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 Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]

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MessageSujet: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Ven 17 Juin - 17:43

Lames d’aciers, jumelles d’ivoires, doucereusement enlisées , si profondément, dans ta chair…Happant ce liquide, chaud, transissant…Tu m’emportes si haut en cet instant. Pulsations. Invitation. J’en perds la raison, si tant est qu’un jour je l’ai possédée, qu’importe maintenant. Je ne pense qu’à une chose, l’absorber, le voler, le dévorer, t’en déposséder. Je le veux rien que pour moi, il teinte mes yeux de son vermeil, il se déverse en moi tel un torrent analeptique. Dopant. Non…Ne faillis pas…Pas encore…Riposte, repousse moi, tes gémissements m’enhardissent … A chacun de tes refus je te veux plus encore, je veux ton essence et ta vie, je veux te détruire…jouir de ta mort au paradis. Que ton visage se crispe de cette acrimonie, qu’il m’implore d’arrêter, enfin, que je puisse t’achever. Je ne sais comment, j’en crève d’envie…

-Hmmm….

Ses crocs solidement plantés dans la chair d’un pauvre innocent, la succube aspire, elle se nourrit. Ses yeux autrefois bleu nuit se tintent d’une lueur sauvage, un rouge sanglant, affamée. Son altération était sans mesure, elle a faim. Et lui, ce malheureux, il l’implore… paradoxe …de continuer.

…Non j’en rêve, c’est pire. Si ton sang attise ma lubie ta physionomie, elle, m’inspire le dégout. L’Ecœurement. De cette pâle beauté, faciès de démon, d’une blancheur cadavérique, prunelles libertines d’un argent que l’on croirait volé. Je te hais, de tout ce que tu es jusqu’à tout ce que tu représentes. De tout ce que tu touches à tout ce sur quoi tu poses ton regard.

-Hmm..Hmm

Le mur, seul témoin, se voit supporter le poids d’une mort imminente. Si elle continuait, elle le tuerait. Mais cela n’occupe point son esprit. Elle est ailleurs, elle jubile.

Je me hais car tu m’as effleurée, je te hais car tu m’as tuée, je me hais car tu m’as sauvée…Je hais ce corps qui est le mien, ce sang qui s’agite en mon anatomie. Ce cœur, stigmate, qui cogne lorsque je pense à toi ...Je te vois, partout. Et même en cet instant, je t’imagine à sa place. Victor. Tu sonnes comme la mort. Oui je t’imagines à la place de cette innocente victime qui comble ma soif. Regarde le…Il m’implorerait presque de lui voler son sang jusqu’à la dernière goutte, le dernier soupir d’euphorie saisissante. Harponnant mes hanches sauvagement, comme si elles étaient son dernier espoir pour échapper aux limbes lucifériennes dans les quelles je l’emporte peu à peu. A chaque inspiration, c’est un peu de lui qu’il perd et de moi que je gagne…D’une cadence enivrante, il devient, ma polichinelle préférée, mon pantin d’un soir…Ma pitance divine…

-Il suffit…

L’innocent se sent faillir. La mort lui tend les bras.

…Je dois arrêter, je me perds…Non continuer, toujours plus. Plus de sang… Soif…Non …Je refuse de devenir comme lui….Si… »

-...Arrêtez…

Dernière supplication, son âme est condamnée .

Non ! Ca suffit ! Je dois arrêter !

Enfin, ses crocs se retirèrent. Sa raison lui revient, elle réalise, l’ampleur de sa folie, l’ampleur de sa soif et de son insatisfaction. Voilà ce qu’ont causé ces mois de restriction. Se privant de voler le sang humain, elle s’était testée mais son âme humaine vieillissait, enfouie en elle, dévorée par le monstre qu’elle était. Ses yeux s’ouvrent sur la réalité : L’homme est là, étendu sur le sol, il git…Elle lui a prit trop de sang, s’en remettra t-il ? Que faire ? L’achever ? Elle ne le pouvait, tuer la répugnait, elle-même se répugnait. Alors elle l’adossa contre le mur, voulant lui présenter ses excuses…Des excuses ? Mais à quoi bon ? Trouverait-il seulement la force de les entendre ? Qu’espérait-elle en s’excusant ? Une rédemption peut-être…Douce ironie…Qu’elle le laisse là et qu’elle n’en rajoute surtout pas. Qu’elle ne lui dévoile même pas sa voix, ce phonème le hanterait jusqu’à ses dernières heures. La succube se redressa …L’observant de haut, passant sa manche contre ses yeux qui commençaient à se remplir de larmes. Elle se détestait. Si elle ne donnait pas du plaisir alors elle tuait. Si elle ne servait pas de défouloir alors elle se défoulait. Pour qui se prenait-elle à la fin ?

Des larmes translucides perlèrent sur la peau pâle de ses joues. Elle s’écarta, voyant cet homme haletant. Sa robe était tâchée de sang, comme si ce sang voulait graver à jamais ce qu’elle venait de faire. Poser l’empreinte de sa démesure. La preuve de son vampirisme. Elle ne pouvait rester ainsi. Il lui fallait se changer, retourner à la Maison Close sans se faire repérer…Mais elle était si loin, et la nuit n’était pas encore tombée, les gens s’agitaient toujours dans les rues de la capitale ; affaires, commerces, balades, rendez-vous, tasse de thé, petits plaisirs et petites folies, il y avait de tout à cette heure là, c’était même un miracle qu’un passant ne l’ai vue dévorer ainsi l’innocent dans ce coin de rue sombre et inquiétant… Alors ? Que faire ? Elle se glissa discrètement contre le mur jusqu’à se rapprocher de la rue et jeta quelques coups d’œil aux alentours pour voir si elle pouvait se faufiler quelque part ou trouver un raccourci menant jusqu’à la Maison close. Mais…Ce fut une solution bien plus surprenante qui se présenta à elle. Ses prunelles captèrent un reflet sur une vitrine, une enseigne « Au Fil d’Argent ». Une….Une boutique de vêtements ?

Attendant que personne ne la voit traverser la rue, elle couru ensuite vers la boutique et y entra en catastrophe. Se retrouvant face à un homme qu’elle ne connaissait absolument pas, sa robe maculée de sang et un peu essoufflée, ses pupilles éprises d’une lueur sauvage, le faciès un peu alarmé, agglutinée à la porte d’entrée regrettant déjà d’avoir pénétré la boutique. Qu’allait-il penser de cette femme aux vêtements suspects ? Il lui fallait une nouvelle robe de toute façon, le commerçant se contentera t-il d’accueillir sa cliente sans questionnement ou s’inquiétera t-il en voyant une jeune femme essoufflée dont les vêtements laissaient matoisement croire qu’elle s’était faite agressée ?

- Je …Je … J’aurais besoin de votre aide…. Articule la demoiselle d’une voix suave.





(Hors Rp : Je suis vraiment...Vraiment désolée pour l'atttente, j'ai eu beaucoup de problèmes...)
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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Sam 18 Juin - 17:58



Des rumeurs, l'été qui approchait. La veille, des paroles dans la rue, qui s'échappaient à la volée, avait attiré l'attention du tailleur. Finalement, aller chercher son tissu soit même ne permettait pas que des économies. Même s'il se fichait de ce facteur. De gros rouleaux de couleur sous la main, et le souffle silencieux, il revenait donc de chez un marchand, l'un de ses fournisseurs fidèles. Les commérages volaient grâce à la douce brise qui survolait Paris, et il eut vent de cette rumeur dont je vous parlais. Le lendemain, d'après ce qu'il put ouïr, allait être ensoleillé très matinalement. Si l'aube allait porter ses rayons nacrés sur la ville, cela signifiait que la nuit serait chassée, vite. Rentrant chez lui, le lycan jubila. Pourquoi ? Cela signifiait qu'avant de travailler à ses horaires habituels, il pourrait sortir, respirait l'air glacé du matin, sentir la rosée dans les rues. Une belle journée s'annonçait pour demain. Plutôt que de veiller tard, il partit se coucher tôt, l'esprit joyeux. Depuis combien de temps cela ne s'était pas produit ? Quelques heures, quelques jours, quelques mois ? Même lui ne s'en souvenait plus. Dans son lit, il retira ses multiples colliers les posant sur sa petite table de chevet, extirpa sa longue et large bande de cuir qui recouvrait tout son cou et sa nuque, puis d'un geste appliqué, il se redressa le bras décrivant une courbe approximative jusqu'à sa lampe à huile, soufflant sur la flamme qui illuminait sa maison, la seule pièce encore vivante. Puis, plus rien, le néant, le vide, le sommeil. Merci Morphée.

Un coq appela à lui les multiples habitants à sortir de leur torpeur. Qu'il était tardif. Cela faisait déjà une bonne demi heure que les pupilles du lycan s'était ouverte, brûlant à la lumière après une nuit dans les ténèbres. Il s'était levé d'un pied heureux et, hésitant, il avait ouvert son volet. S'il faisait encore nuit, il se serait transformé, mais la nature avait été gentille avec lui, lui donnant une vue plus que parfaite sur une boule lumineuse ornée de rayon, jaune, orange, rouge, ce dôme de feu, si loin dans le ciel, brûlant, chauffant, illuminant, il représentait tant pour Filrahen. La liberté de mouvement, la dominance sur lui même... Son visage s’enjouât, un sourire se plaquant sur son visage. Il s'accouda au rebord de la fenêtre et ne put s'empêcher de soupirer. Pas par ennui, pas par déception, mais pour relâcher la pression qui avait été de se décider à ouvrir cette fenêtre. Pour lui, cela signifiait qu'il ne tuerait point aujourd'hui.

Il attrapa sa bande de cuir, la plaça à son cou la serrant un maximum comme à son habitude, puis mis ses colliers, s'attardant sur deux chaînes bien précise ; La première était un collier très fin, presque un fil de fer, tenant des crocs pointus d'ivoire, séparé chacun par des petits fuseaux de bois, le deuxième avec une chaîne plus épaisse, brillant comme de l'argent, en nickel tenant tout en bas une croix. Il rit en lui, et les enfila. Il partit dans sa salle d'eau se passait un peu d'eau sur le corps et le visage pour se faire une toilette rapide mais convenable, il ne voulait pas perdre de temps. Partant dans sa cuisine pour manger un petit-déjeuner suffisant pour tenir jusqu'au midi, il n'oublia pas de s'habiller auparavant d'une tenue habituelle ; Son sarouel d'un gris anthracite, sûrement le seul pantalon de ce genre dans toute la ville, la chemise dont le style était entièrement de sa main, blanche, si pure, se finissant en pointe sur les quatre extrémités et liait par des sortes de fil légèrement élastique. Hésitant, il enfila ses mitaines, il en aurait besoin pour son lieu de destination, accordées à la tenue de par leur couleur. Sa chevelure blanche était impeccable, il ne lui restait que sa veste, du même blanc que sa tenue bordée par deux traits noirs le long des bords, à enfiler avant de sortir. Il devait être 6h du matin, il avait donc deux petites heures pour s'occuper. Les rues étaient désertes, ou presque. Les badauds et les mendiants commençaient déjà leur journée, quelques chariots de travailleurs se baladaient, guidés par des chevaux fatigués, mais pas la masse parisienne. Tant mieux.

Filrahen savait où il allait, un lieu où il n'avait pas pu aller depuis longtemps. Devant le bâtiment, il sourit, s'extasiant de la beauté du lieu saint. Il gravit les marches et poussa la lourde porte de la Chapelle de L'épiphanie (1) . Comme à chaque arrivé en lieu saint, il s'approcha de l'eau bénite à l'entrée. Avant de procéder aux gestes de bon chrétien, il observa le lieu. Le plafond, comme dans toute église, était très haut, tenu par de grands murs et d'immense pilier de pierre. L'art classique qui dominait la France régnait en ce lieu. Les murs maculés étaient côtoyés par des isoloirs. Le lycan sourit, trempa le bout de ses doigts dans l'eau sainte et la porta à son front puis à chacune de ses épaules. Il essuya ses doigts sur la croix à son cou et d'un pas lent, se glissant sur un banc pour fixer le Jésus crucifié sur l'autel. La nef était parsemée de banc de bois, avec quelques vieillards matinales. Une femme d'un certain âge se leva, ses longs cheveux poivre-sel tomber sur ses épaules en tournant la tête. Elle marcha avec difficulté. Quand Filrahen chercha l'origine de sa peine, il vit l'une de ses pattes traîner avec beaucoup de mal ; elle avait un pied bot. Le tailleur releva le regard vers la dame au regard triste. Elle l'avait vu regarder son support boiteux, elle tourna ses yeux vers l'autel, puis regarda à nouveau le lycan. Elle avait la foi, c'était indéniable. Lui était chrétien car comme tout paysan, il avait été éduqué de cette manière et il n'en était pas resté insensible, mais il n'était pas le plus pieu de tous les hommes. Fermant les yeux, plongeant sa tête dans ses mains jointes, il pensa. Priant vis à vis de sa nature perdue, priant pour savoir ce que le père de tous attendait de lui. Il resta une bonne dizaine de minute dans son refuge illusoire qu'était la pensée, le rêve, la religion.



Il sentit alors la main d'un homme, le curé de l'église qui voulait que le tailleur vienne se confesser, mais il le congédia amicalement et respectueusement car il était temps pour lui de reprendre sa route vers son magasin. Les chemins et les routes étaient maintenant envahis d'habitants courant dans tous les sens, certains courraient à la gloire, d'autres à l'argent, d'autres après l'amour, certains à leur perte. Filrahen était un homme simple, lui. Généreux, attentionné, modeste, mais qui manquait de confiance en lui, comme quiconque le ressent au moins une fois pendant une période de sa vie. Descendant une grande rue, il arriva finalement devant son magasin. Personne n'attendait devant, tant mieux, il ne serait pas embêté dès son arrivé. Le lycan ouvrit la porte de ce qui était aussi sa demeure et se dirigea vers les rouleaux de velours qu'il avait été prendre la veille quand soudain il entendit la petite cloche de sa porte sonnait. Et mince, un client. Il se retourna et fut pris d'une stupeur, aussi agréable que terrifiante. Une magnifique jeune femme aux traits fins, au visage agréable et aux cheveux d'une couleur aussi peu commune que les siens s'adressaient à lui, mais sa surprise était aussi de voir la façon dont elle était habillée. C'était une robe de belle couture qui lui allait à ravir, elle était magnifique, mais dans cette tenue c'était un doux euphémisme. Enfin, si on extirpait de son esprit cet halo rougeâtre et liquide. Filrahen avait eu souvent affaire à ce dernier, et il ne l'aimait pas, ce sang qui traduit celui de la violence. Elle avait besoin d'aide, et le tailleur était prêt à l'y aider, encore eusse t-il fallu savoir ce qui en retournait. Il s'approcha doucement d'elle, écoutant dans le silence le souffle d'une demoiselle qui était rapide, épuisé. Il fit une petite révérence et sourit en la fixant dans ses grands yeux bleus et envoûtant :


« Que puis-je faire pour vous mademoiselle ? Vous êtes vous faite violenter pour avoir le souffle saccadé et une tache qui, si je ne me trompe pas, est celle de notre liquide vital ? »

Il la contourna et ferma la porte à clef, vérifiant que les rideaux qui obliger de limiter sa vision à la vitrine et pas l'intérieur de la boutique ne permettraient pas à des regards indiscrets de pénétrer un œil ou deux tout de même, il ne voulait pas de problèmes. Il se retourna alors vers elle et dit d'un ton plus sec, sans pour autant passer pour des paroles agressives :

« Expliquez moi tout, je serais aussi muet qu'une tombe, du moins au sens figuré pour le moment... »

Il douta de ses mots assez mal choisis face à une femme qui avait côtoyé la mort sûrement plus tôt dans la journée. Victime, témoin ou coupable, c'était encore à définir. Mais il aurait sûrement bientôt sa réponse.


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Dernière édition par Filrahen Coral le Mar 30 Aoû - 19:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Dim 26 Juin - 8:57

Laissons au curieux sa vigueur, qu’il se damne pour un sourire, ou juste une risette esquissée, une discrète plissure de lippes sur un faciès inconnu. Que son intérêt s’entiche d’un rictus amèrement mystifié sur ce visage félon…Simagrée perfide de la sycophante créature venue bousculer le rythme normalisé de son existence. De cette saccade cardiaque perçue aux érythèmes de ses coquettes joues jusqu’à l’expression suppliante de ces mirettes nébuleuses , elle respirait la disgrâce. Usant de ses attributs avec délectation, l’on aurait pu la prendre pour l’oisillon injustement enfermé en sa cage, gémissant et se plaignant d’une iniquité justifiée, implorant une assistance à son public dont les regards émerveillés par son infortune semblaient l’opprimer plus encore. Elle feintait les supplications, usurpant avec talent l’identité de la demoiselle en détresse en nécessité de preux chevalier servant. Il se plairait sans l’ombre d’un doute à s’improviser le sien, elle le su dés que son regard se posa sur elle, dés qu’il dissimula avec adresse l’étonnement qui le prit face à cette arrivée inopinée, face à cette mascarade délicieusement incarnée – fusion de la comédienne et de son rôle à l’apogée de sa facétie, acte crucial de l’action ou enfin et victorieusement la vampe prend possession des esprits enivrés des autres protagonistes et des spectateurs qui épient. Ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’il ne cède et dévoile, par de précises syntaxes, sa soif d’exégèses.

Enivre toi de cette toxine divine qui te parcourt en cet instant …Encore quelques instants avant que la bienséance nous oblige à révéler nos identités…Encore quelques minutes de perdition et de ravissement à se scruter sans contenance…Tant que les mœurs ne nous ont point ankylosés et que le doute te comble au plus haut point…Tant que je ne suis encore qu’une énigme que tu tentes de déchiffrer…Tant que ces tâches de sang qui me maculent te laisse croire à mon ingénuité.

Si rien qu’une fois elle pouvait leurrer pour ne plus effrayer. Permettre aux débris éparpillés de son âme humaine de la rendre plus commune, de faire d’elle une simple femme aux vêtements tachés simplement par quelque chose d’ anodin ,d’ insignifiant…Et non la parfaite esclave de la nuit et de l’ardente appétence de son vampirisme. Mentir pour moins souffrir. Essaierait-elle ? La tentation consumait sa raison, faillir face à tant d’attraction lui ressemblait tant…Et puis, qu’adviendrait-il d’elle ou de lui si elle se montrait honnête ? Se bornerait-il à demeurer « muet comme une tombe » comme il le prétendait ? Elle en doutait fort, si fort. Pêcher. Elle allait sombrer dans ce faussé de fourberie, elle le sentait…Cela la tiraillait, cela la dévorait, elle désirait tant y gouter. Mais, aussitôt, l’image de sa victime presque kidnappée par la mort lui revint en tête. L’image de deux prunelles brumeuses en dépérissement évident, la preuve qu’elle n’était qu’une sangsue assoiffée de sang et rien d’autre, l’obligeant à admettre définitivement son aliénation et la déchéance de son âme. Sa conscience égarée dans les sinuosités de sa dépravation, ses prunelles suivirent – impuissante - l’innocent se diriger vers la clef – démente - tourner deux fois le crochet dans la serrure – anxieuse - les enfermer seuls dans cette pièce inconnue - confuse - demander des explications à la vue de cette traître tâche de sang qui recouvrait le tissu de sa robe de sa poitrine à ses hanches .

Tu t’enfermes avec un monstre…Le sais-tu seulement ? La serrure a claqué deux fois…Deux fois de trop pour venir clore la fin et le commencement d’un désordre …Car, oui…Telle la boîte de Pandore, cette pièce à présent et grâce à ma présence, renferme tous les maux de l’humanité excepté l’espérance…

Instinctivement, elle plaqua ses bras contre son buste, compressant quelque peu sa poitrine pour tenter de camoufler ce rouge pourpre qui la recouvrait, encerclant sa taille aux endroits maculés. Elle le fixa éperdument, incapable de répondre. Ses lèvres se scellèrent un long moment pour ne point révéler les véritables raisons de son arrivée , mais surtout, à qui appartenait ce sang. Un zeste de mansuétude serait-il trop demandé ? Qu’il en fasse preuve, bon dieu, que pour une burlesque foi dans sa misérable vie on ne la juge pas du premier regard. Toujours hésitant entre débauchée ou corrompue et assoiffée ou sangsue. Les mirettes toujours rivées sur le propriétaire de la boutique, la succube finie par desserrer l’étreinte dissimulatrice qu’elle s’infligeait, désenroulant ses bras autour de sa taille pour les laisser peu à peu tomber, ballants le long de ses hanches. L’un des deux monta ensuite graduellement jusqu’à ses cheveux pour venir les recoiffer d’un geste qui se voulait dextre, et habitué. D’une main agile en effet, elle arrangea le désordre de sa frange, tout ceci sans jamais quitter des yeux l’étranger. Elle finit par faire glisser suavement ses doigts sur sa joue, frôlant ses lèvres entrouvertes, son menton puis son cou. Descendant toujours telle une provocation, telle un sortilège envoutant, sa main se logea contre sa généreuse poitrine, et, esquissant un sourire au coin de ses lippes, elle frotta le tissu bleu de sa robe pour cueillir au coin de son ongle un échantillon du liquide encore chaud qui la recouvrait. Le nectar en main, elle entama le périple du retour et mena son doigt à sa bouche. Enfin elle accueillit ce doigt porteur d’ichor en ouvrant un peu plus ses lèvres. Ne quittant toujours pas des yeux son interlocuteur, volant l’examiner et se délecter de sa stupeur. Lippes refermées, elle suçota le bout de son doigt lascivement, savourant malgré elle la sapidité dont était empli ce liquide pourpre et ankylosant.

Si la réponse n’était point évidente, fusse t-elle au moins succulente. Si son legs de concupiscence sanguine ne suffisait à éclairer son investigateur, puisse t-il au moins l’alarmer et le faire fuir rapidement. Quoi de plus allégorique que le fait de se nourrir de sang ? Quoi de plus manifeste que deux prunelles bleues empruntant les carnations écarlates du liquide ingéré ?

« L’arôme profané de cet ichor est ma peccadille céleste, si vous saviez… A quel point il bauge mes habits outrageusement et se plaît à pervertir l’âme. » Son buste se redressa et elle entama une marche féline vers l’homme à la chevelure opaline, associant à sa plastique langoureuse et pour chaque pas, des paroles sinistrement choisies. « Et pourtant…Je m’avoue en perdition lorsque que je l’effleure…Vous comprenez ? » Ses flancs effleurèrent suavement ceux de l’Artisan, le contournant gracieusement pour continuer son chemin en direction d’une encoignure un peu plus loin, cabine qui servait à essayer quelques vêtements.

Mouvant ses reins voluptueusement, elle avançait lentement…Lui laissant pour seule image le spectacle de son échine et de sa continuité, encastrés parfaitement et se répondant allégrement dans cette cotonneuse déambulation qu’elle lui offrait. Bientôt, elle ajouta plus de sybaritisme à son avancée, ramenant ses mains dans son dos au niveau de la ligature de son corset. Elle faufila un doigt dans une boucle et un autre dans la deuxième, et tira délicatement pour les déloger. Continuellement, sa toilette se détendit, elle inspira longuement, gonflant sa poitrine comme jamais, ses pas se voulant de plus en plus félins, de plus en plus licencieux et libertins…Son domaine de prédilection à coup sûr. Retirant le corset, et le laissant tomber à ses pieds, elle dénoua le crochet de sa robe et l’écarta un peu de son anatomie pour l’en décoller. L’habit ne tarda plus à suivre et à obtempérer aux désirs de la demoiselle, délaissant et cessant de recouvrir ses seins, il vint, suivre le galbe de ses hanches, les épousant parfaitement, et descendit, encore et toujours. Appel luxurieux. Pour finalement rejoindre le sol qu’avait foulé ses petons, dévoilant sa silhouette , révélant ce que la pudeur aurait tant voulu cacher, seul un malheureux tissu lactescent demeurait à la naissance de ses hanches, recouvrant matoisement le bas de son dos pour se couler entre ses cuisses …un sous vêtement bien audacieux il fallait l’avouer.

Enfin, un sourire malicieusement arboré, elle finit par incliner son faciès de tentatrice vers l’observateur ahurit, compressant sa lèvre inférieure avec son index, le fixant de ses prunelles de sorgue telle une invitation. Elle prononça ces quelques mots, son timbre mêlant l’attrait et l’ironie.

« Me choisiriez vous un nouvel accoutrement ? Je crains que le précédent ne sois plus d’une très grande utilité à présent ... » Remontant un doigt le long de ses hanches, elle ajouta , faisant allusion à sa partielle nudité . « Vous ne devriez pas avoir de mal à trouver une taille adéquate…Non ?.. »

Un léger souffle amusé s’échappa de ses lèvres à la fin de sa phrase et elle acheva son périple en entrant dans la petite cabine, faisant coulisser le rideau pour s’y enfermer. S’y engouffrant pour y attendre patiemment que l’homme qu’elle venait de rencontrer se remette de cette intrusion et de ce numéro qu’elle venait de jouer remarquablement bien. Irrémédiablement, l’idée de mensonges s’était échappée de son esprit, elle avait choisi la voie de la tentation, la voie du panthéisme pour s’éviter l’aveu du quasi meurtre qu’elle venait de commettre. Certes l’audace fusse t-elle des plus exagérées, mais vendre ses formes et sa physionomie pour un semblant de compassion demeurait inévitablement ce qu’elle savait le mieux faire.


