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 N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?

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Kildos Hëthélaon
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MessageSujet: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   Mer 1 Aoû - 22:49

Kildos Hëthélaon




Fait par les soins de Kitiara Caspâshen
    Qui suis-je ? :


    Lycan
    Nom : Hëthélaon
    Prénom: Kildos
    Age Apparent: Entre 24 et 26 ans selon les jugements
    Age Réel : 49 ans
    Sang-Pur/Mordu : Sang-Pur depuis seulement trois générations
    Date et Lieu de Naissance : il y a des années de cela en Royaume Helvétique
    Orientation Sexuelle : N'a aimé qu'une vampire dans son lointain passé et a conquit les êtres de nombreuses femmes par relation charnelle
    Nationalité: Française par sa Mère et Suisse par son Père
    Groupe : Les Lycans
    Classe Sociale : Comte Hëthélaon, fils d'Eméon Hëthélaon de Switzterbäuen, Duc de Suisse.




Le Corps :


La carrure svelte et élancée du cavalier s'éloigna des ténèbres pour passer sous les rayons de la Lune. Face à lui, le sentier, bosselé de quelques flaques asséchées semblait être éclairé comme en plein jour. Les faisceaux lunaires vinrent s'abattre sur l'homme et son visage se dévoila. Ses cheveux noir corbeau luisaient, glissant jusqu'à son front, effaçant délicatement son œil gauche. Le droit, préservé de mèches tombantes, scintillait d'un gris transpercé de fins traits bleutés. Ils semblaient avoir une immensité cachée, sans aucun fond à l'intérieur même de leurs pupilles que l'homme ne laissait jamais vraiment voir au reste des congénères avec qui il discutait parfois.
Le fait de découvrir si facilement l’œil du personnage en pleine nuit avait quelque chose de malsain, voire d’inquiétant. Comme si une haine sans égal l'habitait et se teintait de couleurs pourtant si tendres. Sa peau était lisse et sans imperfection, toujours gardant un teint diaphane que l'homme appréciait gardait en l'état, esquivant le soleil parfois.
Sur ce visage se dessinait une paire de lèvres, fines, taillées et souples. Elles semblaient soignées, montrant tout de même quelques signes de morsure du côté interne. Mates à la lumière de la Lune, elles n'affichaient rien. Pas un sentiment, pas une émotion n'en découlaient à ce moment.

Son cou se recouvrait d'un grand col montant qui provenait de sa chemise, noire comme le reste de son habillement, visiblement en satin. Elle était cintrée, relevant un peu les épaules peu larges de nature du personnage. Malgré cette faiblesse, il semblait bien taillé, peut-être trop frêle en rapport avec sa forme svelte. Une longue cape tombait jusqu'aux cuisses du destrier, cachant sa croupe. Une cape soyeuse bordée de liserés clairs. Son pantalon en lin tissé le maintenait en place sur sa selle, lui offrant une forme de fusion avec les mouvements de sa bête.
Cet habit tenait grâce à une ceinture gravée d'un métal rougeâtre et affublé d'une boucle représentant deux haches s'opposant, côtés affûtés vers l'extérieur. A cette ceinture, côté droit était accroché une lame Schiavone provenant d'Italie qu'il avait dû acheter à un prestigieux commerçant pour une somme toute aussi prestigieuse. Sa garde était faite en forme de serpents s'envolant vers le poignée de son possesseur, lui offrant une belle protection. A son opposé trônait un pistolet d'arçon type MQ122, pistolet de base de la cavalerie française. Son manche était taillé dans du bois de noyer robuste. Un écusson en forme de tête de Loup était placé sur les flancs de l'arme, au niveau du chien.
Près de cet attirail était placé la main gauche du jeune homme, une main gantée de cuir, parsemée de forme métalliques dorées. La main droite de l'homme était pourtant à l'air, sans gant. Elle possédait de long doigts très fins se terminant sur des ongles trop longs pour un homme.

L'étalon, aussi noir et violent que la couleur de son maître était un monstre taillé de muscles. Sa robe luisante laissait voir sa musculature développée tel une monture de charge de nos ancêtres chevaleresques. De chaque côté de son museau était placé son hétérochromie offerte par deux magnifiques yeux vairons, l'un bleu clair et l'autre marron foncé. Ses reines se reliaient autours de son museau mais aucun mors ne gênait ses molaires. La relation de confiance entre le noble et son compagnon, au delà de sa fusion de mouvement se laissait traduire par une grande liberté dans les choix de la monture lorsque l'homme ne tenait pas les reines. Ces mêmes liens restaient le plus souvent attachés au pommeau de la selle faite d'un cuir bleuté. Des motifs était incrusté en elle, On y distinguait plusieurs croix renversées et quelques symboles appartenant à des temps passés.

Avançant de façon douce, calme, vidée de tous mouvement brutal, sans un seul écart, le duo ne formant qu'Un avançait tel un spectre dans la noirceur environnante. Le cavalier brisa l'harmonie du geste, sortant un couvre-chef de la sacoche postée au flanc de son cheval. Il le plaça sur son crâne, le versant gauche penché, se plaçant au dessus de l’œil déjà caché par les mèches. L’œil droit, à l'ombre des rayons lunaires se peint d'une teinte ambrée, presque rouge.
Il sembla se redresser sur sa selle et empoigna sa Schiavone de sa main droite. Soudain, il bondit du cheval vers un arbre avoisinant, ayant dégainé sa lame. Une pulsion révélant la musculature cachée de ses jambes puisque le bond semblait énorme pour un simple humain. Un bruit tranchant déchira le silence . Puis un son métallique se fit entendre, une arbalète tomba sur le sol. Le jeune homme à la cape soyeuse essuya sa lame dans les vêtements du personnage face à lui. Ce fut finalement le corps de l'assassin qui tomba sourdement à terre. L'homme n'avait pas réagit, la lame du cavalier se plantant jusqu'à la garde juste sous la gorge.
Sa silhouette fila à travers les arbres pour se reposer sur la croupe de son cheval, adroitement, se plaçant d'un geste sec sur sa selle. L'air de rien, l'étalon noir continua et la vie reprit .



Une vie qui continu au prix d'une autre, juste et égal, non ?






L'Âme :


Savez-vous seulement ce que c'est de perdre son Avenir ?
Je n'ai pas toujours été ce que vous voyez aujourd'hui ... Parfois, il y a des moments dans sa vie où l'impression de tout perdre autour de nous se fait si forte qu'au final, on ne se sent plus vivant. Rien n'est vrai, tout est permis et vous ne faites plus d'actes réels. Tout n'est qu'illusions pour vous tandis que le reste du peuple pense que c'est réalité et lorsque vous ôtez une vie, pour eux, ce n'est pas une illusion que vous effacez mais une vie. Ils n'ont rien compris. J'étais quelqu'un. J'ai perdu ce qui faisait ma vie et je pense qu'à cette époque, j'en suis mort. On m'a prit mes parents. Eux qui m'ont tout apprit, eux qui étaient fiers de moi, eux que j'aimais tant sans jamais le leur prouver. Puis on m'a arraché ma femme, mon Amour, mon Ange, mon Avenir. Et comme si cela ne me suffisait pas, c'est ma sœur qui m'a été volé. Oh, Deus, comme je comprend la souffrance de son homme. Lui à qui j'en ai tant voulu à l'époque de ne pas avoir été là, de ne pas l'avoir protégé. Et pourtant, je le comprend, je l'ai vécu. Cette honte, cette culpabilité, ce sentiment de frustration ... Il s'en veux et je pense qu'il me considère avec tant de respect que chacun de mes gestes pourraient être une blessure contre lui. Se défendrait-il seulement si je l'attaquais ? Et pourtant il est aujourd'hui plus que mon beau-frère. Il est aujourd'hui mon frère. Mais que me reste t-il aujourd'hui ? J'ai tant de regrets dans cette noirceur qui fonde mon passé ...

Tellement de souffrances s’abattent que l'esprit disparait. J'en étais venu à un point où je me disais que tout cela ne pouvait réellement exister. A ce moment, à mes yeux, rien n'est vrai et tout est permis. J'étais dans une illusion où la réalité avait disparue. Le peuple autour de moi ne me comprenait pas. Chaque vie que je volais était pour eux une personne à part entière, un vivant de ce monde pendant que je ne voyais en ces quelques massacres que des illusions que j’effaçais. Je rendais ces terres moins floues, tout semblait ne pas vivre, tout semblait m'appartenir. J'étais l'Ange Noir qui venait récolter les âmes. J'étais la main qui fermait vos yeux pour que vous vous endormiez plus paisiblement.

Cela fait pourtant vingt quatre ans que mon Ange a disparu. Caëlane ... Mais l'ironie dans tout cela, c'est qu'encore maintenant, j'ai l'impression qu'elle m'épie. Elle reste en moi comme si j'avais absorbé son âme pour ne pas la perdre. Elle est là, cachée dans les cieux nocturne. Une lumière emmitouflée dans sa couverture avec toutes ces perles de la nuit qui illumine ce voile nocturne, une étoile avec ses sœurs. J'ai traqué pendant vingt et un ans ceux qui ont joué avec sa vie pour quoi finalement ? Une affaire minable ! Il l'a tué pour vivre paisiblement et finalement, je l'ai chassé pendant vingt et un ans. Il n'aura jamais profité de ces moments paisibles qu'il désirait. Tout ça n'est qu'un Enfer.

Aujourd'hui, je reviens parmi les humains et leur réalité dérisoire. Je me force à croire à tout cela, oublier l'illusion pour me dire que c'est réalité. Ces gens m'apprécient et avec eux je redeviens quelqu'un, je recommence à vivre. Mais il ne faut pas qu'ils sachent ... non jamais. Personne ne doit savoir ces atrocités que j'ai faite. Je ne suis qu'un monstre qui a tué sans cesse, tué jusqu'à ce que tout cela devienne une leçon de morale à ses yeux, prenant conscience avec son expérience qu'au final, ce ne fut rien de plus qu'un passé qu'il ne désire plus. Il ne faut pas que ces gens connaissent ce passé où j'ai pris tant de plaisir à me réchauffer auprès de ces flammes. Toutes ces flammes de vie que j'arrachais dans les yeux de mes proies lorsque, juste avant de mourir, je pouvais me nourrir de la crainte qu'ils éprouvaient. Je sais qu'aujourd'hui, je suis toujours victime de ce besoin. Je ne m'arrêterais jamais de chasser ni de tuer, je ne le peux plus mais je dois me refaire. Le Seigneur Noir n'est plus connu que par un seul et unique Sieur. Ce même personnage qui s'est tant rapproché, son frère, son unique lien avec le passé. Pour le reste du monde, je suis le Sieur Héthëlaon. Une connaissance de Wolfyiel Sweihtter qui sait s'adapter aux gens et qui "ne pose pas problème".

Au fond de moi, je ne m'arrêterais jamais de brûler. C'est ainsi. Cette déchirure lorsque l'âme d'un loup se décolle de son corps ne cesse jamais de le consumer même lorsqu'elle revient en ce même Être. Jamais je ne pourrais dire que je suis quelqu'un de réel, que je ne suis pas ce passé qui m'a transformé. Je suis plus calme, plus posé que la majorité de mes congénères lycans mais ce n'est qu'une façade qui cache une rage intérieure qui brûle à tout jamais. Serais-je comme un canon, un corps sculpté parfaitement mais ne représentant pas une beauté spirituelle, mais au contraire, le feu des enfers, projetant ma haine sur de pauvres victimes chaque nuit ?
Je ne veux pas. Je ne veux plus faire peur.
Je me répète sans doute mais je dois me reconstruire, me refonder et retrouver des gens qui feront de moi quelqu'un à nouveau. Personne ne doit savoir toutes ces atrocités que j'ai fais et à quel point j'y ai pris plaisir, personne ne doit savoir qu'au fond je ne suis qu'un monstre qui pourrait leur trancher cœur et âme sans même comprendre son geste. De plus en plus tous ces gens, toutes ces illusions deviennent ma réalité.
C'est la perte de l'Amour, la perte de mon Avenir qui m'a fait devenir ainsi. Trouverais-je une nouvelle vie en trouvant un nouvel Avenir ? J'ai un passé, loin au fond de moi. Vingt cinq années de ma vie où j'étais une personne aimée et reconnue. Aujourd'hui, je veux me reconstruire. Peut-être y arriverais-je ?








L'Homme:


    Pseudo : Le Seigneur Noir
    Age: Que vaut l'âge lorsque la parole qui en sort n'est pas appropriée ?
    Comment t'es-tu retrouvé parmi nous?: Le coupable est Wolfyiel Sweitther !
    Des Remarques ou impressions? Pas encore mais ça viendra
    As-tu lu le règlement ? Oui et j'aime particulièrement le fait que les propos à caractères sexuels ne sont pas interdits. ( Love le créateur du règlement )
    Code du règlement : It's good


Dernière édition par Kildos Hëthélaon le Lun 8 Oct - 17:28, édité 28 fois
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Lizbeth C. Valentyne
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MessageSujet: Re: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   Jeu 2 Aoû - 8:53

Bonjour et bienvenu Kildos.

Puisque tu as lu le règlement je suppose que tu peux sans problème ajouter le code du règlement à ta fiche ? Dans le cas contraire je t'invite à aller le lire/relire.

Sur ce, bon courage pour ta fiche !



Kit by my Love *w* ♥️



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MessageSujet: Re: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   Dim 19 Aoû - 9:53

    Bonjour ,

    Je viens prendre des nouvelles, où en est cette fiche ? Cela fait plus de deux semaines qu'elle a été postée sans être terminée, par conséquent je la place en salle d'attente... Si tu souhaites la continuer, envoies moi un Mp rapidement.

    Merci.

    EDIT: Fiche remise à disposition à condition qu'elle soit rapidement terminée.
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Kildos Hëthélaon
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MessageSujet: Re: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   Dim 19 Aoû - 22:55

Merci bien Mademoiselle de Borizier.
Je vais tenter de rentrer dans vos termes même si cela me semble compliqué. J'ai peut-être encore deux chapitre qui vont me poser problème pour l'écriture mais la suite fleurira assez vite.
Mes hommages.
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Kildos Hëthélaon
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MessageSujet: Re: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   Sam 15 Sep - 17:10

L'Être : Petite histoire d'une vie :
ATTENTION à toi frêle Âme. Mon récit peut contenir de la puissance néfaste pour toi. Parfois cela te choquera, parfois cela te dégoûtera. A ta place, Âme Sensible, je m'abstiendrais aux chapitres à la première lettre en couleur sang.

Cela fait tellement de temps maintenant. Mes parents m'ont appris la force avant de m'apprendre l'Amour. Il fallait savoir se tenir, savoir marcher droit, faire baisser le regard des faibles et surtout, savoir mener sa lame. Je me souviens encore Mademoiselle de Maupin me contant ses récits lorsque je n'étais qu'enfant.
Plus tard, vers ma neuvième année, on commença à m'apprendre à prendre les coups réels. Mes Maîtres d'Armes étaient de brillants duellistes italiens dont la réputation n'était plus à faire. Ma famille, d'une grande richesse ne me privait de rien. Je pu jouer de l'arc, du fleuret dès qu'il apparu et de l'arquebuse militaire.

