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 Au nom de la Rose

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Lizbeth C. Valentyne
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MessageSujet: Au nom de la Rose   Sam 18 Aoû - 14:26




Elle était là, songeuse. Son regard se promenait, mais ne percevait rien, perdu dans le vague, comme pour illustrer à merveille combien son esprit pouvait être loin d’ici, à des lieux et des lieux du château. Ses pensées flottaient, s’entremêlaient, se querellaient parfois et en elle, ce n’était davantage qu’une immense confusion sur elle-même qu’elle tentait de remettre en ordre. Son but était clair, ses desseins n’avaient pas changés. Pourtant quelque chose en elle clochait, une petite vois venait doucement murmurer à ses oreilles et s’amuser du trouble de la jeune femme et elle l’aurait volontiers chassée par n’importe quel moyen, ce jour-là. Assez, elle en avait plus qu’assez. Les évènements s’enchainaient trop vite depuis la mort de son père, beaucoup trop vite, et sans y mettre un terme elle sentait bien qu’elle deviendrait folle.

Seulement, à ne point en douter, accepter une promenade avec d’autres notable était loin d’être une solution, et un long moment durant elle s’en voulu d’avoir, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, songer le contraire. Elle le savait pourtant. Plus éloignée elle se tenait de cette compagnie plus que douteuse, mieux elle se portait. C’en était même, parfois, à se demander si la compagnie des paysans ne pourrait en être que plus agréable. Sans doute leur vocabulaire ne serait pas le même, mais cela ne rendait pas nécessairement leurs conversations moins intéressantes…Et de fait, on faisait difficilement plus ennuyeux que les derniers potins de la Cour.
    « …Vous ne trouvez pas ? » quémanda une dame de la Cour, rappelant Lizbeth à l’ordre d’un coup de coude se voulant amical.
    « …Pardonnez-moi ? »
De retour à la réalité et son ennui mortel, elle écouta cette fois avec une attention plus présente que précédemment les dires de ces dames parlant avec passion d’un sujet des plus étrange ; les domestiques. Etant là bien loin de leurs habituelles interrogations sur les propositions de tel noble à telle demoiselle de bonne famille, la marquise tenta de se concentrer sur une conversation qui ne pouvait que lui faire oublier ses états d’âme d’un jour et laissa même entendre son avis sur le sujet sur lequel on tenta de la question quelques secondes plus tôt. Elle était en cet instant encore loin de se douter que la conversation tournerait dans son sens et que l’on viendrait à redire sur son unique domestique à la chevelure de sorcière. D’une part, Flora était –selon les dire de ces dames- douteuse de son physique, et d’autre part, il était étrange qu’elle soit sa seule domestique malgré le rang lui en autorisait trois davantage.

L’instant suivant elle eut dans l’idée de les remettre à leurs places immédiatement. Mais malgré son franc parlé bien souvent blessant, le fil de ses pensées l’avait conduite à une solution bien plus amusante en son sens. Se jouer des nobles, de leur bon sens, de leurs nerfs, de toutes leurs notions n’était-il pas plus délectable encore que de simplement jouer de paroles blessantes à leurs égards ? De plus, cette solution ci aurait le mérite d’occuper sa journée. Aussi, c’est un fin sourire dessiné sur ses lèvres rosées qu’elle dépassa les autres notables pour continuer son chemin sans jamais leur adresser une nouvelle parole ou un nouveau regard, de quoi blesser leur égo de surcroit. Finalement cette journée s’annonçait un tant soit peu charmante.

Le tout était à présent de savoir comment procéder. Car, même si l’idée d’engager un nouveau domestique aux allures encore plus douteuse que celle de Flora était déjà définie comme étant l’objectif de la journée, elle ignorait encore où chercher, et surtout, que chercher…

Un humain ? N’en doutons pas, Flora serait capable de le vider de son sang dès lors que Lizbeth aurait le dos tourner un peu trop longtemps. Ces êtres fragiles étaient donc exclus de façon immédiate et irréversible. Le tout était de trouver un domestique assez… « Original » pour ennuyer les autres notables, et non un domestique jetable après consommation de Flora après tout.

Un vampire rendrait peut-être la situation compliquée. A aller se servir sur diverses gorges du château, les deux finiraient peut-être par attirer les soupçons. Quoi qu’ils ne fussent pas les seuls au château, loin de là…De plus quelques marques dans quelques cous étaient sans doute plus discrètes que des hurlements sauvages les nuits de pleine lune. Ce qui…Ne l’avançait pas vraiment, en réalité. Lâchant un soupire, son regard vont se perdre au loin…

Dans le parc.

