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 L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé

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Mezariel D.de SaintLouis
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MessageSujet: L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé   Jeu 26 Juil - 12:59

De SaintLouis Mezariel Denovan Elison Emmanuel




feat. Kagamine Len - Vocaloid 02
- Karakuri's Burst's Version -
    IDENTITÉ :


    Hybride
    Nom : De SaintLouis
    Prénoms: Mezariel Denovan Elison Emmanuel
    Age Apparent: Entre 17 et 19 ans
    Age Réel : 25 ans ~
    Infant Vampire/Infant Lycan/Sang-Mêlé : Infant Lycanthrope. Loup par le père; Humain par la mère.
    Date et Lieu de Naissance : Un Vingt Quatre Décembre, à Paris.
    Orientation Sexuelle : Les femmes ont bien meilleurs parfum que les hommes.
    Nationalité: Française pure souche.
    Groupe : Nobles/Lycans
    Classe Sociale: Marquis au service du Roi de France~




Revers de l'Âme;

Thème :



Nectar visuel :




Cet homme, regardez le bien. Observez attentivement les traits de son visage, les courbes de son corps, son entière unité. Ne laissez rien vous déconcentrer outre mesure car il vous est demandé une acuité en excellente forme pour la tâche que nous nous apprêtons à vous donner. Votre regard perçant coule sur sa silhouette tandis qu’il semblerait presque attendre en retrait du reste des nobles en train de danser les uns avec le autres, présentement. Un verre à la main, la première chose qui vous sautera aux yeux sera sa jeune apparence. Ce Marquis, d’un point de vue purement physique, semble à peine être sorti de l’adolescence, et encore ! Ses pommettes encore recouvertes de voluptés vous font le soupçonner de ne même pas avoir encore l’âge des vingt années.

Bien évidemment, vous faites là une erreur probante, mais vous l’ignorez et c’est parfait ainsi. Nul ne sait encore qu’une moitié de son sang est identique à celui des plus féroces créatures peuplant les contes des enfants, cette utopie plus vive que la plupart des âmes voguant entre les couples de danseurs ce soir. En réalité, cet individu a vu le jour il y a un peu plus de deux décennies désormais. Le voile du temps ne gâche en rien sa beauté encore juvénile, présente de façon bien naturelle sur son derme. Donnant l’impression de n’avoir que dix-sept minimum, mais en ayant en réalité huit de plus, ce bel inconnu ne vous laissera pas de marbre, ceci est certain.

Bien des femmes ont tenté de l’ignorer depuis son entrée officielle à la Cour du Roi, mais toutes s’y sont cassé les dents, certaine allant même réclamer implicitement sa présence au creux de leurs draps satinés. Ce fut également le cas pour beaucoup d’hommes se cherchant encore, mais là, en revanche, leurs avances ne connurent ni réponses ni échos d’aucune sorte. Cet excentrique apprécie exclusivement la compagnie de la gente féminine dès lors que les circonstances font que les conversations deviennent plus intenses qu’un simple échanges de mots et d’opinions. Non intéressés par ces messieurs les hommes, il n’en demeure pas moins poli, courtois et respectueux en toutes circonstances.

Cet homme, regardez le bien, encore. Il attise la curiosité, partout où il passe ou presque. Malgré sa volonté désespérée de vouloir se fondre dans la masse, et disparaitre un instant, loin des regards enflammés qui pointent dans son dos, il n’y parvient pas. Pire encore, sa détermination à s’essayer au camouflage de l’ombre dans les grandes salles de réceptions ne fait qu’attirer encore plus les yeux des convives à prendre racine sur sa bien jeune personne. Il ne connait pas la monotonie, encore moins que l’anonymat, lors des bals organisés au Palais. Que ce soit pour sa manie de toujours porter une tenue militaire alors qu’il n’a guère embrassé cette carrière, sa chevelure aussi chatoyante que l’or, son visage d’ange ou encore son cache œil dés plus intriguant, il ne se passe jamais un tel événement sans que l’on vienne l’aborder au moins une fois.

Tantôt des filles de joie qui ne verront pas leur requête obtenir satisfaction, tantôt nobles de grandes familles bien vite intrigués par sa stature et son élégance innée, il aura toujours quelqu’un avec qui converser.

Il se remarque également par sa taille et son apparence. Nulle ne penserait que ce damoiseau puisse faire courir le fil de son épée sur une gorge ennemie si cette dernière avait menacée d’une façon ou d’un autre la Royauté de la magnifique nation française ; Et pourtant…

Mais ceci est un tout autre débat auquel nous ne devons pas encore accorder toute son importance. Nous y reviendrons. Détaillons encore un peu plus cette divine esquisse qui se déploie devant nos yeux curieux.

Surélevé à une hauteur totale d’un mètre soixante-dix-sept pour un poids dérisoire, cet insolent fait plus d’un jaloux au sein de la Noblesse. Mais on ne peut lui en vouloir ; Car quoi qu’il en soit, le simple acte qu’est celui de déposé nos agapes sur lui fait s’envoler immédiatement toute colère et toute animosité, surtout si l’on est une femme dans la fleur de l’âge, rêvant aux contes bonne enfant sur les preux chevalier et autres paladin emplis d’une galanterie aussi rare que naturelle, tel un diamant.

Il est vrai que si ce garçon reflète presque l’expression d’un doux songe, il n’en reste pas moins un « simple » Marquis, et en ce sens, la rêverie des chastes demoiselles ne saurait être appliquée dans toute son entièreté au sujet de notre sujet d’observation.

Ses muscles paraissent taillés à la manière des sculpteurs italiens, ceux-là même qui n’accepterait jamais un seul défaut sur leurs créations et préféreraient se pendre haut et court plutôt que de laisser subsister une imperfection sur leurs œuvres, quelles qu’elles soient. Il est vrai que le peu de personne ayant pu voir ce qui se dissimulait en dessous e ces épaisseurs de vêtements couteux ne furent guère déçues du voyage et de la patience qui leur aura été nécessaire afin d’observer cet étrange régalia.

Mais c’est encore et toujours son visage qui magnétise la curiosité de tout à chacun. Même alors qu’il se décide enfin à danser avec une bien entreprenante dame de compagnie de sa Majesté, n’ayant démontré aucune gêne à lui prendre elle-même le bras pour l’entrainer sur le piste de danse, ou il commence à œuvrer en bon privilégié qu’il est. Chacun des mouvements qu’il engage monte presque la souplesse et l’agilité dont il est capable au reluisant rang de don. Au rythme de la musique de l’orchestre, il tournoi sur lui-même, faisant ressentir a sa partenaire combien il sait être admirable, et à quel point elle n’a pas eu tort de le dévorer du regard non sans une gourmandise palpable, depuis le début de la soirée.

De prés, elle ne peut que rougir devant l’adonis qui la tient dans ses bras puissants et vigoureux, que l’on sent parfaitement musclés – sans trop l’être toute fois- rien qu’en apposant ses paumes sur l’un des avant-bras et l’une des épaules du Notable. Enfin, à l’apogée de sa démonstration, son parfum doux et musqué réveille chez la jeune femme des instincts précaires. Elle se mord la lèvre inférieure, continuant sa mutine observation tout en se rapprochant toujours plus de lui, avec l’espoir que, peut-être, il l’invitera dans ses appartements pour une petite visite privée… Voir plus encore.

Les traits finement présents de son visage en font presque froids dans le dos. La perfection aurait pu se faire encore plus appliquée, par-delà cette peau sucrée presque uniformément laiteuse, douce et sans aucun défauts visibles. Toutefois, sans doute le Ciel, jaloux d’une pareille somptuosité, décida de punir cette intolérable insulte a ses propres anges en condamnant l’être décrit en ces quelques lignes à porter la majeure partie de son temps un épais cache-œil de cuir noir sur son orbe droit ; Ou plutôt, ce qu’il semble en rester. Une cicatrice, légèrement plus foncée que le reste de l’épiderme de ce supposé adolescent, a probablement essayé d’entacher son superbe faciès, presque comparable à une œuvre d’art. Mais cette bien vaine tentative n’eut point l’effet escompté, bien au contraire, elle ne fait qu’en rehausser le mystère, le rendant toujours plus beaux sous les frasques imaginatives de ses courtisanes.

Que peut-il bien cacher ainsi sous cet accessoire ? La plupart restent persuadés qu’un œil lui a été retiré, mais tout au fonds d’eux, au sein de leur maladive curiosité naturelle, ils aimeraient le vérifier par eux-mêmes en lui ôtant cette chose qu’ils considèrent comme étant une fantaisie. Oh, tient, d’ailleurs, puisque l’on en parle, voici que la donzelle, animé par un courage soudain, essayât de faire glisser le cache-œil par-delà le crâne portant une tignasse blonde qui l’a promène depuis un peu respectable maintenant. Mais ses doigts baladeurs sont rapidement stoppées par la poigne ferme mais délicate du Marquis qui l’empêche de mener à bien ses desseins.

Elle en demeure frustrée, cela se lit parfaitement sur son visage, mais elle n’ajoute rien de plus, par fierté déplacée, sans doute.
Comprenant cela, l’homme exécute alors une superbe révérence, réajuste sa casquette militaire sur le sommet de sa tête et pivote pour faire demi-tour et rejoindre alors ses appartements. Il s’en va, seul. Tant pis pour l’autre jeune femme, si l’un des défauts les plus prononcé de l’humanité ne lui avait pas dicté sa conduite, peut-être que ses espoirs n’auraient pas été totalement vains, en définitive.

De retour entre les murs de son logement, le Noble se dévêtir, laissant choir sa précieuse veste sur le dossier de son fauteuil et sa casquette sur son bureau. Enfin, après avoir pris le temps d’observer encore un peu les jardins Royaux par la fenêtre de son lieu de vie, il délit le lien de cuir qui maintient son secret embastillé aux yeux de tous. Maintenant libre, son œil difforme, dont l’apparence est caractéristique des orbes de loups enchaine les mouvements dans plusieurs direction, afin d’être sûr de n’avoir pas perdu ne serait-ce qu’un dixième de ses compétences visuelles. Tous ignore que c’est bien cette étrangeté qui en fit un paria auprès des « siens », le menant presque à la frontière du bannissement de sa « meute ».

Il secoue la tête, à présent, éreinté. Il a besoin de repos et resonger au passé n’est en rien une solution à ses problèmes de l’heure. Ôtant de sa chevelure mi- longue la cordelette qui la maintenait jusque-là en une forme de queue de cheval haute et sans défauts, il laisse ses cheveux reprendre leurs pleins pouvoirs sur son visage, ses joues et ses tempes. A le voir ainsi, on pourrait presque le confondre avec une pure demoiselle, envoyée par Dieu lui-même. Sa candeur sombre est sans limite et charme sans difficulté aucune tous les connaisseurs de cette tendance.

Sa mâchoire se décroche, il est l’heure pour lui d’aller se coucher et d’amasser suffisamment de force après cette soirée de distractions. S’avançant vers son lit à côté duquel, sur la table de chevet en bois noir, se consume encore une bougie presque arrivée à sa limite, ses lèvres se courbent en un « o » et il souffle tendrement sur la vaillante étincelle restante. Il vient de tuer la lumière de ce lieu, jusqu’à ce que le disque solaire daigne revenir meubler le ciel de Paris, d’ici quelques heures. Ses paupières se closent et il lui tarde de parvenir à se reposer comme il se le doit. Après tout, la prochaine nuit sera richement parée d’adrénaline.

Sous sa forme empruntée aux légendes obscures, lors des nuits de pleine lune seulement, ce bellâtre laisse parader tout sa superbe.

Les marques laissées sur la peau de son visage disparaitre, bien vit recouverte d’un épais pelage oscillant entre les tons miel et champagne, le tout dans une troublante harmonie. L’animal mesure deux mètres au garrot, demeure haut sur pattes mais plus petit que la moyenne au niveau du buste, qui est bien moins proéminent que ceux de ses pairs. Cette carrure est parfaite davantage pour la course que l’affrontement direct.

La douceur de sa fourrure est visible sans même avoir besoin de le toucher. Nombre de chasseurs imprudents ont ardemment désirés clouer cette apparition sous la forme d’une vague descente de lit ou d’un splendide manteau de fourrure, mais jamais personne n’y parvint. La bête est intelligente, et à ce titre, elle sait parfaitement ou se dissimuler et comment s’y prendre pour ne pas être vue par l’ennemi.

Ses agapes azures et pour le coup jumelles savent comment embastiller une âme humaine dans un carcan de folie terrifiante, forçant n’importe quel individu un tant soit peu conscient a prendre la fuite devant cette bête de cauchemar. Pourtant, peu d’âmes se doutent que malgré les apparences, malgré les crocs luisants sous la nitescence de l’astre de la nuit, ce n’est pas de ce loup-ci qu’il faut avoir peur. Lui, jamais il n’a eu, malgré ses facilités à le faire, à ôter une vie à l’aide de ses mâchoires remplies d’un décor dentelé. Jamais. Il s’y refuse. Aucunes ressemblances n’existent de façon profonde entre lui et les vicieux avatars du malin que l’on cite toujours dans les contes qui se transmettent de générations en générations depuis l’aube des temps. A le voir ainsi, on peut douter de son appartenance au clan lycanthrope ; Preuve s’il en est, que cet être est bel et bien à part de tout le reste, comme indéfinissable.

Il serait impossible de mettre toutes les âmes d’accord sur le « beauté » d’une seule et même personne. Chacun possède des « canons » de magnificence qui diffère de ceux de son voisin ou de son plus proche ami. Ici se termine le portrait dressé de ce Marquis, avec un point de vue sans doute tout autre que le vôtre. Mais ne soyez pas intimidé, voyons ; Invité, prenez la plume a votre tour et décrivez le comme vous entendez le faire ; Nos ouïe sont impatientes de connaître les mots que vous utiliserez a cette ouvrage.




Elixir pensif


Le plus ironique, ce soit que cette créature, à mi-chemin entre l’humanité et tout autre chose, ne soit pas le plus grand des dangers pour ses pairs, quel qu’ils puissent être. Son âme, si tant est qu’il en possède une, puisque le Seigneur n’a jamais accepté un seul loup dans les limbes du Paradis, n’a pas pour vocation de partir en quête de problèmes avec qui que ce soit. D’un tempérament calme et droit, le Marquis de SaintLouis sait parfaitement qu’agir aussi bêtement ne ferait que le rabaisser au même niveau que tous ces êtres pathétiques qui ont passés des années à s’acharner sur lui avec une certaine persévérance malsaine. Et ça, plutôt être pendu aux premières lueurs du jour que de laisser une aberration de cette sorte arriver un jour.

Ce n’est pas qu’il enferme en son âme et conscience un orgueil ou une fierté particulièrement marqué - loin de là, puisqu’il en possède une juste dose – mais il aime à s’estimer tout de même d’un tout autre niveau que ces gens-là. Ou du moins, il essaie de s’en convaincre, puisque lui-même flanche parfois contre l’amer vérité qui s’impose à lui, et le fait se sentir comme un monstre, un banni, une chose qui ne devrait même pas avoir droit d’existence. Tout ceci est faux, bien entendu, mais dans de tels moments de troubles, rien ne saurait lui faire entrevoir une vérité autre que celle qu’il s’inflige, meurtrissant a chaque fois un peu plus son cœur trop tendre.

Mais, s’il n’est pas le genre de personnages fourbes et détestables, il n’en reste pas moins qu’il se renferme un peu sur lui-même pour contenir une certaine tristesse, tout au fond de son âme écorchée vive depuis sa venue au monde. Entre le meurtre de sa mère par son Grand Père parce qu’elle était une humaine bohémienne et les sévices auxquels l’avaient presque habitués ses cousins et cousines durant une partie de son enfance, il a eu un peu de mal à faire abstraction de tout cela. Ainsi, pour ne pas étendre ses problèmes à tout le monde, il les garde pour lui, en prenant soin de rester évasif s’il en parle. Il faut vraiment le surprendre en plein élan de nostalgie pour espérer pouvoir en tirer davantage de lui. Oui, en temps de très grand trouble en lui, il devient un peu plus « bavard » de temps en temps. Inutile de chercher à en savoir plus par la force, ça ne fonctionnera nullement. Ceci produira même l’effet inverse à vos espoirs alors mieux vaut ne pas tenter le diable de la violence si vous souhaitez en savoir plus sur lui.

Sa naïveté et sa gentillesse parfois trop poussées font qu’il se retrouve bien souvent déçues et rejeté du reste d’une communauté. Il tente de ne pas se lier de trop avec des êtres autres que celles formant sa meute, mais il ne parvient jamais à tenir cet objectif, et toujours, le retour de la lame finit par l’atteindre, de façon plus ou moins prononcé. Et le pire dans ce genre de situation, c’est qu’en grand et bon blessé de la vie, il va se rejeter la faute dessus de façon sempiternelle. Il redevient fragile tel l’enfant qu’il n’est plus lorsque ces rares « crises » font leurs apparitions – souvent au mauvais moment.

Puisque la sympathie profonde hante ce corps-ci, il est sans doute inutile de préciser que les termes tels que ; vil, mesquin, malsain, fourbe et l’entièreté de leurs déclinaisons sont à bannir de la partition des agissements du Noble dont il est question ici. Il n’est rien de tout ça, au contraire même, il respecte la vie de tous a chacun bien plus que la sienne propre.

Il est gentleman et très bon amant bien que la séduction ne soit pas l’activité à laquelle il s’adonne le plus. Jamais, en fait en y regardant bien car il appréhende un peu le contact avec autrui aussi intimement. Cela ne l’empêche malgré tout pas de savoir séduire et charmer les demoiselles avec de doux mots et des compliments bien placés. Il lui arrive de faire de même avec des jouvenceaux mais là… ce n’est pas volontaire du tout, notre jeune homme étant totalement tourné vers la gente féminine en matière d’orientation sexuelle.

Bien que la foule trop compacte le mette de temps à autre mal à l’aise, il ne refusa pas une danse lors d’un bal et saura prendre sur lui, comme il l’a toujours fait, afin d’honorer au mieux le rang de Marquis qu’on lui a attribué, lorsque son père lui céda sa place. L’une de ses grandes hantises reste tout de même de décevoir un jour son père, plus qu’il ne l’a déjà fait par le passé.

Malgré tout, il existe une entité qui est parvenu à accomplir l’exploit d’appliquer régulièrement un certain baume un tantinet appréciable, sinon réparateur, sur le cœur disloqué de cet hybride ; Il s’agit de la merveilleuse Cathédrale de Notre-Dame de Paris. Renfermant en son corps de pierre des cloches saintes de grande qualité, bien qu’elle ait vu la mère du notable périr sur son parvis, elle n’en demeure pas moins l’unique bâtisse dont les sons arrivent à calmer tous ses émois, qu’ils soient bons ou mauvais, comme c’est le cas la plupart du temps.

Cet amour inconditionnel pour la bâtisse à tout de même un revers. Cela a fait naître chez lui une sorte, non pas de rancœur mais.. de jalousie envers les êtres humains. Puisqu’il se rend souvent à la bâtisse Sainte, il n’est pas rare qu’il soit témoin de cérémonie comme des Funérailles certes mais aussi, des Communions, des Confirmations et bien sûr… des Mariages. C’est précisément là qu’il faut regarder attentivement. A cause de son œil étrange, il est certain que jamais personne ne pourra totalement croiser son regard, et donc l’aimer pour ce qu’il est. Voilà bien longtemps qu’il a renoncé à l’illusion d’un amour partagé ; résigné à devoir prendre pour épouse, un jour, l’une de ses jeunes cousines. Ainsi, il a au moins l’impression que sa vie à une valeur moins anarchique que ce qu’il été habituée à entendre à propos de ça depuis sa plus tendre enfance. Et ça lui suffit pour se persuader qu’il y a peut-être un destin moins sombre qui s’offre à lui, pour peu qu’il prenne la peine de s’accrocher et de le rechercher convenablement. Mais ceci est encore un autre des mystères de sa complexe existence.

A cause de son cache œil qui voile son orbe « difforme » aux yeux de ses congénères ainsi qu'une partie de la cicatrice qui parsème le côté droit de son crâne, il est rendu triste par ce genre de Messes car à son sens, les humains sont heureux, joyeux. Les voir « convoler » tous au fur et à mesure que le temps passe, le plonge dans un désarroi plus au moins profond car pour lui, à cause de ses stigmates, aucunes femmes ne le regardera jamais dans les yeux, et de telles pensées le blesse. Ce n’est pas parce qu’il est de temps à autres maladroit avec les relations intimes qu’il n’en désire pas, il est tout de même à moitié humain et surtout à moitié loup ; Et, ne l’oublions pas, ces animaux sont très sociables même si cela ne saute pas immédiatement aux yeux du commun des mortels… Alors il tente de se consoler aux sons des chants de Cloches. Celles-là même qui n’ont jamais encore sonné pour lui, et il sait bien cela.

Complétons enfin cette description en y apportant une touche de ténèbres. Car aussi aimant et sympathique – bien que régulièrement sur la défensive – puis-ce être ce spécimen d’Infant, il recèle tout de même en lui l’un des principaux pêché Capitaux, puni par la sacralité elle-même. La Colère. Noire, sourde, profonde, celle que tout le monde cultive mais n’ose jamais laisser s’exprimer. Et bien le Marquis est ce genre de personne. Il ne laisse pas sa rage divulguer ses pensées à la moindre provocation ou moqueries, ça il y a été suffisamment habitué lors de son enfance pour ne pas en faire cas. Mais si, en revanche, vous avez l’audace de toucher à quelque chose qui lui est cher –même s’il ne le montre pas forcément – attendez-vous à affronter un véritable mur. Dans de telles situations, il ne saurait contenir ses envies et ses instincts, si meurtriers soient-ils. Nul ne l’a encore vu en proie à un pareil sentiment.

Maintenant que vous en connaissez un peu plus sur cette étrange unité, Invité serez-vous de ceux qui l’observe seulement de loin, sans jamais interférer avec lui ou bien…Changerez-vous la donne présentement consignée ici, en quelques lignes ? Il n’y a bien que vous pour pouvoir nous le dire.




Psaumes Familiales & Funèbres :



    Denovan Elison De SaintLouis ▬ Père
    Statut : Vivant

      { Mon père. Le puissant Alpha de la meute des De SaintLouis n’est autre que celui grâce a qui je suis en vie aujourd’hui. Non content de m’avoir enfanté a travers le ventre de ma mère, celle qu’il aurait souhaité voir devenir son épouse, cet homme que l’on nomme Denovan Elison n’a nullement rejeté mon existence, bien au contraire. Durant toute mon enfance et une bonne partie de mon adolescence, il a toujours veillé a me protéger au mieux des siens, des nôtres ; Non sans faire quelques erreurs parfois mais qui n’a jamais connu d’aléas de ce genre ? Je le respecte mais l’aime avant tout. Il est mon paternel, mon modèle, celui a qui je dois tout et plus encore. Merci pour tout ce que tu as fait pour moi jusque là, Papa.

    Hallellujah ▬ Mère
    Statut : Décédée.

      { D’aucun dise que l’on ne se souvient jamais de rien avant notre troisième année. Je ne puis me vanter d’être quelqu’un d’exceptionnel ou d’à part du reste du monde, toutefois je sais être en mesure de balayer cette fausse certitude. Je n’ai jamais connu ma mère ; Elle vit sa vie lui être arrachée le soir ou elle me mit courageusement au monde ; Moi, l’hybride. Je sais aussi que ma mère m’aimait de tout son cœur d’un amour seulement compréhensible par une mère et son enfant. Parfois, la nuit, j’ai l’impression d’entendre une mélodie, certes imprécise, mais très douce, et qui a le don de calmer mes peurs et d’assainir mon esprit des affreux cauchemars que je pourrais être en mesure de faire. Maman, je ne sais si mon appel parviendra jusqu’au Paradis ou tu réside sans doute, mais sache que je ne t’ai jamais oublié. Et surtout ; Je t’aime.

      Crédit oeuvre : Dan Dos Santos

    Castiel Raphaël De SaintLouis & Anna Gladys De SaintLouis ▬ Grands-Parents Paternels
    Statuts : Vivants

      { Ils ont tentés de m'assassiner mais n'ont jamais réussis. De même qu'ils ne sont jamais intervenu lorsque mes cousins et cousines me massacraient lors de leurs jeux brutaux. Ils ne désespèrent pas cependant de me voir me marier avec ma cousine, une louve, car mon sang d'humain n'aurait peut-être pas d'effets dans ces conditions et mes enfants seraient donc en toutes logiques des loups si je suivais leurs volonté. Je n'ai aucune envie de leur obéir, mais je me dois d'abdiquer a chaque fois... Pour le bien de la meute...

    Ambroisie Marianne de la Cour ||Nom d'épouse : De SaintLouis ▬ Belle-Mère
    Statut : Vivante

      { Depuis le tout début elle tente de me faire accepter le fait qu’elle sera ma mère pour le restant de mes jours. Je ne puis qu’apprécier la tendresse dont elle fait preuve envers mon père et celle dont elle usait auparavant avec moi, lorsque j’étais enfant. Malgré tout, le temps a fait se dégrader cette relation qui aurait pu devenir plus profonde qu’elle n’aurait jamais pu l’espérer. Puisqu’elle a suivi la voie que lui avait déjà tracé me grands-parents paternels bien avant son arrivé dans la meute, nous ne pouvions nous rapprocher, bien au contraire. Aujourd’hui, je puis dire que je ne la hais pas, toutefois, je ne saurais jamais la considérer comme une « mère » ou même une amie proche. Notre lien tiens de la neutralité la plus sommaire.

    Juliette Alice de SaintLouis ▬ Tante&Mère de Substitution
    Statut : Vivante

      { Tante Juliette… Sans doute l’une des personnes m’ayant le plus apporté au cours de ma vie, jusqu’ici. Elle m’a recueilli chez elle alors que l’adolescence me faisait avoir un comportement de plus en plus dangereux, non seulement pour moi mais également pour ma meute. Je ne peux nier avoir mal pris cet envoi forcé en Province, les premiers temps. Mais ce fut un petit mal pour un bien indescriptible. Elle, je peux l’appeler mère car c’est ce qu’elle fut pour moi durant dix ans, une mère de substitution, parfaite dans son rôle. Sans doute son aventure avec cet italien lui a fait considérer les êtres humains et les infants tels que moi d’une tout autre façon, mais qu’importe, je l’aime et lui suis extrêmement reconnaissant pour tout ce qu’elle a fait pour moi. Merci.

    Stella Agnès Di Masacataro ▬ Cousine Hybride
    Statut : Décédée

      { Ma cousine, Stella. Un nom qui veut littéralement dire étoile, en langue méditerranéenne. La première fois que je l’ai vu, ses traits étaient si semblables à ceux de ma tante que je n’ai pu m’empêcher de me demander si les gênes lycanthropes qui nous incombaient communément n’avaient pas également décidés de notre apparence durant le long processus de notre conception. Je l’aimais inconditionnellement. Elle était mon étoile, mon phare dans la noirceur qui m’entourait alors. Mais aujourd’hui elle n’est plus, et c’est bel et bien de ma faute. Si je n’avais pas nécessité une nuit de repos dans une auberge du village ou mon père et ma tante – sa mère – avaient été envoyés en mission, je suis certain qu’elle serait encore en vie aujourd’hui. Ô Stella… Pardonne-moi…

    Valentino Di Masacataro ▬ "Oncle" par alliance
    Statut : Décédé

      { Un homme comme j’en avais rarement vu. Lui, bien que ne me connaissait pas, ne m’a pourtant jamais jugé pour ce que j’étais, à l’époque. Parfois, il jouait avec Stella et moi, se fichant éperdument de ce que les loups de la meute de sang-purs pouvaient bien penser à ce sujet. Il vivait au jour le jour et était très épris de ma tante. J’aurais sincèrement souhaité que leur histoire d’amour perdure, il était si gentil. Il lui est arrivé de sécher quelques-unes de mes larmes aussi, de temps à autre. Et jamais il ne se formalisa quant à l’aspect de mon œil, tournant la chose dans une telle dérision que je ne pouvais moi-même qu’en rire. Valentino n’avait pas été effrayé outre mesure lorsque sa femme lui avait avoué ce qu’elle était. Peut-être aurait-il dû, au final…

    Pauline Fragance De SaintLouis ▬ Cousine
    Statut : Vivante

      { L’une de mes cousines. Si elle n’est pas la plus jeune, je sais toutefois qu’elle renferme en son cœur le noyau de haine le plus solide à mon égard. En soit, je peux parfaitement comprendre son ressentit et ne pas chercher outre mesure à le changer d’une quelconque façon, mais… Je ne cache pas que j’apprécierais que l’on s’entende tout de même un peu mieux. Ce n’est pas faute de ne jamais faire de tentative pour créer le contact, mais rien un écho positif ne me revient. Son mariage avec moi, décidé à notre place il y a plusieurs années de cela maintenant, doit sans doute être le moteur principal de cette exacerbation de mon être. Pardonne-moi Pauline, j’aurais dû être plus fort ce soir-là…

    Nao Perce-Neige ▬ Servante
    Statut : Vivante

      { Nao. La servante qui m’a presque vu naître et qui fut présente à chaque étape de ma croissance en ce monde teinté de désespoir et de merveilles. D’abord dévouée uniquement à mon père, l’Alpha, celui qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui, son serment de fidélité s’est rapidement étendu à ma personne également, me faisant rentrer dans la sphère très fermée des âmes qu’elle aime plus que tout en ce bas monde. Je l’aime comme une grande sœur et la respecte énormément. Elle a tant fait pour moi par le passé. Elle m’est précieuse, pour être exact.







Derrière l'écran:


    Pseudo : Mezazaaa' °^° Il est beau comme le So-Leil ♫ || Maiden's Sea ♠
    Age: 21 uwu
    Comment t'es-tu retrouvé parmi nous?: Par partenariats si mes souvenirs sont exacts!
    Des Remarques ou impressions? Nooon, tout gère! ♥
    As-tu lu le règlement ? Oui je le connais par coeuuuur ♥
    Code du règlement : AUTOVALIDATION 8D (Parce que wesh, j'ai rien d'autre à faire, là, de suite ee)



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Fou ki ra hyear presia reen
Hey you, listen to me
Hey vous, écoutez-moi



Il est des choses qu’il vaut mieux garder dans le secret le plus total, afin de préserver en surface d’une humanité disloquée par la corruption, un semblant d’harmonie paisible et pacifique. Il est plus que nécessaire de la faire dés lors que le mensonge en lequel on voulait croire dur comme fer deviens aussi fragile et friable d’une feuille morte dans le vent de l’hiver glaçant. Cette obscure vérité, celle là même que l’on est déterminé a muselé coute que coute, qu’importe notre race et appartenance, se révèle être le plus dangereux des mondes. Une boîte de Pandore déjà ouverte, mais dont nul ne connait l’exactitude du contenu. Le lourd secret n’est pourtant jamais rassasié de chaire ou injecté son aura démoniaque ni même de sang à faire couler le long de muscles crispés par la terreur lors de traque, de chasse infâmes, dont le résultat n’était jamais ignoré. Il y avait toujours le vaincu, prévu et le vainqueur, bête de Lucifer. Aussi longtemps que ce jeu perdurera, jamais ô grand jamais aucune gorge ne pourra aller rapporter au monde la monstruosité dans laquelle il baigne depuis des siècles à présent. Les loups-garous, plus généralement appelés « Lycans », et les Vampires. Ces deux races immortelles, se faisant face depuis l’aube des temps, se jouent des êtres humains comme s’il s’agissait de pions innombrables sur un immense échiquier. Et ou toutes les règles sont bousculées, bien entendu. Ainsi, vous débarrassez d’un Fou avec une Tour ne vous est en rien interdit, bien au contraire, l’effervescence qui s’en suivra ne fera que donner bien meilleur goût à la partie en cours alors que discrètement, vous remplacerez les pions à la barde et aux nez des arbitres inexistants. Car l’arbitre, c’est vous et vos adversaires imaginaires; Ce sont eux.

Qui sait après tout… Invité vous êtes peut-être sur l’une des cases blanches et noires, vous aussi.
La beauté de toute chose est définit par de stricts critères humains, aussi il est facile de passé d’un extrême à l’autre sous prétexte que telle couleur de cheveux est l’adage des sorcières ou qu’un grain de beauté sur la gorge vous érige en sublime sylphides enchanteresse. Qu’il soit Roi, Reine, Fou, Cavalier ou Tour, toutes les entités présentes sur ce plateau mortel portent en elles une volonté propre de se démarquer d’absolument tout autre ombre qui pourrait leur ressembler. Ce n’est pas la volonté de vivre à proprement parlé qui les pousse à jouer des coudes de la sorte mais plutôt… une certaine envie d’exister aux yeux des autres. Bienvenue au dix septième siècle.

Un monde de jouissance et d’indolence, d’envies bien gardées et de désirs assouvis sans modération aucune, tel est celui de la Haute Cour du Roi, lieu ou l’on jurerait ne pouvoir trouver pareils comportements, si… impropres avec la tenue obligatoire, tant physique que cultivée, dont les nobles s’encombrent tous depuis le jour de leur venue au monde. Enfin, pour ceux encore humains, bien entendu. Et pourtant, le paradoxe de ce paradis des yeux veut que c’est ici même que se déchainent les plus obscurs dessins sur une toile de fonds bien sombre, teinte de l’avidité des êtres ici présents. Ainsi, rien n’est jamais perçu du regard d’autrui. Tout reste secret, enchainé pieusement dans un silence nécessaire pour que l’arrogance et la suffisance, nées du titre offert à ces gens, puissent perdurer encore longtemps, et que leurs jeux interdits jamais ne cessent.

Cet homme, Baron de son état, et cette femme Comtesse ne sont pas plus innocents que les enfants des rues qui attendent qu’on accepte de verser un sou ou deux dans la casquette leur appartenant, posée a même le sol. Sans doute même ces petits êtres se débattant pour survivre comme cela leur est possible ont en leur sein une âme bien plus claire que celles emprisonnées dans le carcan de chaire des deux notables précédemment cités. Eux, a qui la vie a sourit et a fait naitre dans une luxueuse famille de grand nom ; Eux qui profitent impunément et sans vergogne des vertus que leur offre sur un plateau le rang qu’ils ne méritent pas ; Eux qui ne savent rien faire d’autres que d’être eux même, des humains avides de tout, jamais satisfaits, toujours en quête de mieux pour satisfaire mais avant tout divertir leur égo.

Mais, fort heureusement sur ce plateau de jeu grandeur nature, certains pions remplis de bonnes intentions persistent a exister, a vivre malgré tout, contre vents et marées, contre crocs et griffes, blessures et sangs versés. Ils sont des proies faciles, pourtant, l’agressivité ne les a jamais entièrement contaminés. Ceux ayant sût rester débout savent se défendre, ceci est une évidence. Et il est aussi flagrant qu’ils ne se servent pas toujours des possibilités qui pourraient leur permettre de ne pas souffrir inutilement. Des cœurs écorchés vifs tenant sur leurs jambes par une magie inexplicable. Le meilleur moyen a notre portée pour les soutenir est encore d’écouter leurs histoires, et surtout de ne jamais les oublier, eux et leurs actes divers et variés.

Maintenant, laissez planer le silence alors que la destinée amène votre regard a se plonger entre les lignes d’encres manuscrites d’un mémoire. Cependant, malgré son apparence usée et de piètre qualité, il faut savoir que seul le temps est responsable de son état. Remontant un peu le fil de Chronos et rendons à cet ouvrage son prestige d’antan ; Imprégnons-nous de ce qu’il renferme, des rires comme des terreurs glaçantes. Il est certain que sa lecture vous obnubilera bien après avoir rabattu la première de couverture. Tranchons la gorge de votre impatience et lisons donc ce qui a été écrit sur cet individu, dont le nom officiel, en lettre d’or, se lit toujours parfaitement sur le cuir brun des reliures.

« Mezariel D. de SaintLouis. »



Sur les plaines enneigées de ce qui sera plus tard connu sous le nom de « Massif Central », un cri strident perce la nuit et son manteau de silence. Nul terreur dans cette troublante vocalise, seulement de la douleur. Encore et encore, sans que cela na paraisse pouvoir s’arrêter un jour. Le sang coule a flot, entourant le corps pâle et neuf, réveillant l’instinct primaire des bêtes qui l’entourent. Mais elles doivent garder leurs sang-froid et leurs maîtrises absolues d’elles-mêmes, des bêtes féroces qui se débattent furieusement à l’intérieur de leurs corps, voulant sortir et se repaitre de la nouvelle chaire moelleuse qui gesticule alors sous des yeux arrondis par la satisfaction. Les visages se fendent un a un d’une batterie de sourires solides, réconfortant peu a peu l’éprouvée. Douze heures qu’elle vient de passée, allongée sur ce lit inconfortable, rempli de paille ; Douze heures qui lui parurent interminablement longues. Et pourtant, voici que le Divin jugeât bon de mettre un terme a son impitoyable souffrance. Enfin, elle peut respirer comme elle le désire.

Le petit être, tout juste expulser de la matrice chaude et charnue, l’ayant accueilli gracieusement pendant bien des lunes, se voit envelopper dans un drap propre, avant d’être porté auprès de celle qu’il a tant fait souffrir, mais qui n’attendait que sa venue pour donner un sens a cette fastidieuse épreuve.

Nul mot n’est prononcé alors, le silence règne. Comme si chaque âme dans cette pièce retenait son souffle, a l’approche d’un danger invisible. La scène ne saurait être plus émouvante, surtout lorsque l’on voit la jeune mère caresser ainsi tendrement, du bout de ses doigts endoloris par l’effort, le visage calme de son poupon, qu’elle ne manque pas de bercer et d’embrasser. Comme s’il était la huitième merveille du monde. La vérité s’en approche, il est vrai. Quelle mère n’a jamais trouvé son nouveau né comme étant le plus beau de tous, entaché d’aucun défaut que la nature aurait pu vicieusement laissé trainé a l’insu de tous ? Aucune.

Les serviteurs et sages-femmes voient alors leurs sens s’élever a un niveau d’alerte rare. Tous fixent la seule porte de l’endroit. Une odeur familière flotte dans l’air, du même acabit que celle qui nage dans le sillage de la Faucheuse après son funeste passage. Mais aucun ne se laisse impressionner et bien vite la détente vient apposer son baume sur leurs nerfs à vifs. Il était temps.

Le plus responsable du petit groupe – exception faite de la mère qui cajole toujours sa progéniture -, qui se trouve être également la maître de tout les serviteurs, s’avance jusqu'à la pièce de bois, et d’un geste fluide et agréable a l’œil, se glisse sans bruit a l’extérieur, se retrouvant ainsi les deux pieds dans l’épaisse couche neigeuse qui continu de croitre en cette obscurité troublée par les ô combien nombreux flocons. Il n’a point oublier de se munir d’un vêtement adéquate, bien entendu. Mais cette étoffe ne lui étant pas destinée, il se contente de la porter sur son avant bras.

Soudain, deux colonnes de fumée se dessinent dans la noirceur de la nuit, tout prés du domestique. La lourdeur de pattes puissamment abattus sur le sol, afin d’avancer au mieux se fait également entendre sans mal aucun. Et voici la bête de qui tout le monde est censée avoir peur. Elle s’approche sans crainte aucun vers l’homme et le regarde droit dans les yeux, armée de ses crocs dissimulés mais pourtant très présent et ses yeux inquisiteurs, comme si ces deux cristaux flamboyants attendaient une quelconque réponse. Le bipède incline poliment la tête et va même jusqu'à poser un genou à terre, ressentant alors pleinement la morsure du givre, malicieusement caché sous la pâleur de l’eau cristallisée. Mais il n’en a cure et s’empresse alors que rompre la litanie que le vent s’autorise seul en flirtant dans les vallées assombries des alentours en délivrant la réponse tant attendue par l’animal devant lui. Aucune trace de surprise ou de peur sur son visage, il sait ou est sa place. En face de lui se trouve l’Alpha.
    « C’est un garçon, Monsieur. »
Aussitôt, a la simple prononciation de ses paroles, la créature laisse s’évader un grondement de sa gorge puissante et diminue alors de volume, de plus en plus, et en seulement quelques secondes. La fourrure dévoile alors une peau nue et laiteuse, les griffes mortelles et les crocs cèdent leurs places à de communes dents d’humains et des ongles tout aussi inoffensifs. Comme taillé dans du marbre de première qualité, voici le Chef de la famille qui s’expose a la vue de son serviteur, sans pudeur.

Immédiatement, ledit soumis se relève alors et vient apposer sur les épaules de son dominant le tissu qu’il n’avait pas omis de prendre avant de venir a sa rencontre pour l’accueillir. Maintenant chaudement abrité sur la majeure partie de son corps, il ne reste plus que ses pieds pour venir contredire cette vérité, en restant là, a même le sol refroidi par la saison hivernale.