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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Lun 27 Juin - 11:57

Ces vêtements maculés de sang n'annonçaient rien de bien. L'halo de mort était placé en plein centre de sa personne, si bien que ce ne pouvait être le sien. Qui plus est, elle n'avait en aucun cas l'air de souffrir de quelconques maux. Mais elle pouvait très bien être innocente après tout, si elle était venu au chevet d'un homme agonissant, ou portait un animal qui se vidait de son fluide, elle aurait pu se tâcher sans en être la cause. Le pyrrhonisme accablait un tailleur qui choisit alors une voie simple, celle qu'il devait adopter. Après tout, cela pouvait très bien être un piège, et la neutralité était la meilleure position pour faire ses choix et glaner des informations. Clefs sur la porte, il avait positionné ses mains dans son dos en la fixant. Il avait vu bon nombre de femmes passer dans son magasin, et au fur et à mesure des semaines, les belles courbes féminines attiraient encore ses yeux, mais il savait se maîtriser. C'est la moindre des politesses, et le moindre de tacts, que l'on doit avoir en tenant une boutique de luxe. Ses pupilles ne dévisageaient plus la cause de sa venue, mais étaient accrochés à son regard, inerte, ne faillant pas. C'était une belle maîtrise de soi que louveteau avait appris à force de renfermer son démon en lui. Il se battait depuis plusieurs mois pour garder une conscience stoïcienne fasse à un animal qui le rongeait de l'intérieur, et ce contrôle lui servait donc autre part que dans cette lutte infernale. Et dire que Filrahen, à ses débuts, brisait les fixettes yeux-en-yeux à tout moment. Il était donc immergé dans un ciel bleuté comme la mer, doux comme le coton et agréable -un bonheur incomparable à l'échelle d'une simple vision. Il était presque triste que les paupières, de lui ou d'elle, devaient irrémédiablement se clore brisant quelques brefs instants la vue de ces deux globes de saphir logés dans les orbites prévues à cet effet. Il aurait pu rester envoûté ne serait ce que par cette vue si l'absence de gestes s'était prolongé. Dieu soit loué.

Fil... contrôle toi... N'oublies pas ta neutralité...

La demoiselle à la coiffure d'une couleur aussi peu commune que la sienne, néanmoins plus colorée, bougea, brisant inertie ambiante, au plus grand damne de celle qui l'ensorcelait. L'atonie ambiante aurait laissé dans son sommeil le badaud qui possédait le sommeil léger. Les prunelles sombres et ténébreuses du lycan descendirent brutalement vers le geste qui venait d'être fait. Les bras de la jeune femme cachaient le nimbe de ses vices, ses manches ballantes aidant à camoufler le lieu entier. Observant ses bras, il remonta doucement, suivant la courbure de sa géométrie sans aucune arrière pensée. En fait, il avait pris comme réflexe de faire ceci et avait pris comme notion la mesure des vêtements. Ainsi, ne serait-ce qu'à l’œil, il était presque capable de connaître les dimensions charnelles d'un être. Le silence englobait la pièce, un mutisme lourd mais agréable, pesant mais nécessaire peut-être. Une question était en suspend et quérait réponse. Fixé à nouveau sur les pupilles de la jeune femme, il se concentra pour ne pas tomber sous un charme factice, uniquement existant à cause d'une gâterie de la nature. Et c'était complexe pour tout vous dire. La déférence que Filrahen s'exigeait face à certains clients étaient admirables, et il connaissait peu de personnes qui n'auraient pas plongé les yeux les premiers dans une poitrine, déjà imposante, bombée par des avant-bras pressant. Dans le crane du tailleur, des dizaines de questions se bousculaient.

Est-ce de la provocation ?
Libère moi.... De l'inconscience ? S'il te plaît.... Du charme ? Je t'en conjure...

Soudain, le regard se décocha à nouveau sur les membres en mouvement de la jeune femme, décrivant au ralenti une courbe se dirigeant vers son crane. En plus d'avoir un généreux corps, un visage brillant de malices de ses magnifiques yeux, elle avait une chevelure peu commune mais appréciable. Ce mélange de rougeur comme celle sur les joues des plus ingénues, de lila comme la fleur du même nom et de clarté comme la brillance du pelage crânien de l'artisan, rendait ce fin amas de fils de toute beauté, aussi intrigant que magistral. Sa main, fine et osseuse, remis ce crin dans une position encore plus élégante, ou du moins plus ordonné. Si son regard s'était défait de l'azur pointé sur lui, il se savait observé comme l'animal prêt à se faire attaquer, tuer, dévorer. Même si cette menace existait, il se laissait aller à la rêverie de l'observation de ses mimines descendant doucement.

Laisse moi t'aider.... Je t'en prie, je me tiendrais calme....

Son attention était posée sur la jeune femme, le loup en lui voulait une petite part de conscience. Mais le lycan se le refuse à lui même, encore plus que d'habitude. Face à une telle créature, du sexe opposé qui plus est, qui sait comment réagirait un tel animal. A l'abri de peu, le tailleur préféra garder une certaine mesure de sécurité, et redoubla d'effort pour, et pour contenir une schizophrénie qui le titillait, et garder un œil sur la demoiselle.
Les extrémités de la personne en question frôlèrent des pommettes ajustées avec précision par mère Nature, descendant vers des babines closes jusqu'à maintenant, n'ayant toujours pas lâchées une seule réponse, se dirigeant irrémédiablement vers son tronc, passant le long de ses formes. Si Filrahen garda son sérieux arrivé à la poitrine, il s’intéressa de plus près à ce qu'elle faisait. Il avait presque l'appétence de se rapprocher d'un pas ou deux. Mais finalement, il resta là, le visage toujours impassible, à guider ses yeux suivant la même trajectoire que celle du doigt pleins de sang. L'index se porta dans l’abîme sombre et gustative, laissant couler une demi-goutte sur les bords rougeâtres de l'orifice. Néanmoins, l'écartement des deux délimitations de cette fine bouche goûtant la saveur du sang n'était pas assez grand pour apercevoir les deux crocs d'ivoire qui auraient pu permettre au tailleur de comprendre plus facilement. Mais, aucunement choqué, son esprit posa trois hypothèses, et comprit une chose : Ou c'est une lycanne, ou une vampire, ou c'est une humaine cannibale. Mais il sut qu'elle n'était pas une victime, ou du moins que c'était elle qui avait propagé le sang.


Je sens sa douce odeur... laisse moi y goûter....

L'iris sombre avait déjà quitté le doigt pour se reposer dans les yeux de la jeune femme qui l'observait encore. Si quiconque aurait prit peur de ce geste, Filrahen le trouvait commun, il se nourrissait aussi temps à autre de chair, de sang. Des mots sortirent enfin de son tréfonds, et même si le lycan ne comprit pas tout, il devinait l'essentiel. Elle était avide de sang, ce qui confirmait ses hypothèses. Dans la petite entrée, il vit s'approcher la jeune femme, d'une démarche élégante, ou nous pourrions dire du point de vue d'un noble outrageux. Pour l'artisan, c'était un milieu, à la fois charmant et indécent. Elle était proche de lui et tournant autour de lui dans le peu d'espace, se frotta à lui longeant l'un des murs, la porte puis la vitrine avant de repartir, logeant quelques apophtegmes dans ses esgourdes derrière son passage, laissant aussi dans l'air son doux parfum, mais aussi celui du sang. Avec difficulté, son coté loup reprit un peu le dessus, mais intérieurement l'humanité semblait sommer l'animal de ne rien faire sous peine de sentences. Elle était accroc au sang.

Sa démarche était osée, et malgré le fait que le loup regardait ces formes se trémoussaient docilement, il était plutôt occupé d'analyser via son odorat les odeurs autour de lui. Il savait que ce sang était celui d'un humain, c'était clair. Mais il avait du mal à cerner ce qu'elle était, elle. Si c'était un lycanne, il sentirait l'odeur d'une femelle, d'une louve, mais le parfum et le sang altérait son sens olfactif. Les vêtements se défirent et l'homme avança très lentement, loin derrière elle, se prêtant au jeu du charme car il fallait l'avouer, il aurait été difficile de rester neutre à ce moment là. Était-ce la faute au loup en lui ? Peu importe il en avait besoin.

Petit à petit, le tissu du corset puis de la robe tombèrent les uns après les autres. C'était un magnifique spectacle auquel il avait affaire, mais il gardait dans un coin de sa tête le fait qu'il devait en apprendre plus sur ce meurtre, sur elle. Sans raison particulière d'ailleurs. Il la trouvait charmante, un peu dévergondée, mais il ne voulait pas pour autant la donner en gibier à l'armée, ces infâmes prêt à tous les pêchers du monde pour satisfaire leur besoin, prêt à vider leur bourses pour en remplir d'autres. Il ne voulait aucun mal, juste aider, dans toute sa sympathie. Mais à continuer ce petit numéro, Filrahen allait bientôt avoir du mal à se maîtriser sainement, du moins si elle continuait sur ce rythme. Elle était douée.

Ayant perdu son visage figé pour un surprise moins facile à cacher, il ramassait les vêtements sur la route, prenant tout dans une même main. Elle semblait se ficher de leur avenir, c'était dommage. Quoique, cela faisait les affaires du lycan, vous en apprendrez plus dans quelques instants. La voix suave ressortit des entrailles d'un corps riche en atout, et guidé par l'index de sa possesseur, il fut chargé de trouver un habit adéquate à ce garrot. Et accessoirement, au reste du corps. Il reprit son sérieux alors d'une seconde à l'autre, il devait maintenant faire son métier. Toutes les formes de la jeune femme furent scrupuleusement observées en un temps record, avant de la perdre de vue. Il avait les dimensions en tête, à peu près. Le tailleur regarda les vêtements, remonta ses yeux vers l'endroit où elle était cachée, et reporta son regard au contenu de sa main. Il posa son nez contre la robe et respira silencieusement, concentré. Il ne sentait rien de spécial, rien d'attirant hormis le sang qui, d'ailleurs, avait une bonne odeur. Tellement qu'il se risqua à donner un coup de langue, frémissant d'un si bon goût. Il posa les habits sur une chaise et partit dans les rayons, toujours à se questionner. Entreprenant de fouiller ses rayons, il avait en tête ce corps -quasi- nu, se l'imaginant vêtu de chaque tenues qu'il avait devant lui. Pendant son furetage, le lycan décida de briser le silence, se sortant quelques instants ce corps de muse de la tête.


« Mon nom est Filrahen Coral, et vous ? Comment vous appelez vous mademoiselle ? »

Cette phrase semblait étrange dite comme cela. Elle venait de faire un meurtre, elle venait chercher des vêtements au Fil d'Argent, se dévêtit sans aucune pudeur et ne choisit pas ses vêtements elle même. Le moins que l'on pouvait dire fut qu'elle n'était pas commune. Finalement, en cherchant dans ses rayons de robe, il en trouva deux belles ;
La première était faite de velours, dans les tons ocres et rougeâtres. Les manches étaient légèrement bombées, se finissant en jabot, mais laissant les mains bien libre. Au niveau des épaules, peu de tissus recouvrait les clavicules, suivant la forme d'un creux descendant jusqu'au haut de la poitrine, tenue par un corset agréable à porter car au contact doux. Des perles ornaient le rebord cité précédemment au dessus de la poitrine. Sous la taille, la robe se bombait laissant une certaine aisance pour la marche laissant à partir des genoux et de chaque coté de la robe, une fente descendant au pied. On aurait pu croire à un accident symétrique comme un coup d'épée involontaire qui avait abîmé la tenue mais il n'en était rien.
La deuxième était dans les tons du ciel et de la mer, jouant sur la clarté ou l'obscurité du pigment du lapis-lazuli colorant le satin. Le col était cette fois avec une forme de V plongeant vers la poitrine, les épaules -cette fois ci- assez recouverte. De la dentelle recouvrait le bord du tissu, les manches étaient droites et relativement larges. Le corset était légèrement plus serré, ce qui ne ferait que rendre la poitrine de la femme qui l'attendait encore plus arrogante, le bas du vêtement était moins large que le précédent, mais avait son charme. Sur l'armature de bois -une sorte de cintre- qui tenait la robe, se trouvait en amont un collier de lapis-lazuli accordé à la tenue.
C'est avec ces deux choix qu'il avança vers le lieu de patience, les tendant dans la cabine en passant ses bras entre le rideau et la cabine, sans glisser le moindre regard, évidemment. Il se risqua alors de demander, en allant chercher son miroir de 78 pouces et en le plaçant devant la cabine, des informations sur elle, tentant un coup de bluff face à cette jeune femme, éliminant une de ses hypothèses car il n'avait distingué aucun signe de lycanthropie :


« Vampire ou simplement une humaine aux goûts étranges ? »

C'était risqué. Mais Filrahen était sur qu'elle ne lui ferait rien. Pour le moment.

Spoiler:
 


Dernière édition par Filrahen Coral le Mar 30 Aoû - 20:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Lun 4 Juil - 22:50

L’audace de la vampe avait rendu son exhortation à la démarche nonchalante et féline qu’elle avait offerte aux yeux de l’inconnu. Mettre presque a nu son corps sans la moindre inconstance, que lui était-il passé par la tête ? Un excès de décadence, une absence de placidité… Elle était…Si…Submergée par tant d’incertitude…Mais après tout …Que choisir entre révéler sa vésanie et s’en amuser ? Divertir un esprit curieux en l’attente de répliques, choisir la provocation par l’appel charnel plutôt que la confession sincère et humiliante…Oh comme cela lui ressemblait tant. Elle se jouait avec zèle des mœurs, leur tournant le dos, une lueur de provocation au coin de ses lèvres pécheresses. A quoi bon tenter de se fondre dans un truisme conformiste ? A quoi bon savourer la vie avec restriction, sans s’en délecter pleinement ? Car son destin n’était pas la risible réplique d’un vieux comte de fée. Cette pathétique existence…Pâle reflet de givre et frimas qu’elle était, vouée depuis sa naissance à n’être que le badinage d’un monde dépravé, la polichinelle de quelques libidineux… Qu’elle se laisse ainsi porter par la fragrance si reconnaissable du vice et de la folie, personne ne l’en empêcherait, personne ne la retiendrait sur ce sentier de dépravation….Elle y était déjà tellement engagée – presque entichée. Oh ce qu’elle pouvait plaindre ce malheureux artisan… Sans doute coulait-il des jours heureux, sans doute avait-il amorcé une journée plaisante…Mais voilà qu’en sa succursale s’était aventurée l’asservie de la luxure. Et déjà la succube répandait adroitement toute sa malice.

Seule, dissimulée derrière ce fin rideau, elle pouvait discerner quelques bruits de pas…Empressés, des pas chargés d’une responsabilité, celle d’habiller la dénudée le mieux possible. Elle pouvait ouïr le bruit des tissus se frottant, l’interprétant comme une recherche assidue d’une robe pouvant lui convenir. Cet homme était assez surprenant. Elle ne pouvait nier que son attitude l’avait surprise. Peu d’hommes l’auraient laissée filer derrière un rideau après qu’elle se soit dévêtue de la sorte…Habituellement, les hommes la regardaient avec les même yeux que ceux des petits enfants - envieux de friandises, de petites sucreries en tout genre. Voilà ce qu’elle était : Une friandise, rien de plus, rien de moins. Une gourmandise érotique. Une douceur panthéiste. Un excès de folie, quelque chose à plaquer vulgairement au sol, quelque chose à dévêtir sans se priver de déchirer ses vêtements..Quelque chose à prendre violemment….Une chose, la débauche à l’état pur. Tant pis pour elle, autant se taire et supporter ou même pire…Y prendre goût et apprécier… C’est pour cela que face à un tel respect, face à cette distance si agréable que l’inconnu parvint à maintenir…Elle resta bouche bée, et fut même presque touchée…Lui avait-on déjà témoigner la moindre considération, la moindre déférence ? Jamais… Même dans ses rêves les plus fous. Etait-il sincère ? Etait-il réellement aussi raisonnable qu’il semblait le montrer ?

Non non, ne te laisse pas embobiner…Peut-être n’est-il rien d’autre que ce que tu répugnes… ? Peut-être cédera t-il lui aussi si tu t’aventures un peu trop dans sa sphère intime ? Autant ne pas le tenter, laisse lui le bénéfice du doute…Quoique…Non…


Elle mourrait d’envie de le tester. Bataillant tant bien que mal contre sa raison.

Tu n’es pas là pour cela…Le connais-tu seulement ? As-tu définitivement envie de t’en faire un ennemi … ? Regarde toi, pour lui déjà tu n’es qu’une débauchée, il en est fini de toi et de ta supposée innocence. Il a vu le sang sur tes vêtements…Stigmate de ta démence….Il a vu ta peau et tes formes bien trop exposées…Déclaration lascive… Il ne cherchera même pas à te répon–

La voix du commerçant vint interrompre ses pensées. Les contredisant délicieusement. Un phonème agréable, dénué de toute méchanceté, cherchant seulement à connaitre son nom après lui avoir révélé le sien. La bouche de la succube s’entrouvrit sous l’effet de la surprise, elle resta interdite un long moment, incapable de répondre quoique ce soit…Son…Nom … ? Mais…Depuis quand ne lui avait-on plus demandé …. ? Depuis quand ne l’avait-elle plus prononcé… ? Les pulsations usuellement flegmatiques de son petit cœur accélérèrent à son grand étonnement. La plongeant dans un mutisme déconcertant, elle s’adossa au mur une main sur les lèvres, fixant le rideau comme si c’était lui et tenta de prononcer son prénom … Ses lippes remuèrent sans qu’aucun son ne sorte… Elle avait peur de se l’entendre dire…Elle avait peur des réminiscences qui l’accompagneraient. Heureusement qu’il ne pouvait la voir ainsi, elle remerciait cette étoffe qui camouflait parfaitement la gêne dans laquelle elle se trouvait. Filrahen…Filrahen Coral... En plus d’avoir le privilège de révéler son nom elle avait aussi celui de connaître le sien. Alors c’était ainsi que se nommait le seul homme l’ayant traitée avec un minimum de respect…Filrahen, cela resterait gravé en sa mémoire à jamais, mais elle se gardait bien de le lui avouer. Elle fixait le rideau depuis déjà un bon moment, quand le bras du propriétaire fit intrusion dans la cabine, tenant des robes aux couleurs surprenantes. Une vermeille et l’autre azuréenne. La vampe n’osa pas y toucher sur l’instant, puis s’en saisit délicatement, n’osant dire mot, l’écoutant seulement parler...

Alors , qu’en est-il à ton avis ? Vampire ou humaine aux gouts étranges ? Choisis…Ou préférerais tu que je t’aiguille un tant sois peu ?

Elle était émerveillée devant la beauté de ces robes qu’il lui présentait – effleurant le tissu du beau de ses doigts sans oser l’enfiler autour de ses formes , admirant le moindre détail, la moindre couture …Elle finit par enfiler celle de couleur rubis en premier, peu habituée à porter une autre couleur que le bleu qu’elle trouvait pur et apaisant. Elle l’enfila alors avec une délicatesse infinie, la taille était parfaite…il avait choisi cela avec tant d’attention….C’était parfait. Peut-être que son petit numéro avait servit à quelque chose d’utile finalement…Elle n’en savait rien. Mais toujours. Cette obsession. Cette envie. L’envie de le tester…Il fallait qu’elle résiste…Mais elle ne put, elle céda alors face au poids de sa démence et glissa son bras droit dans un pli du rideau sans se montrer. Elle tendit la main un instant et prononça ces quelques mots :

« Pourriez-vous me prêter votre main, s’il vous plaît ? Juste un instant. »

Elle attendit, et une main se posa dans la sienne, dés qu’elle l’eut, elle le harponna et l’attira de façon à avoir son avant bras dans la cabine. Délicatement, elle passa son doigt dans sa paume, hésitant à faire ce qui lui trottait dans la tête. Mais matoise, elle en mourrait d’envie…Son essence sombra dans l’aliénation et elle mena la main à sa bouche, lentement, sa langue se mit à courir sur le derme innocent – d’une froidure accablante – le long de l’index de Filrahen. Et, sans plus attendre, rongée par cette concupiscence sanguine qui la tiraillait, la succube pinça sa peau lactescente de ses crocs acérés pour y créer une anfractuosité gisante de cette drogue tant convoitée. Sa langue pourlécha la goutte de sang qui s’en échappa tel un reflex impeccable…Cela n’avait rien à voir avec le sang qu’elle venait de voler…Ce sang là, elle en reconnaissait la caractéristique principale. Un lycan .Surprise, elle lâcha la main qu’elle avait dérobée. Ses yeux s’ouvrirent plus grands que jamais, tandis qu’elle voyait la main se retirer rapidement de l’autre côté du rideau. Au moins l’échange était équitable. Il savait pour son vampirisme et elle pour sa lycanthropie. Cela la déconcerta quelque peu. Mais elle ne tenait pas en haine les lycans…A vrai dire, elle ne faisait pas vraiment la différence. Entre êtres mystiques, entre races de l’ombre, il n’y avait qu’un derme plus recouvert qui régnait… Mais rien ne lui assurait que cet homme voyait les choses du même œil. Elle hésita longuement avant de sortir, avant de répondre…Mais il fallait bien qu’elle se montre.

Alors, d’un air innocent, presque enfantin, elle sortit de son petit coin. Et s’exposa à la vue de l’artisan. Arborant toujours le même sourire provoquant , la même démarche féline et audacieuse. De la pointe de ses cheveux à ses ongles carmins, la tentation émanait d’elle telle une furie. Ses yeux et ses jambes invitaient à l’extase, se mouvant gracieusement, tournoyant pour se contempler dans le miroir qu’il avait apporté…Cette robe était si belle… La teinte si inhabituelle, et si plaisante – ressemblant tant à ce liquide qui l’assujettissait fréquemment . Un corset dont les ligatures n’étouffaient pas, elle pouvait se pencher sans devoir prendre de l’air pour ne point suffoquer. Et puis, il y avait ces perles, embrassant la bordure de son décolleté magnifiquement agencé. Etait-il le créateur de cette merveille ? Quel talent alors, quelle finesse… Quelle minutie…Elle en resta si pantoise que ses prunelles se perdaient dans son propre reflet, balayant la robe avec délectation, voguant sur ses voluptueuses formes agréablement mises en valeur. Si les peintres impressionnaient par leurs sensibilité et l’alliance des couleurs, si les poètes captivaient par leurs rimes et les synesthésies de leurs envolées, alors lui, cet homme là était l’artisan qui émerveillait par son aménité et la vénusté de ses vêtements.

« Elle est si belle … » Prononça t-elle en contemplant l’ouvrage qu’elle avait l’honneur de porter. « Si belle…. » répéta la jeune femme, déconcertée. Enfin, ses prunelles vinrent rejoindre celles de Filrahen. «Bien que la réponse soit évidente à présent…Je répondrais malgré tout…Vampire aux gouts étranges. » Elle s’avança jusqu’à lui pour se retrouver assez prés de son oreille et y murmurer d’une tonalité qui frisait la provocation. « Et vous ? Un tel sang ne ment pas. Une âme de loup sommeille en vous… »

Pauvre folle….Tu te rends compte que tu signes peut-être ton arrêt de mort en lui disant cela … ?

Elle s’écarta et arbora un sourire narquois avant de se glisser à nouveau dans la cabine, sans un mot. Elle ne lui avait toujours pas révéler son prénom….Mais elle ne parviendrait pas à le prononcer face à lui, alors, agrippée au tissu du rideau comme une enfant au jupon de sa mère – chuchotant tellement que sa voix paraissait inaudible. Elle prit une grande inspiration et répondit enfin.

« Luna. » Sa voix s’enraya malgré l’impassibilité qu’elle souhaitait laisser paraître. Et quelques bégaiements troublèrent sa diction « S …Sc…Scarlance…. »

Vocable engourdissant, mots sentencieux. C’était comme ci les épines qui tenaient son cœur captif se serraient plus encore... Quelle douleur… S’enfonçaient dans sa chair… Picotements… Faisaient couler le sang à flot plus que jamais. ..Acrimonie…Tel une marque indélébile, tel une cicatrice sempiternelle, le nom de celui qu’elle haïssait ressurgit des méandres de son essence. Victor. …Elle tenta de ne pas se laisser avoir par cet afflux de souvenirs ignominieux. Mais elle n’y pouvait rien, déjà l’image de ses yeux argentés revint en son esprit, puis celle de sa peau cadavérique aussi gelée que les neiges impérissables…Et le phonème de sa voix, de cette voix qui la traumatisait. Alors qu’elle enfilait la deuxième robe, plus étroite il était vrai, mais aussi hardie et téméraire que ce qu’elle était, les coupures et la symétrie qui la caractérisaient correspondant parfaitement à son tempérament peu trivial…Son esprit prit un malsain plaisir à la torturer…Il était fou de voir ce qu’un simple nom pouvait déclencher en elle…Cela pouvait paraître risible sans doute, elle-même trouvait cela pathétique, voire même pitoyable…Mais elle ne pouvait malheureusement pas contrôler sa propre mémoire, et surtout…L’amertume de son cœur en proie au tourment depuis si longtemps…

Laisse moi, bon dieu , laisse moi je t’en prie…Epargne moi, libère mes calots de ton souvenir…Ne me séquestre plus je t’en supplies…Je te hais tellement…Je ne peux même plus prononcer mon prénom sans appréhender ma propre mémoire…

La robe certes enfilée, elle ne ressortit pas de la cabine...Elle ne le pouvait pas, en tout cas pas encore. Pas pour le moment, car des perles cristallines s’écoulaient le long de ses joues, prenant naissance aux commissures de ses paupières. Les essuyant comme elle le pouvait, elle s’adossa de nouveau contre le mur et laissa le silence englober la pièce…un silence inquiétant, qui fut seulement brisé par un reniflement qu’elle ne parvint pas à contrôler. Troublée, elle écarquilla ses prunelles en direction du rideau, de peur qu’il n’ait entendu ce témoignage de l’état dans lequel elle se trouvait. Elle se dépêcha alors de frotter ses yeux pour les sécher …Voulant dissimuler la seule preuve de sa meurtrissure, mais n’y parvenant pas car les larmes se déversaient sans qu’elle puisse les stopper…Non…Pourquoi ici ?....Pourquoi maintenant … ?...Que ferait-il s’il la voyait ainsi, après qu’elle se soit permise de goûter à son sang la moindre autorisation, la moindre gène. Plongée dans l’incertitude, elle patienta, n’osant pas sortir de la cabine, les calots noyés de larmes rivés sur le rideau… Dans l’attente d’une réaction.