Elle n’avait rien de plus à perdre à chercher dans le parc qu’ailleurs, n’est-ce pas ? C’est dans cette optique que ses pas vinrent la conduire dans ce coin tranquille, fréquenté aussi bien par quelques nobles en promenade, que par d’autres citoyens parisiens, alors que ses yeux observaient avec un brin de curiosité les personnes présentes.

Qu’est-ce qui a pu attirer son attention sur cette personne plutôt qu’un autre ? Ce n’était sans doute pas son odeur, qu’il soit un lycan ou non lui était profondément égal. Sans doute la situation saugrenue dans laquelle il se trouvait, alors. Il n’était pas commun de voir un homme assoupis sous un arbre, après tout. Paysan ou non, c’était un fait rare qu’elle n’avait encore jamais eu l’occasion d’observer. Et la scène, moqueuse comme elle l’était, la fit sourire. Elle était bien curieuse de voir la réaction de cet homme si elle venait à le réveiller pour lui proposer de devenir son domestique.

Toute sourire, presque gamine, elle s’approcha donc à pas lents, ne voulant pas réveiller l’animal endormis, pas de cette façon. Silencieusement elle vint s’approcher de lui pour s’accroupir à son coté et contempla son visage endormi quelques instants avant de venir appuyer sur sa joue avec son index, d’une façon des plus enfantines.
    « Dites-moi…Vous ne voudriez pas entrer à mon service ? »
Question innocente, gratifié d’un sourire d’enfant…On aurait presque pu croire qu’elle était là uniquement pour se moquer de lui. Ce n’était pas tout à fait vrai, puisqu’elle désirait avant tout se moquer des notables de la cour. Mais ce n’était pas tout à fait faux non plus. Etait-ce un crime que d’essayer de s’amuser un peu en se jouant des autres ? Pour elle, cela n’avait jamais été le cas.

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MessageSujet: Re: Au nom de la Rose   Jeu 20 Sep - 17:55

Certains voient dans la traque, l'excitation. Certains voient dans la chasse, l'amusement et le plaisir. Je fais partie des autres, de ceux qui n'y voient rien d'autre que la fatigue et le désespoir. La peur, et l'idiotie.

Comme si la traque d'une nuit ne suffisait pas, je revivais l'instant en songe et toutes les odeurs rencontrées, toutes les sensations ressenties, m'apparaissaient à nouveau. Si j'avais été bien incapable, la nuit dernière, de retenir le monstre, si je n'avais pu l'empêcher de s'exhiber aux yeux de celle qui l'avait enfanté, j'avais au moins pu enrailler quelques unes de ses pulsions. La chasse s'était vue infructueuse et aucune âme, qu'elle soit la pureté même, ou souillée de quelques péchés, n'avait été offerte à la Mère bienveillante, à la Mère inaccessible, à la Mère exécutrice. Déçue par l'échec de son enfant, l'infâme Génitrice s'en était allée obscurcir d'autres ciels et m'avait offert, dès lors, une délivrance que je n'espérais plus. Tel un faisceau lumineux transperçant les ténèbres les plus obscures, le jour m'avait arraché un râle monstrueux aussi douloureux pourtant, que salvateur. Sans m'attarder plus longtemps au milieu d'une forêt qui m'était devenue désagréable, j'avais repris une errance coutumière et avais ainsi regagné la belle Paris qui s'éveillait tout juste aux premières lueurs d'un jour nouveau, incapable cependant de susciter en moi un semblant d'enthousiasme.

La fatigue y aidant sans doute, j'avais eu grand mal à me trainer au gré des ruelles, et alors même que j'avais parcouru une nature passive toute la nuit durant, le désir actuel de retrouver un paysage plus idyllique et très certainement moins hostile que la nuit dernière, m'avait poussé jusqu'au parc. Combien de fois cependant, avant de l'atteindre, avais-je trébuché sur les pavés, affolant ainsi une passante le temps de quelques secondes, lui dérobant sans vergogne un temps qui lui était sans doute des plus précieux ? Sans une parole, sans un regard, je me relevais alors et reprenais ma route en ignorant sa gentillesse, niant sa seule existence. Mais alors que j'arpentais enfin le parc, l'opportunité d'embrasser à nouveau le sol me fut subtilisée par un arbre stoppant une énième chute. C'est ainsi, au pied de ce colosse immobile, que j'avais pris parti de me reposer un peu. Un repos mérité que je ne voulais pourtant trop éterniser. Le temps pour mes jambes, simplement, de récupérer quelques forces leur faisant apparemment défaut. Le temps pour moi, de remettre un peu d'ordre dans mes idées alors qu'elles m'apparaissaient difficilement, mêlées les unes aux autres dans un enchevêtrement des plus occultes.