N’y prêtant cependant aucune attention, au contraire du bêta, il attend que ce dernier lui ouvre la porte afin de pénétrer à l’intérieur de la bâtisse. Comprenant l’implicité de l’ordre enroué par le creux de parole volontairement laissé, le serviteur s’exécute rapidement, ouvrant grand la porte et s’écartant respectueusement, reprenant par après sa position d’entière soumission face à la hiérarchie, soit agenouillée sur la terre glacée. Le Maître entre alors tout entier a l’intérieur des lieux, ou l’agitation retombe tout juste, celui venu l’accueillir sur ses talons, refermant rapidement la porte afin que la vie supplémentaire alors a l’air libre ne soit pas frapper par la crève ou un quelconque autre mal lié à la nature sauvage et impétueuse.

Sa cape de lin flottant dans son dos, il s’approche de l’épuisée et porte immédiatement son regard sur le morceau de chaire rose qui se tient tranquille entre les bras de cette dernière. Son fils ; Le premier d’une fratrie. Une certaine fierté s’empare de l’homme a cette pensée. Et, tandis qu’il apostrophe de son descendant, il le soulève alors en le tenant fermement en dessous des bras, juste au dessus de sa tête. Comme une cérémonie de baptême pour le moins singulière, la lourde voix rauque du chef de meute résonne alors entre ces quatre murs d’une maisonnette isolée, devant tout ses « compatriotes ».
    « Te voici venu au monde, mon fils, Denovan Elison de SaintLouis. »
Comme si le nourrisson avait pu comprendre les mots de son père, bien que cela soit clairement impossible alors qu’il a moins d’une heure de vie en sa possession, il émet un rire plaisant aux oreilles des créatures a forme humaine puis se retrouve de nouveau entre les bras protecteur de sa madone, qui le blottit contre sa poitrine, gorgée de lait nourrissant a son intention.

L’Alpha s’éloigne alors, en retrait, observant son épouse et la chaire de sa chaire remuer a l’intérieur du cocon protecteur formé par le corps tout entier de cette dernière. Voici deux cents treize ans qu’il vit ; Et il goute encore au nectar suave de l’inconnu en devenant père pour la toute première fois. Le sang des Triquavel, -anciens guerriers celtes devenus les Seigneurs de ces terres d’Occitanie- qui coulait dans ses veines uniquement jusqu’ici, vient d’être transmis a un être tout frais, promis sans aucun doute a un merveilleux destin. Comblé d’ajouter un nouveau nom a sa lignée de sang-pur, il promène son regard sur la nymphe du diable ayant revêtu forme humaine tout le long de sa grossesse, sa femme. En tant d’années d’existence, il ne se souvient pas avoir jamais vu de louve plus belle que celle-ci. De cent douze ans sa cadette, elle n’en demeure pas moins parfaite pour sa personne. Ils pensent exactement de la même manière et aime a diriger comme il l’entende la meute qu’ils se constituèrent peu a peu, avant de procréer.

En l’an de grâce mille quatre cent dix huit est alors venu au monde l’âme souillée par son propre sang qu’est celle de Denovan Elison de SaintLouis. Amené à être un jour Marquis à la Cour du Roi, il ignore encore les épreuves que le Destin a prévu de lui jouer avec félonie. Heureusement pour lui, d’ailleurs. Pour le moment, encore innocent et inconscient du monde qui l’entoure, seulement préoccupé par le liquide savoureux que lui délivre sa mère, il ne fait qu’agir comme le nouveau né qu’il est, sans aucun sens de la perspective. Il s’endort a présent, repu et réchauffé. Sa mère sourit alors en le tendant a l’une des louves sages femmes, qui l’aida dans tout le processus de mise au monde de son tout premier enfant. Puis, elle sourit a son époux. Ce rictus veut tout dire. Voici neuf mois qu’elle n’a pu se transformer en bête de Lucifer et l’impatience la ronge au point qu’elle se sent capable de mettre la fatigue accumulée de côté pour profiter, au côté de son aimé, des joies de la chasse sous sa forme primitive.
Ce soir là, inexplicablement, plusieurs vies furent ôtées, afin de compenser l’énergie dépensée pour permettre a Denovan Elison de voir la lumière, non pas du jour, mais du feu qui dansait dans la cheminée toute proche. Telle est la loi primaire à laquelle obéissent toutes les créatures de fantasmes, dont les loups font partis.


L’année était déjà bien entamée, de même que le dix septième siècle. Le doux parfum des fleurs d’acacias flottait dans l’air, balloter par la brise légère de ce matin d’Avril. Sur la rive d’un lac est arrêtée une carriole pour le moins particulière. Les chevaux savourent de succulentes pousses d’herbes encore humides de rosée, ne se souciant guère de l’agitation prédatrice s’étant emparée sans pitié aucune des occupants de la roulottes. Pourtant les bruis de pas cognant contre le bois faisant office de sol se font de plus en plus nombreux et rapides. Toutes les minuscules fenêtre de la caravane ont été ouvertes au maximum, afin que l’air, bien que déjà chaud, ne manque pas a la pauvre fille d’Eve qui se cambre, encore et encore sous le joug de l’intolérable douleur dont son corps est l’hôte depuis bien trop longtemps a son goût. Une poignée de minute lui semble déjà être une éternité, et ses hurlements n’arrangent rien aux faits. Son impression est telle qu’elle a la certitude qu’on l’éviscère vivante, a l’aide d’un couteau émoussé, peu recommandé pour cet usage. Pourtant il n’en est rien.

Absolument rien.

En revanche, il est vrai que son accouchement se fait bien plus douloureux que prévu. Elle qui avait déjà donné la vie par le passé ne comprends guère pourquoi diable cette naissance est plus douloureuse que les autres. Rien ne diffère des précédentes, les enfants ont le même père et aucun pêché d’adultère n’est a reproché a la splendide incarnation féminine que voici car bien qu’elle en ait du de nombreuses fois l’occasion, jamais ô grand jamais elle n’aurait osé tromper l’homme qu’elle s’était elle-même choisit. Les incohérences de ses interrogations tournoient à l’intérieur de sa tête, inhibant sa logique, sombrant de plus en plus vers l’exotisme des complaintes qu’elle invente sans mal alors que la souffrance grimpe encore d’un subtil niveau pourtant bien ressenti.

A côté d’elle, son propre mère lui tient la main, épongeant son front d’un mouchoir séculaire, tandis que sa grand-mère quant a elle, récite quelques incantations étranges, convaincue que sa supposée magie lui permettra de délivrer sa petite-fille des griffes acérées du malin, celui là même qui prend grand plaisir a la torturé de l’intérieur, par le biais de son enfant.

Bien vite, des tâches rougeâtres viennent colorées a leur tour ce moment paradoxale, ou douleur et bonheur se confrontent, se caressent, s’hypnotisent mutuellement jusqu'à s’ignorer eux-mêmes et tromper les sens des êtres humains au mieux. Le travail est harassant, et les muscles se contractent autant que le leur permette la physionomie sur laquelle ils ont été bâtis sans discontinuer. Donner la vie est une épreuve, et la jeune femme répondant au nom d’Eliade n’ira jamais plus s risquer à prétendre le contraire. Vite, elle a grand hâte que son bébé s’extirpe de ses entrailles afin de pouvoir reposer tout son corps et dormir aussi longtemps qu’elle le désirera.
Les hommes attendent devant la porte fermé de leur maison montée sur roues. Impatients et jeter vif dans les filets du stress le plus intense, ils espèrent que tout se passe au mieux a l’intérieur, même si les cris de la femme les plonge a chaque fois un peu plus dans l’immense océan du doute, en plus de geler d’effroi leurs échines respectives.

C’est alors qu’une petite tête surmontée d’une épaisse forêt de boucles sombres fait son apparition, derrière l’un des grands cercles de bois supportant le poids conséquent de la carriole. Ses grands yeux noisette se baladent tantôt sur les plaines vertes, aux superbes couleurs, dans laquelle ils se sont récemment arrêtés tous, tantôt sur les silhouettes des deux gaillards prenant leur mal en patience, les mains croisées dans le dos et des mines sombres accrochées au visage.

Timidement, il s’avance a pas tremblant vers son père et son grand-père. Il a peur. Oui, entendre sa mère pousser de telles plaintes déchirantes, comme si un monstre était en train de la dévorer vive, fait s’activer son imagination bien trop débordante et lui noue l’estomac. Il a besoin de savoir ce qu’il se trame a l’intérieur. Pourquoi tout ce brouhaha et cette précipitation ? Serait-ce l’enfant ayant arrondi de par sa présence le ventre de sa mère, qui est responsable de tout ça ? Il ne comprends pas. Aussi, tirant doucement l’une des manches de son géniteur, il attend sagement que ce dernier daigne tourner la tête vers lui avant de l’interroger de sa voix de tout jeune enfant :
    « Dis dis.. Pourquoi Maman elle cri ? Qui est-ce qui lui fait du mal, dis ? »
Ses prunelles d’argile commencent a s’embuées a cause des larmes naissantes, n’attendant qu’une seule mauvaise nouvelle pour faire craquer la barrière fine de ses yeux et dévaler ses joues de pêche. Son paternel lui sourit malgré l’angoisse qui le tient lui aussi au ventre et pose un genou à terre afin de se mettre a la même hauteur que son garçon. Passant une main dans ses cheveux, il frictionne vigoureusement le crâne du garçonnet dans le but de lui retirer toutes ces mauvaises pensées de la tête. Il aimerait qu’il en soit de même pour lui, mais les craintes qui bouleverse alors son âme sont belles et biens présentes. Toutefois, dans le souci de ne pas inquiéter inutilement l’enfant, il lui sourit aussi grand que possible et assorti ce rictus a quelques mots balancés en l’état, sans véritable profondeur.
    « Ne t’en fais pas, Lino, tout va bien, Maman est très heureuse en ce moment. »
L’homme remercia le ciel, a ce moment là, que son fils soit trop jeune pour comprendre les subtilité et comprendre l’essence même de son mensonge. Il n’avait pas d’autre choix que de fausser les vérités pour rendre au petit son sourire d’ange qu’il arbore tout les jours d’ordinaire. Déformer les faits et les arranger comme bon lui semblait étaient la seule solution qui paraissait s’offrir tout entière a lui, alors sans réfléchir, il s’en est saisi. Pour le bien de son fils.

De son côté, le dénommé Lino ne se posa pas davantage de questions et enlaça le cou de son père avec toute la force dont il était porteur, afin de la remercier de lui avoir ôter tout son tracas. Il ne comprenait pas tout, néanmoins, être assuré par son père que tout allait bien l’avait énormément soulagé. Après, quant a savoir pourquoi sa douce maman était heureuse de crier de la sorte, il n’en savait rien. Mais ne voulant pas se poser plus de questions maintenant qu’il avait la garantie que tout se passait pour le mieux, comme pour éviter de briser l’illusoire magie qui entourait les mots de son paternel, il fit prestement demi-tour et s’enfuit a toutes jambes pour aller jouer avec le petit poulain, né il y a deux semaines de cela. Et puis qui sait, peut-être trouverait-il de jolies fleurs dans la verdure, qu’il pourrait rapporter a sa génitrice, pour lui faire plaisir.

Le vieillard et son gendre échangèrent quelques paroles après cela, puis tout retomba dans un mutisme assuré par leurs angoisses. Intérieurement, tout deux priait un Seigneur en lequel ils avaient foi jusqu'à la moelle, de préserver leur famille du chagrin et d’empêcher que le démon ne prêche la vie de la jeune femme allongée là sur le lit de fortune, a l’intérieur de la roulotte. L’un craignait pour sa fille unique et l’autre pour sa tendre femme. Jamais il ne s’en remettrait s’il venait a lui arriver malheur.

Mais les brebis virent leur souhait commun exaucé très peu de temps après. Tout d’abord, nul n’entendit plus rien. Les cris de douleur avaient cessé et le calme était retombé, comme par magie, sur l’ensemble du panorama sur lequel leurs yeux s’efforçaient de ne pas glisser, pour mieux se concentrer sur leurs prières muettes. Rien, ni le hennissement de la jument toute proche, ni le craquement du bois de leur habitation n’aurait pu les préparer à ce qui allait suivre.

Effectivement, curieux de savoir ce qu’il s’était passé et n’en pouvant plus d’attendre ainsi, les mains pleines de fourmis tant elles avaient été serrées l’une contre l’autre, l’époux de la suppliciée tenta d’ouvrir la porte de la caravane. Ce fut a la fois un succès et un échec ; Au même moment, sa belle-mère poussa vigoureusement ladite pièce de bois, lui claquant la main jusqu’au poignet tant elle n’avait pas ménagé sa force d’ancêtre et jeta a sa figure deux seaux vides avant de devoir être réduite a crier ses ordres d’une voix stridente aux deux hommes hébétés qui se tenaient là devant elle.
    « Mais aller donc me chercher de l’eau fraiche au lac, sombres idiots ! » beuglât-elle, de sa bouche a l’intérieur de laquelle il manquait presque dix dents.
Illico-presto, le grand-père et le gendre s’emparèrent chacun d’un seau et se dirigèrent au pas de course vers la grande étendue d’eau qui léchait les pieds de la colline sur laquelle se trouvait leur charrette. Mine de rien, l’aïeule faisait mille fois plus peur que la Mort ou la crainte de cette dernière, lorsqu’elle s’y mettait sérieusement…Ou se mettait en colère, aussi.

Ayant ouïe la voix de sa grand-mère, Lino revint de nouveau sur ses pas, avec une expression qui voulait tout dire sur sa bouille d’enfant. Lui souriant, sa « mémé », comme il aimait a l’appeler, l’aida à monter a l’intérieur et le conduisit jusqu'à la couche ou se trouvait sa mère, en sueur, épuisée, mais heureuse comme il ne l’avait encore jamais vu l’être. Un large sourire étirant ses lèvres roses, semblables à un papillon aux ailes entièrement étendues, la maternité posa pour la seconde fois sur elle, un voile de pureté, serti d’embruns de douceurs, pour rehausser sa beauté naturelle. Le petit garçon arrêta alors son regard sur la petite chose qui gigotait contre sa mère. Une minuscule petite boule de chaire rosée, sans un seul cheveux ni rien qui aurait pu le rendre ne serait-ce qu’un peu plus beau. Il était… laid ce bébé. Enfin, c’est là ce qu’avait pensé le jeunot en apercevant sa petite sœur pour la toute première fois de sa vie.

La nature toute entière paraissait réfléchir, s’était tut un instant, le temps que l’enfant assimile bien que désormais, il n’était plus le seul chérubin de cette famille.

Intrigué, il osa approcher un petit doigt maladroit sur les lèvres du poupon et parvint a lui ouvrir la bouche. La encore, rien d’un temps soit peu élégant. Nulle dent bien blanche présente a l’intérieur de cette cavité détrempée de salive.
    « Bwark ! Il est pas bô ! Fit le petit brun avant de se reculer promptement, comme s’il avait vu l’incarnation latente d’un démon. Hilarité générale, les deux femmes sourirent encore plus a la prononciation de cette simple phrase.
    -Elle, Lino, c’est une petite fille. Rétorqua sa mère, tenant comme il le fallait sn second enfant dans ses bras charnus.
    -Oui et bah elle est pas jolie, nah ! » Asséna le susnommé pour toute réponse hasardeuse avant d’aller s’agripper aux vêtement de sa grand-mère, s’y cachant a moitié tout en conservant ce petit œil observateur sur la silhouette rayonnante de leur mère, a lui et a la nouvelle arrivante.
En vérité, il était tout simplement jaloux de voir cette chose prendre sa place au creux des bras de sa maman. Ceci ne durera pas, et très bientôt il idolâtrera sa chère et tendre cadette ; Mais ça, il ne le sait pas encore, le Destin garde ce fait bien secret pour le moment.

Peu après, c’est essoufflé et suant comme des bœufs se tuant à la tâche que les deux hommes de la maison revinrent, chacun un seau rempli a ras bord d’une eau fraiche et pétillante de vie, parfaite pour la toilette du nourrisson et le rafraichissement de la mère. Après s’être fait houleusement gourmandé par l’ancêtre féminin pour avoir été si long, le père des enfants s’approcha, penaud, de sa femme tout juste en train de reprendre sa respiration, leur fille dans le berceau de chaire et d’os que formaient ses deux bras joints l’un a l’autre.
Le soleil était alors hauts dans le ciel d’un bleu pur et vierge du moindre nuage ; Les rayons de l’astre illuminait la vallée et ne se gênèrent nullement pour passer par la fenêtre la plus proche de l’accouchée et réchauffer de leurs présences invisibles, la mère comme l’enfant- qui tordit sa bouche en un demi-sourire. Y voyant là un présage du Seigneur tout puissant, lorsque le grand père, enfin rassuré, laissa s’échapper de sa gorge un « Hallellujah, vous aller bien… », sa fille unique posa alors son regard illuminé et auburn sur lui, souriant de toute ses dents bien que son corps commençait à se faire lourd a cause de la fatigue. La concertation quant au choix du prénom ne fut pas longue et ne nécessita même pas l’usage de quelconques mots pour que les amoureux se fixent sur un nom.

En silence, lorsque les yeux des parents se rencontrèrent les uns les autres, l’époux comprit que sa femme avait déjà une idée en tête. Il lui faisait confiance entièrement, aussi hocha t-il simplement la tête, ignorant tout des intentions malicieuse de sa tendre femme qui l’était tout autant. A l’unisson, ils se tournèrent alors vers les parents de la belle, ainsi que vers leur fils, toujours dissimulé presque entièrement dans les jupons de son aïeule. Le plus vieux commençait à perdre patience, il n’appréciait que fort peu le suspense et tout ce qui pouvait s’en rapprocher. Aussi, coupant court a cette attente, il demanda sans détour la question qui lui trottait dans la tête depuis le lever du jour.
    « Alors ?! Comment allez-vous l’appelez, ce petit ange ?
    -Hallelujah.
    -Hum ?
    -C’est son nom, Hallelujah. » Conclut la nouvelle mère, en serrant tendrement sa fille déjà chérie contre elle, afin d’être sure et certaine qu’elle n’était pas tout simplement en train de rêver.
Mais non, ce n’était nullement le fruit des malices de Satan et elle en fut des plus épanouie… Même si elle se jura que c’était là le dernier enfant qu’elle aurait ! Pas question de remettre le couvert de sitôt avec une douleur pareille, même si le constat final était baigné de merveilles.

C’est ainsi qu’en ce monde débuta la vie d’Hallelujah, progéniture de bohémiens, destinée à suivre le même chemin en grandissant.

Inéluctablement les années filent et défilent dans le grand sablier du temps, chacune semblable a un grain de sable sombrant vers les profondeurs du récipient, pour mieux laisser son successeur prendre sa place et chuter a son tour. Et ainsi et suite.

Hallellujah grandit aimée, entourée de toute sa petite famille. Ensemble, tractés par leurs puissants animaux de traits, ils parcoururent bien des lieux. Des terres chauffées par le soleil d’Italie aux steppes froides de la Russie en passant par l’Autriche et ses merveilles, l’âme dont il est ici question eut tout loisir de se cultiver de la meilleure des façon ; En apprenant d’elle-même. Loin d’être une idiote finie comme aime à le penser certains nobles hautains sous prétexte qu’elle était une bohème au grand cœur, elle savait conquérir le savoir qu’il lui manquait de bien des façons. Créer le contact avec les populations qu’elle rencontrait n’avait absolument rien de compliquer pour elle qui, d’un simple enchainement de pas de danse, savait attiser leur attention. En découlait de passionnantes discussions sur tous les sujets possibles et imaginables, par après.

Elle était si belle, cette bohémienne. Sa grand-mère maintint toute sa vie qu’elle tenait cette beauté rare et féline du lait de jument dont elle avait été alimenté dés sa naissance ; D’après l’ancêtre, ce liquide aux fortes propriétés nutritives n’avait fait que renforcé la quintescance naturelle dont avait été serti sa petite-fille. Peut-être est-ce vrai ; Peut-être est-ce faux ; C’est là un mystère que nul ne jeta au flammes de la vérité ; emporté avec les défunts dans leurs tombes. À moins qu’eux non plus n’en connaissent la réponse ? C’est également fort probable. En tout les cas, une chose ne pourra jamais être balayé par les mauvaises langues et autres jalouses mégères ; A l’instar du vilain petit canard transformé a l’âge des amours en magnifique cygne au plumage blanc virginal, la cadette de Lino n’eut point a attendre d’être adulte pour que sa splendeur ne s’exprime sans aucune retenue.

Autrement, quoi qu’il en fut-ce, dés son plus jeune âge, Hallellujah fut initié a la danse, au chant et a l’art de la musique avec le meilleur des professeurs qui soit ; Sa propre mère. Eliade avait le dos de faire s’exalter les vertus de chacun, par dieu sait quelle alchimie inexplicable. Et sur la personne de sa propre fille, elle était persuadée d’avoir ressenti un talent tout particulier pour les trois activités précédemment citées, bien que la danse l’emporte tout de même très largement sur les deux autres. Ainsi fut bâti l’entrainement intensif de la plus jeune des demoiselles, alors qu’elle commençait à peine à se tenir assurée sur ses petites jambes de bambin. Mais ces exercices intenses payèrent bien assez tôt et le fruit de ce dur labeur ne put qu’être admiré, surtout lorsque la jeune bohémienne donnait cette impression singulière d’être dans un autre monde dés lors que ses pieds la guidaient sur une ligne imaginaire, pour le plus grand plaisir des yeux des badauds et autres personnages du même genre.

Elle était encore bien loin, a cet âge, de ce douter que d’ici quelques années, le destin lui avait concocté un chemin fort épineux, qui n’épargnera ni ses pieds, ni son âme.

Auparavant, c’est bien malgré eux que les migrants croisèrent la route de créatures sataniques, aux mâchoires aussi démesurées que leurs tailles, aux yeux immensément rempli de rage de vaincre et à l’instinct de traque pour le moins développé.

L’hiver avait déjà abattu sa brillante parure de neige sur les terres de la Prusse Orientale lorsqu’ils découvrirent cette tragique malédiction de leurs propres yeux. La forêt était bien plus calme qu’a l’accoutumée, mais n’étant guère originaire de ce pays, le petit groupe se contentait d’avancer tranquillement, au rythme que les chevaux étaient en mesure de tenir par ce temps froid et sec. Hallellujah avait seulement seize ans a l’époque, mais malgré qu’elle ait été la plus jeune, elle n’en restait pas moins très lucide. C’est elle qui remarqua la première que les trois animaux de traits qui tiraient la caravane paraissaient stressés et apeurés, bien qu’elle ne sut expliquer pourquoi dans un premier temps. Son frère ainé ayant les rennes bien en main, elle n’avait pas jugé approprié de s’inquiéter immédiatement.

Toutefois, dés lors que les équidés refusèrent d’avancer plus avant, la bohémienne n’attendit pas l’autorisation de ses parents pour tenter elle aussi sa chance a l’extérieur, bien que le vent avait commencé à se lever, fouettant sans aucun remords ses jambes dénudées. Mais ce n’était pas son état qui la préoccupait ; Elle angoissait d’avantage pour les chevaux que pour elle-même, ne faisant pas cas des dires du plus grand de la fratrie qui lui ordonnait ni plus ni moins que de remonter immédiatement dans la carriole sous peine de se recevoir une bonne correction. Il n’était pas violente de nature, mais la crainte qu’il puisse arriver malheur à sa sœur prenait parfois le dessus sur son sang-froid et le poussait à dire des choses qu’il ne pensait nullement.

Le manque de volonté dans ces mots devaient être flagrant puisque ce n’est guère cela qui ému l’adolescente, trop occupée a caresser tendrement l’encolure de l’étalon a l’avant.

Ironiquement, c’est sans doute les cris colérique du premier enfant du couple qui attira davantage l’attention des créatures sur eux qu’autre chose. A cet instant précis, le premier cheval rua avec une fougue certaine, bientôt imité par les deux autres, joignant leurs hennissements à celui de l’étalon, dans un grand chambardement. La surprise fut telle qu’Hallellujah en tomba a la renverse dans la neige, ses cheveux noirs tranchant magnifiquement avec l’absence de couleur du sol. Mais contre toute attente, ce n’est pas le choc d’être tombé qui polarisa l’attention de la demoiselle. Effectivement, elle vit a quelques mètres d’elle, juste devant les chevaux agités, apparaitre un animal somptueux. Sa fourrure, se confondant avec la neige, devait assurément être aussi douce que la plus rare des étoffe de soie ; Ses yeux, a l’intérieur desquelles on aurait pu jurer voir scintiller une flamme, hypnotisa la jeune fille qui, toujours au sol, ne parvenait plus a se relever. Une mèche de cheveux lui traversant le visage, elle se trouvait être littéralement sous le charme de l’animal. Sauf que.

La créature a quatre pattes brisa alors cet intense instant d’observation et hurla en direction du ciel. Un cri effroyable, beau mais tétanisant. Tout les membres d’Hallellujah tremblaient alors que la certitude que cette chose allait la dévorer se frayait un passage vers sa conscience. La peur la clouait sur place et rien de ce que pouvait lui dire ses proches ne la fit réagir. Alors, sous l’inquiétude de plus en plus grandissante, ce fut son père qui sortit de la roulotte, la saisie par les épaules – lui faisant par la même occasion reprendre pied avec la réalité – et la releva instamment avant de la ramener a l’abris. Ou du moins ce qu’il pensait pouvoir appeler comme tel. Mais l’infâme chien de Lucifer comprit immédiatement ce qu’il tentait de faire, aussi, sans même prendre d’élan, il fondit sur les deux âmes en passe de remonter dans la carriole, n’attendant pas la venue, pourtant toute proche, de ses acolytes aussi démoniaques que lui.

Si la chance sourit alors a Hallellujah, ce ne fut pas le cas de son paternel. Le pauvre bougre sentit les crocs du félon démon s’enfoncer dans la chaire de sa jambe encore a l’extérieur. Il fut emporté par la bête et projeter quelques mètres plus loin. Et aucun des cris que poussaient alors en chœur sa fille et sa femme ne purent rien y changer. Son sang, s’écoulant d’une plaie béante, colorait alors le parvis blanc des bois. Malgré tout, la première pensée qui lui traversa l’esprit fut de mettre sa famille a l’abris, même si cela signifiait en être a tout jamais séparé. Fouillant le sol, sous la surface nacrée, l’homme dénicha deux petits cailloux dont il se servit le plus astucieusement du monde. Le premier fut envoyé sur le crâne de l’animal blanc qui commençait déjà à faire demi-tour, en direction de la charrette, prés à dévorer tout ces occupants un a un. Cela ne plus guère a la créature de l’Enfer qui se décida finalement, tout crocs dehors a s’occuper du gêneur avant de passer au plat de résistance que constituaient les autres bohémiens. Mais le patriarche n’entendait pas mourir sans agir une toute dernière fois dans l’intérêt de ses proches. Leur hurlant a quel point il les aimait, et voyant que son fils s’apprêtait à venir le rejoindre pour se battre contre le loup, il empoigna fermement la seconde pierre qu’il projeta sur l’arrière train de l’étalon, en tête d’attelage. L’animal, sous l’effet de la douleur succincte mais aussi de la peur, se mit à galoper, entrainant les autres équidés avec lui, afin de faire avancer l’habitation mouvante le plus vite possible. Objectif atteins car nul ne parvint à faire stopper les animaux de traits alors qu’elles galopaient comme si l’Enfer les poursuivait. Dans les faits, ce n’était pas entièrement faux.

Hallellujah, mais aussi tous les autres membres de sa famille pleurèrent la perte de cet être qui leur était si cher. Un père, un mari, un gendre. Il avait été énormément perdu ce jour là.

Mais la famille migrante n’était pas tirée d’affaire pour autant. Le loup blanc ayant hululé pour attiré l’attention de ses compères, les bohémiens ne tardèrent pas a apercevoir les formes longilignes et disproportionnés des animaux qui les traquaient de très prés. Ils pensèrent alors que le sacrifice qu’ils avaient été forcés de faire à l’instant – contre leur gré de surcroit- n’avait servit a rien, et l’amertume s’empara alors de chacun d’entre eux, même d’Hallellujah.

Son frère ayant du mal à maintenir une trajectoire correcte avec des chevaux aussi déchainés, la jeune femme le rejoignit aussitôt en quelques acrobaties et autres tractions accomplies avec brio à la surface d’une carriole en proie à l’agitation la plus totale. Sa grand-mère était resté avec sa génitrice, qui s’était évanouie sous le coup des trop fortes émotions ressenties d’un seul coup. Armant ses mains d’une écharpe cousue main afin de ne pas souffrir des potentielles brulures que pourrait causer le cuir des harnais du ses fines mains, la brune s’empara a son tour des rennes, apportant ainsi tout son soutien a son ainé qui, malgré la peur qui le prenait alors au ventre, apprécia un tel geste. Leurs forces combinées eurent raison de la résistance des sangles et les équidés suivirent bientôt le chemin qu’on leur ordonnait d’emprunter.

Mais soudainement, les bêtes infernales ralentirent de plus en plus, comme si elles ne souciaient plus du tout de la famille de bohémiens, dont le chef avait été arraché brusquement, quelques minutes auparavant. Les toisant avec ses yeux sombres et pleins de larmes, la jeune danseuse finit par découvrir la raison de tout ceci. A moins de trente mètres – qui se réduisaient toujours plus vu l’allure à laquelle l’attelage détalait- devant la carriole, sur le même chemin, une silhouette se dessina. « Quel fou ! » pensât alors Hallellujah en remarquant cet individu dont la capuche masquait le visage. S’il restait là ou il était, les loups le dévoreraient probablement d’une traite !

Elle aurait voulu lui venir en aide, mais il ne paraissait pas réagir a ses appels. La vérité était qu’il n’en avait cure. Lorsque la calèche passa prés de lui, à une cadence suffisamment soutenue pour soulever sur ses flans quelques courants d’airs, le morceau de tissu qui dissimulait alors le visage de l’étranger fut repoussé dans le dos de ce dernier. Et là, un visage aussi beau qu’une statue de cristal fut dévoilé au regard de la ravissante Hallellujah. Et pendant un infime instant, elle cru que son cœur s’était arrêté de battre tant cet homme était d’une beauté interdite. Pourtant, il ne la regarda même pas, ses yeux rivés sur les poursuivants de la roulotte, et laissa passé la petite famille traumatisée comme si de rien n’était. Ils continuèrent a rouler a cette vitesse jusqu’au petit jour, lorsqu’ils furent tous certains que les bêtes sataniques ne se trouvaient plus sur leur talons.
Hallellujah ne le su jamais, mais l’homme qu’elle avait entre-aperçu dans le bois cette nuit là n’était autre qu’un vampire, qui se battit vaillamment contre la meute puissante jusque là aux trousses de la caravane. Il ne l’avait pas fait pour sauver les quelques bohémiens mais uniquement pour abattre ces bêtes qui demeuraient être ses ennemies naturelles. Un besoin de lutter contre l’adversaire, voici tous ce qui avait motivé cet individu a agir de la sorte. En l’espace d’une nuit seulement, l’artiste des rues côtoyât la Mort sous deux de ses formes les plus rependues. Les Loups et les suceurs de sang.

Bien loin de tout ce crescendo de terreur obnubilant, dans la majesté royale de la Cour du Roi, Henri de France, était entré depuis plusieurs années déjà un Seigneur répondant au nom de Denovan Elison De SaintLouis ; Officiant dans la Haute Société sous le rang de Marquis, son efficacité n’était plus a prouvée. Voila déjà deux décennies qu’il arpentait la France dans l’unique but de satisfaire les désirs du Monarque de l’époque, et par la même occasion, doré le blason de sa famille auprès de ce dernier. Après tout, dés lors que l’on possédait les bonnes grâces du Souverain, il n’y avait que peu de portes qui persistaient a resté fermées devant vous. C’était un but a atteindre pour ce lycan au sang pur âgé de plus de deux cents ans alors. Ses traits le laissaient pourtant apparaitre en public comme un bel homme d’une trentaine d’années tout au plus. Personne, ô non personne n’aurait laisser son imaginaire courir a son propos au point de le comparé a un monstre sanguinaire parfaitement bien armé contre n’importe quel agresseur. Et pourtant, c’est bel et bien ce qu’il était déjà a cette période ci de sa vie.

Depuis peu, il se devait également de remplir les fonctions d’Alpha de la meute des De SaintLouis – et des familles associées à ce nom également -, délégué par son propre père quelques mois auparavant. Par quatre fois centenaire déjà – et allant bon train vers son cinquième siècle-, il avait jugé bon de donner a son fils ainé, les rennes de la famille toute entière, en lui accordant donc le rôle de l’Alpha, rang suprême chez les loups. Bien évidemment, l’ancien veillerait scrupuleusement dans l’ombre, en ne manquant jamais de donner son avis si quelque chose venait à lui déplaire, mais puisque Denovan démontrait des qualités de leader naturelles, il avait parut logique a son épouse et lui-même que ce dernier leur succèdent en bon et du forme a la tête du clan. Tous les enfants de la fratrie qu’ils avaient constitués au fil des siècles avaient été surpris par une pareille décision, et Elison le premier de surcroit. Mais aucun ne fit preuve de jalousie et il prit possession de ses nouveaux droits très peu de temps après.

Pour fêter dignement cette « promotion » au sein de la hiérarchie familiale, tout les lycanthropes s’était décidés à organiser une vaste chasse de vampire et d’humains, dans l’optique de se remplir rapidement la panse et de reconnaitre le frère ainé en tant que chef véritable puisque c’est lui et uniquement lui qui les guidait lors de cette festivité purement lycane. Malgré tout, Denovan demeurait quelqu’un de très intelligent ; Évidement, au court des siècles, il avait eu l’occasion de tuer bien des humains pour se repaitre de leurs chaires, si tendre, innocents ou non et de terrasser plus d’une fleur du mal nocturne, plus communément appelé Vampire. Combien avait tenté de s’en prendre à sa famille sans prendre les mesures nécessaires par avant ? Au moins autant que ceux ayant eu la possibilité de gouter a la solidité de ses crocs luisant de leurs sangs tandis qu’ils se refermaient sur eux. Aucune pitié dans ce genre de situation.

Toutefois, le nouvel Alpha avait bien comprit une chose ; Au contraire du passé qu’il était habitué à prendre pour modèle, désormais les humains étaient… plus méfiants et plus suspicieux envers leurs prochains. Pour ne pas se faire remarquer, ou alors le strict minimum, il valait mieux prendre pour cible les humains condamnés a mort ou ayant commis d’affreux crimes alors qu’ils pouvaient gambader en liberté sans aucunes craintes ; Du moins le pensaient-ils tous. Voici la théorie pour le moins criante de vérité que le fils de Castiel mit sur pied lorsque son rang le lui permit. Impressionné par une déduction telle que celle-ci, l’ancien chef ordonna à tous les membres de la famille d’agir comme l’avait suggéré l’ainé de ses fils. Après tout, des criminels et des condamnés… Personne ne les regretterait, c’était évident. La seule exception qu’il fit jamais et bien plus tard fut avec ces jeunes gens de la milice Royale ; Ces répugnants moustiques prêts a tout pour abattre un loup ou un suceur de sang. Cette proposition ne fit que renforcer le précédent Alpha que son choix s’avérait juste et véridique. Son fils ne le décevrait pas, c’était impossible. C’est avec une pensée pareille qu’il céda définitivement ses avantages d’Alpha a son premier enfant, a qui il souhaitait un règne aussi grandiose que le sien – sinon plus- a la tête de la famille De SaintLouis.

Pour honorer au mieux le statut que lui conférait légitimement sa naissance, Denovan devait à présent se chercher une épouse digne de ce nom. Son seul problème fut bien celui-ci. Aucune des louves de sang-pur qu’il avait eu la possibilité de rencontré jusqu’ici – son père ne tolérant les « mordus » qu’au stade de serviteurs tout au plus – ne lui avait convenu parfaitement. Il y avait toujours un infime détail pour venir encrasser le tableur enjôleur qu’il pouvait se faire d’elles. Trop immatures, trop violentes, trop sanguinaires. Si tous les défauts n’ont pas été cités, la liste n’en demeure pas moins longue pour autant. Mais il avait tout de même un avantage conséquent, qui lui permettait de jouir et profiter du temps coulant a flot, semblable a l’eau d’une rivière déchainée ; Sa race.

Puisqu’il était un sang-pur de toute première catégorie, rien ne l’empêchait de patienter encore une dizaine d’années, voir même deux, avant de s’investir franchement dans la quête d’une partenaire idéale dans le rôle d’Alpha, a ses côtés ; Celle qui serait en mesure de lui donner des louveteaux forts et a la hauteurs du sang et du nom qu’il leur transmettrait sans réserve. Il avait donc tout le temps dont il pouvait avoir besoin pour dénicher une compagne en suivant, malgré tout, les exigences inflexibles de son propre père. « Pas d’humaine ou de vampire, souviens t-en. » lui avait murmuré le vieux patriarche, une main posé sur son épaule, alors qu’il s’apprêtait à aller se coucher, juste après la chasse familiale. Aimant son clan plus que tout au monde, a l’instant même ou le précédent chef lui avait inculqué cette requête, cela lui avait sauté aux yeux comme étant une évidence pure et simple qu’il ne franchirait jamais, ne voulant pas inutilement blessé ceux qu’il aimait davantage que lui-même et le pays qu’il servait pourtant avec ferveur et vélocité.

Il n’était pas encore très égoïste, en ce temps-là.



Les destins ne sont jamais prévisibles. Même eux ignorent parfois ou le chemin que leur hôte empruntent les conduira ; Tout simplement parce que ces entités invisibles sont aussi capricieuses qu’indécises.

Leurs réactions ne peuvent être sondées a comprises a l’avance ; Ou serait le charme de la vie sinon ? Quand bien même le sang recouvre l’intégralité d’un canevas, il y aura toujours un fil coloré d’une autre teinte pour faire poindre l’espoir là ou on n’aurait par ailleurs, jamais soupçonné l’existence. Ceci n’est guère la solution d’une énigme recherchée, mais seulement une vérité absolue. C’est la douceur du courant de pensée typiquement humain qui dit qu’après la pluie vient le beau temps ; En théorie. En ces termes donc, personne, pas même Hallellujah ou Denovan Elison de SaintLouis n’aurait été en mesure de prévoir le présent imposé par Mère Nature mais avant tout le hasard lui-même, sur lequel ils danseraient ensembles, à la vie à la mort, comme s’il s’agissait de braises ardentes, les consumant petit a petit sur le chemin de l’amour pur et parfait.

Le Soleil s’acharnait à chasser les dernières plaques de givre résistantes sur les pavés des rues de Paris, mais aussi sur les toits de tous les bâtiments formant le labyrinthe vertigineux de la ville. Déjà, les plus vaillants sortaient de leurs logements pour aller vendre leurs produits sur les étales des différents marchés ou aller travailler dans l’une des nombreuses tanneries que comptait la capitale en son sein. Chacun y allait de bon cœur pour gagner son paix chaque jour, terrifié a la simple idée que le froid ai pu chasser tout les clients des commerces. C’aurait été une chose terrible, c’était certain. Une période de disette ne pouvait être permise, surtout dans un tel contexte. Parfois, le Roi venait flâner en ville, sans doute pour prendre le pouls de la population et s’enquérir des dernières nouvelles qui ne lui parvenaient pas a la Cour.

De temps a autre, une petite tête blonde s’évertuait à le suivre le plus prés possible, essayant de lui saisir une main pour avancer au même rythme ; Toujours sans succès étant donné que sa Majesté n’accordait aucune attention a son fils unique, Charles de France, alors âgé de trois ans. Souvent, le petit homme finissait dans les bras d’une de ses nourrices, qui suivaient le Roi comme son ombre.

Il valait donc mieux éviter de se retrouver sans le sou afin de donner une bonne image de soit au Souverain, le plus juste et le plus aimé des Monarque de France jusqu’ici. Par soucis d’honneur et de servitude, chacun travaillait d’arrache-pied ; Créant par la même occasion donc, de terribles embouteillages dans tout les recoins de la Capitale.

Nombres de nobles fulminaient de devoir patienter ainsi a l’intérieur de leurs luxueux carrosses, initialement en route vers le château de son Altesse Royale.

L’un d’eux finit par passer outre la contraignante attente et décida, sur un coup de tête, de continuer son ascension vers le palais de lui-même, sur ses deux pieds. Les domestiques présents avec lui tentèrent de le raisonner, en usant de l’argument phare en ce temps là ; Comme quoi les nobles faisaient des cibles de choix pour les brigands et autres voleurs a la sauvette, qui pullulaient alors dans les rues de la belle Paris. Mais eux comme lui savaient pertinemment que rien de ce genre ne serait en mesure d’arrêter son avancée. Ils manquaient simplement d’autres arguments, au point de s’abaisser a ceux du commun des mortels, voila tout.

