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 Au clair de la Lune, mon ami Pierrot...

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MessageSujet: Au clair de la Lune, mon ami Pierrot...   Dim 27 Nov - 22:42

Le fiacre s'avança en cahotant sur le sentier. Les naseaux des quatre chevaux faméliques qui la tiraient projetaient des petits nuages de buées, venant se fondre dans la brume du soir. Le cocher tira sur ses rênes, arrêtant l'attelage.

« On y est Monsieur... » appela-t-il vers l'intérieur du véhicule. La portière s'ouvrit, laissant sortir un homme de belle taille, à l'allure vigoureuse et athlétique. Son faciès, plutôt agréable, bien qu'il fut à ce moment masqué par les ombres de la nuit, était celui d'un natif de la Méditerranée.

Corteo regarda autour de lui avec un air satisfait, et bondit avec grâce et entrain or de la voiture.

« Z'êtes sûr que vous voulez rester ici ? » demanda le cocher d'une voix bourrue et peu rassurée, en jetant des regards inquiets vers la grande forêt qui s'étalait devant eux, et que la lueur de la pleine lune, se reflétant sur les nappes de brume entre les arbres, rendait encore plus angoissante et mystérieuse que d'habitude.

« Sì, » répondit l'Italien avec son accent caractéristique. « Ne t'en fait pas pour moi, l'ami, une voiture va venir me chercher, elle ne tardera pas. Tu peux t'en aller. Ciao ! »

Le cocher ne se le fit pas dire deux fois, et après avoir craché un immonde glaviot au sol et avoir promené un dernier regard anxieux vers les arbres, il fit faire demi-tour à l'attelage et repartit en direction des lumières rassurantes de la cité, que l'on apercevaient à quelques kilomètres au loin derrière eux. Corteo le regarda s'éloigner, et quand il eut disparu au premier virage, il marcha tranquillement vers les sous bois.

La pleine lune blafarde dans le ciel lui réchauffait la nuque comme l'aurait fait le soleil au dessus de l'océan, ou en haut d'une montagne. Son sang d'immortel coulant comme un torrent agité dans ses veines lui donnait des frissons. Dans ces premières années en tant que lycan, il n'aurait pas été capable de résister à la transformation. Après deux-cent-ans, il s'était fait à l'influence du disque lunaire, mais ressentait encore des picotements dans tous le corps, comme ce que l'on sent dans son bras quand on s'endort dessus, mais dans l'intégralité de son être. Une fois sous le couvert des arbres, il s'arrêta, et huma l'air. Même sous sa forme humaine, son flair était parfaitement aiguisé.

L'humus, la terre humide, le vieux bois, toute sorte de fleurs sauvages... Deux lièvres, un sanglier, un chevreuil qui avait perçu son odeur et s'enfuyait... Et une odeur de fumée et de viande en train de cuire. Un sourire carnassier étira les lèvres de l'Italien. Il couru, suivant son flair, se déplaçant plus vite qu'aucun humain ne le pourrait jamais, silhouette furtive entre les formes sombres des arbres et des fourrés.

« Crénom, sort le d'là, c'est plus du lapin, c'est du charbon ! »
« Ferme-la, corniaud, et passe moi la gnôle, j'ai le gosier sec. »

Les deux hommes étaient installés autour d'un feu de camp. Des voleurs, bandits de grand chemin, traîne-savates... Guère impressionnants, mais bien armés. Corteo, posté derrière un arbre, tout près, décida qu'il s'en contenterait.

Il s'avança, nonchalamment, dans la lumière du feu. A son approche, les deux hommes bondirent sur leurs pieds et pointèrent chacun un pistolet sur lui.

« Mais qu'avons-nous là ? Hé, Pierrot, t'as vu ça ? Un bel aristo, tout bien mis, tout beau tout propre ! »

Corteo resta silencieux, sourire aux lèvres, regardant les deux hommes qui s'échangeaient des rires enthousiastes en voyant la proie qui s'était jetée dans leurs filets. Le premier s'apprêta à lui tirer dessus, quand le dénommé Pierrot l'arrêta.

« Attend, il a de belles fringues, l'aristo, faut pas les salir avec du sang... Hé toi, enlève-moi tout ça, et peut-être qu'on te laissera repartir, nu comme un ver, mais en vie ! »

Éclat de rire commun des deux brutes, accentué quand lentement, Corteo défit la sangle de son baudrier et ôta soigneusement ses vêtements, les posant avec délicatesse sur une branche pour ne pas les salir. Les frissons parcourant sa peau se faisaient plus intense, maintenant qu'il était nu, sans plus ressentir la contrainte des vêtements. L'inconvénient quand on est un lycan, c'est que les vêtements ne résistent pas à une transformation. Et on se retrouve nu comme un vers avec juste des lambeaux de tissu quand on reprend forme humaine, à moins de s'être déshabillé.

