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 Et pour quelques tombes de plus...

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Lizbeth C. Valentyne
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MessageSujet: Et pour quelques tombes de plus...   Mer 16 Nov - 19:47

« La tombe ferme un ciel pour en ouvrir un autre. »
Sully Prudhomme


« Et, voyez-vous, le plus amusant dans tout cela est sans nul doute possible le fait que… »

Pitié faites le taire ! se disait la marquise depuis que ce comte avait commencé à lui narrer diverses histoires qu’elle n’avait…pas écoutées cela va de soi. Dieu ce qu’elle se sentait malchanceuse. Elle n’avait rien demandé, absolument rien. Elle se fichait éperdument de l’existence de cet homme alors pourquoi diable venait-il de l’interpeller pour lui raconter diverses histoires plus inintéressantes les unes que les autres ? Elle avait bien cessé de suivre dès lors qu’il était passé de sa si noble famille et de toute ses richesses pour dérivé sur un sujet tout autre. Ses dires tournaient autour d’un mercenaire de retour à Paris lorsqu’elle laissa son esprit s’éteindre à sa voix. Si la vie de sa compagnie actuelle ne l’intéressait guère, celle d’un mercenaire qu’elle ne verrait jamais –du moins le pensait-elle- était chose pour laquelle elle n’aurait jamais quelconque pensée. Pas même lorsque l’ennuie s’emparait de chaque parcelle de son corps, comme s’était présentement le cas.

Négligemment, sa tête pris appuie contre la vitre de la grande fenêtre à coté de laquelle elle était postée. Les dires les plus intéressants au monde qu’on lui compte apportent l’ennuie…L’ennuie apporte la fatigue. Qu’importe qu’elle scrute l’extérieur, ces sentiments restent car rien, pas même un tout petit détail, ne parvient à intéresser ses esprits. Qu’importe combien ce si désagréable astre solaire brillait au dehors, si seulement elle pouvait être dans cet extérieur qu’elle contemplait avec une secrète envie…Mais non, les règles de convenances, encore et toujours, l’empêchait de s’adonner à ce qu’elle désirait faire. Si elle avait été humaine, se dire que la vie était trop courte aurait constitué l’excuse parfaite pour qu’elle se permette de s’éclipser en trouvant quelconque excuse à cet homme pour qui son intérêt ne dépassait guère la barre des…Zéro. Si ennuyeux…

C’est un réflexe, si petit, si minuscule, si anodin pour elle qui la tira de ce véritable calvaire. Si l’ennuie apporte la fatigue, cette dernière, qu’apporte-t-elle ? Pour l’Infant ce fût un soupçon de liberté dicté par les chaînes même l’accrochant à tout ce qui l’empêchait de bouger jusqu’alors. Comme toute personne convenable, elle avait porté à sa main à sa bouche pour bailler, de la façon la plus discrète possible cela va de soi, et la seul conclusion que ce sot face à elle pu en tirer, c’était qu’elle était fatiguée du voyage duquel elle venait de revenir. Elle se demandait bien comment il avait pu en arriver à une telle conclusion. Elle n’était pas partie depuis quelques temps…Mais il est vrai qu’elle s’était appliquée à éviter cet homme. Ainsi son statut de marquise l’avait poussé à s’imaginer tel scénario…Pour se rassurer. Sans doute. Lizbeth ne voyait que ça. Et en toute honnêteté elle n’avait nullement l’intention de le contredire. Elle n’allait pas décliner telle invitation à rejoindre cette liberté qui la fit tant rêver le temps de cette conversation…Ou plutôt de ce monologue interminable. Sous la proposition de ce comte, elle passa donc son chemin pour aller « se reposer comme il se doit ».

Quelques minutes plus tard elle était dehors, respirant l’air frais et maudissant juste le beau temps. Son côté humain avait beau accepter sans mal les rayons de l’astre sur sa peau, son coté vampire lui faisait préféré la pluie au beau temps. Peut-être était-ce une simple marque de respect pour son paternel qui l’avait poussé à éviter le soleil tant qu’elle le pouvait…Dans le fond elle ne savait pas trop elle-même.

C’est dans toutes sortes d’étranges pensées qu’elle s’était perdue lors de sa promenade, à la recherche de plus intéressant à faire. Particulièrement, elle songeait à ses dernières rencontres, ou les derniers contacts qu’elle avait pu avoir…En particulier avec le souverain lui-même, homme qu’elle haïssait et qu’elle s’était juré de briser dès que l’occasion se présenterait. A présent elle se demandait si elle en serait vraiment capable. Les choses n’étaient pas si simples…Et même si l’idée d’y parvenir avec facilité la dérangeait, la difficulté s’avérait peut-être trop haute. Comment saisir l’inaccessible ? Chaque problème a sa solution, aussi ardue puisse-t-elle à dénicher. Elle n’avait jamais abandonné face à l’adversité. Une fois encore, elle se devait de persévéré et ainsi Elle trouverait surement de quoi…
    « Aïe. »
Se perdre dans ses pensées lors d’une promenade qui se termine dans les rues de Paris, quelle mauvaise idée. Il n’y avait rien de tel pour heurter quelques personnages douteux. Il était bien sur évident qu’elle terminerait sa petite promenade dans les rues de Paris, elle n’allait pas tourner en rond autour du château des heures durant. Mais de là à terminer dans ce genre de quartier délabré et quasi à l’abandon…C’était vraiment jouer là de malchance. Un regard autour d’elle lui confirma que le coin n’était ni des plus fréquenté…Ni des plus fréquentables. Elle voyait bien à l’état des habitations qu’elles n’étaient en rien entretenues…Bien au contraire. Les divers déchets se baladant çà et là, prouvant bien qu’il y avait de la vie dans ce lieux sordide, prouvaient à la marquise que le lieu ne s’en porterait que mieux à l’abandon qu’habité par les diverses irrespectueuses personnes vivant ici.

Et d’ailleurs, en parlant de ces personnes, n’était-ce pas dans l’une d’elle qu’elle s’était cognée sans prendre le soin de s’excuser comme il se doit ? Son regard sanguin quitta le paysage dépravé pour se poser droit devant…Un peu plus haut droit devant –Dieu, elle commençait à haïr sa taille !- mais les excuses qu’elle comptait lui présenter restèrent coincées bien profondément dans sa gorge. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il était effrayant, et qu’il avait sans nul doute connu plus d’horreur que Lizbeth n’en connaitrait jamais dans sa vie allongée par le sang hybride qui coulait sans ses veines. Deux grosses cicatrices se promenaient sur son visage, d’autres étaient partiellement visibles sur ses bras. Aucun ne doute ; elle n’avait pas le luxe de pouvoir toutes les contempler. Son regard, aussi sombre que ses cheveux, posé sur la marquise n’inspirait en rien la compréhension. Etait-ce un mélange de rage et de mépris qu’elle lisait dans ce sombre ouvrage humain ? L’idée de s’attarder ici était sans conteste la plus mauvaise de toute, l’idée de rentrer au château lui paraissait ainsi la plus lucide, mais les hommes –ou femme peut-être, bien que ce soit juste improbable- qu’elle entendait se placer dans son dos n’étaient surement pas d’accord avec cette solution. Ils la bloquaient, inéluctablement.

Bien…Essayer les excuses était donc la solution la plus censée. Nul doute que la moitié d’enfant de la nuit qui coulait en elle aurait pu se charger de ses rustres avec une aisance déconcertante, mais le soleil trônant fièrement dans le ciel l’en empêchait clairement. Non pas qu’il baissait les capacités de la vampire, ou les rendait inexistantes comme un Infant loup sans lune, mais agir alors qu’il pourrait y avoir quelconque témoin était en définitive une mauvaise idée. Soupirant intérieurement, elle s’appliqua donc à sa solution première sans véritablement croire qu’elle changerait quoi que ce soit à sa situation. Elle s’inclina donc, comme le voulait l’éthique, avant de prendre la parole.
    « Veuillez… » commença-t-elle sans pouvoir terminer sa phrase.
    « Mais qu’avons-nous là ? » la coupa l’homme en se saisissant de son poignet, la forçant ainsi à se redresser. « N’est-ce pas une dame de la cour ? Nous manquions justement de distraction, n’est-ce pas ? »
Un sourire mauvais s’étirait sur ses lèvres alors que les deux autres derrière lui acquiesçaient. Lizbeth quant à elle le dévisageait avec cet air neutre qui lui sied si bien. Déconcertant. Il est déconcertant de voir qu’un stratagème d’intimidation n’est pas mené à bien. Bien au contraire d’ailleurs. Son regard vermeil allant de l’homme, le fixant droit dans les yeux sans aucune peur, à son poignet, retenu prisonnier par les phalanges du criminel en herbe, elle finit par plonger un regard noir ans les orbes ténébreuses du propriétaire des dites phalanges afin de bien lui faire comprendre qu’il avait tout intérêt à rendre sa liberté à son frêle poignet. Son sourire ne se faisant que plus carnassier, elle prit en main la libération du pauvre prisonnier qu’était son membre.

Levant bien haut sa main libre de tout geste, la paume de sa main vint violement percuter la joue du rustre qui avait un peu trop joué avec le feu de glace qu’était la belle. Le bruit de l’impact résonna dans la rue, et il ne put que la lâcher, tant sur le coup de la surprise que sur celui de la douleur qui brulait à présent la partie droite de son visage, à présent représentatif de la surprise par les traits qu’il abordait. Ceux de la blanche vampire, quant à eux étaient à présent plus froids, plus durs. Et joignant la parole au geste, son franc parlé résonna haut et fort dans ce quartier pourtant regorgeant de milles dangers pour les gens comme elle.
    « Ne me touchez pas ! »
A présent, en plus d’avoir été irrespectueuse, elle l’avait probablement mis en colère, mais ne s’en souciait guère. Bien consciente qu’elle aurait des problèmes, elle cherchait à présent une solution de secours, en se disant que ses actes auraient le mérite de donner une bonne raison à ses hommes de tenter de lui faire du mal. Il était de toute façon totalement exclu qu’elle ne réagisse pas après qu’il ait osé se comporter de la sorte avec elle. Ce n’était pas son statut de femme qui m’empêcherait de réagir ou de dire sa façon de penser. Nombre d’hommes auraient pourtant juré que si avant de gouter à son caractère particulier, nul doute que leur rencontre avec Lizbeth leur laissait à chacun un bien amer souvenir de cette rose aux épines aiguisées.

Mais l’heure n’était pas à se remémorer les vieux souvenirs…Elle était au beau milieu de la création d’un de ces nouveau fragment de passé qui resterait un long moment ancré en elle…Probablement. Ce serait du moins le cas si elle ne trouvait pas le moyen de se tirer en beauté de cette bien incommodante situation. Et elle avait beau y songer, et retourner le problème de bien des façons dans sa tête, une seule jusqu’ici lui paraissait aussi appropriée qu’efficace…Bien que très peu louable ; courir. Elle s’y appliqua donc sans autre forme de procès dans l’espoir de n’avoir bientôt plus ces trois hommes à ses trousses. Et dire qu’elle aurait pu juste les mordre si sa mère la nuit était tombée ! S’il y avait bien une chose qu’elle pouvait retenir de cette aventure, c’était qu’elle ne devait plus trainer dans les rues de Paris l’esprit totalement ailleurs…Sauf s’il fait nuit.

Mais soit. Laissons à plus tard les futurs problèmes qu’elle s’attirera sans l’ombre d’un doute pour se concentrer sur ceux qu’elle a en ce moment même. Le paysage avait beau défiler, encore et encore, changer, s’embellir, redevenir plus sombre encore, ces bruits de pas derrière elle se cessaient d’atteindre ses oreilles, de même que toutes les mauvaises paroles potées à son attention. Elle ne pouvait d’ailleurs qu’admirer la ténacité qui les animait…Et se sentir flattée qu’ils se donnent tant de mal pour faire regretter ses paroles et son geste à la petite peste qu’elle avait été envers l’un d’eux. Mais d’un autre coté elle n’aspirait qu’à avoir la paix à présent !

