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 Au son des poignards, les chairs se déchirent.

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Elvira K. Morrigan
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MessageSujet: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Mar 30 Aoû - 11:32

C’était le jour. Depuis combien de temps n’était-elle pas partir en chasse ? Bien trop longtemps à ses yeux et c’était ce qui importait. Eris s’était réveillée excitée, c’était l’appel du sang…Elle voulait tellement le voir couler. Si le quotidien lui apportait satisfaction, si elle aimait la compagnie des autres qu’ils soient humain, vampire ou tout simplement lycan, il était tout aussi important pour la jeune femme d’accomplir son devoir…et d’y prendre plaisir. Ce plaisir que lui procurait, était quelque chose d’inconnu pour le commun des mortels, mais s’il leur arrivait ne serait-ce qu’une seule fois, de le connaître, ils pourraient bien devenir accro eux aussi.

L’heure n’était pas encore à cela. Dans la double vie qu’elle menait, sa seule et unique règle était de jamais être découverte, de jamais révéler la seconde partie de sa vie. C’était pourtant une part bien réelle d’Eris, mais peu de personnes étaient aptes à comprendre ses agissements. Si quelqu’un apprenait quel était son véritable métier, il ne survivait pas bien longtemps, sinon c’est que cette personne l’a apprit de la bouche même de la tueuse et qu’elle lui fait réellement confiance… Bien que cela reste très, très rare. Et, pour que ce secret reste tel qu’il devait être, Eris était dans l’obligation de remplir son rôle d’artiste. Comme chaque jour, elle devait se rendre sur la même place, s’armer de massues et ses bolas et donner un spectacle éblouissant. Elle sortit de son antre et descendit les rues en effectuant quelques acrobaties destinées à attirer les curieux. En arrivant sur la place qu’elle chérissait, ils y avaient ses habitués mais également de nouvelles têtes auxquelles la saltimbanque adressa un large sourire, sincère. Elle déposa devant la fontaine une bourse rouge qu’elle ouvrit largement, pour qu’elle puisse accueillir les dons des admirateurs et autres fascinés. Elle sauta avec grâce sur la fontaine, toujours souriante. Elle attrapa un de ses instruments et commença à donner du rêve aux autres. Plus le spectacle avançait et plus les pièces tombaient. C’était le doux son qui lui permettait de vivre correctement.

Quand la fin du la prestation s’annonçait, Eris aimait disparaître rapidement. Elle voulait éviter des discuter avec ceux qui la regardent, pour rejoindre sa solitude chérie. De plus, s’éclipser permettait d’ajouter un peu de magie et les curieux n’en étaient que plus éblouis. Ainsi, elle se mit face à eux, leur fit une révérence, ramassa calmement la bourse qu’elle ferma. Elle releva et lança un dernier sourire à l’assemblé. Avec une grande simplicité, deux mots sortirent de sa bouche
« Merci beaucoup ! ». Tout en riant, elle effectua une roue, puis un salto et partit en courant, disparaissant progressivement derrière la fontaine et parmi les foules de passants. C’est tellement amusant.

Midi sonnait, il était temps pour elle d’aller se divertir autrement. Elle laissa, dans une de ses cachettes, ses affaires et en sortit ses armes. Elle caresse ses poignards étincelants. Après chaque meurtres, elle avait pour habitude de se nettoyer et d’affuter soigneusement les armes qui lui avait servit. Eris les considérait presque comme des êtres vivantes et, il était très important pour la tueuse de prendre soin de celle-ci. Elle se releva et attrapa un morceau de parchemin, qu’elle avait coincé dans le corsage rouge vif, qui surmonté son pantalon noir. Elle avait reçu ce morceau de papier de la part de son maître, l’un des dix guerriers lycans. Dessus, dans une encre noire, était inscrit le nom de sa victime du jour. Elle s’était entretenue avec cet être majestueux. Il lui avait demandait d’accomplir cette mission rapidement, elle était de la plus haute importance. Le loup lui avait également signalé que l’homme en question, avait pour habitude de se reposer près du lac public, cela serait surement facile de le trouver. Son patron avait pour habitude de lui expliquer pourquoi chacune de ses victimes devaient être exécutées, mais il était resté plutôt évasif sur cette personne. Il semblerait que un lycanthrope accusé de trahison. Il avait mis la race en danger et il devait être puni.

Dans ces moments là, Eris voyageait léger. Ses armes étaient cachées sous les couches de vêtements. Elle n’avait pas pour habitude de se changer, tout restait tel quel. Elle se mit en route. Au cœur de la ville lumière, dans les rues sinueuses, hommes et femmes se retournaient pour l’observer. Sa tenue attirer les regards, il était très rare de voir des femmes en pantalon, c’était même plutôt mal vu et puis, sa chevelure flamboyante ne passait pas en toute discrétion. Elle aimait voir comme le peuple parisien est perturbé par peu de chose. Dans ce monde de noblesse, les apparences étaient bien trop importantes et si l’on n’était pas conforme, on se retrouvait bien vite rejeté. Ridicule. Tout bonnement affligeant.

Eris depuis sa tendre enfance avait toujours était très active et rapide, ainsi elle arriva rapidement à la destination souhaitée. Elle s’approcha de l’eau, tout en restant relativement en retrait pour ne pas être repérée. Elle se tapi dans l’ombre de plusieurs arbres et se stoppa. Elle ferma les yeux, se concentrant sur le lieu, essayant d’oublier les battements de son cœur et le cri des oiseaux. Elle soupira. Il y avait effectivement du mouvement. Des bruits lui parvenaient de droite et de gauche. Deux personnes qui semblaient seules. Elle devait en savoir plus. Regardant au dessus d’elle, elle vit qu’une branche pouvait lui permettre de grimper dans un arbre. Eris sauta et la saisit. A la force de ses bras, elle se issa sur la branche. S’accroupissant sur celle-ci, elle regarda autour d’elle. Elle voyait sa victime sur la gauche, au bord de l’eau. Il était bien seul. L’instant était parfait, mais qui était la seconde personne qui venait troubler son travail. Elle se concentra à nouveau. Les pas approchés, mais la personne était bien silencieuse. Impossible pour la tueuse de distinguer exactement la position de cette personne. Un lycan, oui, elle était certaine que c’était un de ses congénères…Ami ou ennemi, telle était la question…Elle allait rester perchée, et aviserait en fonction de la situation.
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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Mar 30 Aoû - 20:37

Peu importait son nom. Peu importait l'endroit. Peu importait l'heure, la saison, la raison, le peu qui devait exister derrière cette identité. Tout serait brouillé, effacé, avalé dans les flots d'un sang souillé d'un unique et venimeux baiser : celui du meurtre. Avant la chute du jour, ce nom qui trottait sur le bout de ses pensées n'aurait plus de visage auquel s'accrocher. Avant que les velours noirs de la nuit ne s'emparent des lieux, avant qu'un seul cri n'ait pu être poussé, la cible ne serait plus qu'une souche décomposée flottant sur les eaux troubles du fleuve de la vie. Et la brume viendrait la cueillir à même la rive où elle irait bientôt s'échouer.

Le soleil s'était levé tôt pour Aurore ce jour-là. Un rayon pourpre avait fendu les rideaux à peine tirés de ses paupières, avant de la suivre le long de ses premières préparations. Bondissant hors du lit ainsi qu'une enfant impatiente le matin de son anniversaire, elle s'était saisie du sac qui traînait à ses pieds et entrepris pour commencer d'en sortir les affaires nécessaires. Après avoir enfilé une chemise de lin sur un pantalon de cuir léger et capturé celui-ci dans l'étau de ses hautes bottes, elle avait déroulé les plis d'une de ses charmantes – mais rares – robes pour en sortir ses armes de prédilection. Pour aujourd'hui, elle avait imaginé quelque chose d'assez rapide afin de diminuer les risques d'être découverte, mais de suffisamment violent pour la contenter dans son besoin avide de sensations. Il y avait un moment qu'on ne l'avait pas appelée à sa tâche... Cette journée se devait impérativement de lui faire rattraper le temps perdu. Admirant, dans sa main, la légèreté et la souplesse de son premier poignard, qu'elle soupesait depuis déjà quelques minutes, Aurore s'était soudain rendue à l'évidence qu'aucune lame ne valait cette chère sœur de fer pour célébrer son retour au travail. Elle l'avait donc attachée à l'aide de lanières à l'intérieur de sa cape, avant de lui donner pour compagnons quelques cordes et des torchons en prévision de l'afflux de sang. Ainsi parée, la jeune femme avait noué ses cheveux en chignon pour ensuite jeter sur sa tête un large béret de couleur sombre. Les yeux rivés sur le sol et vêtue de cette sorte, Aurore avait la chance de se fondre aisément dans la foule qui, ne discernant généralement pas ses traits, la prenait assez facilement pour un jeune homme – quand toutefois elle parvenait à la voir.
Satisfaite de cet accoutrement, la Lycan avait ensuite saisi son sac et, claquant la porte de la chambre derrière elle, dévalé les escaliers de l'auberge pour disparaître dans la rue. Ayant payé la veille, il lui fut aisé de se faufiler en douce sans avoir à se représenter au patron sous les traits de demoiselle en lesquels elle s'était précédemment montrée à lui.
Sa traversée de la partie Nord de Paris, où elle se trouvait alors, ne lui avait pas pris plus d'une heure, aussi était-elle parvenue, à grand pas et avant les premiers signes de l'agitation mondaine, au seuil d'une nouvelle auberge. Elle y avait confié son sac aux bons soins d'un ami rencontré un peu plus tôt dans la semaine, lui promettant une généreuse récompense, puis, reprenant sa marche rapide aux travers des ruelles sordides du quartier, s'était hâtée de gagner les lieux indiqués par son employeur.