Ainsi, sous les yeux écarquillés des deux hommes qui avaient cessé de rire, le bel Italien, une fois nu, se recroquevilla. Son corps fut pris de violents tremblements, se tordis, se déforma, se couvrit de poils. Son visage s'allongea, formant une gueule hérissée de crocs massifs. En quelques secondes, l'homme nu et sans défense était devenu une bête féroce. Les deux hommes restèrent pantois, et le premier coup de feu partit alors que l'énorme loup n'était déjà plus dans la trajectoire de l'arme.

La bête bondit sur le premier des deux hommes, qui s'écroula sur le dos et se rompit le cou sur une pierre. Pour la forme, le loup planta ses crocs dans sa gorge et la lui arracha, laissant une plaie béante ruisselante de sang. L'autre, Pierrot, marqua une hésitation, lâcha son pistolet et s'enfuit en courant.
Corteo l'ignora pour le moment, et préféra se sustenter avec le cadavre qui gisait sous lui.

Après avoir allégé sa victime de quelques morceaux de chair, il partit tranquillement à la poursuite du second. La piste était facile à suivre. L'odeur de la peur... Sans lumière, le dénommé Pierrot s'était perdu dans la brume, au milieu des arbres noirs, incapable de s'orienter, la terreur obscurcissant ses esprits. Il tenait une hache à la main, qu'il brandissait nerveusement devant lui, cherchant à sonder du regard le brouillard opaque qui l'encerclait.

Corteo, indifférent à la brume qui ne le gênait nullement pour s'orienter, s'amusa à l'observer, à lui tourner autour. Par deux fois, il l'effleura, provoquant chez l'homme un glapissement de terreur. Il n'y avait qu'avec ce type de proie, des hommes sensés savoir se défendre, que l'Italien aimait jouer. Pour les autres, les innocents, il les mettait à mort rapidement, ne tirant aucun plaisir d'effrayer ou de faire souffrir ses victimes... quand elles ne le méritaient pas, du moins.

Bon... Il était à présent temps de finir le travail. Mais alors qu'il s'apprêtait à bondir, une nouvelle odeur l'arrêta net. Celle d'un autre loup. Celle d'un lycan. Tout proche. Interdit, Corteo resta immobile, sondant les alentours, tous les sens en alerte. L' "autre " approchait, et l'aura qu'il apportait n'avait rien d'amicale. Ce n'était pas un simple loup, mais l'odeur animale était plus forte que chez lui. Il n'y avait qu'une chose à en conclure. C'était un Sang Pur. Ignorant Pierrot qui continuait à osciller dans le brouillard, il se tapit au pied d'un arbre et attendit la suite, sans bouger. Inutile de se cacher, ou de fuir, l' "autre " avait sûrement déjà senti sa présence. Et de toute façon, fuir n'était pas dans les habitudes du guerrier qu'était Corteo. Non, au contraire, c'est un frisson de pure excitation qui le parcouru, à l'idée de trouver un autre immortel de sa race. La suite promettait beaucoup d'action, ce dont il raffolait... Patiemment, il guettait l'arrivée de son homologue lycanthrope...
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Wolfyiel Sweihtter
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MessageSujet: Re: Au clair de la Lune, mon ami Pierrot...   Mer 4 Jan - 0:55

La brume engloutissait la forêt en cette sombre nuit d'hiver, dévorant la clarté de la lune qui traversait les arbres, plantant le paysage sur un sinistre tableau d'horreur. La tension était palpable, et dans ce silence de mort traversé par la respiration saccadée d'une proie en fuite, des grognements raisonnèrent dans le manteau épais et sombre, ajoutant une touche d'angoisse supplémentaire dans l'esprit terrorisé de l'humain perdu.
L'odeur de la peur, si excitante ... Entachée par celle de l'urine qui mouillait à présent le pantalon de sa proie ... Il avait craqué ? Quelle scène pitoyable. Combien de temps avait-il été traqué par le lycanthrope tapit derrière lui ?

