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 ¤ Scarlance Luna ¤ Le Désir Fleurit, La Possession Flétrit Toutes Choses.¤

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MessageSujet: ¤ Scarlance Luna ¤ Le Désir Fleurit, La Possession Flétrit Toutes Choses.¤   Mar 24 Mai - 21:24

¤ Scarlance Luna ¤




feat. Yuyuko Saigyouji
    IDENTITÉ :


    Nom : Scarlance
    Prénom:Luna
    Age apparent:19 ans
    Age réel:Peut-être bien une trentaine d'années.
    Sang-Pur/Mordu/Infant :Mordue
    Date et Lieu de Naissance :Mystère...
    Orientation Sexuelle :Hétérosexuelle, bien qu'elle sache satisfaire tout et n''importe quoi.
    Nationalité:Française
    Groupe : Vampires
    Classe Sociale:Une des Reines de la Nuit. Qu'est-ce donc ? Ne soyez pas si naïfs, vous avez au moins une petite idée. Ou...Préféreriez-vous que je vous aide à mieux comprendre ? *petit air provocateur et malsain*




Description Physique :

Nombreux sont ceux qui pourraient la décrire. Depuis ce voile de sensualité qu’elle symbolise jusqu’à chaque parcelle de son enveloppe charnelle. De cette exaltante étoffe qui dissimule sa physionomie jusqu’à sa plus innocente intimité. Elle est succube et fascinatrice…Son corps respire l’envie. Tel un paysage que l’on pourrait admirer, le regard se balade entre dunes et vallées, se laissant porter par chaque courbe parfaitement tracée…Suivant la continuité, sans jamais se détourner… Mais, chaque choses en son temps. Le paysage recèle de trésors incontestés, découvrons les peu à peu. Pour commencer, il ya la lisière de la forêt, ou prennent naissance d’adorables pieds. Finement sculptés, d’une taille ajustée, plus que son poids, ils portent sa vie, ils sont ce socle indispensable à toute vie. Remontons ensuite la vallée, suivons le trajet déjà tracé par le fleuve qui se déverse posément…Il dessine, deux sillons aux bordures délicates. Deux jambes élancées, se mêlant et se démêlant dans une danse envoutante. Quand elle marche, on croirait qu’elle danse. La fluidité orchestre chacun de ses mouvements…Passant d’un mollet à l’autre, remontant plus encore jusqu’à la demi cuisse, marquée d’un galbe alléchant, les sillons se creusent et rebondissent, ils atteignent la cuisse...Et irrémédiablement conduisent vers des horizons plus proscrits. S’ils le sont, autant ne pas les décrire, laissons une part de mystère…Un secret divinement bien gardé par de fines soieries aux reflets bleutés.
C’est à mi-chemin qu’il faut s’arrêter. Prendre le temps de respirer, d’inhaler, ces fragrances naturelles qui émanent de la terre, encore peu altérées par ces artifices que l’on respire usuellement. C’est une senteur tendre et éthérée…Pure et non encore souillée par celles qui tenterons de l’altérer. Elle chatouille les narines, elle plaît, elle attire c’est un fait…Pourquoi le nier ? A présent, après l’avoir humer, continuons l’exploration de cette agréable peinture. Nous étions à mi-chemin, entre les deux sillons du fleuve qui coule paisiblement et les nouveaux horizons qu’il reste à découvrir. Au-delà, une plaine s’étend à perte de vue, lisse, sans la moindre difformité…Ce sont des hanches légèrement cintrées, accentuées par une cambrure dans laquelle s’enracine son échine avec grâce. La plaine s’affaisse, peu à peu, elle fléchit et laisse place à deux nouvelles convexités. Ce sont les pinacles du paysage, les édifices les plus remarquables…Tant ils sont abondants…Leur générosité, et la forme qu’ils adoptent sont des plus plaisantes…c’est une poitrine jalousée. Admirablement compressée sous de complexes assemblages de tissus, ligatures ou corsets, tous plus restreints et effilés les uns que les autres…S’ils ne font pas que couper le souffle, alors ils donnent aux dunes toute leur beauté, laissant, à la vue des plus curieux, une fente s’y faufiler matoisement…Ou plutôt lascivement…Selon l’intérêt que lui porte l’œil du spectateur qui la découvre. Mais il n’est pas étrange de voir certain y faire halte. Décidant une bonne fois pour toute que l’exploration se stopperait en ces lieux tant admirés. Laissons les à leur appétence démesurée, le paysage, rappelons-le, recèle de nombreux trésors. Alors on franchit ces deux jumelles ou objet de convoitise, et l’on retombe dans la plaine. C’est ici que débute la clavicule, c’est ici que s’enracine une ravissante nuque droite et émincée. Elle est le support de la dernière étape du périple qu’il faut achever. Voici venue la partie la plus intéressante sans doute, celle qui plus qu’un corps admirablement conçu, permet d’identifier n’importe quelle entité. Il s’agit du visage, de la finalité. Commençons par les lèvres, encastrées entre un menton et un nez remarquablement proportionnés. Ce sont sans doute elles qui fascinent par leur mouvements contrôlés, cette valse lorsqu’elle parle, anime ces deux lippes rosées, rougies parfois mais très peu, car la spontanéité doit primer sur le reste. Mais maintenant, il faut s’attarder sur ce qui captive dès les premiers instants. Le regard. Un regard céruléen, rivalisant avec le bleu d’une nuit étoilée lorsqu’il fait sombre, et avec celui d’un ciel d’été lorsque la lumière honore de sa présence…L’exploration touche à sa fin, le paysage a presque révélé tous ces secrets, il ne reste plus qu’une dernière étendue, elle est insolite, elle suscite un grand nombre d’interrogations…C’est une chevelure lisse et soyeuse qui tient son originalité de sa couleur inaccoutumée. Peut-être est-ce un roux éclairci ou un blond assombri ? L’un ou l’autre, ce sont réellement des teintes rosées qu’on peut y observer, se déversant de chaque côté du visage, l’encadrant gracieusement, pour venir clore ce portrait et la peinture à laquelle il est associé.


