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 Der var engang...♟ Allister&Annibal Kirasten♟

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Allister&Annibal K.
~ Danseuse/Bouffon & Confident du roi ~
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MessageSujet: Der var engang...♟ Allister&Annibal Kirasten♟   Ven 27 Jan - 16:32

Allister Kirasten




feat. Matin Catorce
    IDENTITÉ :


    Nom : Kirasten
    Prénom: Allister
    Age : 21 ans.
    Date et Lieu de Naissance : Un 20 avril ; Randers, Danemark.
    Orientation Sexuelle : Elle n’a jamais véritablement fait cas d’une telle question, mais son dévolu semble cependant porté tout de même vers les hommes.
    Nationalité: Danoise.
    Groupe : Humain.
    Classe Sociale: Officiellement danseuse du Roi ; Officieusement membre de sa milice secrète ; Bohémienne.



Description Physique :

L’homme ne peut en rien être jugé de par ce qu’il veut laisser paraitre de lui.

Pourtant il est des personnes dégageant une aura des plus rassurantes, qui vous attirent inéluctablement dans des filets de confiance, dont on ne peut plus se défaire une fois pris au piège. Nul doute ne plane au-dessus de ce fait. Tant d’hommes et de femmes sont tombés dans un piège qui n’était pas censé exister…Et pourtant ces faits sont toujours présents et n’ont pas subi une once de changement. Véritable malédiction lorsque ces êtres ne sont pas ceux qu’ils semblent être, il n’en reste pas moins une bénédiction lorsque cette aura dégagée sied à merveille à la personnalité de celui ou celle qu’elle entoure. Impalpable, imperceptible, cette aura est là, et se ressent avec le cœur et rien d’autre. Les observateurs peuvent ressentir différemment l’aura d’une seule et même personne en prétextant bien ce qu’ils veulent, la vérité est que la plupart du temps c’est bel et bien sur les attraits physique qu’ils se basent, et rien d’autre.

Qu’importe l’identité, le passé ou les pensées d’un être, qu’importe la personne, lorsque l’on pose un regard sur Allister c’est cette aura et nulle autre que l’on ressent au plus profond de nous-même. Poser un regard sur cette créature réchauffe le cœur et, souvent, incite à se dessiner, un peu plus bas sur le visage, un sourire de paix, de bien être, de bonheur ou simplement un sourire serein, et ce plus particulièrement lorsqu’elle s’adonne à cette activité pour laquelle elle est connue à la cour, sa passion et une partie de ce pourquoi elle vie ; la danse. A la voir elle semble douce, compréhensive, digne de confiance, pleine de vie. Elle attire la sympathie et la confiance des gens de par sa prestance et les sourires qui, le plus souvent, illuminent son visage. Pourtant la danseuse n’est pas d’une beauté époustouflante. A côté des autres bohémiennes, ou même d’autres simples villageoises, on peut parfois la qualifier de « jolie », mais les belles femmes de la cour n’ont rien à lui envier. Elle est d’une beauté primitive, peut-être même un peu sauvage. Les belles robes ne sont pas pour elle, pas plus que les bijoux de grande valeur plus beaux les uns que les autres. Elle sait juste rester simple.

La contempler, c’est contempler un reflet d’innocence figé dans la glace du temps. Une innocence d’enfant qui n’a pas perdu ne serait-ce qu’un rayon de son éclat, malgré les évènements venus pour ternir le tout. Une innocence et une pureté insouciante. A la voir vivre, sourire, danser, on se laisse prendre à l’illusion d’un monde magnifique, presque utopique. Aux premiers abords on pourrait songer qu’à ses yeux des choses comme la guerre, la famine ou ces horribles créatures de la nuit n’existent pas. Il n’en est rien et c’est quelque part une des choses qui la rend différente des autres. Si l’on dit que ce qui ne tue pas rend plus fort, on ne peut qu’imaginer combien elle peut répandre sa bonne humeur, toujours présente dans ses gestes et son esprit malgré le lourd passé qu’elle doit trainer avec elle depuis des années. Ne peut-elle pas n’en être que plus resplendissante au fil des années ? Parfois teintée d’une espièglerie propre à elle-même elle rajoute à la perfection quelques fois une teinte de mystère à l’ensemble de son être.

Ses traits sont semblables à ceux de son frère, nul doute ne peut se poser là-dessus ou sur leurs liens de sang. Pourtant par-delà leurs ressemblances on ne peut les confondre que s’ils le veulent vraiment. Cette similitude n’affecte en rien les traits et les formes féminines de la danseuse. Mince, on ne peut qu’admirer la perfection de ses formes si l’on en vient à devoir les contempler. Fine, de taille moyenne, Allister fait, de par les formes qui lui ont été attribuées, et de par toute l’agilité dont son corps est capable, bien des jalouses. Ce n’est pourtant pas son obsession première. Les activités physiques auxquelles elle s’adonne depuis son plus jeune âge sont les seules et uniques responsables d’un tel résultat. Ce qui est pour elle tant sa passion que ce qui lui sert de profession exige que sa silhouette soit parfaite. Voilà ce qu’elle a toujours ouïe dire de son entourage. Qu’importe qu’une femme soit compétente dans ce domaine, si ses attraits physiques ne peuvent faire rêver ceux qui contemplent son art, ce n’est pas un domaine dans lequel elle saura être applaudie à sa juste valeur. La vérité est qu’ici, la prestance physique compte autant que le talent.

Il va sans dire que, à la façon de chaque femme, la façon dont elle est jugée s’arrête à son frêle physique de jeune femme mince. La fragilité serait comme inscrite sur la moindre parcelle de son corps, de même que sa vulnérabilité. De son apparence elle semble être la proie facile, la victime idéale pour quelconque prédateur qu’il soit. Vampires assoiffés de sang, Lycanthropes à la recherche de chair fraiche, ou simplement hommes désireux d’une occupation, d’un amusement d’une nuit, se tournent le plus souvent vers cette fragile beauté alors qu’elle est seule et semble à la merci du monde entier. C’est en ce sens qu’il faut se méfier des apparences. Si son aura sied à merveille à sa personnalité, son physique est loin d’être preuve de sa faiblesse. On ne saurait croire qu’à pure folie à apprendre que cette femme fait partie de la milice du Roi…Pourtant il s’agit là de la plus pure des vérités. Il serait, de ce fait, pour quiconque voudrait s’en prendre à elle, grand damne que de sous-estimer ses capacités à se défendre. Les muscles ne font pas tout et la jeune Danoise en est une preuve vivante.

Sur ses traits, ceux de son fin visage rosé, sur sa peau douce comme une peau de bébé, plusieurs facettes de sa personnalité peuvent être lues selon ses occupations. La joie, le bonheur dans un premier temps. Les expressions qui baignent son faciès la quasi-totalité du temps, qu’elle soit en train de danser ou simplement à disperser sa gaieté tout autour d’elle en s’adonnant à diverses activités. Il serait logique de penser que c’est une femme qui respire la joie de vivre lorsque l’on a le bonheur de pouvoir la contempler ne serait-ce que quelques instants. Pourtant elle connait, comme chacun, la tristesse et la souffrance, bien qu’elle ne le montre que rarement. Il est rare de voir ceci s‘emparer de ses traits, mais cela arrive, souvent lorsque l’on fait référence à son passé, que trop peu connaissent. De la même façon que l’on peut lire combien elle est effrayée, comme un enfant, une véritable petite fille, au moment où un souvenir bien particulier refait surface, ou encore lorsqu’elle est contrôlée à sa plus grande phobie, de telle sorte à ce qu’elle soit incapable d’en contrôler ses émotions…Son calme. Dans le fond, il est possible que sa gaieté n’existe que pour parer à cela. Afin que personne ne puisse voir ses faiblesses, afin que personne ne s’en inquiète, jamais. Après tout sa profession n’est-elle pas de propager le bonheur autour d’elle, en rendant l’existence des autres plus agréable que n’a pu l’être la sienne propre ?

Cette motivation est mère de ses sourires. Ces sourires si doux qui se dessinent sur ses lèvres rosées et vous transportent dans un monde dont vous ignoriez tout jusqu’alors, un monde similaire mais où votre cœur est apaisé, comme soulagé des maux qui pesaient sur lui quelques instants auparavant. Une part de mystère se pose sur elles comme un délicat petit papillon quant au goût qu’elles peuvent avoir ou la voix qu’elles peuvent emprisonner lorsqu’elles restent closent. Chanceux sont ceux qui pourront briser ce premier mystère, nombreux sont ceux qui en ont fait de même avec le second. Et ont entendu les doux et mélodieux timbres de sa si belle voix. Il est merveille de l’ouïr tout comme il est merveille de la voir danser, nul doute là-dessus. Comme si tout son être n’avait été battit que dans le seul et unique but d’être ce calmant qu’autrui désire tant mais n’est jamais capable de le trouver. Comme si son histoire avait été écrite avant même sa naissance.

Et il n’est qu’une chose capable d’intensifier encore cela, de perdre ses interlocuteurs à des années lumières de la réalité, de les envouter bien plus encore que ne le feraient ses dents blanches dévoilées en un sourire. Ses yeux. Le regard dans lequel on se plonge lorsque l’on converse avec elle, lorsque nos orbes se portent sur elle. Des magnifiques saphirs, un océan, peut-être ? On pourrait oser y songer, mais non. Ce ne sont que ses yeux. Son regard, parfois perçant, souvent bienveillant. Si dans l’ensemble elle n’est que jolie, ses yeux sont des intrus sur son être tant ils sont beaux, attirants, convoités, jalousés. Comme de véritables perles qui ne paraissent réelles qu’au cou d’une noble dame, on peine à croire, ou plutôt à accepter que le Ciel eut fait un tel don à une gamine des rues, une sale bohémienne, une voleuse, une moins que rien, comme on aime à l’appeler, elle comme les autres femmes de sa nature. Pourtant il en est ainsi et quoi qu’on en dise, on ne peut rien y changer.

Le plus commun de son physique semble être représenté par sa longue chevelure dorée. Leur longueur est un petit caprice personnel, elle n’aimerait pas avoir à les couper, ne serait-ce même qu’un peu. Beaucoup en sont ravis, en particulier ces hommes qui aiment les voir onduler, voler au rythme du vent et des pas de danse de la blonde lorsqu’elle s’y adonne. Pour les habitués et les quelques fans, ils seraient presque comme un accessoire dont on ne saurait se passer pour la réussite de ses exploits à présent. Etrangement on pourrait parfois songer qu’ils aiment davantage les cheveux que les prouesses qui sont siennes. Ce n’est pas ce qui les rend précieux à ses yeux pourtant. Ce n’est pas là la raison qui fait qu’elle y prend soin ou qu’elle refuse que quiconque y touche, y compris son propre frère. Non, les raisons sont toutes autres, plus sombres. Elle garde un trop mauvais souvenir de la seule et unique fois où ils ont étés coupés. Un souvenir ancré en elle. Qu’elle garde, que son cœur protège. Un secret qu’elle ne partage qu’avec un être qui n’est plus de ce monde désormais. Parfois elle les attache. Il y a bien différentes façons d’embellir une chevelure comme la sienne dans les divers moyens de jouer avec l’alliance des mèches entremêlés de diverses façons, les attacher, les séparer ou encore faire Dieu sait quoi dans cette véritable soie dorée. Car c’est bien là l’impression qu’ils donnent au toucher tant leur douceur en devient fascinante. Le secret d’une telle douceur aurait bien vite été mise à jour par la belle elle-même sous les interrogations de ses consœurs si secret il y avait. Mais la vérité, qu’importe qu’elle semble si fausse, saugrenue et égoïstement cachée, est bel et bien qu’elle n’a jamais rien fait subir à sa tignasse pour qu’elle ait cette consistance. D’une part parce que les divers soins qu’elle pourrait leur attribuer son, en son sens, aussi inutiles que fatalement néfaste et d’autre part car même si elle ne pensait pas de la sorte jamais elle n’aurait été en mesure de se payer ce que toute dame de la haute cour du roi applique sur leurs propres têtes.

Bohémienne, fille des rues, ce n’est guère vêtu des plus belles robes, accompagnées de beaux accessoires que l’on peut la considérer. Simple, peut-être même parfois un peu sauvage, on en vient à se demander si elle prend soin d’elle. Cela arrive, parfois, mais elle n’est pas femme à se pomponner pour quelconque regard, sauf lorsque ses occupations l’exigent. Bien sûr qu’elle se doit d’être attirante pour danser…Une jolie robe, peut-être une fleur dans ses cheveux, mais cela ne va pas plus loin. Et lorsque ce n’est pas le cas et qu’elle se laisse totalement allée à l’extravagance…La plus simple des robes fait l’affaire, et pas davantage. Peut-être quelques bijoux, parfois, sont présents mais dans un but purement professionnel. Des bracelets, souvent portés à un poignet et une cheville, fait de grelots sont là pour accentuer le rythme de la musique et des pas qu’elle enchaine avec grâce et aisance naturelle.

Pourtant elle ne s’arrête pas à ça. Bien crédule est celui qui croirait telle baliverne, jamais exprimée clairement. Allister est une femme avant tout. Puis, la danseuse qui ferait le rêve d’une nuit de tout homme, cet être fragile, et désirable de par son physique avantageux et la facilité que l’on pourrait à se le procurer si un regard semblable au sien n’était pas à chaque minute que Dieu lui accorde sur cette terre porté sur elle avec toute la bienveillance du monde. Pourtant le plus souvent c’est inutile. Cette fragilité, elle tente le plus souvent de s’en débarrasser alors qu’elle s’emploie au véritable devoir qu’elle possède envers le roi et même le peuple de France. Son devoir de milicienne.

Si cette femme est la même, pourquoi semble-t-elle si différente alors ? Pourquoi son sourire, le plus souvent, disparait-il face à son sérieux alors qu’elle revêtit le peu d’armure prévu pour la femme qu’elle est et que son épée couleur argent est entre ses mains ? Qu’importe qu’elle semble frêle, il ne faut pas en oublier qu’elle est une milicienne. Ses bras fins n’y paraissent pas mais ils sont forts, bien assez pour tenir et manier une épée. De même que ses airs de douce demoiselle ne seraient, pour ses ennemis, qu’un trompe l’œil drôlement efficace. On ne se méfie pas assez d’elle ; c’est là une erreur fatale. Juger une femme par ce qu’elle laisse apparaitre d’elle est une erreur. Juger Allister sur son physique est une erreur. Car derrière les apparences, dans le fond, on ne peut jamais vraiment savoir ce qui se cache…



Description Mentale :

Et dans la Capitale s’élèvent les chants de divers instruments, dans un rythme jovial…

A s’en fier à ce simple petit quartier, ou le misérable règne en maître, on pourrait croire la ville en fête. Il n’en est rien cependant. Voilà des années que les lois de la France n’obéissent qu’au nouveau Roi, le plus cruel qui eut existé à l’en croire les rumeurs, des années que cette ville semble perdue dans une morosité sans fin. Et pourtant voilà qu’une jeune femme s’efforce de rendre le sourire à ces braves gens, accompagnés de quelques autres bohémiens accompagnant avec une certaine joie non dissimulée les pas de danses qu’elle enchaîne maladroitement, dans un but simple, mais à l’accomplissement d’une quête qui se révèle de plus en plus ardue ; Leur faire oublier leurs soucis, rien qu’un instant. Les conduire vers cette ambiance festive à laquelle ils ont droit, eux aussi. Sous les chants des instruments de ses amis elle entraine petit à petit les gens dans une danse qui se veut bienfaisante.

Parce qu’elle n’a jamais pu supporter ça, de voir des gens tristes, de voir des gens souffrir. Elle n’est pas une sorte de super héros, non contente d’en être consciente, elle sait bien que ce genre de conte de fée n’a rien de réel, qu’elle ne sera jamais capable de prétendre à un tel titre. L’injustice la rend malade, elle aimerait l’éradiquer ; malgré ça elle est bien consciente que jamais elle ne saura y changer quoi que ce soit avec ses seules capacités. Oui, Allister se dévalorise souvent. Parce que dans le fond, qu’est-ce qu’une simple danseuse peut apporter de concret à quelqu’un ? Absolument rien. Rien que des moments de joie, d’amusement, de tendresse éphémère. Qu’importe qu’elle se donne à fond, qu’elle fasse de son mieux, pour elle le monde restera toujours aussi noir. Qu’importe qu’elle prenne un pinceau imbibé de peinture blanche pour en recouvrir ce bien triste tableau unicolore, tout le blanc qu’elle peut y appliquer, bien que parfois cela mette plus de temps que d’autres, le noir, toujours, finit par absorber cette touche de clarté, de lumière, de douceur.

Et si le monde ne savait qu’être blanc et noir ? C’est là une vision bien simpliste et négative de la vie. Pourtant c’est ce qui la fait aller de l’avant. Parce que si cette toile était destinée à rester noire…Alors y mettre une touche de blanc, encore et encore, ne semble pas si vain, en fin de compte. La fatalité ne s’accepte pas, elle se combat ! Les habitants de ce monde ne méritent pas un tel tableau, ils mériteraient même son exact opposé. Alors…Pour elle, armée d’un pinceau et de peinture blanche, n’est-ce pas le minimum de que continuer à y appliquer des traits et des tâches de pureté, encore et encore ? Repasser sur celle qui se fond engloutir de cette toile comme si sa véritable nature était semblable à celle d’un trou noir ? Un acte éphémère, réalisé encore et encore ne semble pas si vain, en fin de compte.

Alors que ses pieds, le plus souvent nus, caressent le sol délicatement lors de ses pas, il lui est impossible de ne pas sourire, voir rire aux éclats, ou presque. Des sentiments si positifs et puissants qu’ils se répercutent encore et toujours abondement autour d’elle. Comme la plus douce et la plus agréable des maladies contagieuse ; le bonheur. Son plus grand bonheur se reflète dans la passion de la danse qui l’anime. Une passion dévorante, brûlante, et un bonheur, une joie de vivre qu’elle tente de transmettre aux autres. Altruiste est sans doute ce qui la qualifie de mieux, et cette sympathie pousse le plus souvent la blonde à penser davantage aux autres qu’à elle-même. Sans doute cette partie de sa personnalité a-t-elle un lien, aussi étroit puisse-t-il être, avec sa fâcheuse manie de se dévaloriser. Se jugeant moins importante que quiconque, elle fera toujours passer autrui avant sa petite personne, que cela plaise à sa moitié ou non.

Annibal. Il est l’un des êtres qu’elle aime le plus au monde, incontestablement. La sympathie ou l’amitié de la danseuse n’est pas chose ardue à récolter. Il est plutôt ardue de trouver personne plus sociable qu’elle. Les sourires, comme faisant partie intégrante de son faciès, attirent bien souvent à la conversation, chose à laquelle elle prendra grande joie à s’appliquer avec quiconque, et qu’importe le sujet abordé. Souvent, on a peine à croire qu’elle puisse être cultivée…Pourtant ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une bohémienne qu’elle n’en est pas moins intelligente. Ayant beaucoup voyagé, ses connaissances se sont enrichies un peu partout et n’en demeurent que plus florissantes. Et elle prend d’ailleurs grand plaisir à partager ce qu’elle sait avec d’autres. Allister est aimante, plus que nécessaire même, selon certains.

Mais un amour aussi sincère que celui qu’elle porte pour son frère, elle n’en porte qu’à peu de personnes. Elle-même serait incapable de définir les liens les unissant. Depuis toujours Annibal est là pour Allister et inversement. Il est même impensable que l’un aille sans l’autre. C’est sans doute ce qui la pousse à être plus protectrice avec lui qu’avec d’autres. Pour sauver la vie de son frère, elle donnerait la sienne sans une once d’hésitation. Si elle ignore lequel des deux est né le premier, elle agit instinctivement comme une grande sœur. Au mieux elle tente de le protéger de quoi que ce soit…ou de qui que ce soit.

Ses plus grands défauts tournent d’ailleurs autour de son « petit frère ». L’habitude d’avoir grandi à ses côtés, de toujours être près de lui n’ont fait que rendre sa présence comme indispensable. Aussi, bien qu’elle le cache avec aisance, on pourrait la qualifiée de possessive et de jalouse, dans la mesure du raisonnable bien entendu. Elle n’aime pas savoir son frère avec d’autres qu’elle…Sans doute car la peur de revivre une sombre scène du passé la hante encore et encore, mais elle a cependant appris à s’en accoutumer. En soit lorsqu’elle ne le montre pas cela ne dérange que son for intérieur, ses sentiments négatifs de solitude, de mélancolie, mais aussi une sorte de vide en son être, sont gardés bien aux chaud jusqu’à ce qu’ils s’envolent dès lors qu’ils se retrouvent à nouveau ensemble. Il est évident qu’elle se sent des plus idiotes à ressentir tout cela…Mais on ne peut changer sa façon d’être.

Lorsque les évènements tournent autour de lui, ou de ses proches, elle sait être méfiante, mais dans ces instants seulement. Naïve et crédule la plupart du temps, les attraits presque maternels de sa personnalité font cependant qu’elle s’inquiète peut-être un peu trop aisément. Et si elle offre aisément sa confiance à quiconque…Ce petit détail semble être une antithèse à lui seul lorsqu’il se trouve face aux seules personnes faisant exception à la règle ; les conquêtes de sa moitié. L’amour rend aveugle, parait-il. Ainsi elle veut pouvoir être les yeux de son frère si jamais quelque chose ne tourne pas rond…Bien que jusqu’ici on ne peut vraiment dire que le besoin s’en est fait ressentir. Jamais une femme n’a su le faire chavirer dans l’inconscience et dans la naïveté. Mais ce jour arrivera, c’est une certitude face à laquelle la milicienne sait qu’elle sera préparée. Préparée à apprécier cette dame, ou la haïr si elle se trouve ne pas être ce qu’elle prétend. Mais ses faits et gestes vis-à-vis de son frère la plupart du temps un mystère...Et ce avant tout pour elle-même. On ne peut expliquer les liens qui unissent des jumeaux. Et au risque de briser la magie de leur relation si particulière, elle ne veut pas se l’expliquer.

Elle semble douce et gentille…Tant de par sa physionomie que par sa façon d’être. Mais il ne faut pas s’y tromper, au même titre que la charmante et l’envoutante danseuse peut être l’une des combattantes les plus entraînées du Royaume de France, elle peut être la gentille et douce demoiselle comme elle peut devenir la pire des menaces pour ceux qui ne lui sont pas semblables. Ces créatures de la Lune et de la Nuit, qui ont chacun entaillé profondément son passé de blessures qui jamais ne guérirons, du moins en est-elle persuadée.

Parce que oui, il ne fait pas oublier que cette demoiselle aux allures de la cible parfaite sait manier l’épée comme peu savent le faire. Des années durant c’est auprès d’autres miliciens, et particulièrement l’un d’entre eux, qu’elle s’est entraînée. Animée avant tout par le désir de protéger son frère, elle s’est entraînée, encore et encore avec cet ami qu’elle c’était fait par le biais de son frère…Avant de finalement rejoindre la milice à son tour et de s’entraîner avec quiconque l’aurait bien voulu. On ne peut pas véritablement la qualifier de perfectionniste…Mais étant bien consciente que le moindre faux pas d’un membre de ce groupe de combattants secret pourrais mener l’ensemble de l’équipe, elle n’est jamais pleine satisfaite de ses prouesses au combat.

Car on ne peut pas le nier, Allister est efficace. Il serait faux de la qualifier de « forte », mais la milice ne peut qu’être ravie d’un tel élément. De son origine féminin, il est évident que sa force physique est l’une des moindres ; son épée est d’ailleurs plus fine, et donc moins lourde que celles des autres chevaliers du Roi. Mais à côté de cela, on ne peut nier les qualités qui font d’elle une soldate presque exemplaire. Ses origines de bohémienne et de danseuse y sont pour beaucoup. Car son agilité et sa vitesse restent la plus efficace de ses armes, le plus sûr de ses alliés. La force brute à l’état pure n’est pas toujours la solution, voilà ce que cette jeune femme a pu prouver par plusieurs fois à ses coéquipiers.

De même que la plus efficace des armes n’est pas toujours l’épée, la compagne de chaque homme ou femme peuplant ce groupe secret. Contrairement à la majorité des hommes, ce n’est pas principalement sur cette arme, qu’importe combien puisse-t-elle être fatale, qu’Allister compte le plus. C’est avant tout sur les plans élaborés et les différentes ressources qu’elle peut puiser…Partout et nul par à la fois. Car, à la voir ainsi on ne peut que rester septique devant une telle idée, mais la blonde est pleine de ressources, de par ses capacités intellectuelles qui font parfois très franchement froid dans le dos. Dans quel sens ? Cela est une toute autre question…

En effet, tout dans les fines et douces petite mains de cette fausse innocence peut devenir la plus redoutable des armes, ou le plus redoutable des accessoires de combat. Même le plus simple des fruits…Vous seriez étonnés de voir combien elle peut mettre à profit une simple pomme, ou un petit objet ordinairement dénué d’intérêt, dans un combat. Plus que de quiconque, il faut se méfier d’elle si, un objet à la main, la lueur d’une idée aussi tordue que géniale illumine son regard azuré.

