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 Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]

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MessageSujet: Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]   Ven 20 Juil - 8:33

[Même si dans un premier temps ça se passe pas dans les cachots, jme suis dit qu'il y avait des chances que l'on finisse ici, et comme je savais pas où le poster, j'ai mis là. Dis moi ce que t'en penses]

Ah... Ce que ces sorties le rendaient encore plus vivant ! Non, pas vivant. Humain ! C'était cette sensation du vent contre sa peau, de soleil tapant ses joues, cette brise qui le rafraîchissait. Ces petites choses de la vie qu'il ne vivait plus, enfermé dans son magasin. Ce magasin, tout ce qui lui restait. La seule chose de valeur à quoi il tenait, hormis la vie. Mais certes il vivait, mais c'était surtout avec beaucoup de souffrance. Filrahen était torturé par lui même. Même si maintenant il savait qu'il y avait d'autres monstre comme lui sur Paris, comme cette couturière qu'il avait rencontré et qu'il n'avait jamais revu alors qu'ils se l'étaient promis, ou cette vampire qui avait rencontré dans son magasin, d'une manière assez étrange et glauque. Mais ces personnes savaient vivre avec le handicap de leur problème commun. Pour le tailleur n'y arrivait pas ? Pourquoi faisait-il une fixette là dessus ? N'aurait il jamais pu faire le deuil de ses actes ? La douleur des remords était une souffrance qu'il connaissait bien. Jamais au grand jamais il n'aurait du vivre comme cela. Etait-ce le destin, la malchance ou juste un malheureux concours de circonstance ? Le destin peut etre ? Non, tout ça ce sont les excuses des charlatans pour se faire de l'argent sur le dos des pauvres malheureux. Mais des fois, il se disait que cela pouvait exister, peut etre.

Le loup trouvait son réconfort dans la foi. Même si sa transformation l'avait limité en terme de déplacement, notamment dans les lieux saints, certaines fois il y allait tout de même, au risque de souffrir. C'était peut être les maux de la délivrance. Une douleur que Dieu lui infligeait pour oublier. D'ailleurs, il se demandait souvent une chose. Presque tout le monde est croyant, sous peine d'être pris pour un hérétique. Mais combien de monstres ont perdu la foi ? Combien ont profité pour devenir de véritable monstre et libérer leur ame au diable ? Si Filrahen n'avait pas la réponse, c'était peut être parce que finalement il ne l'avait jamais demandé au peu de monstres qu'il avait croisé. D'une certaine manière, il s'en fichait un peu, mais d'un autre coté cela l’intriguait. La vie était une chose dure à vivre et il ne pourrait continuer seul. Il lui fallait du soutien. Il fallait donc quelqu'un qui ne soit pas humain et qui ne soit pas perverti par sa transformation. Pourquoi cela ? Non humain pour bien comprendre ses soucis, parce que sa vie est infinie comparée à celle d'un simple mortel. Non perverti car il ne voulait pas sombrer dans la même voie que ces dits gens. Plutot mourir.

C'est donc en ce jour ensoleillé qu'il se baladait dans Paris, à pied. Il transportait une commande dans un coffre qu'il portait de ses deux bras. La caisse était déjà lourde de base, du moins pour une caisse, mais en plus elle était pleine à ras bord de robe, cape et autres vêtements ou accessoires. Il devait se diriger vers le château. C'était un lieu qu'il n'avait jamais livré. Filrahen avait bien aidé des comtes ou des ducs, en les livrant comme en les servant dans son magasin, mais jamais leur demeure ne serait aussi grande que le château du roi de France. Il était venu à pied car c'était la fin du mois et il ne lui restait plus beaucoup d'argents, surtout après une dépense importante en tissu et coton pour ce qui était à l'intérieur du coffre. Mais ce contenu lui rapporterait beaucoup, assez pour prendre un chariot au retour. Son rendez vous était fixé à 15h et il devait demander une dénommée Stanislava Braginsky.

Ce nom était original, jamais il ne l'avait entendu. Cette sonorité rappelait les pays de l'Est dont elle était surement originaire. Il suivit donc le long chemin de pavé qui était entouré de jardin, arrivant finalement exténué devant une porte gardée. Il posa son coffre, soufflant un coup et tendant un papier tamponné. Il était à l'heure, même cinq minutes en avance. L'homme, le garde, observa la convocation. Filrahen alla droit au but :


« Je dois voir Mademoiselle Braginsky pour lui livrer ceci. Voyez par vous même »

Il s'agenouilla, ouvrit le coffre et souleva avec précaution les étoffes, montrant que rien n'était caché. Le soldat grogna et ouvrit la porte en rendant la convocation au loup. S'il était mal intentionné, cela aurait presque été trop simple. Il ne savait pas que la personne qu'il devait rencontrer était la garde du corps du roi. Mais si elle attendait pour leur rendez vous, professionnel, elle n'aurait pas été près du roi. Une faille qui aurait pu être exploiter pour tuer la première tête de France. Par chance, notre tailleur n'était pas mal intentionné. Il s'avança, demandant à certaines personnes quel couloir prendre pour atteindre la demoiselle. Finalement, les 15h sonnèrent et il arriva dans une petite cour, les bras toujours chargés de son coffre. Il vit une femme en plein milieu, s'approcha, posant son coffre :

« Stanislava Braginsky ? »
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Stanislava Braginsky
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MessageSujet: Re: Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]   Mer 1 Aoû - 11:58

    Paris, en ce beau jour d'été, s'annonçait douce et particulièrement ensoleillée. Chaque habitant de la ville semblait profiter de ce jour exceptionnel pour s'atteler à diverses taches qu'il n'avait pas l'habitude de faire comme se prélasser près du lac, prendre le thé, ou encore s'assoupir à l'ombre d'un arbre toute en feuille dans son jardin. Ce fut cette dernière occupation que le roi Charles de France s'était adonné. Stanislava veillant souvent tard pour s'assurer que tout était paisible et tranquille dans le château, elle avait remarqué que le monarque avait quelques soucis pour trouver le sommeil. Elle ne fut donc pas étonnée de constater que sa Majesté était soudainement devenu silencieusement. Elle sourit doucement en voyant son faciès reposé, qui d'ordinaire était peigné de colère ou l'air contrarié. Elle plaça un garde près de lui, tandis qu'elle s'éloignait tout en consultant sa montre.