Description Mentale :


Se décrire ? C’est se perdre un peu, c’est dévoiler sa complexité et tomber dans la subjectivité la plus candide. Le regard que l’on porte sur le monde est un regard qui porte le voile de la personnalité. Les yeux des hommes ne permettent pas de voir une personne, les yeux des hommes sont un filtre, un filtre qui donne à l’image tout sa singularité. Vous la verrez comme bon vous semble, vous la jugerez à votre guise, car elle n’est qu’un être parmi tant d’autres, qu’un détail dans cette immensité, qu’une bagatelle dans l’univers…Alors qu’importe sa nature, perdez cette fierté, laissez cet axiome entêtant qui déjà se plaît à vous influencer. Ecoutez la simplement, elle se livre à vous, elle vous ouvre son cœur…

D’épines soit-il saturé , de douceur puisse t-il vous emplir.


«Mon cœur s’altère, il ternit, je le sens bondir en cet instant, si fort, dans ma poitrine, de cette vigueur éternelle, une vigueur amer, qui me transperce. J’ai peur qu’il ne finisse par exploser, car malgré cette immortalité que l’on m’a offerte, mon cœur n’a pas changé, il est aussi précaire qu’avant…Alors, je ne sais ce qui m’anime réellement, je ressens, ce besoin oppressant, de tout écrire maintenant, d’entendre cette plume forcer les fibres du papier sous la pression de mes doigts, de voir l’encre couler ne serait-ce que pour moi. J’ai besoin de cela, rien qu’une fois…maintenant, et puis, je cacherai ce traître papier. Il contient déjà trop de mon impureté…Si quelqu’un le trouvait, alors son âme serait chamboulée…Mais … pour l’instant…passons aux aveux. Que devrais-je dire pour commencer ? Peut-être me présenter ? Qu’il en soit ainsi…Luna est mon prénom, Scarlance, le nom de famille de ma mère adoptive. Je suis âgée de 19 ans…Enfin…Non….Pour être honnête, cela fait plus de trente ans que ce monde m’a accueillie…Mais les années ont passé si vite, que j’avoue ne plus voir la différence. Des années, marquées dans mon esprit, se sont-elles qui ont fait de moi ce que je suis.

