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 {Bal Lunaire}Madame, je ne redoute rien de plus fort que d'échouer a vous aimer ♥ [Allister]

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Mezariel D.de SaintLouis
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MessageSujet: {Bal Lunaire}Madame, je ne redoute rien de plus fort que d'échouer a vous aimer ♥ [Allister]   Jeu 26 Juil - 11:52

L’ambiance festive de ce bal pour le moins atypique se diffusait jusque dans les couloirs des ailes annexes du somptueux Château qu’était celui du Roi de France.

Déambulant gracieusement en direction de la salle principale, ou se tenait la majeure partie de cette réception d’envergure, Mezariel Denovan Elison Emmanuel de SaintLouis, de son nom complet, était emprunt d’un savant mélange mêlant dans ses affres l’angoisse et l’excitation. D’une part, il demeurait apeuré par tant d’âmes autour de lui, n’étant pas encore parfaitement habitué a ce rythme effréné qui régissait les soirée mondaines de ce genre ; Mais, d’autre part, le fait de participer a ce genre de divertissement a échelle humaine – toute ironie gardée – lui faisait avoir un sourire béat – soit de parfait idiot- sur le visage. Ce n’était pas grand-chose pourtant, seulement une réception durant laquelle les participants ce devaient d’être paré du plus beau costume qu’il leur était possible de trouver.

Pourtant, semblable à un grand enfant, le Marquis avait hâte de se mêler à ses convives, qui ne le reconnaitrait certainement pas sous sa splendide tenue, conçue selon les bons conseils de son paternel aux couturières renommées de la Capitale. Fier de ce rapide constat, il pressa le pas sans même sans rendre compte. La douceur des tissus qui jouxtaient sa peau rendait la soirée en approche d’autant plus agréable, sur tous les tableaux. Aucune faille dans son habit, nul défaillance, il serait ce soir, le plus grand des inconnus, et avait bien l’intention de profiter de cette distraction à juste titre. Cultivé le mystère a la vu et su de tous était un jeu qu’il n’avait que trop pratiqué –du fait de sa moitié de sang de loup- pour ne pas être à l’aise dans son rôle de ce soir.

Les embruns joviaux, ne permettant aucun doute quand a l’amusement sincères des conviés dans cette salle de bal ce soir, ne firent que renforcer la certitude du noble. Sitôt avait-il posé un pied a l’intérieur de l’immense pièce, magnifiquement décorée, comme a l’accoutumée, qu’il crut être parcouru d’un choc pour le moins électrisant, lui intimant d’aller converser avec les autres âmes présumées ayant fait aussi l’effort de venir. Il ne se gênât d’ailleurs guère, et c’est pousser par un esprit rare d’initiative, mêlée a un courage qui ne le prenait que trop peu souvent au corps qu’il s’invita de lui-même au sein d’un petit groupe de personnes, en train de joyeusement discuter.

Il n’eut aucun mal à s’intégrer à leur semblant de débat, malgré les apparences. Bien au contraire puisqu’il prenait plaisir à y participer pleinement, voir même, a détourné le sujet initial pour s’amener au cœur des interrogations des hommes, certes, mais surtout des femmes. Car oui, il n’est pas à omettre que malgré son caractère passif, l’Infant restait tout de même un homme avant toute chose, et a ce titre, il avait l’envie de plaire, et séduire et de charmer les créatures qui lui paraitraient les plus attirantes en cette fête fort peu conventionnelle. Sans doute n’aurait-il plus l’occasion de réitérer pareil comportement de sitôt, alors autant mettre de côté la timidité, si dévorante soit-elle, pour vivre pleinement ce que la suite des événements lui réservait. Le notable était dés plus impatient.

Un chargé du ravitaillement du buffet s’approcha alors du petit groupe nouvellement formé et leur proposa, sur un plateau forgé dans l’argent le plus pur qui soit, plusieurs coupes rafraichissantes d’une boisson sans doute moins innocente que son nom le laissait supposer. Quoi qu’il en soit, le De SaintLouis ne refusa pas une telle proposition et s’empara de l’une des coupe, après avoir, au préalable porté les leurs a chacune des dames présentes a ses côtés. Elles lui sourirent et portèrent les rondeurs du verre à leurs lèvres respectives tandis que Mezariel inspecta minutieusement le contenu du sien. Non pas qu’il ait craint une tentative d’empoisonnement, mais il voulait enjoliver un peu la situation a son avantage et se faire passer pour le fin connaisseur qu’il n’était pas totalement.

En admiration devant le moindre de ses faits et gestes – au grand damne des autres messieurs qui semblaient être, sinon leurs époux, au moins le courtisans respectifs de chacune – les femmes ne cessaient de le torpiller de questions parfois hors contexte. Le semi-lycan y répondit à chaque fois avec une façon de faire qui les séduisait de plus en plus. Il n’avait pas l’habitude de dévoiler toutes ses compétences de séducteur, mais la boisson, qui était de toute évidence loin de n’y être pour rien présentement, l’aidait à faire mollir ses propres principes, rien que pour le moment présent.

Puis, vint la fameuse question tabou ;
    « M…Messire, pourquoi donc votre masque cache t-il votre œil droit, dites moi ? Fit la première, porteuse d’une robe de soie mauve.
    -Oh oui ! Dites nous tous, cher ami ! » Renchérit alors la seconde en panoplie orangée alors que les deux autres hommes levèrent en chœur les yeux en direction du ciel.
S’armant de son plus beau sourire – sans doute pour détourner les jeunes femmes de leur question toute fraîche -, Mezariel chercha rapidement de quoi justifier ce cache, sans se trahir ou virer dans l’improbable. Impossible de révéler à ces gens que cet orbe était difforme depuis sa naissance et qu’il risquait de le trahir à tout instant s’il le laissait voir de tout le monde ! C’eu été aussi bête qu’affligeant, surtout venant de lui. Officiellement, il portait en public un cache œil pour dissimuler la crevasse d’un œil absent à cause d’un affrontement amical à l’épée qui aurait mal tourné durant sa petite enfance. Il n’en était évidemment rien, mais seul lui le savait et c’était très bien ainsi.

Ayant finalement trouvé la parade idéale pour orienter la conversation sur une toute autre chose, le noble décida de clore ce sujet-ci d’une façon singulière, mais qui marquerait suffisamment les esprits après coup pour que personne ne se souvienne de la question posée. Posant son verre sur la table la plus proche, Denovan se plaça vivement, ses reflexes de loup aidant, juste derrière les deux femmes –entre elles deux plus précisément- dont les épaules étaient découvertes a cause des coupes de leurs robes, si semblables. Il en déduisit qu’elles devaient sans doute être sœurs pour que les tenues se ressemblent autant, mais n’y prêta pas plus attention. Il n’était pas ici pour démasquer les autres mais pour se divertir et surtout rester le visage inconnu de tous. Par après, plaçant sa main droite sur l’épaule de la demoiselle du même côté et faisant de même avec la gauche, il s’amusât de leur réaction commune avant de continuer plus avant. Elles avaient sursauté, sans doute car ne s’attendant pas a une telle initiative de la part d’un jeune homme si beau parleur. D’ailleurs, ce n’avait sans doute pas plu non plus a leurs cavaliers respectifs puisque l’Infant loup sentait sur lui poindre les regards révoltés de ces messieurs. Il en était très amusé, soit dit en passant. Ce genre de mépris, il n’y était pas accoutumé, donc il prenait forcement un grand plaisir à le provoquer, dans le but d’en rire, bien entendu.