La bête s'avança alors devant sa proie et la dernière chose que l'homme pu voir, fut la gueule hérissée de crocs redoutables qui se referma sur son buste lorsque la créature le faucha de côté. L'attaque avait été rapide, et mortellement précise. Les crocs avaient déchiré les chairs et perforés les organes vitaux. Le corps se retrouva alors secoué dans tout les sens, et l'homme éventré fut envoyé contre un arbre, une marre de sang se formant aux pieds de ce dernier. Les intestins pendaient, dégueulant des plaies béantes ouvertes sur le corps du défunt. Aucun hurlement n'avait raisonné, la voix de l'homme bien trop éraillée pour pouvoir pousser un dernier hurlement. Tout n'avait été que silence, si ce n'avait été quelques grondements rauques et sauvages ...

Le loup blanc releva son museau tâché de sang, sa fourrure épaisse et somptueuse hérissée ainsi que ses crocs se dévoilant à nouveau lorsqu'il planta les fines pupilles noires de son regard ambré sauvage et captivant dans celui du mâle ...

Wolfyiel aimait se balader dans la forêt lorsque la lune était pleine. Son sang bouillonnait toujours lors de ces nuits, et ses instincts les plus sauvages remontaient à la surface tels un ras de marée, dévorant tout sur son passage. Les paysages étaient tellement plus beaux sous les rayons lunaires ...
Mais quelque chose avait troublé sa promenade nocturne ... L'odeur du sang, si présente. Et l'odeur d'un autre mâle. Peut-être pourrait-il enfin se divertir, les humains l'ennuyaient tellement ces derniers temps ...

Le premier pas fut pour le noble prussien transformé, dont la carrure était trois fois plus importante que celle d'un loup normal. Ses pattes pourvues de griffes redoutables exprimaient la robustesse et la force de la bête au sang-pur, et son regard bestial ne reflétait que la sauvagerie dont il pouvait faire preuve. Avec la lune, son corps débordait d'énergie et de puissance à dépenser.

A présent face à face, Wolfyiel toisa du regard l'inconnu ayant pénétré sur son terrain de chasse.


'' Quel est ce chien qui ose pénétrer sur mon territoire ... ? ''

Le mâle semblait fort, même s'il n'était pas un véritable loup. Son odeur moins musquée indiquait à Wolfyiel qu'il n'était pas un Sang-Pur comme lui, et ce dernier s'en retrouva déçu. S'il voulait vivre, il valait mieux que la nouvelle proie se montre à la hauteur de ses attentes.
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MessageSujet: Re: Au clair de la Lune, mon ami Pierrot...   Mer 4 Jan - 19:57

La rapidité et la violence de l'attaque fut étonnante. En moins d'une minute, le malheureux gisait au pied d'un arbre, éventré, son sang se rependant en une flaque sombre et fumante sous son corps brisé. Corteo tressailli : l'homme était toujours en vie. La souffrance était telle qu'il en avait la respiration coupée et ne parvenait même pas à gémir, mais son cœur battait toujours.

Il soutînt le regard de l'autre loup, dont la soif de violence était palpable. Il regardait Corteo avec une arrogance incroyable, qui assombrit l'humeur du lycan Italien. Vu sa taille, nul doute n'était possible sur la catégorie surnaturelle à laquelle il appartenait : c'était bel et bien un sang pur. Et assez âgé, sans doute, car il avait acquis assez de maîtrise de son pouvoir pour dialoguer sous sa forme animale. Il adressa à Corteo des paroles pleines de suffisance et de menace.

Peine perdue s'il souhaitait une réponse : en tant que Mordu, Corteo était incapable de parler sous sa forme lycanthrope, et il était bien sûr hors de question qu'il se retransforme en humain face à ce boucher qui lui faisait face. Autant s'allonger tout de suite et le laisser le déchiqueter.

Avec lenteur, l'Italien se dressa sur ses quatre pattes, et décrivant un cercle autour de l'inconnu, gardant un œil avertit sur lui, il le contourna pour s'approcher du malheureux Pierrot, qui incapable de bouger, endurait une terrible agonie au pied de l'arbre. Même un gueux comme lui ne méritait pas pareil sort.

Avec un regard provocant en direction du loup, Corteo se pencha au dessus du mourant et l'acheva rapidement, d'un coup de croc à la gorge. L'homme rendit l'âme avec un soupir presque soulagé.