Pourtant, comme tous, cette jeune femme possède un point faible. Le reflet d’une des blessures de son passé, du passé commun qu’elle doit porter avec son frère. On ne peut vraiment la qualifié de grande crainte au vu de la vie qu’elle mène depuis. Elle se bat contre ses terreurs, contre son passé, ce passé qu’elle a en commun avec son frère et qu’il semble avoir plus aisément oublié qu’elle, alors que pourtant il est celui qui en a souffert le plus. Et si elle est capable de passer outre sa peur lorsqu’elle n’est pas seule, si elle est capable de passer outre sa peur lorsqu’elle tient la situation bien en main…Elle ne le sera plus lorsqu’elle se retrouvera seule face à un Lycan.

Il y a des limites à ce que l’on peut faire par soi-même. Allister eu beau faire de son mieux toutes ces années pour combattre sa peur, ou pour oublier ce passé traumatisant, ses efforts, bien que payants, n’ont, semble-t-il, jamais étés suffisants. Voilà là un point faible de taille…Et ce en particulier pour une milicienne. Pourtant jusqu’à ce jour il s’agit encore ici d’un secret bien gardé. Si sa sociabilité lui permet de tenir des conversations sur tous les sujets avec de nouvelles connaissances, son passé reste cependant un mystère pour même ses plus proches amis. Un mystère qu’elle tient à garder, alors que pourtant en parler pourrait être une solution…Parler d’elle n’est pas chose qu’elle fera aisément ; il vous faudra donc être armé de patience pour espérer un jour pour gouter au récit du passé de la bohémienne.

Elle ne montre pas ses faiblesses et est bien décidée à ne pas le faire, jamais. Voilà chez la belle un défaut qui peut tout aussi bien se changer en qualité selon les circonstances. Elle est têtue, si une idée ou un objectif occupe ses pensées i est impossible de lui faire entendre raison quoi que vous fassiez ; de même que sa ténacité est à toute épreuve, et ce particulièrement en combat. Sa détermination à toute épreuve et sa ténacité feront d’elle une alliée de choix…Et une ennemie des plus agaçantes ! Elle peut être mise à terre, encore et encore, à chaque fois elle se relèvera tant que pourra le supporter son corps. Malgré la douleur, malgré ses blessures, malgré les risques.

Mais à nous attarder sur cette délicieuse danseuse, nous vous dévoilerions tout de ses pensées et de sa façon d’être. C’est pour cette raison que nous arrêterons ici le portrait de la bohémienne ; vous ne pourrez que prendre plaisir à découvrir l’esprit de cette jeune femme dans les moindres détails lors d’une rencontre avec elle.




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Allister&Annibal K.
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MessageSujet: Re: Der var engang...♟ Allister&Annibal Kirasten♟   Ven 27 Jan - 16:33

Annibal Kirasten




feat. Nox Catorce
    IDENTITÉ :


    Nom : Kirasten.
    Prénom: Annibal.
    Age : 21 ans.
    Date et Lieu de Naissance : Un 20 avril ; Randers, Danemark.
    Orientation Sexuelle : Il n’est à ce jour que des femmes qui ont su s’attirer ses bonnes grâces…Jamais sans pouvoir s’approprier son cœur cela dit.
    Nationalité: Danoise.
    Groupe : Humain.
    Classe Sociale: Officiellement bouffon du Roi ; Officieusement membre de sa milice secrète ; Bohémien.



Description Physique :

L’homme ne peut en rien être jugé de par ce qu’il veut laisser paraitre de lui.

S’il est des êtres attirant autrui et confiance d’autrui, il en est d’autres chez qui cette aura déployée inspirent la crainte, une crainte qui ne s’explique par aucuns mots, une crainte qui colle à la peau et qui n’est fondée sur aucuns faits. C’est indéniable ; bien trop nombreux sont les hommes et femmes n’ayant jamais osé s’approcher d’un être pourtant envoutant rien que de part cette aura dégagée, vacillant entre le mystère et l’audacieux. Fait accablant lorsque ces personnes ne sont en rien ce qu’elles semblent être, il n’en est pas moins un bienfait lorsqu’elles se trouvent ne pas aimer la présence d’autrui, ou ne pas s’y sentir à l’aise. Quelle que soit cette aura, quelle que soit la personne, si ce n’est pas une chose visible à l’œil nu, la plupart reste persuadé qu’il ne s’agit que de ressentis, et rien de plus. Pourtant, il est avéré que ceux qui ne savent ressentir ce genre de choses –et parfois même ceux qui les ressentent- se base sur l’apparence concrète pour émettre un jugement.

Qu’importe combien deux personnes peuvent sembler identique physiquement, aux premiers abords, ils ne peuvent pas moins en demeurer extrêmement différents de par les tréfonds de leurs âmes. Un regard, un simple regard posé sur le milicien suffit à comprendre cela. Il n’est pas de ces personnes qui font se former sur vos lèvres le sourire que vous rêvez. Parfois il dégage cette sorte d’impression malsaine qui pousse à s’éloigner de lui alors qu’il garde un œil protecteur et méfiant sur sa moitié, mais d’autres fois, si vous avez la chance de poser vos orbes sur lui alors qu’il se trouve être des plus serein, jouant avec ses balles ou d’un quelconque instrument de musique, c’est sans s’en rendre compte qu’il sera capable, rien qu’en étant centre de votre attention, à calmer vos propres ressentis. Rien pourtant ne le prédisposait à être capable d’une telle chose, au vu de son caractère, de ses esprits et de son vécu. Peut-être est-ce donc là un fait héréditaire, qui sait ? Il faut savoir le prendre, simplement. Il y a des jours avec et des jours sans…Et il peut tout aussi bien être de mauvaise humeur et rependre cette sorte d’aura poussant à ne pas l’approcher comme cela peut être tout le contraire. Et bien souvent, lorsqu’Annibal se laisse aller à la bonne humeur, voir même parfois à la quiétude toute simple, vous saurez que vous n’avez rien à craindre de lui. Même au-delà de ça, vous serez persuadés d’être en sécurité à ses côtés. Ce n’est pas là une impression, mais un fait.

Il peut attirer les regards, comme être entièrement transparent. Et ses rares sourires sauront mettre en confiance les sceptiques. S’il n’attire pas la sympathie, au même titre que son ainée, on ne peut pour autant dire qu’il n’en est pas aussi « attirant ». Il se dégage de lui une certaine élégance ravissant les dames et montant un parfait contraste avec le coté primitif et sauvage de celle avec qui il passe le plus clair de son temps. Pourtant il ne cherche guère à plaire…Et s’il est quelqu’un qui prend soin de son apparence…Il ne s’agit pas même de lui. En réalité cette petite touche d’élégance qu’il aborde vient avant tout des gouts et conseils de son reflet au féminin, bien que cette « petite » touche sur laquelle s’amuse sa sœur s’est retrouvée fortement accentuée depuis qu’il se trouve être le conseiller de Sa Majesté. Car si ce fait est un secret pour tous, il n’en demeure pas moins être très proche du Souverain et se doit donc être d’une élégance bien plus importante qu’il ne devrait jamais aborder en tant que simple gamin des rues.

A le contempler, on peine à véritablement le croire membres de ces êtres à part que sont les bohémiens, car ils sont pour la plupart soit débordants de vie, soit aux semblant des plus misérables, presque effrayants, comme le genre de fréquentation qu’il ne faut surtout pas avoir. Annibal n’a rien, absolument rien de semblable à ces deux images presque stéréotypées. Il a la simplicité d’un simple villageois, un soupçon d’élégance propre aux nobles, et les occupations et les manies des siens. Il peut aisément se faire passer pour ce que bon lui semble, à le voir on ne saurait définir son apparence à un monde où à un autre, ce qui n’ajoute qu’un voile de mystère sur sa personne. On peut l’observer vivre, s’amuser, venir en aide à d’autres…On viendra vite à se rendre compte que dès lors qu’il commence à accepter quelqu’un dans sa vie, malgré les apparences froides ou désintéressées qu’il aborde le plus souvent, il sait être doux, et même peut-être un peu joueur parfois. La vérité c’est que ce garçon cache sa véritable façon d’être bien profondément dans son être. Pour commencer à véritablement le comprendre, il faut passer du temps avec lui, beaucoup de temps. Et surtout ne jamais se fier aux apparences qu’il aborde, jamais.

Lorsque l’on ose à s’approcher de lui, supprimer cette distance qu’il laisse le plus souvent entre lui et autrui, on ne peut que rester septique quant à son appartenance aux enfants des rues tant ses traits sont fins. On ne peut douter de sa ressemblance avec sa sœur, mais on ne peut en nier pour autant que malgré cette très forte ressemblance, les deux restent aisément identifiables, et ce principalement pour l’unique différence résidant entre les deux. Son autre moitié a beau être une femme son corps n’en est pas pour le moins aussi frêle et fragile qu’elle. Car s’il ne peut certes guère être qualifié de véritable armoire, le corps d’Annibal n’en reste pas moins musclé, résultats de plusieurs années d’entraînements, d’abord solitaires, puis au sein de la milice. Assez fins, ils n’y paraissent pas aux premiers abords, mais sont bels et bien présents. On ne peut pourtant pas affirmer que c’était là sa principale préoccupation…Son corps s’est adaptés aux entrainements à l’épée auxquels il s’adonnait pour être capable de protéger les personnes importantes à son cœur, voilà tout. Et bien que beaucoup le jugent encore un peu faible sur ce point, son corps lui convient tel qu’il est. Une pointe de force, ne gênant en rien l’agilité obtenue en s’adonnant aux diverses figures qu’il s’amuse à faire depuis l’enfance avec bon nombre de ses semblables. Si tout le monde n’est pas de cet avis, c’est à ses yeux un parfait alliage de réussite pour la quête qui lui est confiée, à lui et à chaque membre de la Milice du Roi.

Le danois ne semble pas représenter un grand danger, lorsque l’on pose un regard sur lui, mais peut-être est-il assez intimidant de par sa prestance pour n’avoir jamais été directement victime d’un de ces êtres de la nuit qu’il pourchasse, a contrario de son ainée. Mais cela ne l’empêche pas d’être proie à un tout autre type de prédateur…A savoir, les demoiselles. Peut-être est-ce ce petit côté mystérieux, relevé d’une touche d’élégance, qui murmure aux femmes qu’il serait un bon parti…Ou alors peut-être est-ce simplement son physique qui leur plait ? Lui-même l’ignore, et sera le premier à dire que quel que soit le déclencheur d’une telle réaction, cela ne lui apporte pas davantage qu’une gêne. Non pas qu’il ne s’intéresse pas à la gente féminine, mais si quelques-unes ont su attisé, parfois, son attention, aucune n’a su s’emparer de son cœur. Or, il se doit de respecter certains principes avec lesquels il a grandi.

On ne peut qu’accorder à ses femmes que les traits de son visage sont assez plaisants à contempler. Mais peut-être est-ce un fait bien souvent gâché par les différentes mines qu’il peut aborder. On ne peut lui ôter ce certain charme qu’il aborde lorsqu’un sourire vient se peindre sur son visage. Une expression bien rare, mais pouvant sans nul doute illuminer la journée de ses proches dès lors que ce sourire est on ne peut plus sincère. Parce que non, jamais au grand jamais il ne se forcera à sourire, ou à aborder quelconque expression. En ce sens, il est assez simple de lire en lui…Lorsqu’on le connait assez pour avoir pris connaissance de ce point. Contrairement à sa sœur, il ne se cache pas derrière une joie quasi constante. La plupart du temps sur son faciès se tient tout simplement un air neutre, d’ailleurs, peut-être un peu pensif parfois. Une neutralité pouvant prouver combien son passé joue dans sa vie, pouvant prouver tout le mal qu’il a à sourire et à croquer la vie à pleine dent. Et bien souvent…Une touche d’inquiétude vient se poser sur lui. Au vu de tout ce qu’il a pu lui arriver par le passé…Comment pourrait-il ne pas s’en faire pour la sécurité et le bien être de sa sœur, après tout ? Car son but, le plus important de ses dessins n’est pas de détruire les êtres de la nuit, ou même de trouver les Mémoires d’Outre-Tombe, mais de veiller à ce que sa sœur soit heureuse.

Le plus souvent, elle est la raison des sourires venant se dessiner sur les lèvres du jeune homme. Sincère, attendri, profondément heureux…Et au même titre qu’elle, lorsqu’il a le sourire, il a ce don de le transmettre à son entourage. Ce si simple étirement de ses lèvres peut transporter dans un état tout autre que celui dans lequel étaient ceux qui le contemplait avant que ce fait ne vienne changer l’expression de son faciès. Elles peuvent être à la fois une bénédiction…comme, pour certaines, une horrible tentation, également. Il est vrai que pour la plupart ses sourires apaisent…Mais, hélas, elles n’en sont pas moins une horrible tortures pour les quelques dames ayant jeté un dévolu étrangement important sur le milicien. Car il va sans dire qu’il s’agit là d’un fruit défendu, que jamais elles n’auront loisir de gouter.

Le comble, dans ce fait, c’est cette façon si simple avec laquelle il amplifie cette envie, cette torture, de façon aussi innocente qu’inconsciente. Il ne le cherche pas, pourtant. Il ne voit ni mal, ni quelconque provocation, comme toute personne n’éprouvant que des sentiments purement platoniques envers lui n’y verraient rien de ce genre non plus. Un regard, pourtant, ça n’est pas grand-chose. Mais ses yeux ont un petit quelque chose de…différent, de troublant. Ils sont profonds comme l’océan, et sont d’un éclat digne des plus beaux saphirs. Et le plus souvent, c’est dans ses yeux que l’on peut le plus clairement lire les plus profonds sentiments du milicien. La joie lorsque ses yeux pétillent, la tristesse lorsqu’ils sont vide de toute vie…La haine, lorsqu’ils sont sombres comme la nuit et vous gèlent sur place. Et qu’importe les sentiments qu’ils retranscrissent, ses yeux sont magnifiques. Ils attirent le regard…incitent à s’y plonger. Et pourtant ce n’est pas leur splendeur qui en fait la joie de leur propriétaire, mais bel et bien leurs ressemblances avec ceux de son ainée. On ne peut qu’apprécier avoir des points communs avec un tel être, si spécial à nos yeux, après tout.

Il y a des liens qui ne s’expliquent pas, mais qui se vivent. Et celui qui lie les jumeaux Kirasten est l’un d’eux. Il serait une erreur de penser que leur lien ressemble à tous les autres. Ils sont liés, ils s’aiment, bien plus que l’on ne pourrait le penser. Mais personne encore, personne ne peut se rendre compte à quel point. Car, la seule et unique preuve des moments douloureux qu’ils ont passés ensemble sans que cela n’affecte jamais en rien leurs relations sont bel et bien les marques sur le corps d’Annibal. Car, si le nombre de blessures auxquels Allister a dû faire face dans son enfance n’a laissé que son esprit marqué, alors que sa peau effaçait le tout avec le temps, Annibal, lui, garde le tout marqué. Corps et âme, il ne peut ni fuir, ni nier son passé. Rien n’est visible, pourtant elles sont présentes, toutes. Ces marques de morsure qui ne partiront jamais, dessinant à la perfection la mâchoire de l’enfant de la lune l’ayant mordue à l’avant et à l’arrière de son épaule droite, dans une parfaite symétries ; cette griffure causée par ce même fils de la lune ayant lacéré d’une froide perfection son dos ; et enfin…cette cicatrice le long de son épaule gauche, la marque de son idiotie, de la plus grande de ses erreurs…La punition parfaite pour le comportement et le sale caractère de ce jour pluvieux…

Il est un point de sa physionomie qui peut sembler étrange sur ce jeune homme, cependant. Il s’agit de sa longue chevelure blonde, dont la taille est bien souvent plus importante que celles de ces dames, et sans nul doute égale à celle de sa moitié. Contrairement à la plupart des hommes qui coupent bien souvent leurs tignasses pour aborder des cheveux courts au possible…Annibal garde ses cheveux longs, et se refuse même à l’idée de les couper. Il ne s’en occupe pas, pourtant ils sont aussi soyeux que ceux de son homologue féminin…Sans doute parce que c’est elle qui prend le temps de s’en occuper. Elle s’adonne avec joie à cette activité de le coiffer et de tresser ses cheveux chaque jour ou presque…C’est là en quelque sorte un moment privilégier entre le frère et la sœur. Beaucoup lui ont demandés pourquoi il ne les coupait pas ; la réponse était aussi simple que déroutante, il n’en avait pas envie. Et lorsque certains se risquaient à essayer d’en savoir un peu plus, ils se heurtaient à un mur de silence particulièrement persistant. La vérité, il ne l’a jamais dit à personne, et il n’en a pas l’intention, pour le moment du moins.

Sa tenue vestimentaire varie…Il n’est pas de vêtements qui soient à proprement parlé un style le définissant…Car Annibal porte ce que bon lui semble, lorsque bon lui semble. Mis à part lorsque la situation exige une tenue adaptée, cela va bien sûr de soi. Comme lorsqu’il doit s’entretenir avec le Roi…Ou lorsqu’il s’entraîne. Annibal n’est pas le genre d’être que l’on puisse cerner aisément…Car ce qu’il laisse paraître de lui peut le représenter, comme il peut cacher ce qu’il est réellement. Penser connaître Annibal en élaborant diverses théories baser sur un fait ou un autre ne peut être que succession de bêtise. Qui saurait dire, dans le fond, qui se cache derrière cette adorable carapace ? Un bohémien, un villageois, un noble, un milicien ? Souvent la question se pose…bien souvent. Trop souvent. S’il ne s’agit que d’apparence, il peut être ce que bon lui chante, après tout.



Description Mentale :

…tandis que, parmi la foule, un jeune homme se contente d’observer la scène, à l’écart.

Alors que dans ce petit quartier pauvre et bercé dans la misère une lueur d’espoir, un soleil fait s’illuminer la vie de ce pauvres gens il se tient à l’écart et observe. Son air détaché ne le quittera pas, alors que pourtant en son être il n’en est rien. Si ce jeune homme aurait été plus expressif, on peut en venir à se demander quels sentiments l’animeraient alors. Sans aucun doute, avant tout autre chose, une parcelle d’inquiétude pour la danseuse à la longue chevelure de blé qui lui ressemble à s’y méprendre. Peut-être serait-elle mélangée à un peu de fierté ; qui ne serait pas fier d’être la seconde moitié d’une jeune femme aussi courageuse et pleine de vie malgré les obstacles rencontrés ensemble ? Il se le demande parfois, se questionne mais ne saura jamais trouver de réponse. Qui, d’elle ou lui, a su accepter le plus aisément leur passer pour tourner la page et aller de l’avant ?

Les apparences se veulent tellement trompeuses. Il est le premier à le dire, le premier à le savoir, le premier à se jouer des apparences pour cacher au plus profond de son être ses plus profonds sentiments. Après tout il est un homme, et il semblerait que les hommes soient doués pour cela. Presque une seconde nature que celle de cacher ses ressentis, il n’en reste pas moins, comme chacun, un être de chair, d’os et de sentiments. Et le plus présent en son être n’est autre que celui qu’il porte à sa sœur, sa moitié. Il l’aime, de tout son cœur, comme un frère aimerait sa sœur. Parce qu’ils sont à la fois identiques et tellement différents, complémentaires et uniques en leurs genres. Là où elle se rabaisse, il est là pour la complimenter, la rassurer. Et dans un parfait équilibre, il n’agit pas de la même sorte que son homologue féminin, sachant simplement de quoi il est capable il ne se rabaisse ou ne se surestime jamais.

Alors, au final, il lâche un soupire. Et il attrape d’une main son instrument, qu’il a emporté en prétextant une habitude, mais sachant que depuis le début il savait qu’il finirait par céder face aux éclats de rires de sa sœur. Il se joint à ses amis musiciens, à sa famille bohémienne, et loge l’instrument de bois au creux de son coup pour venir en caresser les cordes de son archet. Ses paupières se referment et silencieusement, de cet acte il soutient les actions de sa sœur. Car si vains semblent-ils être, Annibal sait combien sa sœur peut y mettre tout son cœur. Et il sait aussi que de cette façon, elle serait bien capable d’arriver à ses fins, parce que c’est elle et parce qu’elle ne lâche jamais rien. Et plus que tout, il a confiance en elle. C’est pourquoi armé de son propre pinceau, il l’aide parfois à étaler des couches de blanc sur ce tableau noir. Discrètement, simplement, mais il le fait.

Si l’on agit comme la plupart des jeunes femmes présentes en ce lieu et que l’on prend le temps de le contempler, d’observer ses traits, juste un instant, avec un brin d’empathie on pourrait presque comprendre qu’il aime le violon au petit sourire en coin, presque imperceptible qu’il affiche. Mais mieux vaut s’arrêter là dans cette ridicule et accablante imitation de ces dames, car elles ne s’arrêtent pas à le contempler, bien au contraire. S’il était possible de dévorer une personne avec les yeux, Annibal ne serait plus de ce monde depuis bien longtemps au vu du nombre de jeunes femmes dont il s’attire les faveurs, sans jamais comprendre le comment du pourquoi. De loin elles l’observent, s’échangent leurs impressions sur lui. Certaines prennent parfois le courage d’aller entamer une conversation avec lui, mais rares sont celles sachant susciter son intérêt. Certaines savent s’attirer son attention quelques temps, mais jamais son cœur. Et, toujours, son attention se reporte sur la seule qu’il sait aimer d’une façon unique.

Allister. Bien sûr, son identité ne fait plus aucun doute. Il sait être aussi tendre et attentionné avec elle, que froid et désintéressé de n’importe qui d’autre. Gagner la confiance, l’amitié ou même ne serait-ce que la sympathie de ce jeune homme est tâche bien ardue, pourtant elle possède tout à la fois, peut-être de son statut. Il a parfois été amené à se poser la question…Aurait-il tant aimé sa jeune sœur si le destin les avaient fait se rencontrer d’une toute autre manière, sans être lié à elle par le sang ? Incapable de répondre à une telle question, il se contente lui-même en s’affirmant que ce n’est pas le cas, et que donc telles interrogations n’ont pas lieu d’exister. A quoi bon chercher hypothèses improbable ? Allister est sa sœur et nulle autre personnalité, et c’est bien là tout ce qui importe.

Jusqu’ici, Annibal a toujours pensé –à tort ou à raison- que personne ne serait jamais capable de s’emparer entièrement de son cœur de par la présence de sa sœur dans sa vie et l’affection presque démesuré qu’il lui porte. Depuis toujours ils sont là l’un pour l’autre, dans une confiance aveugle qu’ils se portent réciproquement. Un lien et une sécurité dont ils ont tous deux besoins, en ce monde taché de vermeil. Protecteur….Il l’est avec ceux qui lui sont véritablement chers, et particulièrement cette fragile danseuse que la vie n’a pas épargnée.

Et qui dit précieux et fragile dit protection. Oui, Annibal est protecteur, sans doute plus que nécessaire, avec la jeune danseuse. Mais quel frère ne le serait pas avec celle dont il partage son sang et son histoire ? C’est un fait ; il n’aime pas la voir triste, il ne supporte pas la voir pleurer, il est hors de question qu’il laisse quelque chose ou quelqu’un la faire souffrir davantage. Déjà emplis de remords de son aveuglement passé, il met un point d’honneur à toujours avoir un tendre regard posé sur elle, et ce, même lorsqu’il semble être éloigné d’elle. Jaloux et possessif, il met cependant un point d’honneur à laisser la jeune femme respirer et vivre sa vie…Du moins en apparence. Très inquiet, même lorsqu’il se décide à tuer de son temps en compagnie de quelconque autre personne, il s’arrange donc toujours pour être certain que sa sœur est entre de bonnes mains, en bonne compagnie, ou non loin de lui, afin qu’il puisse lui-même garder un œil sur elle.

D’une nature calme, le bouffon du Roi ne laisse que rarement un évènement ou des paroles déplacées le sortir de ses gonds. On ne peut hélas en dire de même d’un acte ou d’une parole qui irait à l’encontre de la danseuse à la chevelure de blé. Et l’affection démesuré qu’il lui porte le pousse à s’emporter avec une aisance déconcertante lorsqu’il s’agit d’elle. Même si, bien sûr, il n’y a pas qu’elle qu’il « se doit » de protéger, tel qu’il le pense. Il y a également ceux qu’il considère comme sa famille, les autres de la troupe, et ses frères et sœurs d’armes, bien évidemment. Il n’y parait pas, mais Annibal sait apprécier son entourage, et agit en conséquence des actes faites à leurs encontre. Toujours, elle passera avant quiconque. Même avant lui, c’est une règle d’or qu’il s’est imposée à lui-même. Il se doit de la garder des dangers que représentent les lycans et les vampires…Mais également des hommes mal intentionnés qui pourraient s’approcher d’elle. Sa douce sœur, il la connait par cœur, peut-être même mieux qu’il ne se connait lui-même, et il sait combien sa naïveté peut, parfois, frôler la bêtise. Elle le lui répète souvent, qu’elle est assez grande pour s’occuper d’elle par elle seule, mais on ne peut vraiment expliquer ce lien qui les unis, et ce besoin qu’il a, bien qu’il la sait forte, d’être là, à ses côtés, pour la garder des dangers du monde.