Faisant tourner de manière coordonnée ses index sur les épaules des deux demoiselles, provoquant des tremblements désireux en leurs âmes et consciences, il parlât alors suavement de sa splendide voix, alors qu’il inclinait la tête pour mieux voir ses pseudo-conquêtes qu’il dominait en taille.
    « Le saviez-vous ? Les meilleurs secrets sont indubitablement ceux que l’on garde le plus longtemps. »
Elles gloussèrent encore une fois en chœur, puis le Marquis les libéra de son emprise, il en avait assez fait avec elles et ce n’était soudainement plus aussi divertissant qu’il l’avait escompté en els rejoignant en début de soirée. Saluant ses homologues masculins qui ne lui rendirent pas la politesse – ce qui le fit sourire tout de même – le blond zigzagua alors entres les convives, sans destination précise. Il voguait là ou ses envies lui dictait de circuler, sans maître ni laisse ou obligation d’aucune sorte. On lui apporta une autre coupe qu’il dégusta seul, cette fois, son regard borgne balayant l’assistance, presque amorphe. Et c’est appuyé contre l’un des piliers bordant la succession de balconnet qu’il trouva soudainement quoi faire.

Il se figeât. C’était étrange, cette sensation. De son seul œil bleu visible, il vit se distinguer au milieu de la foule, une magnifique jeune fille. Il pouvait deviner sa quintessence par delà son masque fait de noir et d’or, et sa belle robe aux couleurs superbes. Et encore, il était certain que tous ces accessoires ne la rendaient pas plus magnifique qu’elle ne l’était déjà. Mais ceci était une toute autre affaire, dont il ne devait pas se préoccuper en ce soir de festivités certaines. Toutefois, rien ne l’empêchait de l’approcher tout de même et de créer le contact pour passer peut-être le reste des mondanités en sa compagnie. Ce fut même une excellente idée que le loup se félicita d’avoir eut alors qu’il se redressa, délaissait sa seconde coupe sur un plateau passant et traversait l’espace qui le séparait encore de la demoiselle tout juste repérée.

Il accéléra en revanche dés lors qu’il vit un individu pour le moins.. Fort peu ragoutant s’approcher également de la divine perle sur laquelle son regard avait glissé langoureusement, le contenu de son second verre aidant a la tâche. Ce n’était pas que Mezariel aimait spécialement critiquer son prochain, loin de là même. Malgré tout, imaginé un seul instant que cet homme pose ses mains molles et sans doute aussi moites que l’ensemble de sa silhouette, sur une jolie fleur telle qu’elle avait réussi à le rendre, sinon un poil agressif, au moins convaincu qu’il lui fallait arriver avant lui auprès de la belle. Il pressa encore son allure, attrapant au détour d’un frôlement avec une dame dont l’attention était toute entière captée par les dire d’un emplumé, une rose teinte grenat issue du chapeau de cette dernière – elle ne s’en rendrait pas compte, elle portait littéralement un bouquet sur sa tête emperruquée !- et doubla de justesse le scélérat en se postant juste devant sa « cible », bien que le terme ne soit guère approprié au contexte.

Arquant son corps en une révérence fort respectueuse, la rose toujours en main, l’Infant se redressa finalement de toute sa taille et, d’un geste insolite et pour le moins insolent, prit la liberté de placer la fleur dérobée sur l’oreille gauche de la jeune femme qu’il avait en face de lui, tel un prince charmant sorti d’un univers féerique et utopiquement envoutant. Puis il ajouta, comme si tout était le plus normal du monde :
    « Je pense que cette rose ne saurait égaler votre magnificence, aussi me suis-je permit de la déposer au plus prés de vous afin qu’elle comprenne parfaitement ce qui lui manque pour ce faire. Elle mérite d’apprendre et non de vous jalouser, bien que j’adhère à sa réaction, Mademoiselle. »
Il assorti le tout d’un sourire. Quel séducteur il pouvait être, lorsque le contexte s’y prêtait…



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MessageSujet: Re: {Bal Lunaire}Madame, je ne redoute rien de plus fort que d'échouer a vous aimer ♥ [Allister]   Mer 5 Sep - 20:08

    « Annibal…Je ne suis plus sure de vouloir y aller.
    - Le choix d’y assister ou non est un luxe qui ne nous est pas accordé, au vu de nos situations tant officielles qu’officieuses.
    - Ce n’est pas comme cette réception pouvait mal tourner.
    - Nous ne pouvons en être certains.
    - Je ne pense pas ces créatures assez stupides pour se lancer dans un acte si insensé, un soir comme celui-ci.
    - Quel est le problème, exactement ?
    - La robe !
    -Elle te va sublimement bien, et tu es magnifique avec. »
Voilà un moment que la danseuse contemplait son reflet dans le miroir, et elle ne se sentait que mitigée devant l’image qu’il lui offrait.

La robe…Sans nul doute possible, elle était magnifique. Et elle pouvait affirmer sans mentir que jamais elle n’avait eu loisir de porter une si belle robe…De par sa condition, bien entendu. Il est certain qu’il est loin d’être possible pour une fille des rues que de s’offrir une telle tenue. En ce sens elle ne pouvait que remercier –ô délicieuse ironie- le Roi même, qui s’était arrangé pour trouver une tenue convenable pour elle comme pour son frère. Une façon indirecte de les inviter, ou plutôt de quémander leur présence, sans doute d’un point de vue tout à fait professionnel. Il fallait bien la présence de quelques miliciens pour être assuré que d’indésireux visiteurs ne fassent tourner la soirée féerique au désastre. En ce sens il était bien évident que les faire se mêler aux invités était un acte tout aussi idiot qu’insensé. Etait-ce dans cet accoutrement qu’elle était censée se battre en cas d’imprévus ?!

Le mélange de couleur s’accordait à la perfection, aussi bien entres elles qu’elles s’accordaient avec la demoiselle elle-même. L’association du jaune pâle et du noir avec avait cet effet de faire comme ressortir le bonheur et toutes les bonnes ondes que la jeune femme émanait presque de façon naturelle. Les manches, commençant sur les côtés des épaules, laissait libre loisir pour les yeux de venir se poser sur ses épaules, ou dans son cou, où trônait un magnifique collier. Oh certes, il n’était pas orné des plus belles pierres précieuses qui soient, mais cela ne se remarquera probablement pas, puisqu’il faut y attarder un regard d’expert afin de s’en rendre compte. De plus, cela ne l’empêche pas d’être agréable au regard, dans toute sa simplicité candide. Il est accompagné par deux jolies petites boucles d’oreilles assorties, que l’on ne peut qu’aisément admirer, du fait que ses cheveux, sa frange et quelques mèches mises à part, soient relevés.

Et ses yeux…Le masque aux couleurs associées à la robe ne les cache pas, ne les ternis pas. C’est même l’effet opposé qui s’applique sur les deux saphirs placés dans les iris de la danseuse à la chevelure dorée. Ils ressortent, à tel point qu’en se contemplant dans le miroir, la bohémienne s’était immédiatement débarrassé de ce masque, avec l’idée que ses yeux ne passaient pas assez inaperçus. Elle ne voulait pas que l’on vienne à croiser son regard, et encore moins que l’on s’y attarde. Cette soirée, elle désirait qu’elle se déroule le plus vite possible et ce, sans que l’on ne vienne l’aborder.