Ses yeux d'azur ne quittaient pas ceux du mâle, où il lisait une féroce envie d'en découdre. Son arrogance et sa suffisance avaient échauffé l'Italien, qui était bien décidé à faire rabattre son caquet à ce monstre prétentieux. Il se moquait bien de ces histoires de supériorité de la race, de loups dominants et de dominés. Il sentait bien que la force de l'inconnu dépassait la sienne, mais il n'était pas non plus sans ressource. Corteo était un combattant, et se mesurer avec ce loup, après l'insulte proférée, était devenu une question d'honneur. Il mourrait plutôt que de s'avouer inférieur et de supplier la brute de l'épargner. Il devait reconnaître cependant qu'il ne partait pas vainqueur, et la raison lui dictait de prendre la fuite sans répondre à la provocation. Mais son sang bouillait dans ses veines, et l'excitation irrésistible du défit proposé était trop forte.

Son poil se hérissa, toutes griffes dehors, son regard s'enflamma et il poussa un grognement bestial, montrant ses crocs acérés. Les deux loups se toisèrent un moment. Il était dangereux de rester immobile, et Corteo tournait autour de son adversaire, sans jamais le lâcher des yeux, prêt à réagir au moindre mouvement d'agression.

Il se jeta le premier dans le combat, bondissant subitement vers l'énorme loup. Ses mâchoires puissantes claquèrent à quelques centimètres à peine de la patte arrière de son ennemi. Il l'avait raté de peu. Son adversaire était un rapide. Corteo fit aussitôt un bond de côté pour éviter l'inévitable riposte à laquelle il s'attendait. Les muscles tendus, les sens en alerte, sa soif de combat et sa concentration envahissant son esprit, il était bien décidé à démontrer à cet arrogant Sang Pur que, malgré l'avantage physique de ce dernier, le sous-estimer serait une grossière erreur.
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Wolfyiel Sweihtter
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MessageSujet: Re: Au clair de la Lune, mon ami Pierrot...   Ven 10 Fév - 23:32

La victime dont le corps était lacéré et sanguinolent vivait encore. Sa poitrine se levait difficilement, son souffle était devenu faible, une torture à chaque bouffée qu'il inspirait. La marre sombre dans laquelle il gisait en disait long sur son état, mais le prédateur qui avait surgit de l'ombre n'en avait plus que faire. Cet homme là n'avait été qu'une gêne, un faiblard inutile qui avait empiété sur son territoire. Sa pitoyable race n'avait eut que ce qu'elle méritait, et encore avait-il eut de la chance que le mordu en vienne à abréger ses souffrances d'un seul coup de crocs. Quel dommage ... la souffrance était un sentiment si plaisant à lire dans leur regard ...

Wolfyiel fixait son rival d'un soir, ses prunelles sauvages transperçant son regard azur et le mettant au défi de s'attaquer à lui. Qu'allait-il faire après la provocation que lui avait envoyée le mâle dominant ? S'il n'était plus qu'un chien, comme beaucoup de lycanthropes aujourd'hui, il se courberait et geindrait pour avoir la vie sauve. Diable, ce qu'il détestait avoir la victoire facile. En revanche, s'il se voyait plus comme le loup qui parcourait son corps et ses veines, son honneur compterait bien plus que sa vie. Les loups étaient bien connus pour être fiers, et indomptables ... et la réponse ne tarda pas à venir car l'attitude du mâle se fit agressif.

Le poil hérissé et les crocs dévoilés, le mordu s'était mit à tourner autour de Wolfyiel qui avait suivit le mouvement, prêt à le cueillir lorsqu'il sauterait sur lui. Non, il fallait s'attendre à tout. Il n'affrontait pas un humain, mais bel et bien un immortel issu de sa branche. Soudainement, le corps de son adversaire se courba légèrement, et le noble maudit sauta de côté pour éviter les crocs qui allaient transpercer sa patte arrière. Il fit volte-face, ses mâchoires claquant également près de l'épaule de son rival qui avait également fait un bond de côté pour éviter l'attaque.
Wolfyiel grogna doucement, une lueur amusée brillant dans son regard malsain, telle une flamme dévorant tout espoir. Ses crocs dégoulinaient de sang, prêts à déchiqueter de nouveau la chair.