Et que suis-je ? Je suis bien des choses, pour certains, je suis une nuit, un plaisir, une folie, une aventure, un défit, une envie, une tentation, et pour d’autres, truffées de jalousie, je suis une rivale , une catin, une dépravée, un déchet, voire même une erreur. Il y a le choix, cela va sans dire. Je n’ai encore jamais réussi à me situer dans tous cette ribambelle de préjugés. La seule chose que je sais, c’est que quoiqu’en disent les mauvaises langues, je ne suis qu’une femme qui a laissé la vie la porter…Vers un chemin certes obscur, épineux et sinueux, rares sont ceux qui oseraient l’emprunter tant il effraie .Lorsqu’on y pénètre une fois, l’âme s’égare, elle est avide, elle veut connaître l’aboutissement, alors elle avancera, droit devant, suivant le chemin, sans jamais le quitter, convaincue que quand elle le voudrait, elle pourrait se retourner, et revenir sur ses pas. Mais ce chemin là est un piège. Il se nourrit de l’innocence, tel un vampire agglutiné à la frêle nuque de sa proie, ce chemin capture son hôte et ne le libérera jamais. Prélevant à chaque pas un peu plus de raison et injectant plus d’abnégation. Je connais si bien cette sensation, l’impression de tomber perpétuellement, de tendre les mains vers une lumière inexistante mais de rejoindre inévitablement les glaciales ténèbres. De s’y enfoncer, d’en devenir dépendante…Peu à peu, je me suis mise à aimer ce chaos merveilleux, cette obscure clarté qui m’emplissait. J’ai honte de l’avouer…Mais j’aime étrangement la souffrance et la peur, je les trouve enivrantes. Et parfois même, palpitantes. Elles ont cette façon si prenante de satisfaire les vraies ardeurs..Comme aucune chose ne saurait le faire. Je le sais bien…Mon esprit corrompu ne peux que reconnaître fièrement ses alliées. Mais qu’en est-il de mes véritables sentiments ? Suis-je seulement une âme libertine ? Suis-je seulement à l’image de ma vie, de ce métier qui me caractérise ? Ne puis-je être Luna ? Une femme qui ressent et souhaiterait aimer ? Sur ce papier, je le suis, celle qui parle, c’est la véritable Luna. C’est moi, réellement moi, à jamais sur ce papier. Je voudrais le crier à m’en condamner la voix à jamais : Je ne suis pas qu’une fille de joie ! Mon corps est aussi fragile et vulnérable que celles qui n’ont jamais connus la violence de l’amour et la passion du viol. Mes pensées sont aussi banales que n’importe quelle âme innocente. Je rêve et je pleure aussi, je souffre et je chante comme une vraie fille. J’ai une sensibilité, j’ai cette volonté d’aimer. Je ne suis pas que l’esclave des vices et de leur luxure…Non…Très loin dans ce chemin je me suis engouffrée..Mais j’ai pris soin d’y semer quelques miettes d’espoir. Car on ne sait jamais, peut-être qu’un jour, une effluve chatouillera ma peau, balayant mes cheveux, et que, cherchant à les remettre en place, mes yeux rencontreront à nouveau le chemin du retour, ce chemin parsemé d’une triste espérance. Je me plais à le croire. J’arrive même à l’imaginer. C’est étrange mais…le seul fait d’écrire sur ce papier fait parvenir à mes narines le doux parfum de la liberté. …Non…Je m’égare…A quoi bon espérer ? J’entends déjà les voix des clients dans le hall d’entrée, ce sont les missives du chemin empoisonné. Elles m’appellent…Posons la plume pour le corset. »

Vieux papier délicatement dissimulé en haut d'une armoire, entre deux gros ouvrages plus ennuyants l'un que l'autre.





Biographie :





Une petite goutte salée se laissa entrainer par la chute interminable, une pente lisse et douce qui la conduisait tout droit sur le sol. Elle coulait….Coulait…Tel un suicide parfait elle s’avançait vers le vide, elle courait à la mort. Son allure s’accélérait, de plus en plus, puis enfin, elle tomba. Entrainée par sa petite masse, cette petite goutte insignifiante, fusait dans l’air et s’écrasa sur le carrelage blanc que ses yeux fixaient sans vie, perdus dans le dégout. Elle fixait le plancher tenant dans sa main ses habits déchirés, sales et impurs. Sa délicate peau rosée avait perdu de sa couleur, elle adoptait peu à peu un teint très blafard, pâle. Enfin elle essuya du revers de la main les larmes qui coulaient encore et souhaitaient elles aussi rejoindre celle qui s’était écrasée sur le sol juste avant. Elle se leva sans un mot, et attrapa l’énorme liasse de billet qui trônait sur la table de nuit de la chambre dans laquelle elle se trouvait. D’un geste des doigts qui se voulait dextre et habitué elle feuilleta les billets pour voir s’il y avait le compte, il y avait le compte, et même un peu plus…Elle devait avoir fait du bon travail cette fois-ci, encore heureux . Le regard vide et se mordillant la lèvre pour retenir un cri de douleur, elle marcha vers la salle de bain, lentement, souffrante …Elle avait si mal ! D’habitude cela ne lui faisait rien, mais là, c’était un calvaire, une véritable torture ! Tous ses membres lui criaient de ne pas bouger, mais elle n’en fit rien. Une fois dans la salle de bain elle se confronta au miroir…Mon dieu !…Que lui avait-il fait ? Ses mains se plaquèrent contre sa clavicule, effrayée. Elle fixa, les yeux ébahit, l’immense trace qui recouvrait son cou, sa nuque et le haut de son dos…C’était cela qui lui faisait mal, la blessure lui lançait à intervalles réguliers des pics de douleurs insupportables. Elle n’en revenait pas, jamais elle n’avait été traitée comme cela, jamais elle n’avait subi pareille épreuve, jamais elle n’avait pleuré de la sorte, elle qui s’interdisait le sentimentalisme et toutes les choses futiles qui allaient avec. Il l’avait dépravée et il se plaisait à le lui rappeler, ce qu’elle pouvait le haïr ! Qu’il aille bruler en enfer ! Que les flammes de celui qui prendrait son âme de succube de la passion le dévore, consume son être, le tue, lui arrache les cris les plus excitants de souffrance et d’acrimonie..oh douce vision ! Elle en oubliait la douleur, de l’imaginer mourir, de l’imaginer saigner et souffrir ! Mais cela ne suffisait pas, même mourant il la hantait, ignoble ! Infâme ! Ordure !

