Tout d'abord, bienvenue à toi. :3

Il est marqué au dessus des fiches qu'elles doivent être postée avec une partie remplie et le code du règlement. Cela a été mis en plus aujourd'hui, donc il faudra remédier à cela le plus rapidement possible merci! ^^




Merci à Calypso pour ce superbe Kit ♥️

THE AMAZING STAFF:
 


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Alice P. Patterson
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MessageSujet: Re: Alice Phyllis Patterson { Terminée   Jeu 30 Aoû - 13:56

Voilà, j'ai terminé ~

Le moral est nul, mais j'ai déjà fait pire ^_^"
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Lizbeth C. Valentyne
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MessageSujet: Re: Alice Phyllis Patterson { Terminée   Jeu 30 Aoû - 16:14




J'ai lu ta fiche dans son intégralité et je dois admettre que...J'aime beaucoup ta plume ^w^ Ton écriture est simple, mais fluide et très addictive !

C'est ainsi avec une immense joie que je te prévalide donc en tant que Domestique de cette chère Staniii ♥

Une Admin passera sous peu officialiser ta validation, te permettant ainsi de commencer le Rp, et les autres formalités.

Enjoy ! ♥

A visiter: Règlement | Signature du Règlement | Recensement d'avatar | Classes | Races



Kit by my Love *w* ♥️



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MessageSujet: Re: Alice Phyllis Patterson { Terminée   Sam 1 Sep - 12:23




Hello you <3

Voilà fiche lue (désolée du temps que ça a pris ^^.)
Eh bien je suis d'accord avec Liz, tu as une jolie écriture et je ne vois pas pourquoi je ne te validerais pas Smile

Par conséquent, je te valide dans le groupe des Humains, en tant que Domestique Wink

Pour le reste, je t'invite à suivre les formalités suivantes Very Happy

Formalités : Journal de Rp | Relations et Liens | Recensement d'avatar | Demande de Lieu | Demande de Rp
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MessageSujet: Re: Alice Phyllis Patterson { Terminée   

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Alice Phyllis Patterson { Terminée

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