* La lune est si belle ... Profitons-en. *


La bête décrivait toujours des cercles quand il se jeta sur son adversaire. Les crocs claquèrent de nouveau des deux côtés, frôlant les fourrures, manquant les pattes. Les deux mâles faisaient preuve d'agilité. Wolfyiel força alors l'italien à reculer en l'attaquant sans s'arrêter, les griffes lacérant les deux individus avec sauvagerie, et finit par le faire tomber. Ils roulèrent sur le sol en grognant et leur course s'arrêta contre un tronc d'arbre couché dans le feuillage. Wolfyiel n'attendit pas, il se redressa en même temps que son adversaire et le chargeât à nouveau de tout son poids, l'impact brutal donnant l'avantage au dominant qui planta ses crocs entre l'épaule et la gorge, arrachant un gémissement à sa proie. Il se retrouva alors à quatre pattes près du corps qu'il maintenait au sol, sa prise ferme et déterminée alors qu'il le trainait et le secouait pour lui prouver sa supériorité.
Son épaisse fourrure était un peu tâchée de son sang malgré la protection qu'elle lui offrait. Efficace contre les vampires, moins contre ceux de sa race.
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MessageSujet: Re: Au clair de la Lune, mon ami Pierrot...   Sam 11 Fév - 1:16

Comme il fallait s'y attendre, le combat s'annonça rude pour l'Italien. Dominé en force, il n'en démontrait pas moins une féroce envie d'en découdre, peu disposé à se laisser mettre en charpie. Il fit preuve d'agilité et de précision, parvenant à rendre les coups de griffes de son ennemi. Des sillons sanglants tachaient de rouge les fourrures des deux lycans, là où les griffes et les crocs lacéraient les chairs. Les bois résonnaient des terribles grognements et aboiement de rage de ces deux enfants de Lucifer.

La concentration de Corteo vacilla quand il reçu une griffure douloureuse au museau, ce qui permit aussitôt au Sang Pur de prendre l'avantage, avançant sur lui, l'assaillant de tout côté en claquant des mâchoires. Forcé de reculer, Corteo perdît l'équilibre. Il roula avec son adversaire et se reçu durement contre un tronc d'arbre. Aussitôt, il sentît la terrible morsure lui déchirer l'encolure, un jappement de rage et de douleur lui échappa. Pesant de tout son poids, le Sang Pur consacrait toute son énergie à le maintenir au sol, le secouant, le traînant... Corteo était en fâcheuse posture.

Mais il en fallait plus pour venir à bout de l'italien, et alors que leurs regards se croisaient, ce n'est pas de la résignation et du désespoir que le Sang Pur pouvait alors lire dans ses yeux, mais une lueur de rage et de défit plus flamboyante que jamais. Faisant fît de la douleur brûlante à son épaule, l'italien se secoua en tout sens avec une énergie digne d'un démon des Enfers, labourant de ses griffes le corps de son ennemi, lacérant sa chair tandis que ses propres mouvements pour se dégager lui causaient de terribles souffrances là où l'adversaire gardait ses crocs cruellement plantés. Bondissant sous le poids du Sang Pur, il parvînt enfin à le déloger en le cognant brutalement contre un arbre.

Sans attendre, Corteo riposta. Le Sang Pur avait-il pensé qu'il pourrait vaincre aussi facilement ? Bien déterminé à lui prouver sa valeur, l'Italien se rua sur lui, sa force et sa rage décuplées par la douleur. Ses griffes s'abattirent sur la gueule du Sang Pur, et ses crocs acérés se refermèrent cruellement sur sa patte avant, perforant profondément la chair. Ce fut au tour de son ennemi de crier sa douleur.

Corteo sentit ce sang soit-disant noble couler dans sa gueule. Il lâcha prise et attaqua de nouveau, visant l'épaule qu'il entailla de ses crocs, sans toutefois causer de blessure aussi efficace que celle qu'il avait portée à la patte.
Il évita de justesse la riposte du Sang Pur, et les deux lycans échangèrent de nouveaux coups de griffes, les crocs cherchant la chair qui se dérobait à la dernière seconde. Bondissant de côté, Corteo recula juste assez pour se mettre hors de portée.

Se jaugeant mutuellement, les deux Lycans purent reprendre leur souffle après cet échange aussi sanglant que fulgurant.

Corteo était en piteux état. Sa fourrure en bataille était poisseuse, couverte de sang et de terre. Sa chair était lacérée là où les griffes l'avaient atteint, autant de cuisantes estafilades. Mais surtout, sa blessure à l'épaule saignait abondamment, profonde et béante, elle l'handicapait, lui causait une douleur terrible qui l'envahissait par vagues successives et nauséeuses. Il fallait toute la force de sa volonté et de sa fierté pour empêcher ses pattes tendues de céder aux tremblements qui les parcouraient. Il était épuisé, mais sa fierté était toujours aussi ardente et déterminée. C'était un guerrier. Jamais il ne se soumettrait. Plutôt mourir que d'offrir cette satisfaction au Sang Pur.