A le voir il ne semble pas des plus dangereux. Son calme lorsqu’il joue du violon ou s’applique à jongler avec quelques balles laissent à penser qu’il n’est autre qu’un bohémien comme tant d’autres, qu’il sera peut-être capable de remporter quelques affrontements de rues, mais pas davantage. Cette faiblesse apparente ne le dérange pas véritablement, on ne saurait même dire si cela ne l’arrange pas. Laisser planer un doute, ou même la certitude qu’il est un être faible n’est qu’un avantage contre ces créatures de la Lune et de la Nuit aillant déjà entaillé son passé et mutilé ses souvenirs.

Souvent on l’oublie, que ce jeune homme, officiellement présent au palais en qualité de bouffon est un escrimeur de grand talent. Pouvait-il réellement en être autrement après des années passées à s’entrainer, d’abord seul, puis en compagnie d’hommes et de femmes étant considérés comme les meilleurs des meilleurs, et parfois même avec le Souverain lui-même ? Oui, souvent on oublie, et c’est une erreur, que ce jeune homme est un membre à part entière de la milice de sa Majesté. Et chaque jour il s’entraine pour pouvoir débarrasser son pays de ces êtres abjects qui n’ont plus rien d’humains. Parce que oui, il n’y a bien que d’eux qu’il peut parler en disant qu’il les haït de tout son être.

Peut-être est-ce ici la raison de son efficacité. La force ne fait pas tout, et si sa condition physique semble être malgré tout l’un de ses atouts elle ne serait rien sans une raison de manier son épée. De ce fait, Annibal met un point d’honneur à ne tuer que ces créatures maléfique, et à jamais ne s’en prendre à aucuns humains. Cela dit, on ne peut nier son efficacité lorsqu’il agit pour la milice elle-même. On ne peut dire qu’il prend plaisir à tuer ces êtres abjects ; ce serait mentir. En revanche, ne les considérant plus comme des humains, cela ne lui fera ni chaud ni froid. D’autant plus lorsqu’il sait quels odieux crimes ils ont pu commettre contre l’humanité elle-même.

L’épée, compagne de guerre, contre de tels individus…Il est évident qu’elle ne serait point suffisante à elle seule. C’est avant tout là la raison d’une organisation secrète, puisque l’on dit que l’union fait la force…Mais même cette force ne peut toujours venir à bout des créatures du diable, certains en sont persuadés. Alors ils se doivent d’avoir un petit quelque chose…Comme les plans tordus mais efficaces de dernières minute de sa sœur…Ou alors, avoir une longueur d’avance sur eux afin de jouir de l’effet de surprise et mettre toutes les chances de leur côté.

Et pour ça, Annibal possède son propre petit plus. Très adroit de ses mains, et sans doute stratège dans l’âme sans véritablement s’en rendre compte, on pourrait presque le considérer comme étant un véritable maître des pièges au sein de la milice. Nul doute qu’un guet-apens préparer par ses soins ne pourra donc qu’être une réussite, au moins partielle. Après, on ne peut jamais être sûr qu’un imprévu n’apparaitra pas pour réduire au néant les efforts de la milice…mais ceci sera traité différemment.

Pour l’heure, après avoir tant parlé de ce jeune homme, nous devons nous arrêter sur ses points faibles ; nous ne saurions faire un portrait, même incomplet, efficace sans ces quelques informations. Il est des êtres qui se retrouvent plus marqués par les faits du passés qui marquent l’esprit, d’autres, a contrario, se retrouvent plus marqués par les faits du passé ayant marqués leurs corps. Et si sa moitié est concernée par la première catégorie, c’est dans la seconde que se place le milicien. A croire que jusqu’au bout ces deux êtres étaient fait pour se ressembler et se compléter, qu’il s’agisse du plan positif, comme du négatif.

Ainsi, si ce sont les fantômes de son passés qui hantent la danseuse, Annibal est quant à lui restreins de par ses anciennes blessures qui continuent, parfois, de le faire souffrir. On ne peut blâmer la médecine, dont les progrès se font de plus en plus fréquent, et ainsi le jeune homme ne peut condamner qu’une et une seule personne ; lui-même. Il est la raison de tout cela parce qu’il a été faible. Il est la raison de tout cela parce qu’il n’était pas capable d’ouvrir assez son esprit pour tenter de comprendre sa jeune sœur. Sans doute s’ouvrir un peu aux autres saurait lui faire se sentir mieux vis-à-vis de tout cela, mais non, il ne le fait pas, il ne le fera jamais. Ressasser le passé est s’infliger de nouveaux d’inutiles souffrances. Alors, il ne dit rien, ignorant qu’ainsi son histoire le ronge de l’intérieur, inéluctablement.

Sa fierté d’homme est une véritable misère pour son entourage. Non content de ne jamais parler de lui –ou très peu- il est également inconcevable pour son égo de laisser paraitre la moindre de ses faiblesses. En fait…on pourrait même tout simplement affirmer qu’il parle peu, simplement. Il n’est pas bavard de nature, et c’est ce qui fait de lui une personne de confiance. Avec lui, l’on peut affirmer sans retenu que les secrets sont bien gardés…Car même sa sœur ne déroge pas à cette règle du silence imposée en son être. Sans doute est-ce là, d’ailleurs, la raison qui fait qu’il en est devenu le confident du Roi lui-même, à force de le côtoyer au sein des autres miliciens.

Mais à nous attarder sur ce mystérieux bouffon, nous vous dévoilerions tout de ses pensées et de sa façon d’être. C’est pour cette raison que nous arrêterons ici le portrait du bohémien ; vous ne pourrez que prendre plaisir à découvrir l’esprit de ce jeune homme dans les moindres détails lors d’une rencontre avec lui.




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Dernière édition par Allister&Annibal K. le Lun 30 Juil - 13:37, édité 10 fois
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Allister&Annibal K.
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MessageSujet: Re: Der var engang...♟ Allister&Annibal Kirasten♟   Ven 27 Jan - 16:47

Biographie :





Norvège ; 20 Avril ; 21:43


Ne brisent le silence de la nuit que des bruits de pas s’enfonçant dans la neige. Rapides, brusques…Pressés. Bientôt une respiration haletante, saccadée vient rejoindre les pas qui tentent de se faire rapide. De plus en plus. Dans les ténèbres se dessine une forme, celle qui brise ce silence nocturne. Sa longue chevelure et le jupon de sa robe volant derrière elle, ondulant gracieusement au rythme de sa course, ne laissent aucun doute ; c’est une femme. Sa hâte semble n’avoir aucun sens, ne subsistent derrière elle que les profondeurs de la nuit. Pourtant, à n’en pas douter elle fuit quelque chose. Cela se sent à sa maladroite façon de courir, au risque de glisser sur une plaque de glace et tomber dans la neige, si froide, si pure… ou encore à la respiration qu’elle maintient difficilement. Ces poumons qui s’emplissent douloureusement d’air froid, si bien qu’un gout de métal vient bientôt remonter le long de la tranchée de sa gorge pour atteindre sa bouche, en disent beaucoup. Davantage qu’un simple état d’épuisement dû à effort trop important. Ces tremblements…Si nombreux, prononcés, incontrôlables ne sont pas qu’un simple petit amusement auquel le froid s’adonne sur sa personne, en cet instant ce n’est pas lui qui se joue d’elle, mais tout autre chose.

Une chose qui la terrifie.

La chose s’amuse de la situation. Elle sent la peur, et cette dernière ne l’excite que davantage dans son petit jeu morbide. Elle sent le parfum de sa proie qui s’éloigne, et s’éloigne encore. La lueur d’espoir qui l’anime ne rend la chasse que plus intéressante…et la victime plus misérable encore. Une véritable chasse à l’homme a débutée depuis quelques secondes déjà. Le chasseur semble être un homme, pourtant, mais nul ne le sait, il n’a rien d’humain. N’importe quel passant se demanderait ce que fait là ce noble, avant-bras plaqué contre un mur sur lequel repose son visage, sans bouger, avec ce froid agressant l’air et les petits flocons d’innocence recommençant doucement à virevolter dans l’air avant de rejoindre le sol ; cette femme qui court, en revanche, le sait très bien. C’est pour son petit plaisir personnel qu’il s’est amusé à tout lui raconter avant de lancer ce petit jeu. Il ne s’en soucie guère. A dire vrai, il sait que d’ici quelques secondes, cette misérable femme sera morte, et emportera le secret qu’il vient de lui dévoiler dans sa tombe. Quelques secondes encore…L’idée de couper court au temps imparti est tellement alléchant, mais le jeu n’en serait que moins amusant. Il frissonne aux idées de tout ce qu’il pourrait lui faire subir, l’adrénaline parcourt son corps, suit le fluide sanguin à toute vitesse, il le sens. Et son cœur s’accélère, de plus en plus. Et enfin, sa jouissance atteint son comble. Un mot s’évade, tel un soupir de soulagement, d’entre ses lèvres rosées. Le seul qu’il attendait avec toute l’impatience dont il était capable.

« Trente. » susurre-t-il dans une voix déformée par les timbres de l’excitation.

Les nuages laissent quelques instants l’astre lunaire briller de tout son éclat doux et glacé. Faisant un demi-tour sur lui-même, l’homme s’adosse au mur et profite un instant de ces rayons posés sur lui. Les éclats lunaires dans ses prunelles ne font qu’intensifier son sourire carnassier, ils l’élargissent de par leur seule présence ici. Et alors, un regard posé sur lui ne ferait que prouver ce dont lui et cette femme sont déjà persuadés. Il est dangereux, terrifiant…Et inhumain. Enfant de la Lune, il laisse bientôt là son apparence humaine, ainsi que quelques vêtements déchirés, pour laisser sa véritable nature prendre enfin le dessus et foncer sur la proie qu’il s’est octroyé. Il court vite, aussi vite qu’il le peut, sans se soucier des traces que ses quatre pattes peuvent laisser dans la neige. Le lendemain, de nouveaux flocons auront tout recouvert avec grâce, élégance et beauté. Son museau renifle l’odeur de sa proie, à tel point que sa faim ne fait que s’intensifier ; ses canines ne réclament plus qu’une chair fraiche à déchiqueter en morceau. Ce n’est plus qu’une question de secondes, il le sait. Ses oreilles entendent clairement sa victime chuter dans la surface poudreuse. S’il l’aurait pu, il aurait esquissé un sourire encore plus démoniaque sur ses lèvres, mais sous cette forme ce n’est plus possible. Bientôt, son regard bestial perce la nuit et se pose sur elle. Il s’approche et vient poser une patte munie de griffes acérées contre sa poitrine pour mettre fin à cette comédie qu’il a mise en scène lui-même. Dans les yeux bleus, plongés dans l’effroi, qu’elle pose sur lui, il peut voir le reflet de ce que la Lune lui permet de devenir. Dans ces orbes océaniques, il voit ce qu’il est devenu. Il se voit. Il voit un loup.

Sa proie frissonne, elle tremble. Le froid et la peur se mélange et s’accordent à la perfection et s’unissent dans cet acte tant superficiel que vain, dans ce frêle petit corps de jeune femme. Des décennies en arrière, il aurait pris pitié pour cet être fragile. Mais le temps avait forgé en lui une impassibilité et une indifférence à toute épreuve. Il est vrai que ses premières années d’existence en tant que loup avaient étés difficiles. Se faire à l’idée de faire pareille atrocité n’avait pas été simple, dans un premier temps. Mais il se voyait à présent davantage comme l’animal qu’il était devenu que comme l’homme qu’il avait été par le passé. Il en avait même oublié sa véritable identité. Homme, ou loup ? Difficile avait été le choix, mais à présent qu’il était fait le retour en arrière n’était plus possible.

Et dans la ville, vide de tout être, résonna le grognement de la bête. Le pêché de son existence fût ce soir-là marqué par la mort d’une jeune femme. Un cri résonna dans le vide, sans qu’une oreille autre que celle du démon ne soit à pour l’entendre. Un démon s’en délectant autant qu’il le faisait avec la chair fraiche que déchiquetaient ses crocs acérés. Après son passage, ne subsistait plus d’elle qu’une marre rouge, se mêlant et souillant la pureté immaculée de la neige.

Et lorsque de nouveaux flocons vinrent se poser délicatement sur le souvenir d’une âme errante, à jamais ils enfouirent les restes de son existence.

Espagne ; 20 Avril ; 21 :43


Je vivrai, se disait-il.

Plus qu’une persuasion, c’était un ordre. Un ordre qu’il s’imposait. Perdre la vie dans cet endroit miteux, au beau milieu de cette nuit tiède, n’était pas une option. Hors de question pour ce valeureux membre de la garde royale de condamner son corps à une mort futile. Ses desseins avaient toujours étés, le funeste jour tant redouté, de mourir en faisant ce qui est juste. En protégeant un être cher, par exemple. Ou un membre de la famille royale. Mais peut-être était-ce trop demander, que de désirer mourir en héro. Il lâcha alors un profond soupire à cette idée. Un soupir ravivant ses blessures. De douleur, il grogna, alors que son sang chaud coulait de nouveau doucement le long de sa peau qui perdait sa chaleur peu à peu. Celle qui s’en était pris à lui ne l’avait pas manqué. Soldat entrainé qu’il était, elle n’avait eu aucun mal à s’emparer de son épée pour lui transpercer l’abdomen, comme il l’avait lui-même trop souvent fait contre des ennemis du Royaume, avec cette même lame. Encore à présent, alors qu’il resongeait au déroulement des choses, il ne comprenait pas comment cette femme pût accomplir un tel exploit.

Je vivrai.

Depuis souffrant au sol, seulement adossé à l’un des murs en pierre de la vielle bâtisse tombant en ruine dans laquelle il avait cherché refuge, il songeait. Par quel miracle cette femme à l’irréelle beauté ne l’avait pas suivi ici ? Peut-être savait-elle qu’à force de se vider de son sang il mourrait bien tout seul dans son coin, comme la malheureuse petite vermine qu’il représentait sans doute à ses yeux. C’était peut-être une punition Divine. Mais dans le fond, qu’importe. Qu’importe qu’il sente sa conscience s’en aller au loin. Il s’y accrochait. Qu’importe de mourir en héro ou non. S’il pouvait juste revoir le visage de sa douce et tendre épouse…Même rien qu’une fois, il serait satisfait. La chose qu’il désirait avec ardeur, en cet instant, n’était guère davantage que d’exprimer à son égard tout l’amour qu’il lui portait. Même si cela devait être la dernière fois. Inconsciemment, son esprit vagua à quelques prières silencieuses. Dès à présent, il n’eut plus que le Ciel pour lui venir en aide.

Je vivrai, répéta-t-il encore une fois dans les méandres de l’esprit en perdition qu’était le sien.

La femme n’avait jamais voulu le blesser, pourtant. Les regrets hantaient son âme. Les choses ne devaient pas se dérouler de cette façon. Elle voulait juste s’excuser. Désolée, elle était tellement désolée. Mais les remords n’étaient pas la seule chose qui animait son corps. A son grand damne. Des larmes coulaient, doucement, le long de ses joues, mais pourtant son instinct lui dictait d’ignorer ces sentiments futiles. Adossée à un mur de la bâtisse dans laquelle l’homme qu’elle venait de blesser était venu se réfugier pour la fuir, elle hésitait. Se montrer devant lui sera la plus horrible des choses qu’elle ferait ce soir-là…Ou alors peut-être que non ? Peut-être qu’elle s’était déjà adonnée au pire. Sans doute, même. Elle lui devait des excuses. De sincères excuses, pour tout. Mais elle ne devait pas, elle le savait. Pourtant ses jambes l’avaient conduite ici, et ne demandaient qu’à s’approcher davantage. Contre elle-même, elle lutait. Elle luttait contre cette envie de se présenter devant lui. Contre l’odeur de cet homme restée sur ses vêtements. Contre l’odeur qu’il émanait et qu’elle sentait avec toute l’aisance du monde de là où elle était. Contre cette délicieuse odeur de sang qui parvenait jusqu’à elle. Malgré elle.

« Je vivrai… » avait-il cette fois susurré sans s’en rendre compte.

Ce murmure, si fin et insignifiant soit-il, parvint aux oreilles de la belle pêcheuse. Responsable de tout, la culpabilité la guida jusque devant lui, au moins autant que sa soif. Et l’espace d’un instant, le temps se figea.
Il y avait d’un côté l’homme, plongé dans le regard de la femme, qui sentait peu à peu sa crainte et ses appréhensions monter en lui pour finalement se changer en rage. Dans ce regard il comprit tout. Il comprit que ce qu’il avait en face de lui n’avait plus rien d’humain. Il s’agissait peut-être là de fabulations d’un homme au seuil de la mort. Tout ce liquide de vie qu’il avait perdu rendait peut-être l’homme fou…Si tel était le cas, alors peut-être fallait-il être atteints de folie furieuse pour comprendre, tout comprendre. Car ses pensées éclairées au grand jour, beaucoup l’auraient pensé fou. Or, il venait de découvrir une horrible, une effroyable et dangereuse vérité.
Et de l’autre côté il y avait la femme, ou cet être qui n’avait plus de l’humain que l’apparence, plongée dans le regard de l’homme au moins tout autant que dans sa culpabilité grandissante. Elle aussi, elle comprit une chose en croisant le regard nouvellement déterminé de cet homme ; que rien ne se passerait comme elle l’aurait souhaité. Ses excuses n’atteindraient jamais le cœur blessé, et si c’était une erreur de songer cela, sa vie prendrait fin par la suite. Guidée par sa soif, elle ne pourrait se contenir. Pourtant, encore et toujours, elle tenta de lutter. Peut-être n’aurait-elle pas dû…

« Pard… » commença-t-elle.

Mais on ne peut pardonner à ceux qui attentent à notre vie. On ne peut pardonner à ceux qui veulent nous retirer au petit soupçon de bonheur qu’il nous reste dans notre pauvre existence. Alors la lame de l’être meurtri vint transpercer le cœur de la pêcheuse, qui rendit alors le dernier souffle de sa seconde vie. Laissant son arme dans le corps sans vie de sa dernière victime, c’est promptement qu’il quitta les lieux, se hâtant comme il pouvait, autant que le lui permettait son corps fatigué en manque de liquide de vie. Tel le petit poucet, il sema non pas des miettes de pain mais des traces de sang jusqu’à sa chaumière. Une bâtisse des plus humbles mais dans laquelle se trouvait tout ce dont il avait réellement besoin ; sa femme. Le bonheur de pouvoir à nouveau être près de l’être aimé se volatilisa en son être, lorsqu’il franchit le pas de la porte pour découvrir un corps magnifique…Mais sans plus une once de chaleur en lui. Alors, à bout de force et sans plus aucune raison de lutter, le valeureux soldat épousa le sol. Et bientôt, il fût de nouveau en la compagnie de sa douce. Par-delà la vie.
La porte laissée ouverte laissa entrer une brise fraiche. Si quelconque âme aurait pu tendre l’oreille en cet instant, ce souffle aurait sans doute, à son ouïe, les timbres d’une voix féminine. Une voix cherchant à se faire pardonner pour un crime causé.

Belgique ; 20 Avril ; 21 :43


Cette guerre est ridicule. C’était là la pensée la plus profonde de l’être de la nuit soigneusement dissimulée dans l’ombre d’une ruelle abandonnée. Dents serrées, en s’attardant sur sa divine silhouette, puis les traits fins et majestueux de son visage on ne pouvait passer outre le détail de ses canines plus développées que la normale. Rien d’autre cependant ne laisserait à penser qu’elle appartient à un tout autre monde que celui des hommes. Rien ne laisserait paraître qu’elle entende bien mieux que n’importe quel humain en ce monde, ou encore que son odorat lui soit bien supérieur. Contrairement à ces faibles humains, elle pouvait compter sur ses sens pour percevoir le monde, les dangers plus particulièrement. Or, elle sentait là la source d’un danger les plus ridicules mais également les plus dangereux. Ridicule car elle ne comprenait pas le sens de tout cela et rien de plus. Car, il fallait bien se l’avouer, ce perpétuel conflit avec les êtres Lycanthropes n’avait aucun sens. La belle n’avait que faire des conflits hérités de leurs ancêtres. Qu’on lui fiche la paix était là tout ce qu’elle souhaitait. Et pourtant, presque toutes ses rencontres avec des loups s’étaient terminées en affrontements. C’était d’un agacement.

L’ennemi est proche. C’était cette fois la pensée de l’être mi-homme, mi-loup dont la sangsue avait sentie l’odeur. Et si les canines de la suceuse de sang laissaient entre apercevoir sa véritable nature à quiconque s’arrêtait sur son physique, ce n’était pas le cas du Lycan, encore présent dans les ruelles sous sa forme d’humain. Il n’en restait pour autant pas moins un monstre tout aussi démoniaque aux sens effroyablement élevés. Lui aussi sentait avec une finesse et une précision exemplaire l’odeur d’un ennemie naturelle dont il désirait la mort. Pas que la guerre de leurs deux espèces le concernait particulièrement, en loup solitaire qu’il était. Mais il lui était tout bonnement impossible de résister lorsque l’odeur de ces êtres aussi abjects qu’attirants physiquement lui montait au nez. L’odeur était répugnante, nul doute là-dessus. Mais elle ne faisait pas monter en lui que le seul désire qu’elle s’éteigne à jamais. Il faisait monter en lui un inexplicable désir. Sa chaire, son sang l’attirait alors que pourtant il devrait les haïr autant qu’il haïssait cette race. Il n’aurait su dire pourquoi…Le fait était que depuis qu’il avait planté ses crocs dans la gorge de sa première buveuse de sang il était devenu en quelque sorte accro à la drogue que cela était presque devenu, pour lui.

Si les évènements de cette nuit de pleine lune auraient pu être entièrement dictés par les désirs de la fille de la nuit, alors aucun des actes qui s’étaient enchaînés dans ce petit village d’ordinaire si calme ne se seraient produits. Elle serait rentrée chez elle, le fils de la lune aurait agi pareillement et leurs petites vies auraient repris leurs cours tranquilles. Mais parfois les choses ne se passent pas comme on aurait voulu qu’elles se déroulent. Parfois, les choses ne se passent pas comme prévu. Parfois Lucifer réclame l’un des êtres qu’il a envoyé sur terre à ses côtés. Et inéluctablement, il finit par le rejoindre. On ne peut fuir son destin. On ne peut fuir la Mort, la grande Faucheuse. Et lorsque le Destin réunissait un être de chacune des deux races nocturnes, c’était qu’il voulait éteindre la flamme glacée d’une de ces deux vies qui n’en n’étaient pas vraiment. Alors, la question se posait, dans l’esprit de chacun de ces deux êtres. Qu’importe que ces races soient différentes, qu’elles se haïssent. En cette nuit étoilée, la même question passa leurs esprits, au même instant.

Sur quel être la Mort soufflera-t-elle, cette nuit ?

Seuls la lune et les étoiles furent témoins de ce qui se passa alors. Que les villageois soient coincés dans un sommeil bien trop profonds pour les bruits de luttent ne les en sortent, ou qu’ils n’osent sortir de leur confort et leur sécurité éphémère à l’ouïe d’un affrontement, aucun d’en eux ne pût contempler les horreurs de cette nuit. L’innocence qu’il leur restait fût ainsi sauvegardée…Ainsi que leurs vies, bien entendu. Car il est une évidence qui veut que ces êtres ne laissent aucuns témoins potentiels. Jamais. Si leurs existences venaient à être connues de tous, alors ils ne pourraient plus jouir de cette tranquillité qui leur permettait de vivre comme bon leur semblait. Ils seraient chassés. Traqués. Jusqu’au dernier.

L’affrontement ne fût pas direct. Car si l’homme eut tôt fait de revêtir sa forme de loup pour foncer sur l’emplacement d’où venait cette horrible odeur rappelant un irrésistible gout, la femme aborda une technique tout autre. Elle contempla les alentours, se familiarisa avec le paysage, le décor, rechercha de ses orbes quelconque objet pouvant l’aidée dans sa tâche. Elle ne trouva rien cependant. Si donc l’excitation et la rapidité brute était de mise chez le loup, son adversaire attendait calmement. Peut-être avec dans son esprit le peu d’espoir qu’elle pouvait fonder en l’idée qu’il passerait son chemin en ignorant sa présence. Mais il n’en fût rien, hélas. Et lors de cette douce nuit calme s’éleva les sons d’un combat à mort lancé par le fils de la lune, avide de sang.

Le sablier du temps ne stoppa pas sa course pour contempler cet affrontement. Petit à petit, les secondes, puis les minutes s’écoulèrent, sans que la balance de la victoire ne penche pour l’un d’eux. Pourtant tout doit toujours prendre fin. Ainsi, c’est dans un bain de sang que dame Victoire prit finalement l’un des deux êtres sous son aile, laissant l’autre affronter son destin dans les flammes d’un enfer certain. Dans l’espoir inespéré de faire comme si rien de tout ceci ne s’était produit, le village recouvra son calme éphémère et illusoire, jusqu’au matin ou les commerçants réveillerons la quiétude.

Et la belle, toute couverte de sang qu’elle était, repris impassiblement sa route. Plus belle que jamais, couverte de ce liquide lui offrant une certaine aura de dangereuse inaccessibilité. Une beauté que l’on pourrait presque qualifiée de mortelle.