Avant que le soleil ne se soit hissé à sa place de la mi-journée, la surface scintillante du lac, au travers des arbres qui le bordaient, avait piqué son œil et incité son pas à se faire plus lent. Le temps ne pressait pas. Il lui faudrait même attendre. Profitant du chemin qu'il restait aux minutes pour courir jusqu'à l'heure convenue, Aurore avait entrepris de parcourir partiellement les environs. A cet instant, peu de monde jouissait du calme paisible des bords du lac. La foule devait se concentrer dans les importants centres d'animations de la ville, auprès de quelques spectacles de rue qu'elle-même fuyait généralement, de crainte de s'y laisser conquérir par l'émotion. Bien qu'elle appréciât l'art, la jeune femme s'arrangeait pour ne pas avoir à exprimer ce qu'il pouvait lui inspirer en présence d'autres êtres vivants. Seule, elle pouvait s'adonner à la contemplation de toutes choses, pourvu qu'elles égaient son attention, mais dans les lieux publics, pour la sauvegarde de son secret, il lui fallait à tout prix se fondre dans le décor. Si jamais elle se laissait envahir par les puissantes influences que toute œuvre peut avoir sur un cœur un tant soit peu sensible, le risque de se faire remarquer deviendrait indéniable et, les regards curieux alors attirés sur son visage, il serait à craindre que quelque mémoire trop vive en retienne les traits. A partir de là, la fuite se présenterait à elle comme seule solution envisageable. Dans sa situation, quitter précipitamment Paris lui était impossible, du moins pour le moment. Alors elle marchait la tête basse, devenait homme, redevenait femme, se trouvait un nom, un autre, oubliait le sien, maquillait ses yeux, ses joues, passait des gants sur le rouge de ses mains, se fondait parmi les innocents et, par le miracle de l'imitation et du secret bien gardé, parvenait à être, aussi souillée qu'elle soit réellement, l'une des leurs. Ce jeu de rôle ne l'avait jamais foncièrement tourmentée et, sans qu'elle n'en retira aucune fierté particulière, Aurore s'en sortait plutôt bien. Les nuits de solitude lui étaient, après tout, plus familières que n'importe quel instant prostré sous le joug du soleil.

La mi-journée approchait et la jeune femme venait de rejoindre le couvert des arbres. L'homme était là où il devait l'être, et les abords du lac paraissaient toujours aussi calmes. Vraiment, tout annonçait un travail simple, rapide et sans encombre. En somme, la reprise serait des plus agréables.
En attendant l'heure où il faudrait frapper, Aurore prit place au pied d'un arbre et s'y assit, protégée par l'ombre du bosquet, dans lequel elle n'était elle-même qu'un amas de ténèbres. Les yeux rivés sur le dos de l'homme, elle savoura le picotement de ses veines sous la montée de l'adrénaline, passa sa langue sur ses lèvres et respira pleinement. C'est alors qu'elle la sentit. Si l'odeur de la victime lui venait par bouffées depuis un moment, cette autre, troublante, qui s'imposait, s'insinuait dans le courant des effluves humaines qu'Aurore savourait, n'avait rien de l'innocente inconscience qu'humaient avidement ses narines. Cette senteur, elle le réalisait à présent, s'élevait dans l'air depuis déjà un bout de temps mais, entêté par la saveur de sa cible, son odorat avait probablement omis sa présence. Frustrée, la louve au masque tendit ses sens à l'extrême en même temps que ses pensées remuaient les bas-fonds de sa mémoire, dans l'idée de comprendre en quoi ce parfum lui était connu. C'est alors que, saisissant vivement la raison de son trouble, Aurore se redressa et, levant les yeux vers les hauteurs des branches, siffla :

-Bon Diable ! Un autre Lycan, ici !
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Elvira K. Morrigan
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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Mer 31 Aoû - 9:20

Un sifflement…Des paroles venant soutenir l’idée qu’Eris n’était pas la seule lycanthrope dans les parages. Elle soupira. Son regard se détourna pour atterrir sur le dos de sa victime, elle sentait que l’heure de l’exécution approchait, mais cela devrait malheureusement attendre. Se débarrasser le plus rapidement de l’intrus était devenu sa priorité. Et puis, après tout pour ne pas profiter de la situation et se faire doublement plaisir. Elle était tout simplement gagnante dans cette situation. A cette idée, la tueuse sourit, dévoilant sa blanche dentition. Personne, pas même un de ses congères n’était autorisé à la déranger durant l’accomplissement de ses missions et, pour cela, tout être devait payer.

Eris huma l’air ambiant, pour mieux atteindre le lycan. En une fraction de seconde, elle s’élança vers l’arbre dans face, sautant avec une grâce féline et ne produisant qu’un faible son, lorsqu’elle atterrit. Elle contourna le tronc en passant par les quelques branches à sa hauteur et assez épaisses pour la recevoir. Chaque fois qu’elle se retrouvait sur une de ces branches, elle s’accroupissait et regarder les alentours. Oui, elle la voyait très bien maintenant cette tête blonde. Visiblement, elle aussi était repérer car elle regardait vers la cime des arbres, comme si elle s’attendait à ce qu’on lui saute au cou à chaque instant. Elle ? Oui, cette évidence venait de lui sautait aux yeux. Une femme avec des yeux noisettes qui brillaient avec une étrange intensité, tant et est si bien que les reflets du soleil rendait son regard ardent. Elle ne la connaissait, non c’était certain, du moins pas personnellement, mais quelques choses lui soufflait l’idée qu’elles s’étaient déjà croisées. La louve n’aurait su dire où exactement, mais peu importait.

Ce regard la saltimbanque n’aurait que trop su ce qu’il signifiait. Il montrait une montée d’adrénaline, il flamboyait d’une envie. Les mirettes de l’autre louve rappelait tout simplement à Eris, ce qu’il lui arrivait également lors de certains spectacle, dans quelques rares situations, mais surtout avant d’avoir fait ce liquide cramoisi qui était si cher à la vie et, qu’elle chérissait de voir couler. Que pouvait-elle bien faire ici ? Une nouvelle impulsion et la louve vint se poser à quelques mètres de l’intruse. Elle la regarda avec attention l’espace de quelques instants. Il était troublant de voir combien leurs tenues étaient semblable. Toutes deux portaient un chemise, des bottes et chose d’autant plus étonnante, chacune était affublée d’un pantalon de cuir, bien que ce soit très rare de croiser ne serait-ce qu’une seule demoiselle vêtue de la sorte, dans les rues de Paris. Si l’on oubliait le corsage de l’artiste, leur tenue vestimentaire était tout bonnement identique. Un sourcil s’arqua sur le visage pâle de la tueuse à la chevelure étincelante.

Elle fit un simple pas en avant, juste assez grand pour se rapprocher doucement de sa congénère. Elle lui adressa un de ses plus beaux sourires, un de ceux qu’elle savait si bien faire. Il illuminait son visage, rendait ses yeux pétillants. Cette risette était douce et agréable, destinait à mettre une personne en confiance. On ne doutait jamais de sa gentillesse et de sa bonté, cette personne serait-elle la première à douter d’elle ? Cela serait surement amusant et tout à fait divertissant que les choses prennent cette tournure. Une nouvelle foulée, tandis qu’elle faisait doucement descendre son bras le long de son corps svelte. Quelque chose de commun et de discret, il n’aurait pas été facile de savoir qu’à sa ceinture se cachait un poignard. Fin et court, mais tout aussi tranchant que ses griffes de louve lorsqu’elle se transformait.

Une petite révérence, destinée à amadouée l’adversaire.
« Bonjour. » Elle se relève lentement et plonge son regard dans le sien. « Je me présente, Eris, aussi connue sous le nom de Lady Poison. Artiste de rue à mes heures perdues. » Elle s’approcha un peu plus, essayant de conserver un regard accueillant pour ne pas l’alertée, bien que la colère montait au fur et à mesure car elle voyait que la lumière tournait, indiquant que le soleil était toujours changeant et que l’heure tournait. La saltimbanque venait de donner son nom, ce qui voulait dire qu’il n’y avait plus d’issue pour l’autre louve. A moins que celle-ci ce montre surprenante, elle ne se relèverait pas demain.


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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Mer 31 Aoû - 19:23

L'odeur s'était faite plus forte à mesure que le temps s'écoulait. De plus en plus proche, la présence déambulait au travers des arbres, légèrement masquée par le halo aromatique des branches mais, les sens à l'affût, Aurore ressentait ses déplacements. Calmement, elle avait repris sa place contre le tronc du chêne choisi, et n'avait plus bougé depuis que ses narines avaient frémi de leur découverte. L'autre venait à elle : nul besoin, donc, de faire le premier pas. Vaguement impatiente à l'idée de rencontrer quelqu'un de sa race, la jeune louve n'en crispa pas moins la mâchoire, toujours prête au cas où l'individu en question ne lui serait pas amical. Adossée à la paroi d'écorce de l'arbre, l'air nonchalant et visiblement campée sur sa position, Aurore gardait une certaine légèreté sur le sol, dans la mesure où il lui faudrait s'éclipser rapidement pour éviter l'attaque éventuelle de son congénère. De sa congénère. L'aura du Lycanthrope, entrant bientôt pleinement dans son champ d'odorat proche, lui sembla plus douce et teintée de féminité. Encore une avancée de plus et cette impression serait lavée de tout doute. Les mouvements, vifs, agiles, emplissaient leur espace de grâce et de maîtrise. Ce qu'elle en percevait laissait filtrer en elle une once d'admiration, ou du moins de respect. De fait, cette démarche, furtive et silencieuse, vraisemblablement travaillée depuis un certain temps, lui rappelait la sienne et la troublait. Une différence cependant la frappa : si elle-même ne se déplaçait qu'au sol, l'autre Lycan semblait. . . voler. Ou du moins bondir et s'élever.
Aurore s'apprêtait à lever les yeux vers l'entrelacs des branches au-dessus d'elle lorsqu'elle discerna, du coin de l'œil, un mouvement beaucoup moins caché. Elle reconnut, dans la semi-pénombre du bosquet, à quelques pas d'elle-même, la lueur éclatante d'un regard carnassier.
*Prédateur*, songea-t-elle avec un léger sourire.
L'éclat de jade de deux yeux animés par la rage et la soif scintillaient tout près d'elle, semblant scruter sa personne avec une avidité qu'elle n'avait jamais connue ailleurs que dans son propre caractère. La curiosité, le trouble, la frustration et la colère s'y déroulaient comme en un kaléidoscope tournoyant entre les mille et une teintes imaginables de vert. L'instinct d'Aurore ne s'en trouva que ravivé, et elle devina qu'à cet instant même, son propre regard devait flamboyer dans le noir. Son poignard, soigneusement rangé dans les plis de sa cape,n'était pas des plus accessibles, mais la jeune femme ne chercha pas pour autant à le retirer de sa cachette : ce geste eût pu attirer l'attention de sa congénère et la tromper sur ses intentions. Si la nécessité ne s'en présentait pas, Aurore préférait ne pas avoir à recourir à cette arme pour le moment. Ses poings la défendraient aussi bien en cas de besoin.