Ce dernier d'ailleurs était tout aussi souillé que l'Italien. Son corps robuste était tout aussi marqué par les coups de griffes, et la blessure à sa patte, bien que moins importante que celle causée au cou de Corteo, n'en demeurait pas moins très vilaine.

Désirait-il poursuivre ce combat absurde ? Si tel était le cas, même s'il gagnerait probablement, il n'en sortirait pas indemne, et cela, il avait dû le comprendre. De son côté, Corteo l'attendait de pied ferme, résolu à lutter jusqu'au bout si nécessaire. Mais il était conscient qu'un nouvel assaut avait toute les chances de lui être fatal, avec cette blessure qui l'affaiblissait et le vidait de son sang. Sa lutte pour se dégager des crocs du Sang Pur avait salement arrangé la morsure, déjà profonde. Déjà, il bandait sa volonté pour chasser les vertiges qui assaillaient sa vision.

L'odeur du sang était omniprésente. C'était même amusant : une lutte ayant pour fond la supériorité d'un sang sur un autre, et qui résultait à un mélange de ces deux sangs. Celui du Mordu et du Sang Pur se mêlaient dans leurs poils, sur leurs crocs, leurs griffes, sur le sol et les troncs qu'ils avaient percutés. Et à ce sang infernal se mêlait celui de l'humain qui gisait non loin de là. Le parfum doucereux et entêtant de ce nectar, dont raffolaient les vampires, couvrait jusqu'à l'odeur de bois et d'humus qui embaumait la forêt à cette heure nocturne.
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Wolfyiel Sweihtter
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MessageSujet: Re: Au clair de la Lune, mon ami Pierrot...   Jeu 23 Fév - 19:20

Le mordu avait été trainé dans le feuillage sombre des bois, son sang tâchant le sol et s'infiltrant dans la terre alors qu'il était secoué, mais cela n'avait guère duré bien longtemps. Lorsque leurs regards s'étaient à nouveau croisés, Wolfyiel avait pu voir la sauvagerie briller dans les prunelles bestiales de l'Italien qu'il affrontait. Il n'abandonnerait pas, à moins d'être tué.

Cet instant lu valu d'être repoussé, son adversaire profitant de son poids pour lui faire percuter l'arbre qui se trouvait derrière eux. Le loup blanc n'eut pas le temps d'éviter l'attaque, les griffes entaillèrent le côté de son museau et les crocs transperçèrent sa patte. Un couinement rauque vint à trahir sa douleur, et il grogna en ripostant. Son épaule fut touchée par les crocs adverses, et les siens manquèrent de peu leur cible, claquant sinistrement dans le vide. Si ce chien galeux pensait pouvoir gagner, il se mettait la patte dans l'oeil. Ce dernier fit alors un bond qui lui permit de se retrouver hors de portée, et les deux bestiaux purent reprendre leur souffle.

Les attaques avaient été rapides, sauvages. Les fourrures étaient souillées par la terre et le sang de l'autre, certaines feuilles venues se coller dans leurs poils durant leur affrontement.

Ils se regardaient à présent, n'ayant que leurs grondements pour déchirer le silence oppressant qui régnait dans les bois sombres de cette nuit gouvernée par la mère-lune. Wolfyiel examina alors son adversaire tout en tournant autour de lui, la douleur de sa patte lui faisant plisser ses yeux remplis de haine. Son état empirait, il se vidait de son sang et il ne devait grâce qu'à sa volonté d'acier de pouvoir tenir encore debout après l'assaut violent que son corps avait reçu.

Tournant toujours autour de lui, il grogna à nouveau en dévoilant ses crocs meurtriers, comme prêt à achever ce mâle qui lui faisait face. En réalité il s'amusait, Wolfyiel avait toujours aimé se battre, c'était dans ses gênes. La violence des échanges, le gout du sang ... il s'en délectait. C'était un retour à la nature, à l'instinct qui était en lui.


* Tu tiens encore debout ? Impressionnant. * Il le flatta, même si l'ont pouvait discerner une pointe de provocation dans ses paroles mentales.