Il ne fut que l'Amour d'une femme qu'on m’empêcha de goûter. Permettre à une enfant de connaître la vie sous la force de souffrances et de douleurs pour le forger sans lui apprendre la douceur et la puissance d'un cœur ardent est cruel n'est-ce pas ?! Mais pourtant, je ne le regrette pas. Cela m'a permit d'être fort face au danger, ne craignant même plus de mourir. J'ai passé mes études à étudier la philosophie selon Socrate, Aristote. Père m'a même offert la venue de Monsieur Cesare Cremonini qui ajouta à ma connaissance Alexandre d'Aphrodise et d'Averroès.

Mais c'est vers mes quinze ans que j'ai respiré pour la première fois. Une simple odeur qui m'affola, un simple regard qui m'attira. Une puissance dans une simple paire d'yeux, cela était improbable. Mes sens étaient fous : mon ouïe sifflait, mes yeux me brûlaient, mon palet s'engourdissait, et mon nez ne détectait plus qu'elle.
J'étais simplement assis dans l'herbe du Parc de Versailles, à côté du Bosquet des Trois Fontaines, lisant un nouveau livre de légende que Mère m'avait offert, les arbres derrière mon dos. Et elle passa, armé de ses valets. Tout de pourpre elle était vêtue. Elle semblait connaître la mode des grands couturiers comme en témoigné son mantilla rosé (châle d'origine espagnole), ses manchons étaient richement décorés, parés de joailleries exotiques ,ses passements (dentelles) étaient fins faites d'un coton noir, recouvrant ses mains et une partie de son cou. Sa longue robe, de soie sans aucun doute, était colorée de rouge pourpré mettant en valeur son teint pâle. L'ombre tombée sur son minois grâce à une élégante ombrelle. Ses cheveux aubruns étaient détaché et tombés jusqu'à ses reins, plus sombre encore que la teinture de son habit. Son visage, en partie caché par le frêle voile tombant de son chapeau raffiné.
Il n'y eu qu'un regard qui nous relia. Elle avait des yeux verts qui me harponnèrent. Mais juste au moment où son regard passa dans le mien, ses prunelles prirent une teinte rouge, effaçant jusqu'à la pupille, laissant seulement le blanc de l’œil pour continuer de croire qu'elle était humaine. Contre ma volonté, mes yeux je baissais. Face à ce désir, je me senti attiré. Avec plaisir, j'eus l'envie de chasser.


Oui, à toi, je peux confier cela. Je ne suis pas tout à fait comme les autres jeunes nobles, tu sais ? J'ai longtemps été happé par la folie lorsque la pleine Lune frappait mon cœur. Je me changeais, des pulsions frappaient mon torse tandis que mon sang brûlant coulait à flot dans mes veines.

J'avais envie de chasser, de tuer. Au départ, ce n'était que de simples bêtes mais l'action me porta dans un crescendo infernal. Des lapins, je passais aux biches, des biches, je passais aux renards, des renards je passais aux plus puissants des cerfs. Je tentais le danger mais lui ne voulu jouer avec moi. Mon Être me poussa finalement à m'attaquer aux hommes. Frêles créatures au goût plus fin que les animaux. Je déchargeais le trop plein de mal-être qui subsistait en moi sur leur petit corps sans défense. Je me souviens encore du premier homme que j'ai tué. Veux-tu que je te le raconte ?

Oh, oui, évidemment que tu le souhaite. Que reste t-il que tu puisses faire maintenant de toute façon ?! Ah ah, alors écoute bien cela :
" Je l'avais senti depuis un moment. Son odeur empestait d'une noirceur, d'une vilénie qui m'avait d'abord repoussé et finalement cette odeur me suivant m'avait complètement enragé. Au travers des bois, j'avais couru. Je me suis retrouvé dans une clairière isolée, sous la Lune battante. L'homme encapuchonné se tenait là, seul, semblant attendre quelqu'un. Je restais tapis dans l'ombre, mon désir de l'abattre montant en moi.
Cette force en moi hurlait de lui arracher la gorge et de me délecter de sa précieuse hémoglobine mais malgré moi, je me retenais. Je ne sais ce qui me prit à ce moment là, j'attendais ce que l'homme attendait.
Puis, telle une prémonition, une silhouette apparue dans les fourrées. Fine, délicate, gracile et parfumée ...
C'était une jeune femme aux hormones débordantes. A la vue de l'homme, elle se mit à courir et lui sauta au cou, l'embrassant de tout son amour. L'homme se laissa faire, bien plus froid, nerveux même. Il goûta au baiser sans même le savourer ou l'apprécier. Il retira le voile de son visage. Il avait tout d'un prince. Une chevelure d'or mi-longue, des traits raffinés, un visage en pointe très fin. Il lâcha ces quelques mots :
- Tu as tout ? Nous devons partir loin et vite.
- Oui, j'ai tout ce que tu voulais.
Alors, la demoiselle sortit d'un sac en toile une boîte taillée par un orfèvre. Les dorures et les joyeux incrustés révélaient une grande richesse. Elle ouvrit la boîte à l'aide d'une petite clé qu'elle retira de son corset, soigneusement dissimulée entre l'habit et le sein gauche de la petite enfant. Des bijoux de grande valeur, des rubis, des émeraudes et d'autres luxes encore plus magnifiques. La bouche de l'homme se fendit d'un sourire maléfique. Il referma la boîte et la posa au sol, à côté de lui. Il s'approcha de la jeune femme lui assenant un long baiser, tirant une dague de sa ceinture, il la lui planta au cœur. Juste avant que l'Ange ne défaille, il se permit d'ajouter
- Je crains que vous ne m'ayez compris ma Mie. L'or et la richesse sont bien plus important que tout autre chose. Plus important que l'âme, plus important que l'amour, plus important que votre petit cœur. Je vous remercie de participer à l'enrichissement de mon bonheur.
Il retira ensuite la lame et laissa la petite princesse, larmes aux yeux, lentement s'éteindre.

J'avais regardé la scène sans aucune réaction. Tout cela n'était guère mon affaire. Pourtant, lorsque le regard de la demoiselle se posa sur moi encore dans les fourrées, indétectable, je me senti mal. Elle mourra son regard ainsi et je vis de suite son sang qui coulait, tachant son vêtement. Je ne pu plus contrôler mes pulsions.
Lorsque que l'homme se tourna, la boîte se trouvait à hauteur de ses yeux. Il constata avec effroi que deux mains surdimensionnées, puissantes, la tenait. Levant les yeux, il vit un regard prédateur surplombant un sourire de crocs luisants sur lui. Je me tenais face à lui, voulant simplement sa souffrance.
Je lui pris la gorge avec violence, veillant à ne pas le tuer, de ma main droite et empoignais quelques pierres précieuses de ma main gauche. Sous la surprise et l'horreur, il ouvrit sa bouche au maximum voulant lâcher un cri. Rien n'en sortit. Au contraire, je pu commencer à m'amuser à faire glisser un par un les joyaux dans sa gorge, les lui enfonçant profondément à l'aide de la clé qui servait à ouvrir la boîte.

L'inconnu blond toussotait, me postillonnant au visage des perles de sang provenant de sa gorge. Je me plaisais à le voir souffrir alors que je ne désirais avant cela que boire son sang, le chasser. Il empoignait fermement mon poignet tentant vainement de le tordre. Je l'ai plaqué au sol. Son corps fit un bruit sourd et il se renferma sous la douleur. Je plantais mes griffes dans son torse et descendis jusqu'au bas de son abdomen, lui entaillant assez profondément la chair. Dans cette entaille, je m'amusais ensuite à enfoncer les paires de boucles d'oreilles présentent dans le coffret et un bracelet que j'avais briser pour éviter de le tuer avec. Le mesquin commençait alors doucement à rejoindre le royaume des Morts, la douleur lui lacérant le corps. Je profitais de cet instant pour lui enfourner la plus grosses des pierres précieuses présente dans l'écrin, au fond de sa gorge, y forçant avec ma main maintenant. La "victime" commençait à avoir un teint bleuté, s'étouffant, gigotant. Je frappais d'un coup sec pour enlever le joyau au niveau de la carotide. Il en sortit maculé de sang.
L'homme tenta une dernière échappatoire et son poing vint terminer sa course folle dans ma clavicule. Fou du fait qu'il ait tenté de me frapper, je vins lentement me placer au dessus de son visage torturé par la souffrance. Ma voix lycanne lâcha ces quelques mots sur un ton de possédé :
- L'Amour, l'Amour, Douceur de l'âme, plaisir charnel ...

Puis ma gueule s'ouvrit et se ferma plus vite que le battement d'aile d'un papillon nocturne. Sa gorge me servit le frais nectar telle une fontaine. Son sang était bien meilleur que celui des animaux. Avec un arôme plus fort, plus ferré dirais-je aussi. Le voleur suffoqua encore de cours instants, son corps en proie aux dernières convulsions, aux derniers spasmes ...
Puis il mourut, ne comprenant sans doute toujours pas la gravité de la traîtrise qu'il venait de faire à celle qui l'aimait.
Pour la première fois, je venais de tuer un humain. Pour la première fois tout bascula derrière moi et je m'abandonnais au plaisir suprême.

Lorsque j'eus finis mon repas, je ne sais ce qui me retint mais cette femme, les yeux grands ouverts renversées sur son flanc sembla me demander de rester encore un peu. Elle était bien morte mais je n'arrivais pas à en décrocher les yeux.
Je me rapprochais d'elle, je pris soin de son corps. Je la redressais, l'adossant à un arbre plus loin. Ses yeux se fermèrent sous ma paume passant sur son visage. Je remis une mèche le long de sa chevelure. Je baissais légèrement son corset et passait ma langue sur le haut de son sein, pour nettoyer le sang de la plaie qu'elle avait au cœur. Le sang nettoyé, je replaçais délicatement le corset à sa place et je lâchais ces derniers mots avant de fuir vers le manoir où je vivais :
- Je vous laisse ce pauvre homme. Trainez-le jusqu'en Enfer."

Ce fut la première âme qui s'échappa à cause de mes mains, de mes crocs, de ce que je deviendrai.


C'était une nuit d'orage et j'étais dehors comme à mon habitude durant les tempêtes. J'aimais à profiter de la pluie qui me ruisselait sur le visage, rafraîchissant le corps, noyant mes pensées. Les fracas du ciel, les zébrures argentées m'apaisaient et me faisaient oublier pulsions, soucis et défaut de la vie. Je vaquais sans réel but, j'avançais sans réelle destinée.

Les bois m’accueillaient, sifflant, fauchés par la tempête. Tout grondait et pourtant, l'atmosphère était paisible sans la présence humaine qui polluait habituellement ces lieux. Je m'enfonçais seul toujours plus profondément dans les ténèbres, seul et sans armes pour éviter qu'elles ne souffrent de l'eau. Mais que devrais-je craindre ? N'est-ce pas moi le monstre de ces bois ?! Je déambulais telle une ombre.

C'est lorsque la foudre frappa un arbre non loin de moi et qu'un cri déchira les battements du tonnerre mélodieux que je me rendit compte que ma solitude n'était pas si parfaite que cela. Je décidais d'aller voir. Sait-on jamais, ce pouvais être une proie facile qui m'aurait abreuvé ce soir …
Jamais je ne me serais attendu au spectacle qui se dressait devant moi : une jeune femme tentait désespérément de soulever un tronc d'arbre tombé, par la tempête, sur un loup. Deux cadavres humains jonchaient le sol non loin. Un couple sans doute. Autour de la demoiselle vivante le reste de la meute ne semblaient ni la craindre, ni vouloir l'attaquer. Des loups domestiqués ? Non impossible …
Lorsque le groupe me vit, un genre de formation se mit en place. La femme recula, sortant deux dagues, la meute se plaça devant elle et le plus imposant des loups trouva la place de tête, face à moi. L'orage grondait, les loups grognaient mais ce que je percevais le plus évidemment, ce fut le souffle de la jeune, son parfum enivrant, ses yeux éclatants. Son regard précédemment vert luminescent se transforma en rouge sanglant. « La fille du parc » pensais-je de suite. Sous l'arbre, le jeune loup jappait douloureusement. Une branche semblait lui avoir percé la cuisse gauche.
Légèrement surpris par la présence de cette enfant qui m'affolait ici, je m'approchais du tronc couché tout de même. Sur cette action, le loup de tête entama une légère course et me bondit dessus, tentant de protéger sa « famille ». Le coup qui partit fut réflexe. Dans une diagonale infernale, le coup partit et finit sa course dans la gueule de la bête. Le revers qu'il se prit le fit tournoyer légèrement dans les airs avant qu'il ne s'écrase lourdement au sol, dos le premier. Un seul regard suffit pour l'empêcher de recommencer. Mes yeux s'ambrèrent et il comprit que nous n'étions pas si différents. Je me rapprochais de l'arbre pour être maintenant aussi proche de l'animal que l'était la jeune fille tout à l'heure. Je cassais la branche plantée dans la musculature du canidé qui lâcha un grognement de douleur. La meute grondait farouchement sur le possible assaillant qui s'en prenait à l'un des leurs mais, voyant le mâle le plus puissant rester immobile, elle n'intervint pas, se contentant de me mettre en garde avec leurs hurlements et leurs grognements. Ce que je respectais.
Ma force de lycanthrope me permit de déplacer le tronc pour libérer le frère bloqué. Blessé, il tentait de se mouvoir mais était déjà trop faible, proche de la perte de conscience. Je le pris dans mes bras et, sans un mot, je tournais le dos au groupe, me dirigeant vers la demeure de mes parents. A ce geste, la demoiselle baissa sa garde, plus par incompréhension que par confiance. Elle rengaina un dague mais garda l'autre, pour me suivre silencieusement. Sur les cadavres du couple, très pâles, je pu noté les traces de morsures d'abord malhabiles sur les clavicules puis beaucoup plus soignées dans le cou. Ils avaient été vidés de leur sang alors que manifestement, les loups n'avaient pas encore posés un croc sur eux. Le puissant mâle s'enjoignit au groupe, regardant face à lui, m'évitant. Lorsque nous commençâmes à nous éloigner, la meute, restée seule s'occupa de nettoyer les cadavres de toutes leurs chairs maintenant inutiles pour eux.