Le Lycanthrope intrus fit alors un pas en avant, révélant son radieux visage à la faveur d'un rayon de lumière entre les branches des arbres. Ses traits, joliment dessinés et étirés en un franc sourire, illuminaient son charmant visage de femme éternellement jeune. Cette vision lui étant plutôt agréable, Aurore demeura un instant les yeux rivés sur elle, puis une moue ironique crispa un coin de sa bouche. Vraiment, cette demoiselle maîtrisait bien son jeu. Mais un menteur ne trompe pas un autre menteur. La raison de sa présence ici demeurait toutefois une question majeure à laquelle il importait d'obtenir promptement une réponse. Tueuse ou pas tueuse ? Habituée au crime, certes, mais rien ne prouvait qu'elles suivaient les mêmes chemins, aussi Aurore conserva-t-elle une marge de méfiance.
A la révérence de la louve aux yeux de jade, le sourire ironique ce celle au regard de feu s'accentua. Un goût de franc sarcasme découlait de la scène.
Pierres et flammes se croisèrent lorsqu'enfin, la demoiselle lança :

- Bonjour. Je me présente, Eris, aussi connue sous le nom de Lady Poison. Artiste de rue à mes heures perdues.

Se détachant enfin de son tronc d'arbre, Aurore décrivit à son tour une espèce de courbette avant de relever les yeux vers son interlocutrice. Elle lui répondit en ces termes :

-Trouvez-vous qu'il soit absolument nécessaire que je vous donne un de mes noms en guise de présentation ? Vous n'aurez que faire, je le crains, d'une vulgaire identité empruntée. Venons-en plutôt au fait... Que Diable faîtes-vous donc ici ?



[HJ : Pardon pour le temps de réponse T.T]
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Elvira K. Morrigan
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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Jeu 1 Sep - 21:59

Un pas, puis un autre. La louve se dégagea de l’arbre sous lequel elle s’abritait. Elle s’approcha et imita la saltimbanque, s’inclinant et la saluant. Cette action tira un nouveau sourire à la tueuse. Dans ce genre de moment, lorsqu’elle-même jouait la jeune fille polie, il était amusant de se demander si la réciproque était vraie. Ce serait peut-être l’occasion de le vérifier. C'est à cet instant, que son interlocutrice prit la parole:«-Trouvez-vous qu'il soit absolument nécessaire que je vous donne un de mes noms en guise de présentation ? Vous n'aurez que faire, je le crains, d'une vulgaire identité empruntée. Venons-en plutôt au fait... Que Diable faîtes-vous donc ici ?»Que c’était bon.

Alors était-il possible qu’Eris se soit retrouvée en face d’une collègue. On avait plutôt tendance à engager des hommes dans le métier, il aurait tout de même était amusant qu’elle soit aussi une tueuse. La saltimbanque avait toujours souhaité faire la rencontre de quelque de la même condition qu’elle. Elle n’allait donc pas plus attendre. Et même si ce n’était pas le cas, il n’était pas utile de parler gentiment et de continuer d’agir cacher derrière un masque. Si elle se trompait sur la nature de son interlocutrice, elle mettrait rapidement un terme au problème. Peu de personnes lui résistaient. Non, elle n’était pas surhumaine, loin de là…Elle savait même reconnaître lorsque quelqu’un lui était supérieur, mais elle restait vive, rapide et souple. Les acrobaties de ses spectacles pouvaient se montrer très utiles dans un combat. De plus, jamais un homme de part sa fierté, ne peut imaginer qu’une femme puisse être une tueuse et encore moins plus douée que lui. Erreur. Grosse erreur, qui avait couté la vie à bon nombre de personnes. Homme, femme, humain, lycan ou vampire. Tous étaient des victimes potentielles, pour la plus grande satisfaction de notre tueuse.

Elle poussa un petit rire, un peu moqueur, mais pas méchant. Elle sourit à son interlocutrice. Un sourire véritable et dénué de sens caché. Elle s’approcha de l’autre louve et la regarda attentivement. C’était une belle jeune femme. Ses mèches blondes encadrées parfaitement un visage doux, un peu rond. Le plus impressionnant restait son regard de feu. Elle fit le tour d’elle, les bras dans le dos telle à une enfant qui s’amusait et, c’était le cas, elle jouait et c’était passionnant. Elle décrivit plusieurs fois le même cercle autour de la louve.
« Huuum… » Elle s’arrêta face à elle et lui sourit. « Je pense que par respect pour la personne qui se tient face à vous, il est tout de même sympathique, de se présenter…Surtout quand on l’a fait juste avant, non ?»Son ton était doux, malgré le reproche. Son but n'était pas de la blessée, mais il était vrai qu'elle préférait pouvoir donner un nom à un visage.

Elle se décala et partit vers l'arbre sous lequel ou la fille aux yeux de braise était appuyée auparavant. Elle lui lança un regard joueur, puis leva la tête. Au dessus d'elle une branche. Un peu haute certes, mais pas inaccessible pour Eris. Elle sauta, comme elle l'avait fais précédemment et s’agrippa. Elle se hissa et une fois debout sur la branche, elle se tourna vers la jeune femme. Comme à son habitude, elle lui adressa un sourire. Elle avança au bout de la branche et se pencha, avant de sauter subitement, pour s'asseoir. Ce ne fut pas un gros choc, car elle avait amortit la retombée. Elle balançait ses jambes, image de la fillette innocente et pure.
«Ce je fais ici?..Je travaille tout simplement et mon travail est des plus étonnant!» Elle se demandait alors si elle continuait le jeu, ou si elle précipitait les choses. « Il consiste tout simplement à prendre la vie de ceux qui ne la mérite plus.» Elle glissa pour finir la tête en bas, se tenant par les mains et les jambes. «Et toi, chère intruse? Car oui, vous êtes venue sur mon territoire et vous avez troublé mes affaires, c'est tout de même fâcheux...Vous ne trouvez pas? Comment pouvons-nous régler ce problème? » Nouvelle risette, tendre et agaçante.
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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Ven 2 Sep - 10:57

Aurore ne se départit pas de son léger sourire ironique lorsque la jeune femme aux cheveux de feu commença à tourner autour d'elle. Au-delà de ses manières enfantines et de son air incessamment taquin, l'on sentait dans son aura le passage des années et l'expérience qu'elles apportent. La louve blonde resta sur ses gardes, consciente de la vitesse et de l'agilité supérieures dont jouissent les Lycans plus âgés. Bien qu'elle ne lui ait pas révélé son âge, il était clair qu'Eris avait un avantage sur le temps.
Mettant soudain fin à son petit manège, l'agile tueuse se tint face à elle pour lui lancer, du ton que l'on prend pour réprimander, sans le brusquer, un enfant en faute :

- Huuum… Je pense que par respect pour la personne qui se tient face à vous, il est tout de même sympathique, de se présenter…Surtout quand on l’a fait juste avant, non ?

Le sourire d'Aurore s'étira, prenant la teinte de la confusion. Sa méfiance innée lui faisait oublier les règles primaires de la politesse. Si en temps normal celles-ci l'indifféraient totalement, envers un membre de sa race, il semblait qu'elle se devait de faire preuve de la plus élémentaire des courtoisie, au moins.

- J'espère que vous m'excuserez cette déformation professionnelle et accepterez de m'appeler simplement Aurore, puisque tel est mon nom.

Cette rencontre prenait résolument une drôle de tournure. Si Eris inspirait le respect à Aurore, elle ne l'effrayait en rien, et lui donnait même la vague sensation de retrouver une vieille amie. Son attitude, mélange de candeur et de mesquinerie, lui était à la fois familière et agréable à découvrir. Quelque chose, sans qu'elle puisse déterminer exactement quoi, paraissait les lier. Comme elle, la demoiselle à la flamboyante chevelure passait pour une compagne du silence, une ombre parmi les autres qui cache son véritable jeu et suit fidèlement les desseins qu'on lui fixe. Il lui semblait qu'Eris obéissait, comme elle, à quelque voix venue d'en haut, mais qu'elle conservait, dans le même temps, la liberté de choisir l'ordonnance et la forme de ses actes. Qu'elle soit un Lycanthrope ne faisait pas le moindre doute, mais pour ce qui tenait de sa profession, Aurore ne parvenait pas à s'avouer l'évidence. Au fond d'elle-même hurlait son système de reconnaissance, tous les signaux d'alerte brillaient sous son crâne, mais le caractère incroyable d'une pareille rencontre retenait le déroulement logique de ses réflexions.
Quand Eris se percha, en parfaite et féline acrobate, sur une branche juste au-dessus d'elle, la louve aux regard de braise se retourna doucement pour suivre son mouvement, un vague sourire aux lèvres. Elle-même finit par s'assoir, en tailleur sur le sol, les doigts délicatement joints sur ses pieds. Toujours souriante et enfantine, l'autre louve lui répondit enfin :

- Ce je fais ici?..Je travaille tout simplement et mon travail est des plus étonnant!

Comme elle marquait une pause, Aurore reprit son souffle et attendit impatiemment la suite. Son cœur commençait à battre plus fort que ne le voulait la mesure, signifiant que ses déductions devraient bientôt se précipiter à leur terme.

- Il consiste tout simplement à prendre la vie de ceux qui ne la méritent plus. Et toi, chère intruse? Car oui, vous êtes venue sur mon territoire et vous avez troublé mes affaires, c'est tout de même fâcheux...Vous ne trouvez pas? Comment pouvons-nous régler ce problème?

Aurore laissa échapper son rire. Une tueuse ! Ainsi ce qu'elle refusait de s'avouer éclatait sous ces yeux, cinglant de vérité. Une louve tueuse ! Voilà ce qui expliquait son étrange impression de profiter de la compagnie d'une ancienne connaissance. Que le destin les ait menées l'une à l'autre avait tout de surprenant, mais prenait enfin un sens.