Le loup blanc ne le quittait pas des yeux, se montrant bien patient face au blessé qui voyait ses forces diminuer au fil des minutes. Combien de temps parviendrait-il encore à rester conscient ? Un dernier assaut suffirait-il à le mettre hors d'état de combattre ? La fourrure hérissée et les muscles prêts à bondir, il redressa ses oreilles jusqu'alors plaquées sur son crâne et s'arrêta, à l'affût.
Quelqu'un les observait ... Et il ne faisait aucun doute que le perdant servirait de repas à ce qui était tapis derrière les arbres.

Un humain n'oserait point s'aventurer dans de pareils bois, encore moins à s'approcher de deux bêtes en train de s'affronter. La sauvagerie qu'ils dégageaient, la puissance qui se reflétait en eux, auraient suffit à le mettre en déroute.
Un loup solitaire ? Non. Wolfyiel ou son adversaire d'un soir aurait détecté sa présence, même en plein milieu du combat. Ils dégageaient une odeur assez forte pour l'odorat d'un loup, bien que loin d'être déplaisante puisque cela faisait parti de leur charme.
Ou peut-être ... Un vampire ici alors que la lune, pleine et rayonnante, était haute dans le ciel ? Impossible. Il fallait être suicidaire pour oser s'approcher de deux loups en plein affrontement ... Ou être vraiment très puissant.

Le loup blanc ne parvenait pas à savoir où il se trouvait, l'odeur des sangs mêlés perturbant son odorat et masquant celle de l'individu caché. Il reporta cependant son attention sur l'Italien blessé qui luttait pour rester debout, un adversaire qu'il aimait combattre et qu'il aimerait combattre encore après cette nuit là. Il ne voulait pas prendre le risque de se faire voler sa proie, son rival du soir.


* Veux-tu vivre ou mourir ? *

La question était claire, mais ses intentions restaient quand à elles très floues. Si l'attaquant se ruait sur eux, Wolfyiel savait qu'il s'en sortirait. Mais qu'en serait-il de l'autre mâle blessé ? Il perdait bien trop de sang, et d'une manière ou d'une autre, s'il choisissait d'attaquer, il ne trouverait que la mort. Il n'y avait plus qu'une seule solution, il fallait quitter les bois avant que le mystérieux individus -s'il avait de mauvaises intentions- ne passe à l'action.


* Je te propose de remettre ce combat à plus tard et de sortir des bois, nous ne sommes pas seuls. *

Le prussien habitait non loin des bois mais ne lui proposa pas l'hospice et n'en dit d'ailleurs pas un mot, aussi lui suggérait-il une trêve temporaire afin de lui laisser l'occasion de récupérer un peu.
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MessageSujet: Re: Au clair de la Lune, mon ami Pierrot...   Ven 24 Fév - 21:02

"Veux-tu vivre ou mourir ?"

Ces paroles raisonnèrent dans l'esprit du lycan blessé. Lui aussi avait sentit cette étrange présence, tapie dans la brume, à peut-être quelques mètres à peine des deux rivaux. Mais son attention étant fixée sur le Sang Pur, il n'y avait guère prêté plus d'attention jusque maintenant. Mais cette chose s'était rapprochée, et à présent elle semblait même troubler son adversaire. Une créature soit complètement stupide, soit très sûre d'elle, pour oser s'approcher ainsi.

Levant lentement la tête, ses oreilles, à l'instar de celles du Sang Pur, retrouvant une position verticale, il abandonna prudemment son ennemi du regard pour inspecter brièvement les environs. Mais hormis les silhouettes noires des arbres émergeant de cette brume opaque et fantomatique, et la clairière où ils avaient lutté, et qui était complètement ravagée, le sol tâché de sang et labouré de traces de griffes, il n'y avait rien à voir. Pourtant, cette présence était palpable, et les deux lycans se sentaient couvés par un regard extérieur et surnaturel. Trop d'odeurs pour déceler celle de l'intrus, ou bien même n'en dégageait-il aucune ? Quel immortel était assez puissant et ancien pour errer ainsi, tel un spectre, sans laisser rien d'autre de son passage que son aura mystérieuse ?

Quel était ce sentiment étrange qui s'insinuait dans l'esprit de Corteo ? Etait-ce la douleur ou la perte de sang qui causaient ainsi son trouble ?

Le guerrier au fond de lui se ressaisit. Il n'était pas homme à se laisser dominer par ses peurs ou ses angoisses. Néanmoins, cette présence inconnue pouvait représenter une menace, et son apparition avait au moins permit à la Raison de l'Italien de prendre le pas sur sa fierté de guerrier, qui avait tendance à le conduire un peu trop souvent, et inutilement, aux portes de la Mort.