Arrivé au manoir, Ethel, une domestique m'ouvrit la porte. Elle scrutait régulièrement mon retour aux fenêtres, inquiètes de mes sorties lors des tempêtes. Au vue du compagnon que j'avais dans les bras, saignant, et des deux autres me suivant, elle s'empressa de nous faire rentrer. Le chef de meute passa en dernier et ma petite Ethel, recula d'un pas, craintive. Je la gratifiais d'un sourire se voulant rassurant. Elle s'inclina et annonça :
Je vais chercher des serviettes chaudes pour vous sécher, Où dois-je vous les apporter ?
Tu les portera dans ma chambre directement et, au passage, réveilles Melmays. Dis-lui que c'est un cas urgent et que les soins seront dans ma chambre. Vas maintenant.
Alors que la femme s'empressa, je la retenais un dernier instant.
Ethel !
Oui, Monsieur ?
Merci.
Nous nous retrouvâmes dans la chambre, recouverts de serviettes et de couvertures pour la fille du parc et moi tandis qu'Ethel s'approchait, prudente du loup encore valide. Inquiète, elle passa timidement une serviette sur ce grand mâle. Ce dernier tourna sa gueule vers le visage de la femme, la remerciant d'une lèche. Elle tomba à la renverse ne s'y attendant pas puis rit de sa dernière frayeur. Elle se remit à sécher le loup, plus confiante.
Le jeune médecin logeant chez moi, Melmays, faisait son office, tentant de soigner l'animal blessé. La demoiselle aux cheveux auburn regardait attentivement, inquiète. Ce ne prit point plus d'une vingtaine de minutes. Mais la brave bête avait besoin de repos. Nous l'installèrent alors dans ma literie, caché sous les couvertures, ne laissant apparaître que ses yeux et sa truffe. Il était paisible. Je me permis de me poser dans un fauteuil confortable, non loin d'une fenêtre. L'orage avait laissé place à un croissant de lune, noyant la nuit dans le silence.
Mes domestiques nous laissèrent pour aller regagner le repos. A ma surprise, le puissant animal, maintenant séché par les soins d'Ethel vint se poser à mes pieds, toujours en refusant de poser les yeux sur moi. Mais là n'était pas le plus étonnant de la soirée. Alors que mon regard se portait sur le loup dans mes draperies, je ne me rendit compte qu'au dernier moment que la jolie rousse venait de m'enjamber pour se retrouver à califourchon sur moi. Ses lèvres se trouvait à quelques centimètres des miennes.
<<- Pourquoi ? Dit-elle, toujours plus ou moins méfiante
- Je ne saurais vous dire ma demoiselle. Je me sens proche de ces animaux et … je ne supporte pas leur souffrance.
- Les humains sont une autre race d'animal je pense
- Oui mais celle là fait plus souffrir les autres, par leur façon d'être, par leurs manières, par leurs destructions …
Puis plaçant ses doux mots dans mon oreille, elle dit
- A quoi vous attendiez-vous en échange Sieur … Sieur ?
Mes émotions s’emballaient, mes sens étaient fous, pour la première fois, je me sentais paniqué.
- Hëthélaon, Kildos Hêthélaon. Qu'aurais-je pu attendre d'un Loup ? Il était dans le besoin, je l'ai aidé, dans les prochains jours, il pourra recommencer sa chass …>>
Je ne parlait pas du Loup, m'interrompit-elle.
Sur ces derniers mots, elle prit mon visage entre ses mains et m'offrit un baiser langoureux. Surpris, je me laissais faire ne sachant pas comment réagir. « Merci Kildos » Elle se releva et m'entraîna dans le sofa plus loin. Elle m'y poussa et je tombais assis. La jeune femme s'y allongea et posa sa tête sur mes jambes. J'ai placé la couverture qui me couvrait sur elle et elle s'y blotti. Le grand mâle profita du mouvement pour s'approprier le fauteuil libéré. La jeune fille se recroquevilla sur elle un instant. Ce sur quoi, je lui murmurais « Vous êtes gelée mademoiselle, je puis vous offrir une nouvelle couverture peut-être ? » « Taisez-vous, laissez-moi ainsi et nommez-moi Caëlane ». La nuit passa ainsi, Toute la nuit, je restais éveillé, ma main caressant la tête de la jeune fille posée sur mes jambes. Elle se nommait Caëlane.


Je me réveillais le lendemain, légèrement courbaturé. La jeune Caëlane et le dominant n'étaient plus là, évidemment mais je pu assez vite constater un léger souvenir de son passage : deux belles lacérations avaient fleuries sur ma clavicule, sans doute des crocs qui ne s'étaient pas profondément enfoncés, évitant de trop s'approcher de mon cou, descendant jusqu'à mon pectoral gauche. Je rêve ma parole. Elle m'avait signé comme étant de sa possession ou bien … ?! Dans un certain sens, cela me rendait furieux qu'on puisse me comparer à un animal domestique, dans un autre, cela me plaisait qu'elle revienne sûrement chercher son « dû ».
L'animal sauvage était encore sous les draps, ses yeux ouverts étaient fixés sur moi, il ne bronchait pas. Sur le peu de son corps exposé à la vue, les rayons chaud du Soleil avaient pointés leur nez. Il faisait jour depuis au moins deux heures. Comment avais-je pu tant et aussi bien dormir?! Mes nuits étaient pourtant troublées et de courte durée à l’accoutumée …

Je me levais, le corps frais malgré quelques courbatures, l'esprit léger, le cœur battant. Je me suis approché de la bête allongée. Chacun de mes pas résonnait dans son grognement. Il était inquiet, il était méfiant, il était perdu. Je suis resté auprès du lit. Ses babines qui se sont retroussées lorsque je me suis posté face à lui m'ont fait sourire. Je l'observais quelques instants avant de tenter une approche avec ma main vers son crâne. La réaction ne se fit pas attendre, à quelques centimètres de sa tête, sa gueule s'est ouverte et refermé sur ma main en un claquement de doigt. La puissance de cette gueule était telle que deux ou trois crocs ont littéralement transpercés ma chair de par en par. La douleur fut intense et immédiate mais je retins toute expression de souffrance, ne lâchant qu'un léger râle dans mon soupir. Ce loup, confortablement installé semblait attendre une autre réaction puisqu'après son acte, ses yeux sont montés jusqu'aux miens puis rabaissaient tout aussi vite. Sa mâchoire s'est ouverte, me libérant et l'animal s'est mit à me lécher la main. Le sang du lycan sans doute …
Pour lui aussi, ma main qui semblait agressive s'est transformée en réconfort lors d'une caresse complice. Puis ma main s'est légèrement égarée pour se laisser aller à sa fourrure soyeuse, dévoilant son corps de sous les draps et les pansements où le sang s'était amassé. Il gronda légèrement lorsque je m'approchais de sa blessure mais se laissa tout de même faire. Sous les bandages, la cuisse de l'animal avait été transpercée de par en par mais les os avaient été épargnés. Dans quelques jours, les sutures auraient prises et il pourra recommencer à prendre l'appui. En attendant, seule une atèle pourrait le faire marcher.

Pour preuve, après quelques jours seulement, une atèle construite spécialement pour lui, le loup ne s'éloignait jamais trop de moi. C'est aujourd'hui qu'on lui retirais le matériel artificiel. Et c'est ce soir que je comptais allé voir le lieu où je l'avais trouvé blessé.

Le soir, comme tous les autres durant deux semaines ne fut fructifié que par la rencontre de la meute. Chaque soir, j’espérais trouver plus que cette simple meute à qui j'apportais le repas du soir que je chassais moi-même. Qualité fraîcheur oblige. Je me suis rapproché de chacun des Loups, je les comprenais aussi étrange que cela puisse paraître. Parfois, je m'amusais à hurler à la Lune comme eux mais finalement, je pense que ces lamentations me rongeaient réellement. La très chère Caëlane n'y était pas.


Parfois le soir, lorsque je restais avec les Loups, je ressentais en moi des pulsions, des troubles. Cette morsure que j'avais à l'épaule me brûlait les veines. J'avais des sortes de confusions, comme si je sentais ne pas être seul … Je me sentais défaillir, sortir hors de mon corps. Tout mon Être me lacérait de douleur et je me sentais pourtant si libre, flottant dans les airs.
Mais dans la dernière de sensations, l'impression de cette présence se fit plus forte. Mes sens m'ordonnèrent de regarder, ce fut plus fort que moi et la direction était précise. Tournant la tête, je pu voir le voyeur qui se cacha instinctivement. Il était dans un arbre à une dizaine de mètres de ma position. Je cherchais du regard quelques autres détails assez vite : au vu du feuillage, c'était un érable, le tronc était lacéré et … il y avait un trou au niveau du personnage se croyant en sécurité, abritant sûrement un animal. Rapide, je levais mon corps et me reculais de façon à ce que l'inconnu m'observant ne puisse plus me voir lorsqu'il repasserait la tête. Ce qui fut le cas.
Je secouais ma tête dans tous les sens, effréné, de façon à perdre cette sensation qui me possédait. L'inconnu, lui me cherchait du regard, méfiant. Et je pu enfin me libérer de cette transe pour recouvrer à nouveau ma liberté même si les cicatrices de mon épaules brûlaient encore. Un coup d’œil au alentours et je pu repérer ma cible qui était restée dans l'arbre. Furtivement, je me déplaçais jusqu'à l'arbre et l'escaladais en deux temps.

Je me suis retrouvé derrière ce personnage encapuchonné, assez mince et plutôt svelte. Ma main s'était préparée juste derrière sa nuque à le maîtriser au cas où il tenterait quelque chose. Je me suis approché de sa capuche, regardant dans la même direction
« Beau spectacle ? »
Sur ces mots, ma proie se laissa tomber en avant, se rattrapant au dernier moment moment à une autre branche se propulsant pour faire un salto arrière et retombé net sur ses jambes. Voilà donc une proie qui saurait régaler mes instinct bien qu'elle affolait mes sens … Je me laissais tomber sans prendre la peine de me rattraper pour mon cas, tombant sur le sol directement sur mes jambes je n'eus pas le temps de lever ma garde que déjà la cible tentait de me charger à l'aide d'une dague. J'esquivais l'attaque, rattrapant l'inconnu par les poignets et le plaquant contre le tronc. Je me rapprochais de son visage, tentant d'immiscer la crainte en lui, de jouer avec ses frayeurs. Il n'en fut rien, au contraire, un large sourire se dessina dans la capuche. Outré de cette affront, je lui enlevais d'un geste violent pour voir qui était le malotru qui se fichait tant d'avoir un lycanthrope si proche de lui.
« Je n'ai pas peur, Monsieur Hëthélaon ! »
Je fut surpris par ses mots avant de découvrir son visage. Mes poings restaient serrés sur ses poignets mais mon souffle s'arrêta presque devant l'instance émotion qui me remplissait. Un vent similaire à de la panique me prit à la gorge, une fois de plus, elle me mettait hors de moi. Caëlane …
Elle profita de cet instant et s'offrit le luxe de me voler un nouveau baiser. Décidément … Elle lâcha sa dague. Je lâchais ses poignets. Son corps se rapprocha du miens tandis que sa main droite venait effleurer mon cou. J'étais complètement hypnotisé, baissant totalement toute garde. J'étais transporté, ailleurs, flottant loin de là, ne sentant que son baiser. Juste avant qu'une nouvelle douleur, autre que mon épaule vienne troubler ce moment. Deux de ses canines venaient de se planter dans ma lèvre inférieure, en sectionnant une petite partie. A cela vint s'ajouter les quatre nouvelles lacérations qu'elle dessina de ses griffes dans mon cou. Elle recula de quelques pas me regardant, défiante, joueuse, sans aucune crainte de représailles.
Elle couru, riant à travers les bois sombres. Visiblement, elle ne connaissait pas mes capacités et je pu en profiter assez rapidement car cette chasse tourna court. En effet, quelques instants plus tard, elle pu constater que mon habileté à chasser était meilleure que la sienne de fuir lorsque, ne regardant pas devant elle et courant à travers tout, elle se heurta à moi. D'un mouvement rapide, je la fit trébucher et je retombais juste sur elle, lui bloquant tout moyen de s'échapper, veillant tout de même à ne pas la faire souffrir de mon poids.
Elle avait le souffle court et rapide. J'étais posté sur elle, mes yeux dans les siens et je sentais ses gestes déboussolés sous l'emprise que j'avais sur elle. A la vue du sang qui coulait de ma lèvre, elle chargea à nouveau, goûtant cette fois à ce doux liquide. Son souffle s'accéléra encore et ses geste s'affolèrent sur moi, agrippant ma chemise puis allant jusqu'à mon cou avant de retomber sur mon bassin pour passer sous ma chemise avant de finalement commencer à me l'enlever. Son corps faisait de légers soubresauts, se tortillant sous moi.
Nos lèvres ne cessèrent de se croiser, de plus en plus passionnément, de plus en plus désireuses. Cette nuit là, nous nous sommes liés. Cette nuit là nous avons fait l'amour. Cette nuit là est ancrée en moi comme les brûlures que je porte dans mon dos. C'est tout ce qui me reste d'elle à cause de toi.
Mais là ne se fini pas le récit. Tu vas maintenant savoir pourquoi ce qu'il va t'arriver doit t'arriver.

Elle avait quatorze ans et j'en avais dix-sept, je le concède. J'étais riche et je possédais déjà une résidence sur la côte. Après un an ensemble, nous nous y installèrent. Les contes n'auraient pas pu narrer plus belle histoire. Nous brûlions l'un pour l'autre, consumant cet amour qui ne s'éteignait jamais. En huit ans, il n'y aura eu que cinq disputes et de ces cinq conflits, aucune n'échappa à une réconciliation des plus plaisantes, sexuellement sauvage, amoureusement dérisoire, terriblement réconfortante. J'étais fou, complètement désireux, atrocement jaloux. Chaque homme qui l'approchait de trop près, chaque homme qui la blessait, chaque homme qui la charmait disparaissait durant la nuit, ne réapparaissant que sous quelques membres totalement mutilés, dénué de tout sang, ternes et blafard ...

Je ne m'occupais généralement que de la chasse et lui laissais le nectar qu'elle désirait. Elle était plus jeune que moi et ses pulsions étaient plus folles que les miennes. Je vieillissais à ses côtés devenant de plus en plus sage, contrôlant mes mouvements plus rapidement que les autres, presque ... sous son contrôle. Durant huit années, je me suis assagi, j'ai protéger, bienveillant celle qui se destinée être ma vie. J'ai refermé sur nous ce couvercle qui éloigné tout intrus. Mais j'ai faillis. Je n'étais pas là lorsque tout est arrivé. Je suis mort ce jour là, j'ai disparu, perdant tout contrôle et ne devenant plus que l'ombre de ce que j'étais.


Ce fut un jour d'automne où la pluie tombait à flot. L'eau fraîche s'incrustait dans les tissus de mes vêtements, me ramenant à une chaleur plus humaine pour la peine. Je chevauchais calmement à travers une parcelle de forêt, sur un sentier battu, solitaire profitant à son habitude des tempêtes et des orages. Ma Douceur était restée à notre demeure.
Une patrouille de quatre gardes arrivée face à moi. Il n’était jamais bon de les rencontrer par ce temps car, mécontents de patrouiller, ces larbins de bas étage s’amusent généralement à piller les passants pour compenser leur travail sous la pluie. Comme prévu, en me voyant face à eux, ils dégainèrent leur épée, le sourire des mauvais présages, satisfait de voir un inconnu seul se balader sur le sentier. Deux d’entre eux avaient une épée fine, simple, le troisième avait une hache double axe et le dernier, une arbalète. J’avançais vers eux feignant de ne pas connaître leurs intentions, ne changeant rien à la cadence de mon cheval. Arrivé à leur hauteur, le garde avec la hache, coiffé d’une parure différente des autres m’annonça :
- La route n’est pas accessible aux pauvres. Qu’as-tu pour nous ?
- Je vous laisse le choix entre la souffrance et la Mort, vous êtes preneur pour laquelle de ces deux propositions ?
La Mort, la tienne.