Danemark ; 20 Avril ; 21 :43

Les hommes connaissant les êtres de la nuit sont peu nombreux. Pour la plupart ils n’existent pas, ne sont que légendes, chimères, ou autres contes d’auteurs aux goûts étranges. C’est sans rien connaître de ce monde qu’une femme est en train de donner naissance à ses deux descendants, des jumeaux. Sans rien connaître de la vie entièrement plongée dans ce monde souillé qu’elle leur offre ce soir. Et c’est sans en connaître davantage sur le réel sens de la vie future de ces deux enfants que leur père tient fermement la main de son aimée, lui présentant son soutient comme il le pouvait alors qu’il n’était pas capable de l’aider d’une quelconque façon que ça soit.

A voir la femme ainsi, vêtue seulement d’un vêtement de nuit fin, le visage déformé par la douleur et les cheveux plaquées en arrière pas la sueur résultant de l’effort qu’elle fournissait depuis un certain temps déjà, on peinerait à croire qu’elle soit du grand monde. D’un tout autre milieu social que son mari, un bohémien. Et c’était chose bien assez extraordinaire en soi pour que l’on puisse le deviner. Qu’une femme quitte l’aisance et l’oisiveté de son milieu pour une vie de bohémien était improbable. Ce fait frôlait même l’impossibilité, et pourtant c’était le choix offert à elle. Ellen, de son prénom, s’était décidée à suivre la voix de son cœur, en bonne jeune demoiselle romantique qu’elle était à l’époque.

Fréquenter ce bohémien n’était pas seulement passer du temps avec un homme qu’elle appréciait énormément. C’était également braver les interdis, être cette sorte de rebelle qu’elle n’avait jamais été, et fuir un peu ce futur qui se présentait à elle. Celui où elle épousait un homme uniquement pour ses terres, pour ses richesses. Un destin auquel elle se refusait catégoriquement, à l’époque. Le mariage n’était pas une question de praticité, mais d’amour, n’est-ce pas ? C’est dans cette logique que l’enfant de nobles était finalement partie, un soir.

Dans le plus grand des secrets et la plus grande des discrétions, elle s’était appliquée à longer les murs de son immense propriété pour aller rejoindre ce bohémien qui lui plaisait tant, Jens Kirasten. La pleine lune était haute dans le ciel, ce soir-là, et imposait dignement sa présence, sa supériorité nocturne. Pourtant aucun des deux amants ne savait ce que cela signifiait. Ce que cela signifiait réellement. Ils l’ignoraient, mais à vagabonder ainsi dans les rues de Randers, ils risquaient de perdre beaucoup. Leurs vies, au mieux. Et peut-être aussi leurs humanités. Pourtant rien ne vint jamais et ensemble ils passèrent une nuit magnifique, une nuit magique…Qui changea à jamais leurs destins à tous les deux.

Pour des raisons de convenances, ils se marièrent peu après. Et si la raison officielle était qu’ils ne désiraient pas attendre alors qu’ils pouvaient enfin être ensemble, la véritable raison en était toute autre. La véritable raison de ce mariage précipité était la venue imminente d’un enfant…Du moins pensaient-ils à l’époque qu’il n’y en aurait qu’un. Il est aisé de comprendre qu’à l’approche d’un tel évènement, on ne pense dans l’immédiat qu’à un seul enfant. Mettre au monde des jumeaux est un fait tellement rare…Tellement imprévisible que cela ne leurs avaient point traversé l’esprit avant le jour même de leurs venues au monde. Ce qui ramène donc le récit en ce début de nuit du 20 avril.

C’est à l’heure exacte de vingt et une heure quarante-trois que le premier enfant respirait de ses petits poumons nouvellement formés l’air frais, mais oppressant, de ses premières minutes de vie. Une petite fille pour laquelle l’homme lâcha la main de sa femme. Il prit l’enfant dans ses bras, et s’en occupa comme le digne père qu’il était alors que sa femme continuait le travail qui n’avait pas pris fin avec cette naissance. Pas encore…Car il lui restait encore une vie à offrir à ce monde avant de pouvoir se reposer et jouir du bonheur d’être mère de deux adorables petits bébés.

Et ce ne fût que quelques heures plus tard, alors que la nuit était déjà bien entamée, qu’ils se firent offrir leurs noms respectifs. Alors qu’ils n’étaient plus qu’eux quatre, dispensés de la présence de quelconque médecin, dans leur caravane, les deux petites têtes blondes lovées dans leurs bras, nettoyés et emmitouflé dans de chauds vêtements de nouveau-nés. Dans leur grand lit, progénitures dans les bras, Ellen et Jens discutèrent longuement du choix des noms des enfants. Oh, bien sûr, la conversation avait déjà été mise sur le tapis à de nombreuses reprises, mais jamais dans l’éventualité que l’heureux évènement ne serait pas seul. Doucement, Chronos poursuivait sa course dans la conversation jusqu’à ce qu’enfin, elle arrive à son terme. Et avec la fin de cette dernière, ce fût un nouveau commencement de quelque chose de nouveau, de deux nouvelles vies.

Allister et Annibal Kirasten. Ainsi commença leur histoire.



Le temps passe et les sentiments s’envolent avec lui. On dit que dans un couple, après des années de bons et de mauvais moments, l’amour s’envole. Seul le respect reste et fait des familles unies ce qu’elles ont toujours été ; le foyer chaleureux que regardent ceux qui n’ont jamais eu le bonheur de le connaitre avec envie, désire. Et un soupçon de jalousie, aussi. Ne peuvent-ils s’en prendre à d’autres qu’à eux même, qu’à la race humaine ? L’amour n’est pas une science. L’amour, c’est de la magie. Une magie qui permet à deux êtres de se trouver pour vivre ensemble un bonheur que jamais ils n’auraient pu connaître sans cette drôle d’alchimie. Mais les hommes sont tellement cupides et imbus d’eux même et de leurs propres conforts qu’elle en fût bafouillée il y a des années déjà. Ils ont rendus cet amour si éphémère, si fragile.

Si l’amour part, et le respect reste, alors que reste-t-il dans les brides d’une vie partagée s’il n’y a aucun respect une fois l’attachement envolé à jamais ? Ellen y songe, encore et encore. Silencieusement, avec douceur, elle caresse les visages de ses deux enfants endormis du bout des doigts, dans cette caravane plongée dans les ténèbres. Ce matin-là, elle n’usa pas même de l’effort d’aller ouvrir les rideaux. A quoi bon, s’était-elle questionnée. Elle ne voulait pas de cette vie, elle n’en voulait plus. Et désespérément elle cherchait des réponses sur les visages de ses bambins. Hélas, jamais rien ne vint. Son environnement bloquait tous songes logiques.

Paupières closes, elle s’imagina, l’espace d’un instant, ce qu’aurait été sa vie si elle n’avait pas suivi son cœur de jeune fille amoureuse, à cette époque. Sa vie aurait été différente, bien différente. Elle serait toujours dans son somptueux manoir, auprès de sa famille. Sa famille lui manquait…et à cette pensée une larme coula le long de sa joue, puis vint embrasser les courbes de son cou. Stupide. Ce qu’elle se sentait bête à présent d’être partie de la sorte pour une amourette. Si l’idée d’un mariage arrangé l’effrayait à l’époque, elle reconnaissait à présent que sa vie n’aurait pu en être que meilleure. Elle s’y serait presque vue…Arpentant les couloirs de sa luxueuse demeure dans l’une de ses plus belles robes de satin, une centaine de papillons virevoltant dans son ventre pour contredire de façon indéniable ses pensées qui tentaient de la rassurer sur les évènements à venir alors qu’elle se serait apprêtée à rencontrer pour la première fois son futur époux. Doucement, elle se serait approchée de la porte. Pas à pas…aurait tendu le bras et enfin laisser son cœur éclater sous le rythme de son stress lorsqu’elle aurait poussé la porte de son petit salon.

A quoi aurait bien pu ressembler son prétendant ? Elle s’était toujours imaginé un jeune homme au physique repoussant, qui jouerait de l’influence de sa richesse pour trouver la belle compagne qui resterait à ses côté, jusqu’à ce que la mort les séparent, comme l’aurait stipulé le mariage. Le genre de mari que jamais elle n’aurait su aimer ou même apprécier ne serait-ce qu’un peu, mais que toute sa vie elle aurait le poids de devoir supporter. Le genre d’homme dont elle n’aurait jamais voulu qu’il la touche, mais avec qui elle serait contrainte d’avoir des enfants, une descendance pour faire de son père et de sa mère des grands parents accomplis, ainsi que ses beaux-parents. Des enfants dont elle se demandait si elle aurait réellement su les aimer…Peut-on tenir à sa descendance, lorsqu’elle est également celle d’un homme que l’on n’aime pas ? Elle recherchait la réponse depuis bien plus longtemps qu’elle ne s’en rendait réellement compte, hélas…

Prisonnière de sa noblesse et des principes étranges que l’on inculpe aux jeunes demoiselles de bonnes familles, c’est ainsi qu’elle avait toujours vu sa vie. Morose, triste, et fermé. Comme elle l’avait toujours été. Ainsi, ce n’était que maintenant qu’elle songea qu’elle aurait pu être heureuse. Les chances n’étaient pas si faibles, après tout, qu’elle ne tombe pas sur un être détestable. Elles l’étaient pour ce qui était d’un homme qu’elle aurait pu aimer. Mais apprécier…Respecter. Ce n’était pas tant là réclamer l’impossible. Un gentilhomme agréable au regard, assez gentil et attentionné pour la combler de quelques cadeaux ou compliments de temps en temps, elle n’aurait rien réclamé de plus. Peut-être, avec un tel, aurait-elle su apprécier la vie, ainsi que les descendances qu’elle aurait pu avoir. Et à cette idée tout devint clair. Et dans l’intégralité de son être revint un sentiment qui ne la hantait que trop souvent lors de ses nuits sans sommeils. Seulement, pour la première fois elle sut enfin le qualifier. Le regret.

Oh oui, elle regrettait son choix. Parce que l’amour part, et que seul le respect reste. Parce que l’amour s’était envolé depuis quelques temps déjà, et qu’à force de le rechercher dans les faits et gestes de son promis pour l’éternité, il n’y avait plus même une once de respect. Rien que du dégoût. Le dégoût que toute noble Dame aurait dû éprouver dès les premiers instant envers un homme de la rue, un bohémien, un misérable bon à rien, et un voleur de surcroit ! Plus les jours passaient plus elle l’avait en horreur. Et plus elle l’avait en horreur, plus elle s’écœurait également elle-même pour rester avec un homme pareil. Qu’il est dur d’accepter un retour à la réalité, parfois. Quittant le lit de fortune de ses deux progénitures, elle se glissa d’un pas monotone et fatigué quelques mètres plus loin. Son regard se posa instinctivement sur un objet placé en hauteur, bien en vue sur une étagère. Sa main vint s’en saisir alors qu’elle continuait lentement ses quelques pas en quête d’un but à atteindre, une destination quelconque.

Enfin ses yeux fatigués se posèrent sur l’objet depuis peu prisonnier de ses phalanges. C’est un sourire nostalgique qui fit face à la barrette à cheveux qui, en ce jour qui aurait dû être le plus beau de sa vie, retenait ses cheveux en place, ne leur laissant aucun libre loisir de s’envoler çà et là au gré des brises. Comme un souvenir qui jamais ne pourra s’enfuir, songea-t-elle tristement en caressant l’objet du bout des doigts. Car même sans cet accessoire cette preuve du passé, ce douloureux souvenir enrobé de douceur ne pourrait jamais la quitter.

Doucement, elle continua à marcher, déposant finalement l’objet couleur de pureté, face dirigé vers le sol, sur le meuble le plus proche. Comme le signe d’un ultime adieu au présent qui ne lui convenait à présent plus. Sa main gauche de nouveau libre de tout captif vint alors présenter son dos face au visage de propriétaire, inéluctablement. Interdite elle s’y attarda un moment, regard plus particulièrement posé sur son annulaire et l’anneau qui était venu y prendre place le jour de son mariage avec le Kirasten. En son être résonnait encore les paroles du prêtre.

Moi, Ellen Svendsen, déclare te prendre, toi Jens Kirasten pour époux légitime, à partir de ce jour, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse et dans la pauvreté, dans la santé et dans la maladie, pour t'aimer et te chérir jusqu'à ce que la mort nous sépare, selon le décret de Dieu, et je t'en donne ici ma foi, avait-elle répéter, comme le veut la coutume, dans un souffle de bonheur, guidée par ses sentiments, qui lui avaient en ce jour comme imposé un sourire aux lèvres traduisant bien le fond de son être.

Sa foi en était-elle bafouée, à présent ? Elle craint que ses sentiments actuels ne la poussent vers les portes de l’enfer une fois sa vie accomplie. Mais qu’importent ses choix à présent. Qu’importe ce qu’elle décide de faire, son serment avait déjà été bafoué. Qu’elle reste auprès de cet homme ou non…Ses sentiments à son égard étaient à présent tout autres que ceux qu’elle avait auparavant. Si qu’importe si elle était capable de mentir à son mari, ses enfants, ses amis, et au monde entier. Elle ne pouvait se mentir, ni mentir au Tout-Puissant. Quoi qu’elle fasse elle se sentait prise au piège d’un destin bien néfaste…Ou plutôt, son âme l’était. Et quitte à avoir déjà perdu la quiétude de la mort, ne pouvait-elle moduler son destin, en ce jour, pour s’offrir une vie qui lui conviendrait davantage ? Cette simple question torturait l’esprit de l’ancienne Svenden, alors qu’elle faisait les cent pas, comme pour s’aider à un semblant de réflexion, ou pour l’illustrer. Mais ce n’était dans le fond qu’un masque, une sécurité dont elle se servait pour se protéger de mauvaises pensées qu’elle pourrait engendrer contre elle-même. Ne savait-elle point déjà qu’elle ne pourrait y échapper, pourtant ? Comme elle ne pouvait échapper à cette évidence, qui vivait en elle depuis trop longtemps déjà. Bientôt, même si elle l’ignorait encore, la vérité la rattraperait, et son âme se trouvera en être torturé. D’abord prisonnier de son enveloppe charnelle, dans la vie, puis prisonnier de ses pêchés, dès lors que l’enveloppe charnelle ne sera plus en état de fonctionner, dans la mort. Dans les profondeurs d’un enfer certain.

Son regard se promenait. Parfois vers ses progénitures, parfois vers tout ce qui la séparait de l’extérieur et de la liberté, la porte. Longuement, pour se donner du courage, elle inspira une fois sa décision prise. De nouveau elle s’approcha du meuble sur lequel était déposé le souvenir du jour où elle avait abandonné son nom. Un moment d’hésitation et ses doigts vinrent doucement ôter l’anneau de sa main gauche. Elle le contempla un moment, une dernière fois. Puis, avec une lenteur que l’on aurait pu confondre avec un instant de douceur, ou d’hésitation, l’anneau vint prendre place aux côtés du souvenir. Parce que c’était bien là tout ce qu’elle voulait laisser derrière elle. Ses souvenirs, la vie qu’elle avait eu avec Jens, et même le nom qu’elle avait porté en même temps que cet anneau au doigt. Tout. Elle voulait tout faire disparaitre de ses pensées, de ses souvenirs, et retrouver son ancienne vie. Peut-être était-ce encore possible ? Elle l’ignorait, mais se devait d’essayer.

Ses pas la guidèrent finalement vers s’extérieur de la caravane, ce but qu’elle désirait depuis plus longtemps qu’elle n’osait se l’avouer, alors que deux paires d’orbes bleus comme l’océan s’étaient ouvert lentement et la fixaient à présent, sans comprendre. Alors, peut-être dans l’unique dernier geste désespéré qui guida leurs consciences, c’est à l’unisson que les deux descendants de cette femme bafouillèrent leur premier mot, à l’unisson.

« Maman… »

Peut-être était-ce là la preuve que, qu’importe leur âge, ces deux petits bambins à la tête blonde étaient plus conscients du monde qui les entouraient que l’on aurait osé le croire. Il est dit que c’est à l’enfance que l’on est le plus réceptif au monde qui nous entoure. Si cette affirmation s’avérait exacte, peut-être savaient-ils alors qu’une fois cette porte close, plus jamais ils ne reverraient leur mère. Mais comprenaient-ils alors que leur appel laissa leur génitrice entièrement impassible ? Que, malgré les timbres de leurs petites voix résonant dans ses oreilles, elle n’hésita ni ne cilla un instant. Porte refermée, elle passa simplement son chemin, sans se retourner une seule fois.

Ont-ils pu ressentir, rien qu’un instant, que leur mère ne ressentait alors plus rien pour la famille pour laquelle elle avait tout quitté par le passé ? Il semble que, parfois, l’ignorance est une bulle dans laquelle il est bon de se réfugier. Pour ne pas souffrir plus que nécessaire.



La souffrance est un sentiment néfaste, qui pourtant est égoïstement gardé par ceux qui doivent en porter son poids. Rien ni personne ne peut jamais réellement nous en sortir, si ce n’est le temps. L’homme peut accélérer le processus, ou le ralentir. Mais jamais le contrôler, à son grand damne. Parce qu’au fond les hommes sont faibles, soumis au Divin et ce qu’il leur afflige.

Malgré le récent évènement auquel Jens avait dû faire face, il savait se considérer heureux. Bien sûr, il devait ici faire face à une situation qu’il n’aurait jamais crue possible. Bien sûr, dès qu’il était rentré dans son doux foyer dans l’espoir d’être enfin de nouveau avec sa petite famille, et que cette bague l’attendait à la place de l’être aimé, il s’était laissé aller à ses larmes. Un long moment, objet en main, la tristesse c’était emparée de son corps, sous le regard de ses deux charmants petits bambins. Il y avait réfléchit, c’était torturé l’esprit, cherchait une quelconque erreur ou bêtise qu’il aurait pu faire. La vérité lui apparut avec l’évidence qu’il n’avait jamais rien fait de tel, et ne rendait la chose que plus difficile encore. Il ne pouvait se blâmer en rien, car de toute sa vie de marié il n’avait jamais rien fait de répréhensible. Et c’était bien là le plus difficile ; elle était la seule qu’il pouvait blâmer d’un tel abandon, un tel acte de lâcheté. Un acte de lâcheté auquel il aurait pourtant dû se préparer. Il se sentait bien sot à présent, d’avoir un jour osé songer qu’une noble resterait auprès de lui à jamais. Le mariage, et la naissance des enfants…C’était pourtant là choses qui semblait les promettre à une longue vie ensemble. Mais dans le fond, rien ne peut être marque de quelconque certitude. Il saurait s’en souvenir, il ne referait pas une seconde fois cette erreur, du moins le pensait-il.

Les mots imbibés d’innocence des enfants font mal, parfois. Parfois, ils sont aussi tranchants que les lames d’un rasoir, peut-être même bien plus encore. Surtout lorsqu’ils se souviennent avoir perdu quelque chose de précieux, de très précieux. Et si ce n’était pas un problème alors qu’ils apprenaient à peine à parler, dès que la langue danoise commençait à être un tant soit peu acquise par leurs cordes vocales, leur innocence ne leur permis pas de comprendre combien une question si simple pouvait faire de mal à leur père. Où est maman ? Maman va revenir bientôt ? Maman ne te manque pas, papa ? Tu vas chercher maman, s’il te plait ?
Des enfants bien assez âgés pour comprendre que leur mère était près d’eux auparavant, que ce n’était plus le cas, et que son absence représentait un immense vide dans leurs cœurs, mais pas encore assez pour comprendre qu’elle ne reviendra pas. Jamais. Encore bien trop jeunes et purs pour comprendre dans quel sorte de monde ils sont nés. Dans un monde vermeil, dans lequel baignent trahisons et souffrance, inévitablement. L’innocence est une chose merveilleuse. Une perfection que l’on se doit de préserver, à tout prix. Dans cet esprit, ces enfants ne surent jamais que leur mère les avait abandonnés. C’est en âge de comprendre que la vérité c’était imposée à eux, alors que l’innocence s’envolait petit à petit, suivant le cours de la rivière de la vie.

Quoi qu’il arrive la vie continue. Plus encore qu’un était d’esprit, c’est une réalité. Qu’on le veuille ou non, c’est un fait. Le passé peut être douloureux, comme il peut être des plus exquis, cela ne change rien ; il faut avancer. Il n’y a aucun retour en arrière possible. On peut désirer ardemment retourner dans le passé, comme vouloir le fuir, seuls les souvenirs restent. Et, les souvenirs, ça fait mal, surtout quand ils sont bons. Ils vous hantent, et font tout pour continuer à vivre à travers ceux qui pensent encore à eux. Comme Ellen…

Quoi que Jens fasse, c’était comme si elle était encore présente, comme si une partie d’elle refusait de quitter cette vie qu’elle avait lâchement abandonnée. Il ne pouvait quitter son lit, le matin, sans songer qu’autrefois elle était à ses côtés, lui sourit, était là pour lui souhaiter une bonne journée. Il ne pouvait rentrer sans songer que si elle était encore là, comme chaque jour, elle l’enlacerait avec tendresse, de façon à lui faire oublier toutes les misères de la journée. Il ne pouvait s’occuper des enfants sans se dire que la présence d’une mère leur était indispensable, et qu’Ellen était une mère parfaite. Il ne pouvait se coucher, le soir, sans resonger à tout cela, et sans regretter sa présence à ses côtés. Sa douce voix, dont les timbres l’aidaient à s’endormir sur les vocales d’une douce berceuse. Une berceuse à son image, aussi douce qu’elle l’était. Lui-même ne pouvait le nier…Littéralement, cette femme qu’il eut aimée le hantait. On ne pouvait trouver de termes plus appropriés. Et si jusqu’ici l’homme brisé n’était pas assez clairvoyant pour s’en rendre compte…Cela finit par arriver. Inéluctablement, il comprit qu’en restant dans cette ville où il l’avait connue, aimée, perdue, jamais il ne pourrait l’oublier. Jamais sa vie ne pourrait prendre un nouveau tournant. Alors, du jour au lendemain, le bohémien prit la décision de quitter Randers. De quitter sa famille, ses habitudes. De changer de vie.

Encore, s’il se serait contenter de changer de ville, l’adaptation à sa nouvelle vie aurait été simple…Peut-être même trop simple. C’est peut-être pour cette raison qu’il ne s’arrêta pas là, mais quitta purement et simplement son pays natal. Jens n’était pas bohémien par choix, pas vraiment. Bien sûr, sa vie lui plaisait énormément telle qu’elle était, et il n’aurait pas même échangé sa situation pour quelconque titre de noblesse tant sa vie lui semblait bien plus amusante et prospère que celle de n’importe quel notable. Jens était fier d’être un bohémien, et fier de ressembler à toute sa famille. Et ce petit voyage ne lui ferait que ressembler davantage au reste de sa famille, qui voyageait beaucoup. Ce n’est d’ailleurs nul autre que l’un de ses cousins qui lui donna l’idée de sa destination à venir. La France. Dans une lettre son cousin lui avait fait savoir que tous se portaient à merveille et que le Roi de ce pays, Henri de France, gouvernait son pays d’une manière exceptionnelle. Jens lui confia son dessein futur de changer de pays, ne lui cachant pas que la France lui semblait être le pays de ses rêves, mais que ses connaissances dans la langue ne lui permettaient pas une telle folie. Il se décida même, poliment, à lui demander s’il pourrait lui être d’une quelconque aide. La réponse tant attendue de son cousin sembla avoir mis une éternité à lui parvenir, et il en dévora les mots sans patience aucune. Résidant en France depuis des années, son cousin avait non sans mal apprit à parler la langue française, et nul doute qu’il serait prêt à l’enseigner à son cousin et ses deux enfants s’ils décidaient de venir vivre dans ce pays avec lui. Une occasion en or. Une chance inespérée. Ainsi, le lendemain il eût une conversation avec ses enfants. Et quelques jours plus tard commença leur petit voyage.

Le voyage ne fût pas des plus agréables, particulièrement pour les deux enfants qui n’avaient pas même encore atteins une première dizaine d’années. Il était long…épuisant. Des journées, et des journées entières passer à voyager dans un pays où ils ne connaissaient rien, ni personne, et où la langue leur était entièrement inconnue. Après la complète traversée de l’Allemagne, leur arrivée en France fût presque un soulagement. Rien qu’à entendre leur père les rassurer, leur dire que tout serait bientôt terminé et qu’ils arrivaient enfin bientôt suffit à rendre sur leurs visages fatigués un sourire. Durant tout le voyage il s’était excusé de devoir leur faire subir ça…Leur confiant que la vie, bientôt, n’en serait que plus belle. Il leur en fît même la promesse. Aucun des deux, et surtout pas Allister, n’oublia cette promesse, jamais. C’est grâce à elle que les deux enfants ont tout fait pour tenir le coup durant ce long voyage, jusqu’à leur arrivée dans une petite ville de campagne ou résidait le cousin de leur paternel. C’est pourquoi jamais ils ne purent oublier cette promesse sincère, mais erronée. Personne n’aurait pu prévoir ce qui allait se passer…Mais dans l’esprit d’un enfant, une promesse est une promesse. Des paroles sacrées qui ne permettent aucuns mensonges.