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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Mer 6 Juil - 22:53





Quelques paroles. Deux questions. Puis plus rien. Le silence régnait dans la boutique, seul le bruit du vent, un sifflement, pouvait être ouï. Il fallait avouer que le bâtiment était assez bien isolé, les murs étaient épais hormis l'entrée à cause de la porte et la vitrine. D'ailleurs, c'était seulement à cause de ce coté ci que l'on était capable d'entendre les gens passer, les chariots rouler, les chevaux claquer leur sabot. En d'autre terme, les activités de la rue. Mais comme l'agitation était moins grande maintenant, les seuls sons audibles n'étaient donc que les mouvements de l'air, le bruit du rideau qui venait d'être poussé pour tendre les robes et les pas des passants rares. Les deux robes étaient droite, tombant à quelques centimètres du sol. Les deux accomplissements de plusieurs heures de travail se situaient au bout de ses doigts, à la merci d'une jeune femme quasiment nue, prête à se servir des tenues pour se vêtir et s'observer dans le miroir. Elle allait même apparaître dans les œuvres du tailleur devant leur créateur, sa magnificence allait encore s’accroître. Un véritable suicide, elle avait déjà assez de prestance, de charme. Mais il devait l'habiller, c'était l'ordre qui s'était imposé à lui, son travail de la journée.
Finalement, les deux robes partirent de sa main, glissant dans la cabine. Son bras se recula et il se regarda dans le miroir. Ses cheveux n'étaient pas comme il voulait, ses chaînes étaient mises en désordre, sa chemise était un peu vrillée sur le coté, son visage était pale. Il se répugnait et se voulait plus présentable. Ainsi il passa une de ses mains dans le pelage blanchâtre de son crâne, plaçant ses mèches d'une manière plus agréable pour lui. Sa main se posa ensuite haut niveau du col de son habit, le tirant un peu sur le coté pour que la ligne d'ouverture, qui le serait si elle n'était pas boutonnée, soit droite. Sa patte remonta un peu plus haut, faisant tinter ses bijoux pour bien les positionner, calés par la bande de cuir sur son cou. Ses yeux l'observèrent de bas en haut, se souriant à lui même.

« Parfait. Présentable. C'est dingue ce qu'un sourire peut illuminer un visage. »

Que devait-il penser de cette femme ? Il était toujours avec ses questions en suspend, son reflet devant lui, la chose la plus humaine qu'il avait, derrière lui, cachée, il y avait cette surprenante jeune femme. Que devait-il penser de son contrôle de lui même ? Sûrement qu'il était surprenant, même lui ne s'attendait pas à un si grand calme face à une telle situation. Était-ce inhumain de gérer ses pulsions face ce qui s'apparentait être une succube. Sûrement. En tant normal, n'importe quel homme aurait cherché à en vouloir plus, ne se délectant pas uniquement de la vue, cherchant toujours plus. Mais en imaginant ce qu'elle pouvait être, Filrahen se disait que s'il avait été un homme lambda, il aurait fini tué lui aussi, ou en tout cas, il aurait eu des chances de l'être. Et même s'il ne s'acceptait complètement, l'optique de mourir si jeune n'était pas vraiment une chose qu'il avait envisagé. Et puis s'il mourrait, il ne pourrait plus habiller les nobles, cela serait dommage. Une excuse ? Oui, certainement. En même temps qui voudrait mourir ? Hormis les suicidaires, mais le lycan interprétait le suicide comme une peur, celle d'affronter la vie. Le monde est dur, rude, les humains tout comme les lycans et vampires risquent la mort chaque jours. L'univers est impitoyable, et il faut un minimum de force pour vivre.

Après cette petite réflexion, le loup gagna en estime de lui même. Finalement, il n'était pas si faible qu'il pensait, ou du moins, qu'il s'était convaincu. Mais tout ça, c'est la faute de sa ''double personnalité'', son coté loup étant perverti, mauvais, animal. Mais tout cela fut interrompu par la vision d'un bras dans le miroir, sortant de la cabine, se hissant entre le rideau et le bord du lieu confiné gardant toute pudeur. Il se retourna, et alors qu'il pensait avoir des réponses à ses questions, la voix préféra quémander la main du tailleur. Sans protester, il posa son membre dans le creux de la paume à la jeune femme, s'imaginant ce qui allait advenir de sa main. Tant qu'elle n’abîmait pas ses doigts, tout irait bien. Il s'approcha alors du rideau pour tendre son bras, lentement. Il imaginait tout et n'importe quoi, dans sa paranoïa la plus aigu, allant de la brisure de poignet à la mise en place de la main sur sa poitrine nue en continuant sa décadence. Filrahen n'aimait pas l'inconnu les yeux fermés, mais il se retint et attendit de voir ce qu'elle voulait faire ; Il était déjà prêt à être surpris !

Filrahen sentit alors un index passer sur sa patte ouverte, à la limite du voile de la cabine, il était bras tendu et sentit une chose humide mais douce le long de son index. Fixant le rideau comme s'il allait pouvoir voir à travers, il fronça les sourcils, cherchant où elle voulait en venir. Tout à coup, il ouvrit sa bouche sans qu'aucun son ne s'en échappa, comme le bruit était interdit en ces lieux. Sur le coup de la surprise, il tira sur son bras et, étrangement, il n'était plus tenu, comme si elle voulait juste lui planter ses crocs. Il se recula, repartant au niveau du miroir, décontenancé. Son regard se posa sur la main. Des gouttes perlées sur les deux petits trous. Il enfonça son autre patte dans une profonde poche de son sarouel et en sortit un petit chiffon qui servit à essuyer son index, et le sang. Il avait donc raison, c'était un vampire. Une vampire. Il n'avait rien contre les gens de son espèce, après tout, c'était un peu la même chose qu'un lycan mais sous le symbole de la chauve souris. Tout à coup elle sortit. Il rangea son chiffon à sa place. Elle arborait la tenue vermillon, et cela allait très bien avec ses cheveux peu communs. Elle tourna sur elle même. Filrahen regarda alors, contempla, guetta même... mais pas après les délices de son corps. C'était devenu un tic, il cherchait le moindre défaut, la moindre bavure, s'il voyait un bout de tissu mal plié, une dentelle écorchée, il piquerait une crise. Mais aucun défaut n'entachait la robe et il leva ses yeux vers sa cliente.

La vampire ne le regardait pas, elle fixait son œuvre. Normal. Elle vanta d'ailleurs la beauté de celle ci, répondant par la suite à ce qu'elle avait avoué physiquement plus tôt, c'était une vampire. Ses pieds s'approchèrent, la jeune femme susurra alors à son oreille qu'elle eut découvert sa tare sanguine. Maudit loup, maudit sois tu, toi qui épouvante les nuits de ce pauvre tailleur, maudit sois tu, toi qui l’ennuies de jour en jour. A ses paroles, il pencha la tête vers le sol, désolé qu'elle l'ait appris. Il ne put rien dire, il ne put se montrer dégoutté de sa nature lycanthrope, déjà qu'elle repartait dans se cloître derrière le tissu. Il ne bougea pas, telle une statue, jusqu'à ce qu'il eut enfin réponse à sa question. Luna.... pourquoi sa voix saccadait autant ? Souffrait-elle de son nom ? Avait-elle des problèmes physique tel que le bégaiement ? Si c'était le cas, c'était un maux dont il ne pouvait remédier par son peu de connaissance. Un silence s'installa à nouveau, comme un courant de rivière qui avait été perturbé par un galet et qui revenait à son activité originelle. Le lycan se regarda dans le miroir, face à face avec lui, regardant sa main qui se régénérait. Il eu presque envie de soupirer, mais tout à coup il entendit un bruit venant de la cabine. Un sanglot, un reniflement.... Pleurait-elle ? Pourquoi ? Qu'avait-il fait ? Une aiguille était-elle restée et l'avait blessé ? Non, elle aurait porté sa plainte à l'oral.

« Parfaite. Triste. C'est dingue ce qu'une larme peut anéantir un visage. »




« Mademoiselle Scarlance …. ? » murmura t-il un peu inquiet. Quelques secondes plus tard, n'entendant rien, il l'appela à nouveau, un peu plus fort « Mademoiselle Scarlance, vous avez un problème ? » Mais le silence reprit sa place.

De peur qu'elle eut un quelconque problème, il décida d'intervenir. Au diable la bienséance, la santé est plus importante, nous n'en avons qu'une. Décalant vivement, mais peu, le rideau, il passa sa tête, inquiet, la fixant. Ses yeux étaient humides, elle était en larme, là, devant lui. Son charme avait disparu. Filrahen fut stoppé net dans sa panique, amadoué, et puis quelle idée de ressembler à une petite fille fragile dans une si belle robe. Là, il ne pouvait plus garder le contrôle de lui même, il était obligé de faire un élan de gentillesse qu'il ne put contenir. Il finit de reculer le voile, le visage fermé. Triste de la voir triste. Posant un genou au sol, il leva les yeux. Inondé de son iris tremblant. Voile lacrymal. Du revers de l'index, il attrapa des gouttelettes qui tombaient le long de sa joue, faisant non de la tête. Il attrapa une de ses mains, se levant courbé devant elle et déposa un baiser sur cette dernière.

« Mademoiselle, vous êtes l'un des plus beaux joyaux qui est venu dans cette humble boutique, vous portez l'une de mes plus belles confections, et vous pleurez à quelques pas d'un coup de foudre avec vous même. Je ne sais pas ce qui vous a mis dans cet état et je m'en excuse, mais essuyez ces jolies yeux qui s'accordent parfaitement à votre robe, vous allez gâcher le magnifique volte-face avec votre beauté. Une telle perfection ne devrait être gachée, remettez vous de vos émotions et n'ouvrez ce rideau qu'une fois parfaite. »

Il lui sourit, partant de la cabine, sans laisser son reflet lui apparaître, se regardant dans la vitre avant de se positionner à coté en attendant la jeune femme. Il retira sa veste, restant en chemise, il faisait assez chaud comme cela ici. Il accrocha son vêtement en haut du miroir, à l'arrière, et porta son regard vers la cabine.


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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Ven 22 Juil - 8:16

Et toujours et toujours…les maux rongent les âmes damnées. Calamités infantiles. Larmoiements puérils. Ironie du sort…Mais pourquoi, pourquoi m’astreindre en des lieux si peu propices…Pourquoi maintenant ? Ne peux-tu donc point me libérer de tes chaînes ? Ne t’aies-je point assez servi ? Assez satisfait ? Ton souvenir corrode mon essence, à petit feu, lentement…Fatalement… Impétueux. J’ai cette impression si saumâtre que tu manies ma vie à ta guise. Que depuis chacun de mes membres, du bout de mes doigts agités à ceux de cette toison rosâtre, se harponnent des fils invisibles et malicieux. Qu’ils guident mes gestes jusqu’à mes envies. Qu’ils rient de cette abnégation affligeante se prospérant en moi. A chaque fois que je croise un regard, j’ai peur que ce soit le tien. Un contact charnel anodin … bientôt synonyme d’une crispation sans limite, d’un pieux dans mon cœur enfoncé…Si profondément. Une poupée révoltée mais submergée par sa pitoyable condition. Créateur de mon ardeur nocturne. Concepteur de ma physionomie méphistophélique. Pionnier des âmes perdues. Milles et unes appellation pour un seul être, un seul fou taciturne. Qu’il t’aies aisé de manipuler mon esprit, partout où que j’aille, et même ici. Par le simple son de ma voix prononçant mon propre nom….Qui diable es-tu pour te permettre d’attenter à ma vie jusqu’à mon identité ? Pourquoi m’avoir sauvé cette nuit là ? Alors que peu à peu je m’en allais – encore humaine et dévastée – mais humaine – M’as-tu seulement demandé mon avis ? Non jamais, car tu le savais, que j’aurais préféré périr ainsi, plutôt que de plonger dans ce gouffre de vanité et d’appétence perpétuelle. Tu savais que je te serais dévouée…Et tu savais que je tenterais de me défaire de ton emprise. Mais qu’importe, cela t’amuse…Pire cela t’enhardit, tu en jubiles. Corruption. Disparaît de ma vie….je t’en conjure, laisse moi vivre en paix….Ou juste me présenter sans fondre en larmes de la sorte. Pathétique. Oui pathétique. Et pitoyable. Attiser le feu en se dandinant comme une débauchée, venter ses atouts, ses galbes fascinants puis dévoiler sa meurtrissure telle une enfant. Aucune logique, absolument aucune. Ma raison semble belle et bien s’être évaporée, et ce pauvre homme obligé de supporter mes plaintes, comment réagirait-il s’il me voyait ? Heureusement que ce rideau me sépare de lui et de son regard curieux, il ne faut pas qu’il voit l’étendue de cette singularité hilarante qui me caractérise en ces traîtres instants. Je ne veux point connaître son avis, ni l’effet de ses futures paroles… Alors non, je ne répondrais pas à ses apostrophes….Il se lassera de m’appeler, il attendra que je sèche ses risibles larmes …C’est certain.

Enfin pas tout à fait.

Si les pensées sibyllines pouvaient régir nos vies, les supplices et la torpeur de vivre n’existeraient qu’en songes – et encore seraient quelques contes racontés aux enfants pour les effrayer. Mais le fait est que l’existence est spasmodique…une immensité dans laquelle baignent tout être dans son unicité. Ajoutant son grain de sel, sa conception pour un rien, pour un tout. Une vie sporadique, alliant plaisirs et déplaisirs. A chacun ensuite sa manière de gérer les troubles qui l’assaillent, et en guise d’archétype impeccable pourrait-on citer la dame de joie qu’elle était. Dame de joie, ou fille de corruption…Allons allons… Pour plus ou moins de lyrisme on en vient toujours à la même conclusion. Débauchée. Elle aurait rêver de cacher sa mortification, et pour une fois, de passer simplement pour une femme rien qu’une peu séduisante. Un tantinet provocante. Mais pas l’affligée incapable d’édicter deux syllabes pécheresses que furent seulement celles de son prénom. Lu-na , une pour un cœur transpercé , chaviré, l’autre pour le maintenir malicieusement au plus profond de ces funestes abysses. Eh bien tant pis pour elle, l’humble artisan – comme tout être doté d’un minimum d’empathie – se précipita à l’intérieur de la cabine. Omettant ainsi un éventuel état de glabre, mais qu’importe tant qu’il obtenait les réponses aux questions qui le tiraillaient. Et pourquoi tel reniflement ? Et pourquoi ce silence pesant ? Pourquoi aucune réponse à ses appellations ? Et quand il vit ces traîtresses gouttes salées perler depuis ses paupières, s’écouler sur ses pommettes marquées d’érythèmes incandescents. L’interrogatoire reprit plus ardemment, dans son esprit fureteur…Mais quoi de plus normal ? N’aurait-elle pas réagit de la même façon ? Se serait-elle contenter d’entendre quelques suspects reniflements et de le laisser là dans son émoi ? Non , jamais. Elle comprenait. Alors elle lisait son incompréhension sur ses traits, sur ce visage d’homme attentionné. – chose à laquelle elle était peu habituée.

Pourquoi pleures-tu dame tentatrice ? Pourquoi tes calots luisent-ils autrement que de cette ardeur que tu as démontré il y a quelques instants ? Explique moi, comment peux-tu être aussi chavirée en portant de telles merveilles ? Quelles sont tes raisons, en as-tu seulement à lui donner de valables ? Allons donc, réponds lui que tu ne peux même pas prononcer ton prénom sans faillir, ose un peu lui dévoiler ce que tu es…Lis sur ses traits la pitié que tu exhorteras en lui. Pauvre fille, tu abuses déjà de sa mansuétude, mais n’as-tu que ça à faire ? Tu ne crois pas qu’il aurait préféré continuer son doux train de vie, concevoir de nouvelles étoffes aussi rutilantes que celles que tu portes ?Tu t’en fiches en fait, quel égoïsme.

Mais la bonté émanant de lui se déversa à grands flots. Une rivière de paroles soucieuses et affables, raisonnées, cependant…Quelque chose fit obstruction…La fluidité a priori inébranlable se stoppa vers la fin de son élocution. Lorsque vint le mot fatidique, ce mot qui ne lui irait jamais, ce mot qui la reniait. Ce mot …Non jamais l’on ne devait l’employer pour la qualifier. Quelle folie, quelle inconscience. Non, il ne savait pas, il ne savait rien d’elle. Perfection. Nullement. Perfection. Aucunement. Perfection….Jamais ! Comment pouvait-on parler de perfection en la voyant ? Outre sa physionomie tentante, désirable, il n’y avait rien de parfait dans ce qui la constituait. Rien. Sa carapace de vénusté ne servait qu’à dissimuler l’horreur qu’était son essence. Quand bien même cette robe céruléenne qu’elle portait révélait des galbes divins, s’accordait merveilleusement à ses prunelles nocturnes…La faisait paraître déité …Quand bien même ! Il ne s’agissait pas de perfection… Il s’agissait de charme, de superficialité. Quelle ironie, si elle devait prendre au pied de la lettre ce qu’il venait de lui dire, alors jamais elle n’ouvrirait ce rideau. Car jamais elle ne serait perfection. Elle laissa un soupir de lassitude s’épancher de ses lippes – elle en avait assez de ses tourments incessants. Il voulait la voir sortir de cette cabine et tournoyer devant son propre reflet ? Un sourire charmant aux lèvres, un air niais et comblé ? Se contempler comme l’aurait toute femme normalement constituée ? Être le joyaux dont-il venait de parler ?Qu’il en soit ainsi.

Alors elle sécha les larmes qui se déversaient tranquillement de ses mirettes azuréennes. Elle secoua un peu ses cheveux, et se releva, rehaussant un peu sa généreuse poitrine dans son corset si serré. Une ligature mettant si bien en valeur les atouts qu’elle possédait. Et d’un geste fluide, ses dextres harponnant le tissu du rideau pour le décaler sur le coté, elle se glissa hors de la cabine, arborant une risette resplendissante. Troublante. Comme si l’épisode des larmes ne s’était déroulé qu’en songe dans l’esprit de l’artisan. Comme si rien de tout cela ne s’était réellement passé. Et, gracieusement, elle se plaça face au miroir, usurpant l’identité de la demoiselle ébahie par l’image que lui renvoyait l’objet.

Tu es "perfection", sois le jusqu’au bout. C’est enfin l’opportunité d’être autre chose qu’un divertissement, qu’un défouloir … Saisit cette chance, tu ne l’auras pas deux fois, c’est assuré.

Les doigts agrippés à son jupon, le soulevant un peu pour tournoyer plus affablement, elle finit par stopper sa petit danse en se plaçant face à lui. Déambulant de façon féline comme à son habitude, pour se retrouver tout pré de lui et le remercier à sa manière de s’être enquit pour elle. Elle se redressa légèrement, prenant appui d’une main sur les bras croisés de l’homme et approcha son visage lentement. Les yeux rivés sur sa cible. Et, dans ce fidèle silence qu’elle aimait à entretenir, elle déposa ses lèvres sur la joue gauche de Filrahen. Laissant d’invulnérables secondes s’écouler ainsi, lippes aux contact de sa peau, bravant une fois de plus la bienséance. Jusqu’à ce qu’elle se décide à se retirer, gardant la même expression faciale – impassible et aguichante à la fois – lui faisant ensuite un clin d’œil amusé. Sa main toujours posée sur le bras du tailleur se délogea, et trouvant un autre endroit à occuper. Contre ses galbes plantureux, deux formes replètes soutenues par ce corset. Contre son cœur, puis inclinant son faciès sur le côté pour lui répondre d’une voix douce et apaisée.

« Pardonnez mon impertinence. J’ai laissé quelques souvenirs me perturber. » Elle replaça ensuite sa main à l’endroit qu’elle venait de quitter, sur son bras croisé. « Merci pour vos paroles apaisantes, vous êtes un homme bon Filrahen Coral. Vraiment. Cela devient rare de nous jours…Tellement.» Ajouta t-elle le regard perdu dans le vague, tout à fait consciente de ce dont-elle parlait. « Ah...Et pardonnez aussi mon geste….Je me laisse…hum…Emporter quelques fois…Cela ne se reproduira plus. » continua t-elle, le faciès marqué par un air gêné, faisant allusion à ce baiser déposé outrageusement sur sa joue, sans avoir pris le temps de quémander son autorisation.

Elle se redressa ensuite, et recula pour revenir en face du miroir, observant encore un eu la robe qu’elle avait l’honneur de porter. Ses mains cheminèrent le long de son buste et caressèrent ses flancs, dessinant les contours agréablement mis en valeur. La robe lui plaisait vraiment, elle la préférait de loin à celles qu’elle portait habituellement. Mais à bien y réfléchir, ses robes étaient destinées à être violement enlevées, ou déchirées, gaspillées….Fallait-il qu’elle achète celle-ci pour qu’elle finisse de la même façon ? Un tel travail gâché…Elle ne pouvait le permettre, une pareille œuvre…Non vraiment, elle crevait d’envie de ses l’approprier, mais elle redoutait sa fin. Un tantinet indécise, ses prunelles vinrent de nouveau se fixer dans celles de Filrahen. Un peu perdue, incapable de choisir entre cette tentation grandissante et sa raison. Elle ne souhaitait aucunement lui dire son « métier », ainsi, d’un phonème légèrement timide – une grande première – elle vint l’interroger.

« Je l’aime vraiment, elle est sublime…Mais….J’ai peur de l’abîmer…Vraiment. Je bouge beaucoup la journée…Pensez-vous qu’elle puisse tenir le coup ? » Elle baissa un peu les yeux, des rougeurs apparaissant sur ses joues. « Car je rêve de la posséder, si vous saviez. Qu’en dites-vous ? »

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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Ven 22 Juil - 22:21

Luisant comme la neige, blanc illuminé par la lune, le visage déformé, la haine dans le regard, la rage dans les gestes, l'ossature humaine mortifiée, la peau à l'instar d'un quelconque cuir, des crocs acérés, des pensées animales, des réflexes sauvages. L'animal, dans une position comprise entre celle de la bête et celle de l'homme, semi dressé, fixant un homme, là, tremblant de peur, de doute. Derrière la table, adossé à un petit meuble de bois brut, il attrapa une petite vasque décoratif, et d'un geste approximatif, lança la poterie. Idiot qu'il était. L'élément volant fut envoyé au sol, se détruisant sur les planches de bois. Ce blondinet, aux cheveux bouclés et semblable au foin qu'il remuait toutes les journées durant, que cherchait-il à faire ? Pauvre fou, tu ne sais donc pas que tu n'es qu'un pantin ? Tout est écrit dans le script, ton personnage voit ses derniers instants sur la scène, bientôt tu repartiras dans les coulisses, mais tu ne reviendras pas à la prochaine représentation, car il n'y en aura qu'une seule, l'actuelle. Saltimbanque déguisé en paysan, tu te vois plaqué au sol par l'un des personnages principales de notre histoire. Tu gémis, tu pleures, et tu ne veux pas te défendre ? Encore eusse t-il fallut que tu le puisses... Cinq courbures pointues d'ivoire pénétrèrent dans ta peau, cinq trous en ton corps, cinq orifices créés dans le seul but que tu souffres, que tu perdes ton sang, dans l'unique raison qui est celle de te voir salir le sol en bois, que tu vois le bois s'imbiber de ton fluide vital. Ton regard m'implore, mais je suis un animal, bien plus haut que toi sur la chaîne alimentaire. Mes crocs désirent ta moelle, mon corps est avide de ta chaire. Ma gueule se referma sur ton cou si fort, que je me souviendrais toujours ce cri de souffrance, ce cri de douleur. Je m'en délecte encore après plusieurs mois, il résonne encore dans mes oreilles. Et le son de sa nuque se brisant sous mes dents, ton regard vide, pleins de larmes me suppliant. Mon frère, repose en paix. Tu n'auras pas pu voir notre mère, se vider de toutes les larmes de son corps en rentrant. Tu n'auras pas pu voir une femme, notre maternelle, brisée dans sa petite routine, mourir de tristesse. Paix à son âme aussi.

Pourquoi de si sombres pensées revinrent à son esprit ? Elle venait de sortir de la cabine, sans un mot et sans un bruit outre celui des étoffes. Elle semblait si calme, si reposée, qu'elle était douée pour se cacher sous des masques. Luna, tu es magnifique dans cette robe, mais sous ton masque, effrité quelques secondes avant, tu ressembles tant à la mère du lycan, une femme meurtrie, une demoiselle détruite de l'intérieur, pourrie par un poison qui te mènera à ta perte. Reprends toi, et bat toi au lieu de ne sauver que les apparences. Ah ! Il serait si bon que ces pensées deviennent paroles, mais comment aurait-elle pris cela ? Après tout, Filrahen ne la connaissait pas et il ne voulait pas non plus savoir si elle voulait se délecter de sang de loup. C'était même peut-être le premier lycan qu'elle rencontrait, le tailleur pouvait-être à lui seul une tentation. De toute sa prestance, de toute son élégance, elle faillit briser le miroir qui n'eut jamais vu tant de beauté. Mais tant d'étrangeté, tant de mystères.... Un meurtre, une vampire, une femme meurtrie, du charme, un jeu digne des plus grands saltimbanques... Voilà comment on pouvait désigner la jeune femme. On était loin des nobles qui venaient dans l'échoppe, mais une question lui vint à l'esprit, une interrogation qu'il ne se posait que rarement : Comment payerait-elle la tenue ? Il n'avait pas fouillé ses vêtements cachés, mais il n'avait décelé aucune bourse de son simple coup d’œil, de sa simple prise en main faite un peu plus tôt. Une pensée fut éloignée assez rapidement, il ne voulait pas mourir pour une simple robe, il était prêt à l'offrir si une quelconque attaque se présenterait. Elle n'avait pas l'air dangereuse et Filrahen préférait tenir cette ligne de réflexion à savoir penser d'elle une femme sensible, fragile qui se cache sous un charme et une assurance qui n'est qu'apparence, plutôt que la meurtrière potentielle et le risque qui va avec qu'elle pouvait représenter.