Sur ces derniers mots, un garde avait fait le tour de mon cheval, me prenant à revers. Juste avant que la dégénérescence de s’empare de la situation, un nouveau garde arriva, joyeux. Il avait des nouvelles pour les autres :
- C’est notre jour de chance mes amis ! Il paraît qu’il y a eu un pillage dans une demeure de bourge non loin d’ici. La relève va être faite plus tôt. Une câtain a été retrouvée assassinée, sans doute dû au pillage de la résidence. Vous savez, la fille étrange avec son homme qu’on voit rarement. Comment se nommait cette gueuse déjà ? Hëthélaon me semble-t-il …
Face à cette situation, je ne réalisais pas. Tout s’arrêtait autour de moi. Comme si mon temps s’était raccroché à Caëlane et que d’un coup, on brisait le sablier. Les gardes riaient, m’encerclant. Mon esprit ne réagit plus, mon corps prit le relais lorsque l’un des gardes donna un coup de pommeau à mon cheval. Tout se passa extrêmement vite. Mes yeux se noircirent, des griffes sortir de mes ongles, mes dents devinrent pointues sans que je me transforme totalement. J’étais bloqué, je ne contrôlais rien, elle n’était plus avec moi ?!

Ma bête se cabra et je profitais de la hauteur pour me redresser sur la selle, mes jambes me propulsèrent au-dessus des deux gardes de combat au corps à corps pour retomber juste devant celui portant l’arme de jet. Je lui saisis l’arbalète avant qu’il ne tente même de s’en servir et faisant un tour complet sur moi-même, je revenais lui planter l’une des branches dans l’épaule. Je le fis pivoter pour me retrouver face aux gardes que j’avais passés auparavant. Ils s’étaient retournés, étonnés de ce qu’il venait de se passer. Le carreau de l’arbalète fila dans les airs, faisant sauter le casque du garde à l’épée qui était à deux mètres de moi. En effet, il lui avait transpercé l’œil et été passé au travers du crâne par l’intérieur pour propulser le casque du garde. Ceci fait, je retirais l’arbalète plantée, ne m’empêchant pas d’arracher le tendon qui se trouvait dans l’épaule du pauvre homme au passage. Avec brutalité, sauvagerie je venais frapper l’arbalétrier avec sa propre arme. L’arme se planta cette fois ci sous la gorge de l’homme et je descendis autant que je pu. La pointe du tirant de l’arme se fit un plaisir d’arracher l’intégrité du sternum de l’homme, exhibant ses côtes ouvertes puis l’éventrant jusqu’au sexe. Le pauvre garçon eut les yeux qui désorbitèrent face à moi mais je ne pris aucun plaisir à ce spectacle. Je récupérais de nouveau l’arme de jet et l’utilisais comme projectile contre le deuxième garde à épée qui avait fait le tour de mon cheval précédemment. Il reçut la charge de plein fouet dans son armure et recula de quelques pas sous cette puissance, se positionnant juste au niveau de la croupe de mon animal.

Tout est question de vengeance. La bête noire se cambra cette fois et donnant un coup de ses pattes arrières toucha l’homme en armure au visage. Sa tête tourna à un point extrême, jusqu’au final sa nuque offre un doux son de craquement sourd, le laissant tomber à genoux puis prenant une position spécial lorsque, à genoux, il tomba encore en arrière. Je regardais le capitaine de garde, avec sa hache. Ma mâchoire tremblait, ma respiration libérait des grognements que je ne contrôlais pas. Il était effrayé, je le sentais mais qu’importe maintenant. Je m’approchais de lui de manière calme malgré tout ce qui bouillonnait en moi. Son dernier réflexe fut de tenter un coup de hache vertical mais sans difficulté, je pu stopper l’attaque de la main droite tandis que ma gauche tailladait sa gorge d’un coup puissant. Il lâcha la double axe et je profitais pour la lui rendre l’enchaînant. La lame affutée à souhait trancha son crâne en deux parties quasi symétriques alors qu’il été à genoux, tentant de garder en lui tout le sang qui s’échappait. J’arrachais un pan de sa veste pour essuyer l’arme et la fixait sur les lanières d’une des sacoches du cheval.
Il ne restait plus qu’un seul personnage face à moi. Il avait tout regardé sans même réagir, pétrifié. Le garde qui été venu annoncer la « mort de la câtain, cette gueuse dont la mort été annonciatrice de bonnes choses … »
Dis-moi ce qu’il s’est passé au manoir Hëthélaon !
Le garde ne réagit pas à cette intervention. Il était suspendu à une quinzaine de centimètres du sol, pendant au bout de mes bras mais semblait déjà mort … pas de réponses, pas de mouvements, seul sa respiration trahissait le fait qu’il était en vie. La fureur monta en moi.

Bien, autant te donner une bonne raison de ne plus parler …
Sur ces mots, je reposais l’homme au sol, ma main gauche agrippant sa bouche pour lui forcer l’ouverture, je plongeais ma main droite dedans pour attraper l’appendice qui lui permettait auparavant de parler. D’un mouvement rapide et sec, elle sortit de son logement, giclant. Le bout de chair de douze centimètres environs coulait, sanglant et fut projeté dans les airs, n’ayant aucun intérêt à rester dans cette main.
- Cette câtain comme tu disais se trouve être ma femme ! Je suis le Sieur Hëthélaon. Retiens bien mon visage car c’est la dernière chose que tu verras. Si vraiment sa mort te réjouis, regardes donc la façon dont moi je tire plaisir.

Mes mains vinrent encercler son crâne. Ses cris ne ressemblaient pas à grand-chose, paroles déformées, inaudibles, cris de paniques non modulés. Doucement mes pouces entraient dans ses orbites. Ma rage n’avait plus de limite et ses yeux plissaient doucement sous la pression, ne cédant pas encore. Mais ma conscience reprit le dessus, me rappelant soudain la raison de cette rage. Dans un semi-élan de pitié, je me suis décidé à réellement sortir mes griffes pour lui transpercer les globes oculaires.
Caëlane …
On distinguait presque des larmes jusque dans ma voix. L’homme, lui semblait atteindre les limites de la souffrance qu’un humain peut supporter. Le liquide de ses yeux se mêlé à du sang pour ruisselait sur ses joues devenues blanchâtre, presque livide. Il me fallait retourner au manoir. Ma fureur me l’avait presque ôté de l’esprit. Avec autant de puissance que je pu, je propulsais le dernier garde dans les airs, si bien qu’il finit empalé sur les branches d’un arbre à une dizaine de pied de moi.
Au travers de ces bois, je courais. Plus rapide que mon cheval ainsi entraîné par mes pulsions, je l’avais distancé et atteignais maintenant ma demeure. Le feu léchait tout de cette résidence, jusqu’à mon cœur fondant face à ce spectacle …

Le spectacle des flammes dansait devant moi, prenant un pan de ma vie, allant jusqu’à me voler ma force et ma puissance, désarmé, impuissant. Malgré tout cela, je remarquai tout de même des mouvements. Un homme, lourd et trapu posté au-dessus d’un corps. Un corps qui est resté dans mon esprit à travers tout ce temps, toutes ces années. Des souvenirs parfois ne disparaissent jamais. C’était elle, mon Aimée, un lien plus que physique. Ce gros mesquin bourru profitait de ce que je croyais être un simple instant inanimé mais c’était malheureusement bien plus. Elle était allongée, la tête penchée, son regard dans le vide. Elle n’était plus et ses mains de fouine la souillée. Comment osait-il ?!
Mon corps ne fit qu’un bond, sur une course effrénée d’une dizaine de mètres, avec un élan puissant, je plaquais cet infâme, le bloquant sous une fenêtre enflammée de mon habitat. Son corps claqua, faisant un bruit sourd contre les briques du mur. Mais son malheur ne faisait que commencer.

Je le tenais fermement, mes mains resserrées et acérées telles des serres d’aigle. Je l’avais, il m’était totalement soumis … et pourtant, je ne savais plus quoi faire.
« Dis-moi … tout, d’où est-ce qu’ils venaient … non, qui, QUI … Dis-moi !!! … Combien, leurs noms, qui étaient ceux qui ont fait ça, pourquoi, pourquoi, POURQUOI ?!!! … Mais réponds-moi Salaud ou je te … je t’arrache … tout, PARLES !!! Arrêtes de te taire bon Dieu ! Rhaaa … je vais … je vais … » Ma voix délirait seule, elle déraillait et grondait, perdant le fil de ce que je disais même. Un ton de folie s’emparait de moi, je ne savais plus quoi, je ne savais plus qui. Ma vision se limitait à ce lamentable humain qui croulait sous mes coups. A chacune de mes hésitations, sa tête claquait contre les briques. Réellement à bout, je remarquais finalement que le feu prenait de plus en plus dans la fenêtre juste au-dessus de nous. Mes bras tremblaient dangereusement mais un air grave prit mon visage. Mes yeux s’ouvrirent grands dans un air de noirceur et je remontais son crâne jusqu’à cette fenêtre. Son cuir chevelu râpait contre le mur, laissant des traces de sang et des touffes de cheveux, atteignant presque l’os. Sa souffrance grandissante lui fit retrouver sa voix mais je n’arrêtais pas mon mouvement.
« -Arrêtes, arrêtes, arrêtes ! Je vais te dire, tout, oui, tout, ARRÊTES ! » Il commença à pleurer.
« - Tu crois réellement qu’un vaurien de ton genre peu me manquer autant de respect, s’en prendre à mon Amour, ma Destinée, ma Vie et rester comme cela à me tutoyer ?! Mais tu es fou, complètement dément ». Sur ces belles paroles, mes griffes étaient sorties non loin de ses yeux. Je plantais mes pouces juste entre ses pupilles totalement dilatées et les baisser d’un coup sec, affreux et sadique. Son nez s’ouvrit en deux, laissant à l’air ses cavités nasales. « Dis-moi combien et qui ! Et surtout pourquoi. » J’ai tourné sa tête, la mettant de côté pour maintenant le blesser à l’oreille et refaire son profil contre la paroi, arrivant dangereusement près des flammes.
« - D’accord, on était huit en tout. Les autres ont fait le boulot et sont partis, je suis resté pour voir si je pouvais avoir quelques richesses en plus. Mais je ne peux rien dire de plus … laissez-moi ». Je plongeais sa tête dans les flammes l’espace d’une seconde, qu’il comprenne.
« -QUI ?! ARRÊTES CE JEU ET REPONDS !!! »
Il pleurait dans des râles abominables, ses cheveux restants brûlants, face à moi. Ses yeux s’exorbitaient en subissant tant de souffrances, à la limite de celles qu’un humain peut subir.
« Non … pas plus *ses larmes coulaient encore et encore, sa voix était une lamentation*. Trouves le Marquis d’Estampes de Fiennes mais arrêtes … arrêtes. Je n’ai entendu que ce nom. ». Que tirer de plus de cette larve fondant dans mes mains ? Je m’exécutais et réalisais son souhait. Ma main droite passa sur sa face et le souleva, lui écrasant le visage. Il fut finalement projeté dans les flammes mais juste avant que son corps entier n’y passe, je le rattrapais par sa jambe. Il se stoppa dans les airs et retomba sur le sol embrasé dans la pièce avant que je ne l’en retire. Ses vêtements s’enflammèrent et je lui laissais sa liberté. Ses cris étaient étouffés par le crépitement des flammes qui l’embrasaient et sa course désorganisée le mena au milieu de la plaine qui faisait mon terrain et tomba à genoux à une vingtaine de mètres d’une fontaine qui faisait le côté esthétique de ma propriété.

Mais autre chose attira mon regard. Son corps était là, magnifiquement allongé dans l’herbe humide. Quelques gouttes perlaient sur son visage. Le Soleil était réapparu et toutes ces perles d’eau devenaient paillettes sur ce beau visage. Doucement déposée, calmement endormie, elle se trouvée simplement couchée, innocente dans cette insouciance qu’est la Fin … Il n’y avait qu’un léger filet de sang coulant de sa lèvre côté droit pour troubler ce tableau. Sa robe d’un bleu terrible ne laissait rien présager au carnage. Deux corps étaient plus loin étalés, entaillés de toutes parts dans une expression de souffrance, parfois ouverts jusqu’à l’os.

Je m’approchais de cette âme inanimée et tombais à genoux tel l’homme que j’avais fait brûler vif juste auparavant. Mes mains ne surent pas comment s’agencer. Hésitant auprès de ses cheveux puis de son visage. Je finis par essuyer ce liquide rouge de mon pouce, le goûtant une dernière fois. J’étais perdu et pourtant tellement conscient. Je venais de la perdre mais je ne voulais pas, ça me semblait tellement irréel, impossible, ce n’était … pas réalisable. Sa chevelure auburn s’entremêlait dans mes doigts, semblant toujours faite de douceur, de vie, de chaleur …

L’eau salée coula malgré moi sur mes joues, pour la première fois avec cette intensité. Elle me brûlait les yeux et le haut du nez. Le silence m’étouffais et il n’y avait que les sabots de mon destrier qui le brisé, arrivant doucement auprès de moi. Rien que ce silence jusqu’à ce que cette image m’insupporte aux limites de ce que je pouvais tenir. Mes cris arrachèrent à la solitude ce caractère serein qu’elle porte habituellement. Des cris de souffrances, de douleurs, de désespoirs et de mort quasiment. Sur cet instant, je me pris à hésiter entre deux solutions : la rejoindre dans ce pacte avec l’au-delà ou la venger.
De rage, je me relevais et empoignais les corps des deux assaillants ainsi que leur épée. De cette lame, je les plantais debout sur le mur encore levé de ma demeure incendiée et laissais leur corps ainsi face aux charognards qui viendraient les dépecer et déchirer un à un leurs morceaux de chair, s’attaquant d’abord aux parties molles telles que les yeux et la langue. Mais même cette pensée ne me sortait pas de ma torpeur. Je retournais auprès de ma Caëlane, la portant dans les bras, rapportant sa tête contre mon épaule encore une fois. Je remarquais alors la blessure qui lui fut fatale, dans son dos. Il n’y avait que cela, que cette perforation. L’odeur de celui qui tenait la lame qui la tua s’ancra dans mes narines. Tout semblait banal dans cette image. Je n’étais qu’un homme tenant sa femme dans ses bras, amoureux et pourtant …

A pied, je rejoignais ce coin si particulier de la forêt où je l’avais découverte avec ses loups pour son repas nocturne. Les Loups aimaient à rester là paisible et rarement dérangés. Ils comprirent vite la situation me sentant arriver empli de ce sentiment de mort interne. Le premier des loups à venir fut Ethias , celui que j’avais soigné et qui me suivait régulièrement. Puis la meute vint m’encercler, suivant mon mouvement. Au sein de cette clairière entourée d’arbre, le soleil frappait l’ensemble mousseux et fleuri entouré d’herbe. C’est là, juste à cet endroit qu’elle aurait voulu reposer. Parmi ses Loups, parmi ces frères. Ces mêmes loups qui, décrivant toujours ce cercle autour de nous lacérèrent le silence comme moi plus tôt. Les lamentations louves étaient tellement magnifiques en comparaison à mes cris de rage. Je prenais ma forme de lycan, ne contrôlant plus ces pulsions, ayant le même aspect que ces bêtes maintenant, même si deux fois plus impressionnant qu’eux avec ma carrure doublée, à la fourrure entièrement noire, prenant cette même teinte pour mes yeux, devenant entièrement une masse sombre, une image des ténèbres et rejoignais cette symphonie, cet hommage. Bientôt, ces chants furent enjoins de ceux d’autres hordes comprenant la souffrance et offrant leur voix comme compassion, accompagnant ce deuil. Cette mélodie continua plusieurs heures, jusqu’à ce que la nuit tombe, chaque loup reprenant à chaque fois les lamentations des autres, offrant une continuité aux souffrances que je vivais. Jusqu’au moment où, net et précis, toutes les pleures s’arrêtèrent à l’unisson. Mes pattes se plantèrent dans le sol, commençant à creuser, l’esprit totalement absent, abandonné à un état physique ne réalisant plus ce que je faisais. Quelques-uns de mes frères m’accompagnèrent dans cette action pour offrir à mon Ange, une dernière demeure potable que j’allais faire enjoliver plus tard. La tombe fut un vaste trou, sans réelle forme et d’avoir finis cette œuvre me fit reprendre une forme humaine, de nouveau à genoux aux côtés de mon aimée. Ma tête vint se perdre sur sa poitrine, tentant de cacher l’atroce vérité de la réalité. Dans un dernier baiser, amoureux au bord du désespoir, mes adieux lui furent faits. Délicatement, je la déposée dans cette tombe qui me semblait si glaciale. J’enveloppais mon Aimée dans ma cape, ne laissant que son visage apparaître et continuais mes pleures assis là, lui caressant le visage. Il fallait maintenant remettre cette terre qui la protégerait, qui la couvrirait mieux que je n’ai été capable de le faire. Je n’étais pas là pour elle lorsqu’il fallait la défendre, c’était ma faute.