Personne, pas même cet individu a la chevelure d’or et aux yeux parés des couleurs du ciel, ne se serait douter qu’il était en train de mettre un pied dans un concours de circonstances décisif. Son avenir en serait changer, mais pour l’heure, il ne le savait pas encore. Peut-être, non, sans doute est-ce mieux ainsi.

Serpentant les convois et autres établis sans escorte, le noble se vit tout de même obligé de passé devant la Grand Place de Notre Dame puis que sa route ordinaire était bloquée par d’importants décombres. Certes, il était impatient, mais pas au point de prendre le risque de salir ses couteux vêtements, taillés sur mesure. Ainsi, rechignant tout de même un peu, il s’engageât sur le parvis ou régnait une agitation de tout les Diables. Tout les habitants courraient a droite, a gauche, partout ! De temps a autre, un imprudent laissait son regard glisser sur la silhouette du notable, songeant a comment il pourrait s’y prendre pour le détrousser de sa bourse sans doute pleine a craquer ! Mais il se ravisait sitôt après avoir croisé le regard dudit noble. Mieux valait ne pas faire de grabuge si l’on espérait vivre.

Mais le désespoir guide parfois les pas des plus démunis sur le chemin de la déraison. C’est sans aucun doute pour cela qu’un fou a lier fit mine de bousculer l’homme de haute société, dans le but de lui dérober ses possessions en or. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que sa cible possédait d’excellents réflexes, entre autre (inutile de préciser que ben des humains étaient morts sous ses crocs par la même occasion) et que son frêle poignet se retrouva engoncé dans une paume ferme et puissante. Il avait mal, son sang parvenait difficilement jusqu’au bout de ses doigts qu’il sentait s’engourdir de plus en plus a mesure que les secondes s’écoulaient autour de lui. De plus, les yeux furibonds de l’homme qu’il avait a tord prit pour un imbécile de noble le fixaient avec une lueur mauvaise, dont l’effet était rehaussé par le froncement des sourcils au dessus d’eux.

Le voleur improvisé sentait ses jambes sur le point de se dérober sous son poids. L’aura que cet homme dégageait n’était pas commune ; Elle était tétanisante, comme s’il se trouvait face a un prédateur surréaliste. Jamais cet insolent ne su a quel point il était dans le vrai. Mais les anges se firent cléments envers lui et s’arrangèrent alors pour attirer l’attention du monstre sur une toute autre chose. Une jeune femme.


Son regard rivé sur le visage du voleur – qui ne devait pas avoir plus de douze ans – s’était levé une petite seconde a peine, pour Dieu sait quelle raison. Mais cela avait largement suffit pour capter son intérêt. Car c’est là qu’il l’a vit. Envoutante, elle dansait sur le sommet d’un tonneau, un foulard dans ses mains aux graciles mouvements. Le noble répondant au nom de Denovan Elison de StaintLouis aurait pu sans mal aucun juré devant le Seigneur – si ce dernier acceptait sa confession – qu’il n’avait jamais rien vu de tel jusqu'à présent. Pourtant il en avait fait et vu des choses tout au long de sa vie d’immortel. Mais là, il était subjugué au point d’en oublier tout ce qui se passait autour de lui. Relâchant sans même s’en rendre compte le poignet de l’impertinent – qui remercia le ciel nuit et jour pendant une semaine suite a cela- il laissait ses yeux courir sur les courbes de la demoiselle qui ne semblait même pas l’avoir remarquer, au milieu de toute cette foule grouillante, pareille à une fourmilière en ébullition.

De beaux cheveux noirs voletant dans les airs avec la grâce des derniers corbeaux de l’hiver, une peau sans doute dorée sous le soleil le plus ardent, un sourire magnifique accompagné d’un rire tout aussi charmeur, et enfin, un visage a la beauté transcendante. Telle une poupée de porcelaine de haute qualité – quoi que le Marquis n’eut jamais vu pareille splendeur même dans ce genre de création- elle paraissait capable d’éblouir tout Paris par ses simples pas de danses assemblés à la vas vite, uniquement pour rendre le bonheur et la joie, pendant un court instant, a son public improvisé, principalement composé de marchands malchanceux et de mendiants estropiés.

Mais cela n’eut pas raison de la bonne humeur dont irradiait la jeune et magnifique jeune femme puisque, de ses pieds nus, elle continuait à danser, encore et encore, dans un rythme effréné. Comme si elle était l’étoile qui pouvait régir a elle seule les lois de l’univers.
Même si rien de tout ça n’était vrai. Et la réalité rattrapa alors le Notable.
    « ..tre ?... Maître ?.... Maître, est-ce que m’entendez ? »
Il aurait presque sursauté alors que l’un de ses plus fervents domestiques tirait vers lui un morceau d’étoffe de son costume, pour capter son attention le plus possible, sans doute. Affichant un air hébété, le noble dû se faire rappeler par ledit serviteur ce qu’il en était.
    « Monsieur ? Tout va bien ?
    -Oui, oui oui je vais bien, merci.
    -Bien, dans ce cas, continuons-nous a pied jusqu’au Château ? Ou rebroussons-nous chemin vers votre voiture, Monsieur ? »
L’homme eut du mal a aligné plus de deux pensées correctes, tout juste sorti d’un état pour le moins étrange, ou plus rien n’importait. Portant ses phalanges gauche a son visage – réalisant par la même que le garçonnet turbulent n’en était plus prisonnier-, il se pinça fortement l’arête du nez, comme pour essayer de reprendre pied avec le réel. Il secoua la tête et décida de suivre ses domestiques jusqu'à la calèche qui l’attendait toujours, revenant donc sur sa propre décision de départ. Toutefois, il ne put s’empêcher, une fois tout ses esprits recouvrés, de jeter un coup d’œil furtif par-dessus son épaule, dans l’espoir d’entre apercevoir encore les mouvements de cette danseuse, sans succès en revanche.

Une fois parvenu au Château, non sans grand mal, le Marquis apposa sa main droite sur sa propre hanche, a la recherche d’un objet en particulier. Tiens, sa bourse ne se trouvait plus là. Écarquillant les yeux, il finit par sourire mystérieusement avant de secouer la tête. Décidément, elle lui avait fait perdre tout ses moyens sans même lui adresser une parole. Quelle décadence ! Et en vers et contre tout, le Noble n’en fut même pas outragé, bien au contraire puisqu’il ria alors si fort qu’on l’entendit jusque dans les jardins du palais. Lui seul pouvait comprendre. C’était son secret, et uniquement le sien.

Il aurait voulu en cet instant faire croitre ce secret. Sans savoir que son désir ne restera pas en berne.
Elle riait et dansait avec davantage de fougue et de quintessence a mesure que ses pas s’entrelaçaient sur le haut de ce tonneau de vin. Un sourire écartant ses lèvres, Hallellujah distribuât sans modération de la joie et de l’amour a quiconque en quémanderait présence. Voici deux ans qu’elle et sa famille se sont établis dans les catacombes de Paris, lieu mystique ou tout les bohémiens savent se retrouvés, mais surtout se dissimuler aux autorités. En tant d’années d’existence, la bohémienne avait comprit une chose fondamentale ; Le monde est ce qu’il est. Même en s’acharnant contre les monarchie injuste ou la noblesse, rien ne changerait de sitôt. Les croyances et les habitudes étaient bien trop tournées vers les forts des nations et non vers la majeure partie de la population. C’était cruel, fourbe et mesquin, mais le fait était là et la brune ne pourrait rien y changer, jamais.

Convaincue de ce constat, pour tromper le malheur de ses compatriotes, qu’elle connaissait bien à présent, elle ne pouvait faire qu’une chose : Les distraire. Et danser comme si elle se trouvait être en flammes faisait partie de ses activités favorites, dont elle ne se lassait jamais.

Tandis que sa mère comptait la bonne aventure, son frère ainé s’évertuait à œuvrer pour la famille en rapportant un peu d’argent chaque soir, grâce aux divers tours d’adresses qu’il avait apprit et perfectionner au fil des années. Paix a l’âme de leur grand-mère qui ne connu jamais la France. Peu de temps après la disparition de leur père, la belle-mère de ce dernier tomba grièvement malade, au point de ne plus pouvoir se lever vers la fin. Ne disposant pas de moyen suffisant, le petit groupe tenta vainement de la soigner par leurs propres moyens, mais se fut inutile. Elle s’éteignit en quelques jours seulement, rouvrant ainsi la plaie encore saignante de ses proches qui la pleurèrent longtemps. Enterrée dans une église Prussienne grâce à la sympathie d’un évêque, elle peut au moins reposer dignement en paix.

Ils avaient continuer leur chemin a trois, jusqu'à atteindre le pays frontalier des nations de l’est et eurent tôt fait de s’établir dans un camp de bohémiens de tout horizons, comme eux. Bine plus nombreux qu’ils n’auraient jamais osé l’espérer, leurs semblables les convièrent a leurs rassemblement, les comptant comme membres de la grande famille que tous formaient ensembles. C’est dans cet atmosphère joyeuse, bien que miséreuse, que le trio passa les deux dernières années de sont existence, persuadé qu’un jour ou l’autre, un futur brillant s’annoncerait a eux.


Dernière édition par Mezariel D.de SaintLouis le Ven 27 Juil - 13:05, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé   Jeu 26 Juil - 13:24

Was zweie ra na stel yorra zuieg manaf
►I plead with you to give my life meaning◄
J'implore avec toi pour donner un sens à ma vie

Hallellujah avait désormais dix huit ans et demeurait être une ravissante jeune femme, dont le nombre de courtisans ne cessait de croitre de jour en jour. Mais jamais ô non jamais un seul d’entre eux n’avait réussit a éveillé en sont être les germes de sentiments forts, fusionnels, éprouvants. Nul ne l’a fit tombé amoureuse de lui, bien que les tentatives furent aussi nombreuses qu’originales. Mais rien à faire, elle refusait à chaque fois, si bien que, vexés, certains soupirants lui prêtaient d’ores et déjà des penchants malsains envers les autres femmes. Mais cette hypothèse, née dans le chaudron de la vile jalousie n’était que mensonge. Car si la belle bohème se savait difficile, elle connaissait d’autant plus son attirance pour les hommes. Et puis ce n’est pas qu’aucun de ses prétendants n’était porteur de beauté, -loin de là puisque la plupart se trouvait être les plus somptueux du camp – mais ils ne parvenaient tout simplement pas a faire en sorte de la faire tomber réellement amoureuse d’eux au point de se damner. Frustrant, même pour elle, mais pas insurmontable pour autant. Pour compenser, elle améliorait ses danses et ses numéros, pour se sentir utile et surtout penser a autre chose.
Même si certains, plus égocentriques que d’autres, allèrent prêcher les malédictions de la vieille sorcière, recluses quelque part dans les égouts de Paris. Demandant a faire maudire Hallellujah, ils repartirent le cœur léger, tels les immatures qu’ils étaient.

Personne ne sut jamais si les événements qui se déroulèrent par la suite avaient un lien avec la noire magicienne.

Le lendemain, sur une nouvelle estrade improvisée, la bohémienne mêlait danse et acrobaties avec son frère, qui la soutenait tout au long de leur spectacle de rue. Quelques pièces de monnaie tombait ça et là sur leur scène de bois sec, -récupéré sur les rives de la Seine, la veille au soir – tandis que d’autres leur jetait des projectiles bien moins plaisant, comme des pierres ou autre os rongés par les chiens du quartiers. Le public n’était jamais vraiment le même – car bien que les pas d’Hallellujah soient salvateur au regard, tous savaient que du travail les attendait, un peu partout dans Paris – mais les mécontents et jaloux eux, répondaient toujours présents avec les mêmes voix et les mêmes visages. Toujours.

Mais il n’en fallait pas si peu pour décourager la sublime immigrée, qui continuait ses chorégraphie improvisée avec morne et indolence, comme si les avatars de la Rage n’existaient pas et ne pouvait l’atteindre tandis qu’elle se mouvait gracieusement sur ces planches instables.

Un peu en retrait, une paire d’yeux céruléen observait l’ensemble de la scène, en silence. Ces habits ne laissaient aucun doute planer sur sa classe sociale, mais personne n’osa aller l’interroger ; D’une part parce qu’interpeler un individu d’un tel rang lorsque l’on est simple habitant de la ville ne se faisait pas – et n’était même pas autorisé, les condamnations pour outrage a la noblesse faisait bon train en ces temps-ci – et ensuite parce que le regard frigide mais apparemment attentif qu’il portait à la danseuse en effrayèrent plus d’un, qui préférèrent même le contourner plutôt que de passer devant lui et se risquer a le déranger. Chose fort peu probable puisque de part sa taille, il dominait l’entièreté des badauds passant à proximité.

Cette façon délicate et sincère qu’avait la bohémienne de se donner sans retenue en quelques féminines enjambées tout en esquivant adroitement les symboles de mauvais augure la rendait… particulière. Il n’aurait su expliquer pourquoi il était revenu sur ces lieux en ce jour ou on l’attendait pourtant au Château afin qu’il remplisse ses fonctions de Marquis, mais une alchimie inexplicable l’y avait poussé ; Et, tout lycan qu’il demeurait être, son instinct primait sur toute chose.

Adossée contre une bâtisse aux mûrs poussiéreux, les bras croisés, faisant fit des salissures qui pouvaient avoir l’audace de venir marquer les étoffes précieuses qu’il portait sur son dos, Denovan continuait d’observer tranquillement la danse d’Hallellujah, sans prêter une seule once d’attention aux manants alentours. Il n’y avait qu’elle qui comptait. Son frère n’aurait pas été sur scène que cela n’aurait rien changé à ses observations dépourvues de réflexions. Le temps paraissait stoppé lorsque ses orbes glacés se posaient sur elle. Pourtant, il ne l’a connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, et ne l’avait vu en tout et pour tout que la veille, dansant sur un tonneau recouvert de salissures. Alors par tout les saints – quelle ironie venant d’une bête rejetée par la sacralité – pourquoi s’était-il sentit presque obligé de remettre les pieds devant ce parvis ou les « traines misères », comme on les appelait communément dans la noblesse, pullulaient ? Il n’avait pas en sa possession la réponse a cette question.

Et toute la magie de l’instant, celle là même qui l’étreignait dans une catatonie certaine, s’évanouit toute entière dés lors ou les yeux d’argile de la demoiselle affrontèrent les siens, par pur hasard. La Terre contre le Ciel, voici ce qui peut résumer la confrontation silence mais pourtant bien réelle qui eut lieu rien qu’entre ces deux êtres. La danseuse ne s’arrêta pas de se donner en démonstration pour autant, bien que ses yeux restaient fixés sur l’homme de qui elle devinait être épier depuis bien longtemps autant que cela lui fut possible. Se dévissant le cou par moment, on aurait juré que son intérêt avait été enflammé tout à coup ; Et en un sens, ce n’était pas entièrement faux.

Denovan, quant a lui, sentit son échine être parcouru par ce qu’il qualifia de décharge électrique, lui intimant de quitter les lieux avant de se faire trop remarquer et d’attirer plus l’attention sur lui que ce n’était déjà le cas. Il obéit sans discuter outre mesure et se redressa hâtivement avant de disparaitre dans le manteau de chaire peuplant les différentes rues de la Capitale, prenant la direction du palais, sans regarder par-dessus son épaule, cette fois ci. Hallellujah en resta médusée malgré ses gestes restés fluides et aguicheurs par moment.
Cette nuit là, les deux personnages, le loup comme l’humaine, songèrent longtemps a ce qui s’était produit. Si l’envie du noble l’avait fait revenir devant Notre Dame – et le suppliait presque de réitérer cet acte alors qu’il essayait de se distraire en faisant tourner une pomme rouge dans sa main-, le cœur de la bohémienne avait presque fait un bon dans sa poitrine dés lors que son regard croisa l’océan captif dans celui de l’homme dont elle devina le rang sans aucun problème. Pourquoi ? Elle l’ignorait, mais jamais elle n’aurait osé demander une chose pareille a sa mère ou a son père, craignant bien trop les représailles par la suite. Alors, elle fit le silence autour d’elle et garda pour elle ce secret qui lui réchauffait tout le corps rien que d’y songer. Sa carapace était-elle en train de céder ? Peut-être.

Mais il n’y avait pas que la sienne, que cela soit bien clair.

Le jour suivant, encore une fois le De SaintLouis revint sur le territoire bohémien, bien mieux armé cela dit, cette fois – du moins le pensait-il. Une longue cape taillé à la va vite dans un rideau sur les épaules, son veston, aussi honorifique que militaire, se retrouvait dissimulé à la vu des passants, quels qu’ils soient. Certes, sa grande taille le faisait se distinguer encore un peu, et si l’on regardait au niveau du sol, ses bottes de cuir le trahissait, mais il se trouvait être déjà moins voyant que le jour précédent, ou il s’était aventurer en cet endroit sans la moindre préparation préalable.

Il gardait secret, ce genre de petite escapade récente, ne tenant pas a ce que cela s’ébruite et dans le monde de la noblesse, et parmi les siens. Ce serait laissé une porte ouverte a de multiples catastrophes par la suite et il ne désirait nullement provoquer autant de grabuge. Ce jour là il observât, en retrait derrière un étal marchand, les pas de danse de la donzelle, qui auraient dû être aussi élégants que ceux de la veille. Toutefois, ses sens de loups détectèrent une anomalie déplaisante. En effet, seul une créature de son genre pouvait le distinguer, mais parfois, la bohémienne lançait de furtifs regards a la foule, un sourire plein d’espoir peint sur son visage tandis qu’elle entamait un tour sur elle-même ; Et dés lors que son tournoiement était achevé, une micro-expression suintant la déception s’empressait de l’enlaidir aussitôt, le temps d’un battement de cil. Mais pour le noble qu’était le lycanthrope, c’était déjà trop. Il resta là longtemps, jusqu'à ce qu’il ne puisse plus justifier son absence à la Cour et soit contraint de faire demi-tour pour retrouver son « monde », laissant sa belle danseuse en arrière, le regrettant déjà amèrement a peine lui avait-il tourné le dos. Tout du long du chemin le ramenant a la noblesse auquel il appartenait, il réfléchissait a ce qui avait pu provoquer cet air peiné sur le visage de la jeune femme. Il ne trouva en revanche, aucune explication et cessa ses élucubrations sitôt la porte du lieu de vie du Roi passée. Tant pis, il aurait le temps d’y songer une fois prochaine.

Ce manège privé dura une dizaine de jours, se répétant inlassablement, comme les coups précis d’une horloge bien réglée. A chaque fois, le notable revêtait sa cape de fortune sur ses épaules et allait observer en retrait, la bohémienne enchainer les pas de danse. C’était presque devenu, non pas un rituel, mais au moins une habitude, que de venir en ce lieu ou seule la basse population était habituée a évoluer. Mais lui, le Grand Marquis de Saintlouis, savait faire la part des choses. Il se rendait sur ce parvis uniquement pour admirer les courbes affriolantes de l’étrangère, et rien de plus. Jamais il n’aurait songer un jour devoir intervenir en sa faveur, d’ailleurs.

Mais c’est pourtant très précisément ce qui poussa leurs deux destins à s’entrechoquer encore une fois.
Alors qu’il laissa ses yeux rirent, fixés sur l’unique vedette de cette estrade, il fut contraint de se rapprocher afin de mieux profiter du spectacle, étant donner que des artistes de rue tout autre que celle qui l’intéressait tout particulièrement avaient trouvé intelligent d’installer leur matériel juste devant lui, bouchant ainsi sa vue en plus de l’agacer. Mais il ne dit rien, ce contentant de se rapprocher seulement un petit peu, sans penser que ces quelques pas en direction de la bohème changerait le cours de sa vie a tout jamais.

En raison d’obligations nobles, il n’avait pu se libérer de l’enceinte du Palais avant la tombée du jour, ce qui l’avait prodigieusement asticoté bien qu’il n’en dit rien, ne souhaitant guère éveiller les soupçons quand a sa nouvelle « activité d’extérieur ». Une bourse remplie de louis d’or qu’il n’avait pas eu le temps de déposer dans ses appartements, il était donc parti en direction de Notre Dame, vêtu d’un manteau dérober a un habitant endormi sur le bas côté de la route. La fête battait son plein devant la célèbre cathédrale, si bien que le noble eut du mal a trouver une place qui lui conviendrait, en arrière. Aussi, obligé de se rapprocher un peu de la scène, le lycan déguisé tenta de se faire le plus discret possible. La bohémienne ne semblait pas l’avoir remarqué, ce qui était parfait. Il continuerait donc à agir de la sorte. Sauf que. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que malgré l’ambiance joviale régnant en impératrice ici bas, les fauteurs de troubles étaient également de la partie. Et son sang ne fit qu’un tour dans ses veines vibrantes alors qu’il vit une pierre – sans doute issue des nombreuses carrières érigées sur flan de scène – fondre sur la danseuse. Malgré tout le talent dont la nature l’avait gâtée, elle ne pourrait éviter ce projectile ci, il en était persuadé.

Tout paraissait réunit pour qu’elle soit blessée. Mais parmi la foule gesticulante, elle ignorait posséder un allié de premier choix.

Un second projectile s’insinuât dans les airs avec une précision et une rapidité troublante. Un éclat doré, imperceptible par la plupart des manants, attira tout de même sur lui le regard auburn de la fille des rues. Qu’était-ce donc que cela ? La réponse tomba en un chuintement métallique alors qu’il percutait la pierraille destinée a injuriée le corps de la danseuse, avant de retomber avec, au centre du chapeau posé a même le sol, un peu en avant de la scène, là ou les pièces des passants étaient récoltées. Et alors que sa muse s’approcha, curieuse de savoir ce qui l’avait tiré d’affaire, il vit ses yeux s’écarquiller en apercevant la pièce toute faite d’or, au milieu de ses consœurs plus petites. La seule erreur qu’aura fait le noble en cette soirée ci fut de ne pas remettre son avant bras droit sous le couvert de son étoffe pauvre immédiatement après avoir habilement lancé cette pièce avec son pouce pour contrecarrer les desseins sombre du saboteur, qui se trouvait encore quelques part parmi les simples humains ici présents. Ce geste venait de le trahir et il le savait parfaitement ; Aussi, n’attendant pas une seconde de plus, il rebroussa chemin vers son chez-lui, s’empressant d’emprunter la voie la plus courte, soit par le pont le plus proche. Il ne fit pas attention aux questions sur lesquelles s’extasiait la populace, préférant concentrer son attention sur la vitesse de ses pas que sur les racontars de ces gens qui n’appartenaient pas au même univers que lui. Pourtant, il y a une âme qui n’était pas décidé à la laisser fuir de la sorte.

Le déclic s’était fait.

Elle savait pertinemment que cette pierre allait lui faire mal. Jamais elle n’aurait eu le temps d’esquiver, et son frère ainé n’était pas assez près d’elle pour la préserver d’un tel mal. Dans sa tête, elle se préparait a encaisser la douleur, celle qui la rebutait tant. Mais rien ne vint, jamais. Et de ses yeux sombres, elle vit d’abord une vive lumière d’or qui mit fin, de par sa simple présence, a tout ce qui aurait pu lui arriver, avant même que cela ne commence. Hallellujah – et son frère également- s’était penchée au dessus du chapeau qui leur servait de réceptacle de paiement pour leurs numéros dans l’optique de comprendre un peu mieux ce qui s’était passé. C’est là qu’elle le vit, le louis d’or. Médusée, elle n’aurait pu l’être plus. Même si elle dansait rudement bien, pour elle, ses prouesses ne valaient pas la peine de dépenser tant d’argent ! La stupeur s’empara de son corps tout entier, au même titre que la foule danse qui louchait dangereusement sur son important gain. Toutefois, elle réfléchit suffisamment longtemps pour se faire une idée de la situation. Personne a des lieux à la ronde ne possédait pareille monnaie, ou alors si tel état le cas, ne prenait la peine de la lancer dans ce chapeau rapiécé de part et d’autres. Il eut fallut être un marchand très riche pour se permettre une fantaisie de cette sorte. Ou alors être noble. Et là, dans son esprit, tout s’arrêta.

Son regard s’arqua immédiatement, cherchant parmi son public, celui qu’elle soupçonnait capable d’une folie telle. Et elle le trouva en une poignée de secondes a peine puis que de sous sa cape dépassait une manche de veston, faite sans aucun doute avec les plus précieux matériau qui soit. Le doute lui était permit a présent et, tandis que son suspect venait de tenter de disparaitre dans les rues sombres de Paris – qu’elle connaissait en revanche comme sa poche -, elle sauta de sa scène et de la pièce d’or avant de partir sans demander a son frère et de rester là et de ne pas la suivre. Elle espérait qu’il accepterait de lui obéir, pour une fois. Mais ses pensées n’étaient pas dirigées vers son ainé en cet instant crucial de sa vie ; Il fallait qu’elle le rattrape et vite. Ses jambes commençaient a devenir douloureuses a force de courir si vite, et ses pieds nus étaient écorchés par les pavé mal encastré dans le sol de la Capitale. Mais elle n’en avait cure, ayant l’esprit trop occupé par son objectif tout personnel pour s’occuper de son corps et de ses blessures. Depuis combien de temps espérait-elle son retour parmi son public sans jamais le trouver du regard ? Trop longtemps a son gout. Tarder n’était pas un luxe qu’elle pouvait s’autoriser, aussi pressât-elle davantage le pas, puisant dans ses ultimes réserves de jeune femme.

Son acharnement la mena jusque sur un pont de Paris, vide de vie. Ou plutôt, sans une foule compacte pour en piétiné la surface. Il n’y avait qu’un seul être qui s’était aventuré au dessus de la Seine, hormis elle. Sa cape flottante dans son dos indiquait clairement de qui il s’agissait. Mue d’une nouvelle et fraîche motivation, Hallellujah reprit sa course, jusqu'à se retrouver a quelques mètres derrière celui a qui elle pensait régulièrement depuis le premier jour ou elle l’avait vu se distinguer au milieu des passants. Elle ignorait encore que les sens de celui qu’elle poursuivait avec une hargne non dissimulée avaient remarqués sa présence bien avant qu’elle s’annonce, et qu’il n’avait pas fuit sans trop savoir lui-même pourquoi. Et c’est dans la nuit tout juste arrivée de la ville que la bohémienne brisa le silence qui n’en était pas un, régnant jusque là entre lui et elle.
    « Permettez que je vous rende ceci ? » Dit-elle en tenant en évidence la louis d’or entre deux des doigts de sa main gauche.
Bien sur, elle savait qu’elle prenait des risques. Quiconque offusquait un noble – et Dieu savait a quel point ces créatures là étaient susceptibles !- se voyait au mieux pendu le lendemain, au pire torturer pendant de longues heures dans les cachots du palais royal, avant d’être rendu a moitié fou a sa vie d’antan. Malgré tout, la brune n’était pas du tout effrayée. Pas le moins du monde, même. Elle savait maitriser la langue française suffisamment pour que l’on daigne lui accorder un semblant d’intérêt. Pourtant sa lucidité extrême la poussait a ne rien espérer de trop intense en retour, car si elle se perdait sur le dérisoire chemin de l’espoir, elle savait d’avance qu’elle s’en retrouverait brisée si ses attentes n’étaient pas atteintes. Alors, un sourire sur ses lèvres charnues, elle attendait, se languissant de se qui allait se passer par la suite. Tout les scénarios possibles et imaginables lui étaient passés en tête ; Qu’il la gifle ou la tue immédiatement par noyade lui avait vaguement effleuré l’esprit, comme toutes les autres possibilités auxquelles elle avait réfléchit a la hâte tout en le poursuivant. Toute sauf une. L’immigrée n’avait pas pensé un instant qu’il prendrait la peine de se retourner après lui avoir répondu. Ce qu’il fit, pourtant.
    « Vous pouvez le garder, il est a vous. » répondit-il, sur un ton presque neutre, comme s’il ne voyait nul intérêt à lui adresser la parole de vive voix.
Ce qui était loin d’être le cas, paradoxalement. Il aurait voulu répondre de façon plus agressive, pour la faire fuir et … la protéger de lui-même, sans doute, mais il n’avait pu s’y résoudre. User de la violence contre cet ange délicat lui avait parut comme un blasphème fait au créateur. Ironique.

L’audace ayant fait de a bohémienne son pion, elle s’approcha alors de l’immense homme encapuchonné et, par une initiative folle, se saisit de la capuche qui ornait la tête de ce dernier et la fit basculer en arrière – devant pour se faire se mettre sur la pointe des pieds – dans le but de mieux discerner son visage. Et ce qu’elle vit la séduisit. Son sang vibra dans ses veines alors que le peu qu’elle pouvait distinguer du visage parfait de son bienfaiteur semblait l’hypnotisait. Elle voulut se taire sur les sensations qui envahissaient alors sans vergogne son corps de pure et chaste jeune fille, mais son visage permettait de lire en elle comme dans un livre ouvert. Le lycan le vit bien et ,gêné, détourna le regard. Pourquoi ? Encore une question a laquelle il n’avait pas réponse. Ou plutôt a laquelle il ne voulait pas répondre, ayant trop peur de la connaitre déjà, par la seule force de la déduction. La danseuse restait là, les deux mains jointes ramenées contre sa poitrine, le regard scintillant malgré l’obscurité et le sourire séducteur qui s’ignorait sur ses lèvres traduisaient sans mal son état d’esprit. Le silence s’était presque fait mais il fut secouer de nouveau par un seul mot échappé d’entre les lèvres de la demoiselle, de la façon la plus involontaire qui soit. Mais on ne pouvait espérer la blâmer toutefois, après tout il était si…
    « … beau. » laissât-elle s’échapper d’entre ses dents blanches, avant de réaliser l’entièreté de ses faits et de s’en mordre les lèvres presque a sang.

Elle marchait sur des œufs et le savait pertinemment. Prendre autant de risques était parfaitement inconsidéré, même pour elle. Mais le destin prit encore une tournure inattendue lorsque le notable lui répondit la même chose. Elle avait doublement rougit, d’une part parce qu’elle ne s’attendait pas a une telle déclaration mais en plus, venant d’un individu si haut placé, elle le prenait davantage que comme un compliment. Sa mauvaise manie a s’enflammer pour un rien refaisait brutalement surface, depuis qu’il avait prononcé ces simples mots : « …Merci… Vous aussi. »

Il avait toussé préalablement avant de se laisser aller a déblatérer une telle chose, ayant du mal a réalisé ce qu’il était en train de faire de son plein gré. Quelques rougeurs improbables s’étaient également établies sur ses pommettes, qu’heureusement la noirceur de la nuit masquait mieux que le meilleur des maquillages. Ainsi elle ne vit rien et s’était tant mieux ainsi. Mais Denovan reprit bien vite le contrôle de lui-même et, la chaleur de son visage se dissolvant petit à petit, il crut bon d’engager la conversation avec cette… fille des rues. Ne cherchant pas d’explication, il enclenchât le dialogue sur un sujet aléatoire et fut surprit de voir qu’elle le suivit dans sa démarche. Accoudés tout deux sur la rambarde du premier promontoire du pont, ils discutèrent une bonne partie de la nuit, jusqu'à ce que le plus clair de Paris soit endormi.

Puis, vint le moment ou Morphée vint se languir de la présence d’Hallellujah dans ses bras. Provoquant chez elle quelques bâillements, elle se redressa alors et salua le noble dont elle ignorait presque tout avant de commencer à rebrousser chemin, hâté de retrouver sa paillasse. Pourtant, quand bien même elle aurait du freiner sa gourmandise et se contenter de l’échange de parole qui avait précédé son initiative de rentrer chez elle, la brune n’avait put s’empêcher de dévoiler son identité a l’homme aux cheveux d’or solaire, la fatigue lui ayant fait oublier les règles de préséance et de respect pendant un court instant.
    « Hallellujah.
    -Plait-il ? répondit alors le lycanthrope, curieux de ce mot balancé a la vas vite.
    -C’est mon nom. Je m’appelle Hallellujah. » Terminât-elle, en souriant, avant de reprendre sa marche.

Mais elle était loin de se douter que l’échange ne se conclurait pas sur ces mots à elle. Le monstre répondit a son tour, après s’être éclaircit la voix ;
    « Denovan Elison de Saintlouis. C’est le mien. »
Et chacun fut satisfait. Hallellujah pouvait enfin mettre un nom sur le visage de celui qui hantait ses pensées les plus secrètes depuis prés de deux semaines, et Denovan quant à lui, possédait le nom majestueux de la sylphide ornant jusque ses rêves depuis peu. En tant d’années d’existence, le loup avait enfin l’impression de pouvoir gouter a un tout nouvel élixir ; Celui du désir. Mais pas n’importe lequel puisque celui-ci était teinté de sentiments clairs et obscurs à la fois.

Une envie le prit tout a coup alors qu’il interpela une nouvelle fois la bohémienne, qui s’était éloignée encore un peu plus, les bras se frictionnant les épaules a cause du vent frais qui commençait à faire valoir ses droits légitimes en cette saison.
    « Attendez !
    - Hum ? fit-elle, interloquée soudain.
    - Vous danseriez pour moi ? Je consens à vous céder un louis d’or à chacune des prestations que vous donnerez pour moi. Argumentât-il, sur de son fait.
    - Dites moi ou et quand et j’y réfléchirais se permit la demoiselle, un soupçon mutin dans ses paroles.
    - Ici, demain soir terminât le Noble
    - Bien, je vous dit peut-être à demain dans ce cas là, messire. » fit-elle avant de disparaitre au coin de la rue la plus proche.
Denovan sentit ses lèvres s’étirer en un fin sourire jusqu'à ce qu’il rentre chez lui. Le nom de sa danseuse lui avait enfin été révélé. Et, sans trop savoir pourquoi, il était comblé et s’endormit sans difficulté cette nuit là.


Comme convenu, le lendemain au soir, Hallellujah vint honorer la demande pour le moins singulière de cet homme noble, sans trop en attendre toutefois. Après tout, en appartenant a une classe sociale élevée, sans doute était-il sujet aux caprices et aux sautes d’humeurs, non ? Alors parvenir jusqu’au pont vide et ne pas le voir ne l’aurait pas étonnée plus que ça. L’espérance, lorsque l’on parle d’un rang pareil, n’est autre que chose dépourvue de sens. C’était bien connu, les âmes de la Cour du Roi n’étaient pas les plus honnêtes ; Loin de là. Aussi, quelle ne fut pas l’agréable surprise de distinguer, sur le promontoire ou elle se trouvait la veille avec lui, la silhouette fine mais élancée de celui qui rongeait ses droites pensées sans même en avoir conscience ! Un sourire tatoua ses lèvres, sincère et charmeur, bien que ce ne fut-ce guère le but premier.

Il l’a voit approché et sourit a son tour, bien que l’ombre projetée par sa capuche sur son visage empêche la bohémienne de distinguer clairement. Mais qu’importe, elle est ici pour se donner en spectacle privé pour cet individu, et tiendrait sa promesse qui n’y ressemblait pas. Seule elle pouvait comprendre l’étendue de ses mots et de leurs sens cachés. A peine se trouve-t-elle devant lui, si grand, qu’elle entame une belle révérence, qui lui sied bien mieux qu’à toutes les marquises et autres femmes notables pense le loup déguisé. Par après, une fois l’échange des salutations effectuées, la voici qui laisse ses pieds s’exprimer selon leur bon vouloir. A droite, à gauche, en arrière, en avant. Aucun mouvement n’ait jeté dans les griffes du hasard et tout est parfaitement bien contrôlé, jusqu’aux pointes que la demoiselle exécute avec brio, se donnant ainsi l’apparence d’un splendide cygne immaculée, voletant avec grâce au sein d’un zéphyr qui le clou au sol.

Les yeux de Denovan frémirent dés les premiers enchainements. La grâce de la bohème, ses courbes en elle-même… Tout le subjugue, l’hypnotise. Il l’a désire toute entière. Pour preuve, sa langue de prédateur ne cesse de caresser l’extérieur de ses lèvres, à la manière d’une bête infernale se préparant à savourer une âme égarée et innocente. Mais il sait se contenir et surtout, maîtriser l’avatar du Malin qui se trouve enfermé a l’intérieur de son corps d’apparence humaine. Hors de question qu’il l’a dévore, il a d’autres envies la concernant. Se laissant bercer nonchalamment par les chuchotements de la nuit, il fantasme déjà sur ses mains qui pourraient facilement glisser sur la peau de cette fille des rues ; Sur ses lèvres qu’il a la possibilité de posséder dés qu’il en aurait le désir ardent ; Et sur tant d’autres choses encore, ne se rendant pas compte immédiatement de la dérive que prenait le cours de ses pensées.

Il secoue la tête, elle termine sa danse, éreintée. Hallellujah dansa terriblement bien, sans doute plus pour elle-même que pour le Marquis, d’ailleurs. Mais elle ignore cet infime détail et personne ne sera jamais au courant de cette motivation secrète et inexplicable. La représentation s’achève sur les halètements de la jeune femme, épuisée. Le noble lui tends alors son paiement, en bon et dû forme. Elle sourit et le remercie chaleureusement, mettant sa pièce en lieu sur, puis ajoute une nouvelle révérence avant de filer, ravie que son admirateur lui donne de nouveau rendez vous le lendemain soir a la même place. Lui s’en retourne dans ses appartements, veillant a ne pas se faire remarquer, et s’endors rapidement tandis que son cœur commence a délier ses entraves de lui-même.

Ces retrouvailles fort peu conventionnelles perdurèrent pendant les trois semaines qui suivirent. Rien n’arrêtait les deux êtres qui se retrouvaient a leur lieu de rencontre par tout les temps. Nulle météo, si mauvaise est-elle pu être, n’aurait su les empêcher d’agir selon leurs désirs respectifs. Tant qu’ils se voyaient l’un l’autre, pour le moment cela leur suffisait. Pourquoi auraient-ils cherché davantage s’ils n’en voyaient pas l’intérêt, après tout.

Mais vint un soir ou l’affaire reçue du plomb dans l’aile. La bohémienne était venue avec hâte retrouvée le mystérieux noble à l’ endroit habituel, joliment vêtue d’une somptueuse robe cousue par ses soins. Pleine de joie et de patience, elle avait attendue, longuement, qu’il daigne se montrer devant elle. Mais jamais personne n’arriva jusqu'à elle. La jeune femme avait passé sa soirée seule, sur ce pont lugubre, sans danser une seule fois.

Ses yeux manifestèrent d’amers picotements alors qu’elle se retint de pleurer. Une part d’elle la sermonnait d’avoir trop rêver de cet homme dont elle ne savait rien, finalement. Mais l’autre moitié, en revanche, lui intimait de persister, et s’armer d’encore plus de patience et de réitérer ses venues sur ces pavé lavés par la pluie récente et surtout, de ne pas cultiver en son cœur la rancœur et sa jumelle rancune. Il ne fallait pas qu’elle se laisse abattre par ce coup de poignard du Destin. Forte de cette pensée, elle rentra auprès des siens et, secrètement, décida de suivre son propre conseil. Durant les quinze jours suivants, elle renouvela ses visites sur ce pont, passant toutes ces soirs – de plus en plus froids a cause de la mauvaise saison approchant – avec pour seule compagnie sa solitude et sa foi imperméable aux germes du doute. Malgré tout, vint un moment ou, dévorée par l’absence, bien qu’elle se l’était clairement interdit, Hallellujah se décida a agir d’une toute autre manière… En bonne tête brûlée qu’elle était parfaitement capable d’être lorsque son sang-froid la quittait trop longtemps.

En vérité, elle n’aurait jamais pu savoir d’elle-même que le Noble ne l’avait nullement oublié, mais qu’il avait été prit par une affaire des plus urgente. Son rang de Marquis lui permettait nombre de voyages exaltants – il apprit à nager parfaitement durant l’un d’eux – mais la contrepartie exigeait qu’il serve la Couronne sans réserve ni plainte aucune. C’était présentement ce qui s’était produit. A cause d’une révolte dans un hameau a l’est du pays, les cargaisons de marchandises en provenances des états voisins étaient bloquées aux frontières entre les deux pays. C’est pour cette stupide raison que Denovan fut dépêché immédiatement sur les lieux du désagrément, contre son gré, bien entendu. Oh, bien sur, il avait fulminé et tempêter a ce propos, ne comprenant pas pourquoi on l’envoyait lui spécifiquement alors que d’autres Marquis et Marquises se trouvaient être tout aussi compétents dans le domaine des négociations. Lorsqu’il apprit que les deux nobles de ce rang présentes au Palais étaient enceintes et ne pouvaient donc pas se permettre un tel voyage, le loup crut qu’il allait les étrangler l’une et l’autre. Parti une heure a peine après, il n’avait même pas pu prévenir sa danseuse qu’il ne serait pas présent sur le pont avant un certain temps. Le cocher ne consentit pas à attendre la soirée pour quitter la Capitale, et le notable n’eut d’autre choix que d’espérer pouvoir finir rapidement cette inutile mission pour revenir sur les terres de Paris au plus vite.