Quand il sortit de ses diverses élucubrations, il admira la créature devant lui. Était il possible qu'elle existe vraiment ? Il avait presque envie de porter sa main sur elle pour vérifier si aucune hallucination ne le tourmentait. Il se ravisa. L'azur digne des plus beaux flots des côtes méridionales de la robe couvrait ses courbes mais ne les cachait nullement, la couleur s'accordant parfaitement avec ses yeux, brillants. Tournant sur elle même, il n'eut pas son mauvais réflexe habituel de chercher les plus infimes défauts de la robe, il ne pouvait pas face à cet ange qui se tenait devant lui. Le rose de ses cheveux, peu commun, s'accordait d'une manière inconditionnelle avec ce bleu. Son visage rayonnait, elle était bien plus charmante sans ses larmes qui marquaient son visage. Radieuse. Elle était bien plus. Resplendissante. Ce n'est pas encore le bon mot. Magnifique. Bien plus. Ses mains, fines, agrippaient le tissu, ce dernier tournait, virevoltait. Quelques mèches flottaient dans l'air. Si la beauté avait une apogée, elle serait dans cette robe actuellement. Filrahen l'observait de haut en bas et ne savait que faire, il était pris en otage mentalement, toute son attention était occupée par elle. Elle s’arrêta de tourner sur elle même et s'approcha de lui. Un baiser chaste déposé sur sa joue, une main posée sur son bras. Elle était si mignonne, le lycan aurait presque eut envie de l'enlacer comme une peluche. Un frisson lui parcourut néanmoins le dos, sa main était froide, lui qui avait tout le temps chaud le sentit. Ses lèvres étaient douces. Ses mains aussi. C'était étrange, mais le contact avec elle le troublait. Empli d'une sensation étrange. Se reculant après son petit baiser de.. remerciement ?

Luna, qu'elle était lumineuse, elle avait l'air sir innocente. Ses grands yeux bleus, scintillants, semblaient l'implorer quand elle parlait. Alors qu'elle s'excusait, elle s'approchait à nouveau. Frémissement, étrangeté. Elle complimenta sa gentillesse, ce fut satisfaisant. Qui n'apprécierait pas un compliment tel que celui ci quand au quotidien vous essayez d'être le plus aimable possible, avec tous les gens que vous croisez ? Son sourire s'élargit un peu plus quand elle s'excusa pour le baiser. Ce n'était rien, il n'était pas contre un peu de remerciement et d'amour dans ce monde sauvage et dur. Au moins, il était soulagé de voir qu'elle ne le mangerait pas pour la robe. Ou était ce une façon d'avoir le tailleur dans la poche, qu'il ne soit plus sur ses gardes et qu'il soit sans défense pour le croquer dans le dos ? Sottise, ton imagination déborde trop, tailleur, cesse cette méditation d'idées créées et voit ce qui va arriver sans te soucier du futur. Tu as un loup pour t'aider dans le pire des cas, même si jamais tu ne l'admettras. Passons. A nouveau, elle quitta son bras, regardant à nouveau sa propre image dans le verre. Elle avait l'air d'apprécier son choix, cela lui faisait plaisir. Il suivit des pupilles sombres ses mains, passant sur ses formes, des courbes parfaites, elle semblait avoir été dessiné par un homme qui voulait créer la femme parfaite. Pari réussit non ? Se fixant dans les moindres détails, elle finit par revenir à lui, réclamant des conseils concernant l'achat qu'elle voulait faire, et non des moindres. Abîmer une tenue pareil. Cela aurait été un supplice pour lui si cela avait été une vieille bourgeoise qui reste terrée chez elle qui lui aurait demandé, mais la simple vue de la belle Luna lui assurait, à elle, une sûreté. Celle que, quoiqu'elle demande, elle l'obtiendrait. Le lycan la contourna et passa son doigt sur l'arrière de son épaule, le glissant tout en avançant autour d'elle en disant :


« Sachez tout d'abord que je vous trouve sublime avec cette robe. Et encore, c'est un doux euphémisme. J'ai créé cette robe, fibre par fibre. Je peux vous la réparer au moindre problème, et mieux encore. J'ai un carnet avec tous mes patrons de robe dessiné. Il suffit que je retrouve celui de celle ci, et vous en faire d'autres... Luna... »

Arrivant devant elle, il décolla son doigt de l'autre épaule à laquelle il était arrivé, la regardant dans les yeux, il était envoûté par ses pupilles d'une clarté et d'une brillance étonnante. Machinalement, presque inconsciemment, ses doigts attrapèrent une mèche rosée, caressant l'écrin. Ses cheveux étaient doux, autant que sa peau et ses lèvres. Il lâcha ce qu'il venait de capturer, se retournant légèrement pour la voir dans le miroir, repassant dans son dos doucement. Ses mains se posèrent sur ses épaules, et il murmura à son oreille :

« Que faites vous chère vampire ? Mes robes sont faites d'étoffes solides, mais elles ont leurs limites. Mais vous pouvez toujours l'acheter et la mettre uniquement les jours où vous pouvez vous reposer, sortir, vous attelez à des taches bien moins fatigantes... non ? »

Se reculant un peu, il retourna à nouveau autour d'elle, pour reprendre sa place d'avant, à coté du miroir, les bras croisés et un petit sourire en l'admirant de bas en haut. Il rajouta, au cas où :

« Avec moi, vos secrets sont aussi bien gardés que le mien... que vous avez découvert. »


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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Mar 16 Aoû - 17:09

Admirer des merveilles. Contempler les vénustés qu’offre parfois la vie. Un semblant de beauté inattendue….Comme un innocent brin d’herbe perdu dans une immense prairie dont on apprécierait l’unicité, le choisissant parmi tant d’autres, lui offrant le privilège d’afficher son sublime ne serait-ce qu’une seule et infime seconde. Peu se perdraient dans ces futilités. Laissant leurs pupilles avides de perceptions nouvelles, goûter aux plaisirs des formes délicieuses, de convexités alléchantes…Plutôt qu’orienter leurs prunelles vers des choses aussi peu considérables qu’un brin d’herbe. C’est ce que l’on appelait, la satisfaction immédiate. Le besoin de ressentir ses désirs assouvis par un simple regard. Entre une femme absolument troublante. Aux galbes impressionnants - sa poitrine invitant à des palpations sybarites, les flancs criant la pression de doigts fureteurs se voulant compressés et aimés plus que jamais. Entre cette créature et un simple brin d’herbe … Fin, inutile, fragile, dénué d’intérêts, et … si vulnérable - qu’une journée privé de ses racines le condamnerait à la mort irrémédiablement. Qui croyez-vous donc que l’esprit avide choisirait ? La réponse si évidente soit-elle est pourtant tout aussi déplorable…Car la tentation semble invincible. Et même si la raison parvient à ressurgir de temps en temps ce ne serait que pour un bref instant … Car elle serait bien vite remplacée par le divertissement, l’allégresse triomphant sur la restriction depuis la nuit des temps. Le cœur des hommes captifs de leurs propres conceptions. Pour elle, l’attrait, l’appétence, la propension … La passion lascive… N’étaient que pures bagatelles. L’usure même de sa vie. Car elle les côtoyaient chaque jour…Agglutinée à cette alcôve, sans cesse, captive de sa mansarde. Enfiévrée et châtiée. . . Hilarante geôle qu’était ce lieu profané…Mais.. En matière de tentations charnelles, elle était experte. Les années d’expérience l’avaient forgée, avaient conçue cette damoiselle à la fois si fragile et si experte... SI bien que chaque mouvement, chaque déambulation, semblaient n’être que les impitoyables kyrielles de cette profession qu’elle exerçait depuis son plus jeune âge. Comment pouvait-elle être à la fois incapable de se défaire de cette existence pesante dans laquelle elle s’était enlisée et capable d’y réfléchir et d’analyser sa condition mieux que quiconque ? A bien y réfléchir, c’était presque risible. Pitoyable.

Qu’importe. A présent elle y était. Elle assumait, et cultivait le fruit de son arbre de péchés d’une main chevronnée. Alors elle se retrouvait à la place de l’être curieux mentionné précédemment. A admirer l’œuvre qui s’était conglomérée à sa structure. Cette robe si admirablement conçue. Dont chaque détails semblaient être faits pour mettre en valeur les formes qui agençaient son profil tant envié. En effet, nier que l’habit lui allait étonnement bien aurait été stupide … Il semblait vouloir le lui faire comprendre, l’affabilité de ses compliments, la gentillesse de ses expressions…. Décidément, elle n’y était pas habituée. Elle ne savait comment réagir. Manigance ? Honnêteté ? Cela durerait-il longtemps ? Et si elle lui révélait son si pathétique « passe temps », la considérerait-il toujours de façon si amène ? Elle en doutait fortement. C’est pourquoi, en sentant passer ce doigt d’une épaule à l’autre. Effleurant son derme dénudé, elle sentit quelques frissons remonter le long de son échine. Non …Non … Peut-être que ce genre de caresses auraient parues innocentes à d’autres jeunes filles…Mais à elle, que les dextres masculins avaient tant de fois traumatisée, que les mains viriles avaient possédée sans la moindre inconstance… A elle, il était dur…Véritablement ardu …De lui faire subir ce genre de contact sans qu’une partie de son âme ne se crispe et n’ait peur d’une suite plus … Panthéiste. De la paranoïa non, de l’anxiété oui. Pouvait-on réellement lui en vouloir de redouter pareille suite au contact d’un doigt traversant gentiment – et sans doute innocemment - la cambrure du haut de son échine ? Peut-être que oui , peut-être que non. Qu’importe, elle n’avait aucunement le droit de le repousser…Alors elle se contenta de suivre son reflet dans le miroir, frémissante, déglutissant un instant, pour empêcher ses pensées de s’aventurer dans les prémices de l’accusation un peu trop hâtée. Et, à son grand contentement, il le retira. Accompagnant son geste de paroles une fois de plus agréables à entendre. Qu’avait-elle fait pour qui l’assaille d’autant de congratulations, de gentillesse, et de serviabilité ? Le méritait-elle vraiment ? Elle qui ne le connaissant même pas, osait le comparer aux êtres vils et guidés par leurs pulsions primaires qu’elle devait supporter à la Maison Close.

Il lui proposait de réparer les futures échancrures qu’elle causerait à sa robe. Mais, qu’elle genre d’échancrures devrait-il réparer ? Non , il ne valait mieux pas. Si elle devait acheter cette robe , alors ce serait pour la porter, comme il le disait si bien : durant les rares moments où le repos lui était accordé. Il ne fallait en aucun cas abimer pareille œuvre, le crime serait trop révoltant. La robe qu’elle portait en entrant dans sa succursale n’était pas comparable à celle-ci. Elle la tenait des nombreuses robes que …Ce…Victor…lui ramenait lorsqu’il rentrait. Bleues, rouges, blanches, dentelées, satinées, décolletées, courtes, longues… Elle en avait à revendre….Alors, qu’on les déchire, qu’on les tâche de sang…De ce fluide vital à la couleur indélébile…. Elle s’en fichait, elle ne souhaitait même presque que cela. Car elle avait l’impression qu’indirectement, c’était une partie de lui qu’on détruisait, que c’était un morceau de son antipathie, de sa barbarie …Sa sauvagerie…Que l’on déchirait, que l’on écrasait, que l’on tâchait. D’ailleurs, les résidus de cette robe qu’elle avait lascivement retirée sous les yeux de l’artisan, devait être jetés… Pouvait-on réutiliser pareilles souillures ? Elle avait envie de l’en empêcher. Mais cela reviendrait à lui narrer son passé . N’avait-il que cela à faire que d’écouter une jeune femme déballer ses déboires de la sorte ? Il avait beau être d’une mansuétude inhabituelle, elle n’avait pas à l’accabler, à l’attrister…Ou à déclencher en lui une quelconque pitié. Ainsi. Par égoïsme. Juste parce qu’enfin…Inespérément…On lui proposait…De l’écouter. Non. Ne pas se laisser tenter. Même si l’occasion ne se représenterait jamais. Parler de son traumatisme à quelqu’un qu’elle venait de rencontrer…Se serait à la fois, une doux supplice, et une douce folie satisfaisante. L’expiation extrême. La confession sublime. Elle aurait l’avis ultime, celui, le plus objectif, et les mots, les moins cinglants, les plus réconfortants. Elle sentait dans la candeur de ses regards…Que lui en parler, n’était plus une question de confiance, mais simplement une question d’audace. Suivant alors le parcours de la main de l’artisan, allant curieusement s’intéresser à une mèche de ses cheveux, elle réfléchit … Taciturne.

Alors, elle se tourna face à lui. Posant ses mains sur son ventre, contre le tissu si doux de sa robe. Et, mordillant timidement sa lèvre inférieure, indécise. Elle s’approcha de lui, les yeux rivés sur le sol. Ses lèvres remuèrent discrètement, cherchant une réponse …. Ne sachant vraiment ce qu’elle avait à faire, ni ce qu’elle avait à dire. Tout en avançant, elle laissa ses mirettes se perdre dans les rayons de robes réalisées par l’artiste qui se tenait devant elle. Il devait être connu, pour créer de pareils accoutrements. Les femmes de la haute société venaient sans doute se vêtir chez lui…C’était une évidence. L’espace d’un instant, elle s’imagina noble. Coulant des jours heureux à errer dans un châteaux mirifique, à s’adonner à des petits plaisirs extravagants. Se mirer , se coiffer, s’apprécier à sa juste valeur …Rencontrer du beau monde, prendre une tasse de thé sans que ce ne soit pour appâter un potentiel client. Une vie qu’elle enviait plus que tout. Elle devait bien l’avouer. Cet homme connaissait sans doute bien les aristocrates. Qu’il s’intéresse à elle, à ses petits secrets, était …Presque …Un honneur…Un privilège.

Rien qu’une fois. Juste, une toute petite…Petite …Risible…Fois. Qu’est-ce que cela pourrait-il me couter de lui révéler ce passé tumultueux si ce n’est un regard outré …Ou un inconnu me fuyant ? Et…Qui sait ? …Peut-être accepterait-il la vérité ? Peut-être …Peut-être serait-il compréhensif…. L’incertitude est insupportable. Ne point savoir de quelle façon se confier. Etre constamment restreinte dans mes propres élocutions. Essayons. Tentons. Au final. Je crois…Que je meurs d’envie de connaître sa réaction . J’en meurs autant d’envie que j’en ai peur. Etonnant. Inaccoutumé. Saugrenu.

Arrivée un peu plus prés, elle releva les yeux vers lui. Plongeant de nouveau son regard bleu nuit dans le sien. Passant sa langue sur ses lèvres, elle prononça ensuite.

«Vous ne voudriez point connaître pareilles choses. Si vous étiez conscient de l’étendue de leur vicissitude . Jamais, jamais…Je ne parle…De cette versatilité qui me caractérise. J’ai trop peur. …De… » Elle s’interrompt, levant son bras vers lui, le pointant un instant, confuse, avant de ramener sa main contre elle. « ..Vous ? … De.. » elle fixa de nouveau le sol, cherchant à fuir son regard. « De …Ce que vous pourriez penser de moi suite à cela… » Relevant, graduellement, ses calots vers lui, les pommettes quelques peu empourprées. Se trouvant comparable à une enfant avouant ses bêtises…Et n’osant plus les assumer.

Elle tourna la tête d’un côté puis de l’autre, et aperçut une salle à manger, dans une autre pièce. Hésitante au début, elle finit par se décider. Lui attrapant de nouveau la main, elle avança vers la porte et l’ouvrit sans demander l’autorisation au propriétaire. Se contentant juste de lui offrir une risette discrète. Passant le seuil, elle lui lâcha la main. Et, s’assit sur une chaise, autour de la table. Se raclant un peu la gorge, avant de reprendre, elle lui indiqua la chaise à ses côtés afin qu’il la rejoigne. Pourquoi l’avait-elle conduit ici ? Pour lui narrer en détail son passé ? Peut-être, cela dépendait. Une chose était sure, elle ne se sentait pas de rester au milieu d’une boutique ou n’importe qui pouvait entrer ou écouter…C’était puéril, mais, elle préférait paraître puéril aux yeux d’une seule personne plutôt qu’un quidam un peu curieux ne découvre des choses qui ne le regardaient absolument pas. Sans dire mot, Filrahen vint s’asseoir à ses côtés. Elle le regardait toujours. Et, après un long silence, elle lui sourit, et reprit.

« Oh rassurez-vous ! Je …Je vais vous prendre la robe. J’en suis déjà entichée. Vous êtes expert. Au premier coup d’œil, je la voulais à moi seule. » Elle lui fit un clin d’œil furtif et ajouta. « Pardon, d’être entrée ici de la sorte….disons que, on est un peu mieux ici. J’espère que cela ne vous dérange pas. Si c’est le cas n’hésitez pas à me le dire. » Elle marqua un temps d’arrêt, et se fixant la table devant elle, les prunelles perdues dans le vide …Un vide qu’elle-même n’aurait pu qualifier. Elle se décida. « Je me suis permise de vous arracher votre secret sans vous demander votre avis…Alors je vous dois bien le mien…Car être vampire n’est pas un véritable secret pour moi, à la seconde où je suis entrée ici, vous vous en doutiez déjà…Avouez. Cependant... » Elle replaça ses prunelles dans les siennes. « Permettez moi de combler vos questions. Concernant les larmes et …Hum …La façon …Inaccoutumée ? … Avec laquelle j’ai retiré mes vêtements. » Elle se tut. Un long moment. Et d’un phonème légèrement éraillé elle ajouta. « Je fais le plus vieux métier du monde…Monsieur Filrahen Coral. Tel est cet arcane que je tente désespérément de …Cacher. »


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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Lun 22 Aoû - 15:23

Parfois, quand la vie nous joue un mauvais tour, on laisse exprimé sa rage. C'est ainsi que les plus fous ont vu le jour. Je ne parle pas des tyrans, empereurs ou rois qui vivent dans la luxure de l'argent et du pouvoir, non, je parle de ces petites gens qui vivent dans les grandes villes, ceux qui traînent dans la misère -Est-ce pour cela que certaines femmes sont surnommées ''traînée ?''- ou qui ne vivent même pas sous un toit, ceux pour qui la vie n'a jamais été une partie de plaisirs, ceux qui s'usent le corps au travail et qui ne parviennent néanmoins pas à subvenir à leur besoin -ou à peine. Ces gens, tellement haineux envers la société qui, un jour, cèdent à la tentation du mal, celui de l'illégalité. Meurtres, violes, incendies, sadisme, tout est bon pour faire passer son message, au point de bafouer le respect à autrui et même la religion. Mais après tout, qui a commis les plus grands massacres, les plus grandes guerres ? Ce sont bien les croyants non ? Qui persécute qui ? Ce sont bien les catholiques qui veulent la mort des protestants, et pas les riches qui veulent la mort des badauds ivres dans les bas quartiers qu'ils ne vont même pas visiter. Alors à quoi bon rester fidèle à un dieu qui n'a créé que le sang et la chair ? Ainsi donc, même les plus grands tueurs peuvent prier en tout impunité. Si ce n'est pas beau... Néanmoins, ces gens devenus criminels étanchent leur vengeance dans leur crime jusqu'à mourir de leur bêtise, ou finisse enfermé dans leur geôle. C'est un mauvais choix, mais une deuxième catégorie de gens existe.

Parfois, quand la vie nous joue un mauvais tour, on s'enferme sur soi même et on subit, croyant que cela passera. Ce sont généralement les plus faibles qui décident cela, ces gens qui ont trop peur de s'insurger et préfère déambuler dans les rues avec comme but de survivre que revendiquer leur mal, leur maux. Ces gens n'avaient eux non plus eux la vie facile, mais généralement avait en plus subit des brimades ou moqueries les rendant pathétiques pour eux même. Roulés dans la boue. Même les plus grands de la société peuvent être renfermés sur eux même, moins, mais tout de même. Ces gens, d'ordinaires, essayent d'être le plus courtois possible, même avec leur détracteur en pensant à un traitement de faveur... et leur naïveté tend généralement à leur perte. Luna était le mélange subtil de ces deux personnalités de personnes brisées. Mais Filrahen ne le savait pas, ou alors juste en partie.

Cette robe la rendait éclatante, brillante, une perle rare. Et pas seulement de ses formes, mais par sa beauté. Le tailleur se fichait du corps en lui même en fait, petite, grande, grosse, maigre, plate, gâtée par la nature, amputée, jamais cela ne lui avait posé de problèmes. Mais par contre, un visage doux, une coiffure élégante se mariant avec ses traits, ça, oui, ça ça lui plaisait. La vampire mariait les deux, elle avait beaucoup de chance, du moins c'est ce que pensait le lycan, nous dirons, nous, qu'elle a de la chance dans son malheur. Elle semblait hésiter. En même temps, il était un parfait inconnu, ne la connaissait que depuis quelques minutes et ne savait rien d'elle. Hormis le fait qu'elle avait les dents longues. Elle s'approcha, presque timidement. Son pétrifiant regard bleu le pénétra de nouveau. Pétrifiant ? Pourquoi ? Car ce sont deux globes azuréens dignes des plus grandes succubes de l'histoire. Et même plus encore. Sur ses lèvres, sa langue se déplaça. Un frisson le parcourut, comme si elle allait le dévorer. Elle parla mais cherchait ses mots, semblait perdue. Et plus encore. Mais le tailleur était prêt à tout entendre, il n'avait pas peur, mais il était curieux. Finalement, elle le traîna jusqu'à une pièce d'ordre, d'ordinaire, privée. Toujours attiré par la curiosité qu'elle laissait le long de son chemin, Filrahen s'assit à ses cotés pour en savoir plus, accoudé d'un bras à la table de bois brut. Quoique... Était-ce la curiosité ou simplement le charme de ses yeux qu'il ne voulait pas quitter ? Ses pupilles étaient fatales. Sa voix lui fit décrocher et il fixa plutôt son sourire et sa bouche remuante qui lâchait quelques mots dans ses oreilles, de sa voix agréable. Un sourire gêné marqua le visage du lycan, il était peu habitué aux compliments. A ses excuses, il hocha la tête de gauche à droite pour dire que cela ne le dérangeait pas. Le magasin avait été fermé à son arrivé mais elle avait du oublier. Qu'à cela ne tienne, ils seraient bien mieux assis ici. Elle parla et le poignarda à nouveau d'un regard bleuté. Enfin il allait tout savoir, la quête de la vérité. Soudain, il ne fut pas poignardé du regard, mais en plein cœur. Il était maintenant empli d'un dégoût, mais pas envers elle. Il avait bien compris mais murmura après s'être éclairci la voix :


« Ne me dites pas que vous parlez de ce que je pense... ? »

Il baissa les yeux vers le sol. Pourquoi une jeune femme aussi belle, magnifique et qui maîtrisait la langue aussi bien -pour ce qu'il en avait ouït du moins- en était réduit à cela ? Le besoin d'argent ? Ou alors... prise sous le joug de quelqu'un ? Il avala sa salive avec difficulté, une boule à la gorge. Maudite soit la vie. Il se leva en silence et marcha doucement vers un petit meuble contre un mur, en sortant une petite coupelle de fruits rouges et repartit s’asseoir en posant les mets sur la table entre eux deux. La vie est dure et injuste. Il lui prit la main et la regarda d'un air grave dans les yeux, son visage s'adoucissant un peu à sa vue.

« Mademoiselle Scarlance. Puis-je vous appeler Luna ? »

Il secoua sa tête comme pour se remettre les idées en place, continuant de tenir sa main, douce.

« Je... je suis désolé et triste. Cela ne doit pas être facile et vous devez avoir vos raisons, même si je pense que vous n'avez pas forcément choisie. Si c'est une question d'argent... je peux vous aider je... hum... »

Il marqua une pause.

« Si c'est pour une autre raison... je suis sur qu'il y a un quelconque moyen de vous sortir de cet enfer. Je le vois bien que vous n'aimez pas votre condition, on ne pleure pas pour rien. Vous êtes si... »

Il passa sa main sur sa joue, l'effleurant du bout des doigts.

« Si belle... Vous méritez la noblesse... et de loin. Je vous offre la robe, ne vous en souciez pas. Souciez vous de vous.... vous devez avoir assez de problèmes... »

Maintenant, son visage avait une toute autre émotion, c'était la peine, la déception de la vie, l'attendrissement. Il soupira et prit une framboise et une fraise qu'il mangea doucement. Il avait envie de taper sur la table pour se calmer mais tout ce qu'il fit, c'est passer sa main dans sa crinière de neige.

Parfois, quand la vie nous joue de mauvais tour, nous n'avons d'autres choix que de continuer à vivre dans la tourmente et la peur du lendemain. Et si le bonheur n'est qu’éphémère, qu'il soit existant dans la vie des gens. Il est parfois difficile de vivre, c'est pour cela que certains cherchent la mort. Mais quand l'age ne nous tue pas, quand la douleur pour mourir doit être si vive qu'elle est intenable et qu'il en faut le courage, le suicide n'est pas une option mais un mythe. La vie est trop important, Filrahen le sait. Il a préféré choisir la vie en tant que le lycan que la mort en tant qu'humain bafoué. C'est sûrement pareil pour la vampire... C'est alors que quelques vers vinrent à la bouche du loup.


Mon ami la destinée est cruelle
Il n'existe ni rêve ni honneur
La flèche a quitté l'arc de la déesse
Mon âme rongée par le désir de vengeance
A vécu dans la tourmente mais s'éteindra
Avec mon salut
Et ton sommeil éternel

Il leva les yeux vers elle.

« Loveless. Acte IV. »




(Loveless ©️Square Enix)

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Dernière édition par Filrahen Coral le Mar 30 Aoû - 20:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Ven 26 Aoû - 18:00

Etrangement, la révélation fut moins ardue que ce à quoi elle s’attendait. Son essence lui criait de s’abandonner à la restriction. Son corps, tremblotant refusait qu’un être qu’elle connaissait à peine ne puisse réaliser l’étendue de sa versatilité. Combien de fois avait-elle douté de sa crédibilité ? Mais surtout, de sa capacité. Celle d’oser bafouer l’interdit, la censure inébranlable qui avait été instaurée afin de préserver l’innocence de tout être. Les rêveurs pouvant alors s’adonner à leurs rêveries sans que les bassesses et corruptions du monde de la nuit ne viennent perturber leur béatitude si …Pitoyable. Comme il était risible après tout de bercer les esprits par des mots enchanteurs, des superficialités accablantes et dénuées de bon sens. Que fallait-il faire ? Laisser la vie suivre son court, empêcher la vérité d’être dévoilée pour qu’un malheureux jour …Une âme innocente ne découvre les réelles immondices de la vie, les secrets si bien gardés, les vices incontournables de l’homme. Elle-même était l’indéniable reflet du libertinage sibyllin de l’essence purement humaine. Dissimulant son legs, et s’enlisant dans les abysses de l’inconduite, de la perversion, du péché et de la tentation. Elle en était même venue à se demander si l’homme pouvait être autre chose qu’un animal se voilant la face, et laissant ses pulsions primaires déverser leur torrent d’animosité dans le moindre réceptacle prêt à s’offrir pour un peu ou beaucoup d’argent. Alors oui, de quoi vivre, de quoi manger, cela assurait l’un autant que l’autre…Comment le nier ?