Ainsi, c’est sans réfléchir qu’elle pénétra dans le cimetière après avoir couru un long, très long moment, sentant l’odeur d’une race qui pourrait aussi bien lui venir en aide que lui lacérer la gorge. Un lycan. Qui ne tente rien n’a rien après tout. Et bien sûr ils l’avaient suivie dans ce lieux de repos pour toutes les âmes ayant fait leur temps sur terre. Ce que ces humains pouvaient être endurants ! Mais sous peu cela ne serait plus un problème…Soi parce qu’on lui viendrait en aide, soit parce qu’on en aurait fini avec elle. Les Lycans sont les ennemis des Vampires. Mais d’un autre côté, n’était pas totalement une vampire, peut-être ne sentirait-il pas son odeur ? Après tout celles des Infants se voulait plus douce, plus discrète…Parce qu’une part d’humaine résidait aussi en elle.
    « S’il vous plait, aidez-moi ! » avait-elle crié à l’intention de l’homme loup.
Réduisant encore un peu la distance entre eux deux, elle s’était tout de même arrêtée à un bon mètre de lui, l’implorant du regard, un incorruptible masque d’émotion sur le visage. Et derrière elle, ses trois poursuivants arrivaient à leur tour…Essoufflés, mais présents. Elle ne pouvait qu’admirer leur ténacité. Quelle dommage qu’elle soit mise à contribution dans une si mauvaise cause que de s’en prendre à de pauvres demoiselles sans défense…Enfin, sans défense…De façon officielle, quoi.



Kit by my Love *w* ♥️



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MessageSujet: Re: Et pour quelques tombes de plus...   Mer 16 Nov - 22:37

Ah... Paris...

Comme il fallait s'y attendre, la ville s'était étendue, étalée sur les bords de la Seine, gravissant les hauteurs environnantes. Cela faisait une semaine que Corteo était revenu dans la capitale de France, dans laquelle il n'avait pas remis les pieds depuis près d'un siècle. Le centre, l'Ile de la Cité, n'avait pas énormément changé. Notre-Dame trônait toujours, se reflétant dans les eaux verdâtres du fleuve. Comme la dernière fois, Corteo était resté près de deux heures sur le parvis, admirant l'édifice. Il fallait bien céder cela aux religieux : ils étaient doués pour empiler les pierres les unes sur les autres. Mais pour le reste... Eh bien, les prêtres des grandes villes offraient généralement une chair succulente, quoique pas toujours très saine. Trop grasse, sans doute.

Les quartiers riches, où germaient des dizaines de belles demeures et d'hôtels particuliers s'étaient embellis, témoignages ostentatoires de la frivolité d'une époque où l'apparence était reine. Les façades se paraient de sculptures, de statues grecques, de fleurs exotiques, en telle abondance que cela en devenait parfois - même souvent - grotesque. Il voyait des domestiques aux abords de ces résidences, qui arboraient des livrées qui auraient fait pâlir d'envie un comte ou un duc il y avait encore une cinquantaine d'années. Il voyait les carrosses de nobles ou de bourgeois qui croulaient sous les dorures et d'énormes parures de voilages ou de plumes. Si Corteo avait été un cheval, il aurait préféré mourir de faim plutôt que d'être attelé à pareils engins.

*Quelle époque...* se dit-il.

Les quartiers plus pauvres également avaient changés. Plus vastes, plus chaotiques, plus délabrés, puant encore davantage que dans ses souvenirs... Une odeur de détritus, de pourriture, d'égout, de maladie, d’excréments, d'urine... Il était exclu d'y respirer par le nez, à fortiori quand on était un lycan avec un odorat aussi développé que le Milanais. Des taudis s'étaient construits à la va-vite, sans soucis d'ordre ou de lignes droites, s'empilant les uns sur les autres, s'effondrant les uns sur les autres, un labyrinthe de ruelles à peine assez larges parfois pour y évoluer sans se mettre de profil. Corteo s'y perdit rapidement. Toujours plus de mendiants dans les rues, de tire-laine, traîne-savate et va-nu-pieds en tout genre. Des catins qui ne prenaient même plus la peine de lacer leurs corsages, et évoluaient à moitié nue au milieu de ces pauvres âmes perdues. Elles ne prenaient même plus la peine de se cacher pour travailler, et par trois fois, Corteo se vit obligé de faire un détour pour contourner des couples en pleine action au milieu des allées. Mais cela, ce n'était guère nouveau. C'était même des scènes courantes dans les bas-quartier de toute grande cité, et cela depuis des siècles. Corteo avait encore en tête les ruelles de Rome sous Alexandre VI.

Il avait trouvé de quoi se loger dans une élégante auberge, où il disposait de deux pièces au deuxième étage. C'était un endroit calme, propre et bien tenu, et la fenêtre de sa chambre lui offrait la vue sur la cathédrale, ce qui l'agaçait et le ravissait à la fois.

Le troisième soir, alors qu'il se trouvait dans une taverne près des quais de la Seine, un groupe de malandrins éméchés chercha querelle au tavernier. Une bagarre éclata vite, et évidemment, Corteo n'avait pas su faire autrement que de s'en mêler, ce qui offrit aux badauds un sympathique spectacle de ses capacités en la matière, si bien que son nom commença à circuler... Beaucoup trop tôt au goût du jeune homme, qui avait encore une chose importante à faire avant de se faire connaître. Cet incident bouleversait ses plans...

Dès le lendemain, un comte quelconque aux allures pompeuses lui offrît une petite somme pour escorter un convoi d'argent depuis son hôtel particulier jusqu'à un petit monastère en dehors des murs de Paris. La présence du mercenaire Italien ne fut pas de trop pour mater une horde de voleurs, à peine le convoi s'était-il éloigné de la cité. Ce qui ne fit qu'accroître sa notoriété...
Il était plus que temps qu'il règle ce qu'il avait à faire, sous peine d'éveiller de dérangeants soupçons quant à la présence de son nom sur une certaine tombe d'un des cimetière de Paris...

Un siècle plus tôt, souhaitant quitter le service de François 1er, Corteo n'avait eut d'autre choix que de simuler sa propre mort. Un tombeau avait donc été érigé à son nom, dans lequel Corteo avait entreposé quelques affaires. Seulement, à présent, son nom sur cette tombe risquait d'intriguer les plus curieux.

C'est en une fin d'après-midi qu'il se rendit au cimetière, muni d'une besace, à une heure où les visiteurs se faisaient plus rares, mais avant que le gardien de nuit ne commence ses rondes. Il lui fallu un petit moment pour retrouver son caveau parmi les nombreuses nouvelles tombes, et il commençait à craindre qu'on l'eût détruit quand enfin, il le trouva. le temps l'avait usé, mais l'inscription était encore trop lisible à son goût :

DON CORTEO GALLIERI DE LODI
CAPITAINE DE LA GARDE ROYALE
?-1532

Après s'être assuré que personne n'errait dans les allées avoisinantes, Corteo ouvrit la porte du caveau et se glissa à l'intérieur. Allumant une bougie, après avoir chassé de la main les toiles d'araignées qui occupaient cet espace confiné puant la mort, il déplaça les dalles sous le cercueil de pierre, dans lequel reposait le squelette d'un soldat ayant servit sous ses ordres à l'époque. Il y avait un espace caché sous la sépulture, où étaient soigneusement dissimulé une lourde et solide malle. Corteo en vérifia le contenu : des dizaines de carnets reliés en cuir, trois sacs remplis de pièces d'or et d'argent, ainsi que divers objets, dont des armes et l'armure qu'il portait à l'époque, frappée du blason de François 1er.

Corteo remplit sa propre bourse avec une poignée de pièces d'or. Cette monnaie n'avait plus cours, mais il pouvait toujours faire fondre l'or. Il déposa ensuite cinq nouveaux carnets aux côtés des autres, puis referma la malle, la verrouilla, et la replaça dans sa cachette. Après avoir remis les dalles en place, il sorti de la sépulture.
Il épousseta sa veste pour en chasser la poussière du tombeau, puis sorti de sa besace un maillet, un burin et un vieux chiffon. Il se servit du tissu pour envelopper la tête du burin, ce qui étouffa le bruit des coups de maillet quand il utilisa ces outils pour effacer son nom gravé dans la pierre. L'opération n'était cependant pas insonore, et il dû s'y prendre avec moult précautions.
Il avait presque fini quand son flair lui révéla l'approche de plusieurs personnes.

"Cazzo..."jura-t-il dans sa langue maternelle...

Il s'arrêta pour humer l'air. Il décela quatre odeurs distinctes. Trois d'entre elles puaient, traînant l'odeur des quartiers mal famés de Paris. La quatrième était étrange... Une effluve délicate, féminine, un parfum séduisant... Une jeune fille, de condition aisée sans le moindre doute... Mais cette odeur spéciale, fugitive, qui l'accompagnait... l'odeur du sang, l'odeur de la mort... L'odeur d'un vampire. D'un infant à priori, ou bien d'un tout jeune mordu.

Corteo se redressa, l'air grave. Il se posta au milieu de l'allée, regardant le groupe arriver. La vampire était en tête, visiblement poursuivie par les trois autres. Leurs regards se croisèrent, et un dialogue fugitif et silencieux sembla circuler entre les deux créatures. Tous les deux avaient compris ce qu'était l'autre.

La jeune fille était belle, très belle, comme tout ceux de sa race, et même un peu plus. Son visage n'affichait nulle crainte. Corteo savait d'expérience que même une infant aurait pu se débarrasser en un clin d’œil de ces malandrins, mais le soleil ne s'était pas encore couché. Impossible pour la jeune femme, en plein jour, de tenir tête à ces gueux sans que cela ne semble suspect. En vérité, la seule réelle menace pour la vampire, c'était lui. Il se méfiait des vampires, qu'il savait être de grands manipulateurs sans scrupules. Toutefois il n'avait jamais eu à s'en plaindre personnellement.

Aussi, quand la jeune femme arriva à sa portée, il lui fit une révérence élégante, empreinte d'une légère nonchalance. Plutôt original, au milieu d'un cimetière.

« S’il vous plait, aidez-moi ! » cria-t-elle alors. Quelle bonne comédienne ! Corteo décida d'entrer dans son jeu. Après tout, il n'était pas homme à refuser d'aider une jolie femme, même si cette dernière était en réalité une buveuse de sang.

"Con piacere, Signora."

Il fit un pas en avant, dégainant sa fidèle rapière Milanaise, et se plaçant entre la jeune femme et ses poursuivants, exécuta à leur adresse un salut en amenant sa lame devant son visage avant de la pointer vers eux.

"Quel courage, trois hommes contre une femme sans défense... Et pourtant vous arrivez encore à vous faire distancer ? Luridi codardi... Et moi, souhaitez-vous me dépouiller également ?"

De sa main gauche, il ôta de sa ceinture la bourse pleine d'or, la fit sauter dans sa main, faisant teinter son précieux contenu, et la laissa tomber à ses pieds.

"L'or est là, venez vous servir si c'est ce que vous voulez..."

D'abord interloqués par l'inconnu, les trois voyous reprirent vite courage en entendant le son de la fortune et brandirent leurs armes. Exactement ce que Corteo espérait. Les lèvres de l'Italien s'étirèrent en un sourire carnassier, et ses yeux brillèrent, ravis de la perspective du combat à venir.

Celui-ci s'avéra cependant décevant. L'affaire fut bouclée en à peine deux minutes, et bientôt les trois corps ensanglantés gisaient dans l'allée. Aucun d'eux n'avait finalement montré le moindre intérêt pour le mercenaire Italien, et c'est presque boudeur qu'il essuya sa lame sur la chemise de l'un d'eux avant de ramasser sa bourse et de rapporter son attention sur la jeune femme.
Il la regarda un moment, sans trop savoir quelle attitude adopter avec la vampire, maintenant qu'ils étaient seuls.

"Ravi d'avoir pu vous venir en aide, Signora. J'imagine que vous auriez pu sans problème vous débrouiller seule, mais cela aurait sans doute été lassant de continuer à courir pour faire illusion, en attendant que le soleil se couche, avec ces porci aux trousses. Corteo Gallieri, pour vous servir."