Cela lui prit en tout et pour tout un peu plus de deux semaines, en prenant en compte l’allée et le retour vers ce maudit village, abritant les malotrus qui l’avait privé de sa distraction particulière. Les négociations en elles-mêmes, ne prirent pas tant de temps que cela puisque la carrure imposante du Lycanthrope, assortie a son regard tout sauf sympathique, eurent tôt fait de convaincre les faux rebelles de se remettre au travail au pas de course ; Comme quoi certain animaux primitifs sentaient encore peut-être l’aura glaciale, propre aux lycans, qui fuyait dangereusement de l’enveloppe du de Saintlouis. Le travail achevé, il tardait a l’homme en question de retrouver son foyer mais surtout, sa bohémienne. Plus il songeait a elle, et moins son loyal raisonnement envers les paroles de son propre père parvenait a suivre le rythme. Aveugle aux changements qui le façonnaient, la créature de légende ne remarquait même pas qu’elle se transformait en un être, non pas plus doux, mais davantage compréhensif.

Mais le plus perturbant, ce qui marquât d’une pierre blanche la construction du faible équilibre logé entre la femme et le loup se produisit dés le retour de ce dernier dans ses appartements, au château du Roi. Fatigué, le Marquis avait fait prendre congé ses domestiques afin qu’il puisse profiter d’un peu de solitude salvatrice au plus vite. Seul entre ces murs magnifiquement décorés, il attendait et réfléchissait quelque peu a diverses choses, bien que le noyau de son esprit ne soit obnubilé que par le visage gracile d’Hallellujah. Depuis qu’il connaissait son nom, il ne cessait de se le répéter en boucle, comme s’il en avait besoin. Et cela l’effrayait quelque peu. Jamais ô grand jamais il n’avait été rendu dans un pareil état, et par une humaine qui plus est ! La lune, masquée par la présence de nuages hivernaux ne parvenait même pas a calmer les ardeurs de son fils aux allures de mortels.

Les yeux bleus du noble fixaient sans grande conviction les jardins royaux, vides de monde en cette heure avancée de la nuit, comme si un quelconque fantôme aurait pu l’aiguiller sur la marche a suivre. Étrange est le comportement d’un drogué, quémandant toujours plus de substance malgré le semblant de honte qu’il parait ressentir. C’était le cas de Denovan. Il savait que son géniteur n’autoriserait jamais une chose pareille, mais d’un autre côté, l’envie de lui faire ce qui lui chantait, en raison de son rang d’Alpha se faisait de plus en plus tentatrice. Finalement, s’appuyant sur son avant bras gauche, lui-même pressé contre la vitre froide, il y posa son front et essayât de mettre de l’ordre dans son capharnaüm de pensées fusantes. Sans succès, si bien que cet échec cuisant lui tira un grondement de contrariété, venu du fin fonds de sa gorge humaine ; Moins impressionnant que ceux qu’il pouvait faire des lors qu’il revêtait sa peau de loup, mais tout de même. S’il n’avait pas été l’unique être en ce lieu, sans doute aurait-il réussit a effrayé ses serviteurs.

Un verre d’absinthe pure dans son autre main, le monstre le porte jusqu'à ses lèvres, afin d’en avaler une gorgée qu’il espère efficace contre cet état qui ne lui ressemble guère. Mais rien à faire, aucune amélioration n’est observée et le De SaintLouis, en grand impatient qu’il a toujours été sur les bords, cède de nouveau a cette hargne bouillante sous sa peau et envoie valser le verre encore a moitié plein contre l’un des murs su fonds de son appartement, laissant le liquide se répandre sur la moquette, n’y accordant aucune importance. Haletant, il passe par après une main dans sa chevelure blonde, la renvoyant en arrière. Il ne parvient pas à s’expliquer lui-même les raisons d’un tel emportement. L’impression d’être envouter le gagne et…

On frappe soudainement à la porte. Dans un premier temps, le noble n’y prête aucune attention, préférant jouer la carte de l’ignorance. Toutefois, l’âme recluse derrière le morceau de bois soigné semble pour le moins acharnée et peu décidé a laisser l’animal en paix. Par trois fois les petits coups résonnent a l’intérieur de l’appartement, occasionnant un désagréable mal de tête à Denovan, qui finit par craquer et parvenir d’un pas lourd jusqu'à la porte qu’il voulait ouvrir avec le moins de délicatesse possible, histoire de faire comprendre au gêneur qu’il n’était pas le bienvenu dans l’immédiat. S’attendant donc a tomber nez a nez avec un coursier ou un serviteurs, le notable usa de son idée et fit coulisser la pièce boisée sans aucune douceur, la faisant percuter le mur le plus proche. Mais quelle ne fut pas sa surprise de découvrir une silhouette fine couverte d’une cape en lin sombre juste devant lui. Le Marquis mit un temps avant de réaliser qu’il s’agissait de sa danseuse – il fallut que celle-ci ôte le pan de tissu lui tombant sur le visage. Mais dés qu’il l’a vit, toute la pression reposant jusque là sur ses seules épaules parut s’être envolée, comme si elle n’avait même jamais exister.

Percutant tout de même la dangerosité de la situation, vif comme l’éclair, il ne répond pas au sourire de la belle mais se saisit d’elle par les épaules et l’attire a l’intérieur de son appartement avant d’en refermer la porte. L’adrénaline apparue a cause du stress dans ses veines lui fit dresser le duvet de ses bras et vibrer son échine. Posant de nouveau ses deux larges mains sur les clavicules de la jeune femme, il rouspéta quelque peu, l’angoisse se lisant parfaitement bien dans sa voix.
    « Mais pour l’amour du ciel que faites-vous donc ici Hallellujah ?!
    - Et vous alors ?! Voila plus de dix jours que je vous cherche, inquiète, pensant que vous ne vouliez plus me voir !
    - Mais je… Point du tout ! Vous n’y êtes pas j’avais des…
    - Des obligations de Marquis, oui, je le sais. Voici pourquoi j’ai mené mon enquête et que je suis là devant vous.
    - Comment ?
    - Oh, vous seriez surpris de savoir tout ce que l’on peut apprendre dans la rue. Et puis il n’est pas très compliqué d’entrer dans le Château, a condition de savoir s’y prendre bien sur. »
Le fils de Lune fut ému par ce discours sans structure de la sylphide. Alors, pendant tout le temps ou il n’avait pas pu se rendre sur le pont, elle l’avait attendu sans relâche, malgré la fraicheur de la nouvelle saison arrivante ? Pire encore, elle avait mener des recherches sur son compte dans le but de le retrouver par elle-même ! Mais pourquoi donc ? En vérité, les motivations de la jeune femme n’intéressaient pas le lycan qui, pour l’heure, se sentait comme le plus heureux des hommes.

La bohémienne continuait de le sermonner gentiment mais elle ne put continuer bien longtemps puisqu’il se penchât sans crier gare vers elle et l’embrassa tendrement. Surprise, elle ne pouvait l’être plus. Mais d’un autre côté, elle seule savait a quel point elle attendait cet instant depuis la première fois ou elle avait vu cet homme dans la foule de ses admirateurs. Sans réfléchir davantage, l’immigrée répondit au baiser et passa ses bras autour du cou de celui qui se trouvait alors avec elle.

Emportés par l’ivresse des retrouvailles, saupoudrée par l’alcool du manque, les deux âmes s’abandonnèrent l’une a l’autre cette nuit là. Une fusion s’était alors établie entre eux. Mélange de sang et d’amour, de peur et d’envie, de terre et lave, leur union aussi somptueuse que parfaite aurait pu faire rougir le soleil lui-même. Denovan accordait une liberté illimitée à ses mains délivrant de douces caresses sur la peau de la bohème, qui se blottissait toujours plus contre le Noble a mesure que son désir l’invitait à le laisser prendre possession de son corps tout entier. La magie de cette nuit embruma leurs esprits respectifs au point qu’ils en avaient oublié tout ce qui pouvait les entourer. Seul l’autre comptait.

Les gouttes de sueurs servant d’encre à la rédaction de leur fraîche relation tombèrent sur les pages vierges de l’ouvrage du Destin tandis qu’au dehors, les tous premiers flocons de l’hiver commençaient à tomber sur les toits de Paris.

Contrairement a ce que l’étique aurait pu être en droit d’exiger d’eux, le loup et l’humaine se revirent encore plus fréquemment, par la suite. Leurs épousailles charnelles avaient créé un lien entre eux, lien qu’ils voulaient pus que tout préserver, chérir et voir croitre de plus en plus, autant l’un que l’autre.

Pour protéger leur alibi commun, Hallellujah revenait toujours avec un louis d’or, chaque soir, auprès des siens, sous les rues de la Capitale. Tous ignoraient d’où provenait ces sommes exorbitantes et elle s’en tint à une version unique : Un homme la rémunérait pour qu’elle danse devant lui avant de partir et de li laisser ces pièces chaque soir. En soit ce n’était pas réellement un mensonge, simplement une vérité maquillée, qui ne laissait rien voir par delà son masque. Ses proches ne voyaient pas d’inconvénients à cela tant qu’elle ne se prostituait pas bien entendu, ce qui était hors de question pour la jeune femme. Elle tenait bien trop au simple fait de n’ouvrir son jardin qu’a Denovan seulement pour faire l’erreur d’y inviter quelqu’un d’autre.

Régulièrement, elle s’infiltrait au sein du Château, avec la discrétion et la grâce d’un félin – le tout acquis par ses qualités d’artiste des rues- et allait retrouver le Noble, devenu a son sens son amant, afin de partager un instant intime avec lui. Chaque embrassades la faisait s’immerger sous une vague de bonheur. Elle était heureuse, tellement heureuse. Et amoureuse. Ce haut fait, que bien des bohémiens auraient rêvé d’emporter dans leurs tombes se vit décrocher par un notable de la Haute Cour. Toutes les fois ou elle se donnait sans réserve à cet homme, Hallellujah avait la sensation que c’était la première. Il était entré sans rencontrer de résistance a l’intérieur de ses grâces et en profitait comme il lui était permit. Elle l’aimait plus que tout au monde. Comme si un phénix lui dévorait le cœur, la bohème se laissait tomber dans les flammes de la passion, qui devinrent rapidement sa nouvelle raison d’être. Auparavant dépendante de la danse, c’était maintenant du contact du Notable qu’elle le sentait le mieux et… reprenait gout a la vie. Il n’y a que deux élixir pouvant combler une plaie encore fumante, le temps et l’amour. La perte successive de son père et de sa grand-mère, bien que ce fut arrivé deux ans auparavant, n’avait jamais laissé les sentiments de la jeune femme en paix et la douleur était toujours présente. Mais auprès de lui, de ce mystérieux et beau jeune homme, la brune sentait s’éteindre cette détestable sensation. Rien n’aurait pu la combler d’avantage.

De son côté, depuis qu’avait débuté officiellement leur relation, plusieurs semaines auparavant, Denovan lui aussi voyait désormais les choses différemment. Tombé allégrement dans les filets d’amour de cette humaine, il n’en ressentait pas moins les effets de ce nectar sur son être. L’optimisme le gagnait et il s’imaginait déjà a la tête d’une famille avec de nombreux enfants, dont la mère ne serait autre qu’Hallellujah, la belle et splendide nymphe mortelle. Toutefois, avant de parvenir jusque là, encore fallait-il qu’il lui avoue ce qu’il était réellement, à savoir une progéniture maudite depuis son premier souffle ; Un avatar de Satan, une bête de contes pou enfants. Ne sachant comment aborder la chose, il reculait a chaque fois l’échéance, n’ignorant pas non plus qu’il lui faudrait bien, un jour, tout dire a son amour ultime, sous peine de la perdre dans les bras de Chronos et de son maudit sablier. Car si lui était immunisé contre l’empreinte du temps, elle non. Tout le problème était là.

C’est ainsi qu’un soir, après une nuit agitée de leurs souffles entremêlés, le de Saintlouis fut tiré de son sommeil pesant alors qu’il ne sentait plus la douceur apaisante d’Hallellujah tout contre lui. Cherchant sa danseuse du regard, il ne mit pas plus d’une seconde pour la découvrir debout dans la fenêtre de l’appartement donnant sur les roseraies du Roi. La lune, exceptionnellement présente en cette moitié du mois de Février, couvrait de ses rayons le corps de la belle d’un voile de pureté, comme si elle l’acceptait comme sa fille. A cette pensée, le lycan fut prit de l’envie folle de transformer cette jeune femme en louve, tout comme lui. Entant que sang pur, rien ne lui était plus facile que d’infecter de son poison les veines de son aimée. Mais il refoula cette pensée égoïste immédiatement ; Il n’avait pas le droit. Ce n’était pas en fonction des ordres de son père qu’il pensait ainsi, mais surtout pour la bohème et sa famille a elle. Denovan ne se serait pas senti capable de la séparée de sa famille sans qu’elle ne soit d’accord au préalable. Devenir comme lui signifiait entrer de plein pied dans les draps de l’éternité ; Ce n’était pas une décision à prendre a la légère, donc.


Commençant a être rongé par le remord qui pourtant le motiva d’autant plus a faire la lumière sur son espèce auprès de celle qu’il espérait garder prés de lui le plus longtemps possible, Denovan se leva donc, dans le plus simple appareil de la nudité que lui autorisait l’obscurité des lieux et vint entourer sa belle de ses bras puissants et chauds, l’enlaçant avec amour. Le calme régnait et aucun des deux ne prononça une parole pendant plusieurs longues minutes. Hallellujah souriait d’être ainsi embastillée dans les bras de son aimé et appliqua ses propres mains sur ces derniers, envahie par une joie sans nom. Puis, il se décida enfin a briser quelque peu cette harmonie, non sans avoir déposé juste avant, un doux baiser sur la peau tréssaillante du cou de sa compagne. Il l’a sentit rougir mais n’en fit pas cas, sachant pertinemment qu’elle adorait lorsqu’il agissait de la sorte.
    « Il faudra… Que je te dise quelque chose, demain soir. »
Nouveau baiser, sur la joue cette fois cependant et il desserra son étreinte avant de retourner se coucher, paisiblement. Il avait arrêté une date et devrait maintenant s’y tenir. Son honneur était presque en jeu, après tout. La bohémienne quant a elle, fut intriguée plus par le comportement de l’homme dont elle partageait le lit en cette soirée que par ses mots. Curieuse, mais sentant également poindre le retour de la fatigue sur son corps encore engourdi, elle ne tarda pas à aller le rejoindre entre les draps, se blottissant contre lui et son agréable chaleur.



Le lendemain arriva bien plus vite que le Noble n’aurait su l’imaginer ; Pour son plus grand malheurs, d’ailleurs. Il allait devoir jouer franc jeu s’il ne voulait pas risquer de perdre les faveurs de la belle bohémienne. Lui ayant donné rendez-vous en marge du palais, a l’orée de la forêt, c’est en catimini qu’il l’y emmena, non sans s’être recouvert de sa sempiternelle cape mal découpée. Entre ses phalanges non liées à celles de la jeune fille se trouvait l’anse d’un sac à bandoulière contenant une tenue de rechange. Lorsque la brune l’avait interrogé sur le pourquoi d’une telle chose, Denovan lui avait simplement répondu qu’elle devrait être patiente et attendre, car c’était entièrement lié à l’aveu qu’il se préparait à lui faire. La nuit était déjà tombée depuis une heure ou deux, aussi les bois étaient forts sombres, ce qui obligeât Hallellujah à se cramponner fermement à la main de son amant pour ne pas risquer une mauvaise chute dans un endroit pareil, si lugubre.

S’arrêtant à hauteur d’une petite plaine entourée d’arbre, le Marquis dit à sa compagne d’attendre ici, précisant qu’il allait revenir. Partant après l’avoir embrassé et murmuré un sensuel « Je t’aime » a l’oreille, il s’éloigna de plusieurs centaines de mètres, afin de pouvoir contrôler parfaitement la bête en lui et ne pas risquer de blesser celle qu’il aimait. Seulement, il n’avait pas prévu une chose ; La présence en ces lieux de l’un de ses congénères.

Merci au vent qui venait tout juste de tourner, ramenant jusqu'à l’odorat du De SaintLouis une odeur autre que la sienne ou celle de sa bohème. Si lui pouvait être inoffensif avec elle, ce n’était sans doute pas le cas de l’autre loup. Vite, ne prenant pas la peine de se dévêtir, il laissa le venin de son espèce prendre le dessus sur la forme humaine et retomba lourdement sur ses pattes, prêt à démanteler le premier Lycan qui osera s’approcher trop prés de la femme des rues. Un mugissement sourd secoua son poitrail alors qu’il revenait sur les pas qu’il avait faits sous son apparence d’être humain.

Ses oreilles ayant capté un brouhaha sourd, Hallellujah s’était avancée d’un pas seulement vers la direction ou avait disparu Denovan. La lune l’éclairait, elle et un petit périmètre. Mais c’était d’autant plus angoissant qu’au delà de la lumière lunaire, elle ne distinguait plus rien. Tout à coup, une respiration lui parvint, forte et sinistre.
    « …Denovan ? » osât-elle, les deux mains jointes ramenées contre sa poitrine.
Mais aucune réponse ne lui fut retournée, si ce n’est un son pour le moins singulier, comme si un taureau s’approchait d’elle. Au contraire d’un taureau cependant, cette créature ci avait des crocs parfaitement alignés et un regard de braise. Elle se figeât sur place, croyant revivre l’un de ses plus mauvais souvenirs. Toute sa silhouette tremblait alors que l’animal s’extrayait de l’obscurité, son pelage de ténèbres n’aidant en rien à se faire une idée précise de sa taille. Paniquée, Hallellujah voulu fuir, mais une branche cachée par quelques feuilles la fit trébucher et s’ouvrir la paume de sa main droite sur quelques centimètres. Il n’en fallut guère plus pour que le chien de Lucifer fonde sur elle, toutes dents dehors. Du moins, c’est ce qu’il pensait, car l’allié de la belle n’était pas loin.

La plus sombre des deux bêtes n’avait pu sentir la présence de Denovan a cause de la trajectoire des vents, toujours changeantes en ce milieu forestier. Se plaçant au dessus de sa belle, les pattes arquées et les muscles bandés, le Lycan clair était bien précis quant à ses attentes vis-à-vis de son « camarade » ; S’il repartait immédiatement, il ne le poursuivrait pas. Mais l’autre ne l’entendit pas de cette oreille, il voulait dévorer cette humaine dont la peur rendait l’odeur encore plus exquise, et pour se faire il n’hésiterait pas à se mesurer a son protecteur.

Grave erreur qui fut commise alors. Le noiraud chargeât avec toute sa puissance, bien vite imité par son confrère et le combat commença immédiatement. La bohémienne se cacha derrière une souche d’arbre, observant tout de même ce qu’il se passait devant elle. Croyant rêver, elle tentât vaille que vaille de secouer la tête pour recouvrer ses esprits, mais rien n’y fit. Car ceci était bel et bien la réalité.

Les deux bêtes grondaient, martelaient le sol de leurs coups de pattes et n’avaient de cesse de se mordre l’une l’autre, a chaque fois plus fortement que précédemment. L’affrontement opposait deux êtres de forces égales, le combat n’était donc pas gagné d’avance ni pour l’un, ni pour l’autre. Il fallut que le plus clair aille puiser dans toutes ses réserves et forces pour venir a bout de son hargneux adversaire. Il y parvint après de longues heures de lutte sans merci et ne put se tenir correctement sur ses pattes par la suite. Le vaincu mit en déroute, Denovan reprit sans bien s’en rendre compte son apparence humaine et s’avança vers Hallellujah en titubant. Epuisé, il finit par se laisser tomber et choir a même l’herbe fraiche du sous-bois, a moitié conscient.

Bien sur, la bohémienne aurait très bien pu s’enfuir a toutes jambes et dénoncer celui qui avait été jusque là son amant aux autorités compétentes ; Mais non. D’abord captive des filets d’un sentiment se situant à mi chemin entre la curiosité et l’anxiété, elle finit par s’approcher lentement, à pas de velours, vers le corps nu de Denovan.

Couvert de blessures, il avait perdu beaucoup de sang et se trouvait donc être très faible. Ne pouvant le soulever avec ses faibles bras d’humaine, la brune ôta tout de même son étoffe lui servant de cape et en recouvrit celui qu’elle pensait être un homme ordinaire jusqu’alors. Évidemment qu’elle avait peur, mais l’honnêteté du Noble l’avait touché droit au cœur. Il n’était en rien obligé de lui dévoiler cette partie de lui ; Pourtant il l’avait fait. Et ce qui venait de se dérouler sous les yeux d’argile de la jeune femme avait suffit à lui faire comprendre que même ainsi il ne lui ferait jamais le moindre mal, pas comme les créatures qu’elle avait croisé dans les forêts Prussiennes, deux ans auparavant. Denovan lui, était bien différent. Et c’est bien pour cela qu’elle l’aima d’autant plus fort ce soir là.

Elle attendit qu’il puisse se tenir convenablement sur ses deux jambes pour le raccompagner jusqu'à ses appartements, au palais, dans la plus grande discrétion possible. Une fois le duo parvenu en sécurité, Hallellujah soigna elle-même les abondantes blessures de son homme. C’était sans doute inutile, vu que certaines des marques de dents laissées par l’autre Lycanthropes commençaient déjà à se refermer toutes seules, mais malgré tout, la bohémienne y tenait. Alors, le loup s’endormit tandis que sa compagne pansait ses plaies.

Les mois passèrent vite, encore une fois, sur les formes imprécises des divinités du temps, et la relation entre le monstre et sa belle était arrivée à son paroxysme. Devenus proches comme jamais ils ne l’avaient été avec personne, ils se fréquentaient de plus en plus, allant même jusqu'à braver les frontières de la folie. Ce petit jeu leur plaisait, a tout les deux. Le De SaintLouis ayant détaillé son appartenance a la race des loups à Hallellujah, la confiance aveugle qu’elle mettait en lui ne semblait pas avoir de limite. Mais une chose la tracassait, en revanche. Désormais au courant des détails qui concernaient son amour, la bohémienne ne put s’empêcher, un jour ou elle était blottit contre son torse dénudé, de l’interroger dans l’optique de calmer ses angoissantes craintes.
    « Denovan…
    -Oui ?
    -Est-ce qu’il… Enfin je veux dire… Existe-t-il un moyen pour devenir comme toi ? »
Par « comme toi », la belle entendait jouir de la même puissance, mais également d’une identique immortalité. La simple idée que la vieillesse l’empêche de vivre aux côtés de celui qu’elle aimait de toute son âme la terrorisait. Denovan, quant à lui, avait longtemps redouté cette demande. Mais au pied du mur, il lui était compliqué de répondre par une pirouette et de changer aussitôt de sujet. Il connaissait bien la fille des rues maintenant et savait pertinemment que lorsqu’elle avait une idée en tête, la lui faire retirer relevait presque de l’exploit. Prenant une grande inspiration, gonflant ses poumons des fragrances qui hantaient alors la pièce qu’était sa chambre, il répondit ;
    « Oui. Il existe une telle chose, en effet.
    -Laquelle est-elle ? Renchérit immédiatement l’humaine prés de lui.
    - Et bien… Il faut qu’un sang-pur ou un mordu te morde pour que tu deviennes l’une des nôtres. Mais il n’y a pas de retour en arrière possible, en revanche. Tous les êtres que tu as pu aimer, s’ils ne sont qu’humains, finiront par disparaitre alors que tu resteras jeune et belle pour l’éternité.
    -Hum… Je vais y réfléchir alors.
    -Ha..Hallellujah ?!
    -Tu a bien compris ce que j’ai dis.
    - Mais, et ta famill…
    -Tant que je suis heureuse ils le seront pour moi aussi.
    -Sans doute… Mais prends tout de même tout ton temps, mon amour. Je ne veux te forcer à rien.
    -Je le sais. Oh oui je le sais parfaitement. »Terminât-elle en souriant avant d’embrasser Denovan pour ne pas risquer de briser la magie de l’instant.
Encore une fois ils s’offrirent l’un à l’autre par la suite



Dernière édition par Mezariel D.de SaintLouis le Dim 26 Aoû - 0:01, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé   Ven 27 Juil - 16:28

Ma zweie ra irs manaf chyet oz omnis
►For I want to continue my life until the very end◄
Car je veux poursuivre ma vie jusqu’à sa toute fin


    « Je suis amoureuse d’un Noble, et j’attends un enfant de lui, si je ne fais pas erreur. »
Elle avait prononcé ces quelques mots d’une traite, sans jamais faillir ou bégayer malgré l’angoisse qui papillonnait a l’intérieur de ses entrailles, faisant trembler ses mains qu’elle espérait conserver le plus calmes possible en les appuyant l'une sur l’autre au dessus de ses genoux.

Dans la roulotte ou elle vivait avec les autres deux seuls autres membres de sa famille de sang encore en vie, Hallellujah guettait leurs réactions, qu’elle craignait violentes. Sa mère et son frère la regardaient, tout deux avec des yeux ronds comme des soucoupes, les mâchoires leurs tombant tout à coup. Sans doute avaient-ils mal ouïe ce que la plus jeune, alors en face d’eux, venait de leur dire ! Ce ne pouvait pas être possible ! Depuis quand un Notable de la Cour s’intéressait a une bohémienne, mais en plus de ça, la mettait enceinte ?! C’était insensé !
Mais Lino comme sa génitrice fut bien forcé d’admettre que les petites rondeurs qu’il vit sur le ventre de sa cadette lorsque celle-ci releva sa robe de toile jusqu'à ce niveau, n’étaient pas le fruit de son imagination ou d’hallucinations causées par Dieu sait quoi. Sa sœur ne devait pas, en revanche, être au courant de ceci depuis longtemps, car on discernait à peine les courbes de la future petite vie à naître. Un silence pesant s’installa alors entre les fragiles murs de bois de la carriole, alors que la jeune femme se tenait prête à essuyer toutes éventuelles représailles. Elle était parfaitement au courant de ce que pensaient les bohémiens des nobles, et vice versa. Aussi, cette grossesse ressemblait fort à une trahison envers les siens, a son sens. Mais que ce soit le cas ou non, dés l’instant ou elle avait identifié ce qui clochait chez elle depuis quelques temps, il lui était impensable de supprimer ce qui grandissait en elle, ou même de l’abandonner. Elle l’aimait déjà d’un amour fusionnel, son enfant. Pour lui, elle aurait même accepté d’être rejetée du clan des bohèmes.

Son frère se leva alors de sa chaise, s’alluma le contenu de sa pipe usée et s’avança vers elle, le poing serré. Hallellujah ferma les yeux a son approche, persuadée qu’un coup bien senti allait lu atterrir quelques part. Par réflexe, elle ramena ses bras devant son ventre, pour protéger son occupant, au cas où.

Mais son imagination lui avait simplement joué un tour, car s’il est vrai que Lino leva sa main en l’air, ce ne fut que pour mieux caresser doucement la chevelure de sa petite sœur. Il sourit, amusé de voir a quelle point elle pouvait le craindre alors qu’il n’y avait aucune raison a cela. Entourant par la suite la jeune femme de ses bras musclés, lui-même qui était devenu père peu de temps auparavant lui assura qu’elle n’avait pas à être terrorisée, car tout se passerait bien. En vers et contre tout, sa mère et lui serait avec elle, pour la soutenir au mieux. Après tout, cet enfant, aussi petit soit-il, était déjà un membre de leur famille ; Et il ne pouvait décemment pas exclure un individu de leur sang, surtout lorsque celui-ci était innocent et pur, comme toutes les vies attendues par leurs proches.

Rassurée, la future mère laissa alors glisser ses doigts sur les rondeurs nouvelles de son bas-ventre, les caressant tendrement. Quelques larmes de joies coulèrent bientôt de ses beaux yeux et sa mère vint se joindre à l’embrassade familiale, félicitant sa fille chérie jusqu'à commencer à manquer de souffle. Toutefois, cette dame n’était pas sotte et devinait que le plus dur pour Hallellujah restait à faire. Du moins, elle le supposait si fort qu’elle ne pu s’empêcher de lui poser directement la question, afin d’en avoir le cœur net.
    « Ma fille, dis-moi, tu as annoncé ce que tu viens de nous dire au père de cet enfant ?
    -… Non. Mais je compte le faire !
    - Dépêche-toi alors, avant que le petit ne soit venu au monde.
    -Oui Maman… »
La suite de la journée se déroula dans une ambiance des plus festives. Il fallait démontrer à la demoiselle qu’elle n’était pas seule au monde et que quoi que décide le géniteur de ce gamin, ils ne la rejetteraient pas. S’il l’épousait pour faire d’elle une noble dans les règle de l’art, tant mieux pour elle, Eliade ne s’y opposerait pas et elle savait que son fils partageait cette façon de voir les choses avec elle ; Devenir la femme d’un Notable revenait a changer son niveau de vie et ses habitudes, mais elle serait probablement bien mieux, au chaud, dans un appartement luxueux au château de sa Majesté, que dans les catacombes de Paris, c’était certain. Mais comme elle venait de le sous entendre dans ces brèves paroles, si l’homme qui avait engrossé sa fille ne reconnaissait pas la petite vie qu’il avait lui-même semé dans les entrailles de cette dernière, et bien qu’il aille au diable ! Et l’enfant restera avec eux, dans un monde ou la solidarité et l’esprit de famille existe plus que nulle part ailleurs, et prime sur bien des choses.

Le lendemain, Hallellujah s’en alla voir Denovan. Ou plutôt, elle s’arrangeât pour pénétrer dans les appartements de celui-ci, y déposa une lettre et repartit aussitôt. En quelques lignes, elle lui avait donné rendez-vous dans un petit parc en bordure de la Capitale, qu’elle connaissait bien. Toujours désert après que les cloches ai sonné six heures du soir, ce lieu était idéal pour l’aveu qu’elle avait à faire devant la créature légendaire que son cœur avait choisit. En chemin, elle passa devant le pont ou elle avait osé aborder le Noble pour la toute première fois de sa vie. Une multitude de souvenirs envahis alors son âme, qui parut presque vibrer de bonheur. Du chemin avait été fait depuis lors, et elle en était plus qu’heureuse.

La fin d’après-midi venue, elle s’était assise a même le sol, en tailleur, depuis bien longtemps déjà. Si elle avait prit autant d’avance, c’était parfaitement volontaire et nullement irréfléchi. Ces heures cumulées lui avaient permit de se remettre en question mais aussi et surtout de songer sérieusement à devenir ou non une esclave de la Lune. Elle avait tût ce lourd secret que lui avait confié Denovan auprès de ses proches ; Elle ne pouvait pas se permettre de tout leur dire non plus, c’était une chose entre elle et lui seulement. Après tout, ils n’avaient pas besoin de savoir ça. Comme attendu, l’homme arriva à son tour dans le petit parc en retrait et s’avança sans aucune hésitation vers sa bien aimée, inquiet. Posant un genou à terre et lui prenant une main alors qu’elle tressait ses cheveux bruns, il lui lança un regard plein d’incertitude. Bientôt, sous l’effet du stress, ses lèvres ne tardèrent pas à se mouvoir, afin de quémander une explication.
    « Hallellujah ? Que se passe t-il à la fin ? Je me suis fais un sang d’encre en voyant ta missive !
    -Denovan, j’ai choisis. Répondit-elle de but en blanc, sans pour autant oser croiser ses yeux bleus toutefois. Il reprit alors.
    -Choisis ?
    -Oui, je veux devenir comme toi. Mais avant toute chose … Elle ne laissa pas le temps a son amour d’appréhender ce qu’elle venait de lui annoncer qu’elle emmena la main que ce dernier avait poser sur l’une des siennes sous le tissu de sa robe et la fit glisser sur son bas ventre, en un miniature ballet d’aller-retour. Enfin, elle enchainât … J’aimerais que tu me laisse le temps d’accoucher, je ne voudrais pas risquer de le blesser avec ton venin. » Conclut-elle, laissant le lycanthrope complètement abasourdi, la bouche ouverte.
Lorsqu’enfin le De SaintLouis pu reprendre possession de ses moyens, instamment il sourit et se redressa avant d’entamer une splendide révérence devant sa douce muse. Par après, s’éclaircissant la voix, il tendit une main vers elle en se courbant et lui demanda sous les étoiles :
    « Veux-tu m’épouser, Hallellujah ? »
Si jusque là elle était restée dans l’incompréhension de tous ces gestes soudain, la bohémienne ne put retenir ses larmes et sourire à son tour a celui qu’elle aimait. Se saisissant de sa main à lui, elle se remit à son tour sur ses jambes et l’embrassa avant de répondre un « oui » décisif. Le loup l’enlaça, se trouvant chanceux et le plus heureux des hommes tout à coup. Il allait avoir un enfant… Jamais il n’aurait pu le croire si on lui avait annoncé ça, un an auparavant. Lui qui n’était pas être attiré par la perspective d’une famille se retrouvait propulsé au rôle le plus important au sein d’un foyer. Et il ne trouva rien à redire, a par cette demande en mariage. Sur un coup de tête ? Probablement, mais cela importait peu. Il voulait qu’elle porte son nom, qu’elle donne naissance a leur premier enfant, qui, il l’espérait, serait le premier d’une grande fratrie, a l’image de la sienne, lui qui avait deux frères et une sœur. Tout ceci, il le désirait profondément et ne laisserait rien lui enlever ce tout nouveau rêve qui s’offrait gracieusement à lui. C’était bel et bien l’expression de sa volonté pure et ses convictions n’auraient admis aucune dérogation, quelles qu’elles fussent.

Mais pour le jeune couple, une étape restait à franchir avant de pouvoir profiter pleinement de leur concubinage. Il fallait impérativement que les parents du Lycan soient avertis de l’entrer dans la famille d’Hallellujah, amenée à devenir une des leurs par la suite. En réalité, la meute des De SaintLouis toute entière devait être convoquée afin de délibéré convenablement ; Mais ne voulant pas effrayer plus que nécessaire celle qu’il voyait déjà comme sa futur épouse, Denovan ne dit rien de plus, hormis le fait qu’elle devrait rencontrer les autres membres de sa famille a lui. Possédant le rang d’Alpha, le blond se croyait invulnérable, même face aux créatures du même sang que lui. Plus tard, une fois rentré chez lui et Hallellujah auprès de ses proches, il fit parvenir à son père une missive, demandant une réunion de meute au plus vite.

Sans bien comprendre, mais ne s’y opposant pas pour autant, son géniteur fixa une date deux mois plus tard, dans l’enceinte de la demeure familiale, dans les faubourgs de Paris. En recevant cette réponse, Denovan ne put s’empêcher de déglutir quelque peu. Non pas qu’il se sentait effrayé outre mesure, mais le fait de ne plus pouvoir revenir sur ces pas à présent lui faisait l’effet d’une boule dans la gorge. Détestable sensation qu’il s’efforça pourtant de supporter jusqu'à l’avènement du jour dit.

Plus les jours s’écoulaient paisiblement et plus le ventre d’Hallellujah lui arrondissait son profil. Il fallut que les amoureux commencent à chercher quelques idées pour le prénom de leur enfant à venir. Bien des propositions furent faites, tant par le père que par la mère. La famille de cette dernière participa également, indirectement, en suggérant quelques noms de chez eux à la future mère lorsqu’elle rentrait auprès d’eux, le soir. Le choix masculin revint tout naturellement à Monsieur qui déclara, s’il avait un fils, vouloir l’appeler Emmanuel. Madame tentât aussi sa chance, mais le destin fit en sorte que même en argumentant de ce côté-ci, il fallut que seul un nom de fille lui soit permit de retenir.
    « Mezariel… Fit-elle, songeuse, alors que les bras se son homme l’enlaçaient tendrement.
    - Comment ? Répondit Denovan, qui pensait ne pas avoir bien comprit ce qu’il venait d’entendre.
    - J’aimerais l’appeler Mezariel. Surenchérit-elle
    - Mais, c’est un prénom de fille enfin !
    - Vraiment ? J’ai entendu un slave se faire appeler de la sorte, et vu sa carrure, soit les femmes de son pays sont des géantes, soit il était bel et bien un homme ! fit-elle en riant de bon cœur.
    - Peut-être, mais je maintiens qu’ici en France, cette sonorité intime à la féminité ! Se défendit le loup, pour rentrer faussement dans le jeu de son amante.
    - Raaah… Bon et bien d’accord, le bébé ne s’appellera Mezariel que s’il s’agit d’une fille alors… concéda vite Hallellujah qui n’avait guère envie de débattre plus avant.[i] Au moins, elle aurait essayé. Après tout, ce qui comptait réellement, c’était l’amour que les deux parents donneraient à la petite vie dont le terme de gestation approchait de plus en plus, et rien d’autre.
Quelle était belle, l’incertitude.
C’est avec les derniers vents chauds du mois d’Août que la réunion des De SaintLouis prit fermement pied dans l’enceinte de l’immense propriété de famille, endroit ou Denovan n’avait plus remit les pieds depuis son accession au rang de Marquis à la Cour du Roi, soit plusieurs années maintenant. Rien ne paraissait avoir changé pourtant, tout était resté figé, comme dans ses bons souvenirs. Sur le pas du Porsche attendait une silhouette atypique mais pas étrangère pour autant au Noble. Une longue chevelure blanche et des yeux couleurs vin, sans oublier son sempiternel sourire étirant ses lèvres bien que l’on puisse lire le sérieux sur son visage ; Il s’agissait de Nao. Cette louve s’était retrouvée à son service purement par hasard. Autrefois humaine, ses parents l’avait ni plus ni moins vendue à la famille de Lycans – ignorant tout de même ce qu’ils étaient- et s’en étaient allés, sans même lui lancer un dernier regard d’adieu. Ce fut donc a Denovan de la transformé en créature de Lune pour qu’elle rentre a son service, et rembourse ainsi la dette exorbitante de ses parents. En cinq décennies tout fut acquitté, mais elle tenu tout de même a resté auprès de la famille de Notable en tant que servante ; Elle fut exaucée. Et voici presque soixante quinze ans qu’elle prenait soin de la demeure, que ses maîtres y soient ou non.

D’une fidélité a toute épreuve, il ne fut guère étonnant que ce fut-ce elle qui vint accueillir celui qui avait radicalement changé sa vie.

La seule peur qui régnait alors dans les veines de l’Alpha à cet instant ci, fut que Nao n’accepte pas Hallellujah et ne lui accorde pas un regard, ou pire, tente de la blesser. Il fallait bien admettre que la perspective d’une lutte contre cette louve ne réjouissait pas le De SaintLouis, mais si elle essayait de faire du mal à sa compagne, alors il n’aurait pas le choix, et partirait au quart de tour sans la moindre hésitation.

Vêtue d’une superbe robe dans les tons bleus pastel, la bohémienne – qui aurait vraiment eu l’étoffe d’une noble en cette soirée !- avançait lentement, le bras de son amour embastillé dans les siens. Bien sur qu’elle était terrifiée, et bien sur que le rejet de cette famille lui clouerait le cœur à vif ; Mais elle ne pouvait se permettre de flancher, pour Denovan, certes, mais avant tout pour l’enfant qu’elle portait. Le tissu de son somptueux trousseau, étiré par ses courbes de plus en plus prononcées, ne faisait que mettre en valeur l’heureux événement approchant à grand pas. Maintenant, il fallut qu’elle s’arme de courage et ose, d’elle-même, saluer la servante avec une révérence. C’était la moindre des choses, d’après elle. Pourtant, à son grand étonnement, l’albinos la supplia avec de grand geste de ne pas se donner cette peine et s’inclina à son tour devant la demoiselle qui se retrouva coite de surprise. Malgré tout, sachant qu’elle ne devait pas trainer en discussion stérile, la belle laissa son homme l’emporter jusqu'à la salle de réunion, ou l’attendait l’épreuve la plus difficile qu’elle ait eu à affronter jusque là. Mais elle ne le savait pas encore. Traversant le grand hall d’entrée, puis le salon de la demeure, la fille des rues ne pouvait s’empêcher de trouver l’endroit richement décoré et ne pu que féliciter, silencieusement, les prouesses des artisans qui s’évertuèrent ici a donner une âme a cette propriété.

Puis, enfin la grande porte de bouleau blanc, dernière limite avant la confrontation, apparue devant le couple. Denovan prit quelques profondes inspirations puis expirations, essayant de prendre un maximum sur lui. Sa promise, quant a elle, se contenta de lui prendre la main et de sourire, dans l’optique d’essayer de le déstresser. Ce fut une réussite puisqu’il lui rendit son rictus non sans un éclat d’amour à son intention.

