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 Un petit provincial au Palais! [PV Mezariel!]

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MessageSujet: Un petit provincial au Palais! [PV Mezariel!]   Dim 13 Nov - 13:00

Ce matin là, Gabriel s'était réveillé, une envie de découverte le titillant depuis que ses paupières s'étaient levées. Il avait envie de bouger, de sortir - comme toujours me direz-vous – et il n'allait pas s'en priver ! Là était le grand privilège des nobles ; ils pouvaient se permettre d'être oisifs à volonté, tant qu'ils n'étaient pas demandés par le roi pour quelque tâche, ou que l'on ne se trouvait pas en temps de guerre. Une vie de plaisirs et de joies, en somme, du moins en théorie ! Ce dont rêvait bon nombre de gens... Peut-être bien 90% de la populace en fait. Alors, le jeune homme se redressa en position assise et s'étira longuement, les bras levés haut vers le ciel, une main enserrant le poignet du bras adverse ; ses paupières de nouveaux fermées, laissant transparaître la petite larme du réveil, et ses lèvres étirées en un bâillement assez... monumental. Bah oui quoi, c'est pas parce qu'il était super actif que Gabriel ne prenait pas son temps pour certaines choses ! Car il fallait distinguer deux faits : il était toujours en train de bouger, quasiment jamais posé hormis pour quelques exceptions ; mais, cela ne signifie pas qu'il se presse pour autant ! Il vit à son rythme, voilà tout.

Une fois cette petite pause passée, le jeune homme se leva d'un bond, renversant les couvertures d'un geste sec de l'autre côté du lit ; et il s'en alla ouvrir les rideaux ; sa fenêtre était ouverte. Rien d'étonnant à cela, car étant claustrophobe, le jeune noble ne supportait guère l'enfermement ; aussi profitait-il de son célibat pour vivre comme il lui plaisait. Pas très prudent me direz-vous, n'importe qui pouvait entrer ainsi, même si sa chambre se trouvait au premier étage ; il suffisait juste d'être un peu acrobate, ou bon voleur. Mais, insouciant, comme toujours, Monsieur le Marquis d'Estampe de Fiennes ne s'en souciait guère. Après avoir regardé quelques instants la ville fourmiller, s'agiter de toutes parts, une réalité s'imposa à Gabriel : MANGER !! Ah oui, autre petite note, malgré son physique d'éphèbe, l'aristocrate est un gouffre à lui seul, un véritable ventre-sur-pattes, un ogre, un loup affamé, un... Enfin tout ce que vous voulez quoi ! Aussi, après avoir enfilé un pantalon tout simple qu'il resserra, il se vêtit vite fait bien fait d'une robe de chambre, et descendit.