« Je te hais, je te hais, je te hais, je te hais…………….Je te hais ! » Hurla la demoiselle dans un sanglot étouffant. « Aaaaaaaaaah ! Sors de ma tête ! » Elle prit son visage entre ses mains et le compressa pour retenir sa haine. Les larmes n’en finissaient plus de couler et de dévaster son joli minois. Sa main frappa violemment le miroir qui se brisa et éclata au sol dans un boucan infernal. Elle retint un autre cri de douleur, et se força à se taire, peut-être pour se punir elle-même. Et de sa main recouverte de sang elle sécha ses larmes peinturant sa peau de ce liquide rouge et effrayant. Elle s’en fichait elle était sale, alors plus de saleté ? Qu’est-ce que ca pouvait bien lui faire, hein ? Elle se répugnait, dégoutée d’elle-même , d’avoir pu se laisser faire ainsi, de l’avoir laisser faire lui ! « Je te jure ordure, c’est moi qui te tuerai, tu verras, je te ferais lentement mourir, tu auras le droit de souffrir aussi longtemps que moi, je vais te transpercer de millier d’aiguilles jusqu’à ce que tu me supplies de t’achever, mais je ferais mieux, je te laisserai là, et en guise d’au revoir, je te priverai de la seule chose que tu sais utiliser, sale porc. » Elle serra son poing, et les yeux habités par la rage elle reprit son monologue. « Je prendrais un couteau, et je la couperai ! Tu ne l’auras plus et tu hurleras de douleur ! Je partirai avec et je la donnerai par inadvertance à quelques chiens affamés. Tandis que toi, tu demeureras là, avec tes aiguilles et ta si pitoyable virilité en moins ! » Sa langue passa sur ses lèvres frénétiquement puis elle eut une sensation si répugnante qu’elle vomit sur le sol…Définitivement écœurée. Elle avait atteinte le summum de la répugnance . Faible, elle se redressa et se hissa dans la baignoire et comme pour exorciser sa peine, elle se balança le seau d’eau glacée sur le visage et perdit connaissance.
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« Tu me racontes une histoire Maman ? »

« Ma chérie, Maman est fatiguée, elle va aller se coucher et toi aussi, et tu n’as plus besoin d’histoire maintenant, tu es déjà presque une femme, tu as quinze ans ma belle. »

« Mais maman, je le sais bien ça ! Oh mais s’il te plaît raconte moi quelque chose, mais pas un conte de fée, je veux apprendre ce qu’est la vie la vraie ! »

« Mais je ne connais pas d’histoire comme ça...Enfin… » Elle réfléchit un peu. « J’en connais bien une mais, elle risquerait de vraiment te choquer ma belle. Es tu sûre de vouloir l’entendre ? »

« Oui ! Je t’écoute ! » Répondit la jeune fille à sa mère en s’allongeant sur son lit.

« Bon…C’est l’histoire d’une fille que j’ai connue il y a longtemps. Elle s’appelait …Luna…Luna…Hum….Oh mince je ne me souviens plus de son nom…Mince…Bah…Ces filles là n’ont pas besoin de nom de toute façon. »

« Comment ça ? » Demanda l’intriguée à sa mère.

« Tu vas voir, maintenant écoute moi je vais t’apprendre la vie. »

Elle posa son dos contre le chaise, et tout en se balançant, entama son récit.

« C’était une de ces journées banales dans une vie, elle avait commencé comme celle qui la précédait, rien de bien surprenant…Les petites habitudes, la routine, je me préparais pour aller au travail…Ah tu veux savoir ce que je faisais comme travail à cette époque là hein ? Je travaillais dans une petite boulangerie, très modeste, rien de bien prometteur mais ca faisait rentrer de l’argent et dieu sait à quel point l’argent est précieux ma fille, sache le, retiens le même. Enfin bon, revenons à cette fameuse journée, j’allais au travail comme chaque matin, c’est moi qui me chargeait de tout ce qui était nettoyage, exposition et vente des pains et viennoiseries. Il y avait peu de clients, c’était assez calme pour une fois, et tu vois, c’est là que je l’ai remarquée. Cette petite peste de Luna. Bah…Bien sur je ne savais pas ce qu’elle était vraiment à l’époque, elle avait à peine cinq ans la première fois que je l’ai vue, toute chétive, vêtue de haillon, maigre, maigre c’en était affolant ! Alors je l’ai vue entrer en douce dans la boulangerie, je crois bien qu’elle ne m’avait pas vu car elle avait l’air de celui qui s’apprête à faire quelque chose de mauvais, tu sais ? Ce petit air malhonnête ? Bon, eh bien ,je l’ai laissée faire figure toi, elle s’est dirigée vers le bac à pain et pof ! La voilà qui en prend un et file à toute vitesse, je te jure ma fille, même si j’avais voulu l’arrêter je n’aurais pas pu tant ses petites jambes l’avaient menée loin. Bah…Et puis un pain, qu’est-ce que ça pouvait bien me faire ? Elle était si maigre qu’elle me faisait pitié. Mais bon, tu vois, ces choses là, on les laisse passer une fois mais pas deux, non pas deux ma belle, sache le, retiens le même. »