Il lui fit une nouvelle révérence, attendant la suite avec une certaine curiosité teintée de méfiance. C'était une infant, et physiquement, il aurait le dessus en cas d'affrontement. Cependant, elle n'en était pas moins une créature dotée d'une force et d'une rapidité bien supérieure à ces pitoyables humains, et se montrer trop confiant aurait été d'une stupidité alarmante.



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Lizbeth C. Valentyne
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MessageSujet: Re: Et pour quelques tombes de plus...   Sam 19 Nov - 22:01

Cette journée n’avait jamais en rein laissée présager qu’elle prendrait une tournure aussi mystérieuse. Tant effrayante qu’intéressante, captivante. C’était la première fois qu’elle entrait en contact avec un loup. Un vrai loup. Car bien sûr, il y avait Mezariel, mais lui était aussi Infant qu’elle. De plus, leurs premiers contacts n’avaient étés en rien accompagnée d’un danger quelconque puisqu’elle s’était faite au château même, au milieu d’une grande réception et, de surcroit, sous le regard certes désintéressé mais présent du monarque de ce pays. Ainsi cette rencontre s’était faite toute en douceur ou presque. Autant que le manque de tact de l’homme loup aurait ou le permettre du moins. Mais ce n’était pas parce que la soirée avait été quelque peu mouvementée, agitée par des vagues artificielles crées de toutes pièces par ce marquis un peu trop curieux, qu’elle en avait été dangereuse, bien au contraire.

Or, dans la situation actuelle, le danger était bien présent. Très présent, peut-être même un peu trop. Mais n’était-ce pas là ce qui rendait la chose intéressante, atrocement exquise ? Ce loup n’aurait aucun mal à lacérer la gorge de la demoiselle, à lui prendre sa vie sans autre forme de procès avant même que les trois poursuivants de la belle ne les atteignent, pour fuir par la suite ou leur réserver exactement le même traitement. Elle se rendait bien compte que ce fût là jouer littéralement avec le feu, avec la flamme qui animait sa vie, mais l’idée de continuer à courir lui avait fortement déplut, et pour l’instant son cœur semblait toujours battre régulièrement, à une vitesse plus poussée que la normale à cause de la course, n’était-ce donc pas une bonne nouvelle ? Car si cela ne prouvait encore en rien quoi que ce soit à propos de son ressentis envers les vampires, cela montrait au moins qu’il n’était pas des plus violents de sa race. Car nul doute que s’il l’aurait été, Lizbeth ne serait plus là pour avoir de telles pensées à son égard.
    « Con piacere, Signora.. »
Venait-elle de rencontrer un loup aussi serviable qu’indifférent à ce stupide conflit entre les Lycans et les Vampires ? Elle ne pouvait que se considérer horriblement chanceuse dans sa malchance, en ce jour peut-être pas si ennuyeux qu’il n’aurait dû l’être. En même temps que cette pseudo prise de conscience, elle venait de se rendre compte d’un de ces détails qui paraissent soit inaperçu, soit sautent aux yeux immédiatement…Puisque pour elle ce ne fût ni l’un ni l’autre, elle ne sut trop s’il fallait mettre ça sur le dos de son manque d’observation, l’indifférence qu’elle portait sur ce genre de détails ou simplement sa mauvaise habitude d’être ailleurs et de ne pas faire attention à ce qui l’entoure. Non seulement un mot italien venait de sortir de sa bouche, mais en plus l’accent de ce charmant pays était ancré dans les tréfonds de ses cordes vocales. Et étrangement, c’est ce fait qui porta l’attention de la belle sur ses traits physiques, alors qu’en dégainant son arme il était venu se placer entre elle et ses poursuivants, adressant à leur égard un salut qu’ils ne méritaient sans doute guère, alors que sa lame, fidèle compagne de lutte sans doute, s’était placée devant son visage avant d’être pointée vers eux.

Il était plutôt pas mal dans son genre, il fallait bien l’avoué, bien qu’il n’était pas du tout le genre d’homme plaisant à la vampire…Elle les préférait blond et au teint clair, du moins semblerait-il. Lui avait ce teint mâte bien propre à ces gens qui ont grandis en présence d’un beau soleil, et ses cheveux, mi- longs aux yeux de Lizbeth, mais tout de même longs pour un homme, étaient d’un noir profond. Ténébreux, c’était bien là l’adjectif qu’elle lui aurait attribué et qui lui aurait été à merveille si ses yeux n’étaient pas si clairs, si purs. Ils étaient d’un bleu comme elle n’en avait que trop rarement vu auparavant comme un océan dont la clarté aurait été intensifiée par les imposants rayons du soleil. Le tout sur une impressionnante carrure, notons le bien. Il devait faire des ravages auprès de ces dames de Paris. A savoir si l’inverse était vrai aussi…S’était là une toute autre question. Mais soit, l’important n’était pas là.
    « Quel courage, trois hommes contre une femme sans défense... Et pourtant vous arrivez encore à vous faire distancer ? Luridi codardi... Et moi, souhaitez-vous me dépouiller également ? » avait-il dit à l’intention des dits trois hommes en ôtant de sa ceinture une bourse -très certainement pleine au bruit qu’elle fît lorsqu’il la fit sauter dans sa main- pour finalement la laisser rejoindre le seul par la force de la gravité. Ce après quoi il reprit tranquillement. « L'or est là, venez vous servir si c'est ce que vous voulez... »
Ainsi il jouait la carte de la provocation. Voilà une situation bien ennuyante lorsque les opposants ne sont bien de plus que des déchets de la société. L’homme venant en aide à la blanche demoiselle avait beau être d’une race des plus intéressante à ses yeux, c’est un regard totalement dénué d’intérêts, ne représentant que trop bien l’âme de la belle, qui observait la suite. Qu’importe les capacités de l’homme-bête, face à de telles vermines il ne se fatiguerait pas, ainsi la vampire ne put que conclure que l’affrontement serait des plus ennuyeux alors que trois nouvelles armes quittèrent leurs fourreaux, annonçant de par leurs seules présences que l’affrontement était désormais inévitable. Ils auraient pu tout aussi bien partir en courant. La situation ne s’en serait améliorée que plus rapidement, et leur vie aurait été épargnée. Mais non, ils avaient brandit les armes, comme l’auraient fait des preux chevaliers sur un champ de bataille…Ou comme un homme aurait doucement été déposer un canon sur sa tempe pour en finir avec une vie aussi misérable qu’éphémère.

Misérable…Cela définissait tellement bien ces hommes qui bientôt ne seraient plus que des cadavres. Comme quoi le lieu avait été divinement bien choisi. Quel charmante petite blague que le destin leur avait faite là. Même pour Lizbeth, même pour une vampire étant censée trouver le temps long, censée voir le sable du temps s’écouler au ralenti, ce combat qui n’était pas même digne de porter un tel nom se termina bien assez vite. Peut-être même trop, finalement. Comme elle s’y attendait de la pat de ces hommes…Ils n’avaient pas montré le moindre intérêt au combat. Pas même une once. Même elle, armée d’une épée sans en avoir jamais maniée une de sa vie, aurait sans nul doute montré plus de résistance et de technique que ces hommes censés être capables de se battre pour leur pays…Mais cela n’avait plus d’importance à présents que leurs corps gisaient sur le sol, sans vie, et le tâchait de leur liquide de vie qui ne sut même pas attiser l’appétit de la belle. Peut-être parce qu’il y avait bien un mois qu’elle s’était nourrie et que sa nature lui permettait de s’en passer trois fois plus longtemps encore.

Bien vite le loup nettoya le sang de sa lame, sur la chemise d’un nouveau cadavre, et ramassa sa bourse, dont la vampire avait totalement oublié l’existence. Après quoi il posa son regard sur elle, et elle fit de même. Un échange silencieux seulement meublé de regards…Elle aurait pu prendre la parole et le remercier oui. Elle aurait même dû sans doute. Mais elle n’eut pas le réflexe de le faire dans l’immédiat –comme quoi elle avait sans nul doute trop fréquenté Mezariel et en avait perdu ses habitudes de véritable comédienne- et de ce fait il fit le premier à reprendre la parole.
    « Ravi d'avoir pu vous venir en aide, Signora. J'imagine que vous auriez pu sans problème vous débrouiller seule, mais cela aurait sans doute été lassant de continuer à courir pour faire illusion, en attendant que le soleil se couche, avec ces porci aux trousses. Corteo Gallieri, pour vous servir. »
Nouvelle révérence de sa part. Serviable et ayant le sens des convenances. Elle aurait presque pu lui sourire si elle était normale, si ce mur de glace ne bloquait pas tous les sentiments qui pourraient l’animer. Sans doute les problèmes venaient de ce sang d’enfant de la nuit qui coulait en elle…Elle avait beau avoir de grands différences avec les Sangs-Purs, elle n’en restait pas moins persuadée que ces gênes étaient pourtant majoritaires chez elle…C’aurait été un problème si son père aurait été un être détestable…Mais il n’en était rien alors malgré ses défauts, elle était bien heureuse d’être celle qu’elle était. Mais l’heure n’était pas aux profondes réflexions, bien au contraire. De ses orbes sangs dénouées d’émotions à présent, elle le contemplait et tentait de lire en ses yeux les sentiments qui l’animaient.

Les pensées joignant gestes et paroles, elle n’y lit aucune animosité. Il était curieux, un peu méfiant peut-être, mais rien de plus. Voilà qui aurait pu mettre Lizbeth en confiance…Mais une part d’elle-même le lui interdisait formellement. Une part d’elle-même lui interdisait de faire confiance à quiconque. Peut-être pourrait-elle changer cette part d’elle un jour, mais ce n’était actuellement pas le cas. Seul le temps pouvait changer la marquise. Fort heureusement elle en disposait de bien assez. Peut-être même un peu trop à son gout. Pour l’heure elle avait autre chose à faire que d’essayer de changer sa façon d’être…Comme montrer la politesse dont elle était capable et qu’elle devait bien à cet homme. Posant ses mains de chaque côté du jupon de sa robe, elle y referma ses phalanges afin de faire à son tour une révérence des plus distinguée et des plus gracieuse.
    « Lizbeth Valentyne. »
A présent qu’elle avait également dévoilé son identité de façon correcte, elle se demandait bien de quelle façon elle était censée se comporter avec cet homme, ce loup. Le plus simple était d’agir comme elle l’aurait fait avec n’importe quel humain…Mais il ne l’était pas, il lui était donc impossible d’agir de la sorte. Comme il lui était impossible d’en oublier qu’une dette se doit toujours d’être payée, qu’importe à qui elle est due. C’était là un des enseignements fondamentaux que son père lui avait inculpé, enfant. Quelle bien délicate situation dans laquelle elle venait de se mettre…Mais elle ne l’était sans doute pas plus que celle dans laquelle elle se serait mise si elle aurait dû attendre la nuit pour s’en prendre à ses hommes ou si on l’aurait vue en train de se charger d’eux de façon convenable…Et cela aurait été effectivement lassant. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres rosées et s’adressa à son interlocuteur.
    « Je dois admettre que vous avez raison. A mon tour, j’imagine que vous avez senti notre arrivée de loin et que vous auriez sans nul doute pu vous éclipser avant notre arrivée…Or vous ne l’avez pas fait, ce qui m’incombe d’une dette envers vous. »
De la même façon qu’il était venu, doucement son sourire s’estompa au fur et à mesure que le timbre de sa voix flottait dans l’air. Elle fit quelques pas, le long de l’allée, sans spécialement chercher à se rapprocher ou s’éloigner de lui. Cherchant encore ses mots, elle contemplait, silencieuse, les noms des défunts présents sur les tombes. Quelque part, ici, se trouvait la tombe de son père aussi. Elle ne se souvenait plus vraiment où…La seule fois où elle était venue le voir, elle était en bien piteux état, et n’avait pas vraiment fait attention au monde qui l’entourait…Rien que d’y repenser son cœur se resserra un instant.
    « Peut-être auriez-vous une idée de comment je pourrais vous la rembourser ? »
Elle pivota de telle sorte à être de nouveau tournée vers lui et posa un regard aussi neutre que possible sur lui. Dans le fond, c’était la curiosité qui l’animait. Pas même de la crainte véritable, si les choses tournaient mal elle aviserait sur le moment, voilà tout. Oui, elle était curieuse de savoir ce qu’il allait répondre, curieuse de savoir comment les choses allaient tourner à présent. Elle en avait oublié les mésaventures des minutes précédentes, et même les corps dont l’odeur de liquide de vie avait envahis le lieu pour son odorat. N’était plus présent qu’eux, les âmes en repos, et cette douce brise qui soufflait sur ce lieu aussi calme et apaisant que sombre et glauque. Une rencontre au milieu des cadavres de tout âge doit-elle obligatoirement se terminer par la naissance d’une nouvelle âme dans la collection de Lucifer ? Sous peu, Lizbeth aurait la réponse à cette question.