Du moins le pensait-elle encore sincèrement. Après tout, c’était là une soirée bien loin de ressembler à celles auxquelles elle avait l’habitude de participer, avec ses amis bohémiens. La noblesse et elle n’avaient rien en commun, et donc peu de chances de se comprendre et s’apprécier un jour. C’était comme essayer de confronter deux mondes divergents en tous points…Il y avait plus de chances que cela se termine par une cordiale mésentente, voir une pure ignorance partagée, Que par une quelconque sympathie. C’est ainsi qu’elle avait toujours vu les choses et l’attitude du Roi ne l’avait que renforcée dans cette pensée.
    « Je ne suis pas à l’aise dans ce genre de tenue, admet-elle finalement, cela ne me ressemble pas…
    - Ce n’est jamais que pour une soirée, cela prendra fin avant même que tu ne t’en aperçoives. »
Le frère attentionné qu’il est vint embrasser le front de sa sœur avant de lui annoncer qu’il se doit d’aller se préparer à son tour, et qu’elle n’a pas besoin de l’attendre avant de changer de pièce, avec son calme naturel. Et alors elle se retrouva seule, à contempler son allure une dernière fois.

A être si habituée à porter ses simples robes de gitane, elle ne pouvait que se dire que cette robe ne lui allait pas du tout, et soupira finalement. Ce n’est que l’histoire d’une soirée et elle n’en mourra probablement pas. Elle prit une profonde inspiration, avant de se tourner le dos à elle-même et de mettre son masque en place pour quitter finalement l’appartement mis à leur disposition au château pour rejoindre, l’angoisse au ventre, la réception qui battait certainement déjà son plein dans la salle prévue à cet effet. Ce n’était jamais que l’histoire de quelques heures.

C’est en tentant de se faire la plus discrète possible qu’elle s’était aventurée dans la pièce tant redoutée. Quelque part, cela semblait très certainement stupide. Après tout à quoi bon agir de la sorte, alors que je principe d’un bal masqué était tout bêtement que…Les convives étaient masqués, et donc leurs identités tenues au secret pour la majorité d’entre eux ? Il n’était bien sûr pas exclus que certains se reconnaissent…Mais pour reconnaitre une personne masquée, encore faut-il la connaître auparavant. Or, personne ici ne connaissait la jeune danseuse, mis à part les miliciens conviés à la fête -si tant est qu’il y en avait d’autre, son frère et elle-même mis à part- et bien évidemment sa moitié et le Roi. On ne la connaissait pas, on ne la reconnaitrait pas. Alors, tout ce qu’elle avait à faire, c’était attendre dans un coin de la pièce que tout ceci prenne fin, qu’elle puisse ôter cette robe bien trop luxueuse à son gout et reprendre le cour normal de sa misérable –mais heureuse- existence.

Plan en apparence parfait ! D’autant que si l’on venait l’importunée, puisqu’ils étaient masqués tous les deux, elle pouvait toujours prétendre être en la compagnie d’Annibal. Lui-même se ferait, sans l’ombre d’un doute, une joie bien prononcée, de l’aider à se débarrasser des éventuels « courtisans ». Comme quoi, avoir un frère un peu trop protecteur, parfois, avait ses bons côtés ! Et mettant ainsi ceci en œuvre, longeant les murs elle s’était d’abord installée sur l’un des balcons, ou l’atmosphère était plus calme. Bien loin de ces musiques et de ces danseurs. Des conversations qui étaient bien loin de son monde, également. Cet endroit n’était vraiment pas fait pour elle…

Les commérages des notables, elle n’en avait cure, et c’était bel et bien tout ce à quoi elle pouvait aspirer en restant loin des hommes et de leurs belles paroles dont la sincérité laissait grandement à désirer. Ne se rendaient-ils donc pas compte que tous leurs beaux discours ne sonnaient pas un instant sincères, et qu’avec un minimum de réflexion on pouvait même être amené à se demander s’il ne s’agissait pas simplement d’un texte apprit par cœur qu’ils sortaient à chaque femme seule qu’ils pouvaient avoir loisir de croiser ? Consternant. Et le pire était que certaines n’attendaient que ça, et essayaient pas tous les moyens d’être le centre d’attention. Tout le contraire de la jeune blonde, en somme. Ainsi la solitude lui semblait être la solution parfaite, à ses yeux du moins.

Et puis, pouvait-on rêver mieux qu’un splendide ciel étoilé, à contempler alors que l’on peut se délecter de la magnifique musique -ça, elle ne pouvait le nier- qui se jouait à l’intérieur, et que les portes fenêtres ouvertes laissaient se glisser jusqu’à ses oreilles ? C’était peut-être bien là la seule façon dont elle pourrait apprécier ce bal…Mais au moins elle avait trouvé un moyen de s’y sentir bien, d’une certaine façon. Et dans le fond, c’était bien tout ce qui comptait. L’espace d’un instant elle s’était même surprise à fermer sereinement les yeux pour profiter d’une brise fraiche, avant que ses lèvres ne s’étendent en un petit sourire.

L’espace d’un instant…Jusqu’à ce qu’elle sente une présence dans son dos. Les choses se seraient arrêtées là, elle n’y aurait pas fait cas, cela va de soi, mais les choses ne pouvaient pas se passer comme elle l’aurait voulu, il faut croire. S’était-il senti obligé de lui adresser la parole ? A croire qu’il était trop complexe pour un homme de comprendre que lorsqu’une femme s’isole, c’est parce qu’elle veut être seule.

Par politesse elle s’était retournée et l’avait saluée à son tour. Par politesse elle avait accepté d’échanger quelques mots avec lui. Mais pas davantage. Avec toute la politesse dont elle était capable de faire preuve, elle s’était excusée et avait pris congé. Nul autre choix que de retourner à l’intérieur à présent. Pour éviter ce genre de mésaventures, l’idée d’aller à présent retrouver son frère et rester en sa compagnie afin qu’on la laisse tranquille pour le reste de la soirée lui semblait être ce qu’elle avait de mieux à faire. Hélas, c’est en compagnie d’une femme qu’elle l’aperçut, et ainsi elle laissa immédiatement tomber l’idée. Mais que faire à présent ? Elle était restée au milieu de la foule afin d’y songer…Et c’est ici même que la réponse vient se présenter à elle sous la forme d’un charmant jeune homme blond.

Contrairement au précédent, il ne l’avait pas comme « effrayée » de sa présence. Bien au contraire, elle sentait quelque chose de rassurant chez ce jeune homme, dont elle ignorait pourtant tout encore. Comme figée sans comprendre réellement pourquoi encore, elle n’avait pas réagi alors qu’il s’attardait à une révérence de coutume, pas davantage d’ailleurs que lorsqu’il était venue délicatement déposer une fleur sur son oreille gauche. Son manque de réaction, cependant, n’empêcha pas ses joues de s’empourprer de façon naturelle. D’abord de façon discrète, cela le devint beaucoup moins au fur et à mesure que les paroles du jeune homme venaient caresser son ouïe avec douceur.

Son cœur s’était mis, sans qu’elle ne s’en rende compte à s’accélérer. Elle ne comprenait pas pourquoi, elle ne comprenait pas comment…Mais il avait réussi à la toucher d’une incroyable façon. Là ou n’importe qui d’autre l’aurait probablement fait fuir, lui avait réussi à lui donner envie de rester en sa compagnie. Et la chose en était pour le moins…Troublante.

