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 Rose de Valcourt [] En cours

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MessageSujet: Rose de Valcourt [] En cours   Sam 5 Mai - 23:00

Rose de Valcourt



[img][URL=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=138875345867LAOUX3PFG7TT7AXWX56TM3PNCWPDCR305270mdz66sftp3bamxbwxaegzekj38tqwxchii241h123707lH234738L.jpg][IMG]

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    IDENTITÉ :


    Nom : De Valcourt
    Prénom : Rose
    Age : 19 ans
    Date et Lieu de Naissance : Un bel après-midi ensoleillé de mai, au bord de la Loire, un 17 selon son père.
    Orientation Sexuelle : Hétérosexuelle sans nul doute.
    Nationalité : Française.
    Groupe : Humains.
    Classe Sociale : Noble, comtesse si mon niveau vous semble suffisant.




Description Physique :

La domestique poussa silencieusement la porte par crainte de ne réveiller sa nouvelle maîtresse, Rose de Valcourt. Dix heures sonnaient à peine à l’horloge du hall et il était venue l’heure pour la jeune comtesse de sortir des bras de Morphée.

Engagée depuis seulement quelques jours, on l’avait chargée d’aller réveiller la demoiselle de la maisonnée qu’elle s’apprêtait à rencontrer pour la première fois. Elle s’approcha le plus silencieusement qu’elle pût du grand lit et ouvrit les rideaux, laissant la lumière du soleil pénétrer de ses premiers rayons la pièce. Du lit émergea une fine silhouette vêtue de blanc, réveillée par le bruit.

Elle se leva, apparition divine de beauté dans les chaudes lumières de l’astre. Sa nouvelle servante la détailla plus longuement, cherchant à mieux distinguer cette femme si discrète. La première chose qu’elle remarqua fût ses pâles cheveux d’or pur qui coulaient en cascade autour d’elle, formant comme un halo scintillant enveloppant son corps. Ses longues mèches dorées n’étaient attachées que sur le devant, laissant le reste couler en un magnifique flot rutilant.

Elle avait un corps fin et une peau assez pâle, sans aucunes marques distinctives. Ses mains soignées montraient clairement qu’elle n’avait jamais eu à travailler pour subvenir à ses besoins et elle en ressentit une certaine jalousie. Le regard de la domestique monta enfin jusqu’à son visage qui comme tout le reste affichait une beauté fragile. Ce ne fut pas ce qui la surprit. Elle avait connu nombre de maîtresses toutes plus belles et raffinées les unes que les autres et toutes aussi prestigieuses et celle-ci ne se démarquait pas particulièrement des autres dames qu’elle avait pût servir. Ce qui l’arrêta fût un sentiment bien plus profond, en croisant ses yeux. En les détaillants plus profondément, elle vit que contrairement à toute attente, les pupilles de la jeune femme ne réagissaient nullement à l’examen muet perpétué par la domestique. D'autres à la place de la demoiselle auraient étés agacés. Elle, n'exprimait rien. Ses beaux yeux marrons ne se troublaient aucunement. Ceux-ci étaient comme morts et elle acquit la certitude pour avoir déjà vu cela dans les rues de Paris que Rose de Valcourt si elle devinait sa présence, ne la voyait pas. Si la domestique n'avait vraiment fait aucun bruit, la jeune fille ne se serait sans doute même pas aperçut de sa présence. Ses globes ambrés étaient aveugles. Elle ressentit une subite pitié pour cette enfant et s’avançât, faisant en sorte de faire « voir » sa présence à la comtesse par des déplacements plus bruyants qu’à l’ordinaire. Elle la vit lui sourire, se tournant vers elle et dire simplement :

-Sortez-moi une robe. Une couleur cian.