Je ne pris toutefois pas garde à la lourdeur de mes paupières et un instant de distraction, futile, une pensée bénigne, suffit à me plonger dans un sommeil se voulant profond. Dès lors, chaque détail d'une vie parisienne que je subissais maintenant depuis quelque temps, disparaissait peu à peu. Les éclats de voix des passants ainsi que les sabots des chevaux martelant le sol à répétition, sur un rythme quasi orchestral, s'effacèrent les premiers, plongeant alors dans un abysse résolument vorace, puisqu'il emporta ensuite avec lui, le son mélodieux des oiseaux haut perchés, engloutissant enfin la douceur d'une brise légère au contact d'un visage dont les traits marqués ressortaient sous les rayons naissants d'un soleil timide. La notion de temps s'éclipsa à son tour, si vite et si parfaitement, qu'on en venait à douter de son existence même alors que le domaine des songes s'accaparait enfin ce qui lui était dû, jusqu'à ce qu'il se voit troublé par une sensation méconnue.

Un contact léger mais néanmoins présent. Un contact si précis, bien qu'infime, qu'il ne pouvait se vouloir chimérique et apparaissait nécessairement, et ce, même au sein d'un rêve dont les élucubrations paraissent être choses communes, comme étant réel. La mécanique inconsciente revint alors sur ses pas, recrachant une fraîcheur certaine, hérissant le poil et emportant à sa suite quelque vaguelette frissonnante ; libérant progressivement une succession de sons qui se voulurent d'abord étouffés par un voile de semi-somnolence, levé par la suite et sans doute, trop rapidement, en même temps que la lumière d'un jour résolument établi aveuglait mes iris à peine dévoilées. Un retour à la réalité qui me semblait trop brutal, plus brutal encore qu'un songe perturbé aux allures cauchemardesques.

Je ne disposais dès lors, que d'une vue partielle seulement, suffisante néanmoins, pour distinguer à mes côtés une silhouette angélique trop proche, cependant, pour paraître agréable. Soudainement conscient de cette dangereuse proximité, mon dos ripa contre l'écorce et, ainsi déchargé d'un soutien inhibiteur, je pus me reculer par saccade jusqu'à m'arrêter à un mètre tout juste, les jambes en partie repliées sur elles-mêmes, prêtes à s'activer à nouveau pour me trainer sur l'herbe une fois de plus, si le besoin s'en faisait sentir. Le souffle court, j'observais cette jeune femme que je distinguais à peine au travers de mes mèches de cheveux, sentant encore contre ma joue le souvenir brûlant d'une marque glaciale. A bien y réfléchir, l'on aurait voulu m'agresser que je n'aurais pu paraitre plus paniqué qu'en l'instant, et pourtant, cette femme à la chevelure d'albâtre ne faisait que m'observer, un sourire enfantin étirant ses lèvres... Trop enfantin peut-être, pour que je puisse y croire un seul instant. C'est alors que je me faisais cette réflexion que les paroles qu'elle avait prétendument prononcé tandis que les sons préalablement asphyxiés refaisaient progressivement surface dans les proches environs, réapparurent dans mon esprit, résonnant telle une requête clairement exposée, ne souffrant d'aucun doute.

Un domestique. Était-ce donc cela, qu'elle voyait en moi ?

Un temps, mais il y a de cela bien longtemps, je m'étais vu homme ; désormais, je me voyais monstre et cette inconnue me proposait maintenant d'entrer à son service ? Sans même qu'il ne me soit nécessaire de réfléchir, de peser les avantages et inconvénients d'un tel statut, instinctivement, et qu'il s'agisse alors de la protéger elle, ou de me protéger moi, je refusai. Une réponse que je ne pris toutefois pas la peine d'exprimer aussi clairement que la demande, faite quelques minutes auparavant. Une réponse muette, visible simplement de ces yeux à la fois envoûtants et pourtant, si effrayants de par la couleur qu'ils arboraient. Un "non" qui parut, bien malgré moi, embrouillé et incertain, bien loin d'être catégorique, en somme. Tel un pantin dont le ressort dysfonctionnerait, mon crâne n'avait de cesse de se mouvoir brièvement et rapidement de gauche à droite, en signe de dénégation. Enfin, un air farouche accolé aux traits de mon visage achevait de me rendre fort peu crédible.

J'étais terrorisé, purement et simplement. Non pas par l'opportunité d'exercer enfin un métier stable et digne de ce nom, peu important d'ailleurs les conditions qu'elle m'exposerait pour ce faire, mais par la sensation qui nouait mes entrailles et aurait poussé l'autre à la décapiter simplement, à l'instant même où ses furieuses iris auraient croisé son beau regard.


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