    Il était bientôt 15 heures et la demoiselle avait rendez-vous avez un tailleur rencontré il y a peu. Elle avait commandé de nombreux vêtements avec de tailleur nommé Filrahen Coral. Une folie de jeune fille -enfin plus si jeune que ça- à laquelle Stanislava ne pouvait résister. Elle ne pouvait rester sourde à l'appel de ses tissus neufs qui glissent sur sa peau, lui donnant cette sensation de fraîcheur. Malgré son âge avancé, elle faisait encore quelques caprices et était très pointilleuse sur sa garde-robe. Tout en repassant en détail le contenu de son armoire, elle parcourait les couloirs du château, attendant avec impatience le tailleur. Sa main gantée glissa dans ses cheveux, jusqu'à atteindre l'accessoire qui retenait ses cheveux. Elle le détacha avec précaution et le détailla pour la énième. Même après autant d'années, le peigne d'argent et de diamant formant une rose épanouie brillait toujours. Ce bijou possédait possédait une grande valeur, financière et sentimentale.

    Un héritage de sa mère alors qu'elle n'était qu'une simple et fragile adolescente. La veille de sa mort, elle lui avait confié ce précieux bijou. Stanislava se souvenait parfaitement de ce regard tendre et inquiet à la fois qu'elle avait croisé à travers le miroir de sa coiffeuse. Encore innocente et naïve, la petite de l'époque ne comprenait pas pourquoi elle était si triste alors qu'elle allait bientôt donner la vie à un petit être. En réalité, la créature de la nuit c'était tellement éloignée de ses parents qu'elle ne faisait presque plus attention à eux. Elle n'avait donc pas remarqué que chaque soir, lorsque son père quittait son lit pour rejoindre sa servante-maîtresse, sa génitrice pleurait en silence dans ses draps. Le chagrin la rongeait lentement, lui volant le peu de force qui lui restait. La duchesse ferma doucement les yeux, se projetant dans cette scène vielle de huit décennies.



    Comme chaque jour que faisait Dieu, Stanislava alors âgée de 16 ans, se réfugiait au fond du jardin pour fuir ses parents. Protégée par les rosiers, elle contemplait vainement le ciel avant de se concentrer sur sa lecture. Une brise légère souleva le parfum des roses, provoquant le bruissant des feuilles. Elle leva ses yeux couleur émeraude vers les clôtures, croyant sentir la présence de quelqu'un. Mais elle fut vite interrompu par des bruits de pas qui se dirigeaient vers elle. Nikita, sa mère, ventre tendu et accomagné par un domestique, vint vers elle, un sourire triste sur son visage.

      -C'est donc ici que tu te caches, Stanislava, lâcha-t-elle en prenant place auprès de sa fille.


    L'adolescente ne dit rien, et se contenta simplement de laisser un peu de place à sa mère. Un ange passa, la jeune duchesse lisait, et tandis que Dame Braginsky caressait distraitement les cheveux de sa progéniture. Puis elle s'arrêta, prit doucement les mains de sa fille pour l'obliger à se lever et la ramener à l'intérieur du manoir. Une fois dans la chambre de la maîtresse de maison, elle lui ordonna de s'asseoir à sa coiffeuse. Une fois cela fait, elle sortit une petite bourse de velours rouge qui contenait le bijou. Elle le plaça délicatement dans la chevelure blonde de Stanislava puis vint baiser le haut de son crâne.

      -Garde-le précieusement, d'accord ? Chuchota-t-elle.
      -Oui, mère...


    Ce fut les dernières paroles qu'elle lui adressa car le lendemain, pris de nausées violentes, Nikita succomba durant l'accouchement tout comme le bébé. Depuis ce jour, la vampire garde toujours ce peigne avec elle. N'allez pas croire que Stanislava ressent du remord de ne pas avoir pu passer de meilleurs instants avec sa mère alors qu'elle était à l'article de la mort. Elle était convaincue que son père était l'unique fléau de toute cette histoire.

    Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait...



      -Stanislava Braginsky ?


    La concernée se retourna vivement à l'entente de son nom qui vint interrompre ses pensées. Devant elle, se tenait un jeune homme à la chevelure blanche tenant à bout de bras une caisse qui paraissait bien lourde. La Garde du Corps sourit aimablement et s'approcha.

      -Oui, c'est bien moi. Je vous attendais Monsieur Coral. Suivez-moi.


    Elle tourna les talons et traversa les couloirs afin de rejoindre sa chambre. Arrivés à destination, elle lui permit d'entrer, et lui indiqua de poser la caisse au pied de son lit.

      -Je vous remercie d'avoir pris la peine de venir jusqu'ici. Je demanderais qu'on vous ramène avec une diligence.


    Tout en disant cela, elle observa le jeune homme qui se trouvait être en réalité être un lycan. Si ces créatures n'avaient pas cette odeur particulière, la simple idée qu'il fasse partie de cette race ne lui aurai jamais traversé l'esprit. Parce qu'elle pouvait sentir qu'il n'aimait pas, non, qu'il détestait cette partie de lui. Tout le contraire de sa propre personne.
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MessageSujet: Re: Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]   Dim 5 Aoû - 14:55

La mélodie chantonnait dans ce bâtiment fortifié, ce son de sécurité mais aussi de repos. C’était l’instrument principal, mais il était accompagné d’un orchestre froid, une ambiance monotone. Etait-ce la faute aux grands murs de pierre, ou alors aux regards que les gens d’ici vous portaient ? L’un dans l’autre, l’un ou l’autre, les deux en somme, donnaient ce mal être. C’était surement ça, l’atmosphère des châteaux. Cette oppression constante. Il y avait tellement de personnes importantes ici même, que les gardes rodaient partout. Un peu moins dans les jardins comme une précédente histoire de Filrahen le prouva, là où il pue attaquer et tuer un pauvre homme près du lac. Mais là n’était pas la question. L’extérieur de la bâtisse et l’intérieur étaient un véritable contraste. Quand on se trouve dedans, tout est strict, peu commode, trop militaire, trop noble. Alors que dehors, la nature reprenait son pouvoir, les jardins étaient splendides. Ils étaient parsemés de fleurs de toutes les couleurs, d’arbres magnifiques, de cours d’eau aménagés pour l’occasion. Une différence perturbante.