- Ma présence est en réalité assez simple à expliquer, ma chère..., répondit Aurore.Ce territoire n'est ni le mien, ni le vôtre aujourd'hui, mais simplement le nôtre. Il semblerait qu'on nous ait désigné la même cible, à toute les deux.

Pour illustrer ses propos, la louve blonde désigna d'un vague signe de la main l'homme qui se reposait auprès du lac, avant de reprendre :

- J'ignore pourquoi deux des grands Loups ont ordonné sa disparition, ni comment n'ont-ils pas eu l'idée de se concerter avant de nous envoyer, mais il semblerait que pour aujourd'hui, nous devions œuvrer ensemble.
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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Ven 2 Sep - 16:55

« - J'espère que vous m'excuserez cette déformation professionnelle et accepterez de m'appeler simplement Aurore, puisque tel est mon nom. »

Aurore, ce nom lui allait à merveille. L’aurore…le levé du soleil. Ce même soleil à la couleur dorée, pareil à celle des cheveux de la louve. Cet astre brûlant…Aurore, la louve aux yeux de braises. Oui, ce nom était réellement fait pour elle. Eris la regarda, assise en tailleur. Cette position pouvait être dangereuse car ainsi, la tueuse la dominée. Il ne lui aurait fallu qu’un seul mouvement pour lui sauter dessus et, lui prendre la vie. A moins que ce qu’elle pensait se vérifie. De plus, si Aurore se mettait dans une telle position, c’est qu’elle soit idiote, soit qu’elle respectait simplement Eris. C’est également ce qu’elle ressentait à son égard. Certes elle agissait de manière espiègle et candide, mais ce n’était pas par pure méchanceté. Oui, elle faisait son travail, faisait toujours en sorte que l’image qu’elle donnait d’elle, reste telle qu’elle la souhaitait…Mais, c’était tout de même une partie d’elle. Elle aimait s’amuser et taquiner, sans penser à mal. En colère, elle se montrait plus cinglante et plus violente. Ici, la situation se prêtait simplement à son jeu.
Aurore la tira de ses pensées, en riant subitement…cela devait réellement prometteur. Elle prit de nouveau la parole, pour répondre à la question que lui avait posée la saltimbanque.


« - Ma présence est en réalité assez simple à expliquer, ma chère...Ce territoire n'est ni le mien, ni le vôtre aujourd'hui, mais simplement le nôtre. Il semblerait qu'on nous ait désigné la même cible, à toute les deux. »

Donc, Eris ne c’était pas trompée. Il était vrai, qu’elle avait oublié de préciser que c’était son territoire de chasse, mais peut importait à présent, puisque cela lui avait tout de même permis de découvrir la nature de son interlocutrice. Elle était soudainement très exister, le passage de son sang s’accélérât dans ses veines, son envie de meurtre reprenant le dessus. Elle avait bien en face d’elle une autre tueuse. C’était intéressant, vraiment intéressant. Elle vit Aurore fait un signe de la main, qui venait accompagner ses paroles.

- J'ignore pourquoi deux des grands Loups ont ordonné sa disparition, ni comment n'ont-ils pas eu l'idée de se concerter avant de nous envoyer, mais il semblerait que pour aujourd'hui, nous devions œuvrer ensemble.

« Oeuvrer ensemble », c’était problématique, car Eris aime pendre du plaisir dans le meurtre, seule. Bon il était vrai, qu’elle n’avait que rarement travaillé en duo, mais l’expérience qu’elle en avait…Etait très, très mauvaise. Aurore serait peut-être différente. Dès le départ, elle s’était sentie proche d’elle, pour cette raison qui lui était alors inconnue. Eris avait le sentiment que c’était une jeune louve. Jeune mais douée dans son métier, elle n’en doutait pas, mais elle était solitaire. Le travail d’un tueur ou d’une tueuse doit rester discret et, agir ensemble pouvait mettre leur couverture à l’eau. Si jamais elles agissaient vraiment ensemble, elles devraient par la suite faire très attention et se quitter sans que personne ne les voie. On ne devait, jamais les voir ensemble. Quant à la décision des guerriers, elle n’en savait pas plus qu’elle. Ils étaient à la fois proches et éloignés. Le fait de voyager sans prendre le temps de respirer, le temps qui passe indéfiniment. Comme tout être sur cette terre, ils obéissent aux voies du destin. La seule chose qu’elle devait savoir, chacun devaient leur avoir dit.

« Je n’ai pas pour habitude de travailler avec quelqu’un d’autre, mais tu m’intéresses. Je me sens proche de toi, sans savoir pourquoi. Peut-être parce que notre métier joue un peu, et aussi parce que tu es surement l’une des seules femmes, tout comme moi, qui se soit fait un nom de ce métier. Tu me donnes envie d’en savoir plus sur toi, mais nous devons avant tout respecter les règles qui nous on était donné et éviter d’être remarquer. »

Elle sauta da sa branche et avança, avec un sourire doux et amical. Elle tendit sa main droite devant elle, invitant Aurore à lui serait la main. Chez Eris c’était un signe de respect. Cela signifiait également, qu’elle appréciait assez la personne, pour l’inviter à rentrer dans son « monde ».


« Enchantée d’avoir fais ta connaissance. » Elle dirigea son regard vers le loup près de l’eau. « Quant à lui, je pense que le temps presse, nous devrions nous entendre et agir rapidement, quand dis-tu ? »
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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Sam 3 Sep - 12:29

- Je n’ai pas pour habitude de travailler avec quelqu’un d’autre, mais tu m’intéresses. Je me sens proche de toi, sans savoir pourquoi. Peut-être parce que notre métier joue un peu, et aussi parce que tu es sûrement l’une des seules femmes, tout comme moi, qui se soit fait un nom de ce métier. Tu me donnes envie d’en savoir plus sur toi, mais nous devons avant tout respecter les règles qui nous on été données et éviter d’être remarquées.

Aux paroles de la saltimbanque, Aurore hocha doucement la tête. Il était vrai que de son côté, et bien qu'elle n'ait jamais connu pareille situation, la perspective de travailler à deux ne l'attirait pas davantage. Seulement, une espèce de curiosité mêlée, comme l'avait exprimé Eris, de ce sentiment de ressemblance qui les unissait toutes les deux, l'empêchait de se braquer contre l'idée. Quant aux règles du secret, jamais il ne lui serait venu à l'esprit d'en enfreindre ne serait-ce qu'une infime.
Lorsque la demoiselle aux cheveux de feu bondit de sa branche, une nouvelle expression étirait ses traits. Cette fois, elle arborait un sourire sincère, et amical. Aurore lui sourit à son tour. De ce simple échange, elles scellaient un pacte incluant le respect - autant d'elles-mêmes que de leurs obligations - et la parfaite réalisation de leur travail. La louve aux yeux rougeoyants saisit la main qu'on lui tendait, et se leva pour faire face à sa congénère. Cette brève poignée de main signait définitivement leur contrat tacite. Eris avait évoqué le fait qu'elle se sentait proche d'elle, ce qui la rassurait. Une telle impression lui semblait si peu familière que la savoir partagée ôtait un peu de l'inquiétude qui pesait sur son cœur.

- Enchantée d’avoir fait ta connaissance,déclara la saltimbanque. Quant à lui, je pense que le temps presse, nous devrions nous entendre et agir rapidement, qu'en dis-tu ?

De nouveau, Aurore hocha la tête, tandis que les engrenages de la réflexion se mettait en place sous son crâne. L'homme était seul encore, mais peut être pas pour longtemps. Déjà, le calme qui régnait en maître sur le lac depuis le matin se voyait progressivement troublé par l'arrivée du peuple. Si la douce agitation qui bordait peu à peu les rives ne pouvait encore clairement porter le nom de «foule» il allait sans dire que plus l'après-midi s'avancerait et plus les habitants de la ville rechercherait le bon air de la nature auprès de l'eau. Ainsi donc, il leur fallait agir au plus vite. Déjà, il semblait invraisemblable d'aller tuer leur cible là où elle se trouvait. Il était trop tard pour se risquer à un tel acte. Les yeux mondains se seraient rivés sur elles à la minute où la victime s'écroulerait. Non, il fallait trouver autre chose. Inverser les rôles. Elles n'iraient pas l'achever à sa place, lui-même viendrait mourir entre leurs mains. Cette idée plut à Aurore, aussi entreprit-elle de l'exposer à son acolyte :

- Voilà, nous nous mettrions en danger si nous sortions toutes les deux de ce bosquet, mais il ne devrait pas être trop ardu de l'amener par ici. Maintenant, il s'agit de trouver un stratagème simple et efficace...

S'adossant à un arbre pour mieux observer la cible, Aurore se mit à réfléchir à un plan. Qu'est-ce qui pouvait bien attirer un homme dans l'ombre d'un bosquet, par un chaleureux après-midi ? Qu'est-ce qui, plus généralement pouvait attirer un homme ? Un sourire narquois étira ses lèvres tandis que ses yeux balayaient les abords du lac. Ça et là déambulaient des enfants avec leurs nourrices, des couples heureux, de jeunes amants pressant mutuellement leur mains et rougissant dans leur amour mis au soleil... mais l'homme, lui, était seul. Seul depuis le matin. Seul depuis peut être bien plus longtemps encore. Y avait-il plus merveilleuse offrande pour un homme seul que la perspective de passer un peu de temps en bonne compagnie ?
Lorsqu'elle se tourna enfin vers Eris, la louve blonde souriait d'un air de triomphe teinté d'une abondance d'ironie.

- Eh bien ma chère,déclara-t-elle, je crois savoir comment nous pourrions procéder. L'une de nous deux se chargera d'aller le courtiser, brisera une à une les défenses qu'il opposera à ses charmes puis, peu à peu, le convaincra de la suivre jusqu'ici. Dans l'ombre des arbres, pendant ce temps, l'autre aménagera une cachette où dissimuler le corps en attendant la nuit – quand elle viendra, nous pourrons alors reparaître ici et nous occuper à notre manière de sa disparition. Lorsque la première rejoindra la seconde, il sera temps de mettre fin à ses jours. Dans la pénombre du bosquet, il nous sera aisé d'étouffer ses cris et de le soustraire aux yeux de tous.