Il devait bien être neuf heures de la matinée déjà, et bien sûr la cuisinière avait fait son travail. Descendant directement aux cuisines, le jeune homme salua cordialement ses domestiques, à savoir son majordome, sa bonne et sa cuisinière. Trois personnes, pas une de plus, pas une de moins. C'est déjà pas mal, mais pour un noble à l'époque, c'est loin de constituer l'armada habituelle. Bah, ce n'était pas bien grave ! Le jeune homme ne faisait pas de manières avec son personnel, une des choses pour lesquelles il était apprécié par eux, sans nul doute. Et d'ailleurs, il n'allait même pas se faire servir dans le salon, il resta dans la cuisine certes un peu austère pour manger, mais cela lui convenait tout à fait. Bien loin du mode d'éducation qu'avaient voulu lui transmettre ses parents ! Après avoir engloutit des petits pains frais beurrés, du jus d'orange fraîchement pressé et du chocolat, met rarissime à l'époque, que seuls les nobles pouvaient se permettre de s'offrir régulièrement, mais que Gabriel adorait déjà, l'artiste remonta dans ses appartements faire sa toilette et s'habiller tout de même un peu plus convenablement pour sortir, ce qui pour une fois ne se résuma pas à une chemise seule. Bien sûr il en prit une, mais il changea de bas, troquant son pantalon large de provincial contre une culotte bouffante prisée des nobles et de la cour en ce temps ; il y rentra sa chemise aux manches bouffantes, autre chose exceptionnelle de sa part ; et encore, elle n'était pas à jabot alors que ça aurait été préconisé pour la sortie qu'il allait faire. Mais tant pis, il faisait déjà des efforts ! Une veste vert feuille soulignant ses yeux d'émeraude, et des souliers à modestes talons Eh bien, ça sortait de ses habitudes ! D'ailleurs, Gabriel n'aimait pas les quelques froufrous de sa tenue, qui au vu des exigences vestimentaires de l'époque, auraient pu être bien plus ostentatoires, mais qui l'étaient déjà trop pour lui. Enfin, il serait au moins considéré comme présentable, convenable là où allait se rendre ! Il hésita à prendre ou non le chapeau à plumes, puis se dit finalement que non, il ne le porterait qu'en cas d'extrême obligation, comme un dîner, une réception par exemple. La barbe quoi ! Bien évidemment, son épée accrochée à sa ceinture. Et aussi, un parchemin qu'il glissa dans une de ses poches, car il avait déjà sa petite idée du lieu qu'il voulait visiter... Quelques louis d'or, sait-on jamais, si quelque chose lui faisait envie.

Samuel n'était pas encore arrivé, mais cela ne saurait tarder, dans les jours qui venaient sans aucun doute. Ainsi le cadet pouvait-il sortir sans prévenir, et après s'être rapidement coiffé, il ne manqua pas de partir du manoir, prié par son majordome de prendre garde à lui. Ah, sacré Georges ! Bien trop inquiet, après tout, le jeune homme avait plus de la vingtaine ! Il était adulte maintenant !
Ainsi, Gabriel flâna dans les rues de Paris, durant un certain temps en fait, se promenant au gré de ses envies. Cependant, il finit par arriver à l'endroit qu'il désirait particulièrement découvrir ce jour-ci : le palais royal. Bien sûr, il n'y entrerait pas si facilement, n'y logeant pas, mais le bout de papier qu'il avait prit avec lui en quittant son manoir lui serait d'une grande utilité... En tout cas, d'aussi loin qu'il s'en trouvait, le palais avait toute la magnificence de ce qu'on pouvait s'attendre de la demeure du Roi de France. Le jeune homme avança tranquillement, et quand il arriva devant les grilles, un garde l'interpella poliment :

- Messire, avez-vous de quoi justifier votre venue au palais ?

- Bien entendu Monsieur, voici mon titre de noblesse.


Et là, le jeune homme sortit le parchemin de sa poche, et le montra au garde. Une copie du livre généalogique de sa famille, qu'il avait demandé à faire écrire avant qu'il ne quitte le château familiale pour prendre en possession sa nouvelle demeure, le marquisat de Fiennes, il y a plus d'un an de cela. Comme quoi, pour une fois qu'il avait fait preuve d'une certaine clairvoyance, de prévision, ça lui servait ! Le garde l'examina quelques instants, puis finit par le rendre à l'aristocrate avec un sourire léger :

- Si vous voulez bien entrer, monsieur le Marquis.

- Merci, mon brave.


Et le jeune homme franchit les grilles qui séparaient le Palais du reste de la ville. Il se disait qu'il ne tarderait pas à rentrer, la brise de ce jour-ci étant assez fraîche, peut-être même un peu trop en fait, lui donnant quelques frissons. Cependant, le provincial prit le temps d'observer la structure extérieure du château, la magnificence du bâtiment, le soin apporté aux fleurs et divers ornements des jardins ; vraiment, tout ici n'était que luxe et volupté.
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MessageSujet: Re: Un petit provincial au Palais! [PV Mezariel!]   Dim 27 Nov - 14:04