Cette cour dans laquelle le lycan se trouvait était à mi-chemin entre ces deux extrêmes. Même si l’on trouvait les défauts du château, quelque efforts avaient été fait, en mettant des jardinières de fleur par ci, par là. Au centre se trouvait donc son interlocutrice. Une belle demoiselle pour une combattante. Elle était, comme à peu près tout le monde ici, équipée d’armes à sa ceinture. Le lieu était à la fois rassurant, et ne l’était pas ; On se sentait surement en sécurité quand on était un noble qui vivait ici, avec une garde pareil, aucun gêneur ne pouvait venir. Mais dans un autre sens, tant d’armes concentrées dans un même endroit… Enfin, c’était peut-être parce que c’était la première fois qu’il venait dans un endroit pareil. Le temps de l’admiration de son interlocutrice et des lieux était fini. Il devait maintenant la suivre. Filrahen traversa de nouveau des couloirs vides de vie et de chaleur. Grisâtre et triste. Il ne semblait y avoir que deux entités vivantes, alors que les cours et appartements vivaient de monde. Finalement, ils entrèrent dans une chambre. Il ne savait pas que c’était celle de Stanislava. Il ne fit pas attention à l’intérieur et suivit les autres, la caisse commençait à peser dans ses bras. Le lycan la posa donc au pied du lit comme indiqué. Des remerciements vinrent à ses oreilles, pourtant il n’avait fait que son devoir.


« Oh mais… ne me remerciez pas, j’ai juste mis à bien cette commande, mademoiselle »

Il fit une petite révérence et lui sourit, fixant ses grands yeux :

« Ne vous sentez pas obligée pour la diligence, je peux réussir à me débrouiller par moi-même… »

Il n’aimait pas abuser de la gentillesse comme cela. Mais alors qu’il se perdait à la regarder, il sembla percevoir quelque chose, l’espace d’un instant, il vit l’iris de la demoiselle devenir rouge, redevenant normal après un battement de paupière. Avait-il rêvé ? Qu’est ce que cela signifiait ? Non, c’était surement une illusion. Il sentit alors en lui un murmure, un chuchotement. En lui, on lui disait que ce n’était qu’un signe. Oui, c’était son loup qui lui parlait. Il trouvait toujours cela désagréable, mais pour une fois, il n’était pas virulent. En réalité, tout ce qu’il voulait, c’était que Filrahen reste un peu plus longtemps avec elle pour en apprendre plus, pour pouvoir l’observer, voire si possible la piéger. Il voulait gouter au sang vampire. Le tailleur était donc maintenant au courant qu’elle était vampire. Mais il ne faisait pas confiance à ces informations, même s’il ne voyait aucunes raisons pour que son loup lui mente dans ces conditions.
Il avança donc vers la demoiselle, les yeux toujours pointés vers ses iris :


« …. Vous comme moi êtes différente. Me trompé-je ? »

Il n’avait pas voulu sortir le mot vampire, après tout, s’il avait tort, il aurait mal fini. C’était tout de même la garde du corps du roi, il fallait être prudent.

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Stanislava Braginsky
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MessageSujet: Re: Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]   Mer 8 Aoû - 6:44

    Les apparences sont parfois trompeuses, n'est-ce pas ?

    Stanislava restait perplexe en pensant à cette fameuse phrase et en l'associant à l'homme face à elle. Comment ce simple tailleur pouvait-il être un tailleur, son ennemi juré ? Il était vraisemblablement innoffensif pour elle mais la demoiselle avait tort de le sous-estimer. Il fit une révérence en lui rappelant qu'il n'accomplissait son travail et ne souhaitait pas avoir de diligence pour le retour.

      -J'insiste Monsieur Coral. Cette caisse semblait lourde et j'ai ouïe dire que vous êtes venus jusqu'au château au pied. Il est normal que je vous rende ce service.


    Elle sentit enfin son regard la jauger. Oh ? Avait-elle quelque chose de bizarre sur le visage ? Elle eut un léger mouvement de recul lorsqu'il s'approcha d'elle et fut légèrement surpris d'entendre sa question. « Différents. » Oui, ils l'étaient. La vampire retrouva son sourire habituel et d'un geste bref et rapide, elle ferma la porte à clé de sa chambre, les enfermant tous les deux. Personne n'avait besoin d'entendre la conversation qu'ils allaient mener. Ses prunelles vertes fixèrent un instant le sol avant de plonger son regard émeraudes dans celui de son interlocuteur. Un sourire léger se dessina sur ses lèvres.

      -Il semblerait que je sois démasquée. Je n'en attendais pas moins d'un lycan, affirma la vampire.


    Elle admira un instant son visage surpris avant d'elle aussi de s'approcher de lui, mettant une mnce distance entre leurs corps. L'émeraude s'était changé en rubis.

      -Que vais-je devoir faire pour que vous gardiez votre silence ?





    Le froid, l'humidité, la pénombre, les cris, le silence, l'odeur de moisissure. Tout ceci était la description même des cachots du château. Comme dans chaque être vivant sur cette terre, la somptueuse bâtisse cachait d'horribles immondices dans l'obscurité. Ou plutôt sous la terre. Dans les hécatombes et les douves se déroulaient les tortures les plus barbares et les plus inhumains. De nombreuses personnes, criminels, voleurs ou simples manants ayant contrarié le Roi avaient péris ici. Cependant, la plupart des âmes étaient enchaînés pour subir une exécution publique le lendemain. Tout dépendait de l'humeur du roi.

    Des bruits de pas résonnèrent contre les murs de pierres froids du sombre lieu. Le claquement des bottes de cuir de Stanislava couvrait le bruit d'une goutte d'eau qui tombait et tombait sans cesse. Emitouflée dans une longue cape noire de jais confectionnée par le tailler lycan, la vampire s'enfonçait dans les ténébres du cachot sans aucune lumière avec pour seul guide son instinct et ses pupilles écarlates. Elle passait devant de nombreuses cellules vides de vies sauf peut-être si on comptait les squelettes comme colocataires.

    Elle s'arrêta finallement devant une immense porte de fer, impossible à détruire, même pour un loup-garou enragé. L'escrimeuse sortit un trousseau de clé et ouvrit la porte qui plagnait lentement. Cette cellule possédait une minuscule ouverture fermée de barreaux, qui laissait filtrait les rayons du soleil ou de la lune. La pièce était baignée d'une chaleureuse lumière orangée tandis que l'astre du jour déclinait au loin, à l'extérieur du château. Une lueur d'espoir pour l'homme qui tentait de battre le monstre qui vivait en lui. La duchesse le comprenait très bien. Il fut un temps où elle ne pouvait résister à l'appel du sang. Avec le temps, elle sut se contrôler mais parfois, nos vieux démons refont surfaces et viennent gâchés notre petite vie tranquille.

      -Il fait presque nuit, Monsieur Coral, consata-t-elle en déposant un immense sac rempli de viandes crus et cuits.