La domestique l’aida à se vêtir, après avoir trouvé la fameuse robe, de satin clair. La garde-robe était remplie de vêtements colorés et d’accessoires en dentelles. Elle serra le dernier nœud de la robe et s’écarta. Celle-ci lui allait parfaitement. Tout son corps était moulé dans de fins tissus bleutés et des tissus en dentelles. Ses fines courbent disparaissaient gracieusement dans les vagues vaporeuses de soie. Elle l'avait coiffée avec des rubans, assortis à la robe qui permettaient à ses cheveux de voler librement sans pour autant lui tomber sur le visage. Elle vit la jeune comtesse se relever du siège où elle l’avait aidée à coiffer ses cheveux et se diriger vers la porte qu’elle s’empressa de lui ouvrir avant de partir déjeuner vers le salon d'une démarche de reine.



Description Mentale :


Cher journal,

J’ignore pourquoi j’écris en ce moment ou pourquoi j’ai ressentit le besoin de t’acheter. Je t’ai aperçu en ville, toi, un petit livre vierge de toute écriture, simplement recouvert d’un léger tissu doux au toucher et n’ai pu m’empêcher de t’acheter. Peut être t’ais-je acquis afin de pouvoir enfin soulager mon cœur ou peut être juste par curiosité. Je ne devrais sans doute pas. Toute trace écrite de mes vraies pensées pourraient être utilisées contre moi. Cela reste un risque même si je doute que cette personne-là s’y risquerait. Elle ne voudrait pas plonger la famille dans la disgrâce de peur d’être atteinte.

Il me semble que la bienséance désire que l’on commence par se présenter lorsqu’on écrit la première page d’un journal. Eh bien soit. Comment pourrais-je bien commencer à me décrire ? Intéressante question. Je dirais, tout d’abord, que je suis d’une nature extrêmement curieuse.

Les secrets qui circulent dans cette maison sont bien mal gardés. Il me suffit de tendre l’oreille pour en saisir toutes les subtilités. D’une certaine manière, sans mon handicap je ne pourrais sans doute jamais en avoir connaissance. Qui se méfit d’une aveugle ? C’est triste à dire mais c’est bien grâce à mes yeux que je peux me permettre de connaître les faibles murmures chuchotés derrière les buissons. Je suppose que l’on peut se demander sans la moindre cruauté du moment que l’on a l’esprit suffisamment aiguisé et ouvert comment je fais pour écrire ces lignes. La réponse est en réalité fort simplette. Ma mère me l’a appris et par mère je ne veux bien évidemment pas parler de cette mégère égocentrique mariée à mon père.

Dans ce palais miniature qu’est ma maison je suppose qu’on peut l’assimiler à la cruelle marâtre des contes de fées. Ici, je suis la reine. Celle qui connaît chaque chose en ces lieux. Comme le dit si bien cette chère comtesse de Valcourt, mon handicap m’empêchera sans doute à jamais de me marier mais que m’importe ! Je préfère rester à régner dans ma maison en tant que seule maîtresse que de jouer la poupée chez un vieux noble gâteux et empâté que j’aurais dû épouser lors de ses dixièmes noces.

Je suppose qu’il me faut également aborder un autre sujet : mes rapports avec ma très chère et tendre mère adoptive. Je me connais suffisamment pour savoir quelles sont mes principales faiblesses lorsqu’elle me parle. Il serait de la pure hypocrisie de prétendre qu’entendre cette femme insulter à longueur de temps de putain ou d’immonde petite larve véreuse ma mère ne m’atteint pas mais c’est pour moi une pure jouissance de la déstabiliser par une réplique moqueuse ou méprisante de froideur. Elle ne supporte pas de me voir la toiser avec dédain comme je le fais. Elle souhaite plus que tout me rendre la vie infernale mais jamais je ne la laisserais connaître ce plaisir. Jamais je ne lui montrerais à quel point ses propos me blessent. C’est une question d’honneur. Peut m’importe ce qu’elle pourra me dire puisqu’à ce jeu je serais toujours la seule gagnante. J’ai un caractère assez rancunier et fort mais ma fausse mère est la seule personne qui ait à le subir. Elle a été celle qui m’a déclaré la guerre la première. Ce n’est même pas moi qui aie amorcé nos querelles

Je n’aime pas la cour. Il m’insupporte d’entendre ces gens dénués de la moindre ambition et devant tous leurs biens aux actes d’un quelconque ancêtre proférer des propos vides de sens et sembler me prendre faussement en pitié afin de se prétendre charitables auprès de tierces personnes ! Ils ne me connaissent pas mais nous parlons comme de vieux amis, quelle idiotie ! Mais je suis comme eux, tout aussi factice et hypocrite. C’est ainsi que tourne le monde, dans une farandole de masques souriants faux et écœurants de douceur dans des vêtements de satins.