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MessageSujet: Re: Et pour quelques tombes de plus...   Dim 20 Nov - 0:20

S'étant présenté, Corteo détailla sa mystérieuse interlocutrice. Il fut frappé par la grâce éthérée de la demoiselle, le paradoxe troublant de la couleur de neige de sa longue chevelure associée à la jeunesse de son visage, qu'on aurait dit être celui d'une poupée de porcelaine. Et brillant sur ce portrait de fragile figure ivoirienne, deux grands yeux d'une couleur vermeille. Oh oui, elle était belle. D'une beauté dérangeante. Quant à sa toilette, c'était celle d'une grande dame. Une aristocrate à n'en pas douter. Elle avait de l'élégance, sans sombrer dans la démesure. Beaucoup de goût.

Un humain n'y aurait vu qu'une jeune et ravissante damoiselle, mais pour quelqu'un comme Corteo, conscient de l'existence des êtres de la nuit, son côté surnaturel sautait aux yeux. Ce détachement Olympien dont elle faisait preuve, marque d'un être supérieur ne prêtant guère d'importance aux frivolités, expressions et sentiments quotidiens du commun des mortels. Quelqu'un habitué à prendre la vie avec un certain recul, forgé par l'expérience.

De son côté, Corteo avait toujours laissé son côté humain garder une grande part de sa personnalité. Il lui arrivait, bien sûr, de faire preuve du même calme que la jeune fille, de la même indifférence apparente. En tant qu'officier et homme de main, il avait de nombreuse fois gardé le silence et l'immobilisme derrière des hommes à la personnalité et au charisme fort, des meneurs d'hommes, tel que l'avait été Cesare Borgia que Corteo admirait toujours après plus d'un siècle. Oui, il savait se montrer discret, se faire oublier. Il observait les évolutions du monde et des hommes avec le recul d'un être ayant vu le jour des siècles plus tôt. Mais cependant, il se laissait encore très souvent guider par ses émotions. Combien de fois, pour des broutilles, avait-il perdu ce calme statuaire, s'était-il mis dans des colères incroyables, abreuvant ses interlocuteurs de déluges d'insultes dans sa langue maternelle ? Combien de fois avait-il sauté sur l'occasion de provoquer quelqu'un en duel, où de se jeter dans une bagarre qui ne le concernait pas? Sans parler des nuits où les gens qui l'avaient insulté se trouvaient étrangement poursuivis par un énorme loup, qui parfois les réduisait en charpie, parfois n'en laissait que des restes immondes, mais aussi parfois, avec un sadisme purement humain, se contentait de les mutiler... Et alors, ceux que l'on appelait "Signore" devenaient le lendemain "Signora"...

Corteo était un homme d'action, épris d'aventures et de combats épiques. Si bien qu'il abordait chaque occasion qui se présentait avec un enthousiasme enfantin, mais était souvent déçu par le manque de challenge proposé par ses adversaires, comme pour ces trois gueux qui mordaient la poussière âcre du gravier derrière lui. La fascination, la curiosité qu'il éprouvait pour cette rencontre avec la vampirique demoiselle, cependant, était plus qu'appréciable. Délicieusement excitante. Un peu d'exotisme, cela lui manquait tant en cette époque.

La jeune femme exécuta à son tour une révérence parfaite.

« Lizbeth Valentyne », se présenta-t-elle.

Joli nom. Qui ne sonnait pas très français, cela dit. Plutôt issu de la lointaine Albion, peut-être ?

« Molto Onorato, Signora Valentyne. » répondit-il avec un petit sourire mutin.

Il était évident que cette Mademoiselle Valentyne n'était pas à son aise en compagnie du lycan. Corteo le sentait bien, tout ses sens en éveil, tournés vers la jeune femme, le lui témoignaient. Il sentait sa perplexité. Lui-même, après tout, était troublé par cette rencontre peu commune. Sans doute Lycans et Vampires étaient-ils plus habitués à s'ignorer, s'éviter, ou dans le pire des cas, se combattre... Instaurer le dialogue était bien plus difficile, mais aussi plus intéressant et stimulant.

« Je dois admettre que vous avez raison. A mon tour, j’imagine que vous avez senti notre arrivée de loin et que vous auriez sans nul doute pu vous éclipser avant notre arrivée…Or vous ne l’avez pas fait, ce qui m’incombe d’une dette envers vous. »

Corteo s'apprêtait à répondre quand ses yeux se posèrent sur la tombe – la sienne – qu'il était occupé à rendre anonyme avant l'arrivée de Lizbeth et de ses stupides poursuivants. Le nom était presque effacé. Il n'aurait plus qu'à aller voir le gardien, prétendre qu'il avait trouvé la tombe de son ancêtre profanée, et exiger en réparation qu'on installe une nouvelle plaque au dessus de la porte du caveau, avec le nom qu'il indiquerait. Le tout, soutenu par une petite bourse bien remplie, ne devrait pas poser de problème. Il reporta son attention sur Lizbeth, qui promenait son regard sur les tombes environnantes, arborant une expression indéchiffrable.

« Peut-être auriez-vous une idée de comment je pourrais vous la rembourser ? »

Étrange et perturbante question qu'elle posait là... Non pas inattendue dans le contexte, bien sûr... Il n'y avait rien d'étrange à ce que l'on propose une compensation à quelqu'un qui vient de vous aider. Non, ce qui était plus compliqué, c'était la réponse à donner...

Qu'est-ce qu'un Lycan pouvait bien demander à une Vampire ? Si la demoiselle avait été humaine, Corteo n'aurait eu aucun scrupule à diriger la suite des évènements là où il en avait envie... par exemple, dans la chambre de cette dernière, qu'il n'aurait quitté que le lendemain, sous la lueur complice des premiers rayons matinaux... Si son débiteur avait été un homme, peut-être la direction à prendre aurait-elle été celle des sous-bois... et Corteo en serait ressorti une heure plus tard, l'estomac plein...

Mais là... non pas que la chose lui eût déplu, mais il se voyait mal faire des avances à une créature aussi complexe et supérieure que lui. Cependant, le frisson de curiosité et d'excitation qu'il ressentait lors de cet échange lui plaisait assez. La seule chose qu'il voyait à lui demander était alors fort simple, prolonger ce moment à passer ensemble, ne serait-ce qu'un peu. La fibre aventureuse de l'Italien, déçue par le combat minable qu'elle venait d'expérimenter, se réveillait à nouveau.

« Ma foi, Signora, vous n'avez pas à me rembourser quoi que ce soit. C'est un devoir et un honneur pour moi d'apporter mon aide à une personne aussi ravissante et distinguée. »

Il lui adressa un sourire charmeur, plongeant ses yeux azur dans ceux, vermeils, de la buveuse de sang.

« Ma, si vous me permettiez cependant de vous escorter... je veux dire, raccompagner jusque chez vous... ou quelque soit l'endroit où vous comptez vous rendre, vous illumineriez ma soirée. »

C'était une occasion d'en apprendre plus sur cette race qu'il ne connaissait que très peu... et sur cette étrange jeune femme, qu'il connaissait encore moins. Une chose à laquelle il avait à cœur de remédier.

« Mais... Scusi, comment une Dame de votre rang et de votre qualité... sans parler de votre nature, s'est-elle retrouvée dans une position aussi ennuyeuse avec de tels birbanti ? J'avoue que vous éveillez ma curiosité, Signora Valentyne. »

Sans la quitter des yeux, il ramassa les outils qu'il avait laissés par terre, et les rangea dans la besace qu'il passa en bandoulière, sans se préoccuper de cacher ses gestes. Après tout, vampires et lycans étaient coutumiers de ce genre d'actions obscures, et il n'y avait sans doute rien d'étonnant à trouver l'un d'eux dans un cimetière, au coucher du soleil, avec dans les mains un burin et un maillet. C'était quelque chose de tout à fait banal, selon Corteo... et qui, du point de vue d'un vulgaire humain, aurait constitué une action digne de la potence. Ah, ces humains...
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MessageSujet: Re: Et pour quelques tombes de plus...   Dim 20 Nov - 20:01

Que pourrait-il bien désirer d’elle ? Il ne semblait pas en besoin d’argent, ni même être homme à réclamer de l’argent pour être venue en aide à une personne en détresse d’ailleurs. Il pourrait bien réclamer sa compagnie d’une nuit, cela ne l’aurait pas étonné, c’était un homme après tout, mais hors de question de céder telle chose. En son sens on peut jouer des sentiments d’autrui, mais pas de son corps. Son père, sans doute n’avait pas la même logique, mais étant une femme et lui un homme il était logique qu’elle ne soit pas toujours du même avis que lui. Leurs points de vue ne pouvaient que diverger sur certains sujets et c’était surement là le plus important. Mais qu’importe. De ce fait elle n’avait pas idée de comment rembourser sa dette, tout comme elle n’avait pas idée de ce qu’il pourrait bien demander…Ce qu’il pourrait demander d’acceptable.