« Entrez »

Une voix épaisse et étouffée quelque peu par le bois se fit entendre de derrière la porte. C’était celle du père de Denovan. Le sang de ce dernier se glaça une seconde avant qu’il ne se décide à obéir a l’ordre latent et ouvre la porte toute entière, laissant apparaitre un agencement de chaise et table en forme de « U ». Sa famille au complète s’y trouvait. Par sécurité, il pénétra dans la pièce le premier, Hallellujah sur ses talons, dont il n’avait pas lâché la main un seul instant. Impressionnée, l’humaine ne put que laisser son regard courir sur tout les faciès présent dans cet endroit. Trois hommes qu’elle identifia vite comme le père et les deux frères cadets de son âme sœur, et deux femmes, sans aucun doute la mère et la petite sœur, également. La marche s’arrête, solennelle, devant les parents de l’homme blond. Il les salut respectueusement et prends l’initiative de prendre une chaise dans un recoin de la pièce –qu’il ramena devant le bureau parental- et d’y faire assoir Hallellujah, afin qu’elle ne se fatigue pas trop a cause de l’arrondi de son bas ventre.

Déjà, ses géniteurs se regardèrent avec étrangeté. Pourquoi diable leur premier fils s’aventurait au sein de leur tanière familiale avec une simple femme humaine au profil arrondi ? Était-ce une offrande ? Un cadeau ? Presque la totalité des possibilités leur passèrent en tête, occultant celle qu’ils ne désiraient même pas imaginer dans leurs pires cauchemars. Le silence régnait et ils n’étaient pas décidés à dire un seul mot, préférant voir comme le nouvel Alpha aborderait sa déclaration. Mais à mesure que le temps passait, leurs sangs se réchauffaient de plus en plus.

Enfin, ce fut la sœur de Denovan qui prit la parole, pour faire avancer le débat, sans doute ;
    « Alors, mon frère ? Pourquoi nous as-tu fais convoqués en ces lieux ? J’imagine que la raison est importante, non ? »
Puis elle marqua une pause interminable, le temps que son ainé réponde a sa question. Une fois qu’il eut trouvé ses mots, bien qu’angoissé, il s’approcha d’Hallellujah et posa sa main gauche sur le haut du dossier de la chaise sur laquelle elle était assise. Gonflant ses poumons d’air, il éclaira alors la lanterne des membres de sa famille.
    « En effet, ma sœur. Si je vous ai fais venir ici, parfois de très loin, c’était dans le dessein de vous présenter Hallellujah, ici présente… »
Ce fut a son tour de marqué une pause, le temps que les autres loups observe et toise la danseuse, et que celle-ci leur adressait de chaleureux sourire. Puis il continua.
    « J’ai l’intention de l’épouser et de … »
Il ne put continuer tranquillement que le poing costaud de son paternel s’abattit sur le bureau devant lui et le fissura sur toute la largeur. Il n’avait pas besoin d’en savoir plus, le simple fait de savoir que son premier fils, celui qui faisait sa fierté, voulait amené dans la meute une humaine, une manante de surcroit –il se voyait suffisamment rien qu’a sa tenue qu’elle n’était pas noble-, suffit a le mettre dans une colère noire. D’ailleurs, nul n’osa le contredire lorsqu’il crachat, rageur, a la figure de Denovan, ce qu’il pensait de tout ça.
    « Je m’oppose a ce que tu épouse une trainée tu m’entends Denovan ?! »
Si le cœur du susnommé semblât manquer un battement, celui d’Hallellujah, en revanche, battait à plein régime. Une fois qu’elle eut surmonté la surprise terrifiante du meuble fendu, elle se leva et osa affronter le regard du père de celui qu’elle avait choisit et se permit de parler a son tour, bien qu’elle n’y est pas été autorisée.
    « Permettez moi de vous dire une chose, Messire ; Votre fils est suffisamment grand pour faire ce qu’il souhaite. Il me semble qu’en plus de cent cinquante ans d’existence il sait dissocier le bien du mal et reconnaitre le bonheur lorsqu’il se trouve prés de lui. Je ne le considère pas comme un monstre, mais sachez, Monsieur, qu’il en est toute autre a votre propos.
    »
Sur ces mots, elle empoigna les pans de sa robe et quitta la pièce aussi vive que l’éclair. Les sourcils de Raphaël se plissèrent encore plus ; Voila maintenant qu’il apprenait que son fils, sa chaire et son sang avait dévoilé l’existence des lycan à une pourriture de mortelle ! C’en était trop et il se devait de s’assurer que Denovan ne tenterait pas davantage le Diable et délaisserait cette chose, engrossée d’un bâtard, dans les plus brefs délais. Mais la désagréable surprise de voir l’ainé de la fratrie qu’il avait constitué avec son épouse de sang pur se retourner contre lui déplut énormément à son égo. Elison quitta à son tour la pièce. Mais, avant de refermer la porte derrière lui, il fit une dernière et lasse déclaration, qui acheva de faire naître un foyer de haine parmi la plupart des siens ;
    « Vous me voyez navré d’une pareille réaction de votre part, père. Toutefois, soyez assuré que cette femme, je l’épouserais, ferais d’elle une louve après la naissance de notre enfant et s’il le faut, fonderais ma meute avec uniquement elle et le nourrisson. »
Volontairement il avait insisté sur le « notre » dans sa seconde phrase, dans l’espoir que ses géniteurs admettent de gré ou de force qu’il ne renoncerait pas au bonheur qui lui était gracieusement offert par le Destin, son ennemi d’ordinaire. Passant dans le couloir menant vers la sortie, il vit au bout de ce dernier Hallellujah, pleurant à chaudes larmes dans les bras de Nao, la bête blanche.

Essayant de consoler la bohémienne du mieux qu’elle le put, elle attisa sans le vouloir ni le savoir, la sympathie de l’Alpha qui se dirigeait vers elle ; Si bien que, lorsqu’elle entendit « Nao, veux-tu venir avec moi, me servir au Château ? » elle n’en crut pas ses oreilles. Elle accepta immédiatement ; De toute manière, considérée comme une « Oméga » au sein de la meute malgré ses loyales années de services, il lui était instinctivement impossible de refuser quelque chose au chef de la meute. Ne possédant rien, il ne fut pas nécessaire que le couple hybride attende après la servante, qui les suivit sitôt furent-ils sortis de la bâtisse a l’intérieur de laquelle la tempête grondait intensément – il fallut que les autres enfants de Raphaël le retienne pour qu’il n’aille pas instamment décapiter Hallellujah et son fils. Regagnant le Palais, Denovan fit croire que la femme qui l’accompagnait était une noble d’un pays lointain et qu’il lui faisait visiter les lieux royaux durant son séjour à Paris.

Personne n’osa contredire le Marquis ; Aussi emmenât-il donc sa danseuse dans ses appartements et s’assura que tout danger était écarté avant de s’autoriser un peu de repos.

Le lendemain, il fut décidé par les deux tourtereaux que l’extérieur était trop dangereux pour la bohème et l’enfant. Du moins, tant qu’elle serait encore une humaine véritable. Ainsi, et jusqu’au terme de sa grossesse, elle resterait cloitrée entre les murs de l’appartement somptueux appartenant a Denovan. Nao assignée a sa protection, tous pensait que tout irait pour le mieux. Douce illusion.

Le Noble dû reprendre son travail à la Cour, mais s’arrangeât pour ne jamais partir très longtemps. Pas plus de deux jours consécutifs, car qui sait ce qui aurait pu arriver pendant ce temps là ? Les pires scénarios défilèrent dans sa tête, le réveillant parfois en plein milieu de la nuit, en nage, à cause d’affreux cauchemars. Concernant Hallellujah, elle vécut très mal cette captivité forcée. Communiquant par le biais de lettres furtives avec sa famille, chaque missive ne faisait que remuer dans son cœur ce manque profond dû à l’absence de ses proches. L’immigrée, obligée d’attendre que les mois s’écoulent avant de devenir une louve et de pouvoir se défendre seule, passait ses journées à s’ennuyer, chaque jour plus fort que le précédent. La servante ne refusait jamais de passer du temps et de parler avec la bohème, avec qui elle s’entendait très bien. Rapidement devenue amies, toutes deux se confièrent à tour de rôle, ne faisant que renforcer ce lien invisible qui existait alors entre elles.
Décembre arriva vite, avec son lot de gros flocons, recouvrant tout Paris d’une dense couche d’albâtre. Entrée dans le neuvième mois de sa gestation, Hallellujah supportait de moins en moins la distance avec sa famille de sang. Leur ayant déjà mentit dans ses lettres à propos de son enfermement, prétendant être tombée malade et devant se reposée, sa conscience n’aurait pas supporté de ne pas les revoir au moins une fois avant de changer entièrement de vie et d’essence. Il était impératif qu’elle aille les retrouver. Même si ce n’était que pour un jour, la bohémienne désirait vraiment poser une ultime fois ses yeux noirs sur les visages aimant de sa mère et de son frère ainé. Rien qu’une fois. Une dernière.

Maline, elle attendit que Denovan soit envoyé en mission une journée entière pour soudoyer Nao avec tous ses talents de comédienne. La louve entra dans son jeu malgré elle et consentit à la laisser sortir à la condition qu’elle accepte sa présente prés d’elle, comme si la blanche était une garde du corps. La danseuse ne refusa pas et enfila une chaude cape sur ses épaules, pour ne pas prendre froid dehors. Mais a peine fut-elle vêtue qu’on cogna a la porte de l’appartement. Sur ses gardes, l’Oméga ouvrit avec prudence et tomba nez à nez avec l’un des serviteurs de sang pur des De SaintLouis. Elle le connaissait bien, aussi, pas effrayée pour deux sous, elle lui demanda la raison de sa présence en ces lieux.
    « Mon Maître souhaiterait que tu reviennes immédiatement au manoir, il a as te parler. » fit-il, sans une once de conciliance dans sa voix.
Malgré que son Maître restait le Marquis actuellement absent, Nao ne pouvait refuser une convocation de la part du père de ce dernier, aussi important que son fils dans la hiérarchie de la meute. Inquiète, elle expliqua alors la situation a Hallellujah qui, rayonnante, lui répondit avec optimisme :
    « Ne t’inquiète pas, Nao, tu n’aura qu’a passer me prendre après ta convocation et nous rentrerons ensemble ici, d’accord ? »
D’abord peu encline a agir de la sorte, la louve finit par être si bien mise en confiance qu’elle ne vit plus rien a redire et partie alors, escortée par l’autre serviteurs, en direction de la demeure familiale des De SaintLouis. La bohémienne, avant de partir, cru sage de laisser une lettre a Denovan, afin de le tranquilliser quant à l’endroit ou elle se trouvait s’il revenait avant elle, même si c’était très peu probable.

Protéger par son épais manteau, Hallellujah sortie affronter le froid mordant de l’hiver. La neige tombait encore abondamment mais quelques courageux restaient dehors afin de travailler et gagner convenablement leur pain. A cause de son profil bien rond, elle dû faire de nombreuses pauses avant de continuer sa route. De même, lorsqu’elle essayait de forcé malgré tout, des étourdissements l’empêchait de faire un pas de plus dans la couche blanche recouvrant les pavés parisiens. Le trajet fut long et pénible, mais heureusement pour elle, nul besoin de s’enfoncer dans les catacombes avec son habitant sous le nombril, puisque ses proches avaient remontés la carriole leur servant de maison a l’extérieur, bien imbriqué dans l’espace creux entre deux hauts bâtiments. Seule la lumière des faibles bougies permettaient d’affirmer que la roulotte était habitée.

Confiante, elle frappa à la porte et fut accueillie chaleureusement par sa mère et son frère, Lino, ainsi que par son neveu qu’elle aimait tant. Tous s’extasièrent par la forme plus présente de son bébé sur sa silhouette que la dernière fois qu’ils l’avaient vu. Une ambiance familiale naquit alors au sein du petit groupe, ce qui énormément de bien a la bohémienne, qui crut alors avoir passé une éternité loin d’eux. Dés lors, elle eut l’impression de revivre. Appliquant ses mains douces a la surface de son ventre, c’est en souriant qu’elle leur dit, une fois que tous furent éreintés de signifier leurs joies ;
    « J’ai tant de choses à vous raconter. »





Les bohémiens furent très attentifs au discours de leur demoiselle. Elle n’épargna aucun détail – bien qu’elle eut volontairement omit de parler, encore une fois de la malédiction lycanthrope incombant a la famille et son aimé- et raconta comment il avait tenté de l’imposer comme sa future épouse, la réaction de son père, la sienne mais également celle de Denovan ; Même Nao eut son petit paragraphe. Ils burent ses paroles comme si elle était le messie tant attendu. Pendant de longues heures, nul n’osa l’interrompre dans son discours, tous étant trop curieux pour manquer ne serait-ce qu’une miette de ses dires a elle. Sans cesse, tandis qu’Hallellujah déblatérait, ses mains satinées courraient a la surface de son ventre, sous la peau duquel les mouvements du bébé étaient parfaitement perçus. A chaque coups de pieds du bambin, après la réaction de surprise de mise dans ce genre de cas, la future mère souriait, inéluctablement.

Lorsqu’enfin sa mère et son frère purent prendre la parole, ils l’assaillirent de questions auxquelles elle répondit a chaque fois sans détour, ou presque. C’est ainsi que la journée avança plus vite qu’il n’y parut, faisant oublier a tous combien le temps au dehors de la caravane était capricieux et réfrigérant. En fin d’après midi, finalement, Hallellujah s’étonna de l’absence de Nao, qui n’était toujours pas de retour auprès d’elle. Toutefois, laissant ce détail de côté, elle déclara à ses proches qu’elle se devait, a présent, de retourner discrètement dans les appartements de son homme, avant qu’il ne se rende compte de son absence.

Ils ne lui en tinrent pas rigueur, déjà très satisfaits qu’elle ait prit la peine de venir les voir après tant de temps loin d’eux. Constatant, en revanche, l’absence de la fameuse servante, son frère lui proposa de la raccompagner au moins jusqu'aux grilles du Château, limite que lui ne pouvait plus franchir, ne possédant pas de couverture noble comme celle que sa cadette portait fièrement sur ses menues épaules. La brune ne refusa pas, se recouvrit de sa cape et voulu se lever pour partir quand ses jambes se dérobèrent sous elle et qu’une violente douleur l’apostropha sur le sol. Un cri de sa part et son instinct premier fut d’aller s’enquérir des formes de son ventre. Ce dernier était dur comme du bois, signe que l’accouchement venait de se déclencher. Paniquée, la plus jeune des brunes fondit en larmes alors que son frère la porta sur le lit de son mère et que cette dernière lui prit la main pour l’aider à se détendre. Eliade aussi était passée par là quelques années auparavant, et il était de son devoir d’épauler sa fille tout du long du processus de mise au monde.

Alors que s’évacuèrent de sa gorge, les prémisses de sa souffrance de plus en plus grandissante, au-dehors, une ombre observa la scène d’un œil aguerri. Son visage statique ne changeât pas lorsqu’il fit demi-tour pour rejoindre le domicile de ses maîtres et annoncer la nouvelle en bon et dû forme. Faisant fit des pleurs qui planaient pourtant tout prés de lui et des supplications l’accompagnant, la noirceur obéit alors a son maître tandis qu’il lui ordonne de s’apprêter. La nuit n’était pas encore tombée, mais une organisation minutieuse était de mise pour mener à bien le plan suintant de diabolisme, issu du pire des esprits de ce bâtiment.

La sueur coulait le long de son visage et de son cou, lui brulant les yeux lorsque les gouttes trop grosses passaient au travers du mouchoir détrempé posé sur son front, atterrissant sur ses pupilles contractées. Les veines ressortaient de ses bras et même d’ailleurs a chaque contraction nouvelle. A chaque fois la douleur était plus intense que la précédente. Son souffle est court, voici déjà une heure qu’elle est attelée à expulser de ses entrailles le fruit de ses amours passionnés avec Denovan ; Pourtant, il lui semble qu’une éternité s’est déjà écoulée. Sa mère, toujours a son chevet, veille a ce qu’elle ne se déshydrate pas en l’obligeant a boire le plus possible, entre deux soubresauts de son corps, dû au mal. Lino est retourné auprès de sa propre femme, emmenant son fils avec lui, pour ne pas qu’il soit choqué à la vue d’une telle quantité de sang fusant en dehors du corps d’Hallellujah.

Déjà, les couleurs de son visage ont claircies, preuve immuable que ses forces sont toutes entières sollicitées par l’effort. Elle appelle Denovan mais c’est bien inutile au vu du contexte. Les doigts crispés sur le drap souillé juste en dessus d’elle, la bohémienne parvient tout de même à en déchirer tout un pan, tant la force de son corps s’est décuplée a cause de l’enfant désireux de connaître l’environnement qui l’entoure. Elle cri, elle peste même de temps à autre, se demandant pourquoi donc Dieu n'abrège pas ses souffrances immédiatement.

Ses beaux cheveux sombres, rendus poisseux par la transpiration, se retrouve collés a son derme alors que les traits de son visage sont affreusement déformés tant ils se retrouvent tirés. C’est le seul moyen que son corps a de traduire sa douleur lancinante. De temps a autre, en revanche, la Nature parait conciliante et lui accorde quelques secondes de trêve au milieu de cette guerre charnelle qu’elle est dans l’obligation de remporter. Il le faut, pour elle-même mais également pour le noyau agité qui a, pendant neuf long mois, grossit sous son nombril. Aucune autre alternative possible. Et, alors que sa propre génitrice lui rafraichit l’entièreté de son corps, en déversant de généreuse quantité d’eau sur sa tête, sa poitrine et ses jambes, elle continue de pleurer, ses pupilles se dilataient de plus en plus. Éreintée alors que la course à la vie débutait a peine, la danseuse ne pouvait que sentir sa chaire qui s’émaciait davantage a mesure que l’enfant, instinctivement, forgeait son chemin vers la lumière. Chaque sensation était dûment retranscrit dans les os de la mère qui hurlait encore plus a chacune des avancées du nourrisson, bien déterminé a continuer de creuser sa voie vers le futur qui lui était promit.

Finalement, après un craquement sinistre symbolisant l’abandon de deux des côtes de la bohémienne, le silence se fit. Ses paupières se refermèrent presque avec entrain alors que sa tête basculait en arrière. Tombée inconsciente à cause des torrents de sang qui s’évadaient de son enveloppe charnelle, elle n’avait même pas lutté contre Morphée, lorsque ce dernier vint la cueillir dans ses bras doucereux, lui prodiguant un repos bien mérité après cet épuisant exercice. Hallellujah n’entendit pas les premiers râles de son enfant, tout tâché de son sang. Ce fut sa mère qui, inquiète, et seulement après avoir vérifié à plusieurs reprises que sa fille chérie respirait toujours correctement, s’empara du nourrisson, fit sécher ses sanglots et l’enroula dans un drap blanc et propre, chauffé sur le petit poêle tout spécialement pour lui. Lavé avec amour et eau fraiche ramenée tout spécialement du puits le plus proche pour sa petite existence, le bébé se calma rapidement.

Sa toute nouvelle grand-mère le berça tendrement, en lui chantonnant quelques chansons de chez elle, ce qui l’apaisa et le plongea dans une somnolence certaine ; Après tout, lui aussi avait vu son palpitant s’affoler vu la force qu’il avait dû déployer de l’intérieur de son cocon de chaire pour en sortir. Pestant contre sn fils ainé qui tardait à revenir, Eliade veille tout de même a ne pas réveillé le nouveau-né, préférant laisser ce plaisir a sa génitrice.

La danseuse dormit jusqu'à la tombée de la nuit. Une insupportable sensation d’insécurité l’avait alors gagné, l’empêchant de se reposer davantage. Elle ne s’imaginait pas alors combien ses ressentit était vrais. Pour l’heure, tournant la tête vers sa propre mère, elle sourit et verse même quelques larmes de joie lorsqu’elle constata que son enfant allait pour le mieux. Elle demanda à son homologue de lui remettre cette part d’elle-même et fut rapidement exaucée, sentant aussitôt la chaleur de cette minuscule boule de chaire réchauffer ses bras refroidi par l’épuisement. Heureuse, elle n’aurait pu l’être plus, bien qu’elle n’avait guère prévu d’accoucher dans cette roulotte, cela va de soit. Dans un sens, en revanche, le fait d’avoir donner la vie au même endroit ou elle était née, plus de dix huit ans auparavant, la comblait d’une fierté intense. Désormais, dés lors qu’elle pourrait de nouveau recouvrer suffisamment de force pour rallier le Château, elle le ferait se promit-elle. A moins, songeât-elle, que ce soit Denovan qui vienne la prendre lui-même, chose qui serait tout à fait crédible vu la situation. Sans doute devait-il s’inquiéter, mais la belle ne s’en formalisa guère, persuadé qu’en posant les yeux sur son rejeton, le loup verrait ses ardeurs immédiatement calmées. Sans se l’avouer pour autant, la brune avait même hâte de le voir débarquer ; Cela signifierait que sous peu, elle deviendrait comme lui. Et rien ne pouvait lui faire plus plaisir.

Si seulement elle avait su… Car la bête qui se présenta ne fut point celle attendu.

Tout à coup, alors que les bonnes gens étaient sans doute tous cloitrées chez eux par cette nuit de vingt quatre Décembre, un choc secoua la roulotte. Puis un grincement sinistre se fit entendre.

Denovan arpentait le couloir en direction de ses appartements au Château au pas de course. Il avait un mauvais pressentiment qui lui dévorait le peu de sang froid qu’il était parvenu a conservé jusque là, alors que sa calèche avait été ralentie lors de son trajet de retour, a cause des gros flocons qui chutaient du ciel. Sa logique lui ordonnait de taire cette sensation, mais rien à faire, il n’arrivait pas à se tenir tranquille. Il fallait qu’il l’a voit, Hallellujah ; Et qu’il s’assure par la même occasion que tout allait bien pour elle.

Sans frapper ou s’annoncer, il pénétra entre les murs qu’avait gracieusement offerts le précédent Roi à sa famille et qu’il occupait depuis bien des Lunes. L’odeur fruitée de sa compagne, mais aussi, celle moins prononcée de Nao, envahissaient les lieux. Mais aucune trace, ni de l’une ni de l’autre. Il eut beau chercher dans chacune des pièces, il n’y trouva personne. Déjà stressé plus qu’il ne le fallait, il paniqua réellement dés lors qu’il aperçu la lettre laissé a son intention par son amour.
    « Chéri ;
    Je vais rendre visite une dernière fois visite a ma famille. Nao a été convoquée par tes parents, je crois et ai donc repartie là bas. Dés qu’elle aura finit, elle viendra me chercher et nous rentrerons ensemble au Château. J’espère que tu ne verras pas cette lettre, car cela voudra dire que tu as été plus rapide que moi !
    J’ai hâte de te revoir. Tu me manques. Je t’aime.
    Hallellujah. »

Instamment, le sang du Lycan pulsa comme jamais. Persuadé que les autres loups de la meute avaient alpagué sa bohème pour lui faire subir Dieu sait quoi entre les murs de la demeure familiale, il s’y précipita aussi vite que son enveloppe humaine le loup permettait. Les rues étaient désertes, ne faisant que renforcer son effroi toujours grandissant. Le vent fort et imprégné de neige brouillait ses sens sous cette forme, mais il n’en tint pas compte en arrivant devant le manoir qui l’avait vu grandir en qualité de jeune Marquis pendant bien des années.

Enfonçant la porte sans ménagement, se fichant bien de ce que ses liens de sangs pouvaient penser d’un tel comportement, il s’enfonça toujours plus dans le ventre de cette maison, hélant chacun des noms de son clan. Mais aucune réponse ne lui fut renvoyée, jamais.

Il n’entendit que des sanglots à moitié étouffé dans l’une des pièces fermées à clefs. Dans le doute, même s’il ne sentait pas là le parfum de la brune, il ne pouvait s’accorder le luxe de trainasser davantage. Un frisson désagréable se fit alors sentir dans son échine, repoussant encore ses capacités à rester calme d’un cran supplémentaire.

La vision qui s’offrit à lui le glaça sur place. Assise sur le sol, enchainée au mur derrière elle par une chaine, des menottes et un collier luisants se trouvait Nao. Elle pleurait abondement et suffisamment de sang coulait en bonne quantité de son cou et de ses poignets pour que Denovan devine de quoi étaient faits ces artifices. De l’argent. Cette matière, sitôt enfilée sur le corps d’un lycanthrope se met a le brulé irrémédiablement, déclenchant une douleur d’une rare intensité. Quelle abjecte sanction que voila. Il s’approcha d’elle en deux enjambées et répéta mille et unes excuses a son Alpha entre deux salves de larmes.
    « Par…Pardon Monsieur, je… Pardon. »
Son Maître, n’ayant pas la patience de réfléchir a comment se prémunir de l’effet nocif de ce métal sur sa personne, agrippa fortement le collier cranté entre ses puissantes phalanges et le fit éclaté sur le sol, faisant de même avec les bracelets. Ses mains furent entièrement brulées suite a cela, sans doute garderait-il longtemps des cicatrices.




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Dernière édition par Mezariel D.de SaintLouis le Mar 14 Aoû - 21:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé   Ven 27 Juil - 16:38

En na cyurio re chyet
►I'll plead to be a logical choice◄
Je vais supplier d'être le choix logique

Immédiatement après ce secours porté juste a temps à la louve, le blond posa un genou a terre devant elle et lui posa une seule et unique question, droit dans les yeux, mêlant presque l’océan froid des siens et l’enfer rougit par les flammes prisonnier des prunelles de la blafarde.
    « Nao, ou sont-ils tous passés ? »
Pendant une seconde qui parut une éternité litanique, la susnommée essayât de garder un visage sérieux et plus agréable a regarder que celui ou les larmes coulaient en torrents ; Mais rien n’y fit. Une nouvelle saison de cristaux salés trouvèrent la porte de son faciès et s’y déversèrent sans le moindre remord, n’oubliant point d’hachurer précautionneusement les quelques mots qu’elle trouva pitoyablement à répondre a son maître.
    « Je suis dés…lée…. Ils m’ont dit…. De ne pas…. Les suivre… »
C’est précisément a cet instant que le plan de ses aïeuls sauta aux yeux de Denovan dont le sang se noircit alors ; davantage a cause de l’élixir de l’inquiétude que de l’acide nectar de la rage. Devant une albinos tétanisée, il abattit ses barrières de contenance et se laissa imprégner par son propre venin lycanthrope. Vif comme l’éclair, il retomba sur ses quatre puissantes pattes, grognant sourdement. La pièce étant étroite d’entrée, il n’eut guère le choix que de forcer le passage avec ses larges épaules, ce qui en endommageât grandement l’encadrement de l’unique porte présente. Mais sur le moment, il n’en avait cure. Accordant un seul regard en arrière à Nao, restée contre le mur mais le contemplant avec une certaine admiration au fonds de ses grands iris rubis, sous sa forme lupine, il lui fit comprendre que si elle voulait l’accompagner, elle était la bienvenue.

La mordue se redressa, tangente. Puis, à son tour, elle revêtit une somptueuse fourrure blanche, contrastant avec la dorée de son Alpha. Bien qu’affaiblie, elle ne pouvait laisser le chef qui régnait sur sa vie partir seul dans cette quête. Et si elle devait mourir, alors ce serait pour le protéger, lui et son enfant. Bien sur, des traces de brulures imposantes s’étaient établies autour de son cou et de ses pattes avant, faisant jaillir le sang sur ce pelage immaculé, mais elle prit sur elle. Son état importait peu, aussi, elle fit face à la douleur et emboita le pas au Lycan couleur des blés lorsque ce dernier sauta par le premier balcon et débuta une longue course contre la montre en direction de l’intérieur de la Capitale. La chance qu’ils avaient, c’était que personne ne rodaient dans les allées enneigées des alentours, tout le monde célébrait la fête de Noël chez soit, sans se soucier de ce qui pouvait bien se passer a l’extérieur. Nul être humain pour découvrir l’existence de ces bêtes des Enfers donc. Et c’était très bien ainsi.

Mais un adage bien connu affirme que le bonheur des uns fait le malheur des autres. Et en ce contexte effroyable, ceci est plus que véridique.

Arrivant là ou l’odeur d’Hallellujah était la plus forte malgré le vent du Nord dansant sur la ville, le de SaintLouis ne pu que contempler avec horreur qu’il ne restait rien de la carriole qui abritait autrefois son tendre amour. En lieu et place de l’image qu’il lui restait de ce lieu de vie nomade ayant vu naitre sa compagne, il ne subsistait plus de mes monceaux de bois déchiquetés de part et d’autre et une forte odeur de sang s’échappait d’un cadavre encore frais. Quelques filets de chaleur émanaient encore. Les reliefs du souffle des Denovan s’épaississaient et se rabattaient sur ses côtes, à mesure qu’il observait le triste spectacle qui se déroulait alors devant son regard inhumain.

Un homme – qu’il identifia comme Lino, le frère ainé de sa danseuse – se tenait là, a genoux sur les pavés glacés car recouvert d’une pellicule neigeuse, un corps mutilés dans ses bras. Dans le désespoir de cet homme, le noble dénicha tout de même une consolation ; Cette enveloppe charnelle n’était pas celle de la bohémienne imprudente. Il fallait donc qu’il reparte immédiatement à sa recherche, mais avant tout, qu’il piste les fragrances des siens, embaumant l’air parisien comme rarement c’avait été le cas de son vivant. Son odorat avait identifié son père, sa mère, l’un de ses frères mais aussi les domestiques fidèles des premiers cités. C’était une meute respectable qui avait donc été formée au pas de course uniquement pour abattre celle qu’il désirait ardemment pour femme, il en était convaincu. Ce qu’il ignorait, en revanche, c’était que si les siens avaient attendus si longtemps avant de mettre les menaces du patriarche a exécution, ce n’était que pour lui faire le plus de mal possible, et rien d’autre ; Pour lui retirer le bonheur alors qu’il était sur le point de s’en délecter. Du sadisme a l’état pur, digne des pires charognes.

Son regard croisant celui de l’ainée d’Hallellujah, il redescendit brusquement sur terre et reparti aussitôt à la suite de son clan, déterminé à ne pas les laisser mener leur diabolique a terme.

Son souffle était court et ses poumons torturés par l’effort qu’elle se voyaient forcée d’accomplir. Maltraitant son rythme cardiaque élevé, la silhouette s’évertuait à courir encore et encore, toujours plus loin et toujours plus vite. Le froid mordant sur ses pieds nus, elle n’en avait que faire en cette soirée tatouée aux frasques de l’effroi. Il était impératif qu’elle trouve un endroit ou se cacher, où trouver asile au plus vite. Elle paraissait fuir de Diable en personne alors que sa chevelure noire voletait dans son dos d’une façon désarticulée et que ses yeux exorbités ne lâchaient pas le point invisible qu’elle fixait depuis qu’elle était sortie de son foyer émietté par les monstres.

Un couffin dans les bras, elle était d’autant plus motivée à survivre à la menace infernale qui pourtant, ne faisait que gagner du terrain sur ses talons. Son fils, tout juste naquit au cœur de Paris et qui pourtant, renferme déjà bien des mystères. Tel est son précieux chargement.

La première chose qu’elle vit chez la chaire de sa chaire, alors qu’elle l’avait prit pour la première fois dans ses bras, il avait enfin daigné a ouvrir les yeux et ses paupières dévoilèrent un orbe aux teintes du ciel sans nuage et un second… Pour le moins étrangement difforme. Le droit ne possédait ni le contour blanc de son jumeau, ni même sa composition ; Il n'y avait qu’une lumineuse et interminable iris peinte de cyan et une minuscule pupille tout au centre. Un œil de loup. Lorsque sa propre mère vit cette étrangeté, elle hurlât a Hallellujah de se débarrassé de sa progéniture, car il était destiné probablement à devenir un monstre. Mais bien qu’elle l’ait vivement défendu à coup d’acerbes propos, l’immigrée ne put que rester impuissante lorsque la lune se leva, derrière les nuages, et attira le nouveau né sous l’apparence de l’autre moitié de son sang. Une minute a peine avait suffit pour qu’a la place de son rejeton se trouve un minuscule louveteau, sans poils, avec des yeux fermés et des pattes maladroites.

Réitérant ses paroles mauvaises, l’aïeule du nourrisson avait davantage élevé la voix en affirmant que sa fille avait été engrossée par l’un des pairs de Lucifer en personne. Allant pour s’emparer de la boule de peau fripée, Eliade jura alors que noyer cette dernière dans un baril d’eau bénite était l’unique issue qu’il restait a l’âme de son unique enfant pour atteindre un jour, les plaines du Paradis. En revanche, la récente accouchée ne l’avait pas entendu de cette oreille ; Aussi, se recroquevillant sur la petite bête au creux de ses membres supérieurs, elle avait foudroyé sa génitrice d’un regard plus sombre encore que les abysses logées dans les fossés entre deux montagnes, la maudissant, lui intimant de disparaitre immédiatement. Car elle aimait son fils malgré tout. Elle l’aimait pour ce qu’il était, pour ce qu’il représentait et bien plus encore. De toute façon, la bohémienne était bien déterminée à quitter les siens dés lors que Denovan serait auprès d’elle, bien qu’elle ait tenu secret ce projet. Seul le père de sa progéniture était au courant de ses desseins à venir. Et elle espérait que ce fut-ce lui qu’elle entendait au dehors, là, immédiatement.

Sauf que. Lorsque la roulotte tremblât comme jamais, la brune avait alors eut le réflexe de tendre l’oreille. En effet, il y avait là des bruits de pattes lourdement abattus sur le sol givré de la Capitale ; Mais lesdits sonorités étaient bien trop nombreuses, bien trop étrange pour qu’il puisse s’agir de l’être qu’elle attendait de tout son être.

La femme l’ayant mise au monde dés années auparavant criât sa peur et avant même que les yeux noirs d’Hallellujah ne puissent aller se poser encore une fois sur elle, le bois du flan de la roulotte s’affaissa sur elle, l’embastillant dans un cercueil compressé. Une immense créature, toute recouverte d’une fourrure brumeuse – bien que parsemée d’épais flocons- broya la pauvre vieille sous le poids de son anatomie. Et c’en fut finit de celle-ci. Parfait, s’était dit le loup, plus qu’une et l’enfant.

Il n’avait en revanche pas prévu une chose, s’était que la danseuse dont son fils s’était éprit avait dans sa manche la carte de la malice et de la ruse. Sans même échafauder un plan – ce n’aurait guère eu d’utilité en cet instant crucial – d’action, Hallellujah se saisit de la première chose qui lui tomba sous la main – en l’occurrence un petit pot fait d’argile- et le lança avec toute la force disponible sur le museau de l’avatar du Malin qui se tenait là, a moins d’un mètre d’elle. Le destin parut vouloir être clément avec elle et l’immigrée constata alors avec satisfaction que le récipient en question contenait du poivre moulu. L’effet fut immédiat et la créature recula, geignant en tentant d’ôter de ses yeux et de son nez sensible de loup. Les autres membres de la meute, inquiet pour leur chef, vinrent s’enquirent de son état en s’approchant aussi prés que cela leur était permit. Parfait, ils avaient donc sans même l’avoir désiré ouvert une brèche pour la femme qui ne se fit nullement prier pour s’en saisir, l’empruntant avec ferveur, son bébé caler contre sa poitrine.

Et maintenant, la voila qui devait supporter une atroce guirlande de douleur qui enroulait tout son corps, aussi vicieusement qu’un serpent. Chaque pas supplémentaire était peut-être un pas de plus vers la sécurité, mais la souffrance recueillit en échange se trouvait être de plus en plus insoutenable. La torture était si puissante que la jeune femme n’avait même plus l’impression de sentir la présence de ses jambes ou de ses bras, bien rivés au reste de son corps, pourtant. Ou pouvait donc être Denovan ? Il était le seul à pouvoir lui porter secours contre ses poursuivants ! Mais il n’était pas là, non, sa chaleureuses présence n’était même pas perceptible, le vide remplaçait le tout et …

C’est alors que les yeux auburn aperçurent le mirage qui lui ôta une pression des épaules. Par delà les étoffes neigeuses qui s’évadaient des nuages grisâtres, se dessinait la forme rassurante d’une immense bâtisse. Et pas n’importe laquelle. Il s’agissait là ni plus ni moins que de la Grande Cathédrale de Notre Dame de Paris. Sauvée.

La bohémienne pourrait y trouver un refuge certain, jusqu'à ce que l’homme qui avait fait d’elle une jeune mère vienne la chercher et l’emmener en sécurité. Si elle se souvenait bien des indications de son aimé, Hallelujah su qu’une fois passé les portes de l’édifice, les bêtes qui l’avaient prises pour proie ne pourraient plus rien a son égard ; Car la lycanthropie était un pêché non reconnu par la sacralité, et tout les détenteurs de ce gêne maudit, qu’ils soient de sang-purs ou mordus, étaient refoulés hors des murs des bâtiments a vocation religieuse.

Hors d’atteinte, elle serait protégée par le Seigneur tout puissant ! Cette certitude injecta dans ses muscles l’adrénaline nécessaire pour qu’une fébrile pointe de vitesse ne la fasse atteindre bien plus vite l’imposante porte de bois sombre qui clôturait l’entrée de ce lieu Saint.

Elle abattit furieusement son poing sur la pièce épaisse et boisée, mais rien de lui revint. Une seconde fois. Toujours rien. Une troisième, et là encore, nul ne vint lui ouvrir l’accès a cet endroit qu’elle avait cherché avec détermination tout au long de son échappée belle. Au bout de la quatrième, le vague sourire qui étirait alors ses lèvres gercées par la froideur du climat, acheva de se décomposer. Non… Ce n’était pas possible, pas envisageable… Ou était le curé ?! Lui qui ne quittait jamais son presbytère, ou se trouvait-il alors qu’une enfant du Seigneur implorait sa présence immédiate ?!

Hallellujah aurait pu se poser davantage de questions, si plus de temps lui avait été accordé. Mais ce ne fut pas le cas. Alors que ses ongles tremblant s’essayait à griffer le bois des portes de la Cathédrale, une ombre imposante la submergeât toute entière, lui glaçant le sang par la même occasion. Encore une fois. Inutile d’être issue des plus hautes institutions pour savoir qui se tenait derrière elle, martelant son dos de son souffle trop chaud pour être imprégné de bonnes intentions. Le père de Denovan en personne. Arrivée au summum de sa rage, il s’apprêtait à lui faire subir le même sort qu’a sa mère, en l’écrasant de sa masse musclée contre le marbre des marches de Notre Dame. Mais la raison de la jeune femme lui ordonna de se jeter dans une tentative de fuite, aussi improvisée qu’elle était désespérée.

Bifurquant juste avant que les pattes de l’animal ne l’atteigne, elle et l’enfant, elle entreprit de descendre les marches qui menaient jusqu’aux parvis une a une, allant se jeter littéralement dans les gueules des autres loups l’attendant en bas, avec gourmandise. Mais sur le moment, elle n’avait pas réfléchit davantage, se disant qu’elle trouverait bien une solution une fois arrivée à la dernière marche. Erreur.

Le chef de la petite meute exécuta un rapide volte-face pour lui asséner le coup de grâce, mais ses dents, a défauts de trouver logement dans la chaire sanguine a souhait de sa proie, agrippèrent en revanche le tissu qui entourait le petit être tout juste extrait des entrailles de cette dernière. La danseuse ne voulut pas céder face à la bête, mais il fallait être réaliste plus d’une petite seconde. Elle affrontait bien plus fort qu’elle. Et en un simple coup de griffes, la réalité épousa de nouveau les traits de son esprit, encore hagard des efforts fournis. Son corps se retrouva marqué d’une large et profonde plaie partant de sa hanche droite, jusqu'à son épaule gauche. Puis la morsure du gel se fit sentir sur son dos tandis que sa carcasse meurtrie fut projetée contre le parvis de l’édifice, tout en bas de l’escalier. Son souffle, étrangement sirupeux, s’échappait des tréfonds de sa gorge telle une hydre informe. Ses yeux, épuisés, parvenaient difficilement a lui montrer autre chose que des silhouettes floues de prédateurs, dont certains se rapprochaient d’elle, du cadavre en devenir. Sa fatigue était si intense que ses larmes n’arrivaient même plus à couler. Tout était perdu, s’était –elle dit.