L’œuvre finalisée, je m’allongeais auprès de celle qui avait peuplé toutes mes nuits, qui s’était collé à moi pour profiter de ma chaleur lycanne. Celle qui avait tenu ma vie durant plus de huit ans. Je me laissais là, sans un mot, sans un mouvement, dans mon mutisme. Les loups, de nouveau soutien, vinrent se coller à moi, m’enfermer dans ce réconfort qu’était leur présence mais je restais perdu dans mes pensées. Je n’étais pas sur de réaliser la situation finalement plus porter par mon corps que par mon esprit dans cette journée. Puis le sommeil m’emporta, loin, très loin de la folie de la vie, me menant dans des cauchemars tout du long de la nuit.

Après quelques jours de recherche, il me fut aisé de trouvé où logeait le marquis. C’était à peine l’aube et aujourd’hui, le cher capitaine de cavalerie passait en revue ses troupes. C’était un personnage grand et fort, posé sur sa monture, ce personnage avait prestance et carrure imposante. Un homme droit et fort. Ma cible à abattre. Un d’Estampes en puissance. Cette maison était connue à l’époque et très réputée. Elle formait les meilleurs officiers et une grande partie de la milice locale.
Maintenant, il ne restait qu’à atteindre l’officier et d’esquiver sa troupe de soldat. Réfléchir... et réfléchir vite. Mon destrier avec moi, je l’envoyais seul devant ce petit défilé militaire. Il frôla l’officier, ce qui le stoppa dans sa course. Profitant de se lapse de temps, je m’étais transformé et ma forme animal m’offrait une vitesse et une puissance suffisante pour agripper le marquis à l’épaule, le désarçonné et le trainé vers la demeure d’Estampe où j’avais remarqué un balcon isolé. Mais lorsque je le ramenais vers cette fenêtre balconnet, il me lacéra le torse de son épée manquant de peu mes pattes. J’ouvris la gueule et il s’écrasa plus bas sur une terrasse en hauteur atteignable par des escaliers. Je redescendis vite vers ma proie et repris forme humaine devant ses yeux. Mon torse était largement entaillé mais la douleur n’était pas importante. Face à lui, ses yeux plongèrent dans les miens qui étaient restés noirceur face à cet homme.

« -Qui êtes-vous ? » me dit-il d’un ton hésitant mais sans crainte
« L’homme à qui vous avez volé Caëlane »
« - Sieur Héthëlaon … je comprends mieux. Je n’ai guère eu le choix mais je peux vous offrir le nom de ceux qui ont participé … » Mon attention resta bloquée sur cette réplique où il se disculpait sans pour autant nier. Je lui fis un signe de la tête pour qu’il continu.
« Je ne suis qu’un soutien financier dans cette affaire. Votre demoiselle est connue sous sa forme vampirique, sachez-le et j’avais une connaissance, le Sieur Emmereld d’Aupin-Nazec qui est venu me rendre visite il y a quelques nuits de cela. Un vampire lui aussi. Je le connaissais peu mais il m’avait déjà aidé dans une sombre impasse de ma vie. Il voulait que je lui rende cette dette maintenant par une belle somme d’or. Il m’a expliqué qu’on le traquait et qu’il avait besoin de garde pour se défendre. En fait, il était l’auteur d’une série de meurtre, les victimes portaient les traces de morsure dans le coup. Ce n’est que plus tard que j’ai appris que les mercenaires qu’il payait étaient ceux qui ont tué votre femme. C’est elle qui va être accusé de ces assassinats et lui ne sera plus soupçonné. Mais il était présent avec eux lorsque cela s’est passé. Je suppose que vous devez être au courant mais … on a retrouvé trois cadavres auprès de votre résidence, deux planté contre un mur et un troisième brûlé vif … Je suppose que vous êtes arrivé à temps pour les voir à l’œuvre. Pourquoi madame Héthëlaon n’était pas parmi ces corps ? »
« - Elle repose entourée de nos frères maintenant. Comment se nommaient ces mercenaires ? »
« - Il a été révélé trois noms : Emerzio d’Agençy, Jean le Noir et la Cisaille. Je ne connais pas les noms de ces deux derniers, ils ne sont nommés qu’ainsi dans les tavernes lugubre où l’on recrute des tueurs. Emerzio était avec son frère en groupe pour les chasses, un brigand lui aussi mais il n’a pas était retrouvé mort. Peut-être devriez-vous chercher par là. »
« - Pourquoi l’avoir financé finalement ? »
« - Savez ce que ça fait d’être réveillé par un vampire aux yeux malsains durant la nuit, au côté d’une demoiselle qui peuple votre vie depuis bientôt quarante ans et entendre ce même vampire vous dire que la charmante créature qui dort paisiblement à vos côté pourrait être son prochain repas si je ne paye pas ?! Au début, vous êtes inquiet et vous ne le croyez qu’à moitié mais à partir du moment où vous voyez ses crocs se grandirent lentement en la regardant fixement dans le cou dénudé, là … oui là, vous souffrez et abandonnez. Eudes de Belle-Espérance, plus connu sous le nom des ‘’Crocs d’Or’’. » Sur ces derniers mots, j’entendais la garde se rapprocher avec leurs cliquetis d’armure et leur pas de course. « Je suis désolé pour votre Caëlane, courage pour votre quête. »
Conscient qu’il allait mourir, je le sentais en lui, il tenta une dernière tentative, voulant dégainer une arme de cavalier français, le pistolet d’arçon MQ22. Mon pied fut plus rapide, lui écrasant le poignet contre sa ceinture, l’arme glissa jusqu’à mon autre pied. Je la ramassais, voyant ce magnifique motif de tête de loup en tant qu’emblème sur ses parois.

« - Je suis plus désolé encore. Mes condoléances à votre épouse, puisse-t-elle vivre éternellement » Le coup de feu partit, couvrant la symphonie des soldats arrivants des deux côtés par les escaliers. Je sifflais mon cheval qui vint se placer en bas, poursuivi de cavaliers de la garde des officiers, je sautais de ma terrasse jusqu’au sol, me rattrapant par une roulade avant d’éperonner mon cheval dans la foulée. Je défie les attaches de la hache qui était restée à son flanc et chargeais les cavaliers frontalement. Ils étaient une quinzaine arrivant de front. Ne pouvant tous les affronter, je bifurquais au dernier instant sur leur flanc droit, je me penchais en arrière, esquivant la première lame et envoyé un coup puissant dans les côtes du cavalier qui fut éjecté de sa monture, le torse ouvert à l’horizontal. Je me relevais vite sur ma selle, parant la rapière du cavalier suivant, après quoi, je passais dans le centre de leur formation faisant cabrer deux destriers, détruisant leur élan. D’une main, je mettais toute ma puissance dans un coup latéral sur ma droite, tranchant une aine mais je ne pus esquiver celui provenant de gauche qui m’ouvrit l’épaule sèchement. Je menaçais de tomber mais je tenais bon. Mon animal prit la suite des évènements en charge, esquivant les cavaliers adverses pour prendre la fuite à travers une parcelle de forêt. Quelques balles sifflèrent autour de moi mais sans m’atteindre. Ils furent semés rapidement au travers de cette parcelle boisée plus lourd que moi e avec des chevaux plus habitués aux plaines et aux belles parades …

Il est sûr qu’aujourd’hui encore, je suis traqué par quelques troupes voulant venger leur officier mais après tant de temps, ils ne pourraient croire que je suis le même homme qu’à l’époque. J’avais une nouvelle cible maintenant mais il fallait d’abord que je me fasse soigner ces entailles, m’affaiblissant avec le temps. J’entrais alors dans la ville par les quartiers calme et je pus trouver assez vite un cabinet de médecin. Un dénommé Hope Critchlow. Il réussit à recoudre toute ces blessure et à es nettoyer mais son œil face à moi était mauvais, comme s’il sentait que ces blessures provenait d’un acte malsain, presque dénué de bien, simplement mené par vengeance. J’avais comme une notion de culpabilité en repensant à l’assassinat que je venais de commettre. A la place de cet homme, j’aurais agis de la même manière et pourtant … Pourtant, je lui avais collé une balle dans la tête. Qu’importe maintenant, j’allais de toute manière rejoindre mon Aimée dans la Mort après avoir tué tous ceux qui avait participé à la sienne. Je repartais alors ne sachant pas où aller. Je n’avais plus de demeure, mes parents avaient étés assassinés il y a quelques années, ne me laissant comme famille uniquement ma sœur qui était partit vivre dans le Sud. Depuis tant d’années … je n’étais même pas sûr qu’elle sache pour nos parents. Ma prochaine cible m’attendait et il fallait que je me renseigne.


Un mois passa, puis un deuxième avant de s’enchaîner, se doublant puis se triplant. Au final, ce fut presque un an qui s’écoula et rien ne survint. Les hommes semblaient avoir disparus. Le temps passe, la haine reste mais ma façon de voir les choses diverge. J’ai tâté de la solitude durant cette année de plein fouet sans jamais m’en rendre compte puis un jour, je me suis dit que je devrais sans doute retrouver ma sœur, lui raconter tout ce qui s’est passé et ce que je savais. La fortune de mes parents m’était entièrement revenue puisqu’on ne savait pas où avait emménagé ce qui restait de ma famille, ma sœur. J’avais donc un réseau de notaires à qui je pouvais retirer de l’argent à tout moment. Mais dans la dernière lettre que j’avais reçue d’elle, elle me disait vivre à la frontière Suisse pour retrouver nos origines de temps à autre et qu’elle compter bien s’installer en Haute Savoie pour profiter des sommets enneigés pas trop éloignés de l’Italie et de la Suisse. Je ne connaissais que peu de choses sur sa vie. Elle avait été mariée à dix-sept ans et était partit avec un homme de bonne famille, un Lycanthrope sans aucun doute possible et ils avaient disparu dans ce Sud de France après quelques brefs au revoir.
Le lien qui s’était tissé entre nous durant l’enfance était pourtant plus fort que tout et je n’étais pas là lorsqu’elle est partit avec ce grand homme châtain aux manières trop pompeuses à mon goût. Si j’avais été là, je l’aurais sans doute tué. Il ne méritait pas ma sœur et les correspondances que j’avais avec elle depuis des années ne trompaient pas, elle n’était pas heureuse. C’est Caëlane qui m’avait empêché de faire de mauvais gestes à l’époque car cette famille était extrêmement puissance et offrirait à la mienne une façon de revenir en Suisse dans de bonnes conditions. Alliant à cette puissance helvétique notre patrie française. Que de diplomatie à l’encontre du bonheur. Mes parents eux-mêmes n’appréciaient pas tout à fait cette situation. Mais voilà, ça devait être fait. Jade Hëthélaon était une lycanne au caractère rebelle dans sa jeunesse. Je doutais qu’elle se laisse faire par un petit garou de bas étage même s’il avait quelque chose de malsain aussi. Bref, qu’importe, je partais ce jour-là dans le Sud, visitant Montélimar, Lyon, Strasbourg et Toulouse par la même occasion avant d’arriver à Chambéry. J’étoffais mon matériel et profitais de mes arrêts pour faire de nouveaux achats de matériel, de vêtement de rechange, de munition et de protection pour mon cheval, mon seul compagnon de route.
Il me fallut encore une bonne semaine avant de savoir que le grand Loups qui s’était emparé de ma sœur s’en était séparé à la mort de ma famille pour une plus jeune demoiselle. Je troquais donc une partie de mes munitions sur place pour acheter des balles en argent et des couteaux de lancés du même alliage. Un an sans que ma vengeance ne progresse, je pouvais bien m’offrir une distraction, non ?
J’attaquais le manoir de nuit. Il y avait deux patrouilles de trois gardes et deux gardes à l’entrée mais je pouvais aisément les contourner, ce que je ne fis pas. Lorsque l’une des patrouilles s’approcha de ma position qui se trouvait latéralement par rapport à la propriété, j’escaladais rapidement les hautes grilles et profitais de leur hauteur pour m’offrir un meilleur élan. Je courais alors jusqu’à ces gardes, les rejoignant rapidement par derrière. Ils étaient en ligne et je les harponnés par leur droite mais toujours hors de leur champ de vision. J’utilisais alors une lame de lancée comme dague, plantant la nuque de premier. Le garde le plus à gauche n’eut pas le temps de réagir non plus lorsque mes mains agrippèrent sa tête et la tournèrent si puissamment qu’on put croire que c’était tout sa colonne qui craquait. Mon coude partit finalement dans le crâne du dernier, frappant juste au niveau de son nez, enfonçant celui-ci dans le crâne, tuant le dernier homme sur le coup.
Au premier étage, une fenêtre semblait ouverte. Elle donnait sur une chambre mais personne n’y était. En sortant, je tombais sur un couloir qui me mena directement à une pièce isolée, un salon aux murs décorés d’armes et d’armures de toutes origines. Il était là, seul dans son fauteuil. Je tirais mon arme d’arçon et pointais le canon en approchant. Il ne réagit pas. Je vins alors pousser son crâne avec ce même canon. Sa tête balla mais ce fut la seule réaction que j’obtins.
« - Je ne pense plus qu’il réagira autrement, Etranger ! » Caché sous mon chapeau, un foulard offrant une part d’intimité au reste de mon visage, mes yeux se baladaient avant de retomber sur un coin de la pièce où une jeune demoiselle accoutrée d’une tenue fine assez proche du corps, suffisamment pour la laisser courir et faire des gestes aisément mais suffisamment développée pour lui laisser une certaine forme de charme. Elle se dressait là face à moi, sans hostilité, sortant de son ombre.
« - Décidemment, la motivation n’est pas au beau fixe dans ma vie. Ce salaud aurait tout de même pu plus payer … Je suppose que vous êtes le terme de sa vie ?! Peut-être devrais-je vous tuer vous pour être vengé ? » Elle sortit totalement de l’ombre et je pu voir son visage.
« - Que vous a-t-il donc fait ? Une histoire d’argent, il a tué votre famille, piller vos ressource, escroqué votre maison ? »
« - Mademoiselle Hëthélaon, il vous a prise à la protection de votre frère. »
« - Comment savez-vous qui je suis » Je retirais ce couvre-chef ainsi que mon foulard, montrant ma face légèrement abîmé par le temps et une rage trop profonde. Lorsqu’elle réalisa, elle vint rejoindre mon étreinte protectrice, s’enfouissant au plus près de moi comme à l’époque où j’étais encore son seul rempart face à la triste réalité.
« - Ma sœur … »


Dernière édition par Kildos Hëthélaon le Ven 12 Oct - 17:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   Dim 23 Sep - 12:05

L'Être : suite et fin :

Après ces retrouvailles où j’appris que Jade avait vécu dans un quotidien plus que lassant, attouchant parfois à la tristesse et à la déception, quelques révélations me furent faites. A l’écoute de ces tristes nouvelles, ma déception de ne pas avoir été la main qui avait fini les jours de son ancien amant s’agrandit. Ma petite sœur, ce visage d’ange autrefois montrait aujourd’hui son caractère féroce. La famille Hëthélaon avait disparu dans les flammes de France et pire que cela, ma sœur était devenue une chasseresse de tête pour gagner encore assez pour mener une vie décente. Elle avait su que nos parents avait étés assassinés ainsi qu’un incendie avait ravagé ma propriété. Personne ne savait alors que je vivais. Elle avait réussi à avoir des informations sur les gens derrière cet incendie. Le frère d’Emerzio d’Agençy se nommait Anathol d’Agençy et était retourné dans son pays natal, l’Italie après la Mort du capitaine de cavalerie d’Estampe de Fiennes.