    Elle s'approcha de l'homme enchaîné au mur et vérifia les liens ferreux. Ils devaient serrés juste assez lorsqu'il se transformera. Elle songea à la dague en argent qu'elle dissimulait dans sa manche et espéra d'éviter à l'utiliser cette nuit. Les chances étaient minces mais elles ne souhaitaient en aucun cas courir à cette extrême méthode. Elle plongea ses prunelles de jade dans le sien, et lui offrit un sourire qui se voulait rassurant.

      -La nuit va être longue, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]   Mer 8 Aoû - 9:57

Elle était la troisième. Les succubes sont-elles toutes de cette trempe, le visage brillant de beauté ? Est-ce ce sang froid qui les parcourt qui les rend si délicieuse, ou un pur hasard ? Quoi qu’il en soit, il ne voyait pas en elle un monstre assoiffé de sang. Mais il n’était pas des plus rassurés non plus. Stanislava avait l’air plus ou moins dur, surement la discipline qui lui est inévitable, faisant partie de la cour finalement. Et les masques tombèrent, les identités se révélèrent. Son carrosse allait attendre. Elle avait découvert qu’il est loup. Le lycan se sentait sali par cela. Il ne voulait pas être considéré comme tel, surtout par elle, surtout de cette manière. Il n’avait rien fait de compromettant, et sa phrase était trop vague pour montrer une quelconque appartenance à la meute. Le tailleur avait entendu un peu parlé d’elle, comme quoi elle était une escrimeuse de haut niveau. Mais rien d’autre n’avait filtré, Filrahen ne savait donc pas comment savoir si elle était un risque ou non. Et comment avait-il deviné sa nature d’ailleurs ? Etait-ce son loup qui prenait petit à petit possession de lui ? Il y avait de grandes chances. Il regrettait l’époque où son frère jumeau était encore là, avec lui. Son mordu. Sa marionnette, sa copie, maintenant libre. Oui, quand il était avec lui, tout était plus simple, il savait qu’il allait mieux. Mais depuis, sans plus aucun soutien, le loup prenait de plus en plus de terrain malgré tous les efforts du tailleur. Clic. Les voilà enfermer tous les deux. Alors que la vampire était venue proche de lui, le lycan, lui recula. Il pouvait se faire acheter son silence ?

« Me rendre en paix avec moi-même »

Ces mots étaient sorti seuls. Il lui fallut une seconde pour digérer ces paroles venues du cœur. Et il avait trouvé, enfin, quelqu’un capable de l’aider. Il revint vers elle avec une once de hâte, posant un genou au sol. Son âme pourrait-elle trouver la paix ? Levant les yeux vers elle, des yeux quémandant l’aide et la tolérance vis-à-vis de son pauvre être, Filrahen susurrant d’une voix mal-assurée :

« J’ai entendu nombreuses choses sur vous, surement des contes pour la plupart, mais une part de vrais doit résider dans ces belles paroles. Si vos talents n’ont d’égal que votre beauté, serait-il possible que vous m’aidiez ? Je ne dirais rien sur votre condition –vous pourriez en faire autant- mais si vous souhaitez réellement avoir l’esprit sûr, je vous propose ceci, dame Braginsky : Pouvez-vous m’aider à contrôler le lycan qui est en moi ? Je me cache de la lune pour que mon cruel Némésis ne surgisse, je crains chaque nuit d’être bercé par les rayons de la lune et devenir un monstre enragé et affamé. Il se leva, la regardant dans les yeux. Je sais que c’est beaucoup demander, nous ne savons rien de l’autre, vous n’avez aucunes raisons de me rendre ce service alors je voudrais que vous fassiez cela pour les Parisiens, ces pauvres civils qui ne méritent pas les abominations –mes abominations- de ce loup en moi… »

Il espérait s’être montré assez convaincant pour qu’elle accepte. Il était prêt à de nombreux sacrifices pour apprendre à le gérer, voire devenir ami avec lui, tant qu’il ne serait plus enchainé à une vie comme celle qui le dirige actuellement.


Il faisait froid dans ce sous-sol. Glacial. Quelle idée d’avoir retiré sa chemise et sa veste… Ah oui, c’est vrai. Filrahen savait que cette ‘’cure’’ allait peut être mal tourné, il ne voulait pas abimer ses habits. Seul son sarouel était encore présent, assez large pour contenir les pattes musclées de l’animal. Les poignets encerclés d’anneaux de métal, les chevilles de même, il savait que tout ce manège allait réellement commencer dans quelques minutes. Ses compagnons de cellules n’étaient que des os, futurs tas de poussière. L’odeur n’était pas des plus agréables mais il était proche de la fenêtre, c’était mieux que rien. Le sol, dans l’obscurité, semblait rouge foncé, comme s’il avait été teinté du sang de toutes les victimes qui étaient venues ici. Allait-il seulement s’en sortir ? Il ne connaissait pas vraiment la demoiselle russe, aucunes idées s’il pouvait lui faire confiance ou non, mais il n’avait plus le choix dorénavant. D’ailleurs, la revoilà. Ouvrant la cage de fer où il était enfermé, le lycan la regarda déposer un sac plein de nourriture. L’odeur du contenu était plus agréable que cette pestilence cadavérique qui encombrait les lieux. Filrahen ne l’avait pas attendu pour constater que la lumière se tamisait peu à peu.

Face à lui, le faciès dirigeait vers elle, les yeux dans les yeux, il observa un sourire ornait son visage qui semblait jusque-là assez dur. La nuit, longue ? Plus ou moins, il allait surtout être témoin de la scène, simple spectateur, dans un état de demi-sommeil, et allait se réveiller une fois que le monstre aura assez épuisé son réceptacle de corps ou qu’il en aurait assez. Il lui sourit aussi :


« Plus ou moins dans mon cas. J’espère que tout se passera bien. Je vous fais confiance. »

La lune arriva, petit à petit, et le moment tant attendu arriva. Filrahen se cambra, faisant tinter les chaines, sentant son corps commencer à bouillir. Ses yeux se fermèrent, il commençait à connaitre la danse. Ses muscles se gonflaient petit à petit, un léger duvet poussant sur son corps, puis un véritable pelage. Ses os se courbaient, un squelette animal le possédant maintenant. Ses ongles devinrent des griffes, il était maintenant un loup. Son regard brulant fixa la vampire. Il chercha à se débattre, mais il voyait bien où il était. Une cage, ses pattes retenues. Il chercha avec deux coups brutaux à se libérer mais il savait que pour le moment c’était peine perdu. Il se pencha alors en avant, autant que ses liens lui permettaient, les crocs visibles. Les loups ne pouvaient pas parler, mais par une sorte de télépathie pouvait s’exprimer avec les autres. C’est avec ce procédé qu’il s’adressa à la vampire. Il la connaissait.