Je n’ai pas de réelles peurs ancrées. Ne pouvant voir, la plupart d’entre elles me sont inaccessibles. Il y a en revanche de nombreuses choses que j’apprécie. La chaleur du soleil, le bruit des oiseaux, l’odeur du printemps, la musique,… La chose que je supporte le moins en ce bas-monde est –tu l’auras sans doute deviné- ma mère adoptive. Même s'il est vrai que quelques autres choses m'agacent tel que la stupidité ou l'arrogance démesurée.

Rose de Valcourt, 28 avril, Paris.



Biographie :

L’histoire de Rose de Valcourt commença bien avant sa naissance, lors d’un mariage, plus précisément celui de son père, un certain jour de juin.

Le comte de Valcourt avait toujours été très porté vers le célibat. Pour lui se contenter d’une seule femme durant toute une vie était tout simplement impensable, le pire blasphème que l’on puisse proférer. Pourtant, ses parents ne lui avaient pas laissé le choix. Soit il épousait une femme choisie par eux, soit il était déshérité. Il épousa donc Amanda de Beaumont. Elle était belle sans nul doute, possédait une fortune des plus alléchantes et se pâmait devant lui qui plus est ! Pourtant, devant l’hôtel, il la maudit intérieurement, elle et tout ce qu’elle représentait. En même temps qu’il prononçait le vœu solennel du mariage, il se sentit monter sur l’échafaud. Comme un condamné, il espéra jusqu’au dernier instant qu’il serait sauvé par une mystérieuse puissance supérieure. Rien n’arriva et il embrassa la mariée en même temps que tout ce qu’il avait été et chérit.

Sa vie changea du tout au tout presque un an après ce mariage. Il ne supportait plus la sotte frigide qu’on l’avait forcé à épouser. Elle s’était finalement aperçut qu’il ne l’aimait pas et ne cessait de lui reprocher. Ne pouvait-elle donc se taire ? Il était le premier à souffrir de ne pas l’aimer. Lassé des sempiternelles remontrances, il était parti, tentant de chasser sa colère envers son orgueilleuse épouse. Il n’y parvint pas. Il entendait toujours les sanglots désespérés d’Amanda résonnés dans ses tympans. Elle avait menacée de se tuer. Quelle plaisanterie ! Jamais une enfant choyée et élevée dans un cocon de soie n’en aurait la force. Il ne put retenir un reniflement méprisant. Qu’elle brûle en enfer ! Elle avait crût qu’il l’aimait ? Qui lui avait donc dit une telle sottise ? Le mariage n’était et ne serait jamais l’amour. Ce n’était qu’un lien grotesque servant à procréer des descendants au sang aussi pur que la noblesse se targuait d’avoir.

Il en était à ce point dans ses ruminations lorsque le plus naturellement du monde, il ne vitpas la pomme qui lui tomba sur la tête. Furieux, il relevait déjà la tête prêt à houspiller cruellement le coupable quand le coupable se révéla être une coupable et que son regard fut capturé par deux sublimes émeraudes qui le regardaient avec stupéfaction. Il la détailla longuement, ne parvenant à détacher le regard de la femme qui commençait d’ailleurs à paraître de plus en plus mal à l’aise sous cette inspection muette. Elle balbutia quelques excuses étouffées et tourna le dos en courant sans se retourner de peur des représailles de l'accident qu'elle avait provoqué. Lui resta stupéfié, trop abasourdi pour la suivre. Il resta pantois, ne sachant comment réagir.