Mais cela rendait également la situation des plus intéressantes. Plus le temps passait moins la marquise s’ennuyait. Cette journée n’était pas si monotone qu’elle ne l’aurait cru, finalement. Il restait encore à savoir sur quelles notes cette comédie se terminerait, mais pour cela les deux acteurs devaient jouer leurs rôles jusqu’à la fin. Ne pas flancher…Qui sait quelle genre de mésaventure il peut arriver lorsque le scénario n’est connu de personne après tout. Il se pourrait encore qu’un conflit éclate et que l’un peu perde la vie après tout…D’ailleurs, la marquise n’avait aucun doute là-dessus, si conflit il y avait, ce serait elle qui en pâtirait. Une Infant ne fait pas le poids face à un Sang-Pur ou un mordu. Car oui, elle ignorait encore quel genre de loup il était. Poser la question lui aurait semblé inconvenant, cependant. Peut-être, plus tard, si les deux savent avancer dans une relation pacifique, s’y risquera-t-elle. Pour l’heure il n’en est cependant pas question, il n’est d’ailleurs plus même question de songer à des choses et d’autre alors que le timbre de voix de l’italien résonne de nouveau au milieu des tombes.
    « Ma foi, Signora, vous n'avez pas à me rembourser quoi que ce soit. C'est un devoir et un honneur pour moi d'apporter mon aide à une personne aussi ravissante et distinguée. »
Malgré le sourire charmeur qu’il lui adressait, elle resta de marbre. Cette réponse ne l’arrangeait pas, pas du tout même. Car malgré ses dires elle se trouvait encore et toujours incombée de cette dette, et ne se sentirait à l’aise que dès l’instant où elle se trouvera être remboursée. C’est dans ce genre de convenances qu’elle avait grandi et rien ne lui semblait donc plus naturel au monde. Quel que soit la nature de l’être qui lui est venu en aide. Humain, Vampire, Lycan, tout cela ne faisait aucune différence. A ses yeux, elle ne voyait aucune de ces rares comme étant un danger en elle-même. Elle était toujours partie du principe qu’il y a partout des bonnes et des mauvaises personnes, quel que soit sa race, elle reste avant tout un être vivant doté d’une pensée qui fait d’elle un être unique.
    « Ma, si vous me permettiez cependant de vous escorter... je veux dire, raccompagner jusque chez vous... ou quel que soit l'endroit où vous comptez vous rendre, vous illumineriez ma soirée. »
Sur son visage la surprise –une surprise en aucun cas simulée- se dessina d’un seul coup, sans crier gare ou même venir lui demander son avis. Illuminer la soirée de quelqu’un…En restant elle-même, en serait-elle vraiment capable ? Etre une Vampire et illuminer la soirée d’un loup…quelle drôle de situation lorsqu’on regarde les choses sous cet angle. Bien qu’il ne soit pas étonnant que les choses n’aillent pas en s’améliorant sur ce plan…Après tout voilà là un bien étrange scénario de rencontre pour de tels êtres, qui n’ont plus le droit au titre d’humains mais qui pourtant se font passé pour. Seulement la chose n’était pas impossible pour autant. Il y en avait même une preuve vivante. Et cette preuve se nommait Mezariel. Un loup avec qui elle avait su passer une bonne soirée, et qu’elle avait même quitté sur de bonnes bases. En une soirée il en était presque devenu…Un ami ? D’ailleurs, à présent qu’elle repensait à ce blond à la peau pâle, l’envie de lui rendre visite plus tard dans la soirée, ou dans les jours qui viendraient venait doucement, comme une petite flamme qui commence à prendre vie, bruler chaleureusement la marquise.
    « Mais... Scusi, comment une Dame de votre rang et de votre qualité... sans parler de votre nature, s'est-elle retrouvée dans une position aussi ennuyeuse avec de tels birbanti ? J'avoue que vous éveillez ma curiosité, Signora Valentyne. »
Le contemplant ramasser quelques outils laissés auprès d’une tombe, elle pencha sa tête sur le côté. L’importance de ce détail était…ridiculement minime. Elle ne voyait pas l’intérêt de s’arrêter sur tel détail…Mais convenait aussi que la chose n’était pas commune. Rien de ce qu’elle pouvait dire, faire, attirer, vivre ou autre n’était commun après tout. Qu’elle soit vue comme une vampire, comme une humaine, comme une noble, elle ne faisait jamais rien comme les autres. Même sa façon de se venger d’une être qu’elle haïssait au plus haut point était des plus particulière…Pourtant quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense c’était là sa façon d’être, et elle lui convenait bien. Agir, penser comme chacun…Cela était d’un ennui mortel après tout. Hors, avec le nombre d’années qui lui seraient permises, la vie lui semblerait bien longue si elle commençait à s’ennuyer alors qu’elle n’avait pas même encore dépassé le nombre d’années offertes à la vie d’un simple humain. Fort heureusement pour elle, elle commençait à faire ce genre de rencontre qui survivrait au temps qui s’écoule. Une bonne nouvelle, en soi.

A cette idée, elle sourit. Oui, c’était une bonne nouvelle. Cette rencontre était une bonne nouvelle et le resterait tant que ce début de relation continuerait à évoluer dans cette voie…Or, elle n’avait rien contre les Lycans, il n’avait rien contre les Vampire, aucune raison donc que tout cela parte en vrille. Pourtant avoir confiance en un avenir incertain était quelque chose qu’elle ne faisait jamais, un luxe qu’elle s’interdisait. Voilà qu’en quelques instants son sourire s’était effacé aussi rapidement qu’il était apparu.
    « Puisque c’est là ce que vous désirez…Je suppose que je peux bien vous laissez me raccompagner jusqu’au château. »
S’il l’ignorait encore, il pourrait avec ça comprendre qu’elle était une noble. Sa toilette, son allure et ses manières en disaient déjà beaucoup cependant…On n’est jamais sûr de rien. Quoiqu’il pourrait tout aussi bien penser qu’il s’agit d’une bourgeoise qui se rend à la cour du Roi pour affaire…Mais cela l’importait peu pour le moment. S’il venait à lui poser la question elle lui dirait le plus simplement du monde qu’elle possède le titre de marquise…Mais le sujet n’ayant pas été abordé elle n’avait vu aucune raison de le faire. La sociabilité n’a jamais été et ne serait jamais son fort de toute façon. Voilà fort longtemps qu’elle avait laissé tomber l’idée de l’être…L’envie ne l’animait pas de toute façon. On ne peut faire ce genre de chose que lorsqu’on le veut vraiment…Quoi qu’elle avait su l’être un minimum avec ce marquis. Définitivement, elle devrait mettre cet homme dans une catégorie bien particulière. Quelque chose ne tournait pas rond chez lui pour qu’elle soit capable de se comporter de la sorte avec lui…

Silencieusement, elle soupira. Doucement, ses mains vinrent se placer dans son dos et elle pivota, tournant le dos à sa compagnie pour faire face à la sortie de ce lieu sordide. Un instant, juste le temps de profiter d’une brise légère encore teintée d’une odeur de sang, ses paupières se closent, pour se rouvrir immédiatement par la suite. A pas lents, elle avait commencé à marcher. Des pas assez lents pour qu’il soit capable de la rattraper en quelques pas seulement. Sans aucune gêne, elle passa à côté des cadavres, n’ayant d’autres choix que de marcher dans une flaque de sang tachant à la fois ses chaussures et le bas de sa robe…Quelle dommage, elle l’aimait bien, cette robe. L’espace d’un instant, cette flaque passée, elle fît un temps d’arrêt, se tournant vers le loup. Elle n’avait pas encore répondu à sa question après tout.
    « Qu’importe mon rang, qu’importe ma nature…La manie que j’ai de dire le fond de ma pensée telle que je la pense n’est pas toujours appréciée. Ce genre d’incident est assez fréquent pour moi. »
Haussant les épaules elle reprit juste lentement cette marche dans laquelle il allait la rejoindre, posant son regard sur le château. Du cimetière, on le voyait parfaitement bien…Mais elle ignorait le temps qu’il leur faudrait pour le gagner…Dans le fond pour elle cela importait peut mais…Peut-être que ce loup avait des projets ou quelconque rendez-vous auquel se rendre un peu plus tard…Cela dit elle ne se risqua pas à poser la question. Si tel était le cas il était bien assez grand pour le lui confier de lui-même.



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MessageSujet: Re: Et pour quelques tombes de plus...   Lun 21 Nov - 18:31

Les lèvres vampiriques s'étirèrent en un léger sourire songeur. Visiblement, la demoiselle aimait à errer dans ses pensées. C'était bien une chose que beaucoup d'immortels avaient en commun. A force d'engranger des décennies de souvenirs, de visions, de sentiments, de découvertes... L'intérieur de leurs esprits devenait peu à peu un vrai musée du Temps et des mœurs, où se perdre était un plaisir qui leur était réservé, devenant bien plus passionnant, bien souvent, que le présent qui se déroulait sous leurs yeux. Ce sourire, toutefois, disparu bien vite.

« Puisque c’est là ce que vous désirez…Je suppose que je peux bien vous laissez me raccompagner jusqu’au château. »

Elle lui tourna alors le dos et avança lentement dans l'allée, les mains jointes sur ses reins. Une attitude détachée, bien que ses pas soient suffisamment lents pour inviter le lycan à la suivre.

Le château... Comme Corteo l'avait donc deviné, cette Vampire était une aristocrate. Sans doute son sang damné charriait-il, comme celui de l'Italien, un parfum de noblesse ? Mais après tout, les titres lui importaient peu. Ce n'était pas un titre qui rendait un homme meilleur qu'un autre, et surtout pas en cette époque décadente où la noblesse humaine était corrompue jusqu'au cou, tout courage et tout honneur atrophié dans une débauche de luxe et de vanité. Ce n'était plus une noblesse avec la vocation de protéger les faibles, mais plutôt avec celle de les détrousser et de les exploiter davantage. Ils se croyaient si supérieurs. D'ailleurs, cette indifférence qu'affichait la jeune femme, cette petite démonstration caractérielle... Bien qu'il sentait qu'elle tenait d'avantage à sa nature d'immortelle plutôt qu'à son rang social, c'était exactement le genre d'attitude qui piquait les nerfs du mercenaire, quand il se trouvait en présence de l'un de ces nobles vaniteux, qui considéraient qu'accorder un regard aux autres était leur faire un immense honneur. Lui-même avait, il y a fort longtemps, laissé derrière lui un titre de Comte. Il ne le regrettait aucunement. Un jour, le Peuple voudrait obtenir sa liberté, et plus la Noblesse l'enfonçait aujourd'hui, plus il y mettrait du cœur et de la rage demain Un jour, des têtes tomberaient. Et Corteo avait le pressentiment, en voyant évoluer le monde, que cet avenir se faisait de plus en plus proche. Quand ce jour viendrait, le camp qu'il rejoindrait dans la bataille serait vite choisi.

Cependant, encore une fois, c'est la nature vampirique de la jeune femme, et son charisme, qui firent passer rapidement le léger nuage de rébellion dans le cœur de l'Italien. Sa curiosité et son goût de l'inconnu agirent comme un moteur, mettant en branle ses jambes pour rejoindre Lizbeth en quelques pas. Cette dernière venait de tacher sa robe en marchant dans le sang répandu, et là où une Noble humaine se serait évanouie d'effroi, la jolie buveuse de sang n'affichait qu'une mine légèrement contrariée. Alors qu'il arrivait à ses côtés, elle tourna de nouveau son visage de poupée sanguine vers lui.

« Qu’importe mon rang, qu’importe ma nature…La manie que j’ai de dire le fond de ma pensée telle que je la pense n’est pas toujours appréciée. Ce genre d’incident est assez fréquent pour moi. »

Corteo la regarda un moment, puis éclata d'un rire franc qu'il ne put réprimer, un rire qui dévoila ses canines légèrement plus grosses et plus longues que la normale.

"Diavolo, je ne connais que trop bien ce genre de problème, Signora... Même si, reprit-il après une hésitation, je dois reconnaître que je fais parfois exprès de provoquer mes interlocuteurs... Du moins quand je sens de l'amusement en perspective..."

Il accorda un nouveau sourire à la demoiselle.

"Ben fatto, mia cara, décidément vous me surprenez. Je pensais les gens de votre nature maîtres en l'art de dissimuler leurs pensées, et plus encore les aristocrates... car je ne pense pas me tromper en disant que vous devez être de Noble extraction, ? Et voilà que vous déclarez dire tout haut ce que vous pensez tout bas... c'est une qualité que j'admire, la franchise. Je trouve qu'elle fait cruellement défaut à l'époque dans laquelle nous nous trouvons..."

Il marcha à ses côtés, lentement, vers la sortie. Il remarqua la cabane du gardien, et décida qu'il y repasserait un autre jour. Avec ces trois cadavres dans l'allée, le pauvre homme aurait sans doute plus urgent à faire que s'occuper d'une stèle abimée. Il reporta son attention sur le château au loin. Ses tours, dressées vers le ciel, avaient quelque chose d'à la fois magnifique et de sinistre. Comme semblait l'être ce nouveau roi, d'après ce qu'il avait entendu murmurer ici et là dans les rues et les tavernes. Ce Charles de France semblait être la quintessence même de cette noblesse actuelle, frivole, irradiante de vanité, de sadisme et de cruauté. Un personnage inquiétant, qui, tout en étant humain - si tel était bien le cas - n'en était pas moins aussi froid et mortel que la jeune fille qui marchait aux côtés de Corteo. A quel degré était-elle proche de lui ? Faisait-elle partie de ses sous fifres, ou de ses détracteurs ? A moins, comme le pensait plutôt Corteo, que la Vampire n'accorde guère d'intérêt à la politique du roi, tout comme elle semblait, en apparence du moins, n'accorder qu'un minimum d'intérêt à tout ce qui les entouraient. Cette aura, ce détachement surnaturel était si présent chez elle que Corteo aurait pu penser que c'était elle la mordue, et lui l'infant. Avec des allures élégantes et distinguées de gentilhomme, il lui offrit son bras.