Elle se leva et s’assit près de sa fille.

« Je suis mieux là, il me semble. Enfin mon enfant écoute un peu ta mère, elle n’a pas fini son récit. Qu’est-ce que je disais moi ? Ah oui, le pain, elle l’a prit. Alors un pain en moins, une fois, bon…Mais la maligne croyant avoir trouvé une source de pitance était revenu le lendemain. Tu sais comme ces petits animaux qu’on peut apprivoiser, tu leur donnes de la nourriture une fois et tu les vois rappliquer tout le temps après, eh bien celle-là je te l’avais drôlement apprivoisée ! La voilà qui revenait à la même heure, avec son même petit air malhonnête. Alors je n’ai pas tourner autour du pot ma fille, oh non ! Ni une ni deux, je lui prenais son petit bras et lui arrachait le pain de la main. Et tu sais ce qu’elle a fait la vilaine ? Elle m’a regardé de ses yeux là, tu sais, ses yeux qui implorent, vraiment pitoyable, mon dieu que je lui en ai collé une de ses raclées à celle-là ! Elle a filé à toute pompe. Mais tu vois, je l’ai suivie, car, tu vois moi, je voulais voir ses parents, ces êtres incapables d’éduquer un enfant. Alors je l’ai suivie discrètement, là voilà qui tournait au coin d’une petite ruelle. Et là, tu sais ce que j’ai vu, non tu ne sais pas, peut-être devrais-je te le cacher ? Non tu veux des vérités sur la vie ma fille, je vais t’en raconter des belles. La petite avait rejoint un homme, bah…Un homme, il n’était pas si vieux, c’était un petit pour moi, allez quoi je dirais la quinzaine d’années pas plus pas moins, moi qui avais vingt quatre ans passés. Bon… Et tu sais ce qu’il a fait cet espèce de dégénéré ? Voyant arriver la petite les mains vides il te l’a assommée comme l’on assommerait un insecte d’un coup de main. Un vrai désaxé celui-là, attends écoute un peu ce qu’il a dit à la petite après lui avoir déglingué le visage :

« Petite incapable, même pas fichue de ramener un pain à ton frère ? Tu es inutile, tu vas payer pour avoir oser revenir ici les mains vides. Si tu ne sers pas à me nourrir alors tu serviras à autre chose. »

Et le voilà qui prenait la petite et te la collait au mur alors qu’elle était sonnée. Et tu sais ce qu’il a fait ? Le fameux frère, hein ? Il lui a déchiré ses vêtements, mon dieu, j’en étais si interloquée, que je n’ai même pas bouger pour l’aider. Alors tu vois, dans ma stupeur, j’ai observé l’action, le frère a violé la sœur. C’était si intense, il lui assénait de ses coups pour l’empêcher de hurler, mais tu vois, la petite, elle ne disait plus rien au bout d’un moment, comme si elle était habituée, je te jure, ma fille, comme ça dans le rue, sans vergogne, violemment , sur sa petite sœur…C’était si inhumain, que mon corps était paralysé par la peur. Alors je suis partie et j’ai regagné ma place de vendeuse, alors que la fille se faisait traitée comme la pire des catins que l’on puisse trouver. Et alors quoi ? J’aurais du l’aider ? Mais tu vois, moi, ca ne me regardait pas et puis je devais retourner travailler. Comprends ta mère ma fille, des fois il vaut mieux faire comme si on ne savait rien, des fois il vaut mieux observer et fuir, sache le, retiens le même. Ta mère t’en apprend des belles hein ? Tu aimes ces histoires ? Attends un peu ce n’est pas terminé, ca n’est encore que le début. La petite, tu sais, elle est revenue le lendemain pour chiper son pain, quel culot ! Mais là, ma belle, je te l’ai attrapée par les poignets et conduise dans l’arrière boutique.

« Tu as bien du culot de revenir ici toi ! Où sont tes parents petite dévergondée ? » Je lui ai dis.