Ainsi, il ne vivait pas si loin d’où nous nous trouvions avec Jade. En deux jours à cheval, nous y étions. Magnifique province que l’Italie du Nord. Mais personne ne put me dire où se trouvait Anathol. A plusieurs reprises, on me dit d’aller voir une dénommée ‘’La Simbule’’, nom qui mettait à rude épreuve mon instinct. Cette Simbule était dangereuse et il ne fallait pas s’en approchais, je le sentais. Ce fut par hasard, cinq jours après notre arrivé quand j’essayais dans une échoppe quelques affaires comme mon ceinturon et mes bottes que j'ai entendu son nom.
« - Marco ? Marco !!! Ô coglioni, prépares donc la commande del Senior d’Agençy ! » A l’entente de ce nom, mes yeux se figèrent sur le marchand.
« - D’Agençy ? Anathol d’Agençy ? »
« - Non, non Monseigneur. Anathol est mort en France, c’est Emmerzio qui est revenu au pays »
Voilà donc pourquoi personne ne connaissait l’homme que je recherchais … Maintenant, il suffirait d’attendre que le Sieur d’Agençy vienne chercher sa commande.
Dans ce quartier riche de Turin se trouvait multitude de petites tavernes assez luxueuse, la couleur était de mise et j’avais acheté de nouvelles affaires pour Jade. Ses vêtements de chasseresse était parfaits pour la traque mais il fallait plutôt se fondre dans le paysage même si ma noirceur n’aidait pas non plus. L’avantage de cette ville est sans doute que nous ne risquions pas trop d’ennuis puisqu’elle était annexée depuis 1563 par les Ducs de Savoie et que la France ne se mêlait pas des affaires qui se passaient ici donc nous ne croiserions pas de gardes qui seraient en mesure de me reconnaître. Pour les hommes, c’était le bleu qui était le plus répandu sur les costumes …

Bref, attelé à cette taverne avec une vue imprenable sur la boutique juste en face, nous n’eurent pas longtemps à attendre pour voir la proie arriver. Il était richement vêtu, extravaguant et visible de loin. Il prit sa commande et repartit aussi vite, prenant un carrosse qui le mena au théâtre. Une représentation d’opéra ce soir ? Merveilleux. Nous frapperions dans le lieu des drames.
Emmerzio possédait sa loge privée, au premier étage du bâtiment et ne traînait généralement avec personne pour apprécier son spectacle. Voilà ce qui explique le fait qu’il fut simple d’entrer dans cette loge et de jouer un peu avec d’Agençy.
« - Bien le bonsoir Sieur d’Agençy. Alors, que pensez-vous de la nouvelle diva ? » Sur ces mots, l’homme se releva brusquement, m’adressant un regard calme comme s’il attendait ce moment. Avant qu’il n’ait pu prononcer le moindre mot, mon bras partit comme dans un réflexe, le saisissant à la mâchoire et le plaquant contre une paroi de sa loge. Son regard resta étonnamment calme et serein, il savait déjà que j’étais son Ange de la Mort. Sans faucheuse, je venais lui prendre ses dernières craintes et ses dernières souffrances avant qu’il ne parte d’ici.
« - Nous serons bref mon cher. Je cherche les autres assassins et surtout Belle-Espérance ! » Ma main se desserra et le laissa mollement retomber. Je ne regardais même plus ma sœur qui était derrière moi mais je sentais comme une légère crainte face à ce que j’étais devenu. L’homme retourna s’installer dans son siège et nous invita à le rejoindre pour profiter du spectacle. Cela me rendait fou de rage qu’il reste aussi posé.

Il n’y avait qu’un seul fauteuil auprès de lui, aussi je m’assis et Jade vint s’installer sur mes genoux. Le spectacle passa, atrocement long au vu des sentiments qui perçaient ma carapace. Je sentais le parfum de ma sœur me pénétrer et tourner en moi comme un avertissement. Mes crocs déjà avaient grandi comme dans une pulsion animale d’attirance. Depuis combien de temps déjà n’avais-je pas touché une femme, depuis combien de temps Caëlane m’avait-elle offert son dernier baiser ? A ce parfum se mêlé les chants de la Diva. Une voix tellement prenante, parfois arrachant, parfois cassant, son chant me faisait vibrer. Je me sentais seul, mon passé me manquait et tout ce que je voyais dans mon présent était Jade que je devais protéger face à ce monde si cruel.
A la fin comme moi, l’homme s’était laissé prendre dans les chants de la jeune actrice et des larmes avaient perlaient, discrètes sur nos deux visages. Il se tourna vers moi avant que la pièce soit totalement achevée, dans les dernières distorsions de voix des acteurs.

« - Vous savez, je vous attendais. A vrai dire, nous sommes cinq à vous attendre. Crocs d’Or a mit une grosse somme sur votre tête. *il se mit à rire*. Vous savez que je désire la mort de ce gueux tout autant que vous ?! C’est lui qui a repoussé mon frère dans les griffes de votre épouse lorsqu’il ressortait de son combat blessé. Un appât pour mieux la contourner … Maintenant, tout ce que je peux espérer, c’est que vous réussissiez. Eudes est en Prusse. Il s’y est installé en faisant pression sur ses relations avec la milice et les hauts placés de son compté. Il a gardé deux hommes qui ont participé à l’attaque de votre propriété avec lui, dans sa garde personnelle. Mais passez d’abord dans les Pays-Bas. Rotterdam est le lieu où se trouve le Borgne. Il était présent et je suppose que votre vengeance vise à tous nous éliminer. J’aurais su que la cible était une demoiselle … Sachez que mes regrets me dévorent mais maintenant … je vous souhaite du courage pour tout cela. » Avant que je ne réagisse vraiment, le jeune homme sortit une fiole et en bu l’intégrité du contenu. Le poison fit doucement effet et semblait être sans réelle douleur. Il s’endormit doucement et ne se réveilla plus.

Lors de la fin du spectacle, nous nous relevions à côté de cet homme partit sans même une intervention de ma part. Je bouillonnais de n’avoir pu agir, je rageais de n’être finalement même plus sûr de vouloir sa mort. Pas de combat, pas de résistance, au final, il s’en était allé de lui-même. Je récupérais sur lui mon trophée de chasse, une sublime lame Schiavone à la garde en forme de serpent et nous abandonnions ce corps solitaire, baignant à jamais dans les mélodies théâtrales d’une pièce immortalisée dans son âme. Le soir même, nous quittions l’Italie, direction la Prusse.

Cela faisait dix-huit ans que Caëlane avait disparue. Abandonné à mon goût de vengeance, vivant avec ma sœur en migrant fortuné, voilà que je me retrouvais en Prusse inconnu du publique, logeant tout de même dans le luxe de mon rang perdu par cette fortune que les marchands se transmettaient. Ce n’était là qu’une escale pour me … nous renseigner sur Eudes de Belle-Espérance, l’assassin, le meurtrier, ma dernière victime.
La séance d’espionnage dura un mois, une trentaine de jours avant que Jade ne me ramène un jour un bel inconnu qu’elle fréquentait depuis peu. Un certain Duc héritier de Stutgart, le Duc Wolfyiel Sweihtter von Blutiges Schwert. Un homme que je ferais sans doute fuir assez rapidement. Ma sœur eut ces mots qui ne lui ressemblaient pas car déjà à l’approche de l’inconnu, je pris une posture défensive. Il s’agissait là d’un sang pur, suffisamment puissant pour que je ne m’en relève pas. Elle me le présenta comme un homme brave et fort en me prenant à part parlant d’un amour naissant sans qu’il n’est encore eut de baiser ni même plus d’affinité. On me volait encore ma sœur …

Après ce court entretien où il fut laissé à l’écart, je me plaçais face à lui, à une dizaine de mètres alors que ma sœur retournait à ses côtés. Aussi rapide que je le pu, je dégainé mon pistolet et tirais à un ou deux centimètres de son pied droit. L’homme ne bougea pas d’un cil, plongeant son regard dans le mien. On ne me prendrait pas ma sœur une deuxième fois. Je déliais ma cape et sortait ma lame.
Ma Schiavone pointait vers lui, je chargeais à la manière des asiatiques une main en renfort sur le pommeau en renfort. Sweihtter ne bougea toujours pas alors que je me stoppais net face à lui. Ce merdeux sentait-il que je le testais ou bien était-il pétrifié ?! Il m’impressionnait tout de même sur ce geste mais pour en avoir la certitude, rien ne valait un bon duel. Je me lestais de mon pistolet, de mon chapeau et les tendait à ma sœur. Elle rejoignit le Loup opposant et prit ses affaires. Futile provocation, elle me tuerait un jour avec son esprit rebelle. Je déposais tout cela sur ma cape et me plaçais voyant que mon adversaire faisait de même. Un sourire se dessina sur mes lèvres au travers des mèches qui cachaient mon regard. Je savais que mon enseignent sur les armes me serait avantageux. L’homme possédait une bâtarde à deux mains certes puissante mais lourde. Augmentant le challenge, je me mis torse nu, enlevant ma fine côte de maille qui se caché sous ma chemise. Nous avions remis une certaine distance entre nous.
Fier face à moi, sa bâtarde sur sa droite maintenue fermement avec ses deux mains, il avait l’air d’un soldat de l’ombre, gardien millénaire d’un temple. Ses yeux perçants virés à l’ambré tandis que les miens se noircissaient. Un affrontement de deux sang-purs, véritable délice pour les spectateurs, nouveau défis pour ma connaissance.

Je chargeais le premier donnant un coup vertical qui fut de suite paré mais j’avais l’avantage d’une lame légère pour donner un deuxième coup. Wolfyiel para de nouveau mais ma garde vint écraser quelques-uns de ses doigts sur la poigné de son épée. Heureux de ce petit avantage aux scores, je me reculer pour regarder mon assaillant, le narguant. Ce à quoi, son sang-chaud ne résista pas et il se lança vers moi dans une course plus sauvage que réfléchie. Le coup barbare était tellement prévisible que je ne bougeais pas face à cette charge attendant simplement le choc pour parer la lame et frappait ce petit qui se croyait capable de me vaincre. Le coup arriva, comme prévu, la lame fut parée mais elle ne se stoppa pas et je fus projeter par la puissance que je n’attendais pas.
Mon corps fit une roulade au sol et je retombais sur mes pieds, sali de la poussière qui trônait dans cette clairière. Je lui ferais payer cette petite humiliation. Il chargea à nouveau mais cette fois, je savais à quoi m’attendre. Lorsqu’il atteignit ma hauteur, étant encore accroupi, je me laisser tomber sur le dos et déviais encore sa lame. Le coup puissant vint se planter dans le sol et je profitais de la liberté de mes jambes pour lui envoyer un coup au thorax pour le faire perdre équilibre. Je profitais de sa chute pour me relever. Il était désarmé donc je planté aussi ma lame et l’attaquais en corps à corps à mains nues.
Les coups plurent pendant une dizaine de minutes, chaque camp refusant d’abandonner. J’eu finalement un léger avantage en plaçant un coup de coude non loin de sa nuque. Il vacilla quelques instants, mis un genou à terre et, grognant allégrement, se releva, toujours vacillant. Il n’abandonnait jamais et c’est ce qui me plut. Je sifflais mon cheval qui fut vite auprès de moi et fouillais dans ma sacoche, en sortant une bonne bouteille d’hydromel. Je récupérais ma Schiavone et la sabrée. Face à ce puissant loup, je souriais sans retenue. Je pris une longue gorgée et lui tendis la bouteille

« - Tu as besoin de moi pour mieux manier ta lame mais je sens qu’elle tuera n’importe quel manant trop imprudent pour oser s’approcher trop de ma sœur. *ma main se leva pour lui serrer la main, ce à quoi il répondit positivement*. Bienvenue dans la famille ‘’Sweihtter’’ » A cela, lorsqu’il me serra la main, je l’attirais vers moi, lui faisant un genre d’accolade fraternelle. Je lui chuchotais en fait ces quelques mots

« - Jures-moi de la protéger en toutes circonstances et saches qu’elle est tout ce qu’il me reste. »

« - Je vous le jure. »

Quelques mois passèrent et avec un entrainement aussi rude pour lui que pour moi, le Duc apprit à manier sa lourde lame à la perfection. Fier de ce résultat, je me dis qu’il était temps de partir. Pour ce jeune couple mais surtout pour ma sœur, j’avais acheté un luxueux manoir. C’était ma façon de leur souhaiter tout le bonheur qui puisse être.
Après ces derniers adieux, toujours anxieux face à ce personnage à qui je laissais ma dernière attache, je partais continuer cette vengeance. Quinze ans déjà de traque inlassable et insatiable pour qu’il n’en reste que quatre dont trois ensemble. J’avais quarante ans déjà. Je me faisais déjà vieux malgré mon apparence d’homme de vingt-cinq ans, ma vingt-cinquième année maudite. Il serait sans doute aisé de trouver le Borgne à Rotterdam …

J’avais un plan pour le faire souffrir autant que j‘ai souffert et me permettant de voyager, au moins jusqu’en Grande-Bretagne. Arrivé sur place, il ne me fallut que quelques mois pour m’acheter un voilier et m’offrir les services d’un équipage et d’un assassin, Le Borgne. Je lui avais promis une grosse somme pour venir avec moi et tuer une cible en Grande-Bretagne. Cible bien fictive évidemment. Il fut facile de le piéger, les hommes de notre époque aime tellement l’or qu’ils en boiraient au matin s’ils le pouvaient. C’était une idée mais elle ne faisait pas partie de mon plan.
C’est dans la nuit que je trouvais mon refuge donc forcément c’est dans cette obscurité que j’opérais. Il dormait tranquillement, quasiment confiant dans son entourage, quel piètre assassin. Je croyais qu’ils étaient tel des lynx ou des pumas, ne dormant que d’un œil mais au final, ce sont plutôt des vautours, vulgaires charognards mauvais en chasse J’espère au moins que ma sœur n’était pas de ceux-là. Je m’approchais de son corps, couché sur une couchette, il avait une lame sous son oreiller ainsi qu’une dague à sa ceinture. Les maîtriser ne fut pas compliqué.