"Va bene, andiamo. Votre nom ne sonne guère Français, Signora Valentyne. Votre famille serait-elle originaire de la belle Angleterre ? Ou peut-être de la mystérieuse Écosse ? "


Il parlait sur le ton banal de la conversation, mais son intérêt pour elle était bien réel. Il n'avait eu qu'une seule fois l'occasion d'approcher un vampire, à Alexandrie, et n'avait guère pu prendre le temps de bavarder avec ce dernier... Et pour cause, à peine avait-il senti la présence du Loup que le Buveur de Sang avait-il cherché à le trucider... Sans doute était-il allergique aux canidés... Il est vrai que l’Égypte est le pays des chats...
Quoiqu'il en soit, le Vampire avait fini son séjour dans la Cité de Cléopâtre au fond des eaux du Delta du Nil, et Corteo était quant à lui parti avec des blessures douloureuses qui avaient mis deux mois à cicatriser.
Il espérait que cette fois, les choses ne tourneraient pas aussi mal... Et que dans le cas contraire, la demoiselle aurait des griffes moins acérées que son homologue Égyptien... De plus, l'eau de la Seine était autrement plus sale que celles du fleuve sacré, et il ne souhait guère y faire trempette.

Le calme de la discussion était bien plus agréable, et sentait moins mauvais...

Comment aller évoluer cette soirée ? Corteo brûlait de curiosité. Qui était-elle ? D'où venait-elle ? Quelles étaient ses intentions ? Depuis combien de temps foulait-elle ce monde ? A quelles merveilles, quels bouleversements de l'histoire avait-elle assisté ? A quoi ressemblaient les paysages qu'elle avait pu admirer ?

En y pensant, c'était extraordinaire la somme de choses que deux immortels pouvaient se raconter, pour peu que tombe la barrière de la méfiance. Pour quelqu'un à l'esprit aussi aventureux que Corteo, avide de découvertes et d'actions épiques, ce potentiel était une source incroyable d'excitation. Malheureusement, la jeune femme ne semblait guère aussi en émoi que lui face à toutes ces questions. En fait, elle semblait plutôt du genre à s'en désintéresser complètement, ce que Corteo trouvait dommage. Peut-être demeurait-elle froide et distante à cause de sa méfiance envers lui ? Auquel cas, cela avait-il une chance de changer ?

Et lui, se méfiait-il encore d'elle ? Oui, sans aucun doute, le contraire serait d'une grande imprudence. Bien qu'étant une infant, et lui un mordu, bien que s'il le désirait, il aurait pu lui arracher la gorge et goûter à sa chair froide et surnaturelle, elle n'était pas non plus sans défense. Et s'en prendre à une femme n'était vraiment pas du genre de Corteo.
Contrairement à beaucoup d'autres de son espèce, il était encore attaché à des valeurs bien humaines, la plus forte étant le sens de l'honneur.
Cette vampire le fascinait, et il souhaitait bien profiter de cette rencontre fortuite autant que possible pour en apprendre plus. Oui, cette rencontre offrait des opportunités d'aventures plus qu'intéressantes pour le guerrier Italien.


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MessageSujet: Re: Et pour quelques tombes de plus...   Mar 22 Nov - 21:33

Semblable au sable de Chronos, le temps s’écoulait, lentement mais surement. Mais tout ce qu’il en résultait n’était pas bien concluant pourtant. A y resonger, qu’avait fait la marquise de cette nouvelle journée qui venait s’ajouter à son vécu ? Rien de bien passionnant elle en avait bien peur. La veille elle s’était endormie de façon miraculeuse et, suite au manque de sommeil accumulé ces dernières semaines, ce n’est pas aux premières lueurs du jour qu’elle avait quitté ses draps, loin de là. Une nuit bien trop longue précédait une journée bien trop courte. C’était une logique mathématique qui voulait cela. Et Lizbeth avait toujours davantage cru en ces sciences qu’en l’existence de puissances Divines, bien que les deux se battent toujours pour être son unique croyance en ses esprits. Y mettre un point final n’était pas dans ses priorités. Elle avait toute l’éternité pour songer à telles futilités.

A dire vrai, à l’heure d’aujourd’hui sa plus grande priorité était de ne pas finir en tant que repas à un loup. Ce même loup qui venait de la tirer d’une bien mauvaise situation et qui venait de la rejoindre, se mettant à sa hauteur dans une marche lente semblable à ces promenades de convenances dans lesquels des amis, voire plus, prenaient le temps de converser à l’abri d’oreilles indiscrètes. Celle-ci semblait totalement différentes. Si leur but était bien de converser, ce n’était pas là la raison officielle de ces pas, et l’on ne pouvait pas les considérer comme des amis. Pas même comme des connaissances. Pourtant d’un point de vue extérieur, aux éclats de rires francs de l’homme –dévoilant des canines qui donnèrent des frissons à la vampire blanche-, on aurait pu les croire complices de longues dates. Pourtant il n’en était rien et la chose pourrait aisément en devenir…Déroutante.
    « Diavolo, je ne connais que trop bien ce genre de problème, Signora... » Commença-t-il avant de poser un instant, juste un tout petit instant de silence, d’hésitation, pour mieux reprendre. « Même si je dois reconnaître que je fais parfois exprès de provoquer mes interlocuteurs... Du moins quand je sens de l'amusement en perspective... »
A nouveau un sourire s’adressa à la belle. Sincère ou non ? C’était là une toute autre question. Peut-on croire les expressions d’un loup ? S’il était semblable à elle sur ce point…Alors non. Il était hors de question d’y croire. Mais si les loups et les vampires se haïssent tant, est-ce pour une trop grande ressemblance…Ou une trop grande différence ? Cette situation devenait bien compliquée…Presque trop compliquée pour une simple rencontre. Comme quoi, ces créatures étaient vraiment particulières. Ni sa rencontre avec Mezariel ni celle avec Corteo ne se serait passée de façon « normale » et c’était là les seuls loups qu’elle avait connu à ce jour.
    « Ben fatto, mia cara, décidément vous me surprenez. Je pensais les gens de votre nature maîtres en l'art de dissimuler leurs pensées, et plus encore les aristocrates... car je ne pense pas me tromper en disant que vous devez être de Noble extraction, ? Et voilà que vous déclarez dire tout haut ce que vous pensez tout bas... c'est une qualité que j'admire, la franchise. Je trouve qu'elle fait cruellement défaut à l'époque dans laquelle nous nous trouvons... »
Des maîtres dans l’art de dissimuler les pensées…Peut-être bien, oui. Elle n’avait jamais été attirée par une telle preuve de lâcheté pure et simple. Cacher ses émotions, oui. Les dévoiler aurait été dévoilé une partie de son être, une partie de son âme. Mais ses pensées...Quelle mauvaise blague que voilà. Ce que la vie pourrait être ennuyeuse par cette pratique. Longue. Lassante. On ne peut se mettre personne à dos en étant des plus corrects et en cachant au mieux le fin fonds de ces pensées supposées secrètes. Etre d’un parfait faux bonheur dans une parfaite hypocrisie…Si c’était là la vie de noble dans la capitale de cette chère France, Lizbeth aurait sans nul doute déserté ce pays, abandonnant son titre de noblesse –pour lequel il avait vu juste, nul donc besoin de reprendre ce point !- pour ses terres natales.

Pour beaucoup cette franchise était le plus vicieux des défauts au monde. Qu’il considère cela comme une qualité prouvait que dans le fond ce loup n’était pas de ces stupides moutons. Un loup comparé à un mouton…L’idée amusait bien la coupable de telles pensées. Mais mauvaise blague mise à part, il était évident que c’était un point de vue qu’elle ne pouvait qu’apprécier. Etait-ce étrange, de songer cela ? Etait-ce étrange, de converser ainsi avec un loup en marchant tranquillement vers la sortie d’un cimetière, lieu déjà bien suffisamment inquiétant de par son rôle pour la plupart ? Son père aurait-il trouvé cela étrange ? Il s’était toujours tant inquiété pour elle…Que, admettons-le, il n’appréciait guère qu’elle fréquent qui que ce soit…Surtout depuis ce malheureux incident survenu en âge de son adolescence. Mais elle n’était plus une enfant à présent, et les années à venir seraient longue, très longues, beaucoup trop longues, si elle devait supporter de les traverser dans la solitude la plus totale. Ou dans la comédie de relations simulées du début à la fin. Ce genre de relation qu’elle aurait avec le Roi pour lui faire gouter à la souffrance lorsque se présenterait l’occasion propice de le faire. Que fera la France, si son souverain venait à perdre la vie avant qu’il n’ait pu donner vie à une descendance ? Les prochaines années s’annonçaient, sans nul doute, distrayante. Mais…Et après ? Il lui fallait bien quelques relations, avec qui converser, comploté peut-être. Et cet italien pourrait bien en être…Qui sait ?
    « Va bene, andiamo. Votre nom ne sonne guère Français, Signora Valentyne. Votre famille serait-elle originaire de la belle Angleterre ? Ou peut-être de la mystérieuse Écosse ? »
Elle hésita devant ce bras offert qui pouvait être le début de beaucoup de choses. Une amitié, une complicité. Beaucoup de possibilité, beaucoup trop. On ne peut songer à toutes celles qui existent en ce monde. Ce pourrait être la fin d’une vie, aussi. Ainsi hésitante, le fixant avec cette certaine hésitation, aussi innocente qu’enfantine, elle fit un pas, et un autre. Le temps de peser le pour les le contre. Les conséquences…Tant positives que négatives. Mais la négation ne l’emporta pas cette fois. Chose bien rare, il serait bête pour lui de ne pas profiter de cela. Le lâchant donc du regard ses yeux sang s’appliquèrent à présent à la contemplation de la route empruntée, droit devant eux alors qu’elle prenait innocemment son bras, presque de façon désintéressée. Encore un pas, puis un autre. La question du bras résolue, il était encore question de se demander ce qu’elle pouvait bien répondre sur ses origines…Etre sincère ou non ? La sincérité…Tant elle pouvait l’être sans problème, même un peu trop parfois lorsqu’il s’agissait de sa façon de penser à propos de tout et de rien…C’était tout autre chose lorsqu’il s’agissait d’elle. Elle n’aimait pas parler d’elle, de son passé…Peut-être parce qu’il était encore trop tôt pour rouvrir certaines blessures.
    « Un nom…Une identité…Dans le fond, qu’est-ce que cela représente véritablement pour nous ? Je pourrais tout aussi bien en avoir oublié mon véritable nom et mes origines à changer d’identité pour cacher ma nature… » commença-telle doucement.
Oui, sans doute même était-il trop tôt pour rouvrir certaines blessures, cependant on ne tisse pas les bases d’un lien nouveau sur un mensonge, ou encore en faignant l’indifférence pour ne pas répondre. Etrangement, Lizbeth n’avait pas le cœur à agir de façon usuelle…cette journée avait commencé de façon si étrange et anormale après tout. Autant pousser le vice jusqu’au bout. Prendre le risque, pour une fois, d’agir différemment. De peut-être laisser une nouvelle personne s’approcher d’une carapace…Sans pour autant y laisser une brèche. Juste le laisser s’approcher un peu. Et aviser par la suite de ce qui serait bon ou mauvais de faire. Laisser, pour une fois depuis sa plus grande déception, le destin faire son travail, sans chercher à tout contrôler, jusqu’au moindre petit détail. Un petit sourire s’afficha sur ses lèvres. Fin, minuscule, mais présent malgré tout.
    « Mais prétendre cela serait mentir. Je jouerais de franchise, même si ce n’est point une habitude pour moi de faire cela lorsque le sujet est porté sur mon passé. C’est en effet la belle Angleterre qui m’a vu naître…Il n’y a pas si longtemps de cela. Ma vie n’a pas encore dépassée le nombre d’année limité aux humains. » conclu-t-elle finalement.
Petit à petit ils s’éloignaient de ce lieu macabre emplis de corps plus ou moins frais…De cette odeur nauséabonde, qui fût un instant masqué par celle du sang. Si ce loup était encore capable de les sentir, la vampire, de sa nature d’Infant, ne sentait plus rien. Situation fort peu aisée pour la plupart de ses semblables, elle se contentait bien d’être à moitié quelque chose, et à moitié quelque chose d’autre. Etre totalement vampire ne lui aurait pas plus…Des sens trop développé, une soif trop abondante, aucune sortie en plein jour…Mais être totalement humain ne lui aurait pas plus non plus. Ne pas avoir cette barrière de glace tout autour d’elle, ne pas être capable de davantage que ces inutiles femmes de la cour…Avoir si peu de temps à vivre, aussi. Elle comptait beaucoup sur ces années de vie futures pour imiter son père et poursuivre ses divers apprentissages, encore et toujours. La connaissance était pour ces deux-là un breuvage presque aussi délicieux que le liquide de vie circulant en chaque être.
    « Puis-je me permettre de vous demander de qu’il en est pour vous, Sir Gallieri ? » se permit-elle de demander après quelques pas supplémentaire.
N’était-ce pas légitime ? Elle avait dévoilé une partie de sa vie à ce loup, après tout. En toute logique, il se devait d’en faire de même…L’échange n’est-il pas la base de la communication et donc des relations, après tout ? Il est de ces choses, si simples, qui pourtant apparaissent compliqués à l’Infant, habituée à tout sauf cela. Tellement compliqué…A moins que ce soit elle, qui ne le soit ? Il s’agit après tout là d’une femme qui n’est pas tout à fait humaine, mais qui n’est pas non plus tout à fait être de la nuit, qui aurait sans nul doute possible plus d’aisance à tuer quelqu’un à tisser des liens avec cette personne…Tout ce qu’elle faisait là, en son sens, était déjà un exploit. Si cela n’allait que dans un sens, ça ne serait simplement pas possible de continuer sur ce genre de bases….