En soit, elle n’avait pas réellement tords. Du haut de son piédestal fictif, Castiel observait avec une certaine concupiscence le spectacle qui s’étalait sous ses yeux bleus de vil représentant d’une lignée satanique. Il ne lui restait plus maintenant qu’a broyer le corps encore chétif de la chose qui remuait vivement dans le couffin de fortune qu’il tenait entre ses crocs soyeux. Déposant le fragile contenu sur les roches froides des marches, il émit un grognement avant de se préparer au coup ultime qui réduirait à néant les plans extravagant de son fils ainé.
Mais celui dont la présence avait pourtant été soigneusement évitée jusque là décida que ce fut-ce l’instant propice pour se montrer devant les siens. Deux autres lupins dardèrent de leur présence le petit groupe déjà sur place. Le doré, sans même prendre le temps de réfléchir a ses actes, repoussa fortement son paternel en arrière, manquant de peu de lui faire traverser l’épaisse porte de bois menant a l’intérieur de l’église, et donc, a une mort certaine pour n’importe quel animal de sang-pur, ou mordu. Ce qu’ils étaient tous ici. Tous, sauf un. Denovan arquât ses pattes, comme s’il avait l’intention d’attaquer celui qui lui avait céder son titre d’Alpha, en prenant appui sur les blocs durs des marches de la Cathédrale. Ainsi, il protégeait du même coup la petite vie qui avait frôlé de bien peu les caresses de la Faucheuse, sans même le savoir. Son enfant.

Castiel se redressa, accusant de ses iris, rendus jaunes par la fureur, son descendant. Pourquoi diable s’évertuait-il à vouloir tant conserver une chose si fébrile a ses côtés ? Ceci n’avait pas de sens ! La consolation de l’ancien Alpha trouva racine dans le fait que l’insolente qui avait osé se faire mettre enceinte par Denovan ne serait bientôt plus de ce monde. Il n’avait peut-être pas remporté la guerre, mais la victoire à l’une des plus importante bataille était sienne, présentement.

Reprenant un peu de son sang-froid, Denovan cessa d’hérisser sa fourrure, rangeât ses crocs derrière ses babines suintante et tourna finalement la tête vers le corps de sa chère et tendre, allongée au milieu d’un tapis de neige fraiche. Faisant comprendre a Nao – qui d’un signe de tête négatif après un rapide examen de la danseuse a terre, lui avait alors signalé qu’il était trop tard -qu’elle devait immédiatement venir a sa place pour prendre le petit bébé entre ses mâchoires – par mesure de sécurité -, l’Alpha descendit alors de nouveau les quelques marches qui le menèrent jusqu'à une Hallellujah plus affaiblie que jamais. Elle sût qu’elle allait mourir. Et elle l’avait accepté, au contraire du monstre qui lui, voulut tout faire pour tenter de lui sauver la vie. Car il était borné. Sa prestance dominante força les autres membres de la meute à rabattre leurs oreilles et s’écarter de la silhouette de la suppliciée, bien que cette dernière ne ressentait déjà plus la douleur depuis quelques instants maintenant. Une libération bienvenue.

Ni une ni deux, l’Alpha planta ses dents imbibées de son poison lycanthrope dans le bras de sa belle, dans l’espoir que sa constitution ne soit pas encore trop épuisée pour que sa mutation ait lieu.

Mais il était bien trop tard hélas. Et malgré les plaintes sourdes qui furent perçues par tous en provenance du loup couleur miel, rien n’y fit. Dans un dernier élan de passion et un effort surhumain, Hallellujah vint appliquer une dernière caresse sur la tête de l’animal juste a côté d’elle. Quelques paroles réfléchies s’exaltèrent dans le vent, aussi mourantes que leur expéditrice.
    « Prends soin de notre enfant Denovan. Je l’aime autant que je t’aime. Prends soin de lui… De Mezariel… »
Et son membre retomba sur la couche de neige, éclaboussant ce dernier de tâches vermeilles. C’était bel et bien la fin d’une histoire à présent. La bohémienne était morte.

Emplit par le chagrin aigre, Denovan se retint cependant d’hurler son désespoir. Pas tout de suite. Il avait conscience d’être en plein cœur de Paris, et céder maintenant à son basique instinct d’animal n’aurait en rien arrangé la situation. Délaissant contre son gré le corps inanimé de celle qu’il avait aimé au point de se damné, l’Alpha de la meute remonta les marches, les épaules affaissées par la douleur et la tristesse. Arrivant prés de Nao, il entreprit de lui dérober doucement le couffin qu’elle avait protégé le temps qu’il fasse ses adieux à la mère de la petite vie qu’il contenait.

Enfin, l’entièreté de la meute prit le chemin du retour vers la demeure familiale, quittée moins d’une heure auparavant. Le cadavre de l’immigrée ne sera découvert par le prêtre qu’au petit jour, le lendemain, alors que ce dernier rentrait de l’immense fête donnée au Palais par sa Majesté le Roi de France, Henri, comme tous les ans.

C’était le seul motif qui l’aurait poussé à quitter les lieux saints qu’il habitait à tout instant. Ceci couta la vie à une fille d’Eve, poursuivit par les chiens du Diable.

De nouveau entre les murs de la villa l’ayant vue grandir, Denovan reprit sa forme humaine, faisant basculer le couffin qui contenait sa progéniture de sa gueule a ses puissants bras musclés. Bien que nu comme un ver, il n’éprouvait aucune pudeur devant les siens, le choc de la récente perte encore trop bourdonnante a ses oreilles.
Venant s’installer devant le feu grésillant au creux des reins de l’imposante cheminée du grand salon, l’Alpha s’exila volontairement du reste de la meute, ne tenant pas a leur adressé la moindre parole. Même Nao comprit qu’elle devait se retirer pour l’heure, et s’isola à son tour quelque part. La peine que ressentait la bête redevenue homme était incommensurable. Et pourtant, comme si ce ne fut pas assez pour ses ascendant, juste avant de monter se coucher dans leur chambre, ils eurent le culot, l’audace de lui dire que si l’avenir faisait en sorte que je ressemble trop à la « vermine » - Denovan grinça des dents a l’usage de cette appellation péjorative pour désigner la mère de l’enfant – qui m’avait porté pendant neuf mois, ils me tueraient sans hésiter un instant, qu’il soit là ou non pour me protéger.

Ce n’est qu’une fois seul qu’il réussit à laisser couler sa peine sur ses pommettes. Le cœur brisé de part et d’autre, il avait tout de même du mal à réaliser tout ce qui venait de se produire, s’appropriant la faute du drame et s’excusant par mille fois auprès du nouveau né qu’il tenait tout contre son torse. Il découvrit a cet instant qu’il s’agissait d’un petit mâle ; Enfin, d’un petit garçon actuellement sous la forme d’un louveteau bouffi et malhabile. La crainte que son descendant ne puisse jamais arboré une apparence humaine le submergeât alors, et il resta auprès de lui jusqu'à ce que les premiers rayons de soleil ne sortent de leur couche sombre et ne dissipe cette peur bien réelle. Entre temps, il eut le temps de décidé du nom de son fils.
    « Tu es né sous une bonne étoile, mon fils. Mezariel Denovan Elison Emmanuel. Sache que ta mère t’aimait profondément, et il en est de même pour moi. Je te protégerais, mon fils. Oui, je te protégerais. »
Les premiers instants de la vie noire qui attendait vicieusement cet enfant comme une araignée patientait jusqu'à l’arrivée de l’imprudent moucheron, venait tout juste de commencer.

Comme de petites gouttes de pluie sur un infini lac qui jamais ne saurait être rempli, les années s’accumulèrent les unes derrières les autres pour la petite âme qui avait vu le jour – ou plutôt la nuit- en cette terrible soirée de Décembre ensanglantée. L’enfant grandit pour le mieux, constamment entourée de son père ou de la louve blanche, sans cesse aux aguets pour le protéger de toute menaces éventuelles attendant de porter un coup au bambin, telle une épée de Damoclès imprévisible. Bien sur, il aurait été impossible de le conserver de tout les maux, aussi se retrouvait-il parfois écorché ça et là, « par accident », déclarait l’entourage, bien que Denovan n’accorde aucun crédit à ces paroles ci.

Ce qui pesait le plus au Lycan toutefois, c’était bel et bien l’œil difforme de son descendant à moitié créature. Son orbite droite abritait un bijou somptueux en termes de lycanthropie, mais une bien dérangeante gemme pour tout individu n’étant guère aguerrit du contact avec les canidés. Cet handicap contraignit le Marquis à faire faire les leçons de Mezariel dans la demeure familiale, sans jamais autoriser le petit à sortir un peu a l’extérieur. Si jamais des passants voyaient leurs attentions attirées par cette parure inhumaine, jamais plus son héritier ne pourrait jouir d’une quelconque tranquillité. Sans compter le fait que si la nouvelle venait à se répandre, probablement l’ancien Alpha ferait en sorte de faire exécuter le fils d’Hallellujah, de gré ou de force contre son propre sang.

Au moins, la génétique qui avait élaboré savamment le fragile corps avait prit soin de lui faire écopé d’une toison d’or sur le sommet du crâne et d’un iris aussi bleu que celles de son géniteur. Ne ressemblant en rien a la danseuse qui l’avait amoureusement porté neuf mois durant, sans relâche, et qui avait sacrifié sa vie pour que la sienne soit sauve, ses aïeuls acceptaient au moins de tolérer sa présence. Sans l’accepter pour autant. Après tout, dans la meute que formait leur « famille », il était aisé de voir que l’innocent se situait tout en bas de la pyramide, en tant qu’Oméga ; Ceux que l’on se doit de supporter mais qui ne sont rien de plus qu’une gêne, un parasite qu’il serait délectable d’écraser a tout instant. Mais la protection de son paternel suffisait à le mettre pour l’heure, hors de portée des plus dangereux prédateurs qui puissent exister pour lui ; les siens.

Ô, bien sur, il tentât parfois de se faire un tant soit peu apprécier par ces personnes si froides et si distantes a son encontre. Parce qu’il les aimait profondément de tout son minuscule cœur ignorant, et se persuadait, chaque jour que Dieu faisait a son attention, de s’enquérir de leurs états, de leurs humeurs et des désirs qu’il serait en mesure de satisfaire par ses propres moyens. En ce temps ci, il ne comprenait guère les subtilités, aussi, lorsqu’on lui lâchait froidement un « Tu peux aller mourir sous un pont. » lorsqu’il les interrogeait tous sur leurs attentes a son sujet, il ne bronchait pas mais n’en tenait pas rigueur encore. L’ignorance est le meilleur des baumes contre le rejet, parfois.

De temps à autres, son père quittait la Capitale avec lui, pour se rendre en Province, lors de réunions plus ou moins familiales, durant lesquelles bien des sujets étaient abordés. Souvent, les débats les plus intenses tournaient autour du devenir du garçonnet ; de comment « sauver » le gêne lycans noyés entre ses chairs par la moitié d’âme humaine qu’il avait reçu de sa maudite mère. Denovan tentait à chaque fois de plaider sa cause, mais il se retrouvait seul contre tous. Et bien qu’étant Alpha, il existe des situations faces auquel on ne peut plus lutter. Aussi, bien malgré lui, il se retrouvait prit dans des discussions interminables, dont il aurait préféré s’exiler a milles lieues de là. La puissance qui coulait dans ses veines ne pouvait rejeter les liens si ancrés dans les limbes de son être envers la meute ; Et malgré qu’ils lui aient prit l’amour de sa vie, jamais il ne pourrait s’en éloigner totalement. Croire ceci était une utopie pure et parfaite. Une véritable meute ne se disloque jamais, et reste soudé contre vents et marées. Même lorsque ces derniers en été provoqués sciemment. Elison enviait sa sœur, Juliette, de se trouver bien trop loin de leurs parents communs, en ces heures grisâtres. Partie en Italie de son propre chef afin d’observer de ses propres yeux la créativité des maîtres d’art méditerranéens, voilà trois ans qu’il ne l’avait revue. La dernière visite remontait au premier anniversaire de Mezariel, d’ailleurs.

Quant à ce dernier, il avait su être exploité par ses nombreux cousins et cousines lors des longues et suffocantes discussions dans lesquelles s’embastillaient les adultes. En effet, dès lors que l’Alpha avait le dos tourné – ne pouvant avoir d’yeux partout- les garnements attirait l’enfant un peu en retrait et, sous prétexte de jeux, le rouait de coups, tantôt sous forme lupine, l’instant d’après avec de petits poings d’apparence humaine, mais bien plus puissants que les originaux. Et ainsi de suite. L’entreprise macabre n’en finissait qu’après de longs moments passés à s’occuper de la sorte, dés lors que les louveteaux, « lassés », s’en retournaient à leurs autres occupations, délaissant Mezariel, seul, encore. Comme a chaque fois que cela se produisait ainsi – cette fois ci, il se jugeait chanceux, au moins là, il n’avait pas écopé d’une « chute » dans le cours d’eau froid qui serpentait entre les bois proches- le blondinet retournait chez la résidence provinciale et lorsque son père, paniqué, lui demandait la raison de son pitoyable état – contusions, vêtements déchirés et lignes de sang striant son derme- il répondait avec un sourire : « Ce n’est rien père, je me suis seulement égaré en forêt et je suis tombé, rien de plus. »

Bien entendu, Denovan n’en croyait pas un mot. Mais il ne pouvait briser l’illusion dans laquelle son fils s’enfermait fermement, et de l’intérieur de laquelle il ne paraissait point désiré être délogé. En vérité, ces moments étaient les seuls qu’il pouvait passer hors des quatre murs de sa demeure, à Paris. Alors, il faisait comme si rien de grave ne s'était produit. Pas une seule fois il ne s'était plaint. Ici, a l’abri du regard d’autrui, il était libre de courir comme bon lui semblait, sans faire attention a l’œil étrange qui le caractérisait et le rendait si différent des autres bambins avec qui il « s’amusait ».

Paria des loups, interdit de sorties dans le monde des hommes, plus il grandissait et moins il comprenait. Et les mots devinrent de plus en plus piquants à la surface de son âme. Le rejet se faisait de moins en moins supportable et il songeât, durant une courte période, à en finir pour de bon. Après tout, il aurait suffit de la bonne volonté d’une bête ne l’appréciant guère pour que tout soit rapidement réglé et que l’on ne parle plus de lui. Mais, trop terrorisé par ce qui pourrait advenir du peu de substances d’âme par la suite, il rangeât finalement cette option saugrenue au fin fonds de son esprit torturé.

Mais bien des questions restaient malgré tout sans réponses pour les combler, creusant toujours plus profond l’invisible blessure béante qui construisait sans relâche son infâme terrier, dont l’épicentre n’était autre que le cœur du jeune hybride. Un soir, bien que la pluie martyrisait la terre, la rendant boueuse, il se glissa à l’extérieur de la villa et fit quelques mètres a peine derrière cette dernière, sur le terrain boisé qui ornait sa délimitation. Prenant place entre deux racines d’un imposant chêne, le freluquet se laissa glisser sur le sol, s’adossant contre le tronc de l’arbre et ramenant contre lui ses jambes. Le froid ne le dérangeait pas, ses pensées brulantes suffisaient à elles seules a lui faire oublier les myriades aqueuses qui se déversaient sur son corps, sans remords aucuns.

Bien entendu, sitôt après c’être aperçu de la disparition du jeune hybride de la bâtisse, son père et Nao se lancèrent a sa recherche immédiatement. Denovan fouillait l’intégralité de la résidence, hélant le nom de son fils, aidé par la servante. Les pas de cette dernière la menèrent tout droit vers l’extérieur, sous la pluie torrentielle. Bien vite, sa chevelure pâle fut rendue poisseuse par l’eau du ciel qui s’y réfugiait, et de minuscules torrents glissaient le long de ses traits et de ses courbes. Mais pour l’heure, seule la vie de son petit maître comptait. Elle lui avait juré autant d’allégeance qu’a son Alpha et ne supportait donc pas l’idée qu’il ait pu lui arriver malheur. S’apercevant que ses appels désespérés ne l’aidaient en rien, la blafarde fit quelques pas en direction des bois, songeant un court instant à revêtir sa fourrure lunaire. Mais elle se ravisa bien vite en songeant que des humains tout ce qu’il y a de plus normaux seraient peut-être en train d’errer dans cette forêt ; De ce fait, si elle était aperçu en étant louve, ce serait scandaleusement problématique.

Ainsi, c’est tout de même paniqué qu’elle perpétua son avancée, en trottinant d’abord, puis se stoppant, son regard rubis balayant les alentours juste devant elle, plein d’angoisse. C’est précisément à ce moment là que ses oreilles captèrent le son fluet mais bel et bien présent de sanglots. Ils étaient difficilement perceptibles, même pour elle, mais la superbe lycane, se sentit obligée de se retournée instamment, afin de découvrir la source de cette sonorité.

Ce ne fut nul autre que la fragile silhouette de Mezariel, recroquevillé sur lui-même qui se dévoila devant ses yeux écarquillés par la surprise de la trouvé de cette façon, contre le tronc d’un arbre qu’elle avait dépassé de quelques mètres à peine, sans l’apercevoir auparavant.
    « Maître ! » criât-elle en se ruant vers lui.
Voulant porter délicatement ses mains sur les épaules battues par la pluie du garçonnet, elle fut coupée dans son élan dés lors que ce dernier, depuis sa cachette sombre de son faciès, émit une simple question.
    « Nao… Pourquoi tout le monde me déteste ? Pourquoi les loups me rejettent ? Pourquoi je ne puis sortir dans les rues de Paris la Magnifique, dis moi ?»
A ces mots, le cœur de la susnommée se serra dans les confins de sa poitrine. Voila, il ne pouvait y avoir plus longtemps de dissimulation ou autre. La servante le savait pertinemment, que son Alpha n’aurait pas dû tenir secret la nature de son propre sang a ce dernier, sous peine d’une souffrance bien plus intense a la découverte de tout ceci. Mais de part son rang, et au vu du respect dont elle irradiait littéralement pour celui qui avait fait d’elle une créature de la Lune, jamais elle n’avait osé apposer ses idées au grand jour, les gardant précieusement pour sa petite personne. Maintenant, les comptes allaient devoir être tenu par les âmes les plus adaptées à cet effet. Mais pour l’heure, il était impératif de rassurer l’hybride, et de le réconforter contre toutes les mauvais jugements dont il venait de se rendre compte bien trop vite.

En fin de compte, tout comme l’aurait fait, non pas une mère, mais au moins une grande sœur envers un cadet, Nao reprit son geste précédent et ses doigts se déposèrent délicatement sur le tissu trempé qui jonchait les épaules de l’héritier de Denovan. Enfin, d’un geste souple et rempli de douceur, l’albinos ramena le blondinet tout contre elle, contre la chaleur apaisante de l’ondulation de son poitrail. Oubliant un instant les cristaux translucides qui les harcelaient toujours tout les deux, sa voix, calme et posée, s’invita dans le creux de l’oreille la plus proche de son très jeune supérieur.
    « Jeune Maître, il ne faut vous mettre dans te tels états pour ceci. Votre père vous aime, et je vous aime également. Je vous ne conjure, ne vous torturez plus de la sorte. »
Sans doute s’était-elle trop emportée, mais c’est volontairement qu’elle avait omis de préciser que bientôt, plus rien ne serait cacher aux yeux de Mezariel. Évidemment, elle ne possédait aucun don de lucidité poussé et n’était pas devin, mais elle savait pertinemment que Denovan ne pourrait plus supporter le poids du secret qu’il s’imposait pour tenter de faire obtenir a son descendant unique, une vie normale. Chose a laquelle il avait piètrement échoué jusque là, malgré tout l’amour qu’il mettait à la tâche.

Le garçon se mit à pleurer a chaude larme suite à la déclaration sincère de celle qui se rapprochait le plus d’une mère, pour lui, a l’heure actuelle. S’accrochant de toutes ses forces aux vêtements de la belle, comme si cette dernière risquait de disparaitre d’un instant à l’autre, il laissait librement s’exprimer son cœur devant elle, ses sanglots devenant de plus en plus forts. Il fallut attendre la fin de l’irrévérente averse pour que les larmes du fils héritier ne se tarissent à leur tour. L’étreinte ne fut pas desserrer tout de suite en revanche. Avant de se relever et d’entrainer son petit maître avec elle dans son mouvement, Nao avait attendu qu’il soit bel et bien devenu plus serein. L’état escompté enfin obtenu, la louve se redressa, prit l’enfant par la main et le ramena tendrement vers sa demeure, ou son père, inquiet, l’attendait sans aucun doute.

Et en effet, ce fut bel et bien le cas. A peine les pas des deux protagonistes furent-ils entendus par l’oreille attentive de Denovan a cause de la boue qui jonchait tout le sol alentour, il se précipita a l’extérieur et, avant même de laissé le temps a son garçon de réagir, vint l’enlacer fortement. Un peu plus et il aurait laissé s’évacuer a son tour les larmes d’angoisse qui le suppliait de les libérer instamment. Bien que loup de sang pur, Alfa de surcroit, l’inquiétude du père en lui avait prit largement le dessus sur l’instinct et le sang-froid du chef de meute qui résidait également entre les courbes de son être.
    « Ne me refait plus jamais une peur pareille, Mezariel ! » Geignit le puissant Denovan, paraissant maintenant bien fragile aux yeux bâtards de son fils.
    « Pardon, père… » Répondit seulement le petit blond, avant de suivre le cortège improvisé jusque dans les entrailles de la villa qu’il avait quitté quelques instants plus tôt à peine.
Détrempé, il laissa échapper un éternuement.

Le regard de son père, quant à lui, fit l’erreur de croiser le vermeil de Nao bien trop rapidement. A voir les sentiments qui s’étaient déposés en une épaisse couche tout au fonds de ses prunelles, il savait maintenant qu’il n’avait plus le choix. Il ne pouvait plus reculer face à l’amère vérité et se devait d’avouer l’essence même du problème existentielle de son fils à ce dernier. Il fallait lui dévoiler qu’il n’était pas totalement lycan.

Mais tout d’abord, les priorités étaient se sécher et réchauffer Mezariel afin qu’il ne prenne pas froid bêtement.

Nao se retira dans sa chambre, afin de s’occuper de sa propre toilette, laissant à ses deux maîtres, un moment de solitude bienvenu. La sélection des mots a employé pour annoncer une telle nouvelle et les tournures de phrases les accompagnants fut rude pour le Seigneur des De SaintLouis. Mais il savait pertinemment qu’il se devait de passer par un tel chemin escarpé pour enfin calmer la frustration de l’enfant qu’il avait eu avec Hallellujah, et de mettre un terme a la protection contre sa propre race qu’il avait essayé vainement de mettre sur pieds.
L’entièreté du processeur lui demanda en tout et pour toute une nuit complète vouée uniquement à la réflexion. Son fils avait été mit au lit bien plus tôt dans la soirée, dans la chambre d’à côté, afin de pouvoir lui laissé davantage de temps pour son devoir tout en conservant une oreille attentive aux moindres sons qui pouvaient éveillés des soupçons de l’autre côté du mur.

Au petit matin, d’un pas délicat mais peu assuré, Denovan tourna la poignée de la porte menant à la chambre de Mezariel avec une certaine appréhension. S’efforçant de prendre sur lui, l’Alpha apparut digne et droit dans l’embrasure de la pièce. A son plus grand étonnement, sa chair et son sang n’était nullement endormi, bien au contraire. Les yeux variés du petit se posèrent sur lui, sans que leur propriétaire ne laisse échapper le moindre mot. Il fut nécessaire que ce soit l’adulte qui brise le silence. Inspirant fortement, il déclara alors ;
    « Mezariel, il ya quelque chose dont j’aimerais te parler. »
Et la pièce de bois se referma dans son dos.


Les palabres – qui furent plus parés d’un rôle de monologue en définitive – s’invitèrent entre les murs de la chambre de l’Infant jusque tard dans l’après-midi. Son père s’essayait à choisir les bonnes paroles pour faire en sorte que son fils ne se sente pas monstre, car il ne l’était nullement. Bien au contraire. Aux yeux de Denovan, son fils était une sorte d’ange parmi les lycans. Faible, fragile, mais pas monstrueux, non. Ça, jamais.

Puis, lorsqu’enfin le sang-pur s’autorisa à déglutir, a la fin de son récit, il attendit patiemment la réaction de Mezariel, angoissé. Et si sa propre chair le rejetait ? Que deviendrait-il ? Son cœur se fendrait inéluctablement en un millier d’éclats rougeâtres, pour sur ! Il se surprit même a songer qu’en fin de compte, parler au petit de sa mère, de la façon dont il avait rencontrer cette dernière, de l’amour et du lien qui avait existé entre eux, de sa disparition tragique au moment de sa naissance, et finalement de la nature toute entière de la progéniture qu’il avait eu avec cette bohémienne, n’était pas une bonne idée.

Mais finalement, lorsque les orbes dépareillés de l’hybride se fixèrent sur la silhouette de son père, ce dernier ne put lire en eux qu’une curiosité de plus en plus grandissante. Il n’y avait là ni haine ni dégout ; Simplement un océan de questions miroitantes qui, dés lors qu’elles trouvaient réponses a leurs énigmes, renvoyaient immédiatement les esprits vers l’une de leurs ô combien nombreuses sœurs. Semblables, mais jamais identiques pour autant cela dit. Et vint un moment clef ou la voix chétive de la plus petite des deux créatures osa quémander quelque chose à la plus large d’épaules ;
    « Père… Pourrais-je vois ou ma mère a rendu son dernier soupir ? »
Voila une question pour le moins surprenant qui déstabilisa un instant Denovan. C’était sordide et résonnait presque lugubrement à l’intérieur de son crâne, subrepticement. Mais une conviction l’étreignant tout au fonds de lui-même finit par le convaincre et lui faire reprendre pied avec la réalité par la même occasion. Se relevant et recouvrant ainsi toute la taille et la droiture qui ne faisait aucun doute quant au fait qu’il était bel et bien l’Alpha de les meute des De SaintLouis, il tendit une main vers son descendant et déclarât, avec une voix aussi chaude que douce ; remplie d’amour et de prévenance :
    « Prends ma main mon fils, nous allons marcher un peu dans Paris. »
Un sourire illumina le visage du petit, resté un instant interdit face a cette proposition. Puis il s’empara de la grande main de son père et se laissa guider, dans ce monde dont il ignorait encore tout ; Ce monde qu’il découvrait alors concrètement pour la toute première fois en sept ans d’existence.

Bien entendu, Mezariel avait déjà eu l’occasion d’observer les calèches qui déambulaient dans les entrailles de Paris, tirées par deux superbes chevaux. Mais ce n’était là que la piètre étendue de ses connaissances a ce sujet. Pour le reste, hormis par le biais des livres qui contenaient ses leçons journalières, il ne savait que peu de chose ; Voici sans doute pourquoi il fut si surprit de voir une diligence d’aussi prés, alors que l’un des équidés qui la tractait abattit ses sabots sur les pavés parisiens a moins d’un mètre de lui, non sans hennir un grand coup tout d’abord. Denovan l’attira contre lui par le bras et s’efforça de rassurer au mieux cette petite vie en train d’appréhender un univers dont il avait voulu le préserver jusque là, vainement.

De même, il consigna le petit hybride a dissimuler son œil droit le plus possible, sans en ouvrir la paupière, et en étendant un rideau capillaire juste devant, afin de multiplier les précautions. Sait-on jamais, un coup de vent était si vite arrivé, après tout. Mais l’enfant ne s’en formalisa pas et obéit, bien trop heureux à l’idée qu’il foulait maintenant de son pied, le sol qu’arpentait toute la population de la ville l’ayant vu naître, plusieurs années en arrière. Un joyeux rictus ornait son visage, sans désemplir. Toutes ces couleurs, ces parfums si différents de ceux hantant la maison dont il n’était jamais autorisé à quitter les limbes, ces personnes qui ne le dévisageaient pas, pour une fois… C’était irréel. Mezariel était persuadé d’être en train de rêver. Comment expliquer la chose autrement sinon ?

Les plus nobles passants émerveillait son orbe unique dévoilé de par leurs apparences toutes différentes les unes des autres. Les toilettes riches et soignées aidaient son imagination à concevoir une toute autre vision des choses, d’un point de vue purement enfantin. Il ne se rendait même pas compte de la distance respectable qu’il était en train de parcourir à pied, auprès de son père, sans jamais broncher. Et enfin, alors que ses observations n’étaient pas encore terminées, il sentit les doigts de son paternel se raidir légèrement autour des siens. Interrogeant tout d’abord l’immense masse qui statuait prés de lui du regard, il finit par suivre le fil invisible partant des yeux de Denovan et son œil rencontra bientôt le Parvis de notre Dame. Et plus précisément, les escaliers de ce dernier, là ou sa génitrice avait lutté pour lui sauver tant bien que mal la vie.
    "C’est ici, Mezariel. » Asséna alors le sang-pur, dont le timbre de voix s’était soudainement fait plus sombre.
L’enfant, après une minuscule minute de songe, lâcha les phalanges de son père et s’avança, presque intimidé, vers les plaques mise à nue par les rayons du Soleil ayant passé le Zénith. Puis, s’accroupissant, il vint caresser timidement du bout des doigts la structure solide qui n’avait pas bougé depuis le fameux soir ou il était venu au monde. Seules les traces de sangs avait disparues, quoi de plus normal ? Mais le bambin blond parvenait presque à les imaginer, tatouer sur ce sol, rendu brun par l’usure. Ses yeux commencèrent alors à le picoter, signe que des cristaux salés allaient bientôt perler sur la douceur de ses pommettes juvéniles. Les frasques oniriques de son esprit en ébullition créaient l’illusion qu’il pouvait capter, dans les brises s’entrechoquant prés de lui, le son des cris de sa douce mère luttant pour le protéger. Ses épaules tremblotèrent alors qu’il se rendait compte de toute l’ignominie qui avait été perpétrée ici. Les mots étaient bien inutiles dans une pareille situation. Seuls les actes comptaient vraiment.

C’est ainsi que le puissant Alpha s’approcha de son fils, posa un genou à terre avant de provoquer le contact entre sa paume gauche et l’épaule de ce dernier. Il voulait lui montrer qu’il était là, et que sa mère subsisterait toujours en lui, quoi qu’il arrive. Il ne devait pas se sentir coupable, bien au contraire. Il fallait que Mezariel soit fier de l’amour cristallisé qu’il représentait encore aujourd’hui, le symbole de la relation qui se créa entre ses deux parents, le pourquoi Hallellujah a juger suffisamment important de mettre un terme a sa propre vie.

L’enfant prit conscience peu à peu de tout ça, et malgré la douleur, un sourire brulât encore une fois ses lèvres rosées. Son seul œil visible rendait sa vision floue à cause des larmes qui menaçait de s’évader à tout instant, mais il n’en avait cure. Relevant la tête vers la Cathédrale sainte de Notre Dame, et après que Denovan lui ai dit que désormais, l’âme de sa douce mère était totalement hors de porté de la félonie de son clan, a l’intérieur, le petit blond renifla, comme pour ravaler sa peine et dit :
    « Merci, Maman. Je t’aime. »
Ce murmure avait été plus prononcé pour lui que pour quiconque d’autre mais peu lui importait. Il savait maintenant d’où il venait vraiment. Dés lors, et sans même le savoir, il s’apprêtait à marcher sans son amie l’ignorance, sur un tout autre chemin. Parfois, ne rien savoir peut peut-être demeurer la meilleure des solutions pour tous. Dans le cas de Mezariel, le Destin en avait décidé autrement.

L’année suivante, un matin, son père vint le chercher avec une joyeuse expression arraché au visage. Lorsqu’il prit son unique descendant dans ses bras, ce dernier l’interrogeât sur le pourquoi d’un tel enthousiasme. Et il fut immédiatement mis au courant. En effet, sa tante, Juliette, venait de revenir à Paris, sur le territoire de sa meute, après prés de dix ans d’absence. Mais ce n’était pas là la seule nouvelle ravissante dont Denovan était porteur. En effet, il ne pouvait être que ravi de ce que sa cadette lui avait apprit par une lettre écrite de sa main à elle, douce mais ferme à la fois. Sur le territoire d’Italie, la superbe lycane avait fait la connaissance d’un noble de la Cour du Roi méditerranéen. Son nom était Valentino Di Masacataro. Il était un marquis réputé pour ses missions toujours réussies avec succès. D’un caractère doux et aimant, bien des femmes s’étaient battues pour avoir ses faveurs sans pour autant y parvenir. Seule la seconde enfant de Castiel était arrivée à boucler cet exploit. Ainsi, c’est également dans le plus grand secret qu’ils se marièrent hors des frontières françaises dés lors que Juliette… sût qu’elle était tombée enceinte de lui.

Voici déjà sept années qu’elle avait donné la vie et ce fut le laps de temps qu’il lui fut nécessaire de conserver pour trouver en elle le courage et la détermination de retourner auprès des siens, afin de leur annoncer tout ces flots de « merveilleuses » nouvelles.

L’Alpha arriva dans le jardin de la résidence secondaire de la famille, tout sourire, son fils perché sur son avant bras droit. Il fit la bise à sa sœur, et serra la main à celui qu’il considérait déjà comme son « beau frère » d’une poigne puissante mais tout de même chaleureuse. Il n’avait aucun intérêt à détruire le bonheur quasiment neuf de sa petite sœur, et il lui souhaitait même de rencontré davantage de chance que lui d’ailleurs. De son point de vue, puisqu’elle n’était pas héritière du titre d’Alpha de la meute, alors sa nouvelle famille à moitié humaine ne risquait rien. Absolument rien. Même si elle avait donné naissance à une hybride. Il eut tord, mais ne le sut pas immédiatement.

Pour l’heure, et après avoir ignoré l’ambiance glaciale qui régnait alors parmi tous les autres loups de l’assemblée improvisée, Denovan fit descendre son enfant de son bras et l’emmena avec la plus grande douceur qui soit vers les jambes de Juliette, derrière lesquelles se dissimulait l’adorable Stella Agnès Di Masacataro. De grands yeux dorés et des cheveux bruns encadrant un visage d’angelot qui ne laissait personne indifférent, et certainement pas Mezariel. Si l’autre hybride n’avait pas été sa cousine la plus proche, sans doute le blondinet en serait tombé éperdument amoureux. Déjà intimidée par la demoiselle qui elle, semblait avoir rapidement dompté sa timidité, lui, le grand froussard devant l’inconnu, du se faire pousser le dos par son paternel afin qu’il se retrouve suffisamment proche de Stella pour arriver à lui sourire correctement.

Ni une ni deux, la turbulente fille de Juliette prit le bras de son nouvel ami et l’entrainât plus loin, dans l’espace vert q leur disposition. Pour une fois, les autres louveteaux ne vinrent pas les déranger et ils purent passer du temps seuls à seuls. L’étrange sensation de revivre s’éprit rapidement du cœur de Mezariel et en compagnie de sa cousine tout juste rencontrée, il avait l’impression d’être un autre, une personne tout à fait normale. Elle ne se moquât pas de son œil ni ne le rejeta pour autant ; L’inverse eu même été davantage peigné de vérité puisqu’elle était presque admiration lorsque son regard ambre observait l’œil difforme du garçonnet. Ce dernier apprit qu’en français, le prénom de la brunette signifiait « Étoile », et immédiatement, fut charmé, littéralement.

Les mois passèrent et les deux enfants se voyaient régulièrement, chaque fois un peu plus ravis que lors de leurs rencontres précédentes. Ils se comprenaient si bien l’un l’autre que l’on aurait pu les comparer a un miroir et son reflet le plus probant de ressemblance. Mezariel se confiait à cœur ouvert à Stella, qui faisait de même. Il l’aimait comme une sœur et s’était décidé à la protéger au cas ou les autres « bambins » de leur clan décidait de s'en prendre a elle – même si paradoxalement, elle se défendait bien mieux que lui vis-à-vis d’eux, ce qui fut tout de même un tantinet frustrant pour le plus âgé des deux hybrides. Mais au final, ceci n’avait aucune importance.

L’essentiel était qu’ensembles, ils se sentent unis et presque invincibles. Le lien qui unissait Denovan et sa sœur cadette se resserra davantage durant cette période, et l’Alpha apprit que si présentement, la seule femme de leur fratrie demeurait être très amoureuse de son italien, au tout départ, elle n’avait agit que par curiosité, a cause de l’histoire qu’avait eu son ainé avec cette bohémienne. Suite à ce chapitre pour le moins sombre, elle avait voulu se plonger au plus prés des humains et comprendre ce qui avait attiré son frère vers eux. Elle avait finalement comprit, si bien que son cœur et ses sentiments avaient été conquit, non sans mal, par l’un de ces êtres. L’Alpha ne put qu’applaudir cette performance de la part du méditerranéen.

Les heures sombres n’avaient pas encore entachées de leur poisseuse liqueur la douceur de ces instants, ou les enfants restaient seulement des enfants.


Bien des mois après que Mezariel eut fait la connaissance de Stella, son père reçu une missive venant directement du Roi, demandant expressément qu’il se rende en Occitanie ou une rébellion villageoise venait d’éclater. Il se devait d’honorer son titre de Marquis et s’apprêta, resté curieux de la note de fin, tout de même. Une étrange sensation l’envahie alors, bien qu’il n’eut su la définir avec exactitude. Refoulant toutes ces mauvaises pensées au fonds de lui-même, persuadé d’avoir été investi par une souche de paranoïa qui n’avait lieu d’être, Denovan enfila son manteau et dit à son fils unique de s’apprêter également. Il ne pouvait prendre le risque de le laisser, même en compagnie de Nao, avec l’entièreté de la meute présente en ces lieux pour l’heure. Le petit blond n’était pas assez fort pour se défendre face au danger que représentait son propre sang pour sa petite personne ; La prudence s’instaurait donc tout naturellement.

Autre fait surprenant, ce fut celui de constater que Juliette Alice était également conviée à prendre part a l’expédition. Étrange, aux yeux de l’ainé de la fratrie puisque malgré leur secret commun d’être un animal aux services de la Lune, elle n’en restait pas moins une femme d’apparence fragile. Il eut du mal à comprendre le raisonnement du Souverain à ce sujet. Mais ne désirant pas perdre davantage de temps que ce n’était déjà le cas, l’Alpha grimpa dans la diligence, précédée de son fils et suivit par sa cadette. La pauvre allait devoir rester séparée de sa famille tant aimée. Sa petite fille étant souffrante et alitée a cause d’une forte fièvre, son père avait donc proposé de mettre entre parenthèse les missions dont il était lui-même garant le temps que sa compagne revienne de la sienne ; Ainsi, pendant ce temps, il aurait tout loisir de prendre soin de sa précieuse Stella et de s’affairer à la remettre sur pieds avant que la mère de cette dernière ne rentre. L’idée fut acceptée par sa femme qui pouvait donc partir sereine à l’idée que l’homme qu’elle aimait veillait sur leur trésor commun.

Les roues de la calèche martelèrent fortement les pavés parisiens tandis que les lieues défilaient sous le ventre de bois de cette dernière. Le voyage s’annonçait long, mais pas aussi pénible que pensé. Après tout, les deux adultes pouvaient converser sans se soucier des règles de bienséance, et le petit blond pouvait, quant a lui, jouir d’un repos confortable et dense, chose devenue bien trop rare pour lui en ces temps ci.

Les sujets abordés par les deux sang-purs furent aussi divers que variés. Ils se reposèrent chacun uniquement le strict minimum, afin de pouvoir continuer leur débat a multiples sujets. L’arrivée à destination se fit un tantinet mouvementée. Les insurgés, reconnaissant sur le flan de la carriole le symbole de la Royauté, eurent tôt fait de l’attaquer a grand coup de fourche et de faucille. Certains museaux d’armes traversèrent l’épaisseur du bois et des rembourrages, effrayant l’hybride qui s’accrocha dés lors aux étoffes couteuses portées par son père, comme si sa vie en dépendait. Il était terrorisé.

S’il y avait bien une chose que Denovan ne pouvait supporter, c’était les craintes et les larmes de son seul descendant. Sentant l’odeur de la frayeur s’enhardir a la surface du petit homme recroquevillé contre lui, il mit de côté son allégeance envers le Roi et n’adressa qu’un regard à sa sœur avant de lui mettre Mezariel dans ses bras fins. Ces yeux là voulaient tout dire, aussi, Juliette, connaissant son frère par cœur, garda son neveu contre elle, lui caressant sa claire chevelure, comme pour l’apaiser au maximum.
    « Garde le en sécurité, et ne sors pas au dehors. » ordonnât-il d’une voix rauque, ce que sa sœur ne contredit point.
L’Alpha sortit de la diligence et posa ses pieds sur le sol sec. Son expression dépeinte de lassitude voulait tout dire. Mais les paysans en face de lui ne comprirent pas le message implicite qui aurait pu leur éviter une immense frayeur par la suite. L’un d’eux, sans doute plus téméraire que les autres, lui hurlât de retourner en Enfer tandis qu’il le chargeait, les mains armées d’un outil de ferme. Mais la lame de ce dernier n’atteignit jamais le visage parfait du Marquis, cible originelle du coup porté. Une poigne sévère se referma sur le manche de l’objet devant servir à le blesser et ses yeux se firent de glace en se posant sur le manant qui avait eu l’impudence de se croise sur un pied d’égalité avec son but. La réaction ne se fit pas attendre, et l’occitanien abandonna son seul moyen d’action aux doigts de la créature dont nul ne connaissait l’essence avant de reculer en hurlant vers le cerceau de badauds qui s’était formé autour de la calèche.