Se reprenant le temps d’une seconde, elle lui rendit la politesse que de faire une révérence et se redressa aussitôt pour plonger son regard dans l’unique œil qu’elle pouvait contempler de son interlocuteur. Elle n’aurait su dire combien de temps –cela lui sembla interminable- elle avait laissé couler avant de trouver enfin le courage de lui répondre.
    « Je suis flattée, messire, de recevoir un tel compliment de votre part, mais je ne puis être de votre avis. Les roses sont d’une beauté pure et fragile, je ne puis même ne serais-ce que me comparer à elle, c’est un affront que je leur porterais en faisant cela. »
Troublée, elle l’était de tout son être. Etrangement, elle ne pouvait plus détachée son regard du sien, malgré le trouble qu’il semait en elle rien que de par sa présence. Croyez-vous au coup de foudre ?

Elle venait de tomber amoureuse…Encore une fois.

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Mezariel D.de SaintLouis
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MessageSujet: Re: {Bal Lunaire}Madame, je ne redoute rien de plus fort que d'échouer a vous aimer ♥ [Allister]   Sam 15 Sep - 22:26


Je te regarde avec insistance
Tu me fixes de la même manière
A l'intérieur de notre univers clos
Jouant à un jeu si évident
Mais nous prétendons encore
Que notre ivresse était raisonnable
Le frisson qui eut tôt fait d’enhardir l’échine puis la nuque du Marquis de SaintLouis dès lors que la demoiselle eut acceptée de répondre à son abordage lui parut aussi agréable que curieux. C’était bien la première fois qu’il ressentait pareille chose au cours de sa vie ; Hors, inutile de préciser qu’il avait bien eu l’occasion de vivre moult expériences pour son « jeune » âge. Bien malheureusement, dans certains contextes. En revanche, tout son vécu, si sombre puis-t-il être de temps à autres, ne l’empêchait en rien de faire preuve de galanterie et politesse du même acabit, surtout en présence de demoiselles, comme c’était le cas ce soir.

Et quelle demoiselle ! Maintenant qu’il avait ouïe sa délicate voix nacrée par une beauté sans doute bien équivalente à celle de son visage dissimulé, Mezariel aurait tout donné pour être en mesure d’ôter cet accessoire du faciès de sa nouvelle compagnie. Ce timbre sonore l’avait séduit immédiatement, mais il ne voulait en aucun cas brûler une seule des étapes du principe tout particulier que se trouvait être le charme en lui-même. Bellâtre et savant du savoir-vivre dans l’âme – il retirait ceci de son éducation drastique de noble, forcément – l’homme ne doutait absolument pas de ses facultés à agir en bon ensorceleur des cœurs ; D’autant que deux verres d’alcool pétillant venaient renforcer cette haute – et peu courante- estime de lui-même.

Pour cette jeune femme, le Marquis se décida à agir comme il ne l’avait encore que très rarement fait, en dévoilant l’intégralité de sa fascinante panoplie de technique d’approche. D’ordinaire, ses « proies », s’il pouvait les qualifier de la sorte – bien que la plupart aient plus tenu le rôle du loup que lui dans l’histoire, ironique- ne lui accordait plus aucune résistance – et donc un intérêt bien moindre qu’espérer au commencement – dès les premiers mots doux qu’il se trouvait être en mesure de leur glisser promptement a l’oreille ou dans des circonstances plus disposantes. Instinctivement, le Noble souhaitait davantage de cette jeune femme, et quelque chose en lui semblait lui souffler qu’il avançait sur un chemin qui le mènerait sans doute vers une satisfaction toute docile.

Il sourit et se redresse, replaçant bien entendue une mèche de cheveux rebelle sur le sommet de son crâne d’un geste fluide et presque aguicheur sur les bords, bien que ce ne fut-ce point volontaire pour cette fois-ci. Mezariel n’avait jamais été une personne appréciant la présence d’autrui, l’excès d’opulence ou encore la proximité trop prolongée entre lui et une personne tierce. Il se forçait cependant, à prendre sur lui afin d’honorer autant son rang que le nom que lui a transmis son père, au risque de sa vie. Afin de prouver sa valeur aux autres membres de sa « meute » qui voit en lui la disgrâce de la famille, l’hybride fait absolument tout ce qui est en son pouvoir afin de conserver dorures et compliments saupoudrant le blason héréditaire dont il supporte le poids chaque jour sur ses frêles épaules. Chaque fois qu’il en avait l’occasion, bien que cela lui déplaise au plus haut point, il se mêlait a la foule de ses « presque semblables » dans l’optique d’avoir matière à converser le lendemain, lors de rencontres avec courtisans et suiveurs de sa Majesté, le Roi Charles de France en personne.

La timidité était mise de côté lors d’évènements de ce genre, mais cela ne signifiait pas pour autant qu’elle s’édulcorait, bien au contraire. Chaque fois qu’un bal prenait fin, l’Infant se demandait bien comment diable il avait pu user et abuser de pareilles paroles qui l’auraient fait rougir sans effort s’il ne s’était pas contenu au maximum !

Etrangement pourtant, avec l’alpaguée présente, il se sentait très à son aise, ce qui n’était guère chose courante, surtout avec sa condition pour le moins peu courante. Sans aucun doute l’ivresse du début de soirée et le fait de ne pas devoir exposer en public son cache œil aidait à la tâche, la rendant moins compliquée a réalisée. Il en était on ne puis plus ravi, pour tout dire. Immédiatement, il choisit dans les trésors de ses connaissances, une tournure de phrase pouvant être appropriée à l’ambiance festive de ce soir, qu’il ressentait tout de même, dans le fonds, dépeinte d’une certaine méfiance. Réalité ou fiction tirée d’une paranoïa bien trop présente en sa conscience presque folle ? Les deux hypothèses étaient défendables, mais il ne se sentait pas le cœur à débattre d’une chose pareille maintenant. Les migraines seront pour plus tard et il relaya alors bien vite cette question dans les tréfonds de son esprit. Sans doute aurait-il l’occasion de s’y replonger demain ; Et c’est sans aucune hâte qu’il attendait le lever du jour. Il était ardemment désireux de profiter de l’instant présent, pour l’heure.
    « Vous laissez ainsi vous dénigrez me blesse profondément je dois dire. Insinuez-vous par votre simple phrase que je ne demeure être rien d’autre qu’un fieffé-menteur et que mon goût se trouve être douteux ? »
Il voulait faire admettre à cette inconnue qu’elle se trompait. Même sans la voir, Mezariel savait qu’elle était belle. Cela allait même au-delà des mots qu’il aurait été en mesure d’exprimer afin de sculpter clairement son courant de pensée. Dans tous les cas, il n’aurait pu tolérer la continuité d’un tel écart au bon sens. Permettre à cet ange-ci de ce dévaloir revenait, à ses yeux, comme si le plus somptueux des diamants se disait n’être que simple apparat de verrerie. Impensable. Cette étiquette allait à l’encontre de l’entendement même.

Certes, il n’avait officiellement qu’une seul œil « valide », mais cela ne l’empêchait en aucun cas de se rendre compte par lui-même de la saveur agréable qui se dégageait d’une tierce personne. L’inverse eu été en effet un cas d’illustrations bien plus parlant. Etant à moitié loup, le Marquis était en mesure de savoir mieux que quiconque ce qu’il en retournait. Ses sens, plus aiguisés que ceux des êtres humains, simples descendant d’Eve la maudite, savait lui faire reconnaître entre mille le véritable alliage que formait la beauté en elle-même.