Futile, impossible. Fuite. Faciès mensonger, canines rétractées, formes dissimulées sous l’étoffe maculée…Observée, dévisagée par ces calots fureteurs. Avides de révélations ankylosantes. Tel la sangsue agglutinée à sa cataracte de narcotique, buvant l’ichor veineux à gorgées amples et langoureuses. Sirotant la vie avec concupiscence, laissant l’excitation, la fomentation de la lubricité engourdir les sens …Le curieux est vampire d’assouvissement…L’incube de l’aliénation, assiégeant la cible d’interrogations…Par un simple regard lancé impétueusement, par une innocente élocution brisant la quiétude pour y implanter l’amertume. Et quand le tourmenté a quelques atouts à offrir, en plus de l’assaillir de supplices, les dextres de l’émoustillé se plaisent à entamer quelques pérégrinations tactiles. Suivant les contours de formes frémissantes – d’angoisses et d’injustice – mais soumises malgré l’envie s’opposant…La volonté criant à l’aide à l’audace. Seulement celle-ci s’est refoulée…Car l’esprit…A peur. S’enferme, s’enfuit, laisse son hôte n’être que la carapace inerte prête à accueillir les moindres convoitises. Perte. Impuissance. Obédience. Reine de la nuit. Synonymes ou simples mots ravageurs ? Tant qu’ils ne sont que mots dans la bouche de certains…Ils demeurent, véracités dans celle d’autres – moins intrépides. Quel intérêt à présent ? La confidence faite… Retourner en arrière n’est plus possible. Cœur dévoilé. Attendant les mots peut-être mortifiants, peut-être lénifiants. Mais pas la pitié…Non…Pas de pitié. Car la pitié se mérite, et en cet instant d’aphasie pesante, aucune pitié n’est acceptée.

Il ne s’attendait pas à cela. Qui s’attendait à cela ? Qui oserait s’attendre à cela ? Sincèrement, aucune âme ne pourrait décemment imaginer pareilles choses en voyant simplement une jeune femme maculée de sang pénétrer dans une boutique de vêtements. Elle venait sans doute de le dégoûter…C’est ce qu’elle cru ..C’est ce qu’elle redoutait. Elle le vit, taciturne, se diriger vers un meuble sans la considérer, après avoir manifesté son étonnement à voix haute. La laissant là, dans l’incertitude, anxieuse, honteuse, dévastée. Elle se tut, s’apprêtant presque à s’enfuir furtivement…Pourquoi ? Pourquoi ne répondait-il pas ? Qu’allait-il prendre dans ce meuble ? Elle l’observa attentivement, tenter de garder son calme, de dissimuler ses tourments. Et, presque inespérément, il se retourna vers elle. Tenant un réceptacle empli de fruits rouges dans sa main. Les prunelles de la jeune femme s’illuminèrent. A la fois à la vue de ces fruits qu’elle appréciait depuis si longtemps et qu’elle n’avait plus mangé depuis une éternité…Mais surtout en voyant qu’il ne fuyait pas. Indubitablement hébété, elle ne parvint à articuler un quelconque mot de remerciement pour cette attention, elle se contenta de rester là l’observer silencieusement. Le voyant saisir sa main, le regard empli d’empathie, de sympathie. Alors la question qu’elle redoutait arriva…Pouvait-il l’appeler par son prénom ?…Elle hésita - réminiscences affligeantes - puis hocha la tête sans dire mot. Elle n’avait point le droit de l’accabler avec ses déboires les plus intimes, elle s’appelait Luna, à quoi bon renier son propre prénom … ? Puis, ses mirettes toujours fixées dans les siennes, elle continua de l’écouter…Ses paroles…Etrangement, étaient aussi justes que fausse. Elle avait en effet besoin d’argent, comme tout le monde. Mais elle refusait de se soustraire à en demander sans offrir quoique ce soit en retour. Sa condition…Aussi libertine soit-elle…était devenue sa vocation… Si souvent traitée avec vilénie, si souvent dénudée, salie…Cela, ne lui faisait plus rien…Elle ne détestait même plus cela. L’impassibilité était sa plus grande amie.

Attendre que ça passe. Que ça se finisse. Supporter. Occulter ses sens et ses perceptions, sa sensiblerie, son amour propre et ses envies les plus profondes. Penser au fruit du travail accompli. La récompense. Simplement. Et c’est tout.

Les songes étaient intenses et exténuants à côtés de ses paroles doucereuses. Elle lisait bien dans son regard, l’honnêteté et la tendresse. Mais elle se refusait à croire….Que même lui, cet homme si bon, et attentionné, ne se laisserait point harponner par les dextres habiles des tentatrices…Les fragrances ankylosantes de dermes dévoilés….Les frivolités si plaisantes qu’aucun homme ne saurait renier…Rejeter …Repousser si ces dernières lui étaient offertes sur un plateau d’argent. Telles des pitances célestes, le gibier appelant le prédateur et s’offrant à lui, certes étonnement , mais délicieusement. Il y avait là une évidence si connue. Si narrée. Si prouvée. Qu’elle ne put écouter ses derniers mots avec un sourire de contentement et … D’incrédulité. Il parla d’abord de lui offrir la robe. Anxieux, se voulant généreux sans doute, proposant son aide et sa bonté si elle désirait les lui arracher. Mais elle ne voulait pas…Elle ne voulait pas que l’on s’attarde sur sa personne, elle refusait que l’on se sente de la sorte obligé de l’aider en apprenant sa condition…C’était sa faute, et uniquement sa faute, si elle en était là. Personne n’avait à se reprocher à sa place le futur qu’elle s’était forgé. Jamais elle n’avait souhaité cela, mais maintenant qu’elle y était…Elle ne parvenait même plus à s’imaginer autrement…Comme si, en arrêtant, c’était une partie d’elle qu’elle perdrait…Hilarant paradoxe qu’est celui de redouter la perte de son fardeau…Qu’importe ; Une main vint caresser sa joue, gentiment, accompagnée de paroles affables – à sa grande surprise, elle ressentit la douceur et fut apaisée au contact de cette main masculine…Chose qui jamais…Ne lui était encore arrivé. Et, vinrent ensuite, quelques vers . Se déversant depuis les lippes du loup qui se tenait en face d’elle, des mots raisonnant parfaitement. Des mots véridiques. Qui semblait étrangement écrits pour elle….Pour ceux qui côtoyaient les vices et déviances…Ses prunelles, captivées, ne permettaient à aucun son de sortir de ses lèvres. Elle était figée, le souffle presque coupé. Elle le regardait…Perdue dans des songes obscurs…Les mains ballantes le long de la chaise…La poitrine quasiment immobile. Ses yeux se fermèrent pour permettre à une larme de couler le long de sa joue, puis de s’écraser sur sa clavicule et continuer de ruisseler le long du galbe de son sein pour disparaître dans l’échancrure de son décolleté…Laissant une traînée humide sécher peu à peu…Juste le temps qu’elle retrouve ses esprits.

Je refuse d’y croire.

Ses calots s’ouvrirent soudainement. Se redressant, elle prit un fruit et le mena à ses lèvres. Le croquant, elle laissa la sapidité envahir sa bouche et stimuler ses papilles, puis, après l’avoir avalé, elle s’approcha de lui en se penchant. Posant ses mains contre le rebord de la chaise entre ses jambes, sa position resserrant la séparation de ses convexités, à peine visibles mais juste assez. Plus près, elle arbora un sourire mystérieux, et lui répondit, d’une tonalité qui laissait prôner le doute sur ses véritables intentions.

« Luna, à votre guise. Filrahen, pour moi, échange de bons procédés si j’ose dire. » Son sourire étira ses lippes plantureuses plus encore, et elle continua. « Vos attentions sont honorables… Mais je ne suis pas à plaindre, ou peut-être que si … Mais si la vie m’a conduite à de pareils …Passe temps ? …Peut-être l’ai-je un peu mérité, qui sait ? » Elle se redressa, et se leva, tout en prenant un deuxième fruit, cette fois une fraise, succédant à la framboise. Marchant lentement, elle le contourna, sa robe l’effleurant, et déambulant de manière féline, comme elle l’avait fait un peu plus tôt en se déshabillant , elle vint se placer derrière lui, et posa ses mains sur ses épaules délicatement. Son buste s’affaissa ensuite, afin que son faciès se retrouve prés de l’oreille de l’artisan, ainsi placée, elle chuchota au creux de son oreille d’une voix posée. « Cependant…Je refuse de croire entièrement à votre…Hum disons…Empathie, Filrahen. » Ses mains glissèrent le long de son torse, et bientôt, elle l’entourait de ses bras, la poitrine contre ses omoplates, la fraise toujours dans la main. « Qu’en pensez-vous … ? » ajouta t-elle, de façon provocante . La main portant le fruit remonta, graduellement, le long de son torse, et vint se positionner en face de sa bouche. Puis, doucement, un doigt vint presser sa lèvre inférieure et elle plaça la fraise à l’entrée de sa bouche entrouverte. Un souffle amusé s’épancha de ses lèvres alors qu’elle revenait en face de lui, penchée, son visage se rapprochant du sien, elle mena ses lèvres jusqu’aux siennes sans les toucher et croqua l’autre moitié du fruit avant de se relever et de l’avaler en passant sa langue sur ses lèvres tout en s’asseyant de nouveau sur sa chaise – une jambe au dessus de l’autre.

« Vous voyez ? Je suis irrécupérable. Toujours envie d’offrir la robe, Filrahen ? »


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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Lun 29 Aoû - 14:24

« Filrahen ! Filrahen ! Tu veux jouer avec moi ?
-Eh non ! T'es une fille ! J'aime pas les filles ! »


Hilarant quand on y repense. Un enfant ne mesure pas l'étendu de sa bêtise... Et pourtant, le lycan aurait eu de quoi s'amuser, plus jeune. Fils de paysan et plutôt taquin, il fuyait le travail à la ferme pour s'amuser en ville ou dans la nature. Ainsi, la plupart des enfants de son age qui se baladaient était des filles... Et il préférait jouer avec des garçons. D'une part parce qu'il jouait avec son frère jumeau le plus souvent, d'autre part parce qu'il faisait des activités plutôt dangereuse et ''physique''. Mais même les plus masculines étaient rejetées de ce môme. Ce n'est que plus tard qu'il comprit l'importance féminine. Et ses erreurs. Mais il était trop tard, et ainsi, jamais il ne connut l'amour. Quand au désir de la chair, il avait réussit à l'atteindre une fois mais les circonstances nocturnes firent qu'il ne se souvint pas de l'entièreté de la chose. Pire encore, la faim avait tiraillé son loup par la suite et la sentence ne s'était faite attendre. Au réveil, il avait pu assister à un spectacle assez moche. On apercevait une grande griffure de sa hanche droite à l'épaule gauche qui lui avait détruite deux cotes. Ses yeux exorbités étaient contrastés par une morsure au crane qui avait fait couler du sang sur sa peau. Enfin, ses jambes brisées avaient été torturées et on pouvait voir un bout pointu du tibia qui transperçait sa chair, sa peau, et ressortait à l'air libre. Une scène exquise pour un psychopathe, troublante pour quelqu'un qui pensait pour avoir l'ultime plaisir humain sans être dérangé. Mais la lune en avait décidé autrement.

Aujourd'hui, il faisait jour. Rien n'allait perturber son entrevue avec la vampire... à part son charme peut-être ? Peu importe. Il pourrait bien y résister... Après tout, il avait déjà vu de splendides jeunes femmes dans son magasin et avait du serrer leur corset, ainsi à sa merci, et ne s'était pas jeté dessus comme un animal en rûte -un loup. Mais... elle... elle était différente. C'était peut-être parce qu'elle avait les dents longues, ou peut-être parce que son visage avait tout pour plaire... surtout ses grands yeux reflétant la mer calme et sans écume, le ciel doux et sans nuage, un iris magique perturbé par une pupille, un disque noir, une tache au milieu d'une étoffe. Ou ses cheveux, longs et fins, on aurait dit de fins fils prêt à se casser si on les remuait, et leur teinte, magique, rosé comme une Guzmania, dont les pétales viennent de voir le jour, la lumière du soleil. Mais en plus de ça, elle avait un petit quelque chose en plus... Amer de la nouvelle qu'il venait d'apprendre, il essayait d'imaginer les multiples scénarios qu'elle aurait pu rencontrer dans sa vie pour tomber aussi bas dans l'échelle sociale. Et malheureusement, son imagination n'allait sûrement pas être suffisante. Il avait un goût amer dans la bouche et la gorge sèche. Était-ce l’aveu de Luna, ou la groseille qu'il venait de manger ? Dans tous les cas, son histoire l'avait touché.

Dans le morne silence de l'agonie de ses paroles flottantes, citation illustrant parfaitement la situation, Luna semblait digérer ses mots. Au bout d'un petit temps, elle se leva, sans un bruit, sans un son. Sa bouche s'ouvrit mais non pas pour dialoguer avec le tailleur, mais pour quérir le goût d'un fruit. C'est alors qu'elle se pencha vers lui, et le tailleur se colla à son dossier, avalant sa salive en ne sachant pas trop ce qu'elle avait prévu. Le sourire aux lèvres. Mais... pourquoi souriait-elle à la suite d'une annonce pareil ? Elle était folle ? Non... sûrement pas. Juste... troublée ? Mais enfin elle parla, sa voix calmant le tailleur, reposante. Qu'elle le nomme par son prénom ne le gênait pas, et il répondit à sa requête par un simple haussement d'épaule. A sa seconde phrase, Filrahen voulut répondre mais il ne dit mot. Elle se déplaçait déjà et était curieux de voir ce qu'elle dire encore, ou comment elle allait agir. Si la succube allait faire l'un ou l'autre. Et elle s’exécuta, le tailleur tourna lentement la tête pour la suivre du regard même si, involontairement, c'est sa croupe se déhanchant qu'il suivit. Il n'était pas vraiment comme ces voyeurs qui appréciaient regarder les formes abusivement des jeunes demoiselles, d'une part parce qu'il était plutôt le genre d'homme à apprécier un doux visage, mais aussi car il trouvait cela indécent. Une fois dans son dos, il soupira sans bruit et ferma les yeux l'espace d'un instant, la sentant se rapprocher. Ses épaules reçurent de douces mains sur elle, puis elle approcha sa délicieuse mine et murmura à son oreille quelques mots. Elle ne le croyait pas entièrement disons... sympathique envers les inconnus ? Pourquoi donc ? Il n'avait aucune raison d'être désagréable et de la tourmenter encore plus qu'elle n'est. A ce moment, le loup qui sommeillait en lui et qui, étrangement, ne s'était pas manifesté encore, surgit discrètement, prêt à agir au cas où elle aurait voulu le mordre par exemple. Autant l'humain qu'était le propriétaire des lieux n'avait rien contre les vampires, autant la rivalité entre vampire et loup semblait ancré dans les gènes de certains. Le tailleur était bien mal bien maintenant qu'elle l'enlaçait ; il devait faire face à un loup et au charme d'une succube. Elle demandait ce qu'il en pensait... Le temps de remettre en place ses pensées et de réfléchir, elle lui bloquait la bouche avec la fraise. Frémissement. Doux goût juteux dans la bouche. Toujours collé à son dossier et crispé, il la vit voler le fruit avec ses lèvres. Il se détendit une fois sur la chaise en face.

Ses paroles suscitèrent un rire au lycan. Il déglutit et se leva, commençant à passer à coté d'elle pour entre-prendre le tour de la table en parlant :


« Je ne vous connais pas assez, Luna, pour savoir si vous avez mérité ce qu'il vous arrive. Et étant vampire, je ne peux pas savoir depuis combien de temps vous faites... vivez cela. » Il sortit deux verres qu'il fit glisser sur la table, s'entre-choquant avec le petit plat de fruit mais se plaçant presque bien. Il sourit un instant content de lui avant de reprendre, tournant à nouveau autour de la table. « Mais sachez que... non... faut-il une raison pour aider quelqu'un ? » Il la fixa, plongé dans son iris azuréen, le visage attendri et en même temps froncé. Après un petit temps il reprit sa route. « Vous pouvez avoir été marqué par des années de... ''travail''... et avoir pris des habitudes inconsciemment. Moi même, je ne suis tailleur que depuis plusieurs mois et maintenant j'analyse les vêtements comme jamais... donc... pour vous répondre... oui. »

Évidemment, il répondait à la question de la robe. Il se pencha pour ouvrir un petit meuble et sortit deux bouteilles. Une première, de vin, et une deuxième, de jus de pomme. Il finit son tour pour atteindre son siège et posa les bouteilles à coté des verres. Il ouvrit la bouteille de vin et se remplit un verre puis la regarda à nouveau :

« Vous pouvez tout à fait vous défaire de l'emprise que votre... métier a sur vous. Luna... croyez moi. Même vos numéros de charme... peuvent être oubliés... Pourquoi ne pourriez vous pas ? Vous... méritez bien mieux... Luna. » Il releva son regard qui s'était assombrit vers son verre, plongé dans le liquide foncé. « Vous avez soif ? Vin, si vous aimez les breuvages alcoolisés, ou jus de pomme dans le cas contraire.. »

En attendant sa réponse, il la dévisagea de nouveau, de bas en haut. La robe lui allait vraiment très bien. Bien mieux que l'ancienne, tache de sang, ou pas. Le loup en lui était sur ses gardes, il pouvait s'élancer sur sa jugulaire si le moindre geste brutal pointait son nez. Ce lubrique et sauvage animal en lui était désireux de planter ses crocs dans la chair tendre de la vampire, de s'abreuver de son sang et de la dévorer, de briser sa nuque sous sa mâchoire, et de profiter de son corps. Oui... il était fou... et heureusement que Filrahen le tenait en laisse... Une fois Luna servit du liquide qu'elle désirait, il attrapa son verre et enfouit dans sa gorge une partie du contenu de son verre, ne cessant de l'observer.

« Voulez vous m'en dire plus sur vous... ? »


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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Dim 18 Sep - 16:41


« Et combien donnerais-tu donc….Pour de telles obscénités ? »

Après tout…Si cela peut rapporter plus qu’usuellement….

« Une sacrée somme. La plus scandaleuse. La plus délicieuse. »

Ah…Vraiment ? Scandaleuse…

« Hmmm…Cela mérite réflexion… »

Je ne veux pas….

« Ne prends pas trop de temps. Je ne puis attendre indéfiniment…Pense à l’argent. »

Il dit vrai… Fin manipulateur qu’il est.

« …Irais-tu donc assouvir tes envies ailleurs si je me refusais à toi ? »

Rien que pour voir …

« Comment le pourrais-je … ? Tu as tout ce qu’il faut pour me satisfaire.»

Sans doute… Qu’il en soit ainsi.

« Hmm… Suis moi…»

Puisque je ne suis « bonne qu’à ça »…

Chambre abandonnée. Porte entrouverte…Une jambe s’aventure au dessus d’un buste. Joignant les structures, d’un bassin incandescent, à l’autre, provoquant. Entamant la chorégraphie qu’elle connaissait par cœur. D’abord…Le regard. Calots pointés en direction de la cible…Décidé, charmeur…Envoutant, tentant. Pupilles enflammées…Appelant leurs consœurs dans cette parade menée de la façon la plus aguerrie. Paupières, fermées, s’ouvrant par intermittences. Ouvrant la porte des abysses délectables…De profonds désirs…D’animosité… Puis elles gagnent le premier tour…Une victoire assurée. Lorsque les yeux sont conquis…Ce n’est plus qu’une question de temps. Il faut ensuite les divertir. Offrir au tactile le plaisir du visuel. Mais se faire languir… Attendre… Donner quelques convexités à des dextres fureteurs. Mais seulement celles qui demeurent dévoilées entre les étoffes soigneusement enfilées. Puis…Permettre un périple. Caresses longues et lentes –torture- sempiternelles. Intenables pour l’un… Foutaises pour l’autre. Et pourtant….Ca n’est qu’un pittoresque début. L’amorce innocente, ou seulement les dermes se découvrent , apprennent à se connaître – ils s’oublieront aussitôt, mais pour un fugace instant, ils sont les plus fiévreux carcans – et qu’importe… Les mains suivent déjà les contours. Peut-on s’échapper de telles sangsues ?…Assoiffées de cambrures… La frénésie s’empare de l’esprit égaré. Frénétique. Chaotique. Dépassé, les doigts s’agrippent, ils déchirent, tirent, appuient, agrichent, pressent…Caressent…Deuxième tour. Nouvelle victoire. Nouveaux supplices. Les cambrures s’épousent, se répondent. Des gouttes et des gémissements qui se perdent dans les airs, pour se rejoindre aussitôt, s’écrasant et imbibant les couvertures peu à peu…Froissées….Peu à peu…Imbibées. Follement étirées. Souffles pressés… Larmes dissimulées, bien vite essuyées d’un geste habitué. Tandis que l’acharnement se poursuit. Le rythme, oppressant ne cesse de jalouser les symphonies..Qui s’emportent, s’enhardissent au fur et à mesure qu’elles se déchaînent. La bête humaine à son apogée profite de sa récompense, se délecte de sa pitance. Oh combien savoureuse. Exquise peau rosée. Succulence, dômes plantureux… Tout est connu, déjà observé et testé, mais rien n’y fait, tout se voit de nouveau découvert. Et la soif de connaissances, accrue, ne cesse d’ankyloser la sagacité. Sagacité vaincue. Hyperthermie, fomentation….Exhortation. Les sens explosent…L’ôte ne tient plus … N’attend que son répit …Elle souffre. Qui s’en soucie ? Pas lui. Le visiteur s’émule, il aime, à en perdre la raison, à en tuer la corruption. Troisième tour. Dernier tour. Tu te croyais déjà débarrassée ? Espoir fou… L’énergie décuplée en vient à briser le sommeil du démon trop longtemps contenu. Eveil douloureux. L’appétence devient violence. Inévitable fin, si souvent redoutée…Car trop longtemps supportée…Toutes ces fois les mêmes. Sans exceptions. Elle se ressemblent, se correspondent sans cesse…Jamais…Jamais…Il n’y eut une fin supportable, un ébat agréable. Juste. Juste des douleurs. Des stigmates infernales. Griffures, blessures, meurtrissures. Aliéné, et éprit du corps offert…Une fois souillé – c’est bien connu – il faut le marquer. Marquer de son empreinte ce que l’on a possédé. Traumatiser, prendre, et s’enfuir. Ne pas oublier de payer. Bien sûr. C’est bien mérité. Ca mérite bien cela. Ca git dans un coin, ça agonise sur un lit. Ca n’est bon qu’à ça. Ca a bien divertit. Que ça puisse recommencer une autre fois…Alors ca doit rester en vie. Car ça sert à ça. Sinon, ça doit crever.

La porte claque. La noirceur persiste.

Et je tourne ma tête...

L’argent et là.

C’est bien…Tu as bien travaillé...

Il doit y avoir plus de six cents francs éparpillés. Petite fortune corrompue.

*
*
*

Ils passaient dans ses doigts…Passaient puis repassaient..Les billets se glissaient, se tortillaient…Chiffonnés. Tandis qu’il parlait. Tandis qu’il souriait. Tandis qu’il offrait à boire. L’argent sale. L’argent mauvais. Une partie de cette fameuse liasse de billet qu’elle avait amassé en trouvant un Noble accoudé à une table et prêt à lui offrir la plus odieuse des sommes pour qu’elle lui offre….Un petit moment de plaisir. Rien que la palpation de cet argent entre ses doigts, suffisait à lui rappeler…Chaque seconde de ce qu’elle avait dû endurer pour l’obtenir. Mais…Elle se taisait. Silence douloureux. Et… Elle l’écoutait…Cet homme…Filrahen Coral…Et toujours, elle se perdait presque à le contempler…Cet être aimable et bon perdu dans un monde si faisandé. Connaissait-il l’ampleur de sa détérioration ? Etait-ce à elle de lui narrer les nébulosités d’une vie…De sa vie ? Pourquoi devrait-elle faire pareille chose ? Pourquoi devrait-elle emplir l’esprit d’un homme honnête…De luxure…De sang…De souillure et de folie. Son passé à lui suffisait. Car elle lisait, derrière ces traits emplis d’affabilité, les souvenirs que tout être souhaiterait oublier. Le marbre le constituait-il ? Pour la première fois depuis qu’elle savait envouter un homme…Pour la première fois, elle n’avait pas récolté le fruit de ses provocations. Ce qu’elle avait fait –loin d’être les pires choses qu’elle puisse faire- n’était pourtant pas inscrit dans les codes de la bienséance …Dogmes à respecter, à suivre, lorsque l’on rencontrait une personne. Elle le savait. Il le savait. Mais il n’avait pas réagit. Il aurait pu s’emporter…Se sentir outré d’être ainsi traité, lui qui, dans sa gentillesse démesurée, lui offrait même la robe qu’elle avait choisie…Un ouvrage qu’elle savait précieux…Et qui avait dû lui prendre plus de temps qu’elle ne l’imaginait. Mais pourquoi…Pourquoi Ne pouvait-elle accepter ? Toute autre femme à sa place aurait sauté sur l’occasion. L’occasion de voir trôner dans ses accoutrements, un joyeux tel que celui-ci…La folie se serait-elle complètement emparée de ce qui restait encore de sa raison ? N’était-elle-même plus capable d’interagir normalement avec les êtres…Normaux… ? Elle se désespérait…La pitié et le désarrois qu’elle éprouvait envers sa propre personne était sans comparaison . Elle se sentait à la fois coupable…D’avoir osé lui montrer…Ne serait-ce qu’une parcelle de sa dépravation…Mais aussi…Elle mourrait d’envie de recommencer, car elle ne pouvait admettre qu’un homme puisse se montrer compréhensif…Attentionné…Respectueux. Pour elle cela n’existait qu’en rêve. Son conte de fée personnel…Sa petite espérance de désillusionnée.