Elle marqua une pause afin de faire le point sur ce qu'elle venait de dire, et s'assurer qu'elle n'oubliait rien. Comme tout semblait dit, elle lança à nouveau :

- Qu'en pensez-vous, Eris ?
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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Sam 3 Sep - 14:16

Un instant bref et une action comme pour la plus part des mortels. Seules elles savaient, la portée que pouvait prendre ce geste. Dès l’instant où la louve aux yeux de braises, avait placé sa main, dans celle d’Eris, un pacte était scellé. Cette alliance, sans un mot, elles la comprenaient très bien et, il était bon pour Eris de voir, qu’une personne pouvait la comprendre facilement… Ne serait-ce qu’à travers un regard, ou cette simple poignée de main. Elles avaient les mêmes conditions de vie. Elles devaient se plier à des règles similaires… Une relation qui se rendait plus facile. Leur personnalité les séparées surement, Eris n’avait rencontré que peu de personnes ayant un caractère semblable au sien. Malgré les apparences, elle avait la main sur le cœur, mais elle pouvait simplement être toute aussi cruelle que sympathique. Elle était très ouverte. Les vampires étaient à ses yeux des êtres comme les autres, bien qu’elle n’aime pas toujours leur manière. De même, elle n’appréciait pas toujours celles des humains ou des lycans. Aucune race n’est inférieure à une autre. Elles ont toutes des points respectables et d’autres détestables, c’était seulement pour son travail ou par pure envie, pur égoïsme, qu’elle mettait fin à la vie de quelqu’un. Au regard de nombreuses personnes, Eris était une jeune femme surprenante. Hyperactive, souriante, douce, douée dans de nombreux domaines et agaçante, voir insolente, mais surprenante.

Aurore hocha la tête plusieurs, elle approuvait les dires de la saltimbanque, ce qui la ravissait. Oui, c’était véritablement une bonne chose, cela voulait dire qu’elles avaient le même point de vue, ce qui serait parfait pour agir en duo…Seulement ce n’était pas la seule chose qu’elle attendait. En effet, si elles devaient travailler ensemble, Eris voulait que sa congénère lui montre ce qu’elle avait dans le ventre. Qu’elle lui prouve qu’elle avait réellement à ses côtés en tant que tueuse, comme toute autre personne de cette classe sociable, serait capable de le faire. Elle ne doutait aucunement de ses capacités, aussi bien physiques que mentales, mais la timidité pouvait être handicapante. Dans ce métier chacun devait montrer qu’il pouvait être le meilleur. Tous se devaient de s’imposer, même si pour cela il fallait parfois se débarrasser de plus de personnes que prévus et, de temps en temps, de collègues ou de personnes qui peuvent nous êtres chères.


« - Voilà, nous nous mettrions en danger si nous sortions toutes les deux de ce bosquet, mais il ne devrait pas être trop ardu de l'amener par ici. Maintenant, il s'agit de trouver un stratagème simple et efficace... »

Alors qu’Aurore s’appuyait calmement, Eris restait debout au centre du bosquet. Elle observa longuement l’autre louve qui semblait être en pleine réflexion, le regard un peu perdu. Si l’on devait faire un reproche à Eris dans son travail, c’était certainement son impulsivité. Elle l’était naturellement, et c’était une partie d’elle, qu’elle n’avait jamais réussi à combattre. De ce fait, elle ne réfléchissait pas toujours avant d’agir. Elle s’était parfois mise en danger, surtout à ses débuts et, même si elle s’en était toujours parfaitement sortie…Des erreurs étaient et restaient des erreurs. On ne lui en avait pas souvent tenu rigueur, le fait qu’elle excelle en escrime ou dans d’autres domaines, devait surement lui donner des bons points. Pourtant, elle n’était pas idiote, loin de là. C’était même une femme très mature et réfléchie, mais pas toujours lorsque l’envie se faisait pressente.

« - Eh bien ma chère, je crois savoir comment nous pourrions procéder. L'une de nous deux se chargera d'aller le courtiser, brisera une à une les défenses qu'il opposera à ses charmes puis, peu à peu, le convaincra de la suivre jusqu'ici. Dans l'ombre des arbres, pendant ce temps, l'autre aménagera une cachette où dissimuler le corps en attendant la nuit – quand elle viendra, nous pourrons alors reparaître ici et nous occuper à notre manière de sa disparition. Lorsque la première rejoindra la seconde, il sera temps de mettre fin à ses jours. Dans la pénombre du bosquet, il nous sera aisé d'étouffer ses cris et de le soustraire aux yeux de tous. »

C’était tout bonnement magnifique. En peu de temps, Aurore avait trouvé une solution des plus amusantes, que se soit en allant chercher la victime ou trouvant un lieu pour cacher le corps. C’était amusant de jouer avec les autres, de voir combien ils étaient naïfs mais d’un autre côté, elle pourrait profiter de ce qui l’entoure et s’amusait un peu dans les arbres. De plus dans la seconde solution, rien ne garantissait à Aurore qu’Eris agir exactement comme elle le souhaitait. Oui, elle trouverait un endroit, c’était certain même, mais elle reviendrait surement…Pour prendre un trophée ou un simple déjeuner…ce n’était pas pour rien, s’il était rare de retrouver des traces de ses meurtres. Les corps disparaissaient…comme par magie.

« - Qu'en pensez-vous, Eris ? »

Elle rit à cette phrase, il était vrai qu’elle prenait souvent son temps avant de répondre.

« Je pense que…Vous m’avez impressionnée et que c’est un très bonne idée. Je pense également que nous devrions cesser d’agir avec ses manières qui ne sont que futiles à nos yeux, une fois les présentations faites. Aux miens, tout du moins…Nous pourrions nous tutoyer, non ? » Elle lui sourit. Tant qu’elle ne lui aurait pas donné de réponse, Eris ne se permettrais pas de la tutoyer. « Je vous laisse choisir la partie de la mission qui vous conviendrez le plus, aucune ne me dérange et j’y trouverais mon compte. »

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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Sam 3 Sep - 16:57

- Je pense que…Vous m’avez impressionnée et que c’est un très bonne idée. Je pense également que nous devrions cesser d’agir avec ses manières qui ne sont que futiles à nos yeux, une fois les présentations faites. Aux miens, tout du moins…Nous pourrions nous tutoyer, non ?

- Volontiers, acquiesça Aurore.

Si elle était flattée de constater qu'Eris appréciait autant son plan qu'elle-même s'en félicitait, Aurore ne s'étendit pas plus longtemps sur le sujet pour le montrer. Alors qu'elle s'apprêtait à demander à l'autre louve de quelle tâche elle souhaitait se charger, celle-ci la devança :

- Je vous laisse choisir la partie de la mission qui vous conviendra le plus, aucune ne me dérange et j’y trouverais mon compte.

Il fallut un temps à Aurore pour se prononcer sur la question. Bien que sa vie ait été semée de choix en tout genre, elle n'était que peu habituée à ceux qui impliquaient de décider pour les autres. Sa préférence pour l'une des missions était claire, mais même si Eris se disait prête à assumer l'une ou l'autre des tâches, elle se sentait quelque peu frustrée de ne pas connaître son avis. Après tout, sans doute serait-ce la première et la dernière fois qu'elle aurait l'occasion de travailler avec une autre tueuse, et il lui semblait impératif de conclure cette expérience dans les meilleurs termes possibles.
Se rappelant toutefois que les minutes filaient et que de telles préoccupations n'avaient pas lieu de s'étendre plus amplement dans le temps, la louve aux yeux de braises tira soudain de sa poche un dé aux vingt faces jaunies, manifestement usé par de nombreux recours au Hasard.

- Un nombre pair signifiera que je m'occuperai d'amener notre cible par ici, un nombre impair voudra dire qu'il me revient de trouver une cachette, déclara-t-elle.

Les règles ainsi fixées, Aurore lança le dé sur le sol. L'objet roula un instant avant de s'immobiliser complètement, révélant de sa face levée la mission choisie : 5. La jeune femme se pencha pour fourrer à nouveau son singulier conseiller dans sa poche, et s'exclama :

- Les maîtres du jeu ont parlé. A plus tard !

Après un dernier coup d'œil pour leur victime, la louve se détourna de sa compère et s'éloigna dans l'ombre du bosquet, non sans lui avoir lancé un léger signe de la main. Ce dé, qu'elle emportait toujours sur elle au gré de ses voyages, lui avait de nombreuses fois rendu la vie plus simple. Les jours où des choix particulièrement ardus se présentaient à elle, Aurore avait coutume de le jeter à ses pieds pour connaître l'avis de ceux qu'elle nommait «les maîtres», et qui symbolisaient pour elle les dieux, anges ou autres êtres supérieures chargés des destinées terrestres. Non pas qu'elle soit forcément croyante, mais ces petites superstitions et habitudes la suivaient depuis si longtemps qu'elles s'étaient forgées leur place dans son quotidien. Les perpétrer contribuait à son assurance personnelle et chassait le mieux possible les quelques doutes qui pouvaient l'assaillir.
Lorsque sa main se lassa de tourner, retourner, palper et reconnaître les faces du dé dans sa poche, elle s'en retira pour aller fouiller l'intérieur de sa cape. Tout en marchant, Aurore en sortit son poignard, qu'elle s'amusa alors à faire bondir entre ses doigts. Une telle dextérité n'avait rien de surprenant chez un habitué des armes, et encore moins chez quelqu'un dont le passe-temps favoris est le meurtre, mais ce jeu avait toujours émerveillé la jeune louve. Déjà, enfant, elle suivait, rêveuse, les mouvements adroits de son père lorsqu'il maniait les lames toutes brûlantes du feu de sa forge, et s'imaginait un jour maîtriser avec la même aisance cette dangereuse manie.
Aujourd'hui, bien que l'élève ait dépassé le maître, Aurore gardait le souvenir de ce père fantastique comme d'un héros inégalable, dont le regard s'accrochait à elle depuis son départ de son village natal. Partout où elle allait, elle espérait que, malgré la route choisie, cet homme admirable verrait en elle l'accomplissement de ses efforts et de son enseignement car, où qu'elle se trouve, la jeune femme n'oubliait rien de cette éducation à la fois virile et aimante. Dans le moindre de ses gestes, elle cherchait à rendre hommage à ce souvenir, et le faire briller dans sa mémoire, parmi tous les autres.
Au fil de ses réflexions, Aurore avançait dans les profondeurs du bosquet, et vint alors le moment où ce qu'elle attendait de découvrir s'offrit à elle. Le vieil arbre creux qu'elle avait rencontré en arrivant se tenait là, sur sa droite, courbé ainsi qu'un vieillard sous l'efflorescence de ses branches. Avec douceur et délicatesse, comme on traiterait un ancêtre, la louve fit glisser la lame de son poignard au travers d'une faille dans l'écorce, et découpa soigneusement un bout de la parure centenaire avant de la déposer sur le sol. Comme elle l'avait deviné, l'intérieur du tronc était vide, et suffisamment large pour dissimuler le corps. Satisfaite de sa trouvaille, Aurore mémorisa les lieux et repartit en trombe à l'orée du bosquet, pour rejoindre Eris.
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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Dim 4 Sep - 14:51