Avec force, je tapais son sternum pour lui bloquer la respiration, son corps eut une pulsion, se pliant en deux, écrasé au thorax, il cherchait son air. Je tirais sa dague et récupéré sa lame avant de lui donner un nouveau coup, à la figure cette fois-ci. Il sombra, assommé par sa puissance. Prenant son corps dans mes bras, je montais au sommet du mat principal. Lorsque ses yeux s’ouvrirent doucement, j’étais en face de lui, regardant au loin l’horizon de la mer. Il gigota légèrement, poussant de petits gémissements avant que je ne me retourne. Un sourire sadique aux lèvres, je lui posé la question qui me brûlait :
« - Sais-tu qui est en face de toi l’Ami ? » Je détachais son bâillon

« - L’homme qui m’a payé, oui. Libérez-moi. »

« - Caëlane était mon épouse. Vous avez tué la Belle mais vous avez oublié la Bête. Les Hëthélaon ne sont pas morts. Maintenant, il faut payer mon Grand. »

« - Non, non ne fait… » Voilà que la terreur se mettait à crier au travers de son corps gigotant. Je lui remettais son bâillon, autant ne pas faire peur aux matelots.

« - Ah … le mythe de Prométhée, lui qui a voulu sauver l’homme en lui offrant le pouvoir du feu, une âme charitable. Il a été sévèrement puni pour cet acte. Tu sais comment ? … Non ? Eh bien, il s’est fait dévorer le foie par un corbeau pour l’éternité … C’est triste tout de même ! Bon, en pleine mer, trouver des corbeaux n’est pas chose aisée l’Ami et nous n’avons pas l’éternité devant nous *Je sortais face à lui sa propre dague* On fera avec les moyens du bord. Te laisser te faire dévorer ton foie serait terriblement cruel n’est-ce pas ?! Mais surtout trop rapide … Donc, on va faire autrement. »
J’avais ramené un seau contenant quelques poissons avec moi et je dispersais ces corps écailleux au pied du manant ligoté. Après quoi, avec douceur, je cisaillais ses bras avec sa dague, coupant le dessus de la main, continuant sur le bras en tournant légèrement pour atterrir sur ses biceps, les sectionnant en deux parties.
Aux râles plaintifs qu’il tentait de me faire entendre, je compris que cela devait être très douloureux. J’y pris donc un certain plaisir. Toutes ces petites lacérations amicales faites, je prenais l'une des carcasses visqueuses pour la frotter sur les plaies fraîchement ouvertes. L'odeur attirait déjà les volatiles qui venaient parfois tenter de voler les poissons. Je redescendais, laissant cette larve face à son destin.

A peine fus-je descendu quelques mètres plus bas, les mouettes mais surtout les cormorans se jetèrent sur cette plate-forme accoudée au plus haut mât. D'abord pour se repaître des corps écailleux avant de remarquer que l'odeur puante venait aussi de la vermine ligotée. De la chair sanguinolente associée à l'odeur de poisson, quoi de mieux pour ces volants ? Dès lors que le premier osa donner un coup de bec au corps mutilés mais néanmoins vivant, les autres suivirent voyant l'impuissance de celui-ci à se défendre. Il fut doucement englouti sous une marée de plumes venant lui arracher des bout de chair petit à petit, rongeant son être comme cette souffrance qui m'a dévoré durant tant d'année, aujourd'hui encore.

J'hésitais encore un peu … reviendrais-je voir ce mourant ou le tas de chair qu'il sera devenu ou le laisserais-je moisir là, oubliant ce soucis derrière moi ? Au final, je suis retourné le chercher quelques jours après pour le jeter dans la Mer du Nord, qu'il aille rejoindre ceux qui ont attiré vers lui sa Mort. Je pu débarquer en Grande Bretagne après quatre jours de voyage. Je m'offris un petit plaisir avec une forte épée anglaise, très en vogue à cette époque. Puis je repartis aussi vite, accostant en Belgique cette fois. Il me fallait rejoindre à nouveau la Prusse pour finaliser ma vengeance.

Je goûtais enfin à une forme paisible que j'avais perdue depuis bien longtemps.

Revenu en Prusse, mon seul souhait fut de finir au plus vite cette affaire, trouver Crocs d’Or et lui offrir cette souffrance qui m’avait brûlé durant tant de temps. Les Enfers aurait été moins ardents pour lui. Je repassais au manoir Hëthélaon que j’avais offert à ma sœur et n’y trouvant aucune vie, je décidais de finir seul cette quête.
Je savais tout de la vie de Belle-Espérance, ses habitudes, son troquet favori, l’heure des rondes de ses gardes comme leur nombre et leur armement. Pour ne pas changer de mes habitudes, c’est de nuit que mes griffes se refermaient sur son manoir comme s’il ne s’agissait que d’une vulgaire perle de verre que je briserais comme je briserais la nuque du vampire. Pour une fois, j’esquivais les gardes, bien trop nombreux. La milice allemande patrouillait avec ferveur et dévotion pour le compte d’Eudes de Belle-Espérance et de son influence immense. Ce n’était pas un souci, je me chargerais d’eux en sortant.

Le manoir était l’un des plus vastes que je pu visiter. Richement décoré, des teintures en velours étranger aux tableaux de peintres renommés tout en passant par de somptueuses bibliothèques. Toute cette culture appartenait au mauvais homme, elle brûlerait avec lui. Dommage, j’aurais aimé avoir quelques-unes de ces œuvres chez moi … Entré par un coin obscure, je me retrouvé finalement dans l’entrée principale, immense pièce éclairée par un lustre magistral donnant libre court à l’impudeur des escaliers monstrueux dévalant de chaque côté. Prenant une forme plus bestiale, j’eu l’honneur de tomber sur le major-d’homme qui tenta de s’armer en me voyant. Il n’eut pas le temps d’ouvrir une armoire qu’une patte pourvu d’immenses griffes s’abattit sur lui, le projetant, glissant lamentablement sur le sol marbré. Juste après cela, une gueule emplie de crocs vint prendre place à quelques centimètres de ses yeux. Je sentis en lui le frisson de peur sévir et j’ai adoré cela.

« - Tu vas me conduire à ton maître et à ses sbires » Ma voix avait mutée dans sa forme la plus cruelle, un son gutturale s’apparentant plus à un monstre aux pensées lugubre qu’à un simple animal enragé.

L’homme se tut, tétanisé et se leva, me menant jusqu’à l’immense entrée à l’étage. Il hésita à l’ouvrir mais voyant mon regard noirci se poser sur lui, babines retroussées, il dégluti difficilement et je pu même voir une larme couler sur sa joue. Les deux grandes portes s’ouvrirent sous l’effort de ses bras. Un bruit sourd claqua dans le silence du manoir, une balle siffla et l’œil du malheureux explosa, libérant un léger filet de sang qui gicla et tâcha son pourpoint si soigné …
Mon regard se figea satisfait sur le tireur, ma gorge grondant d’un grognement annonçant la suite de l’action. L’homme à l’arme était en deuxième position. Devant lui se tenait son compagnon, armé d’une hachette provenant du nouveau monde, les Amériques. Comme si une hachette pouvant me stopper. J’entamais une course puissante droite sur lui, me rabaissait presque touchant le sol avant de feinter un saut, me décalant finalement pour que ma gueule viennent claquer sur sa jambe gauche alors qu’il tailladait l’air de sa hache au-dessus de moi. Je sentis quelques-uns de mes crocs se refermer complètement. L’homme hurla, la rotule brisée, la jambe totalement broyée. D’un mouvement de haine, je secouais ma gueule frénétiquement et j’arrachais ce qu’il restait come soudure sur son genou. Il tomba en avant, sur le ventre, gémissant. Je n’eus pas de crainte alors à monter sur son dos, enfonçant du mieux que je le pouvais mes griffes avant d’enfoncer ma gueule dans son corps, juste entre les omoplates. Ma dentition se bloqua sur quelques formes dures et en tirant, ce fut sa colonne qui s’extirpa de son corps, détruite au niveau cervicale et arrachée au niveau lombaire. Je relançais cette ligne osseuse plus loin et me retournais face au deuxième personnage laissant le premier corps gisant en plein centre de cette pièce.

Ce pauvre homme me regarda arriver vers lui sans même tenter quoique ce soit. Il avait compris. Ses tremblements lui firent lâcher son fusil et reculant, son dos s’écrasa contre le mur. J’avançais doucement, le laissant réfléchir son passé baignant dans le déshonneur, l’erreur qu’avait été sa vie et son impossibilité de se repentir désormais.

« - Crocs d’Or se cache maintenant, n’est-ce pas ? Sois sage et amènes-moi à sa cache, que je déterre ce rat »

« - Il n’est pas là, il est partit. Vous devriez retourner auprès de votre sœur, et maintenant »

Ma voix prit un ton de rage et hurla, furibonde « -Où est-il ? »

« - La vie … la vie de votre sœur … ne sera bientôt plus. La forêt de Chenay, une embuscade dans un sentier de l’est, près du ‘’ Blauen Bär’’»
Ma patte partit d’elle-même repartant encore dans cette forme de souffrance qui m’enlevait l’esprit du corps. Mais en même temps, une peur me brûla l’être. Ma sœur, je ne pouvais la perdre. Sous la pression de ma main, de ma patte sur sa gorge, la carotide éclata, le laissant agoniser quelques minutes, noyant ses poumons dans le sang. D’une course effrénée, je rejoignais la taverne indiquée. Ignorant les gardes qui me remarquaient, je passais mon chemin, inquiet. J’étais encore trop lent, ces routes se bousculaient, tournaient, se retournaient … Je montais alors sur les toits et j’atteignis l’endroit décrit.

A côté du Blauen Bär, un sentier traversait la forêt. L’odeur de Jade me prit aux narines, criant que plus loin je la trouverais. Je continuais mes enjambées avec toute la puissance que je pu y mettre et j’arrivais dans l’aire de combat, jaillissant des fourrées sur un assaillant, retombant sur le sol au-dessus de lui, mes deux pattes avant rendant son crâne à une forme méconnaissable sous la pression. L’écrasement détruisit l’intégrité de sa face, ramenant l’os arrière de son crâne à la partie frontale de celui-ci, éradiquant la totalité de sa cervelle.

Cela faisait trois corps au sol avec lui. Plus loin, Crocs d’Or avait déjà défailli sous les coups meurtriers des deux Sang-Pur mais ma sœur déjà était tombée aussi. Seul son souffle prouvait qu’elle n’avait pas encore perdu ce combat. Toute l’action se stoppa autour de moi. Je me sentis trembler sur mes pattes, comme pris de nausée. Trois vampires étaient encore debout en plus de celle auprès de Sweihtter.
Les yeux rivés sur cette Déesse déchue, mes pattes me portèrent lentement jusqu’à elle, les vampires sur leurs gardes s’écartant prudemment. Sa respiration était douloureuse et désorganisée, ses yeux, humides. Une louve aux portes de la Mort. A ce spectacle les miens se mirent à couler aussi, s’assombrissant jusqu’à n’être plus que les miroirs d’une colère, d’une haine, d’une rage qui me hantait depuis vingt ans. Ressurgissant aujourd’hui, la veille du jour des vingt et un ans de traque aussi puissamment que le premier jour, aussi ardemment qu’à mes premières pulsions. On m’avait lacéré la peau, scié les côtes et arraché le cœur une nouvelle fois. Mais cette fois, tout était encore plus profond. Je me trouvais réellement seul. J’avais perdu mes parents, perdu ma Déesse et maintenant, c’est ma sœur qu’on m’arrachait …

Je ne luttais plus en ce jour, mon esprit me quitta ne laissant plus en moi que cette forme primitive que je m’efforçais chaque jour de contrôler. Je n’étais plus quelqu’un, je redevenais quelque chose, un animal, oui, un animal inconscient de sa réalité. Mes nerfs s’endormaient, mes muscles se contractaient, je perdais mon goût, mon odorat et mon ouïe pour en faire profiter mon touché et ma vue. Les sensations de mon corps s’éteignaient, les sentiments de mon être s’envolaient, les émotions de mon âme s’évanouissaient. J’ai tout fait pour me contrôler tout au long de ma vie, pour ne pas devenir un monstre mais … au fond de moi, je l’ai toujours été et c’était à son tour de jouer !
Mes griffes s’étaient enfoncées dans la terre, mes pattes arrières se recourbant légèrement, je bavais préparant mon action. Je fis un bond sur le vampire au milieu de ses compagnons, le projetant à terre à une distance respectable de ses compagnons. En un éclair, ma gueule s’abattit sur sa gorge, laissant l’occasion à son sang de gicler à sa guise. Le nectar dégoulinait de ma gueule et pourtant je n’en sentais plus le goût.

Des mouvements sur ma droite attirèrent mon attention. Un congénère de la vermine que je venais d’exécuter m’avait frappé de sa lame sur l’épaule droite au niveau du cou assez profondément mais la douleur ne me parvenait pas. Alors qu’il préparait une estoque, mon réflexe fut plus utile que son coup. Je m’allongeais, la lame me passant au-dessus, je me relevais en prenant dans ma gueule le poignet de mon adversaire. Sa lame tomba … accompagnée de sa main, le bras amputé saignant abondamment, ma mâchoire chercha à mordre à nouveau et trouva son bras. Dès que je l’eus en bouche, je secouais frénétiquement ma gueule. Je sentis d’abord son épaule se déboîter, puis son os craqua et finalement, c’est la totalité de son bras qui s’arracha du reste de son corps. Il tomba face à moi, à genoux. Il semblait hurler de douleur mais je ne l’entendais pas. Juste avant de l’exécuter, mon regard croisa celui de la vampire lorsque celle-ci extirpa un carreau d’arbalète du corps de mon beau-frère en y plantant un poignard à la place. Ayant compris que le combat été perdu, elle prit la fuite, me souriant et léchant le sang sur le carreau qu’elle garda comme ultime provocation.
Comme pour finir le travail avec soin, ma mâchoire claqua sur le visage de l’amputé, déchirant toute une partie de celui-ci avant que son corps ne tombe à la renverse, inanimé. Il ne restait plus qu’un faible être à rayer de ce triste monde où j’extirper la dernière partie de mon âme souffrante. Seul face à l’Ange de la Mort que j’étais devenu, il eut la même réaction que chacun d’entre nous l’aurait eu : la terreur, la crainte de souffrir avant de périr, de perdre ce à quoi il avait pu accéder dans sa vie, la peur de perdre son avenir. Mais à mon goût, il été déjà trop tard. La notion de pitié n’existait pas en moi et j’allais accomplir ce en quoi j’étais devenu expert, un jugement sur mes propres critères où chaque condamné était coupable d’avance.