« Je ne sais pas » m’a répondu la fille en me foudroyant du regard.

« Tu ne sais pas ? » Alors je te l’ai titillée un peu, pour voir, juste pour voir hein. « Et ton frère, il est où ? Il t’attends encore dans la ruelle ? »

Là, tu vois, elle m’a regardé avec de ses yeux, des yeux ronds de stupeur ! Elle ne s’attendait pas à ça crois moi. Eh bien, mes paroles l’avaient touchée, là voilà qui fondait en larme devant moi, comme ça, sans la moindre contenance et me suppliait presque
. « Je vous en prie, donnez moi un pain madame, je ne peux pas revenir sans un pain…Grand frère va me gronder. »

Alors moi, tu vois, l’adepte de la vieille école, je te lui ai pris le pain et la main et je suis allée à la ruelle, tu sais, la même où il te l’avait déglinguée puis violée. Et là, j’ai revu le monstre. La même tête de désaxé, mais il ne s’attendait pas à me voir arriver, et surtout pas avec la sœur dans une main et le pain dans l’autre. Alors j’ai brandit le pain, et je lui ai balancé dessus !

« Tiens ! Tu veux du pain ? Va te le chercher toi-même sale vaurien ! Moi je te le donne celui-là, mais tu vois, c’est pas gratuit. Tout ce paye mon petit, et moi, je rends pas la monnaie ou gens comme toi, moi je te prends la fille et je te la rends pas. Elle est à moi maintenant, et si t’as envie de te défouler petit, t’as qu’à te payer une vrai catin, encore que pas sur que t’en aies les moyens. Pff ! Pitoyable ! »

Et là, je repartais avec la petite, qui n’en revenait pas d’avoir trouvé son sauveur. Ma foi, je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai fais ça sur le coup, ca ne me ressemble pas, s’encombrer d’une gosse alors que j’avais une vie stable. Bon…Le frère, il s’est jamais remontré après, et la petite, je te l’ai un peu éduquée. Je l’ai coiffée, lavée, nourrie…Eh ben…Elle en cachait de ses atouts sous sa couche de crasse, c’était une belle petite, avec de beaux yeux bleu foncés tu sais, des yeux expressifs, des yeux intelligents, elle n’était pas stupide celle-là, je l’ai compris sur le coup. Et puis, elle avait de beaux cheveux, des cheveux lisses un peu roux mais pâle, si pâles qu’ils étaient plus roses que rouge, surprenant je te le dis moi, c’était une belle petite, normal que l’autre dégénéré ait eu envie de la gouter. Ma fille, si j’avais su à l’époque dans quoi je m’embraquais, pour sûr que je l’aurais rendue à son frère mais tu vois, je me suis attachée à elle, je la prenais un peu pour ma fille et elle, au bout d’une semaine elle m’appelait déjà « maman ». Bah…Ne fais pas cette tête là, c’est bien toi mon unique enfant, cette Luna, elle n’est plus qu’un souvenir désagréable à présent. »


Ses yeux fixèrent le vide, dépourvus d’expressions, et ses rides marquées par l’usure du temps dévoilaient les réminiscences qui l’assaillaient. Mais la mère cacha son trouble à l’enfant, et puis elle lui sourit et lui caressa la joue l’air indifférent.