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MessageSujet: Re: Et pour quelques tombes de plus...   Mer 23 Nov - 21:12

Elle lui offrit son bras. La main chaude de Corteo vînt couvrir celle, froide, de la demoiselle. Elle était si frêle sous ses doigts qu'il avait l'impression de tenir un moineau sur son poignet.

« Un nom…Une identité…Dans le fond, qu’est-ce que cela représente véritablement pour nous ? Je pourrais tout aussi bien en avoir oublié mon véritable nom et mes origines à changer d’identité pour cacher ma nature… »

La demoiselle fit une pause, avant de reprendre, après un petit temps de réflexion, un sourire aussi subtil qu'exquis dessiné sur ses jolies lèvres vermeilles :

« Mais prétendre cela serait mentir. Je jouerais de franchise, même si ce n’est point une habitude pour moi de faire cela lorsque le sujet est porté sur mon passé. C’est en effet la belle Angleterre qui m’a vu naître…Il n’y a pas si longtemps de cela. Ma vie n’a pas encore dépassée le nombre d’année limité aux humains. »

Corteo écouta cette brève, mais précieuse confession, suspendu aux lèvres de la jeune femme, conscient de la faveur qu'elle lui faisait. Ah, l'identité ! Quelle question délicate pour les immortels, voués à en changer régulièrement sous peine d'éveiller les soupçons des frêles humains sur leur longévité. Au fil des décennies, l'Italien avait été Domenico Dellari, Diego Valencia, Alfonso De Santa Clara, Giacinto Morelli, Emilio Fagantino... Même une fois Abdul El Rajin... Ah, oui c'était tellement drôle cette fois là... parler arabe comme un anglais qui aurait l'accent italien... Il doutait d'avoir vraiment fait illusion à Constantinople...


Mais au fond de lui, il était et resterait toujours Corteo Gallieri, Comte de Lodi, même si ce titre s'était perdu dans les ténèbres du passé. Il revenait souvent à son véritable nom. Il y était attaché, de même qu'à ses souvenirs de jeunesse dans la belle Italie. Il n'y avait plus aucun Gallieri en vie, à part lui. Coup de chance, le seul restant était immortel. Enfin, à moins de tomber un jour sur un os...

Ainsi, la belle vampire était encore une jeune immortelle. Une âme reflétant cette époque, ses doutes, ses évolutions et ses régressions...Et pour une si jeune personne, elle avait pourtant un recul très mûr sur le monde. Nul doute que sa courte vie n'avait pas été marquée que par des scènes de liesse. Mais quel immortel pouvait prétendre à cela ? Tous, quels qu'ils soient, avaient quelque part dans les lignes de leurs histoires des drames, des bouleversements douloureux. Et plus ils vieillissaient, plus ces drames s'accumulaient. A moins de prendre l'immortalité du bon côté, ce que beaucoup d'entre eux ne parvenaient pas à faire. Corteo, quant à lui, prenait la vie comme elle venait, flottant dans les brumes du Temps comme un poisson dans l'océan, libre de toute attache. Il voyageait, découvrait des cultures toutes plus exotiques les unes que les autres, voyait des paysages tous plus grandioses les uns que les autres, faisait l'amour à des femmes toutes plus belles les unes que les autres, dévorait des chairs toute plus... bref, il tenait à profiter autant que possible de cette malédiction de lycanthropie. Comme pour beaucoup d'autres, tout avait débuté par un drame horrible, une blessure au cœur et à l'âme qui n'avait jamais cicatrisé au bout de près de deux cents ans. Le souvenir de Juliana hantait encore ses rêves la nuit, le souvenir de son corps, de sa douceur, de sa tendresse, de son rire... De son corps pendu au gibet devant l'église de Lodi... oh, comme il avait pleuré ce jour là, des heures et des heures, sans pouvoir s'arrêter... Pleuré, hurlé, détruit la plupart du mobilier de ses appartements sous le coup du chagrin et de la haine...

Il n'avait jamais plus versé la moindre larme depuis, ni aimé aucune femme avec autant de passion...


« Puis-je me permettre de vous demander ce qu’il en est pour vous, Sir Gallieri ? »

La question de la jeune femme le fit légèrement sursauter. Il s'était laissé perdre dans les méandres de ses pensées.

"Et bien," commença-t-il, "si vous-même êtes encore une jeune Immortelle, j'ai pour ma part beaucoup plus de décennies à mon actif... j'avoisine les deux siècles... Oui, si notre qualité d'immortels ne nous sauvegardait pas aussi bien, c'est avec un petit tas de poussière que vous discuteriez en ce moment, mia cara. Vous l'aurez sans doute deviné, j'ai vu le jour dans la belle Italie, dans une petite ville du nom de Lodi, près de Milan. Je suis issu de la Noblesse, cependant j'ai renoncé à mes titres il y a longtemps, en même temps qu'à ma vie d'humain."

Il fit délibérément l'impasse sur celle-ci, sur ses années en tant que jeune Corteo, et que Comte de Lodi. De toute façon, cela n'intéressait sûrement pas Lizbeth.


"J'ai été mordu une nuit dans une forêt près de ma ville. Avant que je ne comprenne ce qu'il était réellement, j'ai tué le maledetto lupo qui m'avait blessé. Si bien que quand ma transformation a commencé, je me suis retrouvé seul pour affronter ses changements, ses mutations. Pour tout dire j'ignore complètement qui était mon... créateur. Je n'ai même aucun souvenir précis de son apparence..."

Alors qu'ils marchaient sur les pavés, une fois sortis du cimetière, ils empruntèrent les rues de la capitale. De par la prestance virile de l'Italien, et de la beauté Noble de la belle, les gens s'écartaient avec respect de leur chemin. Bientôt, les odeurs de la ville succédèrent aux relents de putréfaction du cimetière, telles que les percevait l'odorat surdéveloppé de Corteo. Les yeux d'azur du mercenaire erraient dans le vague, alors que, sourire aux lèvres, il narrait ses souvenirs à la demoiselle. Il trouvait plutôt amusant de parader à son bras, devant les regards ronds et envieux de la populace, qui imaginaient sans doute voir une Noble Dame avec son garde du corps, ou son amant secret... Ah, s'ils savaient qu'elle pouvait les vider de leur sang d'un coup de dent, et que lui pouvait les transformer en un clin d'oeil en délicieuse pièce de viande ? Amusant comme on pouvait se jouer des apparences...

"Ensuite, je suis resté longtemps en Italie, en tant que condottiero. Puis l'Espagne, l'Italie à nouveau, la France... Après quoi j'ai troqué mon cheval de bataille contre un trois-mât, et j'ai navigué sur la Mediterranée, découvrant les merveilles de ce berceau de notre civilisation. j'ai vu la belle Constantinople, la Sainte Jérusalem, la mythique Grèce, la mystérieuse Egypte... Des merveilles sans nom, qu'aucun mot ne saurait décrire. C'est là un avantage qui nous est offert, à nous autres immortels. Je vous souhaite d'en profiter. Ensuite, je suis revenu en Occident, ai visité votre Angleterre et ses féériques voisines, l'Ecosse, l'Irlande... Et me voilà, de nouveau à Paris. J'ai fait plus de chemin que n'en fera jamais aucun oiseau migrateur. Cependant, rares ont été les occasions d'admirer des beautés comme la vôtre, Bellissima Signora Valentyne," conclut-il avec galanterie, et un sourire mutin en coin pour la demoiselle à son bras.

Il était aux anges, avec une telle personne marchant près de lui. La curiosité et l'excitation de la rencontre lui donnait des ailes, et c'est avec une démarche enjouée et fringante qu'il la menait à travers les ruelles, en direction des tours du château.
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MessageSujet: Re: Et pour quelques tombes de plus...   Ven 25 Nov - 22:19

Perdue dans ses propres pensées, la marquise n’avait pas remarqué les identiques divagations d’esprit de sa compagnie alors que son récit c’était terminé et que quelques pas l’avait comme ensevelit par les secondes. Mais elle l’avait senti. Pas de façon immédiate, malgré sa nature c’était là une chose qui lui restait impossible. Pas non plus en le lisant sur son visage, ses orbes de sang n’avaient pas encore reporté leur attention sur son visage. C’est dans ses réactions et son sursaut à sa question qu’elle le senti, après tout il lui avait offert son bras et ainsi il s’était lui-même vendu.
    « Et bien, si vous-même êtes encore une jeune Immortelle, j'ai pour ma part beaucoup plus de décennies à mon actif... j'avoisine les deux siècles... Oui, si notre qualité d'immortels ne nous sauvegardait pas aussi bien, c'est avec un petit tas de poussière que vous discuteriez en ce moment, mia cara. Vous l'aurez sans doute deviné, j'ai vu le jour dans la belle Italie, dans une petite ville du nom de Lodi, près de Milan. Je suis issu de la Noblesse, cependant j'ai renoncé à mes titres il y a longtemps, en même temps qu'à ma vie d'humain. »
Si son regard ne se portait pas sur lui, elle n’en restait pas moins attentive au récit qu’il commençait à lui narrer. Deux siècles…En tant qu’Infant elle se demandait si elle pourrait les atteindre. Elle n’avait jamais véritablement conversé de ce statut avec son père, la quantité de sang dont elle avait besoin et sa résistance au soleil mis à part, et ignorait donc ce qu’il en résultait pour ce point. Vivre si longtemps…Attentive, elle attendit la suite. Quel genre de vie a-t-on privilège d’avoir avec tout ce vécu ? A côté de tout cela, un titre de noblesse, qu’est-ce dans le fond ? La marquise elle-même n’avait pas l’intention de le rester tout son vécu. Cela serait…Inconvenant de toute façon. Il n’y a pas mieux pour être mise à jour que de rester au château, au service du Roi. Contempler son visage s’enticher des marques du temps sans que le sien ne change d’un détail…
    « J'ai été mordu une nuit dans une forêt près de ma ville. Avant que je ne comprenne ce qu'il était réellement, j'ai tué le maledetto lupo qui m'avait blessé. Si bien que quand ma transformation a commencé, je me suis retrouvé seul pour affronter ses changements, ses mutations. Pour tout dire j'ignore complètement qui était mon... créateur. Je n'ai même aucun souvenir précis de son apparence... »
Elle ignorait tout des ressentis lors d’une transformation. Pour elle, simple petite Infant, c’était une chose inconnue. Née vampire, elle n’avait jamais eu à connaître ça, et son père avait beau lui avoir narré bien des choses, sa transformation dans le détail n’en fit jamais partit. Les origines de son sang d’être de la nuit…a bien y réfléchir elle n’en sut jamais rien à dire vrai. Y avait-il une raison particulière pour que son père ne veuille jamais rien lui en dire ? Lui qui, pourtant, lui disait tout, ou presque…Devrait-elle douter ? Qu’importe sa volonté de ne pas le faire…On ne contrôle pas ce genre de sentiments. Et cette fichu curiosité ne la faisait pas avancer dans le bon sens, hélas.