Tout d’abord, le parfum qui irradiait de la silhouette de la belle suffisait à elle seule a discrédité le discours que cette malheureuse avait osé tenir à son propos, quelques secondes auparavant. Le blond était formel, il n’y avait pas un écu de vérité a l’intérieur de cette coquille de mots désuets. Le plus difficile maintenant, était surtout de faire germer dans l’esprit de la libellule cette certitude qui n’avait, apparemment, pas su comment l’accrocher suffisamment pour qu’elle prenne conscience de sa parure. Ce défi plaisait tout autant au loup ; Il était certain qu’ainsi, sa soirée ne se termine pas par la rupture usante causée par un ferme ennui.

Nouveau sourire ; Il se sentit le courage d’argumenter de nouveau son point de vue quant à ce qu’il avait déjà déclaré.
    « D’ailleurs, à mon sens, si vous me permettez de m’exprimer ainsi, je suis convaincu que tout ce qui se trouve beau l’est donc par définition. En revanche, tout ce qui critique le beau est laid, à mon sens. Ne voyez là nulle intention de vous décrier, mais je cherche à vous exposer mon opinion à ce sujet, Mademoiselle. »
Afin d’assortir sa tirade, digne d’un beau-parleur italien – avec bien moins d’assurance, cela dit, le degré d’alcoolémie dans son sang devait être en train de chuter graduellement – il se pencha, déroba sa main à la demoiselle quelques instant et déposa sur ses doigts doux comme le satin, un baiser tout ce qu’il y avait de plus sincère. L’acte perpétrer, encore une fois le Noble se redressa et regagna tout naturellement de sa prestance, de son allure.

C’est alors qu’une dague vint se planter à quelques centimètres de son visage, dans le mur lui-même. D’ailleurs, son masque en fut écorché, si bien que le bout du nez de ce dernier tomba sur le sol, dans un cliquetis inaudible en raison de la foule environnante. Déglutissant face à une pareille inédite, Mezariel tenta d’apporter un peu de plaisanterie au tableau qui l’effrayait plus qu’autre chose, pour être tout à fait honnête.
    « Et bien… Voilà qui est étrange. » Dit-il en riant quelques peu, faussement, alors que son œil vint se poser sur le fragment de son masque à terre.
Heureusement, ce n’était que le bout de l’accessoire et non l’entièreté de ce dernier ; Mais tout de même ! Soufflant un bon coup et espérant que tout ceci n’était qu’une mauvaise blague, le blond s’était dit qu’il serait judicieux de reprendre une conversation banale avec la demoiselle pour ne pas risquer de la voir s’enfuir en courant. Etonnant d’ailleurs, à sa place nombre d’autres femmes auraient déjà pris leurs jambes à leurs cous. Seulement, Mezariel ignorait encore qu’il ne se trouvait pas en face de n’importe qui, voilà tout.

Une voix caverneuse secoua de nouveau ses projets, se faisant entendre dans toute la salle, sans pour autant être repérable. C’est comme si elle venait de partout et nulle part à la fois, perturbant.
    « Je désigne cette personne, manquée de peu par ma lame, pour distraire l’assistance ! Dansez ! Mais attention, soyez imaginatif ! Une danse de rigueur de saurait convenir aux désirs de sa Majesté ! Inventez ou soyez pendu dans l’heure ! »
… Le moins que l’on eut puis dire, c’était que le sens de théâtralisation de la Cour de France ne s’était pas achetée avec quelques grammes de sucre, mais bel et bien acquise. On reconnaissait bien là la funèbre extravagance de sa Seigneurie Charles, a toujours vouloir rivaliser d’originalité avec les autres Couronnes d’Europe. Après, de là à affirmer qu’il s’agissait de sa voix à lui, le Noble n’aurait su se prononcé, c’aurait été trop présomptueux a son gout, étrangement. Il préféra donc s’abstenir et ne rien ajouter de plus. Les regards braqués sur lui en disaient déjà long quant à la suite des évènements, il n’allait donc pas avoir le choix, apparemment.
    « Me suivriez-vous dans cette singulière épreuve, gente Dame ? »
Il ne réalisa que par après seulement dans quoi il proposait d’embarquer la demoiselle ! C’était bien trop risqué avec un capricieux tel que Charles ! Et, même si lui ne craignait pas pour sa propre vie, c’était le cas pour celle de la nymphe qu’il venait à peine de rejoindre mais dont il savourait chaque minute de présence. L’orchestre impérial se met alors à composer une nouvelle mélodie, sans doute pour inviter le de SaintLouis à venir danser comme un beau Diable au milieu de l’assistance. Un soupire passa ses lèvres mais étrangement, la nervosité avait déserté son être, semblait-il. Tant mieux, il n’allait pas s’en plaindre, cela lui évitait de trop penser et donc d’enchaîner les bourdes en tous genres. En revanche, il essayait vainement de trouver une danse adaptée à la satisfaction attendue logiquement par la curieuse voix. Que pouvait-il bien exécuter ? Il n’allait tout de même pas toutes les mélanger afin d’obtenir un résultat imperméable aux spéculations, si ?...

Son regard unique ne parvenait pas à se défaire des courbes de la superbe alors qu’il se dirigeait pourtant au beau milieu de la pièce. Ses pieds, jusque-là peu assurés, se sentaient peu à peu envahi d’une sensation d’une aisance exceptionnelle et toute particulière.

Qu’était-ce donc que tout cela ?

Plus le temps passe
Plus je sens que mon coeur
Doit t'être caché
Alors que je peux t'approcher
Je pousse un soupir
Car auprès de toi
Je me sens si loin de moi


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MessageSujet: Re: {Bal Lunaire}Madame, je ne redoute rien de plus fort que d'échouer a vous aimer ♥ [Allister]   Mer 31 Oct - 19:28


Elle s’en souvenait parfaitement.

Comme si ce souvenir n’était guère plus vieux que de quelques heures, au plus. Mais jour et nuit elle n’avait de cesse d’y repenser, encore et encore. Son visage hantait ses nuits en s’invitant dans ses rêves, mais pas seulement. Le soleil lui-même n’arrivait pas à chasser ce merveilleux rêve aux arrières goûts de cauchemars de son être. Pas même un peu.

Il n’avait rien fait pour cela, pourtant.

Elle s’en souvient à la perfection car ce jour est devenu l’un des plus beaux de son existence. Rien n’avait présagé telle chose. Cette journée n’était en rien différente des autres. Pas même un peu. C’est avec la même appréhension qu’elle s’était rendue au château ce jour-là. Appréhension non pas due aux miliciens, loin de là, mais plus au Roi, le Souverain en personne. Elle ne l’appréciait pas. Qu’y pouvait-elle ? Elle n’arrivait pas même à tolérer sa présence.

Pour elle, qui s’essayait à rendre la vie d’autrui un peu plus agréable, un peu plus ensoleillée, le comportement du Monarque était intolérable. Sous prétexte qu’il était le porteur de la couronne, il s’octroyait tous les droits, y compris celui de rendre son peuple malheureux, d’être cruel au possible avec lui. C’était ce qu’elle n’avait jamais toléré. Inspirer le respect par la peur, on ne peut faire plus horripilant.