La vie ne leur semblait pas bien différente, au départ. Quelque part, elle se trouvait même être des plus compliquées. Ce n’est pas simple, pour des enfants si jeunes, de s’adapter à un pays dont on ne sait rien…Et surtout pas la langue. C’est à cette époque-là que les deux jumeaux, déjà très proches, en sont presque devenus inséparables. Si auparavant, ils passaient beaucoup de temps ensemble, dès leur arrivée en France rare étaient les minutes qui s’écoulaient sans que l’un ne soit près de l’autre. Ils étaient dans leur monde, dans leur petite bulle à eux. Une sorte de dimension dans laquelle seul leur père était capable d’entrer, de par leurs affinités, mais également parce qu’il était bien le seul capable de comprendre ses enfants. Il n’est pas donner à tout le monde de comprendre une autre langue ; surtout pas le danois pour un français ou une française. Bien sûr, les deux apprenaient également la langue, mais moins aisément que leur paternel et ainsi, bien plus lentement aussi. Leur adaptation n’était pas aussi rapide et simple qu’il ne l’aurait souhaité…Mais au moins ils étaient ensemble. Et, dans le regard ambré de leur père, il n’y avait rien de plus beau que les liens liant ses deux enfants. Qu’il leur faille du temps, c’est normal, se disait-il. Il était persuadé que malgré tout, avec le temps tout s’arrangerait. Le temps fait des miracles, ce fait n’était plus à prouver. Bientôt, un sourire illuminerait leurs visages. Et il attendait cet instant avec une impatience non dissimulée. Le bonheur de ses enfants…C’était tout ce qu’il voulait. Si ses enfants n’arrivaient pas à être heureux, son égoïsme serait alors le plus ignoble de ses défauts. Car s’était bien d’un acte purement égoïste qu’il avait conduit ses enfants ici, dans sa quête d’une nouvelle vie.

Un sourire, sur le visage d’un enfant, n’est pas chose ardue à récolter. Et le premier rayon de bonheur se posa sur le visage enfantin de la jeune demoiselle Kirasten, alors qu’elle se trouvait encore dans sa bulle, avec son frère assit près d’elle. Pénétra dans la bulle les doux sons de divers instruments de musique, qui la poussa à poster son regard vers l’origine de tout cela. A la vue de quelques danseuses, l’enfant se leva pour aller danser avec toute la maladresse que son âge peut lui incomber auprès des danseuses déjà en action. Une touche de joie, de gaité qui peut se transmettre dans l’échange d’une seule parole, voilà bien ce qu’il fallait à l’enfant pour se sentir vivre à nouveau. Pourtant intriguée, elle s’arrêta l’espace d’un instant, et pourtant son regard azuré sur celui de son frère. Lui-même n’avait pas quitté sa sœur du regard, mais ne semblait pourtant pas enclin à la rejoindre. Gonflant ses joues, elle alla s’emparer de ses mains pour le trainer avec le reste du petit groupe de bohémiens qui semblait se réunir petit à petit. Sans doute était-ce là une sorte de répétition, ou d’amusement. Aucun des jumeaux ne comprenait vraiment ce qui se passait autour d’eux, mais cet instant presque privilégié était tout simplement…Magique. Et alors que la jeune fille laissait Annibal aux bons soins d’autres bohémiens qui cherchaient déjà une chose susceptible de l’intéresser pour retourner danser, à force de patience le jeune garçon trouva finalement une activité, certes semblant des plus simplistes, mais l’intéressant assez pour que lui aussi laisse un sourire se dessiner sur son visage, alors qu’une fois encore les balles de jonglage lui échappaient des mains, et que l’une d’elle lui atterrit sur le sommet du crâne. C’est ainsi que, petit à petit, ils se sont intégrés à ces gens qu’ils ne connaissaient pas, et ne comprenaient pas encore.

Parfois, la parole n’est pas utile pour créer des liens et des souvenirs à chérir out au long de sa vie.



La confiance n’est pas un acquis, mais une chose qui se mérite, et qui s’entretient. Surtout celle qu’un enfant peut porter en vous. Celle des jumeaux avait déjà été bafouée alors qu’ils se rendaient comptent que leur mère les avaient simplement abandonnés. Ils n’avaient peut-être qu’une dizaine d’années…ils n’en restaient pas moins intelligents. Chacun d’entre eux. Incroyablement intelligents et matures pour leur âge…Ils comprenaient beaucoup de choses, mais ne le montraient pas forcement. Tous deux perdus dans leurs apprentissages de diverses activités propres aux bohémiens, ils se contentaient de vivre leurs petites vies d’enfants sans jamais rien laisser paraître de la haine qu’ils portaient en leur mère. Cette femme les avait peut-être mis au monde, mais elle ne méritait pas ce nom. Etre mère, cela ne s’arrête pas à ça. Etre mère, c’est être là pour ses enfants, pour sa famille. Pour ceux qu’on est censés aimer plus que tout. Pourtant, elle les avait tout simplement laissés seuls face à leurs destins. Il était clair dans l’esprit des deux blonds, que si jamais, un jour, elle revenait, ils ne la verraient jamais comme tel. Mais à côté de ça, la persuasion que jamais ils ne la reverraient murmurait à leurs oreilles que jamais plus ils ne connaîtraient la douceur d’une mère. L’histoire de quelques heures, ils pensèrent s’être trompés.

Elle était belle. Magnifique, même. Dès lors que les océans qui leurs servaient d’orbes de vues se posèrent sur elle, ils ne furent plus capable de dire un mot, ou même de bouger, entièrement envoutés. Ils ignoraient encore qui était cette femme qui venaient d’entrer, en compagnie de leur père, mais une chose leur sembla être une évidence dès lors qu’ils la virent ; cette femme était d’une douceur inhumaine. Tout dans ses traits et ses faits et gestes laissaient à penser cela. Ses sourires, ses rires, la façon dont elle était venue embrasser les enfants alors que leur père la présentait sous le nom d’Angélique. Même son nom portait en lui quelque chose de divin. Immédiatement les enfants se sentirent en confiance auprès de cette femme, ce qui fît la plus grande joie de leur père. Car s’il leur avait caché ces derniers mois, il voyait souvent la belle, et songeait même à lui demander de faire partie de leur petite famille. Ce petit détail ne fût évoqué que plus tard dans la nuit, alors que la douce s’en était allé pour retrouver sa petite maisonnette. Etrangement, bien que les deux apprécient cette femme, ils étaient intimement persuadés que les choses n’iraient pas comme leur père le souhaitait. Mais peut-être était-ce là une simple appréhension causée par l’abandon maternel subit des années auparavant…Dans le fond, personne ne leur demandait d’accepter cette femme en tant que mère. Elle était gentille, et son père se sentait bien en sa présence. Peut-être était-ce là tout ce qui comptait…Dans le fond. Leur père ne méritait pas de vivre seul, c’était un homme bien. C’est pourquoi les enfants acceptèrent avec une raisonnable joie la nouvelle venue dans la famille, bien qu’aucun mariage « officiel » n’ait célébrer tout cela.

La vie par la suite ressembla à un véritable conte de fée. Angélique s’occupait des jumeaux comme s’il s’agissait de ses propres enfants, prenant même soin de les aider dans l’apprentissage de cette langue qui n’était pas la leur. Si tous deux avaient fait des progrès, ils étaient encore loin de la maîtriser parfaitement. Il n’était pas exagéré de dire qu’elle agissait tel une véritable mère ; elle faisait même davantage. C’est peut-être sa nature féminine qui fit que c’est la jolie petite Allister qui passait le plus de temps avec elle, alors que bien souvent son jumeau s’éloignait pour retourner s’occuper comme il le désirait…Le bien souvent avec quelques balles, d’ailleurs. Peut-être est-ce également pour ça qu’à partir d’ici, les jumeaux ont été contraint de suivre des chemins différents…Rien pourtant n’aurait pu prédire ce qui allait se passer pour la pauvre petite blonde. Si elle n’avait jamais véritablement vue Angélique comme une mère, elle n’en restait pas moins une personne privilégiée, pour elle, tant sa gentillesse lui faisait chaud au cœur. Ce n’était rien de plus que le calme avant la tempête.

Il suffit d’un rien pour que tout bascule. Ce petit rien, changeant à jamais la vie de la jeune Kirasten, n’était rien de plus qu’une phrase innocemment sincère. Cette journée commençait comme toutes les autres, pourtant. Seules dans la caravane, Angélique s’adonnait à l’une de ses activités préférée…Brosser les cheveux du petit ange.

« Tes cheveux sont vraiment magnifique, Allister. »
« Merci, Angélique ! » avait-elle répondu avec un grand sourire.
« Tu sais Allister…Tu peux m’appeler maman, maintenant. »
« Mais…Angélique, tu n’es pas ma mère. »

Pas un seul instant la petite fille avait vu le mal dans ce qu’elle venait de dire. Elle n’était pas sa mère, c’était vrai. Elle était bien différente de cette femme qui l’avait lâchement abandonnée. Elle, son frère, et son père aussi. Angélique était gentille…Du moins c’était toujours ainsi qu’Allister avait vu cette femme. Gentille, douce, compréhensive…Une femme qui avait toutes les qualités du monde. Pourtant…Cherchant son regard via la glace devant laquelle elle se trouvait, Allister pu lire dans les yeux de cette femme si douce une chose que jamais elle n’eut loisir de voir, pas même dans les yeux de quelconque autre personne. De la colère grandissante, qui petit à petit se transformait en haine béante. Perdue, elle ne put réagir, ni même comprendre ce qui lui arrivait alors que la femme si douce qu’était Angélique l’attrapait par les cheveux et la balançait sans aucun mal contre le mur adjacent.

Mal. Elle avait mal un peu partout. Pourtant elle tenta de se redresser au mieux pour interroger Angélique du regard, n’osant plus même dire un mot. Tout, absolument tout le petit monde avait commencé à s’écrouler en cet instant. Elle avait offert sa confiance à cette femme, et se rendait compte, à présent qu’elle ne se retenait pas pour la ruer de coup, que ce n’était rien d’autre qu’une erreur, une horrible erreur. Allister n’était pas du genre à se plaindre, jamais. Ainsi, elle gémit sous la douleur, finit même par pleurer, mais elle ne cria pas, ni ne demanda de l’aide. Et comme si cela ne constituait guère une preuve évidente qu’elle ne dirait rien, Angélique lui cracha sans aucun respect que si elle osait, un jour, aller se plaindre à qui que ce soit, son frère subirait un sort pire encore que le sien. C’est sans doute la jalousie, par la suite, qui la poussa à se saisir d’une dague pour couper les longs cheveux d’or de l’enfant. Et malgré les coups, c’est sans doute ce qui lui fît le plus mal. La petite danseuse aimait tellement ses longs cheveux de blés…

***
Notre vie n’en sera que plus belle…

Mensonge. A présent elle savait que son père lui avait délibérément menti. Il ne pouvait pas savoir ce qui allait se passer, c’est vrai. Mais Allister souffrait, tant physiquement que mentalement, et tout logique l’avait donc abandonnée depuis bien longtemps. Chaque jour elle avait à souffrir des coups de cette femme, selon ses humeurs. Et chaque jour elle se taisait, elle souffrait en silence, et se refermait encore un peu plus sur elle-même. A croire qu’elle était une excellente comédienne ; lorsque le regard son père ou de son frère se posait malencontreusement sur l’une des blessures de l’enfant…Elle forçait simplement un rire et trouvait un piteux mensonge. Avec le temps, elle resta même sur l’un d’entre eux. Sans doute était-ce l’histoire que sa crédibilité n’en prenne pas un coup lorsqu’elle aurait épuisé toutes les histoires à peu près réalistes. Ses blessures venaient donc officiellement de chutes alors qu’elle tentait d’apprendre tant bien que mal à marcher sur une corde en équilibre. Un drôle de passe-temps auquel elle dû d’ailleurs finalement s’adonner réellement, dès lors que son frère lui quémanda de lui apprendre. Dans le fond ce mensonge lui permit de passer un peu de temps avec son frère…Ces instants privilégiés se faisaient rare, depuis qu’elle se faisait battre. Parce qu’elle faisait tout pour qu’on distingue le moins possible ses diverses blessures. De ce fait, elle s’était éloignée de lui, s’infligeant seule une douleur plus importante encore que celles causées par les blessures d’Angélique. Mais elle se devait de le protéger, encore plus lorsque cette horrible femme fit preuve d’une certaine honnêteté envers l’enfant…Lui révélant son secret pour mieux la détruire encore.

Vampire. Ce simple mot l’avait faite trembler alors que des milliers de frissons parcouraient son corps. Si jamais elle n’avait cru en ces êtres aussi démoniaques que fantastiques, dès lors que cette femme lui avoua en être une…Elle n’eut d’autres choix que d’y croire. Pour être si cruelle, elle ne pouvait pas être humaine. Ca semblait si logique…Les hommes ne peuvent pas être mauvais à ce point, n’est-ce pas ? Une part d’Allister avait toujours cru, espéré que non. Malgré son vécu, la pauvre enfant était encore d’un optimisme déconcertant. Mais d’un autre coté…si elle ne pouvait croire en autrui, alors en quoi aurait-elle pu croire ? A quoi aurait-elle pu se raccrocher lors de ces instants si difficiles ? Où aurait-elle trouvé le courage de continuer à avancer, à sourire, à vivre alors que cette femme trouvait en elle une utilité autre encore qu’un simple défouloir ?

Dès lors que sa nature fût révéler à l’enfant, elle ne se contentait plus de la battre. Avec une certaine satisfaction et une jouissance non dissimulée, elle venait bien souvent planter ses crocs dans la gorge de celle qu’elle semblait autrefois considérer comme sa fille. Sans remords aucuns, jamais, elle se nourrissait de son sang, mettant à jour ses menaces et lui faisant savoir que si un mot, une plainte, une lamentation sortait de ses lèvres, elle ne se contenterait pas de frapper son jumeau ; elle le viderait de son sang et laisserait son cadavre sans vie pourrir tandis qu’elle irait faire subir le même sort à son père. Et elle serait seule, avec elle.

Alors, Allister s’est tut.

***
A la nuit tombée, alors que tout le monde s’était endormi, la descendante Kirasten s’était extirpée d’entre les draps. Sans un bruit, elle s’était glissée dans l’obscurité d’une démarche féline et était ressortie, en refermant la porte aussi silencieusement que possible. Ce soir-là, elle se sentait faible, sans doute Angélique avait-elle pris plus de sang que d’ordinaire…A cette idée, une main vint se plaquer contre sa gorge, et son dos vint chercher appuie contre un mur. Un instant, elle resta simplement là à repenser à ces instants douloureux…Tous ces instants douloureux. Les coups, les morsures…Et la solitude, également. Passer du temps avec son frère lui manquait, horriblement. Et pourtant, pourtant, elle ne pouvait se résoudre à briser cette distance qui s’était installée entre eux. Parce qu’il remarquerait tout, elle en était persuadée. Et s’il remarquait…Il aurait des ennuis. Et plus que tout, elle voulait préserver son frère de quelque mal qu’il soit. Elle voulait le protéger du mal personnifié. Elle voulait le protéger d’Angélique.




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Allister&Annibal K.
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MessageSujet: Re: Der var engang...♟ Allister&Annibal Kirasten♟   Sam 4 Aoû - 13:14

Biographie :


Ce que la jeune danseuse n’avait pas prévu, c’était que cet être aimé qu’elle fuyait afin de le protéger avait été réveillé par son escapade nocturne. En tant que frère, en tant que seconde moitié d’une même personne, il était dans le fond impossible qu’il ne se réveille pas alors que celle qui dormait à ses côtés s’en était allée, ce qu’elle avait été bête, s’était-elle dit. Elle ne bougea pas d’un pouce, pourtant, alors qu’elle le contemplait s’extirper du domicile familial pour venir s’adosser au mur, près d’elle, sans un mot. Les mots n’avaient jamais étés nécessaires entre eux. Ainsi, elle sut immédiatement qu’il s’en faisait pour elle et qu’il voulait simplement être là, dans la mesure de ses possibilités. La soutenir. Car nul doute qu’il savait qu’elle souffrait. Ignorer les raisons de ces tourments ne l’empêchait pas d’en être conscient. Il ne voulait pas être indiscret. Il ne voulait pas violer l’intimité de sa sœur. Pourtant, de façon innocente, son inquiétude le poussa à briser le silence dans une question innocente sur ses insomnies, qui bien vite dériva sur ses tourments. Elle ne lui révéla rien, cependant, bien incapable de se résoudre à le trahir et le conduire vers des heures certaines de souffrance. Pourtant le soutien apporté en cette conversation nocturne lui fit un bien fou, tout comme le baiser sur son front et les dernières paroles de soutient qu’il lui offrit avant de retourner se coucher. Pour un fois, malgré les horreurs de son présent, elle se sentie comme soulagée d’un immense poids.

Et enfin elle sourit. Qu’importe le nombre de personnes capables de la trahir, elle pouvait être au moins persuadée que jamais son frère ne la trahirait. Qu’importe les horreurs qu’elle se devait d’endurer, il serait toujours là, toujours aimant, et c’était bien là tout ce dont elle avait besoin pour tenir.




« Disparait…Disparait… »

Ces mots répétés en boucle, encore et encore, à tel point qu’ils en perdraient presque tout leur sens, sonnèrent presque comme une prière désespérée. Des supplications dirigées bien plus vers l’être de la lune face à elle qu’envers une quelconque Divinité suprême. Allister n’était peut-être qu’une enfant, mais cela ne l’empêchait pas, en son for intérieur, d’être intimement persuadée qu’un quelconque Dieu ne pouvait pas exister, ou que s’il existait il ne s’inquiétait que de sa petite personne. Dans le cas contraire sa vie serait différente. Sa vie aurait été heureuse, entourée de son père, de sa mère et de son frère. Personne ne lui aurait fait de mal, jamais. Elle ne se serait jamais retrouvée dans cette situation, seule au monde, loin de son autre moitié dont elle désirait la présence plus que tout, et à la merci d’un être de mèche avec Satan, tout droit sorti de l’enfer. Les choses n’étaient pas censées se terminer de la sorte…Si seulement ils l’avaient écoutée, tous autant qu’ils étaient. En cet instant même elle ne serait pas à la merci d’un loup, recroquevillée dans un coin de la vielle bâtisse, la tête dans ses mains et les yeux exorbités fixant son prédateur toute tremblante, comme si elle n’était guère davantage qu’une feuille avec laquelle s’amusait le vent. Si seulement, oh, si seulement…

Les regrets n’y changeraient rien. Pourtant, il semblait plus agréable de songer à ces regrets et à ce début de journée que d’oser songer à ce qui allait lui arriver dans les minutes à venir. Se perdre dans le passé…Pour fuir un effrayant et inéluctable futur.

Tout cela n’avait guère commencé par plus qu’une petite promenade avec d’autres enfants de la troupe. Une petite expédition menée par le plus vieux de la petite bande d’enfants, peut-être un moyen de se sentir grand et courageux, aussi. Un groupe de cinq petits bambins qui vont s’amuser un peu, ce n’était pas dangereux en soit. Le début de la journée en fût même très agréable. Même la petite Allister, en ces instants seule fille du groupe, avait su rire un peu pour la plus grande joie de son frère, alors que depuis le jour où sa tendre sœur s’était coupée les cheveux –c’est toujours ainsi que son esprit simpliste d’enfant avait vu les choses jusqu’à apprendre la vérité bien plus tard- elle s’était en quelque sorte renfermée. Un visage neutre, perdu dans le vague, toujours. Un regard dans lequel il savait sentir une certaine…Tristesse ? Jusqu’à ce qu’elle remarque qu’il l’observe et force de paraitre plus heureuse. Alors entendre quelques éclats de rires, aussi court soient-ils, ravissait déjà le jeune garçon qui trouvait cette idée de plus en plus bonne. C’est pour ça que, riant comme un enfant, comme les autres il avait insisté face à Allister pour entrer dans ce bâtiment en ruines, apparemment abandonné.

L’endroit ne lui inspirait pas confiance. Il y avait comme un petit quelque chose qui lui murmurait qu’il ne fallait pas y aller. Mais pourtant alors que le chef du groupe lâchait qu’ils n’avaient qu’à la laisser là en commençant sa marche vers ce lieu maudit, l’idée de laisser son frère entrer seul dans cet endroit qu’elle-même qualifiait de « morbide » lui sembla plus effrayante encore que d’y entrer avec lui. Alors, suite à quelques paroles insistantes du garçon qui voulait sans doute en quelques sortes détendre l’atmosphère, en quelques pas elle a dissipé la faible distance qui séparait les deux jumeaux pour prendre la main de son homologue masculin pour avancer près de lui. Plongée dans la peur et la créativité, elle avançait courageusement. Affronter un danger probable semblait alors bien plus rassurant pour elle que de laisser son frère entrer « dans la gueule du loup ». Si elle avait su combien cette expression pouvait s’appliquer à son cas…Sans doute aurait-elle insisté davantage pour ne pas entrer dans cette demeure en ruine…Ou pour ne pas participer à cette sortie tout court, trouvant autre occupation bien moins audacieuse. N’importe quoi…Si elle avait pu revenir en arrière, elle aurait fait n’importe quoi pour éviter ce désastre.

Annibal, de son coté, aurait sans doute fait de même. Ou pire encore. Il aurait bien été capable de se châtier pour éviter un tel désastre. Pour éviter à sa sœur de vivre un tel traumatisme, qu’il jugeait bien plus navrant du point de vue de la prunelle de ses yeux que du sien propre. Mais le destin ne peut être prédit, pour la bonne et simple raison qu’il n’est pas définit. Ainsi, jamais au grand jamais personne n’aurait pu, pas être une entité supérieure elle-même, susurrer aux oreilles du garçon ce qu’il allait se produire alors qu’il conduisait sa sœur vers un traumatisme certain sans même le savoir. Dire que son innocence aussi, allait être soufflée, comme lorsque l’on souffle les bougies qui nous conduisent vers nos premiers pas dans l’âge adulte ; avec les derniers fragments d’innocence, et l’idée saugrenue que rien ne changera, que tout restera aussi simple. L’idée qui nous colle à la peau, ou qu’on refuse de lâcher jusqu’aux premiers problèmes qui se posent. Tout comme Annibal a refusé de lâcher la main de sa douce sœur.

Les rires étaient le leitmotiv de cette petite exécution au clair de lune dans les ruines, malgré le coté sordide de la chose. Si joyeux pussent-ils être, ces éclats de bonheur et de joie grondant n’effaçaient pas en chacun crainte et angoisse d’un tel lieu. Sa réputation le précédait ; comme tous les lieux abandonné il avait cette rumeur qui le suivait, celle qui le disait hanté par dieu sais quoi. Et si Allister n’avait jamais cru aux fantômes, sa propre crainte était tournée vers une menace bien plus dangereuse et réelle, celle de tomber face à un être semblable à Angélique. Et cette pensée seule fût assez puissante pour faire cesser un éclat de rire, et faire se resserrer une main qui en tenait une autre. Cette soudaine démonstration de crainte de la demoiselle aurait presque pu passer pour une sorte de pressentiment, ou de prémonition, mais il n’en était rien. Contrairement à la conclusion du fil des pensées de son frère, Allister n’avait pas prédit que face à eux se présenterait un être aussi redoutable que leur belle mère.

Tout c’était passé si vite.

Le hurlement du loup résonnant dans les pièces vides de la vieille bâtisse les avait laissé avant tout songer à un chien errant. En plus effrayant, en plus aiguisé. Comme si ce hurlement avant été capable de pénétrer dans les esprits de chacun, y déposant une marque de peur indélébile et faisant monter en un instant les regrets de s’être aventurer dans un tel endroit sordide. De s’être cru plus courageux et plus forts qu’ils ne l’étaient réellement. Mais au final, voilà que la réalité leur revenait en pleine face, avec la puissance d’un boomerang que l’on aurait voulu éloigner le plus possible de soi. Ils n’étaient que des enfants. Ils étaient faibles, comme des enfants. Ils étaient effrayés, comme des enfants. Ils étaient face à un grand danger, et sans défense, comme des enfants. Et c’est bien vite que ce qui n’était auparavant que des craintes se matérialisa sous la forme d’un loup blanc face à eux.

La peur tétanisait les membres de chaque bambin présent, et pourtant ce n’était au véritable sentiment d’effrois qui allait bon train dans les veines de la seule petite fille du groupe. Ses membres ne tremblaient pas, ce sentiment qui la rongeait de l’intérieur allait à présent bien au-delà du corps et s’imprégnait avec une insoutenable douceur amère dans le plus profond de ses esprits. Sa respiration se faisait calme, seulement à chaque bouffée d’air qu’elle inhalait, il lui semblait davantage que sa gorge s’emplissait de milliers de lames plutôt que d’air pur. Et pourtant, ce qui semblait être le pire des sentiments l’envahissant fût sans nul doute le véritable cisaillement qu’opérait d’invisibles armes blanches dans ses entrailles mêmes à la simple idée qu’il puisse arriver à son frère l’une de ses horreurs qu’elle ne connaissait que trop bien, ou encore à celle qu’elle devrait supporter ce calvaire une fois de plus…

Plutôt mourir, s’était-elle dit.