En ce matin plus ensoleillé qu’a l’ordinaire –a moins que ce ne soit une hallucination temporelle qui ai poussé le Marquis de Saint Louis a penser pareillement – Mezariel eut énormément de mal a quitter son lit chaud et confortable. Et pour cause, il n’avait absolument pas assez dormi et ses muscles étaient encore grandement ankylosés par son activité obligatoire d’hier. Mais qu’elle pouvait-elle bien être pour le pousser dans de tels retranchements d’épuisement ? La question est très bonne et la réponse des plus simpliste qui soit. La veille au soir vit son ciel noir être éblouit par une Lune aussi parfaitement ronde que brillante dans l’obscurité. Le loup, en bon Infant, était soumis au cercle régulier de cet astre, aussi ce genre de nuit le forçait à libérer sa vrai nature le temps des quelques heures de quasi-ténèbres. Le problème n’était pas réellement ce phénomène naturel contre le quel il ne pouvait rien, à vrai dire. Non, en vérité, c’était surtout lorsque le jour venait darder de ses pointes d’aurores l’horizon que le souci s’imposait au Noble.

En effet, à ce moment-ci, son corps reprend sa forme humaine initiale et toute l’adrénaline lupine qu’il avait pu accumuler au cours de son escapade nocturne redescendait, le rendant à la haute société dans un déplorable état de fatigue.

Rentré dans ses appartement par Dieu sait quel miracle donc, le Noble se pressa d’aller se coucher, sans un seul vêtement, la fatigue l’ayant fait se dévêtir avec une rapidité accrue mais sans prendre le temps d’enfiler un habit de nuit. Les rideaux n’étant pas fermés, les agressifs rayons du soleil vinrent attaqués d’une façon plus que virulente les paupières du jeune homme qui fit l’erreur de les ouvrir dans un premier temps. Quelle désagréable sensation que celle-ci, sentir ses iris brulées soudainement pas une lumière trop opportuniste. Après quelques jurons bien sentis, il finit tout de même par sortir de son lit, difficilement. E n’était pas ordinaire pour lui, de se retrouver dans un tel état, aussi se promit-il de mieux se reposer à l’ avenir, avant ces nuits auxquelles il ne pouvait guère échapper.

Désirant la douce sensation procurée par l’eau coulant sur son corps pour se réveiller convenablement, le Marquis s’exécuta instamment en allant chercher le réconfort de sa salle de bain dans laquelle il resta bien une heure, sous les délicates cascades tièdes qui s’amourachaient presque de ses formes. Il crut que cela le tirerait de sa torpeur, mais il n’en fut absolument rien et sa fatigue restait toujours la même, inexorablement. Sortis de sa salle de douche, il s’habilla de ses solennels vêtements de Cour, et fit surplomber sa chevelure par sa sempiternelle casquette stylisée militaire, celle là même qu’il ne quittait jamais, du moins en public.

Son bureau, sur lequel s’entassait de bien nombreux papiers, prouvant ainsi la dose importante de travail que le Roi avait décidé de lui assigné ce mois ci, faillit le découragé d’avance. Néanmoins, fort de son éducation et de son envie de rendre sa besogne dans les temps, il trouva le moyen de s’attabler a sa tâche et sans rechigner, combla les manques présents dans chacun des dossiers que l’on lui avait fait amener. Le travail fut long et harassant, pourtant il ne s’accorda point la moindre pause qui aurait pu pourtant se révéler bien salvatrice. La sueur coulait de son front et son seul œil visible, l’autre étant dominé par le cuir noir du cache œil trahissait l’envie du Marquis d’aller se recoucher immédiatement. Mais non, il ne pouvait pas, cela aurait été contre les agissements logiques de tout noble. Il faut savoir se tenir comme il se doit afin de faire honneur au titre de noblesse porté.