Aurore semblait déçue, presque frustrée. En voulait-elle à Eris de lui laisser le choix ? Aurait-elle préférait connaitre le sien ? Pourtant, elle avait dit vrai, les deux parties de la mission pouvaient être satisfaisantes à ses yeux. Elle allait lui donner une réponse plus nette, lors qu’elle vit qu’Aurore attrapait quelque chose dans la poche. Dan sa main, un dé jaune. Un dé qui a suivit le court du temps et qui, une fois de plus, allait visiblement jouer un rôle important. Eris trouvait que c’était une bonne idée, mais cette fois-ci, aucune expression de n’afficha sur son visage, pas plus qu’un mot ne sortit de sa bouche. Elle préférait attendre pour savoir quel serait son rôle.

« - Un nombre pair signifiera que je m'occuperai d'amener notre cible par ici, un nombre impair voudra dire qu'il me revient de trouver une cachette »Le dé roula, tourna puis fini par tombé. Un cinq. Chiffre impair, il signifiait qu’Aurore trouverait un lieu pour cacher le corps et qu’Eris devrait se charger d’amadouer la victime. « - Les maîtres du jeu ont parlé. A plus tard ! »

Aurore jeta un coup d’œil à l’homme et s’éloignant tranquillement, disparaissant aux yeux de la saltimbanque. Dans un premier temps, Eris était toujours capable de l’entendre, puis au fur et à mesure que els branches et les feuilles tombées, craquaient sous ses pieds, elle s’évapora dans la nature. Elle seule savait vers qu’elle endroit, elle voulait se dirigeait…Eris de son côté soupira et ferma les yeux quelques instants. Dans ce silence, elle se concentrait pour savoir de quelle manière elle allait agir. Cela devait être rapide mais convainquant. De plus, elle ne devait pas se faire remarquer des autres personnes présentes. D’un geste lent, elle détacha ses cheveux, lui donnant un peu plus de féminité. Son air enfantin en attirait certains, mais comment être sûr du pouvoir de ce charme, qu’elle même trouvait handicapant ? Elle déboutonna les premiers boutons de sa chemise et serra un peu plus son corsage, mettant en avant sa stature filiforme et faisant ressortir sa poitrine, qui n’était pas très avantageuse. Quelques minutes s’écoulèrent, puis calmement, elle se mit en route et sortit du bosquet, en prenant le soin que personne ne remarque d’où elle venait.

Eris s’approcha doucement de lui, discrète. Elle se plaça à sur son côté et commença par l’observer du coin de l’œil. C’était un grand brun au regard bleu clair. Humainement parlant, il devait s’approcher de la trentaine, mais il devait réellement être un peu plus jeune qu’Eris. Elle devait maintenant agir. Elle se plaça devant lui, les présentations devaient être succinctes pour une fois. Ill était peut-être même préférable qu’elle ne se présente pas du tout. Elle ne lui aurait donné qu’un nom emprunter et non le sien, de plus qu’elle lui en donne un ou pas, le résultat serait le même.
Elle lui adressa d’abord un sourire, puis posa une main sur sa poitrine et se hissa jusqu’à son oreille. Si on les observait, tout ce que l’on pouvait voir, c’était une jeune femme chuchotant à l’oreille d’un homme. Rien d’alarmant. Elle agissait comme une de ces filles de joie et lui fonçait pareil à un de leur client. D’après ce que pouvait juger Eris, John, puisque tel était son nom, n’avait pas était satisfait depuis un moment et, en tant qu’homme fier et d’autant plus fier par sa nature lycanthrope…Il répondrait à ses avances et la suivrait. Ils discutèrent durant quelques minutes, qui devenaient de plus en plus agaçante. Il était un peu niait et ses comportements rustres étaient assez consternant.


« Assez de paroles mon mignon…Viens donc jouer avec moi… »

De nouveau, elle se hissa et déposa un baiser sur ses lèvres, avec du lui adressait un sourire et un regard enjôleurs. Elle s’avança en direction du bosquet, lançant quelques regards autour d’elle, vérifiant que l’on ne les suivait pas ou que l’on ne les avait pas remarqués. Elle rentra dans la flore rapidement. Lui, l’appelait derrière. Elle lui répondait de temps à autre, mais elle vouait avoir un dernier regard avec Aurore avant d’agir. Elles ne s’étaient pas entretenues sur la démarche à suivre par la suite…C’était peut-être une erreur, bien qu’elle ne doutait pas du résultat de la soirée. Elles étaient deux et donc, obligatoirement avantagées, mais il ne fallait pas trop salir les lieux.

Elle arriva enfin au bosquet et sourit à Aurore, lui adressa un clin d’œil qui lui confirmait qu’il était bien derrière et, qu’il serait ici même dans quelques instants.

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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Sam 10 Sep - 10:40

Alors qu'elle revenait progressivement sur ses pas, vers l'endroit où elles s'étaient précédemment quittées, Aurore commença à sentir, doucement, de plus en plus proche, l'aura de son acolyte d'un jour. Suave et d'une teinte filant entre le pourpre et le rose, l'odeur d'Eris passait au travers des arbres, en éclaireuse, et ses sens la percevaient de plus en plus nettement. Non loin suivait le fumet, plus brute, mâle et rance du Lycan que la saltimbanque amenait avec elle. En respirant ces effluves mêlées, Aurore eut un sourire sauvage, savourant à l'avance le chimérique arôme des viscères éparpillées sur la mousse odorante des bois, que sa mémoire réveillait vivement. Son propre sang battait dans ses tempes, au rythme d'un cœur qu'elle ne contrôlait déjà plus.
Doucement, alors que la présence de l'autre louve se détachait de plus en plus clairement sur les environs, Aurore tira de l'intérieur de sa cape une corde d'une vingtaine de centimètres. Palper l'objet entre ses longs doigts, sentir son poids, imaginer sa résistance au contact de la jugulaire qu'elle enserrerait bientôt, la calma peu à peu, et son esprit s'emplit de satisfaction à l'idée de ce qu'elle et sa collègue allaient réaliser ensembles. Dans sa tête germait un plan plutôt plaisant, qu'elle avait hâte de mettre en œuvre.
Au terme d'une attente qui lui parut interminable bien qu'elle n'outrepassa pas quelques minutes, Aurore distingua l'éclat écarlate de la chevelure de son amie. L'homme venait derrière elle, encore assez loin toutefois pour ne pas la voir. La demoiselle aux yeux de braise hocha lentement la tête et attira l'attention de sa compagne sur la corde qu'elle tenait entre ses mains. En quelques gestes brefs et simples, elle lui signifia son plan : si leur victime constatait sa présence, il risquait d'avoir des doutes, mieux valait donc le laisser croire encore un moment qu'il se trouvait seul avec Eris. Pendant qu'il franchirait les derniers mètres le séparant de la saltimbanque, Aurore resterait cachée derrière les arbres. Quand le moment sonnerait, la louve se jetterait derrière lui pour le saisir par la gorge. Ainsi, Eris serait libre de porter le premier coup, et leur cible ne pourrait lâcher aucun cri compromettant pour leur mission.
L'odeur de l'homme se faisant plus forte, la louve blonde se glissa sous le couvert des arbres, dans l'ombre, et attendit qu'il rejoigne sa prétendue courtisane. Le désir illuminait son regard de Lycan abandonné aux affres de la solitude, et une impression de pourriture se dégageait de sa personne. Instantanément, Aurore ressentit une vague de mépris et de rage innés à l'égard de cet être. Qu'il n'ait jamais croisé sa route importait peu : son nom lui avait été susurré mille fois au creux de l'oreille comme celui d'une offrande aux dieux de la mort. Au seuil d'un meurtre, elle avait maint fois ressenti ce sentiment de toute puissance, cette impression de pouvoir laver le monde d'une de ses souillures. Parfois, celui qui périssait sous sa main n'avait même rien de plus à se reprocher que n'importe quel autre citoyen, mais voilà : son nom avait été dit, présenté comme la figure d'une vie qui devait s'achever, et aucune autre raison n'avait à intervenir pour motiver son action. Si quelqu'un souhaitait la disparition d'un homme, ce quelqu'un obtiendrait l'accomplissement de son désir. Rien d'autre n'importait. En l'occurrence, et comme toujours, l'horreur du crime n'apparaissait pas comme telle aux yeux d'Aurore. Pour elle, ce n'était rien de plus qu'un travail proprement et bien accompli. En véhiculant ces réflexions, il ne lui semblait pas non plus qu'elle cherchait à justifier ses actes : elle savait qu'au yeux de la cour, de telles occupations portaient le nom d'ignominies. Seulement, selon sa conception des choses, ce qu'elle avait l'habitude de faire n'avait rien de particulièrement plus terrible que n'importe lequel de ces actes «politiques» qui se jouaient au-dessus d'eux. La pénombre, elle l'avait connue, elle grandissait et évoluait en elle. Perpétrer le «crime» lui était aussi naturel que de se lever chaque matin pour savourer les rayons du soleil. Ces occupations avaient modelé les pentes de son existence et désormais, elles faisaient partie d'elle.
La louve aux yeux de feu laissa filer une poignée de seconde avant de se glisser derrière l'homme, furtive, silencieuse, retenant à elle le mieux qu'elle le pouvait les pointes de son aura. Elle n'ignorait pas les sens dont un Loup-Garou, même sous sa forme humaine, était doté, et mesurait le risque qu'impliquerait une découverte prématurée de sa présence. Mais la cible semblait peu se soucier du reste du monde. Son regard s'était figé sur la saltimbanque, et autour de son être se traînait lascivement une halo de désirs en effervescence. Tordant sa bouche en une grimace de dégoût non retenue, Aurore se jeta sur lui et lui passa la corde par-dessus la tête, ramenant vivement celle-ci en arrière. Suffoquant, crachant un gargouillis de jurons inarticulés, leur victime s'immobilisa bientôt, prenant conscience de sa situation. Son visage commençait doucement à rougir, et la louve blonde lança à son acolyte :