La réalité parfois clémente semblait se mêler étrangement aux rêves les plus fous en ces instants si inaccoutumés. C’était délicieux. A vrai dire…C’était exquis…Ces instants d’accalmie…Mais pour elle…Cela présageait bien pire. Elle sentait, qu’un moindre faux pas..que la moindre provocation qu’elle mènerait contre lui … Déclencherait une réaction du loup à la hauteur de ce qu’elle tenterait. L’instinct vampirique ne trompait pas. Mais elle n’était pas dans cette optique là. Seule l’humaine en elle désirait une véritable réaction…Refusant de croire à tant de bonté… Refusant d’admettre que depuis tout ce temps…Si prés d’elle, à quelques rues de cette Maison Close…Bastille de sa vie…Se trouvait un homme capable de la traiter avec respect. Cela la rassurait…Et pourtant…La contrariété l’envahissait. Alors…Après l’avoir écouté attentivement…Après avoir cent fois fait glisser les billets entre ses doigts, elle les replaça dans l’échancrure de son décolleté…Là où habituellement, elle les gardait…Et elle le rejoint. S’avançant doucement tout en fixant les nectars proposés…Le vin, son alliée la corruption, ou le jus de pomme, son ennemie la restriction ? Choix peu évident. Elle ne parvint à répondre, son âme vacillant entre deux pinacles de sa vie. Deux choses qui ne cessaient de revenir sans cesse et dans n’importe quels contextes… Elle leva les yeux vers lui, et posa sa main sur la sienne délicatement. Son faciès plus doux, et ses lèvres étirées en une risette agréable.

« Filrahen, le jus de pomme pour moi ? » Plaisanta t-elle. « Allons…Drôle d’idée. » Continua t-elle. Puis elle désigna la bouteille de jus de pomme au final. « J’aime les nouveautés.. Merci à vous de m’offrir à boire…Je ne sais pas si je l’ai mérité… » Elle se tut un instant et attendit qu’il remplisse son verre. Après l’avoir remercié, elle but le contenu sans plus attendre, trouvant agréable la sensation que procuraient le sucré et l’acidité de la pomme lorsque le tout se déversait dans sa gorge et inondait ses papilles. Le verre ne tarda pas à rejoindre la table, et son regard revint capturer celui de l’homme. Lorsqu’ils étaient debout, elle le trouvait plus intimidant…Sa taille sans doute y était pour quelques chose. Mais cela ne l’empêcha pas de se rapprocher de lui jusqu’à ce coller de nouveau outrageusement à sa structure. Finalement, la culpabilité vaincue, avait laissé place au désir de voir le seul homme qui l’avait épargnée et respectée, réagir à une de ses taquineries. « Mes numéros de charmes font partie de ma façon d’être. Lorsque vous êtes depuis petite agglutinée aux mœurs…et… déviations en tout genre, Filrahen, il est difficile…De devenir une femme bien sage…et normale… » Un voile de tristesse passa dans ses mirettes, sans que ces dernières ne quittent les siennes, elle avança encore jusqu’à ce qu’il soit contre la table et elle contre lui. La tête levée vers lui . « Dites moi…Est-ce la peur de la provenance de mon argent qui vous effraie…Ou ma condition réelle qui vous pousse à m’offrir la robe ? Je suppose que c’est un cadeau. Habituellement j’offre aussi quelque chose quand je reçois quoique ce soit… » Ses mains parcoururent son buste, ses prunelles céruléennes toujours plongées dans les siennes, un sourire se glissa au coin de ses lèvres. Puis, se fichant de tout…comme à son habitude… Pourquoi se trahir… ? …Elle se redressa , plaçant ses bras autour de la nuque de l’artisan, ne lui laissant point le temps de réagir s’il le désirait, elle congloméra ses lèvres aux siennes. Déposant sur ces dernières, un baiser simple… Baiser dont elle-même ne connaissait pas vraiment la signification. Une simple envie ? Une provocation ? Un remerciement sincère ? Ou juste… Le désir de découvrir la saveur de lèvres ne voulant pas des siennes ? Quoique cela fut…Lorsqu’elle sentit quelque chose d’étrange la parcourir…Elle stoppa immédiatement l’échange, ouvrant ses prunelles – convaincue qu’elle venait de se discréditer pour l’éternité – et murmura contre les lèvres qu’elle venait de profaner. « L’éternité à embrasser de force des lippes sans relâche et c’est seulement maintenant que cela me semble si appréciable…Pardonnez-moi... » Ses bras se retirèrent. Et elle décolla son corps du sien, décontenancée, légèrement chancelante…Dissimulant son visage, perturbé, elle prit la bouteille de vin et remplit son verre à ras-bord avant de le mener à sa bouche et avaler le tout d’une lampée.

Histoire de chasser le trouble qui s’installait.

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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Lun 28 Mai - 22:57

Petit, petit... Allez, réveille toi mon toutou... je suis là. Tu ne me vois donc pas ? Juste là. Exprime tes désirs, montre tes sentiments. Oui c'est cela... ton courage et ton arrogante résistance vont te mener droit à ta perte. Tu ne pourras pas tenir indéfiniment, et il suffira d'une brèche, une seule, aussi infime qu'elle soit, pour que je te brise. Ton cœur partira en morceau, ta conscience se retourna contre ton corps de pantin, et tes gestes deviendront les miens. Tu n'es qu'une marionnette, une marionnette retenu par ses fils, mais il suffit que je prenne en main ces fils et tu n'auras plus aucun droit. Si tu es sage, peut être celui de penser, si tu ne l'es pas, tu auras le droit de voir tout ce que je ferais et en souffrir. Tu es misérable, si je te prenais entre mes mains, mon étreinte serait telle que tu disparaîtrais en son creux. Un jour, si tu atteins ce que j'espère, une rédemption qui te traduira de mon coté, tu seras récompensé. Mais si à l'inverse, toi, misérable outil actuellement, tu continues de te jouer de moi, tu subiras la douleur la plus inconcevable de ton existence. Et peu importe tout le pardon que tu m'adresseras, peu importe tous les pleurs qui tu auras versé sur mes pieds, tu souffriras de mes maux, de cette cage indestructible, scellé au plus profond. Sache que je te hais. Sache que tu n'es rien comparé à moi. Tu penses être plus fort que moi ? Ne te souviens tu pas de ce jour, celui de notre rencontre ? Avant tu étais toi, et uniquement toi. Depuis, je suis là, présent, caché. Je t'attends, je t'épies, je te guette. A la moindre erreur, je prends le pas du ce corps. Et tu penses vraiment être meilleur que moi ? Si c'était le cas, pourquoi gagnerais je du terrain ? Chacun de tes gestes, je les vis, chacun de tes mouvements, je les subis, chacun de tes maux, je m'en délecte, chacun de tes sentiments, je m'en exalte. Ton souffle est le mien. Le sang qui coule dans tes veines, n'est pas propre. Un mélange de toi, et de moi. J'ai goûté à toi, tu as goûté à moi. J'avoue, j'ai été mauvais perdant. Et tu te venges. Mais je ne perds pas indéfiniment. Tu dis que nous sommes différents toi et moi ? Te souviens de notre victime commune ? Oui... ton frère, celui que tu chérissais....

« Assez. »

Un mauvais trouble parcourant l'échine d'un homme, une décharge qui vous rend barbouillé, une pensée qui vous chamboule. La bouteille de jus de pomme avait repris un niveau horizontal. Plus aucun vacillement. Et à peine le verre qui ne lui était pas destiné servit, le loup blanc avait déjà bu le contenu du sien. D'une traite. Le sucre et les arômes de pomme traversait son corps jusqu'à l'estomac. Un quart de la bouteille avait déjà disparu en deux verres. Et la soif le tiraillait encore. Boire de l'alcool... oui. Cela adoucirait le monstre peut-être. Avait-il un nom ? Filrahen ne s'était jamais posé la question. Il y avait de forte chance. Après tout, s'il eut, un jour ou l'autre, une famille ou une meute, il fallait bien le dénommé. Ou était-ce typiquement humain ? Réfléchissons à ça... Pouic ! Plus de bouchons pour cette bouteille. Ainsi mon verre pourra se remplir. Ne soyons pas gourmand. Une petite gorgée pour commencer. Ce que le vin rouge peut être désagréable pour ce sentiment sec qu'il laisse en bouche. Mais c'est sûrement son seul défaut alors faisons l'impasse là dessus. Où en étais-je ? Ah oui. Les prénoms... Qu'est-ce ? Ne pourrais je jamais penser à cette histoire ? Et que fait elle ? L’hôte de ce bâtiment approchait, de sa démarche féline, les hanches ondulants à chaque pas. Si ses yeux étaient bleus comme l'azur d'une mer, ses jambes étaient des vagues parfaites qui s'échouaient sur la plage à quelques centimètres du tailleur. Il la regarda, interloqué, son verre en main droite. De quels maux souffraient-elles ? C'était vraiment étrange, cette tendance à ne jamais rester calme, à toujours sombrer dans la décadence la plus totale. En comparaison, c'est comme si le loup s'amusait à toujours prendre les mesures des gens, à tater la texture des tissus qu'il croisait, même si on lui interdisait. Ces réflexions arrachèrent un sourire au visage de Filrahen. Bref. Le maux avait un nom. L'obsession, l'habitude ou la façon d'être. Ou l'ensemble de ces choses. Mais le sourire s'évapora rapidement en un faciès d'interrogation. Elle était collé à lui, et son regard se portait dans ses yeux, si bleutés. Si.... attirant... Bien sage et normale. Non elle ne l'était pas. Ses yeux devinrent différents une fois ces mots prononcés, était ce une illusion, une simple idée ? Peu de chance.

Et le mouvement du vin se remuait légèrement.

Il avait reculé le plus qu'il le put. Il était maintenant bloqué. Derrière lui, la table de bois brut, de part et d'autre de lui, des chaises. Et en face. Une vampire qui semblait lui vouloir quelques choses. Mais il sentait.... il sentait qu'il n'aurait pas à sortir les crocs. Qu'elle ne tenterait rien d'idiot. Déjà, elle avait de l'estime pour la robe. Donc il y aurait peu de chances pour qu'il soit attaqué ; le sang tache beaucoup, surtout du blanc, elle l'avait su à ses dépends avant de venir. Jamais il ne quitta ce regard, hypnotisant. Il faillit le faire quand il sentit cinq doigts, puis cinq autres, remonter le long de son corps. Encore, ils montaient encore... Heureusement qu'il avait une bande de cuir tout autour du cou. Il était maintenant sous l'étreinte tendre de deux bras et un corps parfait. Il déglutit. A peine eut-il le temps de faire cela, que deux lèvres se ruèrent sur les siennes. Il était gêné, mais en même temps il était content et se posait beaucoup de questions, si bien que cette petite joie fut mise en arrière le temps d'un moment. Mais ce baiser fut court. A peine fut-elle décollée du tailleur qu'elle s'excusa. Filrahen prit quelques secondes pour comprendre les quelques mots qui avaient été dit avant. Elle se sentait mal, et elle but un verre de vin d'un unique coup. Il avait quitté ses yeux.

Et soudain, un bruit de verre brisé.

Il tourna la tête derrière lui tout d'abord, mais il n'y avait personne. Il regarda alors Luna. Son verre était bien là. Il pivota alors sa tête sur la droite et vit alors que son verre n'était plus dans sa main. Du moins, plus entier. Il avait du le serrer trop fort sans le vouloir, et maintenant il avait la main qui saignait. Il se tourna vers la vampire pour lui montrait d'un visage doux et sans souffrance que tout allait bien. Il lâcha les restes de verre qu'il possédait en main, se fracassant avec les autres sur le sol légèrement taché de vin. Cette main ensanglanté se dirigea vers Luna. Lui aussi s'approchait. Si elle reculait, il y aurait le mur, si elle ne bougeait pas.... elle ne se fatiguerait tout simplement pas. Son index, gouttant de sang, se dirigea droit sur les lèvres la demoiselle, qu'il caressa en souriant, la fixant dans les yeux. Lui aussi pouvait se rendre provoquant. Il était rentré dans son jeu, mais sûrement pas de la façon dont elle attendait la chose. Il n'avait pas parlé depuis le moment où il avait proposé à boire. Son doigt quitta les lèvres et glissa le long d'une de ses joues, montant en petite vague jusqu'à ses pommettes, puis retira sa main. Il soupira et se tourna, marchant d'un pas très lent de manière en passer autour de la table.


« Pensez vous que les noms se donnent des noms entre eux ? »

Il se surprit lui même et n'en revint pas. A un tel point qu'il eut un blocage dans ses déplacements l'espace d'une seconde. Son sang recouvrait sa main qui laissait par intermittence une goutte tomber au sol. En lui, tout était déboussolé. Autant sa conscience humaine qui était ailleurs, autant son ignominie de monstre ne savait comment réagir. Était-ce la faute à cette question étrange qui le taraudait ? Était-ce le baiser ? La perte, faible, de sang ? Aucune idée. Après quelques secondes, il était à l'opposée de Luna vis à vis de la table. Si elle avait tenté de répondre à sa question, il ne l'eut pas écouté et la coupa :

« Vous savez, ma vie n'a pas été simple non plus. Pas pire que vous, mais moche aussi... »

Il s'approchait doucement, là aussi, de la vampire, et maintenant, il la fixait de nouveau dans les yeux.

« Je suis né enfant de paysan, j'ai vécu mon enfance comme un plaisantin, je suis devenu lycan par la suite et ai fini prématurément mon adolescence par le meurtre de mon propre frère, et inconsciemment, de mes parents. Ensuite j'ai fuit et tué, j'ai assassiné et dévoré, je pourfendais de la chair humaine chaque jour. Je me nourrissais, loup que j'étais. Et vous savez quoi ? Ce n'était pas un choix, le monstre en moi me tenait de cette manière, lui et sa complice la lune. Je ne devais pas, je refusais, mais il me fallait survivre. Vous avez vécu comme une dépravée pour survivre jusque là ? Et bien soit, qu'y puis-je ? Vous avez choisit autant que moi au moment que je viens de vous narrer. Mais depuis que je suis ici et que je tiens ce magasin, ce temps est révolu. Oui je regrette mes gestes, je pense à ces familles à qui j'ai ôté la vie d'enfants, de maris ou d'épouse. Mais vous savez quoi ? Je ne puis pleurer leur mot. J'assume tout ce que j'ai fait, même si cela me déplait. Parce qu'il fallait que je vive. Et ce n'est pas parce que je suis né paysan que c'est ancré en moi et que je dois finir comme ça. Ce n'est pas, parce qu'un loup *Filrahen augmenta légèrement le ton* m'a transformé en animal sauvage, que je dois me sentir esclave de lui à jamais. »

Il était maintenant à son niveau, proche, et d'un geste calme et calculé de manière à ne pas la tacher, il posa sa main rouge entière sur sa bouche. Elle pourrait prendre le sang dessus si elle le désirerait, mais elle ne pourrait surtout pas parler de suite et devrait digérer ses paroles avant de répliquer.

« C'est pourquoi, oui je vous considère comme une femme, normal. Vous êtes vampire ? On ne choisit pas, j'en suis la preuve. Vous avez été forcé à devenir ce que vous êtes ? Qu'à cela ne tienne. Par contre, je ne craquerais pas à votre provocation si son seul but et de me voir craquer. Si derrière vos gestes se cache la curiosité de la douceur, l'interrogation de sentiments... gentils ou encore la recherche de gestes tendres, je serais plus facilement atteignable. Même si tout cela n'est pas chose sûr, vous aurez au moins plus de chance. Maintenant, je vais retirer ma main. Si vous avez soif de saveur plus exotique, n'hésitez pas, je ne manque pas de sang et je suis lycan, je me régénère plus vite qu'un humain. Évidemment, soyez raisonnable. Mais si vous vous approchez une nouvelle fois de moi avec vos provocations, soyez certaine que ce soit dans les cas que je viens de citer. »

Le tailleur retira doucement sa main, laissant apparaître une grande marque sanglante sur le visage de la femme tout autour de sa bouche. Mais même cela ne l'enlaidissait pas. De son autre main, il titilla la bande de cuir à son cou, avec tout ça, il se sentait légèrement oppressé et avait du mal à avaler sa salive. Il recula d'un pas, lui sourit et haussa les épaules :

« Et pour votre question... J'offre cette robe parce que je suis gentil et que je veux tout simplement vous faire plaisir »

Aussi sanguin que pouvait être le loup blanc en lui, il s'était calmé et était plus interloqué par son corps réceptacle et celui qui le guidait. Ce monologue l'avait un peu calmé et il se posa des questions. Se souvenait-il de son prénom, si bien sur il y en a ? Et pourquoi était-il autant assoiffé de sang, alors que Filrahen savait tant se tenir ? Pourquoi, d'aussi loin qu'il se souvienne, avait-il réussit à tomber sur le seul homme qui n'était pas plein de vices comme toutes ses autres victimes et plutôt doux comme un agneau ? Cette douceur le gagnait, lui, le monstre. Est-ce que cela allait le mener à sa fin ? Ou alors, au contraire, le menait à sa faim ? Le temps nous le dira, mais pour le moment, observons la scène, d'une vampire singulière et d'un lycan qui l'est tout autant.

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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Ven 27 Juil - 16:38

Quelle autre symphonie n’est plus avérée que celle du verre fendillé en ses plus extrêmes opposés si ce n’est la litanie d’un esprit égaré afin d’exprimer les vrais déboires d’une vie ? En ces instants d’ardent paroxysme il y a toujours cette mélodie ridicule qui pousse toute créature au désir de remporter la palme du plus harassé. C’est à celui qui pleurera le plus ou celle qui en dissimulera le moins… Ne peut-on se priver de désirer le mérite du démérite en s’y croyant voué dans l’absolu ? Les paroles ne suffisent plus –elles sont vaines, la froideur les consume en un simulacre précaire et les jadis poignantes lettres ne sont à présent que poignées de lettres . Affliction est désormais seule souveraine des lectures profondes -pauvres esprits corrompus dans leur essence - à présent aucun plaisant récit ne peut satisfaire leurs envies – il leur faut de la souffrance pour apaiser leur appétence.

Comme si la douleur était un privilège et la félicité une banalité.

Cet axiome, pouvait-on décemment le nier ? Même eux entre quatre murs, pions du destin, ces deux là ne sont autres qu’implacables évidences de cette pauvre syntaxe. Pourquoi fallait-il donc que les esprits ne trouvent collusion qu’en dévoilant leurs plus exécrables fractions ? Ainsi donc la vraie entente ne résidait que dans l’ancienne mésentente et le processus itéré ne conduirait qu’à considérer la vie comme l’indéniable preuve de la mort . Triste vérité qu’il fallait entendre. Mais qu’importe….Oui qu’importe. Qu’importe si elle suffisait, si elle fonctionnait, qu’importe si pour aimer il fallait détester…Si après tout la finalité était appréciable, alors autant y employer les moyens les plus viciés. Elle en avait assez dit - à jamais – et elle n’en dirait pas plus, le passé parfois devait se contenter de son temps, et le présent ne devait le jalouser. Il en savait trop sur elle – sur tout ceci – elle avait déjà perdu cette image d’innocence qu’elle aurait pu choisir de conserver dés son arrivée, elle n’était à présent plus que sa propre parodie …Provoquer, provocante, Provocation…Si grisante soit-elle, elle en cueillerait les fruits – qu’ils soient sucrés ou empoisonnés. Ca lui était égal.

Alors elle scella ses lippes en un silence immuable, ses prunelles n’offrirent leur intérêt qu’à celui qui lui faisait face. Les éclats de verres répandus au sol se recouvraient peu à peu d’un liquide transissant, se teintaient au fur et à mesure de cette couleur pourpre qui ne savait que la rendre folle. La main du loup devint l’objet de son attention et ce malgré sa restriction – ses prunelles monochromatiques adoptèrent une allure sauvage, sans jamais faillir à leur tache, celle de ne point perdre de vue la source de délectation qui gisait si prés ….Prés ? C’était un euphémisme…Le loup avide de lui retourner l’équivalent de son baiser volé approcha, bien trop conscient de ce qu’il faisait. Un dextre enivrant contre les lèvres de la vampire, il envisagea sans doute de mener plus facilement le parfum de l’interdit jusqu’à ses narines. Alors ses lèvres s’entrouvrirent, comme un réflexe, afin que les effluves sanguines la transissent plus encore, ses paupières se fermèrent un bref instant pour en savourer la fictive saveur. Puis…Et puis plus rien. Il s’écarta….Que cherchait-il ? Était-ce là sa réponse ? Voilà ce qu’un baiser pouvait déclencher ? N’aurait-elle donc point droit à plus de considération ? Désappointée, ses prunelles fuyantes en oublièrent cette main sanglante et fixèrent un point inexistant au sol. Elle l’écouta ainsi, n’osant croiser son regard, n’osant lire sur ses traits ce que reflétaient ses plus véraces pensées. Elle ne parvenait pas à le comprendre, l’idée que l’on puisse converser si longtemps avec elle – rien que cela – n’était que mirage. Elle attendait, malgré ses vaines espérances, le moment ou la lassitude reprendrait les rennes, et qu’il la prierait de partir.

Mais ce n’était pas pour tout de suite. Se mouvant dans cette pièce, tantôt contre elle , tantôt à son opposé, il finit par se poser et entreprit de partager avec elle une part de son histoire comme elle l’avait fait. Etait-ce là une marque de confiance ? Ou n’était ce qu’une fois de plus qu’une simple kyrielle de cet axiome entêtant, destiné à lui prouver qu’il y avait pire que son histoire à elle – histoire de joindre les déboires dans un mélange parfait de pathétique. Elle n’en savait rien, elle se contentait de l’écouter…Se confesser à une créature damnée , voilà que c’était original, mais après tout, ne venait-elle pas de faire la même chose ? Bien sûr il avait souffert. Son passé pouvait se venter d’être tumultueux bien plus que d’être agréable, la mort régissait chacun de ses pas, plongé au fond d’un gouffre éternel qui le maintenait en vie. Son histoire ne la laissa pas indifférente. Elle avait cette sainte horreur des mauvais contes, et se répugnait à les savoir présents dans les vies de ceux qu’elle jugeait bons – comme un aimant corrompu à l’origine , les mauvaises choses semblaient plus aptes à détruire les plus méritants qu’à achever ceux que le monde n’aurait jamais du connaître.

Et pendant qu’elle l’écoutait, il força de nouveau leur promiscuité, cette fois-ci ce ne fut pas qu’un seul doigt mais une main entière qui se placarda sur ses lèvres. Peinturant le bas de son visage de cet ichor pourpre à l’odeur incomparable. Que faisait-il ? Cherchait-il à allier tentation et compassion de la sorte ? Ses yeux le fixèrent avec un soupçon d’incompréhension…Elle n’avait pas l’intention de parler, de le couper dans son histoire, alors pourquoi venir cloisonner sa bouche si promptement si ce n’était pour la désarçonner ou la provoquer ? Ainsi donc il voulait lui prouver que lui aussi savait se jouer des sentiments ? Espérait-il comparer sa vicissitude à la sienne ? Allaient-ils maintenant plonger dans de telles bassesses pour se découvrir ? Elle en avait assez, l’entrevue prenait une tournure qu’elle n’appréciait guère. Et par-dessus tout, les affres de sa nature vampirique commençait à gagner peu à peu cette mortification qu’elle s’imposait à la vue du sang. Quand la main sanglante du loup se retira, elle sentit la brise attiédir les parties de son derme recouvertes de la substance pécheresse , instinctivement, une de ses mains monta jusqu’à son visage et essuya délicatement la trace. Ce n’était plus son faciès maintenant mais sa main le concepteur de troubles, elle la fixa un long moment, tiraillée par l’envie de gouter ne serait-ce qu’un peu de ce liquide brûlant …

Qu’attends-tu ? C’est offert – c’est ton petit pécher – ta petite lubie, allez laisse toi tenter, juste un peu, rien qu’un peu…Maintenant…Juste le sentir envahir, engourdir tout… Une seule fois, il a l’air si savoureux si exquis…

Ses yeux se crispèrent … Sa respiration s’accéléra, puis elle se força à ignorer cette main et saisit un chiffon non loin pour en éliminer les restes de propension dégoulinant de sa chair. La chose faite, elle se retourna vers le propriétaire de la succursale et avança vers lui lentement. Elle se sentait désolée, à travers son discours, il semblait plus gêné qu’autre chose en sa présence…Elle qui ne savait que s’offrir indécemment et voler le sang de pauvres innocents pour exister, il lui demandait de se comporter comme une vraie femme … Une femme de sentiments, et de raison. Tout ce qu’elle n’était pas. Tout ce qu’elle n’était plus. Comment pourrait-elle satisfaire ce désir là ?Voilà un défit. Elle en était incapable, altérée jusqu’à la moelle, se voyant déjà dans son sépulcre de cristal tenant contre elle le pieux qui l’aurait expiée de toutes ses dépravations.

Quelque peu troublée par tout ce qui venait de se passer, elle passa une main dans sa chevelure rosée, dégageant un peu son front de ses cheveux, puis elle garda le chiffon en main et approcha un peu plus - espérant qu’il ne reculerait pas comme il semblait préférer le faire lorsqu’elle instaurait plus de proximité entre eux - déambulant comme à son habitude de façon féline. Elle se stoppa face à lui et prit la main ensanglantée qui s’était – juste quelques instants avant – plaquée sur sa bouche. Et dans un silence irrévocable, elle essuya le sang et retira les risibles morceaux de verres qui jonchaient la plaie en cours de cicatrisation. Elle s’assura – comme pour se punir elle-même – qu’il ne restait plus aucune trace de sang puis posa le chiffon sur la table à côté des verres, du vin et du jus de pomme. A présent, les objets de convoitises étaient loin d’elle – seule reine à bord, elle déciderait de ce qu’il convenait de faire dorénavant. Son faciès se leva vers celui de l’artisan, et dans l’espoir de détendre l’atmosphère elle le gratifia d’une risette enjôleuse .

« J’ai le ventre plein, j’ai mangé avant de venir, souvenez-vous. Mais si cela peut vous faire plaisir, votre sang a… » Elle se racla la gorge avant de continuer. « …une odeur appétissante, rassurez-vous. » Elle n’espérait pas que son élocution le fasse rire aux éclats, bien loin de là, elle voulait simplement essayé de se comporter normalement…Mais elle se sentait si ridicule dans son imitation ratée de « femme normale » qu’elle finit par baisser les yeux – un tantinet désespérée par elle-même – puis elle articula :

« Je suis vraiment désolée pour tout ce qui vous est arrivé dans le passé… Hm… » Son regard se perdit dans la contemplation du sol sur lequel ils se tenaient. « La chance ne semble pas être de notre côté….Il semblerait… » Sur ces mots, elle se rappela de quelque chose, quelque chose qu’elle eut soudainement envie de partager avec lui, elle recula un peu et fixa son décolleté , douteuse.