Il retourna au domaine, ne sachant comment interpréter cette rencontre. Il leurra tout le monde, se leurra lui-même. Il déclara vouloir la revoir pour lui demander des comptes. Mais si sa bouche ne cessait de le répétait, ce n'était que pour convaincre toute son âme que tel était bien son but. La vérité était bien différente et s'il était bien en colère contre la femme ce n'était plus à cause de la pomme mais bien parce qu'elle l'avait fui. Il la croisa de nouveau par un total et heureux hasard après avoir presque renoncé à la retrouver. Elle était venue accompagner son père au domaine où il livrait du foin pour les écuries. Lorsqu'ils se revirent, la femme s'affola. S'excusant du mieux qu'elle pouvait d'avoir laissé tombé une pomme. Cette fois, elle ne pouvait s'enfuir, il savait où la trouver. Profitant de la panique de la demoiselle, il lui proposa de faire quelques pas aux alentours du château. La jeune femme s'appelait Jade et si le comte n'avait pas été totalement subjugué par elle, il aurait sans doute remarqué ses mains sales ou ses cheveux décoiffés mais il ne parvenait plus à faire de telles considérations. Il ne voyait plus que ses pâles cheveux de soie qui volaient autour d'elle et ses faussettes lorsqu'elle souriait. Il se sentit devenir esclave de ses yeux verts qui l'avaient tant surpris lors de leur première rencontre. Il avait de plus en plus de mal à détacher ses yeux des belles courbes de son corps blanc et de son visage. Un spectateur se serait sans doute demandé en quoi cette simple paysanne pouvait être plus attirante que la noble dame avec qui il s'était marié. Jade était bien moins belle qu'Amanda. Cependant, alors que sa femme resplendissait d'une beauté artificielle et cultivée, Jade, elle, transcendait de liberté et de joie. Sa femme si sombre avec ses cheveux couleur ailes de corbeaux ne pouvait rivaliser avec la lumière qui dégageait de toute la personne de la femme qu'il accompagnait. Inconsciemment, il cherchait plus, il voulait la voir s'ouvrir à lui, lui sourire comme à un ami.

Il ne revint au château que le soir de cette seconde rencontre, ne pouvant s’empêcher d’esquisser de petits sourires, heureux d'avoir adressé la parole à la femme. Son épouse ne pût connaître la cause de tout ces soupirs, croyant en le voyant si aimable avec elle que ses charmes avaient enfin finis par avoir raison de lui. Malheureusement pour elle, ce n’était pas vers sa femme que tout son être se tournait et quand il la toucha, dans leur couche cette nuit-là, dans les bras de sa femme, il s’imaginait dans ceux d’une toute autre personne, une femme aux cheveux d’or et au corps voluptueux. Le jour suivant, il ne pouvait se concentrer sur rien d’autre qu’elle. Le comte de Valcourt venait de se faire piéger à un jeu bien plus dangereux et cruel que le mariage, l’amour qu'il ressentait laissa bientôt place, après la douce joie sereine du bonheur à un sentiment bien plus fort : la jalousie. Son imaginations fertile ne pouvait s’empêcher d’imaginer son corps blanc étreindre d’autres bras que les siens. Il crût que la haine qui l’enveloppait auprès de rivaux invisibles allait lui faire perdre la raison. Enfin, ne supportant plus la douleur provoquée par son esprit, il la revit. Refusant de la voir s’éreinter plus longtemps aux travaux des champs, loin de lui, il la fit engager comme domestique, refusant de voir ses mains davantage souillées par le dur labeur de la ferme.

A mesure que le temps passait, le comte maudissait et injuriait Dieu tout les jours d’avoir permit le mariage qui l’avait lié à tout jamais à sa femme et à mesure que la proximité avec Jade augmentait, son désir pour elle devenait insupportable. Il refusait de la toucher, ayant choisi de ne pas les conduire tout deux dans une relation proscrite qui les mettraient en danger. Il évacuait tout son dépit et sa frustration vers sa femme, qui sans voir vers où se dirigeaient les véritables vœux de son époux se délectait de le voir enfin tout à elle. Cette comédie dura encore quelques mois, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Il céda à ses désirs. Il l’embrassa.