- A toi l'honneur, Eris !
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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Dim 18 Sep - 15:59

Plus ils avançaient et plus Eris sentait, cet aura de désir qui émanait da la victime. Sa démarche se faisait plus pressente, son pouls plus rapide et son souffle était de plus en plus en audible. Il était si amusant de voir combien, un homme se laisse facilement convaincre par de belles formes et quelques clignements de cils. Enfin, pouvait-on réellement lui en vouloir ? La saltimbanque pouvait se révéler très manipulatrice et enjôleuse. Elle continua de regarder la louve au regard de feu, tout en restant concentrée sur la position du lycanthrope. Elles ne s’étaient pas entretenues sur la suite de la mission. C’était peut-être une erreur, cependant, Eris avait une confiance naturel en Aurore, peut-être parce qu’elles étaient deux tueuses et que leur destin, par une quelconque ficelle, se retrouvaient liés et semblable. Sans jamais s’être vraiment rencontrées auparavant, elles se connaissaient, même superficiellement. Il est tellement facile de se comprendre lorsque l’on est semblable sur plusieurs points d’une vie.

Maintenant, qu’ils étaient là. Tous trois réunis dans ce bosquet, à l’abri des regards indiscret. Dans cet antre tenu secrète et qui pourtant, était si facilement trouvable. Qui d’Eris ou d’Aurore donnerait la dernière sentence, proclamant le lycanthrope coupable et le punissant éternellement pour les crimes qu’il avait connu ? La saltimbanque, n’avait pas la réponse à cette question. Elle comptait laisser le choix à sa congénère. Elle verrait ensuite, qu’elle serait l’opportunité que celle-ci lui offrirait. Elle plongea longuement son regard dans celui de l’autre louve et, elle vit cette petite étincelle dans son regard. Elle le sentait, elle était pressée et la suite serait rapide et efficace. En un instant, Aurore glissa de l’ombre à la lumière. Sans la suivre plus longtemps du regard, Eris comprit qu’elle était l’intention de sa collègue. Au même moment, la saltimbanque, fit volte-face pour se retrouver face à au lycanthrope. Alors, de ses yeux émeraude, elle le jaugea, appréciant la situation un sourire qui commençait à s’étirer sur son visage d’enfant.

Aurore se glissa avec grâce et rapidité derrière le loup-garou. Son visage était déformé par une expression de dégout, surement dû à la même impression qui donnait la nausée à la louve aux cheveux de feu. L’autre louve passa une corde autour du coup de la victime et la resserra, jusqu’à ce que son visage vire au rouge écarlate sous l’effet de suffocation.


« - A toi l'honneur, Eris ! »

Eris ne put s’empêcher de sourire à nouveau. Elle fit un clin d’œil à Aurore. C’était la fin de cette situation, tout aussi amusante qu’elle fut. Eris approcha son visage de celui du lycanthrope. Elle plaça sa joue contre la sienne et, tout en lui caressant sa jumelle, elle lui susurra quelques mots à l’oreille.

« Pour les crimes que tu as commis. Pour avoir porté outrage aux guerriers et à toute ta race. Avec tout mon dégout et mon plus grand désir de sang… »

Elle sortit d’un geste vif, un couteau de sa ceinture, se décolla de l’homme avant de planter de la manière la plus violente possible son poignard dans son abdomen. Elle remonta la plus doucement possible le poignard, appréciant un peu plus à chaque seconde, l’expression de douleur qui restait figée sur le visage du lycanthrope. Elle retira son arme avec autant de lenteur et lécha le sang qui se trouvait. Une grimace déforma son visage.

« Même ton sang à le goût de la trahison. Tu es un être bien répugnant. »

Si Aurore souhaitait ajouter sa patte sur la victime, libre à elle, Eris lui laisser le champ libre…Il ne lui restait qu’une dernière petite chose à faire. De son corset, elle sortit une carte. Le joker d’un jeu de carte des plus banals, avec une rose rouge sur le verso. Elle la plia en quatre, la tacha avec le sang qui s’échappait de la blessure et la plaça ensuite dans la bouche de la victime. Elle tapota le buste de l’homme et avant de regarder Aurore.

« Il ne nous reste plus qu’à nous débarrasser de lui… »


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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Sam 19 Nov - 21:30

Aurore resserra l'emprise de la corde sur la gorge de leur victime lorsqu'Eris se jeta sur celle-ci. Un long frisson caressa tout son corps tandis que, tendue comme un arc, elle soutenait le poids du lycan qui se crispait de douleur dans ses bras. Son cœur battit puissamment à la vue des entrailles que la saltimbanque découvrait peu à peu au grand jour. Il n'y avait rien à redire : cette compagne inattendue ne la laisserait pas repartir sans un agréable souvenir. Savourant la jouissance que lui apportait la spectacle d'une telle réussite, la louve blonde raffermit inconsciemment sa prise sur le cou de la cible, qui vira bientôt de rouge à cramoisi, tandis qu'une ligne de sang commençait à perler sur la peau à vif. Le craquement des chairs lorsqu'elles s'ouvrirent sous le poignard d'Eris déclenchèrent dans la bouche d'Aurore un éclat de rire aux écarts aigus, hystériques, dignes d'un sauvage. Son être résonnait d'exaltation. Elle était au comble de l'extase.
Quand la saltimbanque retira son arme, sa compère ressentit le détachement au travers du cadavre. Doté de la résistance naturelle de son espèce, le lycan vivait encore, faible, à demi-éteint, et son pouls battait les secondes restantes, allant frapper doucement contre le ventre d'Aurore. Vibrante de cette vie qui se faisait réticente devant l'heure du départ, la louve frémit de plaisir en attendant son tour. Eris fourra sa carte dans la bouche de leur victime et s'écarta pour lui laisser la place.
Sans l'ombre d'une hésitation, Aurore décrivit alors un geste brusque et sec de ses mains, qui acheva de briser le cou du loup en un sinistre et délectable claquement. A la manière dont un enfant qui vient de malmener un petit animal s'assure que celui-ci a bien rendu l'âme en taquinant sa carcasse inerte, la jeune femme dessina encore deux ou trois arc de cercle autour de la base de la gorge, entraînant la tête de la victime dans une étrange et lugubre valse rouge. Lorsqu'enfin la chair amorphe commença à se disloquer sur la corde, Aurore la relâcha, et le menton du loup vint heurter lamentablement le haut de sa poitrine. La tueuse s'attacha alors à répéter le même travail sur chacun des membres de la victime. Lorsqu'elle estima son œuvre terminée, l'homme ne ressemblait plus qu'à une vulgaire espèce de pantin disloqué. Dans sa bouche luisante de sang transparaissait encore le blanc de la carte d'Eris, preuve, s'il en fallait une, que la pauvre créature n'était pas morte d'un malencontreux accident.

- Il ne nous reste plus qu’à nous débarrasser de lui…,déclara la saltimbanque.

Il était en effet temps d'entamer la dernière phase du plan. Aurore s'agenouilla auprès du cadavre et, se saisissant de son couteau, lui entailla profondément la paupière gauche. Dans l'orbite ainsi largement ouvert, elle saisit l'œil délicatement et brisa le nerfs qui le retenait. Elle glissa alors le précieux trésor dans sa poche, et, attrapant le mort par les bras, le jeta sur ses épaules. Le balancement de son poids contre son dos la fit grimacer un instant, mais lorsque l'habitude vint renforcer ses muscles douloureux, la jeune femme se mit en marche, précédant sa compagne. En quelques pas, elle la mena à la cachette aménagée au pied de l'arbre, dans laquelle elle balança leur victime. Le macchabée s'enfonça dans le trou, que la louve recouvrit de feuille en deux ou trois coups de pieds. Ayant terminé, elle fit quelques pas pour s'étirer, et frotta ses vêtements afin de les chasser de l'odeur écœurante du lycan.

- Eh bien nous y voilà, chère amie !,
lança la louve blonde, l'air enchanté. Il ne reste plus qu'à revenir ici cette nuit, ou durant les prochains jours, pour se débarrasser du corps. Ce fut un plaisir d'œuvrer à tes côtés !

Cette première expérience de collaboration avait certes beaucoup plu à Aurore. L'issue d'une telle rencontre dépendait très certainement de la personne avec laquelle il devait lui arriver de travailler et en ce sens, la louve devait s'estimer heureuse d'avoir trouvé Eris plutôt qu'un autre tueur, peut être moins expérimenté, ou moins en phase avec ses propres méthodes. Résolument, le hasard choisissait bien les êtres à déposer sur son chemin !
Afin de conclure pour de bon leur œuvre commune, Aurore tendit la main à son compère, en ajoutant :

- Bien entendu, je ne manquerai pas de préciser à mon maître que ma mission aurait pris un tout autre sens si nous n'avions pas travaillé de pair !