« Stanislava Braginsky… Nos routes se recroisent enfin… Tu ne me connais surement pas. Mais je sais que tu es l’assassin d’un de mes fidèles mordus. Ton odeur est celle qui, au grand jamais, je n’oublierais sur son cadavre. Je te voue une haine inconsidérée, saches-le. Que vas-tu faire maintenant ? »

Il secoua les chaines, essayant de les briser, son pouls battant.

« Que vas-tu faire de moi ? Me tuer ? Tu tuerais ce pauvre tailleur qui t’a supplié comme un chien ? Sangsue du diable. »

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Stanislava Braginsky
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MessageSujet: Re: Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]   Lun 10 Sep - 17:52

Le lièvre compte sur ses jambes, le loup sur ses dents : chacun survit comme il peut.

Ce proverbe chinois était on ne peut plus vrai. Du vieux sage qui lui avait enseigné l'acupuncture et les arts martiaux traditionnels chinois, elle se souvenait de ce proverbe que ce vieux schnoque lui avait dit lors de leur rencontre. Elle l'avait rencontré alors qu'elle était de passage dans le royaume danois, dans le nord de l'Europe. C'était une nuit fraîche d'été. Une nouvelle nuit écarlate. Un autre lycan. Et ce ne serait sûrement pas le dernier. Reprenant petit à petit son souffle, plaignant l'état de ses habits, des bruits de pas attirèrent son attention. Armes aux poings, elle se mit de nouveau sur ses gardes prête à bondir aux moindres gestes suspects. La pleine lune éclaira la silhouette avachi d'un homme âgé aux yeux bridés, se soutenant à l'aide d'un vieux morceau de bois biscornu. Les prunelles de jade de la demoiselle fixèrent longuement celles plus sombre de cet inconnu. Du bout de l'index, il lui indiqua de s'approcher. Ne sachant quoi trop penser, la vampire s'approcha lentement de lui, alors qu'il s'éloignait petit à petit pour s'enfoncer dans la forêt. Après de longues minutes de marche en silence, ils arrivèrent devant un cabanon délabré, construis dans le creux d'un immense arbre.

L'homme insolite y pénétra, suivit de près par l'escrimeuse. A l'intérieur des babioles, des objets et grigris que la demoiselle n'avait jamais vu auparavant. Ses yeux brillaient de curiosité, intriguée. Qui était donc cet homme ? Des tintements l'interpellèrent. Il avait déposé des petites tasses sur une table en bois et versait un liquide vert fumant. Il lui tendit l'un des récipients et lui expliqua comment le boire. Avant de boire une gorgée, il lâcha dans un latin avec un accent assez prononcé, le proverbe dit précédemment. Stanislava réfléchis quelques secondes puis sourit avant de siroter un peu de thé. La phrase prenait tout son sens désormais.

Elle n'était pas le lièvre, ni le loup. Elle était la mauvaise herbe que l'on avait du mal arraché de la Terre. Elle était l'ange de la mort pour certains. Elle était quelque chose d'indéfinissable, partagé entre la vie et la mort. Quelque chose comme le néant peut-être. Impossible à deviner. Surtout pour elle. Qu'était-elle devenu au final ? Que cherchait-elle à la fin ? Pas le temps de répondre à ses questions que le lycan qui se tenait face à elle, avait posé un genoux à terre et lui quémandait son aide. Il ne souhaitait qu'une chose : calmer la bête, le loup qui est en lui. Avait-elle donc l'air d'une dompteuse ? Il est vrai qu'il fut un temps ou elle fut parti d'un cirque mais tout de même ! Mais qu'importe, elle ne pouvait laisser ce pauvre bougre incapable de se contrôler les nuits de Pleine Lune au coeur de Paris sans un minima de contrôle de soi. Elle pouvait bien le lui enseigner, mais les méthodes allaient être extrêmes vu les circonstances.

    -Soit, je peux bien faire cela pour vous. Mais ne vous étonnez de recevoir plus de commandes dans les mois à venir, plaisanta la demoiselle en réouvrant à la porte.


Elle sortit de sa chambre, suivit de près par le tailleur.

    -Je vous enverrais un page pour vous ramener ici au moment venu. Préparez-vous mentalement, ordonna la garde du corps royale. Je ne serrais pas tendre, je peux vous l'assurer.




Chose promise, chose due. Elle n'avait pas été tendre avec lui. Enchaîné au bras et aux jambes, Filrahen semblait plus ou moins tranquille. La nuit s'installait doucement au dehors du château ainsi que cette cellule qui semblait isolée du monde et du temps. Les premiers rayons lunaires glissent sur le torse nu du lycan. C'était la première qu'elle voyait une métamorphose d'aussi près. Des frissons parcoururent son échine alors le jeune homme changeait peu à peu d'apparence, laissant ses os s'allonger, un immense pelage le recouvrir. Voilà donc la bête. Ses crocs la chatouillèrent mais elle sut garder son calme. Elle n'était pas là pour tuer cette fois-ci mais pour aider quelqu'un.

Appuyée contre la porte du cachot, elle plongea ses pupilles écarlates dans cette du fauve et entendit miraculeusement ses pensées comme si quelque chose les liait entre eux. Un lycan qu'elle avait tué autrefois ? Inutile de mentir, il y avait beaucoup de personnes qui avaient succombé sous sa lame. Donc elle ne s'en souvenait. Mais vu particulièrement étonnée que lui se souvienne de son odeur. Normal pour un lycan peut-être ? Un léger rictus vint s'installer sur le coin des ses lèvres. Qu'il la haïsse, elle n'en avait cure. Ce n'est point cet état d'âme qui l'intéressait. Elle s'assit à même le sol et fouilla dans le cas pour en sortir un morceau de viande cru encore juteux. Ce qu'elle allait faire ? La question ne se posait pas.

    -J'attendrais, répondit-elle simplement. Elle jeta la nourriture au pied du loup. J'attendrais que Monsieur Filrahen s'éveille enfin et prenne le contrôle sur toi.


Jambes croisées, la russe s'enfonça dans les pupilles claires de l'animal, tentant de le souder puis lâche de but-en-blanc

    -Allons Filrahen, vas-tu te laisser dominer de la sorte ? Vas-tu abandonner maintenant ? Continuera-tu à fuir tes peurs ou bien préfères-tu les affronter ? N'oublies pas que tu m'as supplié, n'oublies pas ses pauvres habitants de Paris que tu laisses dans la peur si tu n'atteint pas ce que tu veux. N'oublies jamais. N'oublie jamais ta part d'humanité...