Pour s’en défaire donc, elle porta son attention sur les alentours. Les rues pavées de la ville, Les maisons. Les passants, aussi. Elle profitait des petites brises, qui à présent n’offraient plus aucune odeur nauséabondes. Rien de plus que des odeurs neutres, communes. Comme le parfum d’une de ces dames errant un peu plus loin. Une tarte en train de refroidir sur le rebord d’une fenêtre. Ou encore quelques fleurs ayant clandestinement poussées entre deux pavés. Les diverses odeurs de la ville qu’elle connaissait depuis son enfance. Le monde tel qu’elle l’avait toujours connu, en somme. Un monde dont ils se jouaient bien, eux, être dits « surnaturels ». Il était amusant de voir ces passants les regarder avec intérêt, voire curiosité, un peu de fascination, aussi, en sachant tous deux une vérité que jamais ces regards curieux ne sauraient connaitre. Chacun pourtant aurait pu mettre fin à la vie de l’autre en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire. Situation dangereuse. Situation amusante. Situation particulière. Et donc, situation intéressante.
    « Ensuite, je suis resté longtemps en Italie, en tant que condottiero. Puis l'Espagne, l'Italie à nouveau, la France... Après quoi j'ai troqué mon cheval de bataille contre un trois-mâts, et j'ai navigué sur la Méditerranée, découvrant les merveilles de ce berceau de notre civilisation. j'ai vu la belle Constantinople, la Sainte Jérusalem, la mythique Grèce, la mystérieuse Egypte... Des merveilles sans nom, qu'aucun mot ne saurait décrire. C'est là un avantage qui nous est offert, à nous autres immortels. Je vous souhaite d'en profiter. Ensuite, je suis revenu en Occident, ai visité votre Angleterre et ses féériques voisines, l'Ecosse, l'Irlande... Et me voilà, de nouveau à Paris. J'ai fait plus de chemin que n'en fera jamais aucun oiseau migrateur. Cependant, rares ont été les occasions d'admirer des beautés comme la vôtre, Bellissima Signora Valentyne. »
Poliment, elle lui rendit le sourire qu’il lui offrait. Voyager…ce qu’elle aimait ça. Elle avait elle-même voyagé un peu en compagnie de son père, et continuerait probablement sous les ordres du Roi, qu’elle le haïsse ou non. Avec le fait de pouvoir s’approcher de lui pour remplir au mieux son plan, le fait de beaucoup voyager, comme les autres marquis de la cour était le grand avantage de ce grade. Bien que cela signifiait être sous ses ordres. L’idée la rendait malade, mais elle jouait très bien la comédie et les points positifs étaient bien plus nombreux que les négatifs. Surtout le fait de pouvoir s’approcher de lui…Le détruire serait horriblement réjouissant. Et d’ailleurs, à présent qu’elle songeait à lui, elle s’en rendait compte. Le château était proche à présent. Tellement proche…
    « Vous me flattez…Mais j’ai pour habitude de ne pas faire cas des belles paroles. Ce récit de voyage me comble bien davantage en réalité. Moi-même, j’aime beaucoup voyager…C’est donc là pour moi un véritable rêve que vous me narrez…Bien qu’en qualité de marquise j’ai moi-même eu l’occasion de visiter quelques pays…comme votre charmante Italie. »
Après une telle conversation elle lui devait bien un petit effort dans ce genre-là, bien que le silence lui aurait convenu davantage. Ce n’est jamais simple de tisser de nouveau liens. Mais ce n’est jamais aussi compliqué, pour toute personne normale, ça, elle en était persuadée. Parce qu’elle avait pu observer le monde tout autour d’elle, silencieusement, avec des yeux et des oreilles curieuses. Et les choses lui avaient toujours convenus ainsi car elle savait combien il lui serait difficile de tisser des liens…souvent pour pas grand-chose, elle avait pu le constater également. Mais cette fois…était-ce vraiment le cas ? Seul le temps, hélas, saurait répondre à cette question pour elle.

Et alors que doucement, de seconde en seconde, il commençait doucement sa marche vers la vérité, les deux êtres de Satan continuaient doucement leur marche vers le château et en arrivèrent devant les immenses grilles. La voilà arrivée à destination. Voilà donc, en toute logique, sa dette remboursée dans son intégralité. Comment dit-on au revoir ? Elle l’ignore, encore. Doucement, elle commence par lâcher son bras, cherchant comme vainement ses mots. Mais le temps d’un seul coup lui manqua. Ses oreilles ne pouvaient la tromper, au loin elle avait entendu son nom, quelqu’un l’appeler. Et un regard vers l’intérieur du château lui permis de confirmer la chose qu’elle craignait le plus dès que le timbre de voix de cet homme était parvenu à ses oreilles…
    « Seigneur… » souffla-t-elle dans un soupire.
Il s’agissait encore de ce comte trop insistant du matin…Quand comprendrait-il, cet imbécile ? Bon sang, n’aurait-elle donc jamais la paix ? Ces maudits nobles portaient, définitivement, bien mal ce nom ! Résignée elle fit face à son éphémère compagnie, aussi éphémère qu’une bougie, et doucement marcha à reculons en lui adressant ses derniers mots de leur première rencontre. Elle n’avait plus le temps de trouver ses mots, au final. L’improvisation fût donc, cette fois, d’une grande elle pour elle.
    « Veuillez me pardonner, il me semble que l’on me presse. Ces moments en votre compagnie furent fort agréables. Au plaisir de vous croiser à nouveau, Sir Gallieri ! »
Un signe de la main et un petit sourire, et voilà qu’elle se retournait pour faire face au château et au chemin pour l’atteindre. Bien vite elle rejoint ce comte, mais ignora tout simplement toutes les questions qu’il pût lui poser, lui annonçant simplement que cela ne le regardait pas. C’était légitime. Il n’avait pas à savoir qui était cet homme, ni même ce qu’elle avait fait de sa journée. Personne ici n’avait à savoir ça, personne n’aurait ce droit…Ce peut-être cet infant qu’elle appréciait. Mais rien n’était encore joué à ce propos. Snobant ainsi ce compte, qui finit par lâcher prise, tout du long elle finit par rejoindre ses quartiers.

Une réelle amitié entre un loup et une vampire peut-elle naître entre leurs différences…Comme germerait une fleur entre deux pavés des rues de Paris ?



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MessageSujet: Re: Et pour quelques tombes de plus...   Dim 27 Nov - 0:01

« Vous me flattez…Mais j’ai pour habitude de ne pas faire cas des belles paroles. Ce récit de voyage me comble bien davantage en réalité. Moi-même, j’aime beaucoup voyager…C’est donc là pour moi un véritable rêve que vous me narrez…Bien qu’en qualité de marquise j’ai moi-même eu l’occasion de visiter quelques pays…comme votre charmante Italie. »


Cette dernière phrase fit briller une étincelle de contentement dans le regard de saphir de l'Italien. Il allait lui demander quel coin de son pays elle avait visité, quand il remarqua qu'ils étaient arrivés devant les grilles du colossal portail du château. Corteo jeta un œil dans la cour séparant les grilles de l'énorme édifice principal. Des domestiques allumaient des dizaines de petites lanternes le long de l'allée, et il pouvait entrapercevoir une petite portion des jardins, dissimulés par les hauts murs. Le repère de la classe dirigeante de tout le royaume semblait aussi beau à l'intérieur qu'il était impressionnant de l'extérieur.

Des odeurs riches lui parvenaient. Des parfums de fleurs et de végétaux, mais aussi ceux des cuisines où l'on s'affairait, à cette heure, à l'élaboration de copieux repas pour les membres de la Cour du Roi. Et bien sûr, les odeurs innombrables des humains, nobles, courtisans, domestiques... auxquelles se mêlaient, subtilement, des odeurs moins habituelles. Le lycan comprit que sa vampirique compagnie n'était pas la seule présence surnaturelle à hanter ces lieux. Son instinct et ses sens l'avertissaient de la proximité d'autres créatures de l'Obscur, au sein du château et des alentours. Combien de nobles et de bourgeois, côtoyant chaque jour la tête couronnée du pays, cachaient sous leurs masques de lèche-bottes des crocs acérés avides de sang ?

Il reporta son attention sur Lizbeth. L'heure de leur séparation était arrivée, et tout deux se trouvaient légèrement dans l'embarras, ne sachant trop comment clore cette étrange rencontre dans les formes. Elle lâcha son bras, et semblait réfléchir à ce qu'il convenait de dire, quand Corteo sentit arriver une odeur qu'il connaissait. Une voix s'éleva derrière les grilles, appelant la marquise. C'était le comte obséquieux qui avait engagé l'Italien quelques jours plus tôt, pour escorter un chargement d'or. Ainsi, ces deux là se connaissaient ? L'expression fugace qu'il déchiffra sur le visage de la belle, et le soupire résigné qu'elle poussa, lui montrèrent qu'elle éprouvait au moins autant de lassitude et d'aversion que lui pour ce nobliaux vaniteux.

Un garde ouvrit la grille pour laisser entrer la dame, posant sur le mercenaire et ses armes un regard suspicieux.

« Veuillez me pardonner, il me semble que l’on me presse. Ces moments en votre compagnie furent fort agréables. Au plaisir de vous croiser à nouveau, Sir Gallieri ! » lui dit-elle avant de s'avancer vers le comte telle une condamnée vers l'échafaud. A ce moment, Corteo éprouva une vive compassion pour la vampire.

"Tout le plaisir a été pour moi, Marquise. J'espère avoir l'occasion bientôt de vous revoir. Si d'aventure vous aviez besoin de mes services, pour quoi que ce soit, vous pourrez me trouver à l'auberge dite de la Table Bleue, près des quais, en face de Notre-Dame. Buonasera, Signora Valentyne."

Il s'inclina, et préféra tourner les talons avant que le comte ne le reconnaisse, mais ce dernier semblait de toute façon trop occupé à abreuver la pauvre femme de paroles, comme un caniche aboyant derrière sa maîtresse qui rentre au logis.

Il marcha lentement dans les rues, tournant le dos au château, repensant à cette incroyable rencontre. Paris était en pleine effervescence à cette époque, semblait-il, et quelque chose lui disait qu'il ne tarderait pas à faire bientôt de nouvelles rencontres de ce type, très prochainement. Il fallait juste espérer qu'elles soient tout aussi calmes et agréables que celle de ce soir.

Le manteau rouge du crépuscule commençait à s'assombrir, la nuit tombait sur Paris. Les bonnes gens abandonnaient peu à peu les rues pour rejoindre leurs foyers, tandis que d'autres individus moins fréquentables commençaient à se montrer.

Corteo regagna son auberge, et se jeta sur son lit, fixant le plafond de sa chambre, plongé dans ses pensées. Reverrait-il cette Lizbeth Valentyne ? Il l'espérait en tout cas. Avoir dans ses relations une noble marquise, qui plus est une vampire, était une chose des plus intéressantes, et excitantes.

Après une heure, il sentit sa gorge se nouer légèrement, tandis qu'une fin terrible le tenaillait. Une fin de Loup.

Il sortit donc, et héla un fiacre jusqu'à la sortie de la ville, où il descendit du véhicule pour continuer, à pied et à l’abri des regards, vers la forêt. Il savait qu'il trouverait sans trop de difficulté un camp de malandrins et de maraudeurs. L'heure était venue de se nourrir.
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