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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Dim 20 Nov - 16:43

Le petit pantin désarticulé était là, inerte, jonchant le seul. Eris n'avait pas vraiment prêté attention à ce qu'avait ajouté Aurore dan sa part de travail. Non pas qu'elle trouvait ce moment inintéressant mais, elle s'était simplement évadée l'espace d'un instant. Elle l'avait fait naturellement, cela c'était produit sans qu'elle y fasse attention. Son regard était plongé dans le néant. Elle trouvait figée face à des buissons. Rien de l'alertait, ni le bruit de la brise dans les brachages des arbres, ni les pas d'Aurore et encore moins les petits gargouillis que produisaient le lycanthrope, près à rendre son dernier souffle. Elle pensait à son maître qui l'attendait quelque part. Son esprit occupait souvent ses pensées par son image. Elle avait envie de le voir et pourtant...Elle se doutait que ça lui serait impossible pour le moment. Elle avait reçut des ordres et, elle se devait de s'y tenir pour son plus grand malheur. Alors soit...Elle obéirait et attendrait sagement. Si sagement était le mot qui convenait, car en ce moment même, ses actes n'avaient rien de sein.

La saltimbanque se décidait enfin à se tourner vers la Louve aux yeux de braise, lorsque celle-ci lui passa devant, le cadavre sur l'épaule, marchant en lui ouvrant la route. Eris se mit donc à la suivre silencieusement. Ells étaient toujours aussi légères sur leurs pieds. Aurore était une louve puissante malgré son jeune âge, la lycanthrope en était certaine. Pas seulement par ce que sa force lupine pouvait lui procurer. Elle agissait dans les épreuves de force avec facilité et cela en était un preuve. Sa démarche même avec l'homme posé sur l'épaule, restait haute et inspirait le respect. Eris ne l'aurait pas crainte, elle ne craignait rien à dire vrai, la mort n'était qu'une broutille sans importance. Si elle devait mourir, c'est que sa chance avait tourné et il en serait ainsi. Sa témérité état un arme contre les combattants les plus intimidants. C'était sa force, tout comme sa fidélité et sa fierté. Elle tenait tête au plus grand des sang-purs pour défendre ses convictions, alors Aurore même si elle lui inspirait énormément de respect , et c'est ce qui la détachait de la plupart des autres êtres, lycanthropes ou non, ne le ferait pas frémir.

Elles arrivèrent près d'un arbre. A coté de celui-ci un trou, dans lequel Aurore laissa tomber la victime. A l'aide de son pied, elle frotta dans petits ramassis de feuilles et les utilisa pour récouvrir le mort et ainsi, le cacher de la vue de quelques curieux. Elle retourna vers Eris en s'étirant et en frottant ses vêtements, ce qui fit sourire la saltimbanque. Pour elle, se laver était préférable.


    « - Eh bien nous y voilà, chère amie !  Il ne reste plus qu'à revenir ici cette nuit, ou durant les prochains jours, pour se débarrasser du corps. Ce fut un plaisir d'œuvrer à tes côtés ! »

Aurore, pair d'Eris et plus encore collègue attira de nouveau l'attention de la saltimbanque. La louve aux yeux de braises tandis sa main devant elle. Toutes deux avaient l'air pleinement satisfaites de l'expérience qu'elles venaient de partager. Eris continuerait de privilégier le travil et la vie en solitaire, mais si ce travail à deux devait se reproduire, elle n'hésiterait pas avec Aurore comme compère. Elles s'entendaient bien et leur méthode se rapprocher. Chacune avait sa signature ou son trophée. Il arrivait à Eris de garder quelques morceaux, objets...témoignant de son œuvre mais, ce n'était que très rare et cela concernait seulement les gros gibiers. Cette pourriture ne lui aurait rien apporté. Même seule, cette mission aurait été facile, la proie n'était qu'un petit insecte qu'il suffisait de balayer du revers de la main.

Aurore tendit sa main à la lycanthrope, qui releva ses yeux d’émeraudes vers visage. Eris


    « - Eh bien nous y voilà, chère amie !  Il ne reste plus qu'à revenir ici cette nuit, ou durant les prochains jours, pour se débarrasser du corps. Ce fut un plaisir d'œuvrer à tes côtés ! »

Eris lui sourit et lui empoigna la main, puis dans un geste assez rustre, qui lui donnait un côté garçon manqué,elle posta son autre main sur l'épaule d'Aurore, lui offrant une tape amicale.

    « Je ferais de même, et je n’omettrais pas de dire que tu fais de l'excellent , ainsi que s'il doit m'allier à un tueur pour une mission, je serais ravie que ce soit toi ! Ce fut une fructueuse rencontre, plus que plaisante !»

Eris se propulsa sur une branche, pour une fois de plus se percher, ce qu'elle adorait faire. Elle regarda à nouveau la louve au regard de braise.

    « Le temps que nous avait passé ensemble fut fort agréable, cependant..Et je suppose que tu me comprends, nous sommes restées beaucoup de temps ensemble, nous devrions sortir des bois à tour de rôle, comme nous y sommes entrées pour ne pas éveiller les soupçons. Je reviendrais dans la soirée m'occuper du corps, si tu préfères éviter cette tache, même si tu dois y être habituée. Mon quotidien m'appelle et je dois pas manquer à certaines obligations ou le moins possibles, cela peut-être dangeureux pour l'identité que j'incarne.»

C'était malheureusement vrai. Elle ne pouvait pas se permettre de ne donner ses spectacles. Le fait qu'elle soit une saltimbanque était tout de même la moitié de sa vie et, elle devait continuer de faire les activités habituelles. Comme pour occuper l'esprit de ceux qui pourraient avoir des doutes. Il lui arrivait de manquer à ses obligations, mais dans un jour comme celui-ci, c'était impossible. Leur rencontre tirait à la fin pour le plus grand regret d'Eris.

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MessageSujet: Re: Au son des poignards, les chairs se déchirent.   Dim 27 Nov - 18:01

Un léger frisson, chargé d'adrénaline, remonta le long du bras d'Aurore, lorsqu'Eris lui rendit sa poignée de main. Il lui sembla que toute leur personnalité, ainsi que la nature-même de leur collaboration, se concentraient dans ce dernier échange : rapidité, assurance et sauvagerie. Le point final venait d'être apporté à leur rencontre. Ce qu'elles pouvaient ajouter de plus à présent ne serait que simple formalité. Elles s'étaient vues, reconnues et comprises. Dorénavant, un pacte mortel les unissait l'une à l'autre. Les deux femmes lâchèrent leurs mains et un sourire étira les lèvres d'Aurore. Résolument, l'apparence de la louve rousse avait tous les avantages d'une bonne couverture : personne n'aurait osé imaginer une telle force dans la poigne d'une si fluette personne.

- Je ferais de même, et je n’omettrais pas de dire que tu fais de l'excellent , ainsi que s'il doit m'allier à un tueur pour une mission, je serais ravie que ce soit toi ! Ce fut une fructueuse rencontre, plus que plaisante !, déclara Eris.

Aurore hocha longuement la tête, comme perdue dans ses pensées, bien qu'une partie d'elle fût encore à l'écoute de la saltimbanque. Déjà, elle se dessinait intérieurement l'itinéraire à emprunter pour rejoindre la ville. Là-bas, elle saurait se fondre dans la masse, disparaître à nouveau, oublier qu'elle avait eu, pour un temps du moins, une amie. Il était l'heure, et la jeune femme ne souhaitait pas se laisser asservir par la douloureuse langueur de telles réflexions. Lorsqu'elle releva les yeux vers sa compagne, elle la trouva juchée sur une branche, à une faible hauteur au-dessus de sa tête. Sa posture, féline, faisait rejaillir son charme farouche. Son regard de jade brillant dans l'ombre des arbres, Eris lança :

- Le temps que nous avait passé ensemble fut fort agréable, cependant..Et je suppose que tu me comprends, nous sommes restées beaucoup de temps ensemble, nous devrions sortir des bois à tour de rôle, comme nous y sommes entrées pour ne pas éveiller les soupçons. Je reviendrais dans la soirée m'occuper du corps, si tu préfères éviter cette tache, même si tu dois y être habituée. Mon quotidien m'appelle et je dois pas manquer à certaines obligations ou le moins possibles, cela peut-être dangereux pour l'identité que j'incarne.

Sans un mot de plus, jugeant certainement tout prolongement de conversation superflu, Aurore ponctua les paroles de la saltimbanque d'un simple signe de tête. Elle repasserait ici la nuit même, y croiserait peut être sa collègue et se débarrasserait, avec ou sans elle, de la victime. Quoi que lui réservent les heures à venir, elle savait qu'une deuxième rencontre avec Eris dans un trop court laps de temps ne leur serait pas bénéfique. Elle ne s'imaginait pas travailler avec quiconque avant un moment : une telle expérience se devait de rester exceptionnelle. S'il leur fallait se revoir un jour, Aurore espérait que le destin choisirait une époque éloignée, afin que chacune puisse savourer ces possibles retrouvailles avec plus de surprise et de plaisir. Le souvenir, lui, resterait intact, caché quelque part dans un coin de leur tête, près à ressurgir quand la solitude - qui allait de pair avec leurs activités - se montrerait encore, hostile et imparable. De telles unions ne faisaient en rien partie du mode de vie des tueurs. Selon Aurore, celle-ci ne s'était rendue possible que part sa propre nature, et celle d'Eris. Si elles n'avaient pas eu en elles les réflexes que leur race commune leur conférait, nul doute que rien ne les aurait tendues l'une vers l'autre... Quelque chose de vieux comme les premiers Loups, l'instinct d'unification ou l'habitude de vivre en meute, s'était éveillé lors de leur rencontre, et avait dès lors fait naître la probabilité d'une coopération. La preuve, donc, que rien n'obligeait un assassin à suivre son chemin infiniment et à jamais seul.

Aurore lava son poignard et sa corde du sang qui les maculait avant de les replacer sous sa cape. Enfin prête, elle lança un dernier regard vers l'obscurité des branches, presque certaine de ne plus y trouver la silhouette d'Eris. Elle ne fit pas attention à ce que ses yeux lui répondaient et, d'un bond leste, se remit en route vers l'orée du bosquet. Des bruissements furtifs au-dessus de sa tête l'avertirent de la présence de la saltimbanque tout au long de sa course, jusqu'à quelques mètres avant la lumière du jour, où elles décidèrent d'emprunter deux chemins différents. Ainsi, elles quitteraient l'ombre des arbres séparément, et n'attireraient pas les regards sur elles. Leur rencontre venait bel et bien de prendre fin.



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