« Oui, ma belle, tu es mon seul enfant. Alors ne t’en fais pas, je vais te raconter la suite et tu vas comprendre un peu, écoute ta mère, elle n’a pas fini de te surprendre. La petite, elle n’est pas restée longtemps petite, tu vois. Elle a vite grandit, de cinq ans seulement elle avait atteint ses dix ans et avait grandi et embellit, c’était impressionnant ma belle, elle avait tout ce qu’il fallait pour réussir, un visage et un corps que l’on pouvait envier et d’une intelligence à te couper le sifflet ! Je ne sais pas d’où elle tenait ça, mais elle le tenait bien. Et moi, de mon coté, j’étais fière, lorsqu’on me disait « Vous avez une enfant magnifique, elle vous ressemble, c’est une bonne petite. »Moi qui n’avait encore jamais trouvé l’amour, grâce à elle les hommes me faisaient la conversation, ils me félicitaient car j’élevais admirablement bien mon enfant. Alors Luna, oui Luna, car elle s’appelait comme ça, enfin c’est ce qu’elle m’avait dit…Eh bien cette Luna, elle faisait tout pour me faciliter la vie, elle te sortait les poubelles, elle te nettoyait le sol et faisait la vaisselle, elle te brossait les cheveux et te chantait des chansons…Un vrai petit ange, tu sais…un vrai petit ange celle-là. Et ca a continué comme ça longtemps, cinq ans à peu près, elle était devenue une très belle jeune fille, elle attirait tous les regards. Mon Dieu, si tu savais, le nombre de jeunes hommes qui l’avaient remarquée et qui la voulaient pour eux. Un phénomène, je te le dis, un vrai phénomène celle-là. Enfin bon, au bout d’un moment, je ne m’en souciais plus vraiment tu vois, et puis, elle semblait se ficher complètement des hommes…Alors je ne lui disais rien. Mais, ma fille, il ne faut jamais se fier aux apparences, la petite, elle cachait bien son jeu. Moi qui la voyait rentrer tous les jours avec de l’argent, qui m’offrait tout un tas de babioles, comment j’aurais pu me douter de ce qu’elle tramait ? Hein ? Je ne pouvais pas, elle m’avait totalement embobinée. Mais bon, j’avais les yeux et l’attention ailleurs, car tu vois, il y avait un homme qui me plaisait, c’était un brave homme, et puis, il était très beau, de mon âge, et avait une bonne condition sociale, il tenait son propre restaurant et il me faisait la cour avec expérience, et respect. J’en étais complètement entichée moi, j’en perdais toute ma lucidité. J’étais persuadée que je vivrais le restant de mes jours avec cet homme, il ne se passait pas une seule seconde sans que je ne pense à lui, et lui, il m’envoyait des fleurs, il m’invitait dans des restaurants somptueux, je n’avais jamais été traitée aussi bien, ma fille, je te le dis, une vraie princesse, voilà ce que j’avais l’impression d’être quand il me tenait dans ses bras. Il embrassait si bien, et puis il me respectait, il prenait le temps de me découvrir, il m’étonnait par sa patience. Il venait me voir tous les jours, je nageait en plein rêve ! Aaaaah ! Ce que je pouvais être naïve ma fille ! Tu veux savoir la meilleure ? Attends un peu, tu ne vas pas en croire tes petites oreilles. »

« Oui maman, je veux la suite, je t’écoute »Lui répondit sa fille, absorbée par le récit emplit de véracité que lui narrait sa mère.

« Eh bien, ca ne m’étonne pas de toi ma petite, telle mère telle fille, hein ? Allez approche, c’est un passage que je n’aime pas du tout dans ce récit ma belle, réconforte ta mère, y penser la perturbe déjà. Je disais donc qu’un homme me courtisait…Oh…Peut-être souhaite tu connaître son nom ? Je m’en souviens bien de celui-là, il s’appelait Henri, Henri De Lancourt, un de ces noms de souche noble…Tu sais…Rien à voir avec le mien, la boulangère du quartier, on m’appelait « Madame pain », je m’y étais habituée à force. Mais, Henri, lui, c’était le seul à utiliser mon prénom…Il l’aimait beaucoup, enfin c’est ce que je croyais, car il s’amusait à me surprendre dans l’arrière boutique et à le murmurer sans cesse « Melanie….Melanie…Melanie » Répétait mon Henri avec ardeur…Je te promets, ces moments, ca me rendait folle, je les attendait tout le temps…La Madame pain était conquise, complètement ensorcelée, c’est moi qui te le dis. Sur un petit nuage, voilà ce sur quoi je marchait…Ah…Quelle naïveté. Allez, passons aux choses sérieuses, je sais que tu meures d’envie d’entendre ce qu’il s’est passé ma jolie. Alors voilà les faits : C’était un soir où je rentrais à la boutique, je l’avait laissée à Luna…Bah…Elle était serviable la petite, alors je lui faisais confiance tu vois….J’étais partie m’acheter un petit plaisir, une belle robe violette, c’était la nouvelle couleur à la mode, j’avais économisé pour cette petite gâterie, beaucoup, je voulais faire plaisir à mon Henri, je voulais qu’il me désire encore plus et qu’il chuchote mon nom plus fort…Ah…Si tu avais pu me voir arriver dans la boutique avec mon paquet dans la main, un sourire niais sur le visage…J’ai posé le paquet dans mon armoire et j’ai fermé à clef. J’étais tellement perdue dans ma petite béatitude que je n’ai même pas remarqué qu’il y avait quelqu’un dans l’arrière boutique, la lumière était allumée, la porte était entrouverte. De toute façon, je m’y serais rendue même si j’avais vu…Mais bon, avec le temps, je me plais à penser que je me serais dit « Bah c’est la petite, elle doit ranger les paquets de farines comme chaque soir. » Et je serais repartie. Eh ben…Non….Je n’avais rien vu, et voilà déjà que mes jambes me guidait vers la petite salle derrière la boutique. Là, quand je me suis retrouvée devant la porte, j’ai réalisé qu’il y avait quelqu’un à l’intérieur. Et puis, il y avait des bruits bizarres. On aurait dit des gémissements…Mon dieu…Rien que de m’en rappeler…J’en ai un pincement au cœur ma belle…Allez…Serre maman…Serre maman…Elle à de drôles d’images qui l’envahissent soudainement. Oui…Des gémissements ma fille, et des bruits étranges, comme si l’on cognait quelque chose contre autre chose….Vraiment…Bah…Alors je suis entrée. J’ai franchit le seuil de la porte, et j’ai tout vu…Je n’ai rien manqué, j’étais aux premières loges, la meilleure place pour la meilleure spectatrice. Laisse moi te décrire la scène, tu ne vas pas en revenir. Il y avait mon Henri…Mais il n’était pas seul…Qu’est-ce que tu crois, hein ? Devine un peu qui était avec lui…La petite…Cette Luna…E t mon Henri…Tous les deux, entrain de faire la pire chose qui puisse exister. Le Henri lui tenait les mains sur la table, il avait à peine enlevé son bas, juste assez pour avoir accès à ce qu’il utilisait…Tu vois, hein ?...Et il te la tenait, elle aussi, les habits relevés, la poitrine à l’air, sa belle poitrine que tout le monde enviait…Et sa robe relevée au bas. Elle avait un bâillon sur la bouche, et l’autre, il se défoulait, il te la cognait, et cognait comme un dératé…C’était bestial. C’était violent...Jamais je n’aurais imaginé mon Henri ainsi…Si j’avais su…Et cette fille…Tu parles d’une fille, la saleté, j’en avais rien à faire qu’il te l’ai ligotée, du moment qu’elle avait posé les mains sur mon homme…Je ne l’estimais déjà plus celle là…Alors tu vois, quand j ‘ai vu ça, je suis restée là un instant, bouche bée et puis je me suis mise à crier. Henri a tourné la tête vers moi, il avait un de ses airs ! Les yeux grand ouverts, ah ! Il ne s’attendait pas à ce que j’arrive comme ça ! Ta ….Soit disant…« Mélanie …Mélanie…Mélanie »… Hein ? Tu sais ce qu’il a fait quand il m’a vue ? Il a lâché l’autre, et il a refermé son pantalon il s’est arrangé les cheveux et s’est essuyé le front, qui dégoulinait de sueur et il s’est approché…Comme ça…Sans gène !