Instinctivement, ses jambes la firent reculer de quelques pas, entrainant avec elle celui dont elle refusait de lâcher la main. Elle pouvait le sentir, elle pouvait le lire. La haine dirigée vers eux tous qui brillaient dans les pupilles de l’animal sauvage. Elle ne pouvait le savoir, que cet animal en vérité loup que de par la moitié de son sang, les haïssait pour leur nature d’êtres humains à part entière. Du haut de leurs treize ans, après tout, ils ignoraient encore beaucoup de ce monde vermeil ; un monde qu’ils ne pourraient fuir nulle part. Le mal est partout et on ne peut y échapper. On ne peut que tenter de le fuir, ou décider de l’affronter. Et, ils l’ignoraient, mais si aujourd’hui la fuite leur semblait la seule option possible, elle ne serait pas à jamais leur choix.

La bête, grondante, fit un nouveau pas en avant, comme pour se délecter de la peur grandissante des bambins au fur et à mesure qu’elle s’en approchait. Nul doute qu’elle la sentait, la peur, la terreur. Et c’en était presque jouissif. Comme si sa seule raison d’être à présent était de rendre l’existence des autres aussi intolérable que ne l’est la sienne propre…Un vengeance sur l’humanité, pour ne plus avoir le droit au bonheur, peut-être. C’est ainsi avec le même plaisir malsain que commença doucement son petit jeu de destruction. Au premier coup de patte, projetant l’un des enfants contre le mur en pierre voisin, un second tenta de s’enfuir…Son seul mérite fût alors de servir d’exemple aux quatre autres. Visiblement la bête n’acceptait pas l’abandon dans son divertissement, aussi prit-il soin d’exterminer celui qui tenta d’en réchapper d’un simple coup de crocs se refermant avec fermeté dans son abdomen.

Le sang gicla contre murs et spectateurs, et la partie repris de plus belle.

Il balaya le troisième enfant à l’autre bout de la pièce sans difficulté aucune, et prit le temps de savourer la scène qui s’offrait à lui avant de reprendre. Le regard déterminé d’Annibal posé sur lui ne rendait que l’instant plus jubilatoire encore. L’incapacité de ce petit être à protéger l’unique demoiselle du groupe malgré sa volonté de le faire n’était qu’un plus pour lui, l’homme-loup qui haïssait toute forme de sympathie, et ce qu’importe la forme revêtue par cette dernière. Il se fit une joie plus intense encore que précédemment à venir planter ses crocs dans la chair de ce jeune homme, juste au niveau de l’épaule droite. Au-delà de la souffrance et des cris de douleurs venant résonner comme une douce symphonie à ses oreilles, c’est avec un plaisir malsain qu’il contempla les mains de ses deux êtres presque identiques se séparer contre leur gré à chacun. Et, ignorant celui dont le sang dégoulinait encore de sa gueule, il s’approcha d’une petite fille terrorisée qui chuta alors qu’elle tentait de reculer. Cela ne faisait plus aucun doute. A croire qu’en elle, quelque chose pouvait attirer ces êtres dignes du Malin en personne.

C’était après elle qu’il en avait.

Et ainsi s’était-elle lancée dans ce semblant de prière, alors qu’elle se trainait miraculeusement contre le mur, la tête entre ses mains, le regard exorbité posé dans le vide. Elle entendait l’agonie de son frère, elle voyait son sang s’écouler sur le sol…Pourtant rien de tout cela ne pouvait l’atteindre désormais. Dans un était second provoqué par sa torpeur, tout ce qui pouvait encore l’atteindre était ses plus grandes frayeurs ; ces monstres n’ayant plus rien d’humains, défiant toute logique et ne pouvant servir que les enfers même. Quoi que même la vampire rendant insoutenable son quotidien n’était rien face à cette véritable abomination face à elle… Tous les moments, joyeux comme tristes, de son existence qui revirent en mémoire, comme si sa dernière heure était arrivée. Tout espoir l’avait déjà abandonné…

Puis, un nouveau hurlement lupin s’étendit dans les entrailles de la bâtisse en ruines. Beaucoup trop lointain cependant, pensa le jeune garçon dont la blessure et la perte de sang n’avait encore en rien atténué le bon sens, pour qu’il ait été émis dans le bâtiment même. C’est bien tristement, en contemplant la créature s’éloigner pour écouter l’appel de la nuit, qu’il songea que c’était une créature plus abominable encore qui venait inconsciemment de sauver leurs misérables existences d’enfants des rues. Ses dernières pensées sensée avant de perdre lamentablement connaissance, regard fixée sur l’autre moitié de lui-même qu’il s’était refusé à abandonner.

Lorsque ses yeux acceptèrent de s’ouvrir à nouveau, c’est le plafond de sa caravane qu’il contempla avec bonheur. Un rêve, songea-t-il avec un sourire sur les lèvres. Sourire qui, bien vite, se mua en une grimace de douleur alors qu’il se redressait. Par réflexe, sa main gauche vint se poser sur son épaule droite comme si ce geste aurait pu estomper un tant soit peu la douleur. Alors il comprit que cette horrible aventure n’avait rien de fictif. Et avec cette prise de conscience, sa résolution de ne plus jamais laisser pareille chose se produire naquit en lui. L’incapable qu’il était actuellement serait, sous peu, capable de protéger les personnes qui lui sont cher, s’était une promesse faite à lui-même qu’il n’accepterait jamais de trahir.

Lui dans son lit, et Allister adossée contre un arbre à l’extérieur, chacun de son côté songea à la même seule et unique chose alors que des gouttes salées perlaient doucement et silencieusement sur leurs joues ; si seulement un miracle pouvait guérir l’autre de ses séquelles…

Mais il n’existe aucun miracle, seul le temps guérit les blessures.



Contrairement à ce que l’on pourrait penser lorsque l’on voit les jumeaux, lorsqu’on apprend à les connaitre, ou même lorsqu’on les connait, ce n’est pas Annibal, le premier à avoir ôté une vie, mais sa sœur. Ce petit être aux airs fragile que, souvent, l’on assimile à un ange. Cette jeune fille pleine de joie aux premiers abords, dont rien n’aurait dû être capable d’ébranler la pureté…

Pourtant, à la suite de cet horrible drame, deux ans auparavant, Annibal, tout doucement, avait commencé à s’entrainer en secret dès lors que ses blessures le lui permirent à nouveau. Chacun l’ignorait, mais Annibal après ces entraînements intensifs qu’il s’imposait à lui-même aurait bien été capable d’ôter une vie aisément. Peut-être même avec autant d’aisance qu’à un enfant à arracher les ailes d’un papillon, dans un acte de cruauté qu’il n’est pas encore capable de comprendre.

Un bohémien tel que lui, agile de ses mains, n’eut aucun mal à dérober une épée directement dans le fourreau d’un passant -très vraisemblablement davantage bourgeois que paysan. Un garçon des rues tel que lui, furtif et habitué de la foule, n’eut aucun mal, par la suite, à s’enfuir malgré les hurlements et la rapidité de son poursuivant. Ses éclats de rires pouvaient alors laisser penser à un bambin qui fait une mauvaise blague ou se venge d’un éventuel mauvais traitement. En ce temps-là, l’on n’aurait su dire s’il était encore capable de cacher ses émotions aussi bien, ou si ce rire présageait son soulagement futur à faire couler le sang d’un monstre ayant détruit la vie de celle qu’il aimait –à cette époque- probablement le plus au monde.

Des éclats de rires, quoi de mieux pour masquer les silencieuses agonies que lui hurlaient alors son cœur ?

Ils ne changeraient rien à la souffrance, pourtant. Jamais. Sans doute est-ce d’ailleurs là la véritable raison voulant qu’ils soient les derniers de ses jeunes années. Il le savait, quelque chose le lui murmurait au plus profond de son être, que jamais plus rien ne serait pareil dès l’instant où il s’était saisit de cet objet. De cette arme. Parce qu’une arme, quoi qu’on en dise, est conçue pour tuer.

On peut mentir aux autres et prétendre mille et un mensonges sur les raisons de la présence d’une telle arme aisément. En revanche, lorsque l’on essaye de s’en persuader soi-même, les choses ne sont plus aussi simples. Se dire que malgré tout, on ne sera probablement jamais assez courageux pour ôter une vie, et savoir au fond de soi que tout n’est que mensonge. Savoir, au plus profond de son être, que face à l’abomination même, toute raison quittera alors le corps, le laissant seul avec ses pulsions de vengeance réclamant bien souvent le sang du monstre vers qui elles se tournent.

Voilà bien de quoi hanter ses pensées, ses jours comme ses nuits, et alimenter sa détermination. Car, nul ne peut le nier, il faut une détermination de fer, une volonté à toute épreuve pour ainsi se lancer dans un entraînement à l’épée en solitaire. Pourtant jamais Annibal ne faiblit. Eté comme hiver, qu’il fasse chaud ou froid, qu’il vente ou qu’il neige, chaque jour il se rendait dans son petit coin à lui, inconnu même de sa sœur, au cœur d’une forêt dont les arbres faisaient de parfaits partenaires. Contrairement à un binôme humain, ils n’étaient pas là pour le juger ou tenter de lui faire un semblant de conversation. Juste pour prendre ses coups d’épées, qui se faisaient de plus en plus déterminés, de plus en plus précis, et de plus en plus puissant au fil des jours, des semaines, puis des mois…

Dans son intérêt à elle.

Les jumeaux sont inséparables. Les jumeaux sont liés par des liens que seuls eux peuvent comprendre et ressentir. Tant d’affirmations existent sur ces êtres dont on donne la naissance en même temps. Certains y croient, d’autres non. Pour eux, c’était différent. Ils vivaient cette relation. Aussi, Annibal était bien assez placé pour le dire, pour l’affirmer ; si ces affirmations ne sont pas fausses, elles sont ô combien loin de la vérité, de comprendre de façon parfaite ce qui pouvais les unir. Mais ce n’était en rien répréhensible. Car après tout, on ne comprend pas cette liaison, on ne l’imagine pas, on la vit, tout simplement. Car elle ne saurait être exprimée avec des mots, qu’importe la langue, de toute façon.

C’est pourquoi, tout ce qu’il faisait, il le faisait pour elle. Précieuse. Fragile. Vulnérable. Souillée. Son attachement pour elle se refusait à accepter tout ce qu’elle avait eu à endurer face à ce monstre, et même avant. Car, s’il ignorait quoi, il le savait bien, il le voyait, que quelque chose d’autre la rongeait doucement de l’intérieur, et ce depuis des années à présent. Elle pouvait bien dire ou faire ce qu’elle voulait. Il savait. Car il était sa moitié. Il pouvait lire en elle aisément, et ce de plus en plus chaque année, au fur et à mesure qu’ils grandissaient ensembles.

C’était déroutant, cela dit. Car il eut beau la questionner, encore et encore, malgré la confiance mutuelle régnant entre eux, jamais elle ne lui apprit de quelle origine était cette souffrance qui avait élu domicile en elle et qui refusait de s’en aller, malgré ses efforts dans des domaines aussi divers que variés. Ainsi avait-il été comme poussé à changer ses méthodes. Ce jour d’entrainement ne faisait pas exception aux autres, et pourtant, c’est en ce jour précis que sa décision future fût scellée en lui. Jour funeste, il l’ignorait.

Tuer ou non…Annibal avait passé son temps à réfléchir à la question avant d’être persuadé qu’il en serait capable.

Il ignorait tout, absolument tout, de la façon dont la journée c’était déroulée pour sa tendre sœur, qu’il désirait si ardemment préserver.

Il était de coutume qu’elle passe ses journées avec elle. Fille du démon au nom céleste et doux comme de la soie, sa belle-mère tenait à « passer du temps » avec cette jeune demoiselle qu’elle considérait « comme la fille qu’elle n’avait jamais eu ». De belles paroles justes bonnes à rendre malade la blonde, mais hélas bien assez crédibles lorsqu’elles tombaient dans les oreilles de son père. On ne pouvant l’en blâmer ; en apparence sa nouvelle femme était aussi pure que le laissait supposer son nom. Mais hélas ce n’était là que des apparences trompeuses, et seule la victime de cette abomination était capable de voir au-delà de ses de douceurs et de tendresse.

Depuis son arrivée Allister n’avait plus le droit à l’insouciance innocente des enfants de son âge. Elle connaissait le mal, elle côtoyait le démon, et contemplait Lucifer droit dans les yeux. Elle subissait les foudres et les caprices d’une espèce qui n’aurait jamais dû voir le jour, et s’en rendait malade. Elle se devait d’accepter les coups lorsqu’Angélique avait besoin de se défouler contre quelqu’un, ou lorsqu’elle avait la simple envie de faire souffrir sa chère fille. Cacher ses bleus, sa douleur, sa souffrance, sa haine…Dans l’intérêt de sa famille. De sa véritable famille. Parce que pour le bonheur de son frère et de son père, elle était prête à faire n’importe quoi. Et subir ce traitement et se taire n’était, en définitive, pas si complexe, lorsqu’elle resongeait aux raisons de son mutisme.

Pas plus complexe, en définitive, que d’accepter qu’elle vienne planter ses crocs dans sa gorge, encore et encore, pour venir se nourrir de son sang. Liquide vermeil vital pour elle qu’elle semblait apprécier particulièrement lorsqu’elle venait se servir dans les veines de la jumelle. Elle lui avait même avoué, une fois, que le sien lui semblait particulièrement exquis. Allister en ignorait les raisons et, à dire vrai, elle se refusait même à essayer de comprendre. Rien que l’idée la rendait malade. Et avec ça, si elle arrivait à encaisser tout ça avec plus d’aisance au début, à présent elle le sentait, son corps était à bout. Elle avait mal partout, et se sentait faible, horriblement faible. Son teint rosâtre avait viré au blanc spectral, et rester debout trop longtemps lui valait des vertiges. Et elle avait beau tenter de parer à cela en passant son temps à se reposer, rien n’y faisait. Son père et son frère l’en avaient cru malades ; Angélique et elle-même comprenaient que c’était le manque de sang la rendant ainsi. Alors, elle joua son rôle à la perfection, et prétexta de la simple fatigue, pour éviter une visite chez un médecin qui découvrirait sans doute, au minimum, qu’elle se faisait battre.

Une nouvelle fois elle s’est tut.

Une dernière fois.

Car elle pouvait accepter n’importe quel traitement infligé sur sa personne, tant que son père et son frère étaient en parfaite sécurité. C’était la seule raison qui faisait qu’elle avait toujours abdiqué face à sa belle-mère. Pourtant, sa volonté de fer était bien capable de faire face aux créatures les plus monstrueuses, et elle ne se garda pas de prouver en ce jour, alors que pourtant sa faiblesse était tout ce que l’on pouvait constater sur son état. Ce jour, Angélique était restée à son chevet, c’était du moins le mensonge qu’elle avait servi sans scrupules aucuns à son mari, histoire qu’il parte sans se poser davantage de questions. Ce jour, en se confiant à sa petite victime attitrée, elle avait signé son arrête de mort.

« Tu sais… » avait-elle commencé en faisant quelques pas dans la caravane, devant une jeune fille alitée « A présent que tu es si faible sans doute vais-je devoir cesser de me servir dans ta gorge. Mais…cela m’ennuie beaucoup, ton sang était si exquis. Peut-être devrais-je… »

Elle s’interrompit un moment, laissant sa phrase en suspens le temps de revenir lentement vers son adorable enfant. Le large sourire qu’affichaient ses lèvres ne laissait rien présager de bon. Allister le savait, parce qu’elle avait appris à connaitre cette délicate succube et tous les mauvais tours qu’elle savait jouer. Elle s’attendait au pire, peut-être même à l’annonce de sa mise à mort, pour lui offrir le plaisir de gouter une dernière fois ce liquide divin…Mais non. A ses yeux, pour tout son être, la sentence susurrée dans le creux de son oreille était pire encore que l’annonce de sa propre fin.

« …Me servir à la gorge de ton tendre frère, à présent. »
« Non… » susurra-t-elle immédiatement de sa faible voix, tout en se redressant d’un seul coup.

Posant son regard dans le sien, elle lui insuffla toute la haine subsistant en son être rien que contre cette femme. Meurt. Meurt ! Son cœur le lui hurlait silencieusement. Après tout ce qu’elle avait fait pour le préserver….Elle venait de briser leur accord comme ça, si facilement ! Impossible ! … Et pourtant elle l’en savait bien capable. Elle le sentait bien, son cœur qui battait à une cadence hors norme tant la peur qu’il vive ce qu’elle vivait depuis des années était présente, grandissante en elle. Et elle avait beau chercher désespérément une solution, rien ne lui venait en tête. Elle aurait pu sacrifier sa vie et avec elle tout le sang qui coulait encore dans ses veines, mais cela n’empêcherait pas cette maudite femme de s’en prendre à lui par la suite. Pire encore, il n’aurait alors plus personne à ses côtés.

Impuissante elle contempla sa belle-mère quitter l’endroit, visiblement satisfaite, alors que ses yeux s’emplissaient doucement de larmes. Mais ce n’est qu’une fois la porte refermée sur elle qu’elle les laissa couler, prenant son visage entre ses mains, presque désespérée.

« Imbécile ! Trouve quelque chose ! Trouve quelque chose ! » hurla-t-elle à soi-même.

Du revers de sa manche, elle tenta d’essuyer ses larmes qui continuaient de couler malgré tout, contemplant la pièce à la recherche d’une solution, n’importe quoi. Et c’est tout simplement que la solution lui apparut sous la forme d’un poignard posé sur l’un des meubles. Bien sûr, on ne pouvait trouver plus radical, comme solution. Elle n’avait qu’à la tuer. Elle ne serait plus là pour s’en prendre à son frère, ni à son père, ainsi. Et elle ne pourrait également plus s’en prendre à elle. Sa vie redeviendrait aussi joyeuse qu’autrefois, elle pourrait de nouveau passer tout son temps avec son frère, et vivre d’agréables moments avec son père. Une solution de rêve…Du moins en était-elle persuadée en cet instant. On ne peut mesurer l’impact de ses actes avant le fait accomplis. Dans le cas contraire, peut-être ne l’aurait-elle jamais fait.

Mais on ne peut prédire l’avenir, ainsi, c’est le plus simplement du monde qu’elle se releva à grand peine pour se saisir de l’arme, et la cacha sous ses vêtements avant de sortir. A son grand étonnement sentir un peu d’air frais caresser son visage lui fit le plus grand bien. Faible comme elle l’était, cela ne fit que lui donner une dose de courage de plus. Elle pouvait le faire, elle en était persuadée. Elle ne pouvait pas échouer. Elle faisait ça pour son frère, après tout. Aussi, elle prit soin de ‘arrêter plusieurs fois pour demander des indications. En premier lieu, elle demandait aux bohémiens s’ils savaient où était partie « sa mère ». Par la suite la pister fût bien plus compliqué, alors qu’elle devait la décrire aux passants. Mais bien vite elle retrouva néanmoins sa piste et s’appliqua à la suivre le plus discrètement possible…Mais on ne peut cacher sa présence à un tel être, elle aurait dû le savoir.

« Vas-tu cesser de me suivre ?! » demanda-t-elle finalement en se tournant vers elle alors qu’elles se trouvaient dans une ruelle vide.
« Je…je pensais… » commença-t-elle en sortant timidement de sa cachette de fortune.
« Eh bien quoi ? Parle bon sang ! Tu me fais perdre mon temps ! »
« Je pensais que vous pourriez peut-être renoncer à vous en prendre à mon frère si je vous laissais me vider de mon sang ! »

Cette fois ci sa voix était claire, net, avec un semblant d’autorité. Elle la regardait droit dans les yeux, avec un petit air de défi brillant dans son regard azuré. Elle en avait fini avec la peur. A présent elle voulait pouvoir se dresser face à elle avec tout son courage, et l’affronter quoi que la défaite puisse lui couter. Il en allait à présent de la sécurité de son frère, et pour lui elle aurait affronté pire encore. Elle aurait pu affronter le Diable lui-même. Et en le regardant droit dans les yeux. Seulement, son ennemi ne semblait pas impressionné outre mesure, bien au contraire même. Son rire résonna dans toute la ruelle, mais Allister ne broncha pas. Elle se tenait face à elle, et soutenait son regard. Droite et fière comme un soldat.

« Intéressante proposition ! Je te promets d’y réfléchir lorsque j’aurais le ventre plein ! »

Lorsqu’elle s’approcha d’elle avec un petit sourire malsain sur les lèvres, Allister ne bougea pas d’un pouce. Lorsqu’elle arriva à son niveau pour approcher ses crocs de sa gorge, Allister de ne bougea pas d’un pouce. Et lorsque ses crocs se logèrent enfin dans sa chaire, elle n’avait toujours pas bougé. Elle se devait d’avoir un timing parfait. Alors elle ne sortit la dague que lorsque cette maudite femme commença à se nourrir. Le faire plus tôt lui aurait donné l’occasion de comprendre et de la désarmer avant de la tuer. Le faire plus tard n’aurait rimé à rien, car elle n’aurait plus eut la force nécessaire de le faire. A présent, elle s’en sentait capable. Elle le savait, elle pouvait le faire. Elle pouvait enfin se libérer de son cauchemar quotidien. Serrant le manque de la lame plus que de coutume pour se donner du courage, elle leva le bras dans le dos de sa belle-mère, lame pointée vers elle. Alors elle comprit, et releva la tête pour faire quelque chose, mais il était déjà trop tard. Ramenant son bras vers elle avec toute la force qu’il lui restait, elle logea la lame dans le cœur d’Angélique.

Et tout pris fin ainsi.

La danseuse n’aurait su dire si la dernière expression qu’elle vit dans le visage de sa défunte belle-mère était la haine ou la souffrance, mais celui lui importait peu. Alors que son corps sans vie regagnait le sol, de même que le poignard qu’Allister n’avait plus la force de tenir. De même, sentant le sol se dérober sous ses pieds alors que ses jambes tremblotaient, elle fut dans l’obligation de s’asseoir à même le sol le temps de reprendre des forces. Elle ne pouvait trainer, elle le savait. Au plus vite elle devait rentrer et se débarrasser de cette robe tachée de sang, et laver son corps de tout le sang –tant le sien dégoulinant de son cou que celui de la femme qu’elle venait d’abattre- qui la souillait. Elle devait faire vite et pourtant…Elle prit le temps, avant cela de calmer le flot de larmes qui venaient l’envahir soudainement.

Tuer ou non…Allister n’avait même pas pris une seconde pour y réfléchir.

Elle avait quinze ans et ses mains étaient déjà tachées de sang.



Souffrance.

Un péché ne peut apporter le bonheur. Le meurtre qu’Allister avait commis, tachant ses mains de sang pour le bonheur de chacun dans sa famille, fût bien loin d’atteindre ses maigres espérances. Elle voulait juste que le malheur qu’elle représentait quitte à jamais son foyer, revenir à cette vie dans laquelle elle n’existait pas encore. Mais dans le fond, c’était impossible. Parce que lorsque deux humains se rencontrent, chacun laisse sa marque sur l’autre, à sa façon. Son départ avait été bénéfique pour Allister, car elle ne lui avait jamais rien apporté de bon, et ne fit ni chaud ni froid à Annibal, qui c’était depuis des années déjà éloigné de la famille pour passer son temps à s’entraîner à l’épée. Mais, on ne pouvait en dire autant Jens qui n’avait jamais eu loisir de contempler le démon subsistant en la personne de sa nouvelle femme. Pour lui elle était tout simplement parfaite, et au-delà même de cela, il l’aimait, profondément, et de la façon la plus sincère qu’il soit. Sans doute l’avait-il aimé davantage qu’il n’avait aimé sa première femme, car jamais il n’aurait cru qu’elle puisse agir de la même sorte qu’elle et pourtant…

Oh, irrésistible souffrance.

Et pourtant elle aussi, elle avait abandonné sa famille sans l’ombre d’un scrupule. C’était tout du moins la façon dont Jens et Annibal voyaient les choses. Jamais la véritable coupable de cette mascarade ne s’était dénoncée ; jamais elle ne l’aurait pu. Oter une vie était déjà fort éprouvant pour le petit sujet qu’elle était, elle n’aurait pu, en plus de cela, supporter les blâmes de sa famille –davantage ceux de son père que ceux de son frère, sans l’ombre d’un doute. Son frère le lui aurait pardonné, probablement. Mais elle ne se sentait pas encore prête à lui avouer avoir ôté une vie, ni les raisons d’un acte au semblant si excessif. Lui avouer, elle le ferait un jour, c’était certain. Mais elle avait besoin de temps pour cela, et elle était certaine que son frère le comprendrait en temps voulu. Pour son paternel, l’idée d’un aveu était bien plus délicat. Elle n’était pas sans connaître la confiance aveugle qu’il lui avait toujours accordée, et elle…Doutait. Elle doutait d’elle-même et de la confiance de son père envers elle. Il n’était pas impossible, après tout, qu’il ait davantage confiance en sa nouvelle femme qu’en sa propre fille. Après toutes ces années de souffrances, elle n’aurait pas supporté que son père se dresse contre elle pour défendre cette femme démoniaque, même après sa mort. Alors, simplement elle s’était tut une nouvelle fois.

Allister avait payé le prix de sa liberté.

Peut-être aurait-elle dû parler lorsque son père est tombé malade…Mais elle avait peur, tellement peur que les choses, en plus de lui faire haïr son propre enfant, aggravent son état. Allant de déception en déception, il n’aurait pas été improbable que la mort vienne doucement frapper à sa porte sous peu. Du moins, c’était l’avis du médecin venu à son chevet pour l’ausculter alors qu’il se refusait à quitter son lit depuis des jours et des jours. Hélas, pauvre petit médecin de campagne qu’il était, il ne pouvait guère les aider davantage, si ce n’était en leur conseillant de consulter un homme plus cultivé dans ce domaine que lui ; le genre d’hommes que l’on ne trouve pas dans les campagnes, mais le plus généralement dans la capitale de leur beau pays.