A l’intérieur, tandis que le fils unique du chef de meute tremblotait contre la silhouette de sa tante, cette dernière se mit à chantonner une berceuse, apprise en Italie, pour sa fille. L’effet apaisant de sa voix fit effet sur le petit être hybride qui cessa alors d’être la proie des affreux sursauts, chiens de l’effroi.

L’affaire trouva bien vite résolution par la suite. Sans doute la carrure et l’aura prédatrice de Denovan aidèrent grandement, l’une alliée à l’autre, à souffler loin d’eux les germes révolutionnaires des campagnards qui avaient agressés la diligence conduisant le Marquis et sa suite jusqu'à destination. La nouvelle fit grand nom et se diffusa en quelques jours seulement a travers toute la région, apaisant ainsi un feu naissant mais malvenu dans un pareil contexte monarchique.

Les ennuis éliminés, les deux sang-purs et l’hybride purent rebrousser chemin vers leurs habitations respectives au seuil de la Capitale française, non ans avoir fait une halte d’une nuit dans l’une des auberges du village. Le voyage avait été éreintant pour l’Infant, et si les deux adultes auraient pu sans mal tenir et prendre sur eux le temps d’un voyage de retour immédiat, ce n’était pas le cas du premier cité. Son père fit donc arrêté la carriole prés d’une maisonnée offrant en échange de quelques roubles de monnaie, une chambre aussi confortable que possible pour y passer la nuit ainsi qu’un copieux repas de terroir. Bien évidemment, ce n’était en rien semblable avec le luxe et le faste qu’il était possible d’obtenir dans l’une des chambres du Palais de Paris, mais pour Mezariel, qui avait déjà encaissé trois jours de voyages consécutifs, ce fut dés plus salvateur. Bien sur, il s’était reposé énormément durant la descendante vers les territoires du Sud, mais pas suffisamment. Et dormir dans un véritable lit était toujours mieux pour ses vertèbres que contre la colossale stature de son géniteur.

L’Alpha et sa cadette attendirent donc que le Soleil décide de poindre du bout du nez sur l’axe de l’horizon, signe qu’il était temps pour eux de rentrer parmi les leurs. Déjà, Juliette, bien que mal à l’aise – sans trop en connaître les raisons cela dit- avait grand hâte de serrer sa fille dans ses bras et d’embrasser amoureusement son mari, Valentino. Son vœu le plus cher était que durant cette absence de quelques jours, sa princesse adorée ait recouvré des forces en quantité suffisante pour accéder au projet qu’elle avait bâti à l’intérieur de son crâne, soit, une promenade en famille dans la forêt toute proche. Un moyen idéal de resserrer les liens après l’absence d’un être cher.

Mais alors que la carriole continuait son avancée vers leur ville de départ, l’angoisse qui gangrenait son sang froid se faisait de plus en plus hardie.

Sitôt le véhicule arrêté devant la résidence familiale des De SaintLouis, la louve bondit au dehors, bien vite suivit par son ainé qui empoigna fermement le poignet de son fils, afin d’être sur de l’avoir toujours prés de lui. Une vague odeur ferreuse se faisait sentir, de même que celle de la charogne en début de putréfaction. Mais au départ, nul ne sut d’où provenait une pareille fragrance. L’entièreté de la meute était réunie au dehors, prenant le thé tous ensemble. Le plus jeune des frères de Denovan s’occupait à cajoler sa seconde fille, offrant a peine un regard poli a son Alpha. Il fut le plus courtois de tous, d’ailleurs. Et ce ne fut pas pour adoucir la terreur devenue maitresse du corps de Juliette, qui n’accorda même pas une parole a ses parents ou ses autres frères ; Elle recherchait son noyau familial, le sien et nul autre pour l’heure.



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Mezariel D.de SaintLouis
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MessageSujet: Re: L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé   Sam 25 Aoû - 22:27

Was touwaka gaya presia accrroad ieeya
►So that it never happens again, please give me hope◄

Ce n'est donc jamais arrivé encore une fois, s'il te plaît donne moi l'espoir


Ce fut finalement en apercevant Nao, recroquevillée dans un coin de l’immense terrain forestier que les doutes de la châtain se confirmèrent expressément. Les larmes lui montèrent aux yeux et dévalèrent finalement ses joues tandis qu’un hurlement fit saigner sa gorge. A quelques mètres a peine de la créature pâle et tremblotante, juste derrière de touffus buissons, gisaient les corps sans vie de Stella et son père Valentino.

Denovan, alerté par les cris de sa sœur, s’empressa d’aller la rejoindre, Mezariel sur ses talons. Toutefois, en constatant l’horreur de la scène, il ne put réprimer u frisson d’horreur lui parcourant le dos et apposa fermement l’une de ses grandes mains sur les yeux de son seul enfant ; pensant a tord pouvoir le conserver encore une fois de l’essence vermeil de ce monde hors norme. Mais si l’hybride ne voyait plus rien, au moins pouvait-il toujours entendre distinctement ce qui semblait se passer tout prés. Déglutissant, il osa demander :
    « Père… Pourquoi Tante Juliette pleure t-elle ?
    -Tu n’a pas besoin de le savoir. »
A ces mots, sonnant aussi durs et froids que la glace des Hautes Montagnes, le petit blond fut ramené a l’intérieur de la bâtisse et confié aux bras de Nao qui tentait vaille que vaille de calmer sa peine. L’Alpha avait cependant omis une chose par rapport à son fils ; C’est que ce dernier était loin d’être idiot. Il avait parfaitement compris ce qui s’était produit, et une fois la porte de sa chose fermée à clef de l’extérieur par son paternel, il s’autorisa à verser quelques larmes, en silence.

Il venait d’apprendre qu’on lui avait arraché ce reflet qui lui avait été si essentiel jusque là.


Lorsque un calme hypothétique revint couvrir la villa des De SaintLouis ; Mezariel fut autorisé à sortir de sa chambre. Ses yeux délavés trahissaient la douleur qui s’était invité sur son petit corps lorsque les cristaux salés s’étaient extirpés des grands orbes de son visage. Même la tendresse et la douceur maternelle de sa nourrice blafarde n’avaient vaincues son mal-être.

Il n’y avait eut ni cris ni scandales entre les sang-purs. Certainement, Denovan avait préféré restée auprès de sa jeune sœur pour la soutenir au mieux au lieu d’aller réclamer des comptes qu’il se doutait d’avance qu’ils ne seraient jamais avouer, a ses pairs. Pire, a ses frères.

C’est dans un état d’esprit semblable qu’il déposa un baiser sur le front de son fils et partit aux obsèques de son beau-frère et de sa nièce, accompagné de Juliette. Bien entendu, ils ne s’approchèrent pas de l’église, bien que la louve eut, pendant quelques minutes, l’envie d’en finir une bonne fois pour toute avec cette vie de monstruosités qu’était la sienne. Mais elle se ravisa ; Son frère, quelques années en arrière, n’avait pas agit de la sorte lorsqu’on lui avait arraché cette femme qu’il avait aimé au point de trahir sa lignée. Elle aussi, se devait d’être forte, et d’être présente pour ceux qui méritaient qu’elle le soit. Les deux créatures de Lunes prétextèrent que la douleur était bien trop incommensurable pour qu’ils puissent s’approcher davantage de l’édifice religieux. En soit, ce n’était pas totalement faux, dans les faits.

Pendant ce temps, au manoir, l’hybride restait dans le grand salon, faisant mine de lire un ouvrage dont il n’avait même pas retenu le simple nom. Il s’était saisit d’un livre au hasard et l’avait ouvert exactement de la même façon, pensant ainsi pouvoir se changer ses noires idées.

Des pas se firent alors entendre, et une silhouette élancée apparut à quelques mètres de lui. Un visage impassible encadré par des cheveux roux et coupés en carré plongeant, il s’agissait d’Aliénor, une louve de sang-pur aux services de Castiel, son grand-père, depuis bien des décennies déjà. Pas une seule gentillesse ne sortit d’entre ses lèvres, uniquement un assemblage de mots ramener en une phrase construite et prononcé sans aucune chaleur à l’attention du petit Infant.
    « C’est l’heure de votre bain, Maître. Fit-elle, grimaçant sur le dernier mot.
    -… Mais, c’est Nao, qui doit s’occuper de moi, normalement… Articula avec peine l’enfant, dont les mâchoires étaient comme endolories par le venin de l’amertume.
    - Elle est partie rejoindre votre Père et votre Tante aux obsèques, elle ne sera pas revenue avant la fin de l’après-midi et nous ne devons pas prendre de retard sur le programme de la journée, comprenez-vous ?
    -… »
Docile, le blondinet se leva alors et suivit sagement l’animale à la crinière de feu en direction de la salle de bain privée que possédait la demeure ou il logeait. Il ne cherchât même pas à contredire les paroles venant d’être prononcées. Après tout, c’était bien le genre de Nao de compatir à la souffrance des autres au point d’en oublier la tâche qu’on lui avait confié ; Mezariel, dans le cas présent. Gravissant les escaliers avec une lenteur déconcertante, le petit parvint à la salle dallée de blanc dont il était jusque la question. Une chose lui parut étrange, lorsque son corps pénétra entre les murs de cet humide endroit et se posta juste devant l’immense baignoire qui contenait une respectable quantité d’eau cristalline. Il faisait froid.

Sa servante prenait toujours soin de verser un liquide au moins tiède dans le grand récipient qui accueillait alors le corps du fils unique de Denovan. Là, quelque chose clochait. L’absence de la mordue provoquait-elle donc tant de choses inhabituelles par la suite ? L’hybride n’eut guère le temps d’interroger ne serait-ce que du regard Aliénor car une poigne ferme se referma alors sur sa gorge frêle et peu après, il sentit la froideur de l’eau l’envelopper tout entier. La tâche avait été bâclée dans un but précis, la sang-pur, désirant faire plaisir à son seule et unique maitre, avait pour objectif de noyer le bâtard de ses propres mains.

Bien évidemment, il tentât de se débattre, mais dû se rendre a l’évidence que c’était là peine perdue. Plus il donnait de coups et plus l’emprise de la créature sur son derme se faisait puissante. Finalement, a cours d’air, bientôt, Mezariel ressentit la froideur de la Mort apposé ses mains squelettiques sur lui, en même temps que le liquide s’insinuait a l’intérieur de sa gorge et de ses poumons, sans qu’il ne puisse lutter. Sa vue se troublât alors a son tour, achevant cette macabre délégation et bientôt le jeune blond cessa de se lutter. L’obscurité se fit de plus en plus présence, et de plus en plus appréciable devant son champ de vision. Il se laissait aller, à présent. Il y eut un éclat blanc, puis plus rien.

Ce fut un enchainement de vocalises toutes plus paniquées les unes que les autres qui eurent finalement raison de la torpeur frigide ayant enserré le jeune hybride dans leurs serres.
    « ..tre ! Jeune maître ! Répondez-moi ! Ouvrez les yeux ! Jeune maître ! Vous m’entendez ?! »
Ses paupières, bien que lourdes, se soulevèrent à l’unisson alors qu’une voix aux arômes familiers percuta vivement les tympans de l’Infant. Le flou gagna d’abord son discernement ; Puis, de plus en plus précise, des formes de plus en plus reconnaissables se dessinèrent devant ses deux orbes dépareillés. Au dessus de lui se tenait Nao, un air apeuré sur son beau visage de porcelaine.

Mezariel tremblait, à cause du froid, sans doute, puisqu'il était trempé de la tête aux pieds, bien que la peur ne soit guère totalement innocente au sujet de cet état particulier. En essayant de se redresser, il vit, étendue au fonds de la pièce, Aliénor. Couchée sur le sol de marbre, elle paraissait certes bien inoffensive à présent, inconsciente. Toutefois, l’instinct premier de l’enfant, semblable a celui d’une bête traquée par plus fort qu’elle, le poussa à essayer de s’échapper au plus vite. Il fut bien vite calmer par l’embrassade de sa servante, qui lui assura que pour l’heure, l’autre lycane ne pouvait plus rien lui faire.

Elle était arrivée juste à temps. Sortie une petite minute dans l’optique d’aller cueillir quelques fleurs de saisons afin d’aromatiser les thés qu’elle ferait un peu plus tard dans l’après midi, elle avait été surprise de ne pas trouver son petit maître entre les murs du grand salon ou elle l’avait vu, une trentaine de minutes auparavant. Puis, son sang n’avait fait qu’un tour lorsqu’un bruit d’éclaboussure était parvenu jusqu'à son ouïe très fine et qu’elle comprit ce qu’il se passait alors, a cause de l’absence d’Aliénor dans les cuisines de la demeure. Arrivée de justesse dans la salle de bains, n’écoutant que son courage, elle avait alors asséné un puissant coup de poing à la tête de la sang-pur, qui n’avait pas eu le temps de réagir outre mesure. L’effet de surprise avait parfaitement œuvré comme il l’avait fallut, ce qui avait permit a la mordue d’assommer la créature voulant du mal a l’enfant unique de Denovan.


Une fois l’hybride calmé, elle l’avait instinctivement emmené jusque dans sa propre chambre, et s’était installé avec lui sur son lit, tout en le berçant, aussi douce que le miel. La louve alla même jusqu'à fredonner une mélopée qu’elle avait retenue de son ancienne vie, dans le but de rassurer encore un peu plus la petite âme déstabilisée qui transpirait la peur, malgré qu’elle soit en sécurité, au creux de ses bras protecteur. De temps en temps, l’Infant reniflait, signe qu’il était toujours là, présent, même s’il ne disait mot. La peur l’avait submergé comme jamais ce n’avait été le cas jusque là. Couplée à la détresse que le petit d’homme ressentait du fait de la perte de Stella, quelques jours a peine auparavant, et vous compreniez rapidement qu’il était pour l’heure, grièvement éraflé. Même s’il ne souhaitait pas le laisser paraitre. Ou du moins, pas entièrement. Cet objectif avorta bien vite ; Mezariel n’ayant su contenir tout les mauvais sentiments et sensations qui l’habitaient alors sans aucun scrupule.

Lorsque l’Alpha remit les pieds à la demeure familiale, Nao se sentit obligé de l’informer de la tentative de meurtre sur son fils perpétrer par Aliénor, l’une des servantes de Castiel. Bouillant de rage mais davantage inquiet pour son garçon avant toute chose, Denovan passa le reste de la journée auprès de lui, s’affairant à le rassurer autant que ce fut possible de le faire. Mais ce fut un enfant désorienter qu’il trouva ce jour là, dans son étreinte pourtant chaleureuse.

Aliénor ne fut pas inquiétée ; Rien ne fut entamé contre sa personne. Dés lors que l’Infant dormait a poing fermer, et que le père de ce dernier fut assuré qu’il soit bien protégé le temps de son passage dans le salon familial, la perfide bête était aller se protéger sciemment derrière le dos de Castiel, son seul et unique maître ; Celui qu’elle servait sans doute plus par amour mal placé que réelle dévotion.

Le Chef de Meute ne prit pas le risque de tenter quoi que ce soit entre les murs de sa demeure. La rousse était sous l’aile protectrice de son propre père, et bien que l’envie d’en découdre l’eut plus qu’effleuré, il s’en était tenu là, bien intelligemment. Castiel n’était peut-être plus l’Alpha du groupe, mais il demeurait un être que l’on écoutait, que l’on respectait, et surtout à qui il restait encore une certaine puissance. L’ainé de la fratrie ne voulait prendre aucun risque, sachant pertinemment que son géniteur n’hésiterait pas une seconde à se transformer en lycanthrope pour prendre la défense d’Aliénor si cela s’avérait nécessaire. Aussi, se contentant d’une batterie de regards qui voulaient tout de même tout dire, il rebroussa chemin jusqu'à la chambre de son fils et s’endormit à ses côtés. Nao monta la garde à l’extérieur, et Juliette se coucha sur le fauteuil faisant face au lit de son neveu. Une protection nécessaire.

Mais comme il fallut s’y attendre, après de telles mésaventures cousues coup sur coup sur la toile de leur vie, la nuit ne fut pas dés plus salvatrice.





Cette même année fut le point d’ancrage d’un autre traumatisme pour le jeune hybride. Avant que les premières neiges ne tombent afin de recouvrir Paris la Magnifique, il du s’habituer à porter un cache œil au dessus de la rétine difforme dont il avait hérité à la naissance. Si jusque là, ceci n’avait pas gêné outre mesure, étant donné que l’enfant restait majoritairement cloitré chez lui – et demeurait être extrêmement prudent au dehors -, il fallut qu’Aliénor trouve le perfide moyen d’attenter une nouvelle fois a la vie de Mezariel. Son instinct de prédatrice l’avait poussé à se faire discrète pendant les quelques mois qui avaient suivi sa première tentative macabre. Denovan n’avait certes, pas baissé sa garde pour autant, mais au moins ne se focalisait-il plus uniquement sur elle, ce qui permettait a cette vorace de jouir d’une marge de manœuvre suffisamment étendue pour mener a bien ses vils desseins.

L’Infant se trouvait dans l’immense chambre de son paternel, ce jour là. Cherchant un endroit ou se cacher dans l’optique de jouer a d’enfantins jeux avec ce dernier, ses pas l’avaient conduit jusqu'à cette pièce ou il avait l’habitude de rester des heures durant, voir des nuits entières. Inspectant rapidement de son regard la pièce, il ne vit pas immédiatement l’ombre effilée se dessiner derrière lui, ni même le regard sanguin de cet animal maintenant dresser sur ses quatre pattes que lui conférait sa race.

Toutefois, le craquement de l’une des planches du parquet dans son dos le fit pivoter en direction dudit bruit. Pensant qu’il s’agissait de son géniteur, le petit blond afficha d’abord une mine boudeuse, car le jeu ne faisait a consens, que commencer. Mais, en constatant que face a lui se tenait l’imposante carrure d’une louve transformée, au pelage de feu et a l’aura brulante, il ne put réprimer un frisson glacial de chacune de ses vertèbres. Le temps qu’il comprenne ce qui lui arrivait, il était déjà trop tard. La patte puissante et farouche de la bête s’abattit avec violence sur son crâne, envoyant son petit corps valser plus loin, aussi désarticulé qu’une marionnette a qui on aurait sectionnée les fils.

L’arrière de son crâne ayant heurté le flan du sommier du lit, c’est tout à fait instinctivement que le descendant de l’Alpha se réfugiât en dessous de meuble, hurlant de peur alors qu’il ne ressentait pas encore la douleur de son œil se propagée encore et encore. Le sang coulait abondamment de son orbite.

Pire encore, le fait que sa proie tente de se mettre hors de sa portée de la sorte avait réveillé chez la créature une obscure envie de continuer ce jeu teinté des couleurs du sadisme pur. Ainsi, fondant de tout son poids sur le flan du sommier, la bête le souleva sans aucun effort, se dégageant ainsi une voie directe vers l’hybride qu’elle rêvait d’annihiler de ses propres canines depuis bien longtemps maintenant. Le petit hurla encore, ravivant les instincts d’Aliénor qui s’approchait toujours plus de lui, l’acculé.

Mais, alors que ses crocs n’étaient plus qu’a quelques centimètres du visage du fils de l’Alpha, un grondement se fit entendre par delà la pièce ou ces deux entités se trouvaient. A la plus grande surprise de Mezariel, la louve déchainée se figeât pendant une courte seconde, qui ne faisait qu’annoncer l’arrivée du tumulte approchant. Il avait pu lire brièvement dans les pupilles de l’animal devant lui toute la crainte qui s’y trouvait ; Pareille a un océan infini.

Et, enfin, la carte du Destin s’abattit sur elle, comme le couperet d’une hache sur le coup du condamné, sous les traits d’une masse chatoyante. Dans un gémissement à fendre le cœur de n’importe qui, l’avatar de Lune fut traîné en arrière par une puissance bien supérieure à celle qu’elle pouvait renfermer en son sein. Les pieds du lit retombèrent sur le sol, générant un boucan de tous les diables, en plus des grognements qui s’entrelaçaient les uns aux autres entre ces quatre murs. Curieux, le petit blonds passa outre sa souffrance, mais apposa tout de même sa main droite sur sa plaie suintante avant de s’extirper de la pseudo cachette que fournissait alors cette création boisée qu’était la couche de son paternel.

C’est là que l’enfant vis l’un des spectacles les plus affreux qu’il avait été amené à voir de toute son existence. Devant lui se tenait deux Lycans. Le premier, recouvert d’une fourrure aussi dorée que le miel, n’était autre que son père. Et les mâchoires de ce dernier enserraient avec une cette hargne la nuque d’Aliénor, qui ne pouvait que gémir, comme si elle suppliait le chef de sa meute de l’épargner. Parce qu’a son sens, elle n’avait rien fait de mal.

Malgré tout, pour Denovan c’en était trop. Il tenait là l’occasion parfaite de se venger de cette servante, pour tout le mal qu’elle avait pu lui causer plus ou moins indirectement. Et surtout, si elle disparaissait dés à présent, il savait que son unique enfant serait un peu plus en sécurité, bien que le risque demeurerait toujours.
Quant a l’Infant, son œil valide vibrait au rythme des appels désespérés que poussait la louve, qui perdait de plus en plus de liquide vermeil de son cou, broyé lentement mais surement par les crocs de l’Alpha qu’était son géniteur. Il eut alors une réaction qui l’étonnât alors grandement. Et pourtant, elle venait du fonds du cœur.
    « Père ! Arrêtez ! »
A ces mots, prononcés en un cri infantile, l’animal clair regarda alors droit dans le blanc de l’œil son descendant. Pourquoi ? Se demandait-il. Lui qui tenait enfin sa vengeance, il fallait que son propre sang lui fait la requête d’arrêter. A voir l’expression peinte sur le faciès de son fils, en plus, il devinait que ces mots n’avaient pas été prononcés pour l’intérêt ou une quelconque autre chose pouvant s’en rapprocher outre mesure. Mezariel était sincère. Il avait fait preuve d’une abnégation sans fin, estimant que la sanction d’Aliénor était déjà bien suffisante. Il avait agit comme un Alpha.
    « Je vous en supplie… » Avait-il renchérit.
Une poignée de secondes furent nécessaire au chef du clan pour faire le tri dans ses esprits. Pas la suite, délaissant le cou de la rousse d’entre ses crocs, il laissa la carcasse à moitié rongé par la faucheuse de cette dernière tombée sur le sol, ne lui accordant plus aucun intérêt. Bien entendu, elle était lourdement blessée et mettrait sans doute un certain temps à évacuer le traumatisme qui venait de la frapper fraichement de ses esprits. Mais Denovan n’en avait cure. Pour l’heure, bien qu’inquiet, il était davantage admiratif envers la personne de son enfant. Lui, a qui cette sale bête avait fait tant de misères, il lui pardonnait en quelques sortes ces actes en demandant a ce qu’on l’épargne sans autre forme de procès.

Reprenant forme humaine, mettant ainsi un terme au tonnerre de grommellement qui logeaient a l’intérieur de ses poumons lycanthrope, l’homme puissant attrapa un drap proche et s’en vêtit a la va-vite. Enfin, se saisissant de Mezariel, il prit soin de le garder tout contre lui alors qu’il le conduisait chez le médecin de la famille, un sang-pur , lui aussi. Abandonnant Aliénor a son agonie, il ne se retourna pas une seule fois.

La créature de science affirma que l’œil de l’Infant finirait pas guérir sans trop de problème, puisque baigné entièrement du sang de loup qui coulait dans ses biens jeunes veines. Cette vie-ci, mêlant la vie d’un loup et celle d’une humaine, le fascinait En revanche, il sut d’office que les marque laissées sur le visage du petit noble seraient a jamais les porte paroles de cette journée infernale. Sa peau, tendant bien plus vers l’humaine qu’autre chose, ne pouvait guérir en totalement les maux qu’elle rencontrait. Dans une optique de meilleure guérison, on apposa un cache-œil médical sur l’orbe meurtri de Mezariel, dans un premier temps. Mais les choses allant, très bientôt il prit l’habitude de le porter presque en permanence. C’était bien mieux ainsi, et puis au moins pouvait-il espérer sortir sans risques au dehors, dans les rues de la belle Capitale, Paris. Il y était bien plus en sécurité avec cette accessoire – si bien que son père eut tôt fait de se maudire de ne pas avoir songé plus tôt a une telle solution – sur le visage qu’auparavant. Au moins, là ou se promenaient les êtres humains, il n’y avait pas de risques d’attaques par les « siens ». Créer un scandale à l’extérieur n’était point dans leur intérêt. C’est pourquoi, une fois porteur d’un cache-œil, l’enfant passait de plus en plus de temps à l’extérieur, pour le plus grand soulagement de son père

Néanmoins, par soucis d’une sécurité encore plus poussée, l’héritier du titre de Marquis reçut en présent de Denovan une splendide épée.

Bien qu’il ne fut guère prévu qu’il s’arme aussi jeune, la beauté époustouflante de l’arme entre les phalanges de son paternel – un jour ou ce dernier s’était entrainé dans l’une des salles d’armes du Palais, suivi de son fils en tant qu’humble spectateur – avait subjugué le blondinet, qui était resté sans voix face a cette démonstration du superbe. Alors que l’Alpha s’apprêtait a rengainé le morceau de métal luisant au soleil, la passion qui émanait du regard de son jeune enfant fut aussi clair a son esprit que la plus simpliste des leçons des écoliers. Tout sourire, l’imposant fils du disque lunaire s’approcha du frêle Mezariel, et, posant un genou a terre afin de se retrouver sur un pied - de presque- égalité avec ce dernier, demandât le plus simplement du monde ;
    « Tu l’aime, cette épée ? »
Interloqué, le petit ne put toutefois retenir un vif geste approbateur de la tête, provoquant chez le plus âgé, un puissant rire guttural, qui résonna contre les murs précieux de ce lieu royal. Ébouriffant d’un geste très tendre le sommet de crâne de son seul descendant, il répondit de sa voix chaude ;
    « Et bien elle est à toi maintenant. »
Assortissant cette ultime phrase par le fait de déposer entre les bras encore infantiles de la chair de sa chair la fameuse arme dont il était question, le chef de clan se redressa. L’expression mitigée qui était parfaitement visible sur le faciès de son garçonnet, entre incompréhension et bonheur le plus total, suffit à le ravir pour le reste de la journée. En revanche, sans doute plus par paranoïa qu’autre chose, il s’arrangeât pour faire recouvrir la lame de l’épée d’une fine pellicule d’argent. Ainsi, ni lui ni aucun autre loup, qu’il soit de sang pur ou mordu, ne pourrait sortir indemne d’un affrontement contre cette rapière. Un dicton ne dit-on pas que l’on n’est jamais trop prudent ?


Les années s’effilochant une a une, tels les pétales d’une rose presque fanée, sur l’étendard de Chronos, eurent tôt fait de forger Mezariel a l’image de celui qui ferait la fierté de la Noblesse française, mais avant tout, de son père.
S’étant amouracher du maniement des sabres en tout genre, l’hybride n’eut de cesse que de manier avec application ce type d’arme. Il s’en débrouillait très convenablement d’ailleurs, parvenant avant ses dix ans, à tenir tête à des érudits de cette discipline, pendant un temps suffisamment long pour que ces derniers ne s’énervent contre les compétences du blondinet. Bien entendu, il ne gagnait jamais contre les adultes, en ce temps là, mais ses capacités le rendaient très prometteur. Il ne pouvait en être que ravi. Ses sens et ses réflexes étaient d’autant plus travaillés qu’il ne pouvait se servir majoritairement que d’un seul œil, sur les deux qu’il possédait pourtant encore, dans le plus grand des secrets.

Quant à l’arme blanche que lui avait offerte son paternel, l’Infant ne la quittait jamais. Ayant pris l’habitude de toujours l’avoir en permanence prés de lui, il avait bien comprit que cet agissement pur le moins… particulier, dissuadait les membres de sa « meute » de réitérer une quelconque attaque contre sa petite personne. Avant d’avoir atteins sa première décennie, Mezariel savait parfaitement se défendre – ou tout du moins autant que sa constitution le lui permettait – face a une attaque quelconque. Un bien en soit.

Ce fut également l’année de ses dix ans qu’il fit la connaissance d’Ambroisie Marianne de la Cour. C’était très certainement une très belle femme, mais également – et avant tout sans aucun doute – une louve comme il était rare d’en trouver. Elle était, de ce qu’il en savait, une amie de son père. Mais le petit n’était pas dupe. Par le terme « d’amie », il avait rapidement compris que c’était là une créature que ses grands parents avaient sciemment présenté a son père, l’Alpha, afin qu’il l’épouse. Après tout, elle était une Sang-Pur de Haut Rang et saurait, peut-être, lui faire oublier le souvenir fantôme de cette bohémienne appartenant au passé. Du moins, voici ce que les anciens pensaient.

Nul besoin de lire dans leurs pensées pour deviner les projets qu’ils conservaient au creux de leurs seins, ces deux anciennes fripouilles, aussi rusées que des gargouilles de la pire espèce ! Le soir ou la lycane avait été conviée a une soirée privative, Mezariel avait reçu pour mot d’ordre de signé sa tenue de la part de son père. Il ne se fit pas prier pour agir de la sorte, mais ses ressentiment envers l’invitée devant arriver peut de temps après ne s’étaient en rien dissiper. Il ne l’a connaissait pas et ne savait même pas a quoi elle pouvait bien ressembler, mais malgré tout, une gêne subsistait a l’intérieur de ses entrailles. Comme si une aura mauvaise s’approchait de plus en plus de loin et qu’il désirait ardemment la fuir. C’était un sentiment très inexplicable. Surtout pour un jeunot d’une dizaine d’années à peine.

Lorsque la susnommée arriva finalement, dans une toilette somptueuse et ne faisant que mettre ses courbes féminines en valeurs, une sorte de glaciation prit le petit blond au corps, l’enveloppant tout entier. Ce qui avait attiré le regard monovisuel de l’hybride, c’était l’immense marque, semblable à une brulure, sur la majeure partie du faciès malgré tout ravissant de la louve se dressant devant lui. Une seule moitié de son visage était visible cependant, l’autre était masqué par une longue frange, descendant jusqu’au menton de la belle nymphe de Lucifer.

Leurs regards se croisèrent alors, il réprima un frisson. Ambroisie lui avait alors sourit, mais dans la tête de l’Infant, c’était sans doute encore pire présage qu’une expression de dégout, comme il l’avait vu si souvent sur les visages des membres de son clan. Caché derrière Denovan – qui n’allait pas forcer davantage son garçon a agir contre sa propre volonté -, c’est agrippé fermement a l’arrière de la veste de son paternel qu’il osa jeter un coup d’œil vers la lycane, qui, toujours souriante, n’avait pas bougé d’un iota.

Finalement, après un bref enchainement de silence, elle avait ondulé des hanches et s’était approcher du duo père-fils avant de poser un genou a terre, afin de demeurer moins grande en comparaison a Mezariel que ce n’était déjà le cas. L’enfant ne dit rien, se contentant d’observer l’animale parée de sa peau de femme. Son œil curieux oscillait sur l’ensemble de la silhouette de la noble, tentant vainement de comprendre ce qui pouvait bien résider en son sein d’aussi effrayant pour l’instinct de son porteur. Puis, elle prononça une simple phrase, d’une voix pourtant très claire :
    « Bonjour. Tu dois être Mezariel, n’est-ce pas ? On m’a beaucoup parlé de toi. Elle laissa sa tirade un petit instant en suspens, souriante, avant de reprendre sur le même ton Enchantée, je me nomme Ambroisie Marianne de la Cour, et je suis une amie de ton p… »
En même temps qu’elle avait prononcé ces quelques mots, sans doute travaillés encore et encore bien avant que la date de sa visite en ces murs ne soit décidée, l’une de ses mains s’était avancée vers le visage de celui reconnut comme « bâtard » par les siens. L’Alpha n’avait pas cillé, se contentant d’observer l’étrange scénette qui se déroulait juste à ses pieds. Si elle tentait quoi que se soit a l’encontre de son enfant, il se faisait suffisamment confiance pour le lui faire regretter immédiatement ; Même s’il eut été fort regrettable d’en arriver a ce point.

Mais, les choses ne se déroulèrent nullement ainsi – ce qui, pendant un instant, soulagea presque le chef de meute. Effectivement, a peine les doigts affriolant de la Marquise s’étaient-ils élevés dans les airs avec pour optique d’aller caresser gentiment la joue du garçonnet que ce dernier se dissimula encore plus derrière la carrure de son père, se mettant ainsi hors de portée de tout geste, aussi amical put-il être.

La réaction ne se fit pas attendre. Si Denovan garda suffisamment de constance pour ne pas laisser échapper un rire malvenu, la déconfiture sur la face de l’étrangère au clan se lisait extrêmement facilement. Tout son plan venait de tomber à l’eau en moins d’une minute, sans doute a cause de la peur qui envahissait le petit corps du plus jeune des blonds. Ne montrant rien en revanche qui ai pu laisser entrevoir une quelconque contrariété a se propos, elle se redressa, passa une main habile sur ses vêtements afin de prévenir de tout froissements et repris son substantiel sourire. Comme s’il ne s’était rien passé.

L’Alpha, tout de même fier de ce qui venait de se produire – mais qui n’en montra rien, cela va sans dire – se décala afin de pouvoir passer une main chaleureuse dans le dos de son fils. Au sursaut du petit corps, il sourit en coin et dit alors ;
    « Fils, pourquoi n’irais-tu pas te divertir dans ta chambre ? »
Ce n’était nullement un ordre, mais il fallait voir toute la profondeur de ces paroles. Il s’agissait d’un conseil maquillé, en réalité. Ça, l’hybride le comprit parfaitement et ne se fit guère prier pour obtempérer, saluant tout de même correctement la louve avant de filer se réfugier entre les quatre murs de la pièce lui appartenant, dans les entrailles tachées de sang de cette demeure.



Par la suite, et comme le redouta longuement le petit, les noces de son paternel et de cette autre Noble eurent lieu bien peu de temps après cette première visite. Il n’osait jamais interroger son géniteur a propos des sentiments qui animait ce dernier a propos d’Ambroisie, préférant garder les monceaux de questions gênantes que son complexe esprit avait engendré uniquement pour lui.

Les mois se succédèrent lascivement, sans aucun scandale ou autre tumulte du même genre. La Marquise, nouvellement renommer à son tour « De SaintLouis » vint habiter dans la résidence de la meute du même nom, partageant ainsi la couche de l’Alpha. Elle représentait donc, a ce titre, une figure autoritaire pour tous. Les autres loups respectaient bien plus cette étrangère au clan qu’ils ne toléreraient jamais Mezariel, l’enfant était convaincu de ce fait, au moins.

Toutefois, contrairement aux idées préconçues que le « batârd » s’était fait de cette union, rien ne fut intenté contre lui. Il lui semblât même être devenu transparent tant on ne lui accordait plus autant d’importance malsaine qu’avant. Un bien pour un mal, peut-être, mais lui se satisfaisait de ceci. Ce dont il était loin de se douter, en revanche, c’était que la fameuse louve que tout le monde idolâtrait plus que nécessaire – à son sens du moins- cachait un bien sombre secret entre ses chairs emplies d’une rare vénusté.

Ce fut au cours d’une nuit qui n’avait apporté au corps de l’Infant qu’un sommeil bref et insipide. Ne trouvant plus le sommeil malgré l’heure tardive qui régnait sur les aiguilles des nombreuses horloges de la bâtisse, et étant las de se retourner encore et encore entre ses draps, le jeune adolescent d’alors presque douze ans s’était décidé à se relever. Marchant en direction des cuisines afin d’étancher la soif épaisse qui avait posé ses rugueuses phalanges sur sa jeune gorge, Mezariel atteignit rapidement son but, et se délecta de plusieurs verres d’eau consécutifs. Une fois son corps sustenté en humidité, il rebroussa chemin en direction de sa chambre.

Cela dit, encore embrumé dans le brouillard d’une fatigue constante, il fit erreur dans l’escalier à emprunter pour retourner se coucher. Se soir là son père était de sortie, convoqué un peu plus tôt dans la soirée au Palais Royal pour une raison dés plus obscure ; Ce fut donc a Nao de veiller sur le jeune héritier. Mais la fatigue de ces derniers jours s’était tant accumulée qu’elle avait bien vite céder aux profonds charmes de Morphée, permettant a l’Infant de sortir de sa chambre sans la réveiller outre mesure, bien qu’elle se soit endormie juste devant la porte de cette pièce-ci.

A moitié somnolant, l’effet nocturne revenant faire son œuvre, il ne se rendit pas compte immédiatement qu’il s’était égaré dans sa propre résidence. Enchainant les pas encore et toujours, un trait de lumière vertical, issu de l’entrebâillement d’une porte mal fermée, attira soudainement son attention. Obéissant plus a une curiosité infantile qu’autre chose, l’enfant s’approcha silencieusement et, tel une petite souris, pu observer ce qu’il se passait a l’intérieur de la pièce encore plongée dans la lumière des nombreuses bougies allumées s’y consumant. Étrange, pensa Mezariel, a cette heure ci, tout le monde devrait être en train de dormir paisiblement ici bas ; Alors, qu’était-ce donc ?

Glissant un œil indiscret dans le faible espace offert par la pièce de bois, en constatant ce qui se tramait entre les murs de cette chambre, il vit et sentit parfaitement ses joues virées au rouge le plus total. La gêne s’empara de lui alors.

Ce qui provoqua cet émoi pour le moins singulier ? Sa belle-mère. Cette dernière se trouvait être à moitié nue, dos à la porte. Se contemplant devant un miroir de belle fabrication, elle paraissait étrangement prisonnière d’une laconie indéfinissable. Mais au-delà de cette vision charnelle, le reflet de cette sylphide diabolique que lui renvoyait la glace fit s’écarquiller de surprise, et dans l’unisson la plus parfaite, les deux orbes du petit blond. Sur le bas ventre d’Ambroisie statuaient, d'une hanche a l'autre, tel un acre souvenir d’un passé révolu, deux cicatrices jointes. Leurs placements rappelaient vaguement une forme croisée, si bien que l’hybride se demanda comment elle avait pu obtenir une chose pareille sur son derme. Était-ce de la même manière que la marque de brulure sur la seule moitié de son visage qu’elle daignait montrer au grand jour ?


Sans doute involontairement, le petit homme souffla trop fortement, ce qui eut tôt fait d’attirer sur lui et son voyeurisme puéril, le regard aussi unique que perçant de la noble qui ne partageait pas son sang. Constatant cela, l’enfant bondit en arrière très maladroitement, et fut stoppé par le mur parallèle à la porte en dessous de laquelle je dessinais l’ombre de plus en plus grandissante de sa belle-mère qui arrivait vers lui. Tremblotant, il se laissa choir sur le sol, mort de peur.

La porte s’ouvrit, laissant s’évader de la pièce bien plus de lumière qu’auparavant. Instinctivement, Mezariel ramena ses bras au dessus de sa tête, craignant une correction – justifiée pour le coup -comme il en avait rarement reçu. Mais, bien au contraire, ce fut une main tendre qui vint se poser sur la tête du bâtard. Étonné, il redressa alors ses yeux vers la louve, qui s’était recouvert les épaules d’une étoffe de soie fine. Elle lui sourit, presque mélancolique. Qu’avait-elle en tête ? Malgré la douceur, le blondinet sentait que quelque chose sonnait faux, en cherchant bien. Mais ses extravagantes aliénations prirent fin dés lors qu’elle déliât ses belles lèvres de femme mûre ;
    « Je ne pensais pas que tu mettrais tant de temps à la découvrir… Mais n’ai pas peur, je ne te ferais aucun mal, jamais. » Susurrât-elle, sa voix enchanteresse englobant ce tissu de mensonges futurs.
L’héritier de Denovan, bien malgré lui, l’interrogeait cependant du regard, quant à l’origine de ces traces. Un intérêt sans doute indécent, mais l’on ne peut rien contre les frasques d’un garçonnet après tout ; C’était bien de son âge, lorsque l’on prenait le temps d’y réfléchir convenablement.