Toute proportions gardées, et sans jamais en faire part a quelqu’un d’autre que son propre esprit de jugement discerné, Mezariel aurait de temps en temps bien volontiers céder sa place a la Cour pour s’exiler quelque part ou le travail ne serait pas monnaie courante, comme ici. Ou du moins, pas autant que ce n’était déjà le cas. Un soupir passa la barrière des dents blanches du notable, pour là énième fois depuis son réveil. Il n’avait même pas prit le temps de manger, trop obnubilé par son envie de dormir et accaparer par son travail qui devait être rendu le plus rapidement possible, en temps et en heure avec cela. Parfois, le Roi faisait preuve de moins de clémence que d’habitude et l’Infant se posait la question de savoir s’il ne comptait pas tuer ses soupirants nobles sous le travail à faire. C’était en soit une idée des plus originales cela dit, la mise a mort par l’épuisement procuré par les dossiers interminables à remplir. S’il avait été en meilleure forme, sans doute le Marquis aurait laissé s’évader un rire de sa gorge endolorie. Mais il n’en fut rien et il retourna a la contemplation des feuille vierges qu’il se devait de souillé d’une encre plus noire que la nuit, dans un ordre bien précis, tel un rapport de bataille.

Finalement, deux heures s’écoulèrent bien lentement sur les corps ans vie des aiguilles de l’horloge, postée dans l’imposant salon du Marquis, sans qu’il ne puisse rien faire contre cela. Mais il fut satisfait car enfin, tout les documents à traités venaient de trouvés une fin et donc de cesser de lui dévorer le peu de temps libre dont il pouvait encore disposer par Dieu sait quel miracle.

Se levant avec tout autant de difficulté qu’il s’extirpa de ses draps le matin même, le marquis pu sentir avec une désagréable sensation de gêne son dos craquer suite à la position assisse trop longtemps conservée en peu de temps. Une douleur le prit donc au niveau de l’échine et ses massages répétés ne firent rien si ce n’est encouragé la douleur à prendre davantage d’ampleur. Résigné à laisser se mal le ronger en patientant pour qu’il se gomme tout seul, l’Infant blond décida d’aller se dégourdir un peu les jambes, jugeant que cette activité ne pourrait, vraisemblablement, pas lui faire grand mal. Sortant donc de ses luxueux appartements, il parcouru une distance raisonnable dans le palais, se tenant la tempe droite avec sa main car cette dernière, palpitante, lui faisait ressentir une souffrance caractéristique des maux de crane après une concentration trop intense sur un trop court laps de temps. Décidément, aujourd’hui n’était pas son jour. Et encore, il n’était pas au bout de ses surprises car, en arrivant prés des escaliers principaux, ceux-là même qu’il était habitué à emprunter tout les jours, il manquât une marche lors de sa descente. Ainsi, de fil en aiguille, il dégringolât sans discrétion aucune le reste des marches qui se présentaient à lui et tombât lourdement à la fin des escaliers, douloureusement.

Il laissa échapper une plainte gémissante du fait de la désagréable sensation ressentit maintenant, comme si un marteau lui assenait moult coups sur l’ensemble de son corps.

L’idée de se redresser lui-même lui effleura l’esprit mais après une vaine tentative, il se rendit compte qu’il avait bien trop mal pour réaliser pareil exploit sur le moment. Sa casquette avait quitté le haut de sa tête et gisait maintenant à quelque mètre de lui, sur le sol marbré du château. Un gout métallique s’insinuât dans la gorge du Marquis. Manque de chance, il devait s’être mordu la langue durant sa chute imprévue et maintenant le sang envahissait les canaux de dents de sa bouche. Immonde gout que voici présentement. Il était à moitié loup mais le gout du sang ne l’excitait pas réellement, sans doute son sang d’humain y était pour quelque chose.

Il se demandât, un instant, en posant une main sur l’endroit de ses yeux, si une âme charitable viendrait l’aider à se remettre debout. Existait-il encore pareille personne en cet époque décadente ? Seul, il n’aurait su répondre à cette épineuse question.
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