Le Sang Pur proposait une trève. Il était plus sage d'accepter. Ils se retrouveraient bien assez vite, de toute façon. C'était un adversaire de taille, comme Corteo aimait à les combattre. Cette fois-ci, le compte des blessures était en la faveur de son ennemi, mais il prendrait sa revanche une autre fois.

Il ne connaissait pas son visage humain, ni son nom. Mais ce sont des choses qui n'ont guère d'importance, entre lycans. L'odeur et l'instinct leur suffiraient pour se reconnaître aussitôt, si un jour leur chemins se croisaient à nouveau. L'occasion se présenterait alors une nouvelle fois de tirer l'épée ou montrer les crocs.

Corteo regarda son adversaire droit dans les yeux, une dernière bravade avant de se séparer. Son honneur était sauf , et cette rencontre, loin d'être terminée, n'était que reportée. Une certaine excitation s'insinuait en lui à l'idée d'avoir trouvé un adversaire à sa mesure, avec qui les jours, les semaines à venir promettaient un peu de piment. Un guerrier n'est rien sans un ennemi à combattre. Et il n'y a rien à gagner à combattre un ennemi faible. Malgré sa blessure, l'exaltation du combat était bien là, au fond de lui, et il sentait que son adversaire, sous son attitude hautaine, devait ressentir ce même goût de l'affrontement.

Un bruit sec s'éleva quelque part, comme d'une branche qui casse, et son écho se répercuta entre les arbres squelettiques et les ombres de la nuit. Ce bruit marqua leur séparation. Contournant le Sang Pur, sans le quitter des yeux, Corteo s' éloigna d'une démarche prudente et aux aguets, et bientôt l'éclat azur de ses yeux s'évanouit dans les voiles opaques du brouillard, laissant son adversaire seul dans la clairière. Resterait-il pour affronter l'intrus, ou bien partirait-il lui aussi ?

Le loup aux yeux bleus claudiqua jusqu'à l'endroit où il avait affronté les deux bandits un peu plus tôt. Le cadavre dépecé par ses crocs était toujours là, mais semblait avoir été bougé. Sans doute quelque renard s'était aventuré à profiter de cette chair offerte.

Epuisé, affaiblit par sa blessure, le loup s'effondra au pied de l'arbre où ses vêtements étaient accrochés. Il se sentait trop mal en point pour bouger dans l'immédiat, et posa alors sa tête sur ses pattes avant, après s'être assuré, en flairant l'air ambiant, qu'il était bien seul. L'odeur du Sang Pur avait disparu depuis un moment, sans doute était-il lui aussi parti. Quant à la fameuse présence étrangère, elle semblait s'être évaporée. En tout cas, Corteo ne ressentait plus ce malaise qui s'était emparé de lui un peu plus tôt.

Il resta une bonne demi heure immobile au pied de l'arbre, avant de trouver la force de se retransformer en humain. Il s'habilla prestement, pas mécontent de retrouver le poids familier de sa rapière contre sa hanche, et fouilla le campement des brigands à la recherche d'une gourde d'eau pour nettoyer sa blessure à l'épaule. La chair se régénèrerait d'elle-même, et la plaie se fermerait complètement d'ici quelques heures. C'était l'avantage des immortels. Quand le soleil atteindrait son zénith, il ne resterait de cette horrible blessure qu'une légère trace sur la peau, qui disparaîtrait complètement par la suite.

Bon, il fallait rentrer à Paris maintenant.

Errant dans les bois, l'Italien se rapprocha de la route. La chance lui sourit en la personne d'un bandit de grand chemin tapi derrière un buisson. Cet homme, bien bâti et armé d'un tromblon, s'était assoupi alors qu'il devait probablement surveiller le passage d'éventuels marchands matinaux. Mais l'air était frais, et le jour pas encore levé. Son cheval était attaché non loin de là, et c'était tout ce qui comptait.

N'ayant ni l'envie, ni la force de mener un nouveau combat, Corteo se montra moins magnanime que d'ordinaire, et à peine le brigand ouvrit-il les yeux en l'entendant approcher qu'il les referma aussitôt, l'acier d'une dague perforant sa gorge. L'Italien essuya sa lame sur les vêtements de l'homme, et enfourcha la monture avec une petite grimace de douleur quand il dût se hisser en selle à la force de son bras blessé.

Sous le ciel rosissant de l'aurore, il regagna la ville au grand galop, des questions plein la tête et une excitation purement guerrière dans le cœur, à l'idée de retrouver son rival.
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