Il prit la fuite, lâchant son arme et tentant les enjambées les plus rapides qu’il puisse faire, espérant fuir à … un lycanthrope. D’un bond maîtrisé, je sautais contre un tronc, l’entaillant de mes griffes pour me propulser et retomber devant le lâche. Sa course se stoppa et il voulut repartir de l’autre côté, me fuyant. Il n’en eut pas le temps, ma patte le propulsant contre un tronc. Son corps fit un bruit sourd et lourd avant qu’il ne retombe au sol. Avec difficulté, il rampa, me voyant arriver auprès de lui. Pourtant, c’est l’aider à se relever que je venais faire. Ainsi, lorsqu’il fut de nouveau sur pied, tel un orque jouant avec l’otarie qu’il va dévorer par la suite, mon corps s’amusait avec lui, le propulsant à nouveau contre un autre tronc non loin. A la posture qu’il eut en retombant, il était aisé de deviner que plusieurs de ses membres étaient broyés par le choc. D’un dernier coup de gueule assez furibond, j’envoyais valser le corps fracturer plus en hauteur cette fois-ci. Il rencontra dans son envolée magistrale une branche où son corps se cassa en deux, restant pendant après que sa colonne ait littéralement craqué. Laissant son corps brisé pendant lamentablement dans le vide.
Mes derniers gestes furent de me rapprocher de Sweihtter, ma gueule à quelques centimètres de son visage, babines retroussées, gorge grondante, colère ardente. Peu à peu, n’ayant toujours aucun contrôle sir mon état, ma forme louve muta pour me rendre apparence humaine, ne laissant de ma rage que mes yeux plus sombres que les ténèbres. D’une poigne forte et puissante, je retirais le couteau d’argent que lui avait planté la dernière fuyarde, me brûlant la main au passage mais qu’importe, toute sensation, tout nerf m’avait abandonné. Je saisis ce beau-frère par la chemise, le relevant avant de la plaquer contre le tronc d’arbre contre lequel il était adossé. Je le secouais inconsciemment mais lorsque j’ouvris mes lèvres pour lui exprimer ma haine, aucun son n’en sortit, tout restait bloqué. Ma main gauche saisit son cou tandis que mon poing droit se fermer, s’armant pour frapper mais même ce geste resta bloqué, armé et pourtant tremblant. Mes yeux reprirent leur gris naturel et les blessures reprirent le dessus sur moi, me faisant légèrement vaciller, mon regard se planta dans celui de mon beau-frère, pointant autant de compassion que d’accusation.

Au final, son épaule passa sur la mienne pour aller tout deux vers le corps affaiblit de celle que nous aimions tous les deux. Il se laissa aller à genoux auprès d’elle, faible et la prenant dans ses bras, tout aussi enragé que moi, au bord de l’inconscience. Ce duc voulant à tout prix porter sa belle dans ses bras mais se relevant avec difficulté. Comme à son habitude, mon cheval m’avait suivi, laissé loin derrière par ma course sous ma forme animale mais arrivant maintenant. D’un regard noir posé sur lui, je lui ordonner de monter sur ce destrier, reprenant ma sœur dans mes bras. Il ne voulait d’abord pas mais coopéra lorsqu’il comprit que je lui laisserais porter cette divine lorsqu’il aurait enfourché l’animal. Bien plus fier et semblant moins faible ainsi monté, il reprit le corps inanimé, portant sa tête dans le creux de son épaule. Et ainsi, nous partions laissant à l’obscurité le carnage qui venait de se passer derrière nous.

Le lendemain, de retour au manoir Hëthélaon, le Duc avait repris quelques forces. Des forces suffisantes pour vouloir mettre en terre son aimée. Le désir de Jade était de revenir auprès de la résidence familiale pour son enterrement. Vœu qui fut exaucé. Nous furent deux frères traversant la Prusse accompagnant le carrosse funéraire vers sa dernière destination : Paris. Pour ne pas amplifier le caractère dramatique de la scène, c’est le ciel noir et maussade de la capitale qui versa sur nous ses larmes lorsque la belle fut mise en terre. De ma main accompagnèrent des roses blanches, se voulant d’accompagner la pureté de l’être que l’on perdait en cet instant.

Jade semblait magnifique, vêtu d’une robe blanche faite de fines dentelles. Toute parcelle de sa peau était recouverte, ses mains enveloppées dans des gants de soie frêle, ses pieds gracieux se perdant dans des bottes à talon raffinées et son visage sous un léger linceul retombant élégamment d’un chapeau haute couture. Tout ce blanc s’opposait à ravir avec ses cheveux corbeaux plongeant sur ses épaules. Nous n’étions que deux à ce terrible événement accompagné d’un autre Lycanthrope lui donnant les derniers sacrements et de deux croque-morts armés de pelle.

La mise en terre ne s’éternisa pas et la cérémonie terminée, les croque-morts ayant fini leur occupation, je laissais là ma sœur auprès de qui résidait son homme, à genoux, souffrant endeuillé. Je disparaissais dans la citoyenneté parisienne, étranger dans la ville qui m’avait vu grandir. Je rejoignais une autre tombe, bordée de marbre, une chapelle. Pendant toutes ces longues années d’absence, j’avais fait ériger une chapelle à la place du vulgaire trou que j’avais moi-même creusé pour Caèlane. Et je dois avouer que l’artisan que j’avais payé pour le faire en taisant son emplacement avait fait là bel ouvrage. Quel ne fut pas ma surprise, quand tombant nez à nez avec les loups, gardiens de ce lieu, ce fut Ethias qui m’accueillit, me reconnaissant aussi bien que je le reconnu.
Il m‘accompagna dans le monument, assez faible vu son grand âge. Dans ce monument qui ne devait plus être en l’état, je trouvais tout de même fleurs fraîches et bougies encore allumées. Quelqu’un visitait et entretenait cette crypte il faut croire. Je n’ai jamais su, encore aujourd’hui qui est cette personne mais je lui suis reconnaissant. Mon Ange dans sa représentation de marbre était toujours aussi sublime, m’attendant. Bientôt, je la rejoindrais …

Je passais quelques jours dans ce Paris d’enfance, ces jours formant bientôt des semaines qui, elles-mêmes formèrent un mois. Je redécouvrais peu à peu les images de mon passé, revoyant ces rues que j’explorais, le parc où je pu voir la belle demoiselle de pourpre vêtue pour la première fois …
Je me décidais, sceptique et craintif à quand même retourner voir les ruines de ce qui fut mon manoir, mon territoire. Puis, ces émotions me rongeant, j’allais aussi voir la bâtisse de mes parents qui avait brûlé de la même manière que la mienne. Les gravats et les ruines avaient étés rasés et remplacés par une somptueuse demeure, érigeant les formes d’un château. Rien d’anormale pour une résidence en plein cœur parisien mais le seul élément étrange resta que ce manoir était resté le manoir Hëthélaon. En me renseignant dans la ville, l’horreur me frappa !

Ce manoir semblait appartenir au Baron Kildos Hëhélaon, héritier direct de son feu père mort dans l’incendie de ce manoir il y a vingt-cinq ans, le Duc Suisse Eméon Hëthélaon de Switzterbäuen. Honoré directement par la cour de France en tant que noble au titre diplomatique de Baron français dans l’espoir de garder de bonnes relations avec le royaume helvétique. Tout cela était magnifiquement bien mis à part qu’Eméon était mon père et que ce pseudo Baron était un imposteur. Ne pouvant, comme à mon habitude, laisser cet affront impuni, je laisser à mon âme faire ce qu’elle avait appris à faire mieux que n’importe qui d’autre : réveiller mes pulsions pour tuer de nouveau, meurtres réfléchis et pourtant sans préméditation. Mes pulsions jouaient généralement d’elles-mêmes pour tuer de la manière la plus délicieuse à mon Être sans jamais planifier cette Mort.
Mais avant cela, je voulais savoir à quoi ressemblait cet homme possédant mon identité. Je rendais alors visite au personnage en question, me débrouillant pour entrer jusqu’à la porte, fier sur ma monture, ancien noble que j’étais. Face à moi, une domestique ouvrit la double porte commençant une phrase, les mots se bloquant dans sa gorge lorsqu’elle vu mon visage. Ses jambes fléchirent lentement, tremblantes avant de lâcher, la femme d’un âge maintenant avancé s’évanouissant. Je la regardais ainsi et son visage me rappela aussi quelqu’un mais je n’aurais su dire qui. Un homme tout aussi âgé dévala les escaliers pour voir ce qu’il s’était passé. Il se posta devant moi et resta figé !

« - Monsieur Hëthélaon. Je … vous … enfin, on vous pensait réellement mort à force » Ce grand homme s’était penché pour prendre la dame dans ses bras et la redresser.

« - Melmays ? Et c’est Ethel qui a eu peur de moi ? Mais comment avez-vous … et qui a ma place ? »

« - En effet Monsieur, nous savions que vous n’avez pas périt dans les flammes et nous avons gardé le mythe de votre personne en vie. Vous êtes encore parmi nous et notre population ne se doute de rien. De retour dans ces lieux, vous redevenez le Baron Hëthélaon, en plus jeune certes. Bienvenu chez vous. » La femme reprit connaissance et posa un regard attendri et doux sur moi. Je la pris dans mes bras, reconnaissant là, la femme qui, jeune demoiselle à l’époque, avait veillé sur toute mon enfance.

« - Ethel » dis-je d’un ton ému.
Les domestiques me conduisirent jusqu’à un bureau à l’étage où un homme d’une trentaine d’années gérait ses dossiers. Il me regarda, légèrement surpris qu’un inconnu vienne le voir ainsi, travaillant et administrant. Ethel m’annonça et l’homme se leva et avança jusqu’à moi. Il me ressemblait terriblement, légèrement grisonnant tout de même et semblait savoir se tenir à la perfection. Il posa son regard amical sur moi, s’inclina et déclara

« - Jouer vôtre personne fut un honneur pour moi, Baron ! »

Je le remerciais d’une tape dans le dos et rejoignais ce bureau qui était donc le mien et que je découvrais pourtant. Tant d’années passées, tant de haine, de rage et de solitude et je retrouvais une pseudo-vie tout à coup … J’avais besoin d’encaisser, j’avais besoin de me réfugier dans mon habituel mutisme solitaire. Toujours avec une petite fortune sur moi, j’offrais suffisamment d’or à ces trois … amis si je peux me permettre le terme pour qu’ils profitent de cette journée pour goûter aux petites boutiques, aller boire ou profiter d’une petite pièce de théâtre.

Ainsi, je revenais ici. Ainsi, le Seigneur Noir se nommait Baron.

Plusieurs mois s’abattirent et me laissèrent m’habituer à cette civilisation que j’avais depuis longtemps laissée derrière moi. Ces mois furent aussi ma façon de faire mon deuil. Je passais ce temps enfermé dans ce château qui été le miens, restant isolé pour m’occuper de recoller tous les morceaux qui s’étaient formés ici pendant que j’étais loin.
Je perfectionnais mon entraînement aux armes, lisant régulièrement les nouvelles techniques d’escrime des grands duellistes français. Mes seuls contacts vers l’extérieur furent mes élèves en escrime, mon maître de danse et les maîtres de cavalerie qui venaient dresser les chevaux du haras. . Ce fut les nuits qui furent le plus dur à supporter. Toutes mes ardeurs étaient devenues des armes qui faisaient partie de moi, me dictant une soif de sang, un désir de chair que j’avais attrapé en tuant durant toutes ces années ces proies de mon passé, je m’étais transformé.

Et un jour, j’ai recommencé à vivre …
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Melissande A. Sullivans
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MessageSujet: Re: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   Jeu 11 Oct - 20:08

Bien bien, j'ai lu cette fiche et la lecture fut d'ailleurs, très agréable. Tu as une jolie plume, j'ai beaucoup apprécié. Attention tout de même à ce que ton personnage ne soit pas trop "parfait", trop doué pour tout quoi, cela m'a un peu titillé...Bref, là n'est pas le problème, je ne t'en tiendrais pas rigueur! Toutefois, il y a un passage que tu vas devoir modifier.

Kildos Hëthélaon a écrit:
Parfois le soir, lorsque je restais avec les Loups, je ressentais en moi des pulsions, des troubles. Cette morsure que j'avais à l'épaule me brûlait les veines. J'avais des sortes de visions, de flash … Je me sentais défaillir, sortir hors de mon corps. Tout mon Être me lacérait de douleur et je me sentais pourtant si libre, flottant dans les airs.
Mais dans la dernière de ces visions, je me suis vu. Je voyais tout mon corps depuis d'autres yeux mais je contrôlais encore mes mouvements. Tournant la tête, je pu voir mon corps regarder en ma direction et le voyeur se cacha. Il était dans un arbre à une dizaine de mètres de ma position. Je cherchais du regard quelques autres détails assez vite : au vu du feuillage, c'était un érable, le tronc était lacéré et … il y avait un trou au niveau du voyeur, abritant sûrement un animal. Aveugle, je levais mon corps et me reculais de façon à ce que l'inconnu m'observant ne puisse plus me voir lorsqu'il repasserait la tête. Ce qui fut le cas.
Je secouais ma tête dans tous les sens, effréné, de façon à recouvrer la vue. L'inconnu, lui me cherchait du regard, méfiant. Et je pu enfin me libérer de cette transe pour voir à nouveau même si les cicatrices de mon épaules brûlaient encore. Un coup d’œil au alentours et je pu repérer ma cible qui était restée dans l'arbre. Furtivement, je me déplaçais jusqu'à l'arbre et l'escaladais en deux temps.

La morsure ne peut pas avoir un tel effet sur Kildos, ce n'est certes pas grand chose, mais c'est tout de même une erreur (ici, s'entend!). J'attends juste cette tout petit changement et, le rang est à toi! 8D




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MessageSujet: Re: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   Ven 12 Oct - 17:49

Mademoiselle *s'incline*
Le passage a été modifié, conservant toutefois cette sensation de douleur que me provoquait cette blessure. J'ai préférais transférer la façon dont j'ai remarqué être épié sur mes pulsions primal, rendant mon côté animal plus l'affiche.
J'espère que cela vous siéra.

Quant à parler du côté parfait, je ne pense pas l'être. Peut-être aux yeux des autres, mon physique, ma galanterie, peut-être ma noirceur, que sais-je ... plait mais j'ai conscience de ce que je suis et je hais ce que je suis devenu. Quelques compagnons qui sont venu me parler sur la CB ont pu constater ma faiblesse. Je parais inatteignable mais mademoiselle, croyez que je suis encore à moitié humain ...
Vous ne m'atteindrez simplement pas car je gouterais votre gorge si vous ne faites que tenter.

D'un autre côté, je me doutais que cela poserait problème. Voilà pourquoi j'ai eu un entretien avec mademoiselle de Borisier (Chère Azure sur qui je me permet un baise-main pour l'occasion) pour savoir s'il était dans mon droit de ressentir de tels maux, une chose aussi étrange ... Et j'ai obtenu son approbation. Voilà pourquoi je me suis permis de l'incorporer.

Sur ceux, mes hommages Mademoiselle.
J'espère votre soirée aussi douce que le goût d'un bon vin partagé en agréable compagnie.
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Melissande A. Sullivans
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MessageSujet: Re: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   Ven 12 Oct - 17:59




Bien puisque Zure te l'avait accordé, alors...c'est que tout est parfait quoi qu'il.

Je te valide. Tu rejoins donc les rangs de la noblesse en tant que Comte. Bon jeu!

Formalités : Journal de Rp | Relations et Liens | Recensement d'avatar | Demande de Lieu | Demande de Rp




Merci à Calypso pour ce superbe Kit ♥️

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MessageSujet: Re: N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?   

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N'est-ce que pure folie ou une simple envie de survie ?

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