Et la bonne entente entre son frère et cet homme était un pur mystère à ses yeux. Tout ce qu’il avait pu lui dire à ce propos était qu’elle s’arrêtait trop sur les apparences. Cela dit, même si ce que son frère disait était vrai, même si dans le fond Charles de France était différent de ce qu’il laissait paraitre…Cela ne changeait, hélas, rien aux faits. Rendre son peuple malheureux, quel qu’en soit la raison, n’était pas la solution. En cela, se rendre au château pour servir ses intérêts personnels –même si cela ne demeurait que son rôle officiel et que la vérité était toute autre- s’apparentait davantage à une corvée qu’autre chose.

A lui seul, il avait rendu ce jour si différent des autres.

Noyée dans son ennui, et ne voulant porter aucune attention aux activités du Roi, elle s’était lancée dans une grande conversation avec son frère, qui s’était bien vite terminée en cours de jonglage. Elle aurait donné n’importe quoi pour occuper son esprit au point d’en oublier le lieu où elle se trouvait, et, en définitive, danser n’était pas là une solution. Nul doute que cela en aurait fait réagir plus d’un, peut-être même également la tête blonde placée sous la couronne, et par-dessus tout elle voulait se faire discrète. Rester dans son coin, sans qu’on ne vienne l’y déranger. Venant de la bohémienne, c’était chose rare, mais cela lui arrivait parfois. Ce besoin d’être tranquille, voir seule –bien que ceci soit un concept en soit pour la jumelle, étant donné que souvent sa solitude s’apparentait à la compagnie de son frère, étant chacun une moitié de l’autre.

Et c’est alors qu’elle commençait à se faire au concept et aux gestuelles qu’elle le vit, au loin. Elle fût d’abord tellement perturbée qu’elle en avait laissé inconsciemment toutes les balles regagner le sol lourdement. Ses bras étaient revenus doucement regagner le long de son corps alors que ses yeux n’arrivaient plus à lâcher ce bel inconnu du regard. Il était si beau, avec sa chevelure de blé, et si mystérieux à la foi, le visage partiellement dissimulé par un cache-œil. Mais malgré cela, elle n’aurait su expliquer cette étrange sensation qui s’était emparée de son corps à l’instant ou ses yeux c’étaient posés sur lui, pour ne plus jamais vouloir s’en défaire.

Elle avait senti ses joues s’empourprer alors qu’il lui semblait que la chaleur de la pièce venait de monter de plusieurs degrés. Pourtant, il n’en était rien, et elle en était bien consciente, ce qui rendait la scène encore plus troublante. Elle avait mis un temps avant de comprendre ce qu’il lui arrivait, cette fois-là. Il lui avait même fallut que cette noble à la chevelure blanche ne vienne afficher clairement son affection pour le jeune homme à la chevelure d’or pour qu’elle comprenne. En cet instant, elle avait senti un sentiment qu’elle ne connaissait que trop peu monter en elle. La jalousie. C’est ainsi qu’elle comprit, troublée.

Elle venait de tomber amoureuse, et ce d’un parfait inconnu.

C’était ce qu’elle avait également ressentit avec cet homme qui était venu solliciter son attention lors du Bal Lunaire. De quoi laisser monter en elle les doutes, comme les remords. L’idée d’être tombée amoureuse de deux hommes –ou du moins le pensait-elle encore dur comme fer à cet instant- lui laissait à penser qu’elle était peut-être trop fleur bleu. Voir même une jeune fille facile. Ce qui était bien loin de toutes les convenances que, contrairement à ce que l’on pourrait penser en se basant sur son statut de bohémienne, Allister prenait très à cœur, et respectait farouchement.

Mais la question se posait-elle véritablement, de toute façon ? Très probablement pas. Après tout elle n’était qu’une bohémienne, une fille des rues, et fière de l’être avec cela. Jamais elle n’avait de chance d’intéresser un noble de la Cour de France, elle n’en avait même pas la prétention. Impossible, c’était le mot qui régnait en maitre en son être. Et pourtant, cet homme masqué était là, face à elle. Effets très probables de l’alcool, ou alors pensait-elle qu’elle puisse avoir un rang tout autre que celui qu’elle possédait véritablement de par cette jolie robe qu’on lui avait céder spécialement pour l’occasion ? L’un comme l’autre était si probable…Et la voix de la raison lui susurrait de son contenter de l’une ou l’autre et de ne se faire aucun espoir. Cependant…Elle n’en avait aucune envie.

Elle voulait se laisser aller à ce doux rêve, pour une fois.

Il n’y avait aucun mal à cela, n’est-ce pas ? Elle allait simplement profiter de cette soirée féerique. Juste le temps d’une soirée, elle se laisserait aller au rêve, à l’impossible. Et puis, le lendemain, elle reviendrait à sa réalité. Elle n’espèrerait plus rien. Elle tenterait d’oublier. Ou du moins, elle garderait tous ses ressentis pour elle, et pour elle seule. Peut-être prendrait-elle simplement le temps de se confier à son frère, mais rien de plus.

Mais c’est dans un bien étrange rêve que celui-ci, où elle peut se retrouver confuse par une simple phrase prononcée par sa compagnie. Jamais elle n’avait voulu insinuer quoi que ce soit sur ses gouts, et encore moins laisser sous-entendre à son interlocuteur qu’il n’était rien de plus qu’un menteur. D’une part, ce n’était pas dans ses habitudes de douter de la sincérité d’autrui, et, d’autre part elle ne se serait jamais permise un tel affront sur la personne d’un notable de la cour lui-même. Sa notion du respect était bien trop ancrée en elle pour cela. Mais d’un autre côté, elle n’avait pas non plus assez haute estime d’elle-même pour simplement accepter les compliments qu’on lui faisait, voilà tout.

Exprimer le fond de sa pensée à ce sujet, et également lui présenter des excuses quant à la façon dont il avait compris ses paroles, ne fut hélas pas un luxe qu’il lui accorda. En premier lieux, ce part un magnifique sourire qui troubla la jeune femme, puis en reprenant la parole avant de venir s’emparer de sa main pour venir y déposer un chaste baiser, avant de se redresser, presque comme si de rien n’était.

Mais ce n’était pas ainsi qu’elle voyait la chose, la belle danseuse. Son cœur a elle s’était emballé face à cet acte démontrant une attention qu’elle n’avait pas l’habitude de recevoir. De même, elle avait clairement senti ses joues passer à un rose bien trop prononcé pour être naturel. Fort heureusement, les masques étaient de mise en cette charmante soirée, et ainsi elle pouvait espérer que la chose passe inaperçue au possible.

Nul besoin, en revanche, de temps pour reprendre ses esprits qu’une tierce personne se chargea de faire redescendre sur terre tant la blonde que sa charmante compagnie. D’une façon toute aussi originale qu’elle lui ressemblait bien d’ailleurs, et Allister ne manqua pas de lui lancer un regard noir que, hélas, le Roi ne perçu pas du haut de son fauteuil. Dire que cette maudite arme blanche qu’il venait de lancer aurait pu tuer l’un de ses sujets…Mais quelle ignoble façon de faire ! Toute comme les menaces qui allaient avec, d’ailleurs…S’il était en manque de divertissement, qu’il aille donc s’occuper en faisait quelque chose de constructif, tient. Ca le changerais, au moins.

De par sa haine toute entièrement dirigée sur le Monarque, la danseuse ne s’était pas immédiatement rendue compte que le notable lui ait adressé la parole, pour l’inviter à le suivre dans cette bien drôle de situation. Cela dit, cette demande ne fût pas vaine, bien loin de là.