Ce soir-là, les jumeaux, contrairement à leur habitude, eurent une bien longue conversation. Car lorsqu’il y a aveux et débat à faire, une mutuelle compréhension ne peut suffire.

« Nous n’avons d’autre choix que de nous rendre à Paris. » déclara Annibal d’un effrayant naturel alors qu’il s’allongeait dans leur lit commun, bras croisés derrière la tête.
« …Tout ceci est ma faute… » elle s’interrompit juste le temps que son frère pose un regard troublé sur sa tendre sœur. « Elle ne nous a jamais abandonné je…J’ai ôté sa vie de mes propres mains. » doucement des larmes vinrent couler de nouveau le long de ses joues.
« …Mais que dis-tu là ? »
« Cette femme n’avait rien d’humain, semblable à cette chose qui s’en est prise à nous il y a quelques années, et différente à la fois, elle portait le nom de vampire. Son horrible traitement, les coups qu’elle m’infligeait, le sang dont elle venait se nourrir, j’aurais pu supporter tout cela bien longtemps encore. Mais mon corps n’a pas tenu, et lorsqu’elle m’a avoué vouloir ta gorge pour se nourrir, je n’ai pu me résoudre à l’accepter. Alors, j’ai pris sa vie, pour t’en préserver… » elle éclata en sanglots, mais continua tout de même. « J’ai été égoïste ! Je suis tellement désolée ! »

Avant d’être troublé par la nature de la révélation de son homologue féminin, il fût touché par sa souffrance, et surtout par ses larmes. Se redressant alors il eut bien vite fait de la prendre dans ses bras avec une douceur et une tendresse qui lui était propre, bien que le plus souvent cachée, et essuya les larmes de sa sœur du bout des doigts. S’armant d’un de ses plus doux sourire, il tenta alors de chasser ses peines avec la plus puissante des armes qu’il possédait contre le chagrin ; des mots.

« Tu as été très courageuse, Allister. Cet acte était dans l’intérêt de nous tous ; ce n’était pas de l’égoïsme, tu as simplement voulu préserver ta famille du mal qu’elle représentait. Cette femme était un monstre, et si tu ne t’étais pas chargé d’elle, je suis celui qui l’aurait fait. Comme toi, j’aurais été capable de tuer pour te protéger. Tu as fait ce qu’il fallait, ma tendre sœur. »
« …Le penses-tu vraiment ? » quémanda-t-elle en se calmant peu à peu.
« Je ne me permettrais pas de mentir à ma chère sœur. » conclut-il, un rassurant sourire aux lèvres, en essuyant les dernières larmes de sa sœur à l’aide sa manche. « Père est fort, il saura faire face. Mais pour l’heure nous devons l’y aider, et le conduire à un médecin compétent de Paris. »
« Oui…Tu as raison. Partirons-nous demain, en ce cas ? »
« Le plus tôt sera le mieux. » déclara le bohémien en s’allongeant de nouveau, trainant cette fois sa sœur avec lui.

De toute la nuit, il ne desserra jamais sa douce étreinte sur la personne de la danseuse.

***
La moindre des choses que l’on puisse dire est que le voyage fût long et éprouvant. La capitale était bien loin du petit village de campagne dans lequel la famille avait élu domicile auprès d’autres personnes de leur espèce, et le temps qui s’écoulait encore et encore était loin d’aller en leur faveur, puisque plus les jours passaient, plus l’état de Jens semblait persister à se dégrader. Qu’importe le temps qu’Allister passait aux côtés de son père pour le soutenir, lui changer les idées, ou s’occuper de lui, lui-même ne semblait plus avoir la volonté de se battre dans ce monde ou chacun l’abandonnait à tour de rôle. Sans doute était-ce la maladie qui parlait, mais il en était venu à se dire qu’à l’âge de dix-sept ans à présent, ses propres enfants finiraient eux aussi par le laisser tomber pour aller fonder leurs propres familles, qu’ils restent eux même ensemble ou partent chacun de leurs côtés.

Ainsi le son des cloches de Notre Dame sonnèrent comme le soulagement personnifié dans l’esprit des deux jumeaux. Une douce sonate qui allait forcément de mise avec la guérison prochaine de l’homme qui les avaient vu naitre et s’était occupé deux toutes ces années…Qu’ils fassent de même, en ce sens, n’était qu’un juste retour des choses. Pourtant l’homme ne voyant plus qu’avec le regard de la maladie, ne voyait guère les choses ainsi. Un poids. C’est là tout ce qu’il pensait représenter. Il ne désirait plus se battre à présent, la mort lui semblait bien être le plus doux des recours. Il ne pensait plus à ce qu’il laisserait derrière lui, il ne le pouvait plus, malgré le temps que les jumeaux pouvaient passer à son chevet.

Le verdict tomba bien vite après consultation d’un homme de sciences ; dès l’instant où le malade lui-même avait perdu tout espoir de guérison, même le plus efficace et le plus couteux des traitements ne pourrais jamais rien y faire. Ainsi il s’excusa auprès des jumeaux ; il ne pouvait rien pour lui, et ses jours étaient désormais comptés. Une bien triste nouvelle, ô combien difficile à encaisser lorsque l’on est si jeune.

Chacun à sa propre façon de réagir aux coups durs. Et bien qu’ils soient d’une ressemblance sans égal tant dans leurs physiques que dans leurs comportements, les réactions des deux bohémiens, pour une fois, n’eut rien de similaire. A n’en point douter, ce n’est guère pur acte de folie mais bel et bien besoin immédiat de solitude qui poussa le jeune homme à mettre de plus en plus de distance entre lui et sa sœur, échappant bientôt à son champ de vision. Elle ne pouvait que comprendre la réaction de celui qu’elle considérait comme son cadet, et ce même si, pour sa part, elle trouvait plus judicieux de revenir au chevet du malade pour lui apporter son soutien jusqu’à ses derniers instants…

Un jour s’écoula lentement sans qu’Allister n’ait quitté son père, et sans qu’Annibal ne se décide à redonner signe de vie. Un second, puis un troisième s’élancèrent bientôt à sa suite, et plus les heures défilaient, plus la danseuse sentait les forces de son père l’abandonner, à tel point qu’elle n’osait plus dormir que quelques heures par nuits, un strict minimum qui restait néanmoins vital aux capacités de la belle à prendre soin d’un des rares hommes qu’elle aimait de façon sincère.

C’est à l’aube du quatrième matin que Jens Kirasten rendit son dernier souffle. Comme si elle avait été capable de le pressentir, Allister avait écourté sa nuit encore davantage que de coutume pour venir s’installer près de lui. Dès son premier souffle à la vue de son enfant, elle sut qu’il partait, qu’il était à présent loin, bien loin du monde dans lequel elle se trouvait.

« Ellen… » susurra-t-il de sa faible voix.

A voir son regard brillant d’un bonheur qu’elle n’avait vu que rarement dans les prunelles de son père, Allister ne s’était pas sentie le courage de le contredire et briser de cette façon ses derniers instants dans le monde des vivants. Les yeux de chacun s’étaient emplis de larmes pour finalement laisser le liquide goutteler le long de leurs joues de façon silencieuse, à l’identique. Pourtant, les larmes versées l’étaient pour des sentiments purement opposés l’un à l’autre. Alors que les larmes de Jens étaient là pour exprimer la joie qu’il ressentait de retrouver enfin l’être aimé, celles d’Allister démontraient sa peine de perdre un homme qui aurait dû rester longtemps encore à ses côtés. Elle n’aurait pu le nier ; elle souffrait. Mais il était pour elle hors de question de se laisser aller à ses sentiments et de les laisser s’exprimer librement, ils auraient loisirs de le faire plus tard. Aussi, ravalant ses sanglots et ses hurlements de désespoir, elle afficha un doux sourire à l’attention de son père et prit tendrement ses mains dans les siennes. Fait accomplit, sans qu’elle ne se contrôle véritablement, ses lèvres se détachèrent pour laisser entendre à cette homme sur le seuil de la mort une berceuse des plus exquises.

Il afficha alors un sourire radieux, malgré son état de santé.

« Je t’aime… »

Et alors que l’homme clos ses paupières pour profiter du repos éternel auprès de sa bienaimée, Allister, le visage mouillé de larmes, ne put s’arrêter de chanter pour lui.

Un requiem bien maladroit pour un adieu des plus douloureux.



« Aurais-tu l’obligeance de rafraichir ma mémoire et expliquer à l’âme errante et perdue que je suis pourquoi je dois faire ça ? »
« Sais-tu que c’est inutile d’agir de la sorte avec la seule et unique personne consciente qu’en réalité tu n’as pas aussi mauvais caractère que tu ne veux le faire croire ? »

C’est au travers du miroir devant lequel elle tentait de coiffer sa chevelure blonde qui avait enfin recouvré sa longueur d’antan qu’elle croisa le regard de son frère et lui adressa un petit sourire espiègle. Résigné, il le lui rendit finalement.

Trois longues années s’étaient écoulées depuis la mort de leur père, et la vie n’avait pas toujours été facile pour eux depuis ce coup dur à encaisser. Jamais ils ne s’étaient décidés à reparler de ce jour. Car l’un regrettait d’avoir laissé l’autre seule, et l’autre refusait de laisser une chance à sa bonne humeur illusoire de s’évaporer comme de l’eau en ébullition. Certains livres sont faits pour rester fermés, et certains récits pour être vécues et immédiatement mises de côtés, afin d’être oubliées dans le plus grand des secret. Et les jumeaux n’eurent nul besoin de se concerter pour chacun être d’accord avec l’autre sur ce point des plus délicats ; la mort de leur père était de eux là. Aller de l’avant, c’était là à la fois la seule chose qu’ils faisaient et la seule chose qu’ils pouvaient faire. Leur père l’aurait voulu, jamais il n’aurait permis au malheur de s’immiscer dans la vie de ses deux adorables enfants. Comme tout père, il n’avait toujours voulu que leur bonheur, et continuait probablement de le désirer ardemment de l’au-delà.

Ainsi s’étaient-ils appliqués à se tisser un présent, un avenir, une vie à deux. Bien vite ils avaient fait connaissance avec un groupe de bohémiens vivant aux abords de la capitale, charmante troupe respirant le bonheur et la joie de vivre, tout comme celle avec qui ils vivaient autrefois. Il ne leur fallut pas bien longtemps pour proposer aux jumeaux de se joindre à eux. Les bohémiens sont une grande et belle famille qui ne laissera jamais tomber l’un des leurs, quoi qu’il en coûte, disaient-ils. Chacun mettait un point d’honneur à les aider à s’adapter au mieux et au plus vite, et il ne fallut ainsi que peu de temps à chacun pour se faire à cette nouvelle routine.

Malgré toutes les blessures qui saignaient encore dans le cœur de la belle danseuse, probablement grâce à cette petite troupe témoignant d’une affection et d’une gentillesse sans bornes, elle fût sans l’ombre d’un doute l’une des plus gaies de la petite communauté. Toujours présente pour remonter le moral des troupes d’une façon ou d’une autre, elle en était presque devenue le petit rayon de soleil de chacun. A l’exact opposé, son homonyme masculin s’était renfermé sur lui-même et ne parlait que très peu. Il n’eut malgré ça aucun mal à s’entendre avec quelques exceptions avec qui il semblait apprécier passer du temps. Un groupe de musiciens qui prirent grand plaisir à lui enseigner le violon, instrument avec lequel il voulait surtout accompagner les danses de sa moitié.

Ainsi les années ont passées, les cœurs se sont adoucis…Mais jamais n’ont oubliés.

Ce jour devait être un jour comme les autres.

« …Tu as gagné, je vais le faire. » lâcha-t-il finalement dans un long soupire de lassitude.
« Comme toujours. Inutile de chercher à agir comme si ces soirées ne te plaisaient pas, je te connais par cœur…mon cher frère. »

La belle laissa enfin sa chevelure en paix et quitta leur lieu de vie, trainant avec elle celui avec qui elle partageait sa vie depuis maintenant une vingtaine d’’années dans une fête qu’ils organisaient de façon assez aléatoire, mais le plus souvent possible. Une façon de profiter de la vie, d’en chasser tous les malheurs le temps d’un nuit. Peut-être également une façon pour eux de montrer que leur situation précaire et leur pauvreté n’était en rien facteur d’un malheur inéluctable. Le bonheur ne s’acquiert que lorsque l’on prend la peine d’aller le chercher, chacun en a sa propre définition, le voit sous sa propre forme…Pour Allister, le véritable bonheur était d’entrainer les autres loin de leurs maux en leur faisant partager sa plus grande passion, ainsi s’appliquait-elle à entrainer avec elle sur la piste de danse, autour du grand feu qu’ils avaient établis, les plus malheureux. Afin de leur faire oublier, le temps d’une soirée, la noirceur du monde.
Pour Annibal, c’était encore différent. On ne pouvait considérer qu’il eut encore trouvé son véritable bonheur, en ces temps où son cœur était encore rongé par la haine et le désir de vengeance. Alors, comme à présent, il se contentait de jouer pour sa sœur et d’aller chercher son bonheur dans le sourire et la joie de vivre de cette dernière. Son cœur corrompu n’aspirait encore qu’à une chose pour espérer trouver le bonheur…ôter la vie de celui qui avait osé laisser un véritable traumatisme dans l’esprit de sa sœur.

C’est dans cette optique que s’était entraîné à l’épée, seul, des années durant, et toujours dans cette optique qu’il continuait encore et toujours à présent. Pourtant, il n’était pas dupe. Cette créature de la nuit s’en était pris à eux dans un village de campagne bien loin de la capitale. En ce sens, il était impossible qu’il puisse le retrouver et accomplir ses desseins depuis qu’il s’était établi dans la capitale.

Impossible ? Et pourtant…

Peut-être fabulait-il ? Peut-être son obsession lui faisait-elle voir ce qu’il désirait voir ? Pourtant, il en était persuadé. C’était ce même regard emplis de haine envers l’être humain tout entier, sous cette même forme lupin au pelage clair, qu’il avait entraperçu avant que la bête ne s’efface dans l’obscurité, laissant derrière elle un profond malaise et une profonde haine causée par le doute. Ce soir-là, il aurait sans l’ombre d’un doute pu laisser sa rancune de côté et ainsi l’abandonner à jamais. Ainsi, peut-être sa vie aurait-elle pu devenir paisible et heureuse…Mais il s’y refusa et c’est ainsi un tout autre destin vers lequel il se dirigea alors.

Abandonnant littéralement sa petite troupe et particulièrement les autres musiciens, on ne peut pas dire que sa fuite fut des plus discrètes. A quoi bon tenter de l’être ? Il aurait ainsi perdu en rapidité, et chaque seconde s’ajoutant entre l’instant où ses yeux c’était posés sur ceux de la bête et celui où il allait la prendre en chasse se changeait inéluctablement en une chance de perdre à jamais sa trace, dépossédant avec elle la possibilité d’un jour ôter son infâme vie. Et ça, il en était hors de question. C’est donc d’une rare rapidité qu’il troqua son instrument musical contre sa compagne de combats pour repartir aussi vite qu’il n’était entré dans sa propre demeure. Il fallait qu’il le retrouve. Quoi qu’il en coûte.

Il aurait pu y passer la nuit sans jamais fléchir, sans jamais cesser d’arpenter les rues à la recherche de cette bête, union de la lune et de la bestialité, rien que pour le plaisir de planter enfin sa lame dans son corps. Fort heureusement –si ce terme puis être appliqué ici- il n’en fût rien. La bête, qui marchait d’un pas tranquille et aiguisé dans les ruelles les plus sombres et les moins fréquentées de Paris, semblait ne pas avoir remarqué la présence de l’homme aux cheveux de blé qui le suivait à la trace, prenant soin d’être des plus discrets. Pourtant, si l’on se fie aux sens développés de la bête, on ne peut que douter de sa cécité probablement montée e toute pièce. Ses bruits de pas, il ne pouvait y échapper, tant son ouïe était fine. Quant à son odeur…Cette délicieuse odeur de chair…Une bête à l’état sauvage telle que lui n’aurait su passé outre. En particulier en cette nuit ou la faim le tiraillait en tout son être. Dans sa précipitation, Annibal n’y avait pas réfléchis, et son regard emplis de haine n’avait su le percevoir. Cette mise à l’écart, cet éloignement, cette façon dont la bête se laissait suivre avec facilité.

Tout cela n’était rien d’autre qu’un piège finement tissé.

Et c’est lorsque le jeune homme fût suffisamment éloigné d’une quelconque aide probable que la bête fit volteface. Dans leurs yeux pourtant si différents, le même éclat semblait briller, leur donnant un indéniable point commun. L’éclat d’une haine béante. L’un comme l’autre semblait haïr l’être face à lui ; l’un pour avoir fait du mal à un être cher, l’autre pour exister de façon normale, tout simplement. Dans l’ignorance de tous, deux ennemis naturels étaient sur le point de se lancer dans un duel sans merci, un duel qui ne prendrait fin que lorsque l’une de leurs deux vies prendrait définitivement fin.

Sous les yeux de leur seul témoin la Lune, l’inégale lutte commença. L’épée contre les crocs et les griffes, lequel des deux pourra continuer sa route le lendemain, et les jours suivant, jusqu’à ce que la mort vienne enfin réclamer son dû ? Annibal n’avait aucun doute là-dessus, il ne pouvait pas perde. Car après tout, il faisait tout ça pour elle. Et un si noble dessein, épaulé d’une volonté de fer, ne pouvait échouer. Il en était persuadé, et ce de plus en plus alors qu’il réussissait par un miracle quelconque à blesser à bête de blessures, certes, pour le moment superficielles. S’il était capable de l’atteindre, alors il serait capable de mettre un terme à sa vie. Enfin, il pouvait constater combien ses entrainements avaient pu être efficaces, combien il était devenu fort. Et chaque seconde passée ne faisait qu’accroitre sa confiance en lui.

Jusqu’à ce que la bête cesse de s’amuser avec ce misérable humain.

D’un coup de patte, le loup n’eut aucun mal à laisser sa seconde marque sur le corps du jeune homme. Une marque prenant cette fois la forme d’une longue éraillure déposée par ses griffes acérées dans le dos du jumeau. De par la douleur, il hurla, lâche malgré lui son arme, et tomba à genou. Son esprit tout entier luttait contre son corps, lui hurlait qu’il fallait qu’il se relève, mais rien n’y fit. La douleur était plus forte que sa volonté, plus forte que son propre corps. Et face à lui, le danger ne se faisait que de plus en plus présent. Nul doute possible, à présent la bête savourait cette victoire qu’elle considérait déjà sienne, et prenait ainsi un malin plaisir à s’approcher de sa pauvre victime lentement.

Les évènements suivants n’auraient pu être expliqués avec une inébranlable logique. Les forces du jeune épéiste l’abandonnaient alors qu’il se vidait peu à peu de son sang, et la douleur semblait tétaniser ses membres, c’était là d’indéniables faits. Pourtant grâce à un courage, une force, une volonté mystérieuse, ou Dieu seul sais quoi, alors que la bête, enfin à son niveau, sauta littéralement sur sa proie, il réussit à se saisir de son arme, et à la tenir droite, pointée vers le prédateur, qui ne pouvait plus revenir en arrière, à présent.

Et le sang gicla.

Succombant à la force et au poids de la bête, il s’écroula cependant. Cela n’avait rien d’une victoire, il s’agissait au mieux d’un match nul. Il était là, allongé sur le sol qu’il ressentait de plus en plus froid, et luttait pour rester conscient. Il s’accrochait à cette lueur d’espoir, celle qui lui disait qu’il pourrait encore s’en sortir. Hélas, il était ici seul, dans un lieu désert…Du moins le pensait-il avant d’entendre des voix, trop lointaines cependant en son esprit pour qu’il ne puisse comprendre ce qu’elles disaient autour de lui. Il n’y en eut qu’une qu’il sut reconnaitre parmi toutes, même s’il ne savait expliquer sa présence en ce lieu sordide. Son esprit n’était pas assez éveillée alors pour comprendre qu’elle l’avait suivi jusqu’ici…

« Ne vous approchez pas de lui ! »

Sa voix était tremblante, mal assurée. Avoir dérobé l’arme de son frère pour la pointé vers ces trois inconnus ne la rassurait en rien, et pourtant elle se tenait là, face à eux, pour protéger Annibal. Ce qu’elle ignorait, c’était qu’elle n’aurait rien pu faire contre ces guerrier entrainés de la milice, et qu’ils ne lui voulaient de toute façon aucun mal. Et, alors qu’ils tentaient d’expliquer à la jeune demoiselle qu’ils ne voulaient aucun mal à son frère, mais à contrario sauver sa vie, l’intéressé perdit peu à peu connaissance, alors qu’un sourire amer venait se dessiner sur ses lèvres.

Il venait enfin de tuer celui qui avait osé faire du mal à sa sœur dans leur enfance.

Pourtant, il ne se sentait pas plus heureux.






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Allister&Annibal K.
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MessageSujet: Re: Der var engang...♟ Allister&Annibal Kirasten♟   Lun 27 Aoû - 18:03

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« Vous n’encouragez pas votre frère ? »

La jeune femme aux cheveux de blé ne répondit pas dans l’immédiat. Concentrée dans le combat amical qui opposait les deux miliciens, elle ne prit même pas la peine de tourner son regard vers le nouvel arrivant. Il était inutile de lui répondre…Et sous peu il aurait compris. Mais c’était là être d’une impolitesse sans limites que de l’ignorer tout simplement. Or, son père avait toujours veillé à ce que ses enfants soient bien élevés, qu’importe les situations qu’ils aient tous vécu. Alors, un petit sourire triste se peint sur le visage de la danseuse, et, d’une voix calme, elle répondit à ce milicien qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam.

« C’est inutile…D’ici quelques secondes Annibal sera désarmé. »

Le nouveau venu eu tout juste le temps de s’asseoir près de la bohémienne que son jumeaux se faisait effectivement désarmé d’un coup d’épée. Ses orbes ambrés firent des allers-retours entre les deux combattants, et la représentation même de ce qui était, pour lui, l’innocence aux milieux des tueurs d’êtres surnaturels. S’il n’avait jamais véritablement compris pourquoi, sous prétexte qu’elle soit la sœur du dernier milicien ayant été recruté, la toute nouvelle « danseuse » du Roi était en droit d’assister aux entraînements, il commençait peu à peu à se demander si son Roi n’avait pas capter en elle quelques capacités qui pourraient s’avérer des plus…efficaces au sein de leurs rangs. Rien que son sens de l’observation avait un petit quelque chose de…Déroutant. Lui-même, qui suivait les entrainements des miliciens depuis qu’il avait rejoint la milice, il y a de cela quelques années, et ayant également servit l’armée des années durant, n’aurait pas été capable de prédire une fin si précise. Et bien qu’il sache les êtres nés en même temps de la même mère liées par un fil du destin bien particulier, il ne pouvait s’en servir pour expliquer les capacités d’observatrice de la belle.

Cela dit, il commençait à trouver du sens à toute cette histoire étrange. Il avait été surpris, c’est vrai, lorsque ce jeune homme d’une vingtaine d’années était entré dans la milice, en devenant de façon plus officielle le « bouffon du Roi ». Pour expliquer sa présence au château, avait-il entendu. Avec du recul il ne put qu’admettre que cela aurait été étrange qu’un simple paysan se rende de façon régulière au château, où même qu’il y réside. Mais cela n’était rien face à l’étonnement qui s’était abattu sur lui lorsque le Roi à accepter de faire passer sa sœur jumelle pour sa danseuse officielle…Bien qu’on ne pouvait que comprendre qu’une telle condition soit raisonnable pour se voir entrer dans les rangs de la milice un jeune homme débutant et gauche dans l’art du combat ayant tout de même réussit à se débarrasser d’un Lycanthrope seul…Il y a des éléments que la milice ne peut pas laisser passer, sans doute. Contrairement à ce que pensait le milicien –et il n’était pas le seul dans ce cas là- la bohémienne ne serait peut-être pas si inutile que ça. Si elle s’entraînait, peut-être pourrait-elle elle-même devenir un membre de la milice. Un membre qui ferait sans nul doute un horrible duo avec sa moitié. A cette idée le milicien sourit, alors qu’il contemplait le frère et la sœur s’éloigner, sans doute pour regagner leur petit foyer. Un instant il clos ses paupières. Ne parvint alors à ses oreilles qu’un éclat de rire de la danseuse, sans doute en train de se moquer gentiment de son double. Et, doucement son sourire s’élargit pour en devenir peut-être un peu plus inquiétant, alors qu’une idée totalement folle lui traversait l’esprit.