Soupirant avant d’inspirer une bonne dose de courage et d’air nouveau par la même occasion, Ambroisie passa aux aveux, a même le sol, dans ce couloir sombre. L’absence de vie autres que les leurs demeurait être leur seul témoin.
    « Il y a vingt ans, je me suis faite grièvement blessée par un « chasseur de Monstres ». Armé d’argent sous bien des formes, j’ai tout de même pris le risque de l’affronter, en toute connaissance de cause. A l’origine, il en avait après ma sœur cadette, et a bien failli lui transpercer le cœur avec son épée double si je n’étais pas intervenue. La lame cisailla mes entrailles plutôt que les siennes et elle put fuir. Marquant une pause, elle reprit après un nouveau soupir gorgé d’émotions Et comme si cela ne suffisait pas, il jeta sur mon visage une solution liquide faite a base d’argent également. Voici pourquoi je garde ces marques aujourd’hui Elle désignant d’un doigt son visage meurtri. Mais je m’estime chanceuse, il ne survécu par a mes crocs, je fus plus rapide que lui. En revanche… Depuis lors je ne suis plus en mesure de concevoir un enfant. A jamais mon ventre restera stérile et… »
Une larme passa le barrage de ses cils, venant dévaler sa joue droite, sous le regard médusé de l’hybride. Déglutissant, elle reprit son monologue, embrayant toutefois sur une variante du sujet précédent.
    « Je te considère comme mon fils, Mezariel. Sache-le. Ton père… Ton père a été le seul à m’accepter telle que je suis, avec mes tares et mes blessures. Nul autre avant lui n’avait accepté de me prendre pour femme… Tu n’imagine même pas a quel point je lui en suis reconnaissante. Je l’aime vraiment. »
C’est a ce moment là que l’infant comprit a quel point son père l’Alpha était important aux yeux d’Ambroisie. Elle ne mentait pas sur ses sentiments, ceci était au moins une chose certaine. Et ceci lui fit chaud au cœur ; Surtout pour son père qui n’avait plus connu l’amour depuis sa rencontre avec la bohémienne, plus de dix ans en arrière.

Il y avait toujours cette gêne bien sure, mais pour l’heure, le petit n’en fit pas cas. Souriant vaguement, il attendit une nouvelle réaction de la part de sa nouvelle belle-mère. N’importe quoi qui aurait pu mettre un terme à cette révélation gênante était bienvenu.

Finalement, la Marquise se redressât, tendit la main vers l’enfant de son mari et dit alors ;
    « Et si je te raccompagnait jusqu'à ta chambre ? Tu dois être épuisé, non ? »
Examinant les cinq phalanges tendues vers lui, comme si tout ceci ne pouvait être qu’un rêve, il jaugeât de la véracité de la proposition et s’empara, en fin de compte, de cette aide si gracieusement proposée. Ambroisie l’aidât à se remettre sur ses deux jambes et le raccompagnât jusqu'à sa couche, ne lâchant pas sa main jusqu’a la toute fin. Nao, en voyant revenir son petit maitre en compagnie de cette louve qu’elle n’appréciait que peu, sentit son sang se glacer. Mais tout se passa pour le mieux, et au final, elle n’intervint pas, se contentant de continuer à monter la garde devant la porte de chambre de Mezariel, une fois que la nouvelle femme de son Alpha eut quitté la pièce.

De nouveau les années s’enfilèrent le unes derrière les autres, semblables aux fines perles de nacre que l’on arrange sur un fil d’or fin. Comme s’il s’était douté de quelque chose, Mezariel ne fut en rien surprit de voir que sa belle-mère, qui lui avait avoué un soir le considérer comme « son » fils – bien que ce ne fut-ce réciproque, avec toute la bonne volonté du monde – n’avait jamais fait qu’entrer dans le moule de pensée que ses grands-parents défendaient avec acharnement. Oh, bien entendu, elle n’attentait rien contre l’existence de l’hybride, mais sa façon d’être et d’agir avait petit à petit muté, de façon à la rendre bientôt aussi intransigeante que Castiel et sa compagne. Ses sujets de conversations, lorsqu’ils tournaient autour du fils de son mari, étaient abordés avec résignation et dépit.

Elle eut l’audace, à plusieurs reprises, de converser avec le petit blond de son avenir, et plus particulièrement de son mariage. C’est par elle que l’Infant fut mis au courant de cette sordide affaire, ce projet que l’on montait dans son dos sans même l’en avertir. Et ce fut la toute première fois qu’une tâche de déception vint souillé le portrait parfait que le garçon se faisait alors de son paternel. Le fait était que Denovan n’avait jamais su comment aborder le sujet avec son seul descendant. Ce recul constant finit par lui causer du tords, a son plus grand damne. A chaque fois, il reculait l’échéance, ou ne savait pas comment aborder la décision sous laquelle il avait été obligé de courber l’échine, en face à face avec son propre sang.

Et ce fut encore pire dès lors que le « batard » comprit pourquoi on désirait tant le marié sous peu. Les coutumes de la Noblesse allait de pair avec les unions d’intérêt, souvent motivée par l’argent qu’elles étaient en mesure de véhiculer les unes aux autres. Mais dans le cas de garçon dont il est question, cette mascarade avait pour but de tenter de « sauver » le gêne Lycan présent en lui, mais bien trop mis en berne par le sang humain avec lequel il cohabitait pour être effectif totalement. En réalité, son grand-père espérait que s’il se retrouvait marié à une louve et qu’il lui faisait des enfants, ces derniers auraient peut-être une chance d’être entièrement des apôtres de la Lune.

Dégouté, Mezariel n’aurait pu l’être davantage ; Surtout lorsqu’Ambroisie lui annonça la venue en cette demeure de l’une de ses jeunes nièces, demoiselle de sang-pur lycanthrope. Son nom ? Perle.

Six mois après l’annonce de sa visite, comme convenu, la jeune lycane fut présentée au fils de Denovan. Ce dernier, rongé par une certaine culpabilité, avait préféré ne pas assisté à cet entremet, et s’occupait à se torturer l’esprit en repensant a Hallellujah avec l’aide d’un régiment de verre d’absinthe pure.

Au demeurant, elle était en effet somptueuse ; Et même si le blondinet n’admettait pas la raison qui avait menées à cette rencontre, il ne pouvait nier la magnificence de l’être qu’on souhaitait lui attribuer pour femme. De grands yeux d’un bleus encore plus profonds que ne l’était les siens, un derme pâle et luisant sous les lumières des lustres richement constitués de la demeure de SaintLouis et une chevelure ténèbres qui contrastait à merveille avec l’ensemble, ne créant que plus de vénusté encore autour de cette donzelle aux traits bien menteurs. Elle paraissait si exquise, si fragile, que l’évidence qu’il en soit en réalité tout autre fit plus que de traverser l’esprit contrarié de l’hybride ; Elle s’y planta et y germa sans aucune difficulté. Que pouvait bien cacher cette fille du disque de nuit pour paraitre aussi envoutante ? Bien malgré lui, Mezariel ne tarda point à le découvrir et à faire l’expérience du véridisme de son instinct premier.

Dès lors que les adultes eurent le dos tourné, trop occupés à déblatérer sur des sujets aussi pompeux que leurs noms, la louve prit en otage le poignet de Mezariel et l’entrainât dans les étages de sa demeure, sans prêter ne serait-ce qu’une petite attention à l’incompréhension qui s’était alors emparée du garçon. La seule phrase qu’elle daigna prononcer avant de commencer son petit jeu fut ;
    « On sera plus tranquille dans ta chambre, n’est-ce pas ? »
Sur le moment, l’Infant n’avait pas compris ou elle voulait en venir, mais, naïf, il s’était simplement convaincu que ça ne pouvait décemment pas être pire que ce que lui faisait subir ses cousins et cousines à longueur de temps. Autant laissé venir les choses et ne plus chercher à se débattre ; A quoi cela aurait-il bien pu servir, après tout ? Fort de seulement quatorze ans lors des faits, le fils de l’Alpha ne pouvait pas faire grand-chose contre le cours incessant de la vie en elle-même.

Perle l’entrainât jusque dans la chambre qu’il occupait depuis bien longtemps maintenant et referma la porte soigneusement derrière elle, comme la prédatrice accomplie qu’elle était. L’obscurité pour seule témoin effrayait encore plus le blondinet que cette créature presque comme lui. Plus il s’évertuait à comprendre ce qui lui tombait dessus tel le couperet d’une lame de hache, et moins les solutions fleurissaient à la surface de son esprit.
    « P…Perle ? Excuse-moi mais.. Que fais-t-on ici dans le noi… »
Ses paroles furent stoppées par un doigt gracile et à la douce texture apposé doucement sur ses lèvres, pour le faire taire. Un rire mutin résonnât une poignée de seconde entre les murs de cette pièce avant qu’elle ne lui réponde, sur un ton mielleux ;
    « Chut, il sera plus commode pour moi d’agir dans un lieu pareil, à l’écart des ennuyeux adultes. »
La bête de lune avait le même âge que lui, pourtant Mezariel la trouva étrangement mature et sure d’elle avec cette simple phrase. Il ne tarda pas à découvrir ce qu’elle sous-entendait par « agir ». Elle fut celle qui prit l’initiative de l’initié aux « plaisirs » de la chair, et en fut ravie. Bien évidemment, ils gardaient pour eux ce secret terriblement outrageant – car n’omettons pas qu’elle était censé rester pure et chaste jusqu’à son union officiel avec le De SaintLouis, même si elle ne l’était déjà plus depuis longtemps lorsqu’elle referma ses serre sur lui. En revanche, la noire lycane ne ratait jamais une occasion de partager un peu de temps avec lui dès lors qu’elle le pouvait – soit, a toute les sempiternelles réunions ou les loups adultes se mettaient à tergiverser des heures sur les même sujets répétitifs.

Ce n’est pas que l’enfant blond ne l’aimait pas, car au-delà de leurs instants communs, elle était au demeurant très gentille et bien différente de tous les autres enfants loups qu’il avait pu rencontrer jusque-là. Ses sujets de conversations étaient nombreux et au moins n’avait-elle pas peur de lui, pour le peu qu’il en savait. Mais quelque chose continuait de le gêner malgré tout.

Il en fit part à son père, une fois, brièvement. Mais le résultat escompté ne fut en rien obtenu ; Bien au contraire. Dès lors qu’il fit clairement sous-entendre a Denovan, son géniteur, qu’il ne désirait pas prendre Perle pour épouse, ce dernier vit son expression se déconfire. Immédiatement, le garçon-loup comprit que quelque chose n’allait pas, et harcela son père pour savoir de quoi il s’agissait. Il en avait assez des cachoteries – surtout quand ça le concernait !- alors qu’il était parfaitement en âge de comprendre de quoi il en retournait à chaque fois. A cette déclaration, son père prit une gorgée du liquide vermeil prisonnier du verre qu’il avait en main et avoua à son enfant que s’il refusait d’épouser l’adolescente louve, alors il serait contraint de se marier avec… L’une de ses cousines ; Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agissait de Pauline Fragance de SaintLouis.

Le blondinet déglutit. Si ses yeux avaient pu s’évader de ses orbites, nul doute qu’ils l’auraient fait sans aucunes difficultés tant ces derniers étaient écarquillés. L’envie de vomir le prit également à l’estomac, mais il se retint, ne voulant pas paraitre faible devant le regard assombrit de son paternel. Quelle décision horrible ! C’était déloyal que de le mettre au pied du mur avec seulement ces deux choix lui étant possibles ! Pourtant, loin d’être sot, il sut d’office qu’il ne pourrait pas lutter face à cela. Aussi, une fois de polies salutations adressées à son père – qui s’était rarement autant maudit en une seule soirée – l’Infant remonta dans sa chambre et y pleura longtemps, en silence. Il ne pouvait en vouloir celui qui lui avait donné la vie, il n’était qu’écraser sous le poids de cette meute étouffante qui s’était une fois de plus retourné contre lui mai qu’il ne pouvait envisager de quitter purement et simplement… La dévotion naturelle au sang de ses pairs lui interdisait tout simplement de leur tourner le dos. Il était piégé.

Le lendemain, ayant déversé toutes les larmes de son corps au point d’en humidifier ses oreillers, l’hybride prit la décision d’accepter malgré tout ce qu’on lui imposait jusqu’à la fin de ses jours ; Pour le bien être du clan. Lui aussi, il était touché par cet esprit de sacrifice pour la communauté. Bien qu’il soit seulement à moitié loup, il n’en demeurait pas moins lui aussi, très attaché à sa meute. Une litanie sans fin s’annonçait alors pour lui et les longues années qu’il serait amené à vivre par la suite. La seule chose qu’il tenta de faire pour essayer de mieux appréhender la chose, fut de se dire que peut-être, un jour, à force de côtoyer la noiraude, il finirait par l’aimer réellement. Certes, pour l’heure ce n’était pas très convaincant, mais au moins, cela lui faisait espérer, se raccrocher à quelque chose.

C’était, toutefois, sans compter les malversations de la vie, cette entité pourrie. Elle se dressa une fois supplémentaire contre les plans qui étaient originellement prévus pour Mezariel. Il est plausible de songer à ce que cette fille de chronos ne souhaite pas que la vie de l’Infant se déroule dans les meilleures conditions.

Tout se passa très vite. Sous les lumières d’une lumière incomplète. Une créature bien différente de Perle fit s’abattre ses crocs avides de sang sur le cou de cette malheureuse, alors qu’elle était sous sa peau de louve. Ce soir-là, Mezariel, quelques-uns de ses cousins et la susnommée se promenaient dans les bois alentours de la résidence secondaire des De SaintLouis, deux des trois garçons ayant tenus à tester le courage du petit blond. La nièce d’Ambroisie avait tenue à les accompagner, ne se doutant pas un instant qu’il s’agissait là de sa toute dernière soirée.

Bien que le descendant de l’Alpha avait son épée sur lui – comme d’habitude depuis ses neuf ans – le vent qui leur était contraire ne leur permit pas de détecter la présence de leur proie prédatrice naturelle, à eux, les lycanthropes. Un Vampire. Voici ce qui fondit sur le petit groupe sans crainte ou regret. Mezariel ne pouvait pas se transformer, la Lune n’étant pas encore à l’apogée de sa rondeur nocturne ; Toutefois, les quatre autres le pouvaient, eux. Perle tentât de se défendre tant bien que mal, et l’Infant essayât de lui venir en aide en dégainant sa rapière, mais un revers de la main de la créature de nuit balayât l’hybride, qui se retrouva assommé contre le tronc d’un arbre mort. Sa dernière vision fut celle de la sombre bête quadrupède gémissant de douleur alors qu’elle sentait peu à peu la vie s’évader de son corps de moins en moins fort. Les trois autres jeunes lycans avaient déjà pris la poudre d’escampette.

Lorsque ses yeux se rouvrir, le petit blond sentit déjà un désagréable gout de métal au fonds de sa gorge. Il se tint cette dernière et toussa tandis qu’une silhouette familière entrait dans la pièce où il avait été placé. Nao. Lorsqu’elle le vit, elle ne put s’empêcher d’accourir encore plus vite auprès de lui, afin de s’enquérir de son état. Elle fut soulager de voir qu’il n’avait rien, fort heureusement.

Malgré tout, elle se retrouva dans l’affreuse situation de devoir lui annoncer la brusque disparition de Perle. Elle n’avait pas survécu à la trop puissante ponction que le vampire avait commise sur son être. Ambroisie était sous le choc et le reste de la meute également, même si ce n’était qu’à moindre souffrance. Même Mezariel sentit une boule se former dans sa gorge à cette entente de la vérité. Non pas qu’il estimait particulièrement la demoiselle, mais cela faisait une âme de plus à ajouter au tableau de celle qu’il avait apprécié un tant soit peu, pour finalement demeurer impuissant face à leur disparition.

Mais au final, il n’eut pas réellement le temps d’apprécier d’être encore en vie après cette mésaventure qu’un poison tout autre vint prendre ses veines en otages. Le soir même, c’était la pleine Lune. Quelle ironie du sort que de savoir qu’à un jour près il aurait peut-être pu sauver celle qui devait devenir sa femme quelques années plus tard. Il rageait déjà suffisamment contre sa propre personne, mais, dès lors que ses cousins et cousines vinrent près de lui, alors que le disque solaire disparaissait peu à peu sur le fil de l’horizon, emportant temporairement avec lui l’humanité du jeunot, il ne put se contrôler davantage. Oh, ça y allait les vagues de moqueries et autres injures. Tout ça, il pouvait supporter, ça lui passait largement au-dessus. Mais que ces couards se mettent à l’accuser tour à tour du décès de Stella puis de Perle, là, non, Mezariel n’aurait su tenir plus longtemps son sang-froid.

Aussi, dès lors que l’astre nocturne saignât se lever à son tour, le loup endormit a l’intérieur du garçon se libéra avec une rage qui lui avait été inconnue jusqu’à ce jour. Une lueur nouvelle et pour le moins poignante pénétra ses yeux, invoquant là le respect naturel qu’il fallait avoir pour lui en cet instant. Il était semblable à un Alpha. Il était comme son père. Et apparemment, il n’était guère décidé à rester au stade de la transformation, non. Maintenant, il voulait déchiqueter et tuer tous ceux qui lui avaient fait du mal. Son instinct le lui intimait et ses intentions se ressentaient clairement, transpirant de ses postures et regards sauvages.

Plutôt mourir que de l’admettre mais les autres jeunes loups eurent peur du fils de Denovan, à cet instant précis. Ils crurent qu’il allait tous les égorger sans qu’ils ne puissent rien faire. En soit, ils n’étaient en rien dans le faux, car il préparait une offensive qui promettait de rester longtemps dans les mémoires.

Mais, fort heureusement pour eux, le Destin en décida autrement. Au moment où il s’apprêtait a lancé son attaque sur sa première cible, une divine mélodie parvint jusqu’aux oreilles aiguisées du loup clair. Toute la pression conserver jusqu’alors dans son corps tremblant se dissipa presque d’un seul coup, ce qui lui fit ressentir pendant une poignée de seconde, une intense tristesse. Toutefois, les tintements étranges continuant toujours plus, l’hybride voulut absolument en savoir davantage. Ni une ni deux, il bondit en direction de la sonorité, laissant ses pairs béats de surprise.

Sa course effrénée dans les rues – fort heureusement vides – de Paris la Magnifique trouva une conclusion lorsque la bête parvint jusqu’au parvis de Notre Dame ; celui-là même qui avait vu mourir sa mère, des années plus tôt. A l’intérieur des deux Tours de la Cathédrale, les cris métalliques de multiples Cloches s’extériorisaient, encore et encore, à la plus grande joie de l’animal, alors présent sur une partie du Saint Escalier de l’édifice. La beauté de cette symphonie fut telle à son cœur qu’il ne put s’empêcher d’agir en le loup qu’il était entièrement ce soir-là. Il chanta à son tour, d’un hululement clair et somptueux, comme pour accompagner ces splendides dames de fer.

Mais… La population parisienne, alertée par cette cacophonie, sortie de chez elle bien vite, dans un état à mi-chemin entre la stupeur et la curiosité.

Mezariel avait en quelque sorte perdu pied avec la réalité et n’avait pas réfléchit une seconde aux conséquences de son acte futile. Fort heureusement pour lui, et juste avant que les badauds ne s’agglutinent près du lieu de prière, une paire de mâchoires puissantes eut tôt fait de se saisir de lui par la peau de coup et de l’emmener de force un peu en retrait, sous un pont de la belle cité.

Son père. Il avait immédiatement comprit qu’il se passait quelque chose lorsque la présence de son fils n’était pas visible parmi les autres enfants loups, aussi, il était parti a sa rechercher et l’avait tiré d’affaire in-extremis. Les conséquences s’il avait été découvert par les humains vivants ici et alentours auraient été probablement catastrophiques et auraient probablement justifiée d’une exécution par les « anciens » en bon et due forme, sans que Denovan n’ait pu faire quoi que ce soit contre ça. L’idée même de perdre son fils unique était tout simplement insupportable pour l’Alpha, et sa peur se muta en une colère noire qu’il utilisa, pour la première fois de sa vie, à l’encontre du jeune loup. Oh non, il n’aurait jamais levé la main sur lui, mais un regard pesant de chef de meute pouvait remettre les choses en ordre sans que rien d’autre n’ait été fait.
Ce fut le cas, fort heureusement ; L’Infant respectait bien trop son paternel pour qu’un acte pareil ne l’atteigne point. Malgré tout, le sang-pur ne put que constater l’admiration dans le regard de son enfant, malgré son avertissement, pour le majestueux monument qui se dressait encore à moitié dans leur champ de vision. Et il en arriva rapidement à la conclusion qui s’en suit, à savoir que la Capitale était encore bien trop dangereuse pour la chair de sa chair et qu’il devait impérativement l’en éloigné, le temps qu’il prenne un peu de plombs dans la tête.


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Mezariel D.de SaintLouis
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MessageSujet: Re: L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé   Ven 31 Aoû - 0:25

Nn num gagis knawa na lequera walasye
►I'm hesitant to try and understand if the person before me is a doer of good◄

J'hésite a essayer de comprendre si la personne me précédent est un auteur du bien

C’est ainsi que le lendemain, l’hybride appris la très désagréable nouvelle de son départ vers la province, chez sa tante qui s’était exilée en Provence peu de temps après l’assassinat de son mari et de sa fille. Cette dernière, comme toute louve normalement constituée, n’avait pas non plus trouvé le courage de rompre tout contact avec la meute, alors, à défaut, elle avait pris ses distances, continuant à communiquer malgré tout par le biais de courrier avec son grand-frère.

C’est de la savoir ainsi qui avait doublement motivé Denovan à agir de la sorte… Et à le faire se disputer vivement avec son seul descendant. Mezariel ne comprenait pas pourquoi on continuait à prendre des décisions dans son dos lorsque cela le concernait directement et ce, sous l’unique prétexte de le protéger. Il ne se gênât pas pour le faire savoir à son paternel qui l’acheva sur place en une phrase seulement, lui indiquant qu’une lettre était déjà partie en direction de la demeure de Juliette et qu’il attendait une réponse dans les prochains jours. De rage, le petit blond parti s’enfermer dans sa chambre et passa toute sa colère et sa rancœur mal placées sur les pauvres oreillers qui meublaient sont immense lit a baldaquins.

D’épuisement, il s’endormit bien vite, ne sentant pas son père venir lui embrasser le front avant d’aller lui-même trouvé le repos dans la pièce d’à côté. Prendre une décision pareille, s’éloigner de sa progéniture, c’était pour lui un véritable supplice qu’il se forçait à endurer sans faillir… En apparence tout du moins. Il avait commis suffisamment d’erreur ayant nuit a Mezariel par le passé pour se permettre de réitérer pareille folie avec pour seul étendard tout l’amour qu’il portait a son enfant.

Les jours suivant parurent étrangement longs, pour l’un comme pour l’autre. Et, lorsqu’enfin, une réponse positive parvint à Denovan par écrit depuis sa cadette, il en fut presque déçu mais se garda bien de le montrer. Il fallait qu’il intériorise au maximum ses ressentit pour ne pas risquer d’attirer la Mort, ou pire encore, sur les traces du jeune blond qu’il avait conçu avec Hallellujah, quinze ans en arrière à ce moment ci.
Rapidement, il fit apprêter une calèche et ordonnât aux domestiques de s’affairer à empiler sur les toits de cette dernière les bagages de l’Infant. Tous obéir, sentant bien qu’il n’était guère le moment de contrarier l’Alpha.

Ce dernier, profitant du peu de temps qui restait à sa disposition avant le départ emmena son fils marché un peu, dans les rues de Paris la Magnifique. Autant qu’il grave cet endroit sublime dans sa tête une ultime fois avant de ne pas le revoir avant bien longtemps. C’était cruel, mais nécessaire aux yeux du sang-pur.

Toutefois, l’enfant ne fut pas des plus loquaces, et il était parfaitement lisible, sur son faciès d’ange souillé, que la contrariété gisait en son âme et conscience. Ne pouvant plus supporter pareille vision, qui eut tôt fait de le plonger dans un acide état d’esprit, finalement le lycan fit demi-tour, invitant fermement l’Infant issu de sa personne à le suivre avec assiduité. Le susnommé ne trouva rien à redire, si ce n’est trainer des pieds histoire de clairement démontrer sa désapprobation.

C’est alors que, l’espace d’un instant, son noir élixir de pensées sombres fut muselé. Un homme des rues s’était approché de lui, avait alpagué son visage entre ses mains rocailleuses et le regardait alors comme s’il était une entité étrange, sortie des Enfers les plus troubles ;
    « Toi… Ce visage… Ces traits… » Dit l’homme, le souffle presque coupé par une émotion que Mezariel n’aurait su définir.
Ce n’était pas de la peur qu’il ressentait alors, mais quelque chose de très différent ; Un mélange de curiosité et d’envie étrange. Indéfinissable. Et il n’eut guère le temps de se poser davantage de question que son père revint auprès de lui, gronda de sa voix caverneuse le manant qui avait osé poser ses mains noircies par le labeur bohème et s’était emparé du poignet de l’enfant déboussolé, le tirant d’une force bien plus prononcée alors qu’il le ramenait vers leur demeure.

Plus aucuns mots ne fut échangés entre les deux loups après cela. Seul le silence lourd et pesant de la séparation à venir flottait vicieusement à l’intérieur de la cabine du véhicule faisant route vers la Provence.

Mine de rien, Mezariel ressemblait à son père sur certains points. Bien que gentil et doux comme l’agneau qu’il n’était pas totalement, il possédait un fort caractère qui se révélait dès lors qu’un « plus pouvoir » se faisait sentir. Cette constations rendait fier l’Alpha, au fonds de lui. Et il aurait presque sourit si la situation n’était pas si sombre, tant pour lui que son fils.

Juliette se faisait une joie de pouvoir accueillir son cher neveu, qui lui rappelait tant les heureuses années qu’elle avait pu connaître par le passé.

S’il fut timide aux premiers abords, il ne fallut pas longtemps à l’Infant pour s’adapter à sa nouvelle vie. Sitôt son père reparti vers la Capitale, et malgré la rancœur qui le rongeait, il ne put pleurer immédiatement. Il fallut que la louve persévère avec une douceur incroyable pour faire céder les remparts de ce petit cœur, déjà bien trop abimé par la vie. Mais elle y parvint, non sans s’être par avant, armé d’une tendresse infinie. Elle accueillit entre ses bras les sanglots de son neveu, à qui elle jurait une vie de protection dès cet instant. Elle avait eu vent des projets de ses pairs que de vouloir le marier à l’une de ses nièces et s’en était retrouvée révolté, elle aussi. Mais elle ne pouvait rien faire non plus, à son plus grand damne. Aussi, tant qu’elle le pouvait encore, elle se promit d’offrir à cet enfant tout l’amour maternel que le Seigneur ne lui avait pas permis de recevoir. Et ce serment passa également avec un velouté appréciable sous la forme de chansons saintes et latines que lui avait enseigné Valentino, son tendre amour, du temps ou elle se trouvait en Italie, auprès de lui. La plupart parlait du Dieu que tout les êtres humains vénéraient alors; Et bien que se savant délibérément bannie de la sacralité par sa simple existence, elle priait tout de même pour Mezariel, afin que la vie qui l'attendait ne soit pas aussi difficile que celle qu'il avait déjà du endurer.


Et en effet, l’hybride put gouter – non sans quelques réticences au tout début- a une sorte de tendresse qui lui avait été inconnue jusque-là. Celle d’une mère.

Juliette lui fit se sentir normal, en le traitant d’égal à égal. Il n’était plus un demi-sang et elle n’était plus une sang-pur. Ensemble, ils riaient, reprenaient gout à la vie, se soignaient mutuellement l’un l’autre. Lui redécouvrait le bonheur d’être sincèrement aimé, et elle le privilège de se comporter en mère digne de ce nom. Elle n’était pas sans ignorer le lien étroit qui avait uni son neveu à sa fille alors décédée, et n’en fut que plus appliquée à l’ouvrage. Elle lui apprit à chasser dans les grandes forêts qui entouraient sa propriété lors des nuits de pleines lunes, le fit travailler avec elle sur ses champs fruitiers et ne manquait pas une occasion de le taquiner, ce qui ne fit que renforcer leur lien étroit. Une complicité plus profonde que la leur, il était difficile d’en trouver une sincère.

Bien sûr, il y eut des hauts et des bas, comme dans tout noyau familial. Pour exemple nous prendrons une soirée dés plus agaçante, durant laquelle l’Infant eut la désagréable surprise de se confronter à Pauline Fragance, celle qu’il allait devoir prendre pour femme d’ici peu d’années sur l’échelle de vie d’un lycanthrope. Le jeune homme-loup avait alors vingt-deux ans alors que l’entièreté de sa meute était venue « en visite » chez sa tante Juliette, prétextant qu’une réunion de ce genre serait parfaite pour renouer un peu les liens. Elle ne refusa pas, mais le blond ne vit pas ça d’une très bon œil. D’autant qu’il avait bien mieux à faire a côté, d’après lui.

Aussi, après avoir terminé son assiette, il demanda l’autorisation de sortir de table et remercia comme il se devait de le faire les visiteurs. Faisant mine par la suite de remonter dans sa chambre, l’adulescent se dépêcha de changer de vêtement, enfilant une tenue de garçon de ferme, puis sorti discrètement par la fenêtre de sa chambre avant de filer vers le cœur des bois. Là, juste derrière une colline forestière s’était établi, quelques jours auparavant, une troupe de bohémiens. Mezariel voulait observer un peu plus ces gens-là, savoir comment il agissait, comment il vivait, tous. Juliette lui avait conté des histoires à propos de sa mère à lui, comme quoi elle était une très belle femme, bien que roturière ; Et qu’elle n’avait pas été étonnée de voir l’Alpha tomber sous le charme de cette danseuse aux cheveux aussi noirs que ses yeux.

C’est donc tanné par une certaine curiosité que l’héritier était allé se coucher a même le sol sur le haut de la butte de terre, observant d’un seul œil attentif ce qui se tramait en bas. Enfin, un feu de camp fut allumé et bien vit les humains en contrebas se mirent à danser follement autour, riant, s’amusant, partageant un rythme de vie étonnamment attractif.

Il vit une femme, splendide. Sa chevelure sombre lui fit un instant céder au syndrome de la superposition qui transperça presque son cœur. Sa mère était-elle aussi ravissante que cette fille d’Eve qu’il voyait se déhancher avec grâce à quelques mètres de lui. Elle entama une chanson qu’il s’était dit être prêt a écouté jusqu’à la toute fin.

« Bohémienne, nulle de sait le pays d’où je viens.
Bohémienne, je suis fille de grand chemin
Bohémienne, bohémienne, qui peut dire ou je serais demain ?
Bohémienne, bohémienne, c’est écrit dans les lignes de ma main ! »

Aussitôt, un florilège mêlant frasques fantastiques et imagination se déversa sur les pensées de Mezariel. Son iris bleuté ne pouvait que se courber, tout comme ses lèvres en un sourire, en regardant cet alléchant spectacle. La cadence de la musique le submergeait, si bien qu’il eut presque l’envie d’aller les rejoindre.

« Ma mère me parlait de l’Espagne, comme si c’était son pays
Et des Brigands dans les montagnes
Dans les montagnes d’Andalousie, dans les montagnes d'Andalousie;
Je n’ai plus ni père ni mère… »

Ses mains tapotaient doucement la terre en dessous d’elles, suivant le rythme de la musicalité du camp des nomades. Mais cette sérénité qui avait apposée ses lèvres sur le blond s’évapora sitôt que son ouïe capta un mouvement dans les fourrets derrière lui. La lune n’éclairait pas les alentours au mieux, et il ne fallait pas compter sur le feu de joie des fragiles êtres logeant tout près, car il peinait déjà à éclairer le dos entier de l’Infant.

Plissant les yeux, il entendit vaguement un son familier, celui d’une transformation. Puis, de petites branchettes craquèrent les unes après les autres, comme si un terrible démon approchait à pas mesurés, pour mieux faire monter l’adrénaline chez sa proie. En soit, ce n’était pas tout à fait faux car la silhouette que le jeune adulte vit se détaché de l’obscurité n’était autre que celle du corps féminin de sa cousine, Pauline.
    «C‘était donc là que tu te cachais. » annonçât-elle, sans aucun vouvoiement.
Ses longs cheveux dévalaient son profil et si son regard pouvait tuer, alors Mezariel était convaincu qu’il serait déjà six pieds sous terre. Le seul « problème » qui se posa, c’était qu’elle ne portait pas le moindre vêtement sur sa peau laiteuse. Il détournât immédiatement le regard en se rendant compte de ce détail.
Non pas que la louve n’avait pas un beau corps, bien au contraire, sans doute était-elle l’une des plus belles nymphes de Lucifer qu’il avait jamais eu l’occasion de voir, mais cette nudité assumée le mettait mal à l’aise. Il ne put d’ailleurs s’empêcher de lui en faire la remarque.
    « Pauline… Voudriez-vous enfiler quelque chose sur vos épaules, s’il vous plait ? dit-il, ses pommettes devenant de plus en plus chaudes sous l’effet de la gêne.
Il n’eut guère plus de temps que de finir sa phrase qu’il sentit une pression se resserrer autour de son coup. La sang-pur venait d’empoigner le col de sa chemise et resserrait son étreinte dessus alors que la colère se lisait clairement sur ses traits.
    « Oh non, pas de langage soutenu avec moi pauvre larve.
    -…
    - Sais-tu que tu as gâché ma vie et que l’envie de te décapiter sur le champ se fait de plus en plus tentante à mes pensées ?
    -… Et bien, vas-y, tue moi, comme ça l’affaire sera réglé et tout le monde sera satisfait ! Aboyât-il à mi-voix, sa gorge étant trop serré pour qu’il parvienne à crier quoi que ce soit.
    -Pour me faire abattre par ton père ? Pff, non merci je ne suis pas suicidaire. Dit-elle en relâchant brusquement son étreinte. Mais trêve de bavardage, tu rentres, les adultes commencent à se poser des questions sur l’endroit où tu te trouves.
    -… Tu es venue me chercher ?
    -Uniquement parce que je n’avais pas le choix. Crois-moi, c’est déjà assez humiliant de partir à ta recherche mais si en plus tu commences à faire le malin je ne réponds plus de mes actes. Aller, en route et plus vite que ça. » Conclut-elle en reprenant sa forme lupine.
Mezariel la suivit tant bien que mal, courant aussi vite que son corps d’homme le plus permettait. Ils retournèrent à la demeure de Juliette, ou l’ébullition commençait à prendre forme. Un sourire aux coins des lèvres, il échappa un « merci » qu’elle ne sembla nullement apprécié vu le grondement que ses mâchoires puissantes laissèrent entendre.

Ce fut l’un des souvenirs les moins appréciables de l’Infant, tout de même. Et il ne songeait pas un seul instant qu’il pourrait retrouver l’ensemble de sa meute encore établit sur Paris moins de quatre ans après cet évènement.

Mais un beau jour, une lettre lui parvint de la Capitale, directement de son père. En ouvrant la missive, il était loin de se douter du contenu de cette dernière et dû s’assoir sitôt les premières lignes ayant fait l’objet de sa lecture. Sa tante, le voyant blanchir, lui demanda immédiatement de qui il en retournait. Et elle fut au moins aussi surprise que lui lorsqu’il lui résuma les faits. Denovan cédait son poste de Marquis à la Cour du Roi de France et demandait à son descendant de venir l’y remplacer, souhaitant s’éloigner un peu de la cacophonie de la grand ville au profit d’une campagne moins animée en compagnie d’Ambroisie, elle aussi lassée de tous ces bals et galas.

Le blond su immédiatement qu’il ne pouvait refuser. Mais s’imaginer à la place de son père faisait naître en lui d’étranges sensations. Il n’avait pas la carrure de son paternel et faisait – à juste titre- ridiculement petit a côté de lui qui le dominait de deux têtes et demie tout de même. Comment pourrais-t-on le prendre au sérieux avec une si misérable largeur d’épaules ?

Les jours qui suivirent paraissaient d’être ligués tous ensemble pour passés bien plus vit que l’Infant ne l’aurait souhaité. Il avait passé ses nuits à se souvenirs de tous les bons moments qu’il avait eu en compagnie de son géniteur. L’apprentissage de la nage, de l’épée, de la chasse lupine… Tous ces souvenirs, il le faisait brutalement ressurgir, ayant la conviction qu’il se devait de le faire. Puis, par après, il tentait de se mettre à la place de l’Alpha de son clan, en s’imaginant aux réceptions et autres banquets, sans succès.

Juliette, en revanche, s’empressa d’agir en vile traitresse et confectionna à son neveu une superbe tenue flambant neuve pour son entrée dans le monde de la Noblesse. Ce dernier crut déchanter en voyant la beauté de la toilette, si soignée et élégante qu’il ferait sans doute bien des jaloux. Il la remerciât tout de même, la gorge prise sous l’émotion. L’acceptation de la nouvelle ne passait toujours pas, aussi, la louve du y ajouter son grain de sel. Frictionnant vigoureusement les bras du neveu qu’elle considérait, après ses dix années passées auprès de lui, comme un fils de substitution, elle déclarât sans aucune gêne ;
    « Allons bon ! Un beau garçon tel que toi ! Ce serait injuste et égoïste d’en priver la Cour, n’est-ce pas ? »
Il bafouillât et rougit sous le coup de la surprise. Sa tante riait aux éclats tandis qu’elle le serrait contre lui, l’encourageant a sa manière. Elle lui promit qu’elle viendrait lui rendre souvent visite, dès lors que ses Majestés passeraient commandes de ses succulents fruits pour leurs banquets. Cette promesse rassura un tant soit peu l’hybride qui fut un peu plus détendu par la suite. Il ne lui restât plus qu’à rassembler le peu d’affaires personnelles qu’il possédait, faire le tour de ses connaissances afin de leur dire au revoir – notamment une charmante louve orpheline et recueillit deux ans auparavant par Juliette qui lui trouva un toit et un travail sur ses terres, et avec qui il avait fait plus que converser, parfois- et de monter dans la voiture qui l’emmenait jusqu’à Paris la Magnifique ; Son premier véritable amour qu’il n’avait vu depuis une décennie complète.

Le voyage vers la grande cité fut rude pour l’esprit de l’Infant qui angoissait fortement maintenant qu’il se retrouvait seul face au poids écrasant de son avenir.

Fort heureusement pour lui, à sa descente de la calèche, il aperçut Nao et sa superbe magnificence, l’attendre fidèlement, afin de l’accueillir comme elle se devait de le faire. En l’apercevant, elle ne put empêcher ses pommettes de rougir un peu ; Il ressemblait bien plus à son père, maintenant.
    « Jeune Maître.. Que vous avez grandi… » Prononçât-elle, avec un sourire sincère sur les lèvres.
Elle n’avait pas changé d’un pouce en dix ans, quoi de plus normal pour la mordue qu’elle était, après tout ? Après toutes ces années de séparation, le blond était ravi de pouvoir de nouveau serrer la blafarde dans ses bras, bien qu’il fut plus grand qu’elle, désormais.
    « Tu m’as horriblement manqué, Nao. » répondit-il, heureux.
Après un bref échange, elle se proposa pour l’aider à monter ses affaires dans ses appartements et lui expliquer dans les grandes lignes ce qu’il allait devoir accomplir à présent, à la place de son paternel. Un tantinet déboussolé, il dut rapidement prendre ses marques afin de débuter son travail de noble Marquis au plus vite. Son titre de Noblesse revendiquant son rang dans une main, il partit se faire enregistrer dans les arcanes du Palais, comme il était coutume de le faire pour tous les notables.


C’est ainsi que débuta au cœur de la somptueuse capitale française la vie de Mezariel Denovan Elison Emmanuel de SaintLouis. Bien qu'encore un peu déstabilisé, il fait tout pour se sentir au mieux dans ce monde si différent de celui dans lequel il a vécu durant ce dernier enchaînement d’années. Il lui faut reprendre ses anciennes habitudes, sans pour autant redevenir un enfant. C’est une tâche ardue, mais point impossible.

Oh, au loin résonne les chants des cloches de Notre-Dame. Il sourit et part leur rendre visite, cela fait tellement longtemps. Et vous, Invité, qui serez-vous pour l’Infant loup ? Ça, il n’y a que vous pour nous le dire.



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MessageSujet: Re: L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé   Dim 2 Sep - 10:58

Ultime post afin de signaler que j'ai achevé cette fiche! *o*



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MessageSujet: Re: L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé   Dim 2 Sep - 11:20

Bien, je m'en occupe dès que je peux xD




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MessageSujet: Re: L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé   Mer 12 Sep - 13:39




Bien! Il m'a fallu du temps, mais j'ai fini par vaincre cette fiche!(Je m'excuse pour le temps que cela m'a pris) Et mon dieu, mais qu'elle fiche! Je ne vais pas taire l'évidence plus longtemps, je te valide sans plus attendre. C'était une très belle histoire et qui plus est, originale. Une fois de plus, tu as réussi à m'enchanter ♥

Formalités : Journal de Rp | Relations et Liens | Recensement d'avatar | Demande de Lieu | Demande de Rp




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L'homme est-il un Monstre; Ou le monstre un Homme? {Mezariel - Réécriture || Terminé

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