Sa femme était partie rendre visite à de lointains cousins et il était resté avec l’objet de sa tentation à ses côtés. Elle était si belle, si douce … Leur premier baiser fût très doux. Elle chercha ensuite à l'éviter. Refusant d'être la victime d'un Dom Juan sans coeur, l’ombre d’Amanda planait comme un fantôme sur leurs têtes et elle ne pouvait se résoudre à n'être destinée qu'à être jeté. Puis, ils cédèrent au fruit défendu. Ils s’unirent lors d’un tourbillon étouffé de sentiments et de passions cachées dans la propre chambre conjugale. Lui mentant en prétendant que leur relation ne serait que charnelle, la rassurant, lui promettant qu'il ne serait jamis question d'un amour qui les blesserais tous les deux. Cachant à Jade la véritable profondeur de ce qu'il ressentait, prétextant que sa femme ne parvenait à le satisfaire. Lorsqu’Amanda revint, son époux était d’une froideur mortelle, la tenant pour responsable du secret qu’il était obligé de garder sur sa relation avec Jade. Sa rancoeur grandissante en même temps que la passion des ébats qu'il entretenait avec l'unique dame de ses pensées.

Il resta d’une glaciale courtoisie envers elle dès lors qu’il la voyait entrer dans une pièce et refusant de lui adresser la parole plus que le strict minimum, l’amenant à craindre le pire, ignorant qu’elle était la faute si grave dont son mari l’accablait. Elle pleura longtemps, pensant avoir perdu un cœur qu’elle n’avait jamais possédé. Les amants se retrouvaient dès qu’elle tournait le dos, pensant naïvement que ce bonheur durerait toujours. Près de trois semaines plus tard, Amanda découvrit leur relation et en épouse indignée chassa Jade. Ils avaient relaché leur attention, finissant par croire qu'ils étaient en dehors de toute crainte. La comtesse les découvrit en pleine action alors qu'elle aurait dû être sortie en ville. Elle venait de découvrir que pendant que son mari ne la touchait plus, il touchait plusieurs fois par jour une autre, une vulgaire domestique. Elle entra dans une colère noir, jetant tout ce qu'il lui tombait sous la main, le jetant à travers la pièce, hurlant, pleurant, s'arrachant les cheveux, se griffant de désespoir.

Le comte crût mourir de cette absence, criant avec sa femme, l'injuriant, pleurant avec elle une toute autre chose. Jade lui semblait être devenue pour lui aussi essentielle que l’air qu’il respirait. Il tomba malade.Voulut la retrouver. Elle s’était réfugiée chez une sœur où elle vivait depuis plus de six mois après s'être faire chasser de chez son père. Ce ne fut que lorsqu’il la revit qu’il pût mesurer pleinement l'ampleur du désastre de la faute qu’ils avaient commis. Le ventre d’Ambre était déjà bien arrondi lorsqu’il la rencontra de nouveau. Elle était enceinte. De son enfant. Il ne pût se résoudre à l’abandonner à l’annonce de cette nouvelle et trouva même en cette annonce, l'occasion qu'il attendait pour pouvoir prétexter une quelconque responsabilité et la garder avec lui. Il logea sa nouvelle maîtresse dans une demeure annexe au bord de la Loire qu’il possédait et c’est dans cet environnement que naquit un 17 mai Rose de Valcourt.

Dès sa naissance, ses yeux étaient clos, mais même dans cet état, elle restait leur fleur à eux, le fruit de leur amour et de leur union. Elle était la rose de leur jardin, le mélange des passions de deux amants. Elle possédait les cheveux et la fragile beauté de sa mère mais bien la grâce et les yeux de son père. Ils la nommèrent Rose. Sa mère lui apprit à écrire, prenant sa main afin de l’habituer à tracer les courbes de lettres et son père l’équitation et la danse. Le comte dépensa une fortune en professeurs particuliers, cherchant à satisfaire un esprit toujours plus vif et curieux pendant que sa femme se languissait, accusant le coup d’une trahison rendue plus terrible encore par l’acceptation d’une enfant, une batarde au sang souillé. Elle ne supportait pas un tel déshonneur, tenant pour responsable la femme qui –jugeait-elle- avait ensorcelé son époux et l’avait détourné de son véritable foyer et de son épouse.