Quelle ironie ! La dernière phrase semblait s'adresser à elle-même. Qu'était devenue la pauvre adolescente, fragile et sans talent ? Une femme ? Non peut-être un monstre après tout...
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MessageSujet: Re: Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]   Lun 1 Oct - 17:37

L’humour était surement la seule chose qui l’aurait détendu en ce moment précis. Un sourire est le cadeau qui décontracte le plus un homme, surtout si cette esquisse de gaieté est portée par une demoiselle, aussi charmante soit elle. Sa requête était du moins la plus originale qu’il n’eut jamais faite. La situation s’y prêtait bien, il fallait avouer. Un humain qui demandait de l’aide à un vampire pour tenir en laisse son loup, c’était si peu commun qu’il y avait de quoi être nerveux. Et en simple tailleur que Filrahen était, il était en position de faiblesse face à une femme comme la russe face à lui, cette femme qui aurait pu dégainer son arme en une fraction de seconde et trancher la tête de l’être qu’il était. Sa petite plaisanterie lui arracha un sourire, se disant que cela signifiait une réponse affirmative. Les yeux brillants se levèrent vers elle. Allait-il avoir la possibilité d’être enfin libéré de ses tourments, reprendre une vie normale ? Ce désir qui le tenait à la gorge depuis qu’il était installé et ancré dans Paris, cet espoir. Il y croyait, plus que jamais. Et cette femme pouvait peut être réaliser son rêve. Jamais il ne la remercierait assez. Et faire des vêtements, coudre jusqu’à avoir les doigts en lambeau de peau ne le dérangeraient pas, ne pas dormir pendant 3 nuits pour réussir à satisfaire ses demandes… oui, tout ça il était prêt à l’endurer si ce démon pouvait disparaître ou être apprivoiser.

Rigolant à sa touche d’humour, le lycan la suivit alors qu’elle se dirigeait vers la sortie. Il n’était pas méfiant le moins du monde, car dans tous les cas, il connaissait sa nature qu’elle cachait, et c’était son arme de dissuasion, si cela serait nécessaire. Il savait que les gens hauts placés étaient les premiers à poignarder dans le dos, et même si Filrahen faisait confiance à Stanislava, il ne la connaissait pas réellement au final. Elle glissa quelques mots une fois en dehors de la salle. Il pouvait partir, et il serait alors amener au château pour être… soigné. Glissant quelques conseils, le tailleur lui acquiesça. Il était prêt à subir les conséquences de sa requête, et il lui dit clairement. Il savait où il mettait les pieds en demandant ça à une escrimeuse de talents qui plus est, monstre de la nuit et si proche du roi. Lui adressant quelques formules de politesse, il quitta le château vers son magasin.


« Ces quelques lignes, sont là si je ne parviens pas à devenir l’homme que j’étais avant. Elles sont aussi adressées à quiconque trouve ce message, si je meurs. Toi, lecteur de ces mots, tu seras surement un homme de la garde qui aura été alerté par une noble inquiète de ne plus voir mon atelier ouvert pour lui fournir de belles robes. Ou alors tu es peut être un badaud qui vit dans la misère et la rue, et qui a vu ce bâtiment fermé pendant un petit bout de temps, sans vie. Peut-être que ce message ne sera même pas lu et, finalement, ce bâtiment sera devenu une ruine. Peu importe, j’espère juste que toi, lecteur, tu serais inspiré par mes quelques derniers souhaits, non, mon souhait. Une requête que tu ne pourras peut être jamais réalisé, mais je me dois d’espérer qu’elle soit faite un jour. Pouvez-vous retrouver mon frère jumeau, Grimpow Coral ? C’est un homme aux cheveux noirs, très discipliné et sage, qui a pour moyen de reconnaissance une cicatrice qui n’est autre qu’une morsure de loup dans le cou, qui vient d’un village de paysan dans le nord Est de la France. La dernière fois que je l’ai vu, je l’ai mis dans un chariot en partance pour le sud de la France, à la frontière avec l’Italie. C’est tout ce que je peux vous dire, c’est assez maigre… Excusez-moi de cela. Je ne vous tiendrais pas rigueur si vous ne pouvez satisfaire cette demande, mais dans le cas où cela serait possible, pensez bien que vous aimeriez que votre seule et unique famille sache votre décès, et votre amour pour celle-ci. Pour mon cas, elle est incarnée par lui seul. Pensez-y. Merci. »

Cette lett0re siégea sur son comptoir de manière assez visible. Il avait peur et c’était normal. Il ne savait pas à quoi s’attendre, et si le loup prenait le contrôle total ? Et si Stanislava n’avait d’autres choix que de le tuer ? Et s’il réussissait à s’enfuir sous sa forme de lycan et qu’il serait coincé par la milice ? Tant de suppositions, c’était bien trop énervant de ne pas avoir de réponses. Et maintenant ? Posant son fusain d’une main tremblante dans un tiroir, le tailleur resta immobile un instant. Il devait attendre, impatient et nerveux, l’arrivée du soldat qui devait venir le chercher. Tant de choses lui passait par la tête, c’était insupportable, tellement que d’un profond soupir il tapa le buffet sur lequel il était appuyé, laissant une marque rouge sur sa main. La douleur ne l’aida pas à sortir ses réflexions de la tête, et il sentait qu’il s’était cassé quelque chose. Ce n’est pas grave, il réparera cela, lui, le monstre. Après tout, c’était surement le seul point positif, cette régénération. Grommelant, Filrahen monta à l’étage pour se passer de l’eau sur la tête, un liquide gelé. Cela fonctionna durant quelques secondes, quelle chance ! Et enfin il revint à ses démons. Patientant presque inerte sur une chaise, l’homme attendit. Les secondes s’écoulaient et lui vivait sa triste vie, quand, enfin quelqu’un toqua. Mettant un panneau pour signifier que le magasin était fermé, il soupira. C’était peut-être la dernière fois qu’il viendrait ici. C’était la fin d’après-midi, le crépuscule arriverait bientôt, il ne fallait pas trainer. En route pour le château.