***
« Non, vous ne la tenez pas correctement ! »
« Je n’y peux rien, elle est trop lourde ! »

Elle n’était pas totalement idiote, elle avait bien compris, après maintes et maintes explications, comment elle devait tenir cette fichue épée. Cela dit elle n’y pouvait rien changer, le poids de l’arme était bien trop important pour qu’elle puisse la manier avec aisance tout en la tenant d’une façon précise. Dans le fond…Elle n’était qu’une jeune femme. Comment avait-elle pu croire qu’en acceptant l’aide de ce milicien qu’elle avait rencontré une fois par le passé, elle pourrait devenir une combattante hors pair, à tel point qu’elle serait capable de rejoindre ce cercle de miliciens et miliciennes ? Car oui, au sein de la milice, il n’y avait pas que des hommes, et c’était bien ce qui avait poussé sa motivation à son paroxysme. Elle pouvait y entrer. Si seulement elle était plus forte.

Alors, jour après jour, elle s’était entrainée auprès de ce garçon. Et pas seulement à l’épée, il ne s’était pas arrêter à si peu, loin de là. Il avait tenté de l’initier au mieux à toutes les armes que lui-même maitrisait, et ce avec les exigences d’un véritable militaire. Ce n’était pas seulement les capacités de la jeune femme qu’il testait ainsi, mais également sa volonté. Si elle n’était pas capable de supporter son entrainement alors elle n’aurait jamais l’esprit assez fort pour être membre de ce groupe combattant des adversaires dont la force et la fourberie n’étaient plus à prouver. Jamais il ne l’avoua, mais tout au long de leurs entrainements réguliers, chaque jour un peu plus, il se trouvait être agréablement surpris de son élève et des ressources parfois improbables qu’elle mettait en œuvre.

Vampires. Loups Garous. La haine et le dégout qu’elle éprouvait pour ces êtres allaient bien au-delà de la raison. Et pour avoir une chance de pouvoir un jour les combattre, elle se devait de ne pas faiblir, jamais. C’est ainsi que des mois durant elle s’était entrainée sans jamais se plaindre, sans jamais faiblir, sans jamais reculer d’un pas. Simplement en allant de l’avant, jour après jour.

***
Cette soirée n’avait en rien fait exception aux autres…

Suite à sa journée chargée par de diverses recherches et entrainements, Annibal avait rejoint sa résidence bien avant sa douce sœur, dont il ignorait la véritable occupation. Officiellement, elle passait ses journées en l’agréable compagnie de ce milicien avec qui elle s’entendait à merveille…Certes l’information n’était pas fausse, mais l’omission de détails aurait presque pu lui faire se recouvrir d’un voile de mensonge. Intérieurement, le milicien rageait. S’il ignorait bien à quoi sa sœur s’appliquait jour après jour, son esprit, lui vagabondait vers de bien étranges idées ; l’une d’elle étant que son compagnon d’arme pouvait plaire à la danseuse. Or, bien qu’il ne puisse rien y faire en définitive, cela n’en restait pourtant pas moins un fait qu’il se refusait d’accepter…Comme n’importe quel autre homme qui tenterait d’entrer dans la vie de sa sœur. Dans le fond…Qui qu’il soit, il n’accepterait probablement personne. Malgré cela, il ne pouvait l’empêcher de vivre…Juste la protéger. Et nul doute que le jour ou un homme ferait couler les larmes d’Allister, il se retrouverait avec sa lame sous la gorge la seconde suivante.

Et qu’importe combien il avait cette envie folle d’agir de la sorte avec son « frère d’arme » il est une chose qu’il ne pouvait nier…Allister semblait satisfaite de ses journées passer en sa compagnie. Et quoi qu’il en dise, après tout ce qu’ils avaient dû traverser ensemble...Ainsi que tout ce qu’elle avait traversé seule, il ne pouvait que désirer que ces jours ou le bonheur lui sourient se multiplient, encore et encore ; qu’importe si cela signifiait pour lui de devoir la voir quitter son univers pour rejoindre celui d’un autre dans un futur proche. Seulement voilà, il ignorait que lorsqu’elle rentrait, comme ce soir, pour lui sourire et reprendre part à leur vie ensemble, ce n’était pas d’une douce journée en la compagnie d’un homme de douceur qu’elle venait d’achever, mais une longue journée d’entrainement à l’arme blanche ou à diverses technique de combats.

Non, cette soirée n’avait en rien fait exception aux autres…jusqu’à ce qu’Allister n’en décide autrement.

« Annibal, j’aimerais rejoindre moi aussi la milice. »

S’il aurait été en train de siroter un thé, ou grignoter quelconque nourriture, le jeune homme se serait probablement étouffé avec à l’instant même où ces mots si lourds de sens s’étaient échappé des innocentes lèvres de sa sœur. Mais bien heureusement pour lui, ce ne fût pas le cas et il manqua simplement de s’étrangler avec sa salive, reprenant ses esprits à l’aide d’une longue quinte de toux. Incrédule, c’est avec de grands yeux ronds emplis d’une sincère surprise qu’il contemplait à présent sa sœur. Il était sûr d’avoir bien compris ses mots. Ah pour ça, on ne pouvait l’être plus. Il avait bu les paroles de sa sœur, littéralement. C’était avec le sens derrière, qu’il avait un peu plus de mal, en revanche.

« …Pardonne-moi ? » bafouilla-t-il enfin, pas encore tout à fait remis de ses émotions.
« Tu as parfaitement compris. Je veux rejoindre la milice. »

Le plus étonnant étant sans l’ombre d’un doute sa façon de se tenir face à son frère. Droite, déterminée. A la voir ainsi, sans la connaitre, il n’aurait jamais pu la songer fragile, alors que c’était bel et bien de cet œil qu’il voyait sa sœur depuis des années et des années. Sans doute était-ce même la première fois qu’il arrivait à la voir comme la femme qu’elle était devenue. Et dans ses yeux il pouvait lire tant de détermination…tant d’audace. Quelque part, une petite voix au fond de lui se tuait à lui dire qu’elle était bien plus forte qu’il ne l’aurait jamais cru, et que cela était probablement dû à ces journées passées avec cet autre milicien –ce sale traitre. Mais bien évidement, en grand frère surprotecteur qu’il était, il ne pouvait simplement y céder et accepter la requête de sa sœur. Les choses auraient pu être si simple de cette façon…Mais non.

Et ce ne fut nullement le destin, ni même Allister, mais bel et bien Annibal le responsable des conséquences de cette nuit là.

Il s’était forcé. Cela n’avait jamais rien eu de sincère. Pourtant face au sérieux de sa sœur, dans l’espoir de la faire encore changer d’avis et de lui éviter de vivre dans ce monde de meurtre et de destruction qui –en son sens- ne lui convenait pas, et ne lui conviendrait jamais, il laissa s’échapper un rire. Blessant sa douce protégée alors qu’il ne désirait que la préserver.

« Pardonne moi mais…Tu n’es pas crédible une minute ! » Mensonge. « Tu ne sais même pas manier une épée ! » Mensonge.

Mensonge. Mensonge. Mensonge. Il mentait, il le savait. Il était assez intelligent pour comprendre qu’elle s’était entrainée comme lui l’avait fait, probablement même d’une manière plus efficace puisqu’elle n’était pas seule. Il la savait bien assez intelligente pour ne pas se lancer dans pareille chose sans se savoir capable de faire face. Et il n’aurait su dire à cet instant si l’inquiétude seule parlait, ou si un brin de fierté était venu se mêler au ballet des drôles de sentiments allant et venant en son être. Mais une chose était cependant certaine, quel qu’en soit la cause, il s’en voudrait toute sa vie, et son corps n’était pas près de le laisser oublier cet affront causer à son autre moitié, qu’il s’était comme sentit obligé de provoquer alors qu’elle refusait de réagir à ses railleries. Toujours sérieuse, toujours déterminée à ne pas lâcher prise. Il avait alors eu l’impression de ne pas avoir d’autres choix s’il voulait avoir une dernière chance de la garder en sécurité. En sécurité…ah, ce que cette idée pouvait le faire sombrement rire à présent.

« Très bien. Que dis-tu de cela ? Si tu réussis à me battre dans un duel à l’épée, j’accepterais et nous irons ensemble nous entretenir avec le roi à ce propos. »

Sans doute est-ce inutile de préciser que le marché convint bien à la jeune danseuse. Et ainsi fût-il décidé que le lendemain, les deux jumeaux s’affronteraient dans un amical duel à l’épée. Fait qui ne les empêcha pas de s’endormir dans les bras l’un de l’autre, le cœur empli d’une certaine amertume. L’une pour avoir l’impression de forcer à la main à sa moitié, l’autre pour avoir osé une réaction aussi désobligeante envers la sienne. Même si dans le fond, deux âmes jumelles sont faites pour se pardonner. Tout se pardonner. Le lendemain, tout aurait pu être oublié. Seulement la fierté de l’un et les objectifs de l’autre ne s’en seraient contenter, et ne tolèrent donc une telle trêve.

Ainsi, c’est sous la pluie, comme si le ciel laissait le chagrin couler sous forme de milliers de larmes, que les métaux chantèrent.

S’il avait pu se le permettre, Annibal en serait resté comme bouleversé face à la façon dont sa sœur maniait l’épée, presque stupéfait. Mais une seconde d’inattention aurait pu lui être fatal, aussi c’était-il efforcé, comme toujours, de laisser ses sentiments personnels de côté le temps d’un combat. La désarmer. C’était tout ce qu’il avait à faire pour que tout ceci prenne fin dans la minute, non, dans la seconde. Alors…Pourquoi diable n’y arrivait-il pas ?! En si peu de temps, elle avait atteint un niveau que lui avaient mis des années à atteindre…Ou alors peut-être n’arrivait-il simplement pas à se concentrer comme il l’aurait voulu de par l’identité de son adversaire d’infortune ? La chose semblait si ridicule qu’elle n’en était pas impossible. Alors, presque lâchement, il voulut lui faire abandonner, pour retourner au plus vite à leur vie si tranquille qu’il aimait tant…

« Ne comprends-tu pas que c’est inutile ? Une jeune femme comme toi ne sera jamais capable de faire partit de l’élite des soldats ! »

…L’effet fût loin d’être celui désiré. S’il n’avait en aucun cas tenté de la blesser, c’est pourtant ce qu’il parvint à faire…Et sa colère tant que sa frustration furent tel qu’elle le blessa à son tour. D’une toute autre façon cela dit. Elle-même n’arriva pas à y croire alors que pourtant le sang de son frère s’était mis à giclé, de sa blessure à l’épaule gauche qu’elle venait de causer elle-même. A présent tout était terminé, tout était joué. Elle avait gagné, et ses sanglots éclatèrent face à cette question qui s’imposait tout naturellement à elle. Oui, elle avait gagné…

Mais à quel prix ?

« ANNIBAL ! »



Et devant ses yeux exorbités se déroulait la plus horrible des scènes à laquelle il lui eut été donné d’assister. Le venin de la peur, non, de l’effroi circulait en elle comme un véritable poison, paralysant inéluctablement ses membres un à un alors que le plus horrible des regards s’était posé sur elle. Elle sut y lire tout le sadisme que la Terre ai jamais su porter, et l’excitation. Pire encore…la joie. Ce type, comme tous ses compagnons, prenait un plaisir fou à contempler la souffrance des autres, comme à l’infliger. Et en cet instant, Allister comprit. Elle comprit tout. A l’instant où il avait posé son regard sur elle, d’une façon si spontanée et si sûre, elle avait compris. Trop tard, bien trop tard, c’était-elle dit dans un premier temps. Mais accepter ce destin qui se présentait face à elle et face à tous ceux qui étaient en sa compagnie de façon inéluctable…Elle s’y refusa. Et cette résolution prise, ce n’était plus l’effroi que cette chose qui la contemplait encore pouvait lire dans ses yeux azurés, mais de la détermination. De même, le poison avait succombé face au remède qu’elle s’infligea elle-même, de par sa propre résolution. Elle vivrait. Et rien ni personne ne saurait la forcer à l’abandon de son frère jumeau. Jamais. Tous deux avaient déjà trop perdus par le passé pour qu’elle se résigne, accepte la mort et le laisse vivre seul.

« On se replis ! Courrez ! » avait-elle hurlé à ses compagnons –pour la plupart- d’une nuit, tant choquée par cette vision et obnubilée par la priorité de sauver leurs vies à tous qu’elle ne prit pas soin de déguiser sa voix.

Ce fût là sa seule erreur.

Elle l’avait remarqué à ces regards hébétés posés sur elle. A la façon dont cette révélation avait cloué sur place ces combattants chevronnés. A la nécessité qui s’était imposé à elle d’attraper le bras du premier milicien à portée de main pour le trainer dans sa course folle, priant pour que les autres suivent sans se poser de questions. Dans toute cette folle journée elle avait été parfaite. Parfaite dans le rôle d’Annibal. Un sourire amer se dessina alors sur ses lèvres. Si jusqu’ici elle avait eu quelques regrets à se jouer ainsi de tous, à présent sa mise en scène de la veille prenait vraiment tout son sens et plus aucun remords ne dévoraient on être –Peut-être avaient-il étés chassés par la peur ? Tout, absolument tout son petit stratagème, lui revint en mémoire. A la façon d’une vie qui défile devant soi avant la mise à mort, songea-t-elle tristement, bien que résignée à vivre.

La demoiselle aux cheveux de blé n’avait pas accompagné son jumeau au château, ce jour-là. La complaisance qu’elle avait pour son frère comme pour chacun des miliciens avait, hélas, une limite. Ici c’était le plus souvent du Roi qu’il s’agissait. En ce jour, elle le savait présent et accompagner alors son frère lui semblait bien moins sympathique que lorsque le Monarque restait à sa place ; sur son trône. Son attitude hautaine et prétentieuse eut tôt fait de lui donner le titre de seule et unique personne jusqu’alors qu’Allister n’appréciait pas…Du moins, dans la liste des vivants, cela allait de soi. Après tout il y avait bien des morts dans cette catégorie…Mais resonger alors aux fantômes du passé n’avait aucun sens. Après tout il y avait de fortes chances qu’elle se retrouve bientôt face à eux de nouveau.

Mais cela n’en valait-il pas la peine, au final ?

Son sourire amer devint alors plus doux. Elle ne regrettait pas. Et si elle devait ici trouver la mort cela ne la dérangeait pas davantage que cela. Sa vie, contre la sienne, n’était-ce pas un marché équitable, puisqu’ils étaient jumeaux ? N’en était-ce pas davantage juste qu’elle était la cause de tout ? Elle, et son égoïsme qui avait engendré ce combat, qui lui-même avait engendré la blessure de son frère. Elle avait une part de responsabilité, oui, ainsi que le Monarque bien entendu. Car après tout si cet homme n’eut été cruel avec son frère, rien de tout cela ne serait déroulé de la sorte. Mais non. Son frère était blessé, et pourtant il avait planifié cette mission en y rattachant son frère. Et bien sûr, comme lui devait parfaite obéissance au Roi, il n’aurait pu se désister de cette périlleuse mission, presque devenue suicidaire ainsi blessé. Apprenant cela, avait-elle véritablement d’autres choix que de se lever aux aurores, ce matin-là, dérober les affaires de son frère, tresser ses propres cheveux et rejoindre le château en se faisant ainsi passer pour lui ?

Elle avait mis un certain temps face à la glace avant d’être elle-même convaincue de son reflet. Retoucher ses cheveux, sa tenue, sa posture…Tant qu’elle finit par croire qu’elle n’arrivait à se tromper de par ces liens qui les unissait…Comme une mère aurait su reconnaitre son enfant, qu’elle ait des jumeaux, des triplés, ou plus encore. Jusqu’à ce qu’elle offre une moue dubitative à son reflet. C’est en cet instant qu’elle comprit la véritable grande différence entre elle et son alter égo. Le comportement. Malgré tout elle faisait de son mieux pour respirer la joie de vivre, à tel point qu’elle s’en trahirait presque. On ne pouvait donc définitivement pas compter cela comme étant un obstacle à son plan, il lui suffisait de mettre son petit caractère de côté le temps d’une mission. En outre, ce n’était pas comme si l’idée d’aller exécuter des êtres vivants, aussi monstrueux soient-ils, avait quelque chose de réjouissant. Alors elle s’en était simplement allée, persuadée qu’elle saurait jouer son rôle à la perfection et qu’ainsi elle préserverait la vie de son frère

Et elle l’avait fait. Jusqu’à ce qu’elle panique en réalisant que tout ceci n’était qu’une immense mascarade, personne ne s’était douté qu’il ne s’agissait pas d’Annibal à leurs côtés. Mis à part peut-être ce milicien qui l’avait entrainé, elle les sentait dans son regard, les soupçons... Mais lui la connaissait bien. Peut-être même trop bien. Ce s’était pas même pour elle qu’elle s’en était fait, en premier lieu, mais pour ceux avec qui elle partageait cette mission.

En ce sens elle ne pouvait que remercier l’ex-militaire qui s’était efforcé au mieux de l’aider à faire comprendre que la fuite n’était pas une simple option, mais la seule qu’il leur restait à tous s’ils désiraient rester en vie. On eut plus de faciliter à écouter ses dires que les siens, ce qui était en un sens des plus compréhensif…Après tout ne venait-elle pas de se jouer d’eux sur son identité ? Cela n’aidait en rien à la confiance et elle en était consciente. Mais qu’importe. Elle avait fait ce qui lui semblait être juste, et c’était très exactement ce qu’elle avait l’intention de continuer à faire. Quoi qu’il lui en coûte.

Ainsi, c’est sans crier gare et en murmurant simplement à son seul véritable « allié » de prendre les choses en main qu’elle s’arrêta tout simplement de courir pour faire face à ce danger qui pourtant l’effrayait déjà. Les loups étaient sa pire hantise, son pire cauchemar, et pourtant elle s’était résignée à les affronter, pour permettre à ses compagnons de s’enfuir. Dans cette optique, son frère lui pardonnerait certainement son écart de conduite, n’est-ce pas ? …Non, bien sûr que non, admit-elle en soupirant. Pour aucune raison au monde son jumeau n’accepterait sa mort. Pas même celle de préserver sa vie…Surtout pas celle de préserver sa vie. Il allait lui en vouloir, énormément. Mais cela n’aura plus vraiment d’importance, de toute façon. Allister avait toujours été une grande optimiste, c’est vrai. Mais elle savait accepter la fatalité lorsqu’elle s’imposait à elle…Exactement comme ce soir-là.

Exactement comme à cet instant, ou la fatalité avait face à elle prit l’apparence d’une énorme bête affamée lui montrant déjà les crocs. Elle s’était stoppée net en voyant cette pauvre fille s’arrêter de la sorte, comme si elle attendait simplement de lui servir de repas. Parce que finalement, ce n’était pas cette misérable épée tenue par une humaine qui pourrait lui faire grand mal, ça non ! Peut-être la chatouiller un petit peu, tout au plus, et encore…C’est pourquoi la bête s’était élancée vers elle déjà sure de sa victoire. Elle pouvait sentir la peur dans l’esprit de cette jeune demoiselle…Et ainsi elle fût sur et certaine qu’elle ne réagirait pas, ou pas assez vite, à son assaut, pour s’en sortir vivante. Son diner était donc déjà tout trouvé…Du moins elle y croyait dur comme fer jusqu’à ce qu’elle ressente une horrible douleur au niveau de l’une de ses pattes, et se rende compte qu’elle n’était plus capable de la faire quitter terre.

Tant obnubilée par Allister –tout autant qu’Allister avait fait un blocage sur ses vieux démons- la créature n’avait pas remarqué ce milicien qui s’était approché par le coté pour planter sa lame respectivement dans sa patte et dans le sol, l’immobilisant ainsi pour un temps. Et, en grand vétéran de guerre qu’il était, il ne laissa à son adversaire ni le temps de se défaire de son arme, ni de s’en prendre à lui qu’il s’armait déjà de l’arme de son amie à son insu pour la planter cette fois dans le crâne du loup, et ainsi mettre fin à ses jours en même temps qu’au danger qu’il représentait pour eux deux. Après quoi il sourit simplement à la blonde.

« Je n’ai pu me résoudre à t’abandonner à ton sort, finalement. »

Suite à cela, ni lui ni la danseuse ne dirent mots, et ils se contentèrent de rentrer au château, sachant déjà bien chacun quel genre d’accueil recevrait la jeune femme alors que pourtant elle avait usé d’un courage que peu d’hommes possédaient.

***
« C’est impensable ! Inacceptable ! »

Au vu de ses dires et de la colère du Roi à mesure que lui-même enchainait phrase sur phrase enfonçant de plus en plus l’acte de la jeune danseuse, il ne faisait pour elle nul doute qu’elle se ferait exécutée pour sa faute. Inutile de chercher à raisonner un tel homme, de toute façon. Elle connaissait et haïssait bien assez sa cruauté sans failles pour savoir que quoi qu’on dise, et quoi qu’on fasse, il la mettrait à mort de toute façon. Rien que pour son petit plaisir personnel…Il en avait déjà exécuté pour bien moins que ça, du moins c’était là ce qu’elle avait entendu de ses amis bohémiens. Dire qu’elle avait survécu à cette mission périlleuse pour mourir d’une toute façon, à la fois tellement plus simple et injuste. Et le plus ironique dans tout cela, s’était que personne ne réagissait dans les autres miliciens, malgré le fait qu’elle ait risqué sa vie pour sauver celle des autres en restant en arrière pour affronter la bête. Personne…ou presque…

« Qu’on lui coupe la tête. »
« Sauf votre respect, Majesté, je pense qu’elle vous serait plus utiles dans nos rang que morte. Après tout elle a usé d’un courage que peu possède, je puis vous le garantir. »

Ses grands yeux azurés emplis de surprise s’étaient posés sur ce milicien qui, encore une fois, venait à sa rescousse en venant se placer près d’elle et argumentant dans son sens. On ne peut nier que cela lui fit chaud au cœur…Mais malgré tout elle n’eut que peu d’espoir que cela fasse véritablement changer d’avis le roi. L’espoir…Ce sentiment si étrange qu’elle se refusait à avoir en cet instant, l’avait pourtant submergée alors qu’un nouvel acteur venait prendre place dans la salle du trône ou se jouait sa vie ; son frère. Et sans aucune surprise il vint à son tour se placer aux cotés de sa sœur pour prendre également sa défense.

« Je ne puis qu’être d’accord avec mon compagnon d’armes, Altesse. Sachez que je connais Allister mieux que je ne me connais moi-même, je puis ainsi vous assurer que nous ne saurions nous passer d’un tel élément plus longtemps. » dit-il sans oublier de faire une révérence de pure politesse.

L’agacement du Roi se lisait aisément sur son visage…Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraitre, il plia sous les arguments et accepta finalement les paroles des deux hommes, précisant qu’au moindre problème, ils auraient à répondre de leurs actes. Mais l’un comme l’autre le savait ; il n’y aurait aucun problème, jamais. Ils ne tardèrent pas, chacun, à quitter la pièce suite à cela. La danseuse n’aurait su dire combien de fois des remerciements s’étaient évadés de ses lèvres pour se destiner aux deux hommes. Et, alors que l’un lui sourit simplement avant de s’éloigner, l’autre lui prenait la main pour rentrer avec elle. Leurs comptes pourraient être réglés plus tard, pour l’instant l’important, c’était qu’elle soit là, près de lui, et surtout qu’elle allait le rester encore –il l’espérait- bien longtemps.

Et alors, Allister sourit à son frère. Une nouvelle page de leur vie ensemble était sur le point de s’écrire…



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MessageSujet: Re: Der var engang...♟ Allister&Annibal Kirasten♟   Sam 1 Sep - 18:17




MAHAHAH PREVALIDATION EN AVANCE ET TOUUUT!
Ahem... L'emploi du temps de sa Seigneurie l'empêchant de squatter son PC ce soir, je viens prévalider EN AVANCE votre fiche les jumeaux! (Ah oui, être VIP et tout savoir a l'avance, ça n'a pas de prix... Pour tout le reste, il y a Mastercard! //LORD//)
BREF! Cette fiche est juste magnifique, je ne trouve pas les mots pour la décrire autrement! Jolie plume, jolie histoire, belle intrigue, superbes descriptions... Enfaite je suis sous le charme! (Insinue le fanatisme et je te dirais que j'assume! uu NAH!)
C'est avec une immeeeense joie que je te prévalide! *^* Bienvenuuuuuuuue à la Cour, mes chers ♥

A visiter: Règlement | Signature du Règlement | Recensement d'avatar | Classes | Races



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MessageSujet: Re: Der var engang...♟ Allister&Annibal Kirasten♟   Sam 1 Sep - 20:59




HAAAAAAAAAAAAAN COMMENT JE KIFFE ET TOUUUUT....MAIS...DAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!
Ahem. C'est ainsi que s'achèvera ma période groupie (ou pas * éponge la flaque qui s'étend dangereusement à force de baver*)

Non, plus sérieusement et en toute sincérité, tu l'auras bien compris...Je suis réellement fan. J'ai fondu en lisant cette fiche, dont on ne se lasse pas! Elle est superbement bien écrite et parsemée d'idées merveilleuses...Un mélange explosif!

Je ne te fais pas attendre plus longtemps...Il est évident que je te valide et avec le plus grand plaisir ♥ Tu connais les habitudes du forum, je n'en dirais pas d'avantage à ce sujet!

Je n'ai qu'une chose à rajouter....Continue de nous faire rêver ♥

Formalités : Journal de Rp | Relations et Liens | Recensement d'avatar | Demande de Lieu | Demande de Rp




Merci à Calypso pour ce superbe Kit ♥️

THE AMAZING STAFF:
 


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