« Vous savez… » Elle le regarda à son tour avant de fixer de nouveau une zone de son décolleté.

« J’ai …J’ai eu quelques bribes de pensées durant mes interludes inespérées. Entre deux afflictions j’ai rédigé ma conviction ». Elle passa sa langue sur ses lèvres habitée par le doute. « Peut-être devrais-je… »

Ces doigts glissèrent dans l’échancrure de sa robe et entre ses deux convexités si impeccablement secondées par le fin tissu offert par le loup, elle tira un fin papier – lequel semblait avoir demeuré en ces lieux depuis l’éternité. Comme la bible auquel le croyant fou se livrerait, comme la rose à la fragrance inaccoutumée que l’épris reniflerait en des instants de perdition amoureuse, comme l’ichor veineux qui conduirait l’incube de l’ombre à plus de damnation que jamais dans son gouffre de dépravation. Ce burlesque parchemin déchiré subsistait contre sa poitrine, contre son cœur épineux piétiné , sans cesse aucune –son secret, son unité qu’elle pensait ne jamais dévoiler. Glissant depuis son refuge pour occuper les doigts de sa propriétaire, le petit objet fut ouvert, tint fermement, et le phonème cristallin de la demoiselle relata les mots qui s’y trouvaient.

« Sentiments déchainés à l’apogée de leur liberté...De masques arborés pour cacher la -traître- vérité d’un soupir merveilleux au susurre enjôleur. Que les frasques soient tissées de silence -de violence - d’un mal a l’autre qu’importe si ton âme se perd - elle gagne l’acrimonie si -plaisante- indispensable, car les vrais vies se portent en délits et non en mérites. Si tu penses être –paraitre- séraphin ce n’est qu’arrogante rutilance de désirs camouflés – tu es incube des vices pour l’éternité. Mais l’un ou l’autre, l’un dans l’autre – ton allégresse t’est suffisante – car la vraie jouissance de l’âme ne réside que dans les maux de ceux qui en dépendent. »

Ses prunelles rejoignirent celles de son interlocuteur un bref instant puis elle replia le morceau de papier et le garda précieusement dans la paume de sa main.

« Parfois dans des moments de perdition, quand tout me semble engloutit par la noirceur et l’obscurité, je lis ces quelques mots que j’ai écrit il ya si longtemps, et paradoxalement …cela…m’empêche de sombrer. » Elle entrouvrit sa main et s’approcha de Filrahen timidement, saisissant la sienne – anciennement ensanglantée- délicatement, elle vint y déposer le papier, accompagnant son geste d’un sourire sincère – le premier depuis qu’ils se connaissaient. « Je suis navrée, je ne sais me montrer courtoise et distinguée, j’ai souvent tendance à penser que la gentillesse que l’on me témoigne n’est que façade et je redoute de connaître les vraies intentions de ceux qui me l’offrent... » Elle baissa ses mirettes , confuse. « Veuillez m’excuser aussi pour ce baiser, je mesure rarement les conséquences de mes actes. Je ne pensais pas que cela vous crisperez de la sorte. J’ai peut-être maintenant connaissance de votre passé, mais comme ce n’est pas le cas pour votre présent, j’espère aussi ne pas avoir offenser une quelconque dame que vous seriez susceptible de chérir. » Sa main relâcha celle du loup, y laissant son papier. « Gardez ceci s’il vous plaît, cela ne vaut pas la robe, mais j’aime à croire que vous saurez trouver une signification personnelle à ces mots. Et que vous l’emporterez sur ce loup pernicieux qui sommeil en vous autant que j’ai su résisté à la fragrance si attrayante de votre sang. »

La sincérité parfois vaut mieux que milles mots facétieux..Et si il fallait qu’elle se montre fragile quelques instants pour ne pas perdre la seule personne capable de la considérer autrement que comme un être perdu et misérable, alors elle voulait bien essayer. Peut-être ne représentait-elle rien de véritablement important pour lui, mais il demeurait le seul à lui avoir arracher un sourire d’exemption. Alors si la douleur est un privilège autant qu’elle lui offre ce dernier et peut-être que la félicité saurait être clémente et lui accorderait pour une fois , rien qu’une seule fois, un peu de sa banalité.
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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Jeu 2 Aoû - 9:10

Le sang coulait, la plaie piquait, le verre avait éraflé sa paume et le liquide rouge avait coulé dans cette pièce où la paix avait toujours régné. Jamais il n’y avait eu de mots plus forts qu’un autre, d’autant que sa mémoire pouvait remonter, jamais aucun ennui n’avait tourmenté ces lieux. Peut-être, dans le pire des cas, une chaise était tombée. Le parquet avait surement raisonné et marqué les murs d’une sonorité dont ils n’étaient pas au courant de l’existence. Cette maison était ancienne, et quand Filrahen avait repris le magasin, son premier devoir de civil Parisien fut de dépenser beaucoup d’huile de coude dans le but d’offrir une seconde jeunesse à la bâtisse. Mais étonnement, là aussi, cette pièce était impeccable. Comme si… C’était comme si elle était intemporelle, traversant les âges et les époques sans s’effriter, ne prenant aucunes rides malgré les ravages du sable tombant du sablier, grains qui tombaient perpétuellement, sans aucune fin. Aucune issue n’existe vis-à-vis du temps. Sauf les maladies dont étaient atteintes les deux personnes dans l’enceinte de ce magasin. La lycanthropie et le vampirisme. Ces deux maux étaient quand même les plus étranges au monde, du moins c’est ce que le tailleur pensait ; Ils, les maux, touchent les petites gens qui ne demandent rien, qui veulent vivre leur vie. Par contre, les empereurs qui rêveraient de puissance et d’éternité, sont tous humains, vu qu’ils meurent tous un jour… Ou alors vieillissent.

Cette pièce était maintenant souillée. D’une part, par le vin au sol, le bois parsemé d’éclat de verre témoignant. D’autre part, par le sang du possesseur des lieux. Le parquet était souillé. Filrahen n’y pensait pas pour le moment, mais quand tout ceci aurait fini, il aurait honte. C’est aussi la pièce où, les fois où il en a besoin, il prie. Les mœurs et coutumes de cette époque était à la religion, presque forcée depuis tôt dans l’enfance. Filrahen n’y avait pas échappé, il était tombé dans la sphère de la croyance, et se recueillait auprès de dieu dans ses moments de perdition. Ces moments, où, seul face au monde, il n’avait personne à qui parler. Personne pour qui ses mots n’étaient importants. Personne qui ne pouvait le réconforter. Personne, à part le tout puissant. Ce mythe, qui jamais ne fut vu, jamais ne fut apparu et jamais ne fut réel. Mais c’est surement cet éloignement, cette distance qui pousse les gens à y croire. L’humain était idiot de penser qu’une telle chimère existait. Il pensait exactement ces derniers mots, mais il ne pouvait se résoudre à oublier cela, les seules valeurs qu’il pouvait garder de ses parents, de sa famille, de là d’où il venait. Si la campagne n’était pas un lieu idéal pour s’épanouir, culturellement, psychologiquement, c’était un endroit parfait sur le plan physique, moral et religieux. Le bilan qu’était le tailleur était sans appel ; Il s’était musclé grâce aux champs, même s’il avait énormément déserté, il avait quand même une belle masse musculaire –je parle évidemment, avant d’en avoir gagné avec sa transformation-, il possédait des principes qu’il voulait suivre tant bien que mal et évidemment, cette croyance.

La salle à manger était donc bien plus. Dans les commodes et étagères, sous l’escalier et dans les placards, se trouvaient aussi bon nombre de choses. Vous en aurez la preuve, plus tard. Pour l’heure, le lycan était d’une humeur taquine, sa main pleine de sang sur la bouche de la vampire. Cette délicieuse vampire… Il voulait voir sa réaction, voir comment elle allait réagir face à une source d’alimentation comme celle-ci. De surcroît, elle était déjà torturée par sa condition et celle de Filrahen, alors si par malheur il aurait pu découvrir un secret caché en elle, un secret de son coté vampire profondément caché, il ne se serait pas gêné. Il ne lui voulait aucun mal, loin de lui cette idée, mais le tailleur était simplement curieux. Une curiosité, pondérée par une pointe d’excitation à l’idée de la voir sous son jour de dangereuse suceuse de sang, créature de la nuit qui avait tué quelqu’un plus tôt dans la journée. Mais d’un autre coté, il serait content si elle ne craquerait pas à ses amusements. Pour une fois, c’est elle qui allait devoir résister à des désirs provocants. Alors qu’elle en était pour ses pauvres mortels de clients. Retournement de situation comique.

Sa main meurtrie avait donc libéré la demoiselle qui possédait un regard perdu dans l’incompréhension la plus totale. Ses yeux quémandaient presque une explication de son geste. Il est vrai que ce qu’il avait fait n’était pas des plus naturels. Alors que son bras était revenu à une position naturelle, longeant son corps, la demoiselle s’essuya le visage des traces qu’il avait laissé. Elle saisit un chiffon ambré qui trainait sur un meuble pour essuyer les traces de sa fine main de jeune femme. Puis Luna avança. La promiscuité de leur présence fit presque sourire Filrahen. Elle n’avait pas succombé au charme de son sang, mais voulait-elle en prendre à la source directement ou alors allait-elle chercher autre chose ? Intrigué, il ne bougea pas d’un iota. Ses yeux suivants chaque faits et gestes de la vampire. Ses mimines attrapèrent sa poigne blessée et elle démarra un nettoyage de main, retirant le sang et les quelques restes de verre encore présent. Puis le bout de tissu reprit sa place sur un meuble, la table, mais rougi cette fois ci. Sa tête se leva, un sourire épanouissant son visage, magnifique. Il avait tout de même, malgré cette risette ornant ses lèvres, réussit à la perturber, du moins, c’est ce dont il était persuadé. Sa phrase, aussi naturelle qu’elle avait commencé, s’était interrompu au milieu pour réussir à sortir les ultimes mots, ces derniers étant les seuls dont la nature vampirique était concernée. Etait-ce un concours de circonstance, un petit mal de gorge à ce moment-là ? Qui sait. Luna. Et Dieu. Mais ses paroles eurent le mérite d’apaiser l’ambiance que Filrahen avait mis à plat. Ses grands et superbes yeux bleus tombèrent vers le sol. La demoiselle avait l’air déçu, mais il n’y avait aucune raison.

Et maintenant, voilà que sa voix retentit pour s’excuser. De quoi donc ? Elle n’était pas loup qui avait réduit sa vie à néant, elle n’était pas tous les obstacles qu’il avait eu sur son chemin. Elle était juste une cliente, un peu perturbée, mais surtout perdue, désarçonnée face à une vie qui ne lui avait laissé aucunes chances… C’en était triste. Sa deuxième phrase fut un peu plus terre à terre. D’ailleurs, en parlant de cela, que regardait-elle ? Peu importe… Mais maintenant, pourquoi recule-t-elle et pourquoi son regard, qui a bougé et dont il ne préfère pas suivre le chemin cette fois, semble différent, hésitant ? C’est surement ça qu’il aimait bien chez elle ; Chacune de ses actions est exaltante car elle est emplie de mystères et de surprises, de douceur et de candeur, mais à l’inverse aussi de danger et de malice. Un sournois mélange. Il fixait son visage, si brillant de beauté, et eut le temps d’intercepter son regard, avant qu’il ne reparte là où il était. Et c’est alors qu’elle se mise à nue. Non pas physiquement –elle l’avait déjà fait précédemment- mais moralement. Sortant de la zone qu’il ne voulait pas observer, la bienséance le lui interdisant, il finit quand même par observer. C’était surtout ce que sa main était partit chercher qui l’intéressait vraiment. Elle sortit un petit bout d’écrit de sa cachette. Elle récita alors ce qui était marqué. Solfiant ses mots, elle était d’un lyrisme sans nom. Lui-même n’aurait jamais pu faire de tirade pareil, il n’avait pas cette éloquence, il n’avait pas non plus les capacités dans la langue Française pour parler aussi bien, aussi beau. Et même s’il n’avait pas le temps de tout assimilé, il savait qu’il aurait pu lire le papier par lui-même, un jour. Presque poète, il savait via ses mots que son métier pourrait être abandonné pour des horizons plus glorieux, elle était pleine de capacité, de possibilité. Mademoiselle Scarlance. Un destin plus plaisant pouvait lui sourire, mais pour diable était-elle encore dans ce contexte malsain de vie bafouée au service de quelques riches hommes tellement repoussant qu’aucunes femmes ne veulent d’eux ?

Filrahen était prêt, dans le pire des cas, à devenir l’ange gardien de la demoiselle, devenir son protecteur, il voulait la sortir de là. Parce qu’au fond, si elle était aussi vile et pervertie qu’elle le laissait entendre, pourquoi n’avait-elle pas déjà abandonnée en le voyant se présenter comme un ami ? Par défi ? Si c’était le cas, c’était d’un pathétique sans nom, mais il était sûr qu’en elle-même, la bonté, la gentillesse où quoi que ce soit de tel, coulait dans ses veines. Ses paroles et gestes tendaient à le prouver. De nouveau, leurs regards se croisèrent. Le lycan admirait une nouvelle fois l’azur de ses pupilles, il aimait s’y perdre. Plus que ses formes, c’était surtout son iris qui le charmait. Ces mots étaient son dernier souffle pour ne pas plonger dans la décadence, de l’âme comme du corps, c’était l’ultime rempart pour elle de résister à toute cette vie gâchée. Et étrangement, c’est ce qu’elle lui offrit. Pour l’homme aux cheveux blancs, cela voulait dire beaucoup. Elle lui offrait surement la seule chose qui lui était propre. La seule de ses possessions –car même son corps n’était plus à elle semble-t-il. Il garda la feuille pliée dans sa paume, précieusement. Et elle se confia. Et s’excusa. Ses mots expliquèrent ses maux, la vampire s’en voulait pour le baiser, ne savait comment le remercier pour la robe et lui souhaita un bon courage contre le monstre en lui.

Il se laissa aller à la sincérité lui aussi.

Avançant à quelques centimètres de la demoiselle, ses bras la capturèrent, l’enlaçant. Il fit glisser le papier dans sa manche, lui permettant ainsi se poser à plat ses mimines dans son dos. Il sourit, murmurant à son oreille quelques paroles, les premières lui venant :


« Je vous remercie pour ce présent. Je sais qu’il veut dire beaucoup pour vous et je suis d’accord avec vous, cela ne rivalise pas avec ma robe. Votre cadeau a beaucoup plus de valeurs, et je pense que rien ne peut rivaliser avec cela, ici. Et je m’en voudrais que vous perdiez vos mots… si c’est le seul moyen pour vous ‘’de ne pas sombrer’’ comme vous l’avez dit… Si vous le souhaitez, je peux les recopier sur un nouveau parchemin… »

Il huma son odeur, caché au-dessus de sa clavicule. Ce magnifique parfum, envoutant et… que faisait-il ? Pour s’approchait-il de son cou, la bouche ouverte, les dents en avant ? Non ! Heureusement que Filrahen s’était aperçu de l’erreur qu’il allait commettre. Il fallait rester concentrer, son monstre semblait très attiré par la chair de la vampire. Il fallait prendre garde.
Juste un petit morceau, une bouchée, une petite morsure, je veux y gouter, son parfum est exquis, la texture semble si tendre et si le gout est à la hauteur de l’apparence, je me régalerais. Nous nous régalerons. Fermes les yeux, et tu n’auras pas à subir tout cela, laisses tes lèvres et tes dents prendre du plaisir…
L’embrassade cessa quand il se recula, la fixant de nouveau dans les yeux, lui souriant. Le lycan quitta de nouveau cette superbe vision en contournant la jeune femme, allant jusqu’au buffet au milieu du mur du fond. Posant le papier réfugié dans sa manche sur le meuble, il ouvrit un tiroir, sortit une feuille et un fusain qu’il posa à coté si elle voulait récupérer une copie de cette bouffée d’air, qui l’aidait à vivre avec ses peines.


« Je voudrais faire quelque chose…. »

Posant un genou au sol, il ouvrit une petite porte dans le bas du buffet et sortit un petit coffre. Il le posa sur la table de la pièce. Si Luna devait se demander ce qu’il mijotait, Filrahen le savait exactement. Un sourire orna ses lèvres quand il prit la petite manivelle accrochée sur le côté du coffret de bois, et il l’enfonça dans la fente prévue à cet effet. Il la fit tourner.

Le ressort à l’intérieur se détendit, créant ainsi une force potentielle pour entrainer l’axe sur lequel il était fixé. Ce même axe ou une feuille de métal était fixée, indentée de plusieurs points en relief. Ces points, levant lors de la perpétuelle rotation de fines lamelles, résonnantes. Lorsqu’il fit plusieurs tours avec l’outil qu’il venait de positionner, Filrahen tourna sa tête vers la vampire :


« … je voudrais que vous vous sentiez femme, princesse, et d’autre chose que de la nuit. Pour une fois dans votre vie. »

Lorsqu’il lâcha la manivelle et la retira, le ressort entraina la boite à musique à jouer d’elle-même. Il s’approcha de la demoiselle, un grand sourire sur les lèvres, lui prenant la main gauche et posant sa deuxième main sur sa taille, sans la forcer nullement, puis leva les yeux vers son visage :

« M’accorderiez-vous cette danse ? »

Alors que la douce mélodie emplissait la pièce de sa douceur d’antan, réparant les souillures faites plus tôt, Filrahen posait une question plus ou moins rhétorique. Il s’était déjà placé de manière à danser, même s’il n’avait que de maigres bases en la matière. De cette manière, elle aurait plus de mal pour refuser. C’était vil et fourbe de lui forcer la main de cette manière, mais au moins, c’était une manière douce et ce n’est pas comme si une danse les tuerait. Du moins, personne n’est jamais mort d’un danse, si ?

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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Ven 17 Aoû - 14:30


Les voix du cœur et celles de l’esprit s’enchevêtraient parfois pour ne plus semer que discorde dans toute bonne dialectique. Engourdissant la raison des plus sagaces et même la folie des plus démunis. La ferveur des sentiments contre la sagesse de la raison, un binôme qui conduisait souvent tout être innocent à une conflagration interne et personnelle, comme le fourvoyé devant l’incertitude de deux sentiers, l’un pouvant le conduire à la liberté, l’autre l’enfoncer un peu plus dans son errance nébuleuse tant redoutée. Tant de fois elle s’était retrouvée à la rencontre de ses deux chemins que tout opposaient, et inéluctablement, comme un fief de givre constitué, elle s’était aventurée dans le plus imminent des deux. La soif insatiable et la divine succulence des risques ou la félicité ne faisant que conquérir chaque parcelle de toute entièreté….C’était d’un risible suffocant, d’une facilitée démesurée, mais inévitablement, il fallait qu’elle s’achemine elle-même jusqu’aux affres des antipodes de la gaieté. Alors, de la véhémence à la circonspection, quel quidam serait assez sage pour guider son opiniâtreté vers la lueur la plus inaltérée ? La folie des unités n’était-elle donc plus le moteur de leur déchéance tout comme celle de leur éminence ? Après tout, et à mesure qu’elle sillonnait ce monde dépravé, et face à tant de désillusions, elle en vint à la conclusion la plus désenchantée ; les hommes n’étaient, ne sont et ne seront, que des ignorants qui s’ignorent.

Quant alors un soupçon d’espoir culminait sur cet amoncellement de contrariétés, elle refusait de le saisir de peur de ne point le mériter. Refusant de voir même à travers les yeux de cet homme si bienfaisant, l’éclisse d’une éventuelle liberté. Il avait cette unicité qu’elle ne connaissait guère, une façon si inaccoutumée d’embrumer ses contingences et de la laisser penser qu’elle pouvait être un tant soit peu plus enjouée. C’était agréable et blessant en même temps, elle qui de toute sa maussade existence, n’avait cessé de chercher sur quel pied danser. Mais pourquoi fallait-il qu’après ce tourbillon d’animosité et de concupiscence qu’elle avait amené chez lui, il s’agglutine à elle de la sorte et lui offre une telle évasion dans ses bras salvateurs ? Comme un paradoxe aux tréfonds de son âme, elle eut l’irrésistible envie de le repousser – mais dés que ses bras stoppèrent l’étreinte qu’il menait, elle sentit comme un vide et un désir solennel de le voir revenir. Qu’arrivait-il donc à ses méfiances habituelles ? Par quel enchantement peu prolixe avait-il réussi à chasser de son esprit cette peur constante de la gente masculine ? Peu à peu, et plus le temps passait en sa compagnie, elle sentait qu’elle pourrait un jour retrouver le plaisir de placer sa confiance en cette âme si paisible, comme le ferait n’importe quelle jeune fille sans se soucier des conséquences de son impunité.

Il y avait, en effet, de ces êtres en émoi dans l’impossibilité de s’ignorer, alors ils niaient le reste de l’univers pour abstraire leur agonie. Un soubassement de misanthropie en substitut d’égide, pour soi-même et pour les autres. Etrangement elle s’y trouvait parfaitement coalisée, sempiternellement vouée à restreindre ses envies pour satisfaire celles des autres, elle avait choisie d’exécrer toute chose et même celles qui auraient pu la sauver. Elle ne souhaitait plus recommencer, et enfin, malgré cet éternel gâchis, un espoir de se racheter se présentait. Cet être lui aussi torturé par un démon intérieur avait réussi l’exploit de lui redonner goût à la vie…Alors un sourire discret se glissa sur son visage quand elle le vit s’approcher de nouveau – après avoir posé tout prés d’elle de quoi noter son texte pour lui. Elle ne souhaitait pas le réécrire…Elle vouait juste l’offrir. Elle eut envie de le lui dire, mais, il ne lui en laissant pas le temps. Une idée avait germé en lui, il se dirigea alors vers une armoire en contrebas et en sortit un mystérieux coffre. Les yeux de la vampire suivirent le moindre de ses gestes, jusqu’à ce qu’il actionne le coffre et qu’une douce mélodie arrive jusqu’à ses oreilles. Pourquoi donc forçait-il de nouveau la clef de sa carapace de givre ainsi ? Il s’approcha lentement, lui laissant toute la liberté de s’échapper si elle le souhaitait – et ses mains se positionnèrent sur son anatomie délicatement ; l’une sur ses flancs et l’autre juste apposée contre sa main. Elle ne put soutenir son regard et laissa ses pupilles contempler le sol qui défilait, indécise… ou quelque peu…Chamboulée.

Toute cette déliquescence incessante qui émanait de son cœur habituellement ne fut – en l’espace de cet intermède ou quelques psaumes de chair s’étaient accolés – qu’une bribe d’un souvenir lointain et brumeux. La sycophante créature qui criait en elle à la déchéance se trouva, telle une embastillée corroborée aux seuls barreaux qui l’enfermaient, réduite au néant absolu… Elle sentit, enfin, une allégresse inaccoutumée s’emparer de son esprit, et la mortification continuelle qu’elle s’imposait ne devint alors que secondaire face à la délivrance de ses mouvements. Danser candidement dans l’espoir de simplement savourer les mélodies transissant l’atmosphère, suivre une valse idyllique pour se réjouir du rythme et sentir longuement ses membres frissonner d’un tel plaisir – c’eut été un rêve qu’elle l’aurait évincé, mais ce fut une réalité qu’elle dû affronter. Une plume inapte à s'exprimer dans ses confessions, infirme dans sa locution car estropiée par la disgrâce et à l'agonie dans son idiotisme, elle se contenta de serrer ses dextres autour de ceux du lycan, compressant les enveloppes charnelles dans une aphasie qui ne laissait que la musique seule reine de la chorégraphie. Agrippée à cette main, ses mirettes cherchèrent un nouveau socle pour la deuxième, et ce fut une épaule plus haute que la sienne qui accueilli quelques doigts hésitants – s’apposant délicatement comme le ferait un volatile soucieux de sa tempérance et ne souhaitant que rien de ses propensions de sorgue ne vienne perturber l’eurythmie dans son avènement.

Gracieusement les complices de cette action cadencée virent leurs structures se mouvoir en harmonie, leurs deux mains liées servaient de tringle cabalistique aux oscillations qu’ils effectuaient, et leurs flancs se berçaient dans l’accalmie qui s’était installée. Mais le visage de la chrysalide damnée refusait de se joindre à celui qui l’observait. Un refus facétieux la prenait au cœur même de sa contrition et l’empêchait d’admettre qu’il y avait comme une échappée délicieuse qui se présentait à elle rien qu’en restant de la sorte, cimentée à l’espoir que le quidam lui offrait. Le tableau de cette calomnie qu’elle avait tant espéré lui donnait l’amer impression d’être si près de la sortie de ce gouffre de décrépitude qu’elle arpentait mais de ne demeurer qu’encore trop loin de l’illustre clarté qui l’accueillerait si jamais elle en sortait. Faisant alors du sol qu’ils foulaient son seul point fixe, elle se perdit dans la mélodie qui engourdissait sa diligence peu à peu et sans qu’elle ne comprenne la moindre exégèse de ce qui lui arrivait, elle sentit une douleur prendre naissance à l’extrémité de ses doigts enlacés à ceux qui la soutenaient. Le tiraillement fortuit se propagea de ses dextres à son poignet pour suivre ensuite les courbes qui menaient jusqu’à sa nuque. D’où provenait pareille géhenne ? Et pourquoi soudainement interrompre son seul moment d’innocente plénitude ? Les crispations musculaires de ce bras factieux sonnaient comme une prémonition à une déchéance croissante. Successivement, un engourdissement lénifia sa douloureuse contraction jusqu'à s'estomper progressivement à son tour et lui permettre de retrouver son autorité. Après une brève vérification gymnique de ses doigts endoloris, elle constata la grande éphéméride mais fortuité de ses incartades qu'elle jugeait, proportionnellement aux circonstances, vénielles.