L’iris brillant de haine, de colère. Plus rien d’humain, plus rien de sage, plus rien de gentil. Non tout ça avait disparu au profit d’un monstre, affamé, et avide de vengeance. La voilà, enfin, face à lui, il aurait pu venger l’un de ses mordus qui étaient morts entre ses mains, et il était une nouvelle fois réduit en prison. Dans un corps d’humain et maintenant entre des barreaux, entre ses mains. Sa rage le gangréna et il remua violemment en rugissant, mais rien à faire, les chaines ne le lâcheraient pas. Le loup fut surpris de voir la vampire jeter un morceau de viande à ses pieds et dire qu’elle attendrait. C’était de la pure provocation. Evidemment, l’animal ne pouvait parvenir à attraper cette nourriture. La viande de ce genre, déjà morte, ne l’attirait pas le plus au monde. Néanmoins, il y avait quelque chose qu’il préférait : éviscérer de pauvres victimes pour finalement, grâce à ses crocs et griffes, se nourrir de la chair qu’il aura jugé la plus tendre. Et le monstre avait ce genre de dessein en vue avec la jeune femme face à lui. L’odeur saignante de la nourriture monta dans ses narines, et d’une part ses envies de meurtre avaient monté, d’autres part son envie de laisser l’humain revenir comme Stanislava le voulait s’éloignait. Non, il voulait garder sa liberté, pour une fois. Ses désirs le hantaient, et grognant, remuant, il fit claquer les chaines.


« Tu te moques de moi et tu me nargues. Maudite pucelle bâtarde. Tu ne mérites que… »

Dans un ultime effort, appuyant ses pattes sur le mur, il réussit à faire céder les chaines à ses bras, retombant ainsi sur le sol, toujours maintenu aux pieds. Mais c’était déjà une première démonstration de force. Le loup savait bien qu’il serait plus dur de s’enfuir de ses derniers liens, tout simplement car la puissance de ses jambes ne serait pas simplement suffisante. Attrapant dans sa gueule la nourriture, il claqua ses dents sur la chair fraiche. Il la défia du regard, tout en mâchouillant la viande. Le monstre aurait préféré gouter à elle, la voir agonir sous ses pattes. Avançant et se mettant le plus de tout son long pour passer son museau entre les barres de métal, il avait toujours son regard fixant la succube. Il gronda et finit sa phrase, détachant chaque syllabe pour montrer sa rancœur :

« Que je te dé-vo-re, sa-le-té, toi aussi tu es un monstre. Nous sommes les mêmes. Oh non. Tu as beaucoup plus tué que moi. A-bo-mi-na-tion. »

Regardant dans les cellules autour, il observa à certains endroits du sang, à d’autres des os. Il ne finirait pas comme cela. S’il pouvait se libérer de ses liens, les barreaux rouillés auraient pu être détruit plus facilement, à coup de charge. Même si la demoiselle n’allait pas le laisser faire. Mais après tout, elle ne le tuerait pas, elle s’en voudrait trop pour Filrahen… et cela serait la carte à jouer pour la tuer… oui… Un plan parfait. Soupirant et posant ses pupilles sur elle de nouveau, il chuchota dans son esprit ces paroles :

« Je n’ai pas prévu de le faire revenir, j’espère que vous avez l’éternité devant vous, vampire, car je compte bien profiter de ma liberté. Je repose donc ma question, qu’avec vous prévu avec moi ? »
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Stanislava Braginsky
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MessageSujet: Re: Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]   Jeu 27 Déc - 16:54

Filrahen Coral.

Les pensées de l'escrimeuse étaient tournées vers ce lycan qui lui avait imploré, un genou à terre de le sauver de sa part sombre en lui. Dans un sens elle le comprenait. Mais elle ne comprenait pas pourquoi il l'avait choisi elle et pas quelque d'autre pour le « soigner ». Pour sa part, elle dut se faire violence pour se contrôler et aujourd'hui le résultat en était plus que concluant. Elle ne réagissait presque d'instinct lorsque son odorat était alarmé par le parfum ferreux du sang. Elle savait se contrôler. Mais comment contrôler un lycanthrophe assoiffé de sang ? Jamais elle ne l'avait auparavant. Elle était incertaine de ce qu'elle allait faire. Et cet état d'âme l'irritait au plus haut point. Elle ne supportait pas que la situation l'échappe. Il fallait qu'elle trouve un moyen de garder son contrôle les évènements. Mais comment ? Elle ne connaissait ni d'Adam ni d'Eve ce jeune louvet-

-Son magasin, murmura-t-elle pour elle-même.

D'un pas décidé, elle se précipita vers l'écurie, enfila à la va-vite sa cape puis chevaucha sa monture avant de lui donner une légère tape dans les flancs pour l'ordonner de se diriger vers la ville. En moins de 10 minutes, elle était arrivée à sa destination. Elle attendit que la diligence qu'elle avait envoyé pour ramener Filrahen au château. Lorsqu'elle disparut au coin de la rue, elle se précipita vers la porte et après quelque tours de passe-passe qu'elle avait appris quelque temps auparavant, la porte s'ouvrit d'un léger grincement. Elle se faufila à l'intérieur et scruta la boutique du tailleur. Elle n'avait pas beaucoup de temps, il fallait se dépêcher.

Comme la première fois qu'elle s'était rendu ici, l'endroit était pleins de tissus de toutes sortes, de toutes les couleurs. Elle fit quelque pas tout en s'approchant du comptoir et vit un bout de papier. La vampire s'en saisit et lut à la va-vite les quelques lignes. Un prénom l'interpella. Elle rangea la feuille dans l'une de ses poches, ressortit de la boutique, ferma la porte soigneusement et repartit au galop vers le château. Malgré les apparences, l'appréhension des événements qui allaient se produire étaient là.



Un léger frisson parcourut son échine lorsque son regard de jade rencontra celui plus haineuse que jamais du lycan en face d'elle. Comme pour démontrer sa force, il réussit à se libérer des chaînes au niveau des bras. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il n'arrive à faire céder le reste des liens puis briser les barreaux qui les séparaient.

La dévorer ? Un vilain sourire s'étira sur ses lèvres. S'il souhaitait tant que cela la dévorer, qu'attendait-il dans ce cas ? N'était-ce pas sa nature que de dévorer de la chair fraîche ? Mais étant déjà morte une fois, la chair de la vampire ne devait plus avoir beaucoup de goût.

« Je n’ai pas prévu de le faire revenir, j’espère que vous avez l’éternité devant vous, vampire, car je compte bien profiter de ma liberté. Je repose donc ma question, qu’avec vous prévu avec moi ? »

-Ce que j'ai prévu ? Commença-t-elle l'air de réfléchir.