Le temps s’écoula ainsi durant huit longues années. Puis, la mère de Rose tomba gravement malade. Cela avait commencé comme un simple coup de froid, une grande lassitude, des éternuements qui avaient finis par assez rapidement succéder à de la fièvre et des vomissements. Le 2 janvier, Jade s’éteignit. Le comte fût comme paralysé par cette nouvelle. Son monde venait de s’effondrer. Il ne pouvait supporter l'idée qu'elle n'était plus. Il ne comprenait pas comment le monde pouvait encore exister sans elle. De la femme qu’il aimait plus que sa vie ne restait que sa fille. C’est alors qu’il apprit ce qu’Amanda tentait vainement de lui cacher depuis des années : elle était stérile. Alexis de Valcourt décida après cet découverte d’adopter sa fille et au grand dégout de la comtesse, celle-ci arriva à la demeure des Valcourts, désormais héritière du titre et non plus fille de maîtresse.

Elle la haït dès qu’elle la vit. Cette enfant respirante de santé représentait tout ses cauchemards et ses illusions perdues. Elle était la chair de l’homme qu’elle aimait passionnément et de l’enchanteresse qui le lui avait volé par ses manigances. Cette petite fille de presque neufs ans la narguait en montrant sa jolie figure lui rappelant sans cesse sa stérilité. Elle était arrivée un beau jour de février, aussi soudainement que promptement et la comtesse croyant enfin s’être définitivement débarrassée de sa rivale reçut un immense coup au coeur lorsqu’au déjeuner son mari lui apprit que la fille de cette femme allait désormais faire partie intégrante de leur famille et des nausées l’avait prise. Seigneur Dieu ! La mort elle-même ne pourrait donc pas suffire à faire disparaître cette femme ? Même à l’état de cadavre cette voleuse la poursuivrait-elle donc de son ombre malsaine ?

La voiture qui l’amenait accompagnée de son père déboucha enfin devant l’avenue. Comment pouvait donc être cette enfant que ce suppôt de Satan avait conçût afin de s’enfoncer encore plus profondément dans le houleux chemin de la traitrise ? Elle aurait aimé qu’elle soit laide, son visage reflétant la noirceur du crime qui l’avait conçût. Elle sortit du véhicule qui l’avait conduit et Amanda eut encore une fois devant ses yeux une preuve flagrante de la cruauté et de l’injustice de la vie. L’enfant aurait dût être difforme et pâteux au lieu de quoi elle ressemblait à un ange. Ses enfants auraient puent ressembler à cela. Elle ressentit avec un pincement au cœur sa totale défaite face à la paysanne qui lui avait volé son mari. Elle ne parviendrait donc jamais à la surpasser ? N’y avait-il donc aucun moyen pour elle de retrouver son honneur perdu à cause de cette femme ?

Le comte voulût les voir devenir bonnes amies et Amanda faillit étouffer de rire. Son époux lui demandait-il réellement cela ? Pouvait-il donc seulement croire à l’énormité qui avait franchie ses lèvres ? Suivant à contre cœur les ordres de son mari, elle invita des amis à venir prendre le thé et à rencontrer la nouvelle fille de la maison. Amanda crût pouvoir restaurer ses sentiments bafoués en pensant humilier la fille de sa rivale. Elle échoua. Les invités ne se rendirent qu’à peine compte du fait qu’elle était aveugle, la pressant de questions de toutes sortes. En un instant, Rose de Valcourt s’était faite reine de la partie. Personne ne remarquait-il donc ses yeux aveugles ? C’était la marque du pêché auquel la sorcière avait poussé son époux ! Pourquoi admirait-on cette petite pimbêche ? Elle n’était que la batarde de son mari et si son ventre n’avait été stérile, ses enfants auraient été encore bien plus beaux que la fille de cette immonde petite paysanne arrogante ! Une haine profondément ancrée naquit donc ainsi entre la comtesse et l’enfant, provoquant une rivalité non dissimulée. Elle haïssait cette mère dont elle était obligée de supporter les réprimandes injustifiées et quand à son père, elle l’aimait toujours, l’amour dont il l’avait entourée comme une protection contre l’avidité du monde extérieur.