Que se serait-il passé si par malheur, c'eut été ses jambes qui avaient cédé sous la pression incoercible qui l’avait envahie ? Un simple moment d’innocence ne lui était-il donc plus permis ? Fallait-il que l'effluence âcre de la candeur lui soit telle un supplice, maculant sa condition physique trop impuissante face à la félicité qu’elle s’était autorisée ? L’incompréhension même d’un tel ressentit suffit à briser le synchronisme de leur danse et le buste aux galbes ravissants de la néréide s’infléchit assez pour se retrouver conglomérer à la structure qui le dominait. La perte d’équilibre physique et psychique de la vampire l’ayant amenée à se rattraper contre le seul point solide qui s’était présenté. Ces érythèmes naissant à la cambrure de ses joues trahirent alors la sérénité qui régnait, à présent complètement plaquée contre le torse du loup, la tête enfouie dans son cou – elle n’osait s’écarter pour avoir à expliquer le trouble qui l’avait faite trébucher – pour la simple raison qu’elle-même demeurait assourdie par ce qu’il venait de se passer. Ce fut comme si son corps lui-même refusait de ressentir la liesse si exaltante d’une simple danse – et que noyé dans l’accoutumance de sa clause, il nécessitait l’épicurisme d’un contact un peu plus …prononcé. Les notes prenaient alors peu à peu le goût du préjudice de la sensualité et ne tombaient plus dans son essence aussi innocemment qu’auparavant– elles ressemblaient plus à présent à la frugalité et se glissaient pernicieusement de ses tympans jusqu’à ses membres. La main qui était alors sagement posée sur cette épaule masculine descendit légèrement pour se retrouver contre un plexus joliment esquissé, son faciès enfoui au creux de ce cou captivant s’accola plus encore pour que de plantureuses lèvres viennent murmurer à même la placide peau de son partenaire, des mots à la tonalité quelque peu striée.

    « Pardonnez cette subite chute…Et je ne saurais l’expliquer … Je n’ai pas la grâce d’une vraie princesse…J’en suis navrée.» La succube sembla victime d'une vague d'exaspération, bien plus, ses yeux devinrent aqueux mais aucune larme ne coula. « Peut-être, simplement, que je ne sais même pas danser… »


Des paroles soufflées ainsi dans les airs teintées d’un hermétique espoir de n’être point démenties, elle laissa un long interlude silencieux se glisser entre eux – durant lequel ses orbes céruléennes se prirent d’affection pour la si attrayante cavalcade sanguine qui s’écoulait insoucieusement tout près de ses lèvres entrouvertes... Ce cou, carotide ou jugulaire, source de vie pour la progéniture du pandémonium…Quand elle y repensait, elle y aurait bien goûté avant d’effacer de ses mains les dernières traces de ce sérum empoisonné. Les affriolantes petites vaguelettes qui compressaient et étiraient son épiderme et la fragrance qui s’en échappait devenaient de véritables lubies infectées dans les narines de la sylphide des nuits tant et si bien qu’elle dû faillir à son poste – si confortable – et sortir son visage de cette loge agréable. Les deux calots létaux de son faciès osèrent enfin rejoindre leurs comparses dont la couleur paraissait être un doux alliage de terre et de vert et un faisceau de désagrément éprit alors ses prunelles pourtant si impavides d’ordinaire. Quelque chose l’apaisait et la torturait à la foi, non l’ichor veineux de l’homme mais dorénavant la tranquillité de son visage.

Pacifiée, la nymphe noire guigna les traits physionomiques de ce quidam chimérique. Comment faisait-il pour la supporter elle et ses envolées caractérielles, ses facettes viciées ? Lui proposant même une danse dans l’espoir de la faire sentir moins misérable . Avait-il conscience des états dans lesquels une seule de ses paroles pouvait la mettre depuis qu’elle ne le considérait plus comme un fiévreux client en mal de quelques caresses osées ? Tant d'interrogations, qui n'avaient plus d'importance maintenant qu'un dessein distinct venait de naitre dans son esprit. Elle se laissa enivrer, cette fois, entièrement, et envoya sa décence au diable – se fichant de tout refus de la part de l’individu. Elle saisit délicatement les joues du loup et humidifia légèrement ses lèvres d'un mouvement lingual, ce qui laissait présager son envie, avant d'approcher son visage du sien. Ses lippes entrouvertes vinrent frôler leurs consœurs en une mignotise timorée mais intensément suave. Peut-être pensait-il à une nouvelle fourberie de sa part, une parodie, une simple provocation due sa nature fétide ? Seulement, après de longues secondes de simple caresse, elle le coudoya dans un tendre papillonnage buccal, de toute l'effusion de l'émoi sentimental qu'elle lui manifestait. S’il eut fallut le qualifier d’un seul mot elle aurait choisi quelque chose qui se rapprochait plus du témoignage d’une pure gratitude plutôt que de l’aveu d’une déraison que jamais elle ne laisserait naître en elle.

A la suite d'un temps déployé dans la longévité, la jeune femme quitta ces lèvres blasphématoires à son altération – une telle douceur ne devait être offerte qu’à une créature dont la continence et l’ascétisme ne ressemblait guère aux ruines de sa pureté. Elle ne méritait rien de ce genre de prospérité. Sa main posée contre le torse du tailleur le poussa doucement pour se permettre à elle-même de s’écarter, son regard perdu dans un vide intangible – et son autre main occupée à palper ses lippes dans le souvenir proscrit et pourtant si exquis de cet effleurement passé, elle finit par se dégager et recula assez pour revenir contre le bord de la table tout près. Le bout de ses doigts poussa doucement les deux accessoires destinés à ce qu’elle copie les mots qu’elle lui avait offert.

    « Sincèrement j’espérais que vous le gardiez dans toute son originalité. » Elle lui sourit de façon nostalgique. « Ces mots…Je les connais trop bien vous savez… Je peux me passer d’eux…Surtout maintenant que… » D’indomptables érubescence comparables à celles d’une jeune fille en proie à une émotivité trop élevée apparurent sur ses joues et elle parvint difficilement à finir sa phrase. « …je vous connais. » Déglutissant, bien trop décontenancée par sa propre sincérité, elle finit par saisir tout de même le papier et le fusain et les lui tendit. « A vrai dire… Je ressens comme une reconnaissance intarissable à votre égard…Si je pouvais…D’une quelconque manière me rendre utile… » Elle lui sourit. « N’hésitez pas à demander… »


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MessageSujet: Re: Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]   Ven 24 Aoû - 16:20


Une, deux, trois, quatre. Et on recommence. On réitère. Ces mouvements de pieds, de jambes, ces déhanchements. En avant, en arrière. C’était ridicule. Qui avait créé ces idioties, comme il en existe tant ? On tourne et on virevolte, on s’approche, et on recule. Et les métatarses firent retentirent leurs pieds sur le parquet, et ce dernier grinçait. Le temps s’écoulait comme un grain de sable tombait dans un sablier, comme les vagues d’une belle mer faisaient des allers et des venues. On ne pouvait l’arrêter, et ce perpétuel et incessant évènement ne pouvait être stoppé. Mais la durée, les secondes qui s’écoulent, tout ça n’avait plus aucune importance. Tout ça. Il était lycan à présent, elle était vampire. Leur corps n’était plus les mêmes. Et ils auraient pu danser ensemble encore longtemps. Du moins si elle le souhaitait. Elle. Luna Scarlance, les dents longues –les canines du moins- qui ne désiraient que caresser la peau d’être vivant, les cheveux roses, la rendant un brin excentrique malgré elle, ses formes faisant bruler les hommes la croisant. Luna, elle qui n’aspirait pas à grand-chose hormis du sang des plaies qu’elle créait. Son ancien habit en était une preuve. Une marque. Indélébile qu’il faudrait pourtant effacer. Surement grâce à du feu, cela laverait la tenue de toutes preuves et de tout remord. Encore fallait-il en avoir, ce qui ne semblait pas être le cas. En réalité, hormis ce sentiment de normalité ainsi que Filrahen, rien ne semblait la perturber. Et là, vous me direz, mais vu son travail, qu’est ce qui pourrait encore la choquer. Et c’est tout à fait vrai. Et même si le lycan ne connaissait pas la vie de la demoiselle, même s’il ignorait tout, mis à part son apparente souffrance, il n’aspirait qu’à rendre la vampire heureuse, lui offrir des espoirs qu’elle n’eut jamais eu. Et si pour cela il fallait accepter des choses qui n’étaient pas forcément ce qu’il souhaiterait, il le ferait.

Après tout, c’était ça être gentil. Il avait promis de l’être, une promesse dénuée de sens car c’était à lui-même qu’il l’avait faite. Longtemps l’hésitation avait été de mise ; La faire auprès de Dieu aurait tout à fait été possible, étant croyant mais néanmoins moins pratiquant depuis son allergie aux lieux un peu trop saint et béni. Filrahen aurait aussi pu la faire auprès de son frère, car il a été un peu clef de cette décision. Lui, et tous ses morts et ses remords. En ce temps, il n’avait plus de famille à part un homme, son équivalent, sa propre image avant que sa lycanthropie –ce qu’il dénommait vulgairement virus à l’époque- et les cheveux blancs ne firent irruption dans sa vie. Oui. Ses géniteurs avaient décédé de peine, et cela du au meurtre que le lycan avait opéré. Son pauvre ainé avait fini en un vulgaire tas de peau en lambeau, de chair difforme et sanguinolente, d’os qui avaient craqué sous les crocs blancs et pointus d’un loup affamé et avide de vengeance, de sang. Sa truffe avait voulu sentir la mort de près, de nouveau. Tout cela aurait rappelé trop de mauvais souvenir, faire une promesse à soit même sans aucune valeur, sans que personne ne puisse faire pression sur nous… oui, cela était peut être lâche mais plus sûr. Mais pourquoi cet engagement que l’homme dansant espérait atteindre un jour ? Lors de sa course jusque Paris, sa fuite de tout ce qu’il connaissait, il était avec Grimmpow, son jumeau, sa famille. Et même si les nuits étaient longues et meurtrières malgré eux, le jour aucun doute ne pouvait planer sur eux et leur humanité. Et sur leur misère. C’est une image assez loin de ce que pouvait être Filrahen maintenant, non, à cette époque il était sale, souillé par son lycan, vivant dans la pauvreté la plus totale, jeunant parfois et ne vivant que de ses meurtres involontaires et nocturnes. Il avait tout de même de la chance, dans un sens, même s’il n’aurait jamais été seul au milieu de plaines qu’il ne connaissait pas s’il n’avait jamais été mordu. C’est donc dans cette détresse que les gens qu’ils croisèrent ne leur tendirent pas la main, non, c’était bien trop demander. Sa médiocrité continuait de le ruinait avec des badauds qui ne lui aurait jamais donné ne serait-ce qu’un bout de pain. Dans sa faiblesse quotidienne et voyant le vice humain de l’indifférence, il avait juré que jamais il ne deviendrait d’une quelconque manière comme cela.
Jamais.

Les pupilles roulant sur les côtés, rebondissant le long de ses formes ou glissant dans les vallées formées par ces dernières, flottant le long de son doux visage, le lycan cherchait son regard, pour se délecter de nouveau d’un iris pétillant de malices, de détresse et d’incompréhension de Luna. Mais la vampire fixait le sol, visiblement gênée ou du moins prise au dépourvu. Un sourire en coin marqua ses lippes, elle avait l’air si innocente et pure à ce précis moment. Néanmoins, lui aussi se sentait étrange, légèrement mais assez pour qu’il le remarque. Le lycan n’avait pas pour habitude d’avoir un contact physique avec une femme. La paume de sa main s’était ainsi naturellement posé sur son corps comme le veut la position pour danser, alors que ses doigts ne faisaient habituellement que frôler l’épine dorsale de quelques femmes lors d’une opération que certaines faisaient faire à leur dame de compagnie quand elles en ramenaient ; serrer le corset de la robe essayée. Le tissu –le sien- caressait le bout de ses doigts à chaque mouvement, cette robe lui seyait à merveille, à ravir. Et ce n’était pas forcément une chose facile à mettre en œuvre, trouver un habit qui s’accordait à son visage délicat et son corps digne des plus belles sculptures qu’Aphrodite eut pu faire. Le tailleur en avait croisé des femmes dans son établissement, mais jamais comme Luna. La succube pouvait envouter tous les hommes, c’était certain, mis à part pour les quelques réticents comme Filrahen où il était nécessaire de trouver la faille pour qu’il tombe dans le piège.

Une main féminine papillonna jusqu’à son épaule, glissant délicatement jusqu’à atterrir sur son corps. Visant son objectif des yeux, elle permit au lycan de voir ce qu’il cherchait précédemment, l’observer de nouveau. Si un jour on le forçait à perdre un sens, il refuserait catégoriquement de perdre la vue et le toucher. Pour le second point, il est évident que sa vie n’était plus basée que sur l’art que ses doigts pouvaient faire, il était donc impossible pour lui de sacrifier une telle chose, ou cela serait inconsidéré. Mais pour le premier point, c’est à cause d’un énorme travail qu’il avait pu faire. Dorénavant, de l’œil il était capable de trouver approximativement les mesures des personnes, savoir si un tissu était de qualité ou simplement beau à l’œil et dont les mailles se sépareraient à la moindre opération, et bien d’autres choses. Se mouvant sur un parquet grinçant par endroit, Filrahen n’eut néanmoins pas le droit de l’admirer bien longtemps, le visage de la perle qu’il avait entre les mains le fuyant. Ce n’est pas grave, il aurait d’autres occasions d’épanouir ses yeux face à une si brillante créature.

Pendant ce temps, la musique retentissait, le rouleau interne, de la boite posée sur la table, parsemé de minuscules pointes jouait et titillait les multiples fines tranches de métal. L’énorme ressort faisait pivoter ce rouleau à une allure assez lente. Chaque fois que les extensions sur cylindre métallique se cachaient et se frottaient aux, finalement, instruments émettant du son, une note dont l’harmonie était douteuse sonna dans la pièce. Si un unique sol noir n’était pas très appréciable et apprécié, l’ensemble formé par une ronde de la, une croche de ré mineur et notre précédent sol noir, était suffisant pour le modeste bourgeois et leur approximative danse. L’anecdote lui revint à l’esprit. Un homme, un saltimbanque, était venu acheter une cape et de nouvelles bottes dans l’atelier du Fil d’argent. N’était que tailleur, il ne put conclure le travail de cordonnier demandé par l’homme, mais put toutefois donner un résultat plus que satisfaisant concernant sa première requête. Néanmoins, sa fortune n’étant pas très élevée, il proposa en complément de quelques pièces d’or l’outil à musique qui se trouvait sur la table. Observant cette magie obscure qui dégageait du son, le tailleur accepta. Et puis après tout, cela servirait surement. Il se le confirma tout seul actuellement. Et alors que tout se passait bien, la délicatesse imperméable du moment se brisa en un instant.

« Bing ». Un bruit étrange avait retentit de la boite à musique, cassant l’harmonie de la mélodie, une équivoque qui remuait l’esprit du tailleur. Son visage avait pivoté immédiatement vers l’élément fournisseur de mélopée. Il fronça les sourcils, mais à peine l’ariette s’était tue qu’il sentit les dextres de sa partenaire se serrer sur son épaule, tournant ses yeux vers elle. Surpris de la voir chuter contre lui, il serra ses mains pour la tenir, sans pour autant lui faire de mal. Filrahen recula même d’un demi pas pour prendre un peu plus appuie et pour pouvoir réceptionner la demoiselle qui chutait. Il sentit son visage et le conglomérat de ses agréables formes contre son organisme qui à ce moment-là n’était plus qu’un ectoplasme. Lâchant sa main, il déplaça ses doigts ; sa paume gauche vint se glisser dans le creux de son dos contrairement à sa consœur qui caressa ses cheveux à l’arrière de son crâne. Mais cette promiscuité fit naître en lui un sentiment étrange qu’il n’aurait su décrire. Le loup voyait bien qu’elle était gênée à la voir immobile dans ses bras –et son cou- sans aucunes paroles ou sans aucuns gestes de retrait. Les dernières notes finirent, mais ces dernières fournissaient un gout étrange, sans saveur ou amer. Ou était-ce parce qu’il ne se concentrait plus sur ses oreilles ou ses pieds, mais uniquement sur Luna ? Peu importait au final. Un électrisant frémissement parcouru le long de son échine en sentant sa douce pogne se déplacer de son épaule jusqu’à son torse, et son souffle chaud, et ses délicieuses lèvres, firent retentirent quelques paroles dans son cou, brisant le silence qui s’était installé. Elle semblait vraiment désolée de cette chute, mais le tailleur répliqua à sa dernière réflexion qu’il ne trouvait pas juste :


« Luna… Ne soyez pas si dure avec vous-même. J’aurais très bien pu, moi-même, glisser par exemple… Ce n’est juste qu’un manque d’expérience, autant de votre part que de la mienne, et puis le lieu n’est pas adapté… »

Filrahen tenta de la réconforter comme il pouvait, ses caresses crâniennes accentuant ses douces paroles. La curiosité piqua le lycan tout de même ; Pourquoi était-elle si méprisante avec elle-même ? Qu’est ce qui avait fait pour que sa vie devienne ainsi ? Dans quelle condition était-elle devenue vampire ? Tant de questions, mais une grande peur de les lui poser. Il ne voulait pas la voir triste en ayant des réminiscences, encore moins la voir pleurer. Alors qu’il était perdu dans ses pensées, bercé par une chaleur dans son cou, il laissa glisser ses mains dans le creux de son dos. L’homme prit un peu plus conscience en sortant de ses idées de la position dans laquelle ils étaient, et surtout cette promiscuité, entre lui et ses formes, à elle. De très légères rougeurs gagnèrent le haut de ses joues mais il les essuya rapidement en captant des yeux son doux visage qui se posa face à lui. Son visage détendu et souriant voulait la mettre en confiance, il ne lui en voulait pas d’être ainsi tombé. Cela aurait été aussi idiot que crier sur un nourrisson qui pleure parce qu’il a faim, elle n’avait pas fait exprès de tomber. Et même si c’était le cas, il n’y a eu aucun mal nulle part. Et de nouveau, l’envoutement s’opéra, ses deux grands globes cyan l’enchantant et le captivant, il restait là comme une statue, le visage doux et le regard fixe. Cette liaison d’iris à iris se brisa quand Filrahen baissa son regard en sentant les mains de la demoiselle monter le long de son torse, son cou et se posant finalement sur ses joues. Les yeux ayant regardés une fois à gauche et une fois à droite pour observer ses doigts légèrement visibles, le tailleur les reporta vers le regard de Luna. Mais, elle n’était aussi proche, et pourquoi avance-t-elle de cette manière ? Sur le coup de la surprise, Filrahen ne comprit pas, du moins il fallut attendre une seconde.

Les mains se crispant sur le tissu de sa robe, les jambes raides, il en mourait d’envie, non il en rêvait. Mais d’un autre côté, il ne voulait pas, il refusait. Non, il avait peur. Ce n’est pas encore ça. Il appréhendait plutôt la chose. Mais au diable, et si tout cela n’était que piège, et bien il aurait pu se vanter d’avoir eu du mal à tomber dedans. Ses lèvres humides rentrèrent en contact avec les siennes. A ce moment-là, son cœur fit un grand bond et le tailleur crut que Luna put le sentir. L'épectase du moment lui coupa le souffle l'espace d'un instant, mais il prenait tant de plaisir que cela ne le dérangeait pas, sa respiration revenant calmement et à son allure. La promiscuité ou sa nature ? Ou les deux ? Pourquoi suspecter cela ? Non, il fallait profiter du moment, et tant pis pour le reste. L’embrassant tendrement, son étreinte se serrant à peine plus, le lycan goutait pour la première fois les lèvres d’une vampire, et seulement pour la troisième fois celles d’une demoiselle. La dernière en date était cette lycanne qu’il avait rencontré dans Paris, où il avait failli mourir. Mais la première… oui, il s’en souvenait, étrangement encore plus maintenant. Peut-être parce que la situation était la même.

Dans son petit village, une fête était organisée et tout le monde y était convié. Les classes sociales étaient assez homogènes et il n’y avait donc aucunes raisons de ne pas y aller. Filrahen avait alors quatorze ou quinze ans. Et il y avait une jeune fille qu’il trouvait très belle dans ce village. Mais c’était un piège horrible que l’amour avait tendu. Celui qui devint plus tard lycan était amoureux d’elle, elle de son jumeau, et le jumeau…. N’était pas intéressé. La jeune fille, Jasmine de son prénom, trouvait principalement Filrahen immature avec toutes les taquineries qu’il pouvait faire, comparé à son frère plus calme et posé, plus sérieux. C’est donc lors de cet évènement que le malin farceur joua un tour à la jeune fille, essayant de rester calme et poussant son frère à faire l’idiot. Ils étaient jumeaux et pour une fois il y trouvait un intérêt. Il se rapprocha alors d’elle, discuta toute la soirée, puis l’invita à danser au bout d’un moment. C’était la farce la plus belle de sa vie. Et même si Jasmine n’était pas tombée elle à la fin de la danse, elle eut posé ses mains de la même manière, et c’est alors qu’ils s’embrassèrent. La situation était si semblable que ce baiser, celui de Luna, lui fit du bien, énormément.

Mais alors qu’il rouvrait les yeux en la sentant quitter ce délicieux et exquis moment, il fut poussé légèrement par les fines mains qui avaient elles aussi fuient son visage. Laissant glisser ses propres doigts le long de sa taille, il l’observa, légèrement perdu par ses combinaisons d’actions toutes se contredisantes. Il la regarda de bas en haut, suivant en remontant les yeux son bras qui guidaient jusqu’à ces lèvres qu’il avait pu embrasser. Voulant de nouveau fondre d’incapacité dans ses iris, Filrahen fut réduit à regarder le profil de la vampire qui s’était déplacé vers la table. Elle glissa quelques paroles en lui souriant, son visage était si lumineux dans ces rares moments… Lui voyant légèrement rougir et lui tendre ce qu’il avait sorti pour qu’elle recopie son cadeau… soit. Il prit les objets et il se dirigea vers le tiroir d’où il les avait extraits :


« J’avais sorti cela pour que vous puissiez recopier le papier mais pour vous. Mais soit, je comprends votre décision. Je garderais ces quelques mots précieusement et si un jour quelque chose ne va pas, je penserais à vous très fort, grâce à cela et tout ira mieux. Malgré tout ce que vous pouvez dire, j’ai de vous l’image d’une douce femme qui est vraiment très sympathique. Et même plus. » Partant dans le dos de la vampire, il déposa ses paumes sur ses épaules et murmura à son oreille d’une voix douce, calme et posée : « Vous savez mademoiselle Scarlance… Je vous trouve brillante. Vraiment. Belle et brillante. Vos quelques mots le prouvent suffisamment. Et c’est pourquoi j’ai quelques idées. Après tout ce qu’il s’est passé ce soir, il est clair que jamais je ne vous laisserais repartir dans la rue ou dans un établissement… enfin… hum vous me comprenez. » Il se glissa à côté d’elle pour ouvrir la boite à musique et chercher ce qui avait fait un bruit bizarre tout à l’heure « Vous pouvez faire une chose, et moi une autre. Je peux vous apprendre quelques techniques pour tailler, des choses mineurs comme réparer un trou ou faire des petites œuvres assez simple comme des gants, pour que vous m’aidiez, vous pouvez aussi tenir la boutique pendant que je ne suis pas là, ou encore aller chez mes concurrents pour me ramener quelques informations comme… les tissus utilisés, les fournisseurs, etc… Vu vos… hum…. Atouts » Il rougit légèrement « vous pourrez facilement faire parler un homme je suppose. Il suffira d’essayer une robe et de lui parler et puis voilà le tour sera jouer… Vous seriez en quelques sortes une… espionne même si le terme est un peu fort, et vous me seconderez, pendant que je vous offre un logis, à manger…. Une vie que vous méritez plus que… qu’actuellement » il ramassa une petite lame de métal au fond de la boite et la repositionna dans le trou où elle était, à côté de ses semblables. Partant pour la ranger elle aussi, il continua « Nous serions alors quitte. Ma robe contre votre mot, vous savoir dans de bonnes conditions et avoir votre aide contre un logis et un repas quotidien. Je ne veux pas vous forcer la main, mais j’aimerais autant que cela ne soit pas négociable… Mais si, quand bien même vous seriez alléché par l’idée, vous ne trouvez toujours pas cela équitable de votre côté, vous pouvez toujours me raconter votre histoire. Et si vous trouvez que l’injustice est de ma part, je peux faire de même. »

Filrahen repartit à côté d’elle en la regardant, souriant mais néanmoins à l’attitude sérieuse, il attrapa délicatement la main de Luna et porta son revers à ses lèvres pour y déposer un baiser. La vampire était maintenant pour lui non pas une connaissance ou une amie, non pas une amante ou un fantasme, non, pas à sa connaissance du moins, elle était pour lui un joyau qu’il devait protéger maintenant. Il garda sa main… en main, et l’attira vers l’escalier qui était dans la pièce : « Je vais tout de même vous faire visiter les lieux avant que vous ne preniez un quelconque choix. En dehors du magasin que vous avez pu apercevoir et des cabines, il y a l’atelier comme seule salle que l’on n’a pas visité pour le rez de chaussé, accessible par la porte dans le couloir, je ne sais pas si vous savez de quel endroit je parle. Mais nous pouvons aller voir après… ici c’est donc la salle où je mange… » Il monta les escaliers, lâchant sa main pour ne pas être responsable d’une quelconque chute « Ici, je sais que ce n’est pas le plus optimisé à cause de l’escalier, mais c’est la cuisine. Derrière cette porte un long couloir et 2 autres pièces… Ici à coté… la salle d’eau » Le lycan laissa la pièce se découvrir en poussant l’ouverture en bois qui les séparait de la dites salle. Il fit de même avec la chambre juste à côté « Et voici où je dors. Bon… vous le remarquez il n’y a qu’un lit mais il y a largement la place pour en mettre un deuxième… je ferais le nécessaire demain. » Un silence avait commencé à s’installer avant que le tailleur ne coupa court ce dernier pour se reprendre « Du moins, si comme je l’espère vous… choisissez le mieux pour vous. »

Restant sur le seuil de la porte, il s’adossa à l’arrêt de porte au mur et la regarda en souriant, espérant que, même si la maison était petite, elle allait bien vouloir accepter.
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Sueurs Sanguines et Sangs mêlés. [PV Filrahen Coral]

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