En premier lieux, elle aurait presque pu remercier le son cristallin de sa voix qui avait su calmer ses envies de meurtres prononcées sur la personne du porteur de la couronne. Bien étrange situation…Lorsqu’il s’adressait à elle, il lui semblait que plus rien n’avait davantage d’importance que lui…Et elle s’y abandonna toute entière, ce soir-là. A quoi bon résister ? Cette bataille-là, elle savait déjà qu’elle devrait y faire face dès le lendemain et ce jusqu’à ce que ses sentiments acceptent de se dissoudre. Pour ce qui est du temps que cela prendrait...Elle n'en avait aucune idée, et c’était dans doute ce qui était le plus effrayant dans tout ça. Un calvaire est beaucoup plus supportable lorsque l’on sait où s’en trouve la fin, lorsque l’on sait simplement qu’il prendra fin, que ce soit dans peu de temps ou non.

Mais penser à cela ne changerais rien aux faits. Alors, elle débarrassa simplement son esprit de tout cela en inspirant bien profondément. Ne pas se laisser abattre. Ou du moins, pas avant que ne sonne la fin de cette soirée, de ce doux rêve.

De nouveau sereine, c’est d’un pas léger et gracile qu’elle s’affaira à rejoindre sa si charmant compagnie au milieu de la pièce, venant d’abord se placer face à lui pour mettre, avant toute chose, un peu de clarté dans tout ce qui venait d’être dit.
    « Pardonnez-moi. Jamais je n’ai voulu prétendre ni même sous-entendre que vos goûts sont douteux, ou même que vous êtes un menteur, Messire. Si je vous ai laissé cette impression je vous prie de bien vouloir m’en excuser. »
Sincère dans ses paroles, elle conclut par un sourire, espérant qu’il accepterait ses excuses. Prenant ses mains dans les siennes, elle reprit, le plus simplement du monde, guidée par une aisance très certainement due à la musique qui s’élevait, et donc aux pas de danse qui allaient suivre.
    « Sachez que je suis prête à me faire pardonner si mes excuses ne vous suffisent pas. Mais pour l’heure…Tâchons de sauver votre vie, qu’en dites-vous ? »
Son sourire s’accentua un peu davantage. Les menaces du Roi, elle n’en avait cure. Voilà des années qu’elle dansait, et ce depuis sa plus jeune enfance. Il relevait donc de l’impossible que le Roi n’apprécie pas sa prestation et…Même si c’était le cas, à dire vrai, elle se demandait bien s’il se risquerait véritablement à se débarrasser d’un membre de sa milice. A méditer, tient.



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MessageSujet: Re: {Bal Lunaire}Madame, je ne redoute rien de plus fort que d'échouer a vous aimer ♥ [Allister]   Dim 2 Déc - 0:40


Depuis diantre combien de temps ne s’était-il pas senti si léger ? Si libre ? Si hypnotisé par l’infinie possibilité qui courbait l’échine gracieusement devant sa personne ? Il n’aurait su le définir clairement, avec un axe de temps et une ordonnée de souvenirs. Mais ce qu’il savait, en revanche, c’était que cela lui avait grandement manqué. Et qu’il était heureux, présentement, au milieu de cette foule réunie en cercle autour de la piste de danse qui lui était réservé ainsi qu’à son infortunée compagne du soir.

D’ordinaire, il se serait senti très mal à l’aise devant autant de paires d’yeux rivés sur sa silhouette, le scrutant tels des vautours attirés par les fragrances d’une carcasse prête à passer sous leurs serres impitoyables. Mais en cette soirée festive, ce ne fut guère le cas. L’alcool aidait très certainement a détendre ses muscles et balayer ses appréhensions, ceci était une affaire entendue et il n’était nullement sont au point de penser que cette aisance ne lui était pas venue naturellement, par la bonté du Saint Esprit. Il y avait autre chose que les substances sucrées et enivrantes ou le salut du Seigneur auquel il ne pouvait espérer de par sa moitié de sang loup. Il y avait autre chose. Mais quoi ?

La musique eut tôt fait d’user d’une bien singulière magie qui aurait comme scinder son entière unité en deux parties bien distinctes. D’un côté il y avait l’esprit, qui, clair et aussi attentif qu’il était possible de l’être après plusieurs verres, tentait de mettre en lumière cette part de mystère qui auréolait la jeune demoiselle toute proche. De l’autre se trouvait son corps, qui semblait si libre de ses mouvements que ça en frôlait la bêtise sous sa plus belle parure couturière. Il enclencha ses premiers pas avec tant de facilité que la monotonie de cette soirée, si tant est qu’elle est existée un jour, n’était alors plus qu’un très mauvais souvenir pour tous les convives réunis ici. Leurs regards curieux se baladaient, presque nonchalant, de l’un a l’autre des partenaires de danse improvisés et incongrus. Qui aurait pu penser que cette mondanité prendrait pareille tournure ? Oh, certes, toutes les âmes que contenait cette salle ne pouvait être présente autour de cette agglomération, mais tout de même, le nombre de spectateurs prêt à pousser leurs voisins pour dévorer une moindre miette du spectacle à venir demeurait être suffisamment respectable pour que personne ne chuchote sitôt les musiciens à l’œuvre.

D’ailleurs, en parlant de ces bonnes gens, le rythme de leurs symphonies enragées ne ressemblaient a rien de ce que Mezariel avait déjà eu l’occasion d’ouïr par le passé. Pourtant, avec son père comme protecteur, il avait été amené à en faire, des voyages, et dans bien des contrées différentes. Espagne, Italie, Autriche, Prusse et même Suède lorsqu’il était très jeune ! Et malgré tout, il n’avait nulle part ailleurs entendu ce genre d’expression musicale. Preuve, s’il en est, que la France savait indéniablement se détacher de toute la routine à la limite du sectaire dans laquelle se lovait la plupart des autres Nations. Car la patrie française était, est et restera toujours unique et magnifique sous toutes ses formes, cela, le Marquis en était intimement persuadé.

Seule l’Angleterre, sœur ennemie du pays l’ayant vu naître pourrait se targuer de parvenir à un niveau égal dans les mêmes domaines. Et encore, cela restait à prouver, ce n’était qu’une solide supposition, tout au plus.

Glissant sur un côté, le noble tapa du pied gauche sur le sol, comme s’il se prenait à faire des claquettes. Mais ceci ne dura que le temps d’un seul mouvement puisqu’il enchainât, confiant et serein, par deux tour sur lui-même, majestueux. Ses couteux habits de claires teintes, suivaient et accompagnaient ses moindres faits et gestes de leurs présences, qui amenaient un peu de lumière vraie dans ce faste étouffant. Sa cape, voletant depuis ses épaules, s’offrait le luxe d’émettre un son de vent froissant les tissus sitôt que son porteur pivotait avec un peu trop de vivacité pour elle. Tout ceci se perdait dans le brouhaha ambiant mais qu’importe, la prestance du jeune homme n’en était guère entachée.

Partout autour de lui s’élevait, timidement, des questions existentielles sur son identité. Les femmes désiraient sans doutes l’accompagner dans ses appartements en fin de soirée et les hommes lui offrir une correction digne de ce nom pour oser troubler leurs quiétude et vaciller les cœurs des dames qui s’apprêtaient alors à se coucher devant eux. Triste constats que venaient de faire ces indigents. D’autant que le concerné n’en avait que faire, lui. Si les menaces murmurées a l’oreille du sourd lui étaient parfaitement audible, il préféra ne pas en faire cas. Il y avait plus important présentement. Oh oui, bien plus important. Encore et toujours, cette sérénade le ramenait inexorablement à poser son œil unique et visible sur la fraicheur fleur qu’il avait entrainé bon gré mal gré dans cette périlleuse aventure.