Elle sortit pour la première fois des remparts de la demeure quelques semaines après ses 13 ans. Elle avait souhaité se rendre à Paris afin de découvrir pour la toute première fois la capitale. Son père estima sans doute que Rose était suffisamment grande pour pouvoir aller en ville et il accepta sans trop de grognements son désir, lui donnant même un peu d’argent. Rose partit accompagner la gouvernante, chargée de faire quelques emplettes et de la surveiller. Lorsqu’elle arriva en ville, la future comtesse ne pouvait voir le paysage urbain mais déjà derrière ses yeux morts elle pouvait en deviner l’agitation. Tout autour d’elle, elle percevait un concert de sensations auditives et olfactives qui ravissaient ses sens. Elle essayait d’entendre chaque bribe de conversation, de distinguer chaque odeur, chaque mouvement et signalant à la gouvernante qu’elle allait se promener dans la place se sentit emporter par l’euphorie générale.

Rose traversa la place, se dirigeant vers différentes échoppes, tentant d’apprécier le plus possible chaque sentiment. Elle entendait une voix d’homme assez grave, appartenant sans doute à un homme corpulent. Une autre voix suggéra qu’elle écoutait parler une bourgeoise dont les effluves de parfums qui lui parvinrent confirmaient la richesse. Elle s’était assise sur un banc, tentant de s’imprégner au mieux de tout ce qu’elle ressentait lorsque soudain la peur stoppa brusquement son allégresse. Une odeur différente des autres venait de lui parvenir. Une odeur bien plus douce et suave qui la terrifiait comme grâce à une sorte de sixième sens. Elle arrêta de tenter de capter les sons et les odeurs. Un instinct bien plus profond la poussait à retourner vers sa gouvernante qui devait avoir finit ses achats à présent. Elle retourna sur ses pas et la retrouva. Suite à sa demande, elles rentrèrent au logis. Suite à cet incident, Rose se persuada avoir imaginé le sentiment qui l’avait poussée à fuir, se traitant de sotte d’avoir laissé de telles chimères gâcher ainsi son plaisir. La stupidité de ses réactions la laissait ébahie et elle s’interdit formellement d’y songer de nouveaux, se convainquant de la fausseté de ce qu’elle avait ressentit. Elle verrouilla dans un coin de son esprit ce qui s’était pasé et n'ouvrit plus la porte. Avec le souvenir de ce moment, elle enferma l'instinct qui lui avait ordonné de fuir et qui ne se manifesta jamais plus.

Rose grandit sans autres accidents majeurs ou marquants, se contentant de se disputer avec sa mère adoptive, prenant du caractère à mesure qu’elle devenait adulte et d’apprendre le plus de choses qu’elle pouvait, désirant plus que tout ne pas être traitée d’ignare et dépasser son ancien statut de batarde que ne cessait de lui envoyer au visage sa mère adoptive.



Derrière l'écran:


    Pseudo : Comme vous voulez.
    Age : Hum ! …14 ans.
    Comment t'es-tu retrouvé parmi nous? : Les joies du hasard.
    Des Remarques ou impressions ? Non, rien à dire, c’est un magnifique forum.
    As-tu lu le règlement ? Yes, sir !
    Code du règlement : Validé par Mel
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MessageSujet: Re: Rose de Valcourt [] En cours   Dim 20 Mai - 7:04

Bonjour

Cette fiche est-elle terminée ? Merci de donner des nouvelles^^
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Melissande A. Sullivans
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Race :: Humaine. Différente? Il paraît.
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Vos Relations:
MessageSujet: Re: Rose de Valcourt [] En cours   Sam 7 Juil - 9:36

Toujours pas de nouveautés, ni de signe de vie. Je déplace.


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Merci à Calypso pour ce superbe Kit [Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

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MessageSujet: Re: Rose de Valcourt [] En cours   

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Rose de Valcourt [] En cours

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