Un léger soupir passa les barrières de ses lèvres. Ses doigts gantées vinrent s'agripper autour de l'un des barreaux. L'air était lourd. Lourd de son envie de tuer. Lourd de l'envie de massacrer tout sur son passage. Stanislava pouvait le ressentir. Stanislava le comprenait mieux que quiconque. Stanislava savait. Pendant plusieurs années après sa transformation, il lui arrivait parfois de se réveiller au milieu d'une mer de sang, son propre corps recouvert de ce liquide rouge, tous ces corps qui ne ressemblaient plus à rien sinon à de la bouillie. Était-elle capable de venir à bout de monstre en face d'elle ? Oui, elle en était. Ou plutôt, elle se devait de la vaincre. Mais comme s'y prendre sans pour autant blesser son hôte ? Elle enleva sa main et la glissa sous son manteau. Elle sentit le bout de papier dans la poche de son pantalon. Peut-être qu'avec ça...

-J'ai prévu de vous enfermer ici, jusqu'à l'aube. Et je vous y enfermerais autant de fois qu'il le faut si cela est nécessaire. Je ne peux pas me permettre de laisser un monstre courir les rues de Paris et faire plus de victimes. Elle fit une pause. Même si vous réussissez à sortir de là, vous aurez toute la milice à vos trousses alors, réfléchissez bien avant de vouloir me tuer. Et pour finir.

Ses mains doigts extirpèrent la lettre qu'elle avait trouvé un peu plus tôt dans le magasin du tailleur.

-Filrahen, ne souhaitez-vous pas revoir Grimpow, votre frère ? Et n'est-ce pas vous qui m'avez supplier de vous aider, de vous libérer de ce monstre ? Ne souhaitez-vous reprendre une vie plus ou moins normale ? Ne souhaitez-vous pas... Elle hésita une seconde puis sourit doucement. Être mon ami ? Ce serait regrettable que je vous tue, j'aimerai porter toutes les robes que vous me confectionnerai...
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MessageSujet: Re: Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]   Dim 6 Jan - 19:21


Le son lourd du métal. Grinçant. Irritant. Mais libérateur. Ce cliquetis de petits éclats, au sol, contre la roche. Un son jouissif. Il était fier de lui, de voir qu’il n’était pas devenu un louveteau à force de ne pouvoir utiliser pleinement son potentiel. Il ne restait que deux murs. Entre lui. Et elle. Un mur, qu’il allait user le plus vite possible. Rien ne se mettrait entre lui et son objectif, ce mur s’effondrerait tôt ou tard comme les espoirs du tailleur. Et il aurait bien le temps de s’attaquer aux derniers remparts. Après tout, qu’avait-il d’autre à faire ? Rester là, sagement, à attendre le matin ? Discuter avec une vampire ? Il aurait pu se plier à ses exigences mais que serait devenue sa vie ? Le monstre en été persuadé, jamais plus il ne reverrait le jour. Non, jamais plus. Et pourtant, ce n’est pas faute de vouloir. Il se battait depuis déjà plusieurs années, il devrait donc lâcher les choses comme cela, d’un coup ? Non. Non. Jamais.

C’est alors qu’il était en pleine réflexion, tout en tirant sur ses liens, que la vampire prit la parole. Qu’avait-elle donc à dire ? Encore des inepties moralisatrices ? Non, pour une fois elle lui répondit vraiment. Sans langue de bois, franchement. C’était agréable d’avoir pour une fois un minimum de considération, autre que celle de son hôte, et même si c’était pour l’annihiler. Mais elle ne lachait pas son idée première, vouloir voir Filrahen revenir avec le dessus. Ce piètre humain, ce tailleur sans talent. Un sourire dessina ses babines et il força encore plus sur ses chaines. Même s’il sortait, et qu’il aurait la milice à ses trousses, cela n’aurait pas été la première fois qu’il aurait éventré des gardes, et une fois un chemin frayé jusqu’à l’extérieur de Paris, le loup blanc serait libre. Pour de vrai cette fois. Ses yeux transperçaient l’escrimeuse, elle, qui était face à lui. Et soudain, ses crocs le démangèrent. Il avait encore plus envie d’entendre sa nuque craquer sous ses crocs, d’éparpiller ses restes sanguinolents aux quatre coins de la salle… Pourquoi ? Elle prenait l’humain avec les sentiments, et le loup sentit un réel désir en lui de redevenir normal. Il ressentait enfin ce que c’était que de vraiment se battre contre soi-même, de la même manière que le tailleur quand il essaye de refouler le monstre.


« Cessez cela, c’est inutile, il ne vous entendra pas ! Jamais il n’aimerait quoique ce soit avec une sotte telle que vous ! »

Empli de haine et de hargne, il donna de puissants à-coups avec ses pattes, il devait arrêter cette sangsue manipulatrice le plus tôt possible. Il sentait que son emprise avait des failles. De plus en plus violent, de plus en plus bruyant. Fut un moment où les liens à ses pattes cédèrent. S’approchant alors des barreaux et passant le museau entre deux barres de métal, grognant, les crocs serrés, le regard fixe et rageur, il s’adressa de nouveau à elle :

« Grimpow n’est pour moi qu’un simple mordu, un de mes pions. Et le plus drôle, c’est que cet idiot de Filrahen l’a fait de son plein gré. D’habitude, je dévore mes cibles plutôt que les allier à une meute, ma meute. C’est d’ailleurs le seul et unique mordu… Il n’a aucun intérêt pour moi. Et vous avez dit vouloir me garder ici jusqu’à l’aube mais… pensez-vous réellement vivre jusqu’à ce moment-là ? »

Finissant sur un sourire ironique, le monstre essaya d’écarter les barreaux, de taper dans la porte, de casser son verrou, dans une bestialité, une brutalité, sans nom. Il était animé par la haine, par un objectif bien concret –la tuer- et c’est dans ce raffut sans nom qu’il déchargeait sa haine, luttant contre l’humain en lui qui voulait refaire surface. Mais avec tout le bruit qu’il faisait, ce qui devait arriver arriva. S’arrêtant d’un coup, les oreilles dressées, on entendit du haut des marches menant à ces cachots, des bruits de pas dans les escaliers. Le loup regarda la vampire avec un sourire malsain, et lui dit ces quelques mots :

« Mademoiselle, comment allez-vous expliquer que vous tenez un lycan en cage ? Il voudra surement me tuer… Qui préférez-vous voir mourir ? Lui pour son silence, ou moi pour la simple vie d’un tailleur ? »

Infâme ignominie. Voilà ce qu’était Filrahen, sous sa lycanthropie.

[Désolé c'est un peu court, mais au moins comme ça j'ai pu répondre, sinon t'aurais du attendre 3 plombes. Mais te dépêche pas, sinon tu devras quand meme attendre un petit moment =p]
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Aide moi, détruis moi, sauve moi [PV Stanislava]

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