Il sentit soudainement son cœur se soulever, puis un courant des plus distincts lui traverser les chairs de long en large. Il rata un souffle et sa respiration devint alors, pendant une poignée de seconde, très irrégulière. Il était perdu. Que venait-il de se produire ? D’où diable pouvait bien provenir cette décharge électrique qui, pourtant, ne lui avait en aucun cas été désagréable ? Inconsciemment, le De SaintLouis se surprit a redemander la venue de ce phénomène particulier. Mais il ne comprenait pas pour autant ce qui s’était produit à l’ instant.

Peu importe, jugeât-il finalement. Les meilleures choses sont bien souvent celles dont on ne connait rien, parait-il. Son père lui avait souvent récité cette leçon de vie, bien qu’il n’en eut la confirmation que ce soir-là, après vingt-cinq années d’interrogation sur cette sempiternelle question. Aussi, fort de tout ceci et plus déterminé que jamais à survivre à cette épreuve, cette mascarade sordide, l’Infant se servit alors de ses avant-bras pour former une cadence désordonnée mais qui, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, s’accordait à merveille avec la musique diffusée. Cela ne choquait pas, bien au contraire. Le public était subjugué par l’improvisation qui dévoilait ses traits au fur et à mesure des secondes qui s’écoulaient auprès de Chronos, devant eux.

La chaleur montait toujours plus graduellement, ravivant ainsi les multiples parfums, tous différents, qui régnaient sur chacune des féminines gorges présentes ici, autour de cette estrade invisible mais si perceptible. Pris d’un brin de zèle, le danseur désarticulé songeât qu’il eut été une rafraichissante idée d’apporter quelques paroles à cette ambiance festive mais plate. Et puis, il était masqué, alors il ne risquait rien. Les moqueries et les représailles, il n’en avait que faire. Ce soir, il n’était plus lui. Il était quelqu’un d’autre. Et ce même « quelqu’un d’autre » pouvait à loisir se permettre mille et une lubies sans jamais avoir à songer aux conséquences puisque tout ce qui se passait ici-bas s’effacerait dès le lendemain avec le levé matinal du soleil, comme d’habitude. Du moins, il restait convaincu de cet idéal et ne paraissait pas volontaire pour s’en extirper maintenant, alors qu’il commençait tout juste à prendre un certain plaisir à cette fête-ci.

Pourquoi continuer à être engoncé dans un sérieux rôle alors que l’on a la possibilité rare – pour ne pas dire unique – de franchir le cap de la bienséance entouré tantôt de ses comparses, tantôt d’hommes et de femmes étranges au Château ? L’inconnu attisait sa curiosité toujours plus et après le champagne qu’il avait ingurgité, et la chaleur n’aidant en rien, Mezariel n’eut aucun remord à mettre de côté les règles éprouvante de la bonne conduite pour un temps. Il agirait donc à l’instinct et continuerait de ne pas savoir où il mettrait les pieds jusqu’à la fin de toute cette féerie dont il se découvrait être friand au possible. De temps à autre, n’avoir qu’une vision floue, approximative du chemin que l’on empruntait sans savoir où il nous conduisait, cela avait son charme, plus que quiconque n’aurait sans doute jamais pu le penser.

Prenant l’initiative d’une nouvelle pose, l’acclamé, après avoir levé un instant un bras au ciel, ramena ses mains juste devant son visage, paumes vers l’assistance. Sa tête, inclinée vers le sol sur la droite, conservait une tenue neutre mais intrigante. Son œil fermé s’essayait à la fantaisie, pour une fois. Mais ceci ne dura guère plus d’une poignée de secondes puisqu’il écarta après moult idées avortées au sein de son crâne, ses avant-bras, dégageant ainsi une voie parfaite pour observer son masque, dissimulant son faciès. Et son agape claire contemplant, encore une fois, les formes de la donzelle l’accompagnant, se faisant de plus en plus désirable, d’ailleurs. Ses ardeurs étaient contenues au maximum, mais tant de liberté de mouvements pouvait prêter à confusion même le plus sage des hommes. Il n’était encore qu’un enfant, d’un point de vu lycanthrope. Cet écart pouvait donc lui être facilement pardonné. Ou non. Son côté humain, quant à lui, bataillait pour qu’il ne s’égare pas d’avantage sur les tracés de l’ivresse et des pêchés ô combien nombreux qui paraissaient s’être incarnés, ce soir.

Le noble n’en avait cure. Aussi, continuant son ballet – pour l’instant solitaire- il voulut inviter clairement la jolie blonde à s’immiscer dans ses acrobaties, dont il n’était pas peu fier, il fallait le souligner. Sans doute sa confiance en lui – chose impensable à trouver en sa personne lorsqu’on le connaissait autrement- se ressentait-elle parfaitement et irradiait, même, de toutes ses voiles, l’ensemble des yeux posés sur lui d’une époustouflante admiration.

Enfin, comme pour sonner le glas de son esseulée chorégraphie, le Marquis leva une seconde fois un bras en l’air avant de le ramener tout en douceur, avec la délicatesse et la majesté d’un cygne blanc, vers sa cavalière, prononçant quelques mots piocher presque au hasard dans ses mémoires.
    « Je te regarde avec insistance
    Tu me fixes de la même manière
    A l'intérieur de notre univers clos
    Jouant à un jeu si évident
    Mais nous prétendons encore
    Que notre ivresse était raisonnable
    »
Il s’agissait là de quelques vers sans aucune attaches ou rimes entre eux, mais que l’hybride affectionnait tout particulièrement. C’était son premier amour mais également sa défunte moitié qui lui avait enseigné ces quelques phrases mélodieuses, peu de temps avant qu’elle ne trépasse tristement. Il était donc évident que cette silhouette androgyne ne pouvait que s’en souvenir avec une certaine application. Sa main, toujours tendue vers la jeune femme, attendait une réponse, pareille a une statue grecque ne sachant si son existence allait ou non être réduite à néant. Il ne voulait pas abandonner, pas une fois de plus. Alors, pour se donner courage, il repensait à cette agréable sensation qu’il avait ressenti tout à l’heure, en laissant son regard glisser tendrement sur les courbes de celle à qui il avait sans doute éviter une soirée de cauchemar en compagnie d’une âme ne la méritant guère. Pour autant, pouvait-il se targuer d’en être davantage digne ? Oh, bien sûr que non, cela eut été trop présomptueux pour lui, même sous l’effet de la boisson. Mais tout de même, suivant le rythme de la musique, il ne se privât guère pour rajouter une tirade à sa chanson.
    " Plus le temps passe
    Plus je sens que mon cœur
    Doit-t’être caché
    Alors que je peux t'approcher
    Je pousse un soupir
    Car auprès de toi
    Je me sens si loin de moi "
Il se permettait le tutoiement, chose si insensé d’habitude pour ses bonnes manières et son éducation. Mais en cette nuit tout vacillait. Ses repères, ses plis, ses manies. Et même peut-être lui.

Allait-elle lui répondre sur la même longueur d’ondes ?


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{Bal Lunaire}Madame, je ne redoute rien de plus fort que d'échouer a vous aimer ♥ [Allister]

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