« Melanie…Ce n’est pas ce que vous croyez…" A-t-il osé dire !

Je te lui en ai flanqué une de ses raclées ma belle ! « Ce n’est pas ce que je croyais » ? Et je croyais quoi ? Je voyais moi, je voyais ! Et ce que j’ai vu suffisait simplement à croire ! Alors la claque, ca te lui a fais une de ces marques ! Il s’imaginait pas que tant de force pouvait émaner de mes petits bras, eh ben, il a reculé de trois pas sous le coup, et il m’a regardée avec une de ces haines ! Et puis, pof ! Il a filé ! Il s’est mis à courir vers la sortie de la boutique, comme ça ! Ma parole….Je suis restée là, je n’ai même pas chercher à le rattraper…Et pourtant je peux te dire, avec les années, après y avoir repensé plusieurs fois, j’aurais du te l’assommer…Si c’était à refaire, je l’aurais bien démonté. Mais non…je suis restée là et j’observais ma soit disant « fille » …La dépravée, elle était bonne qu’à ca décidément, après son frère, il lui fallait un coup plus terrible, elle a pris mon amant. Je me suis donc dirigée vers elle, et je lui ai frappé le dos avec un bâton qui trainait…Elle a hurlé…La saleté…Alors j’ai refrappé…Elle a encore hurlé, ah bon dieu…Ces cris, ca sonnait si bien, trop bien. Et j’ai frappé plusieurs fois…Je me suis bien défoulée. Elle le méritait ! A se laisser faire comme ça, j’étais convaincue que c’était-elle qui avait tenté mon Henri, elle l’avait poussé à bout, avec ces petites mimiques, ces formes et ses yeux bleu foncés que tous les hommes admiraient. Enfin, elle payait ! Alors après, je te l’ai fichue dehors cette dépravée ! Pas question de la revoir, plus jamais !

« T’as seize ans, t’as de quoi gagner de l’argent ! Prostitue toi, tu es et tu seras bonne qu’à ça ! Saleté ! Va t-en ! Hors de ma vue ! » Voilà ce que je lui ai crié en la balançant hors de chez moi, cette souillure. Bah…C’était répugnant, eh ben tu vois ma belle, elle n’a rien dit la Luna, elle est partie, elle n’a même pas cherché à se défendre…Ca voulait tout dire ça, ca voulait bien dire qu’elle avait tenté Henri. Et puis, je vais te dire une chose…Qu’elle soit fautive ou non, je m’en fichais, tu vois, des fois, il vaut mieux se débarrasser des déchets, faut pas les accumuler, après, ca s’entasse, ca fait de la crasse, et ca stagne. Sache le, retiens le même. »


Elle se tut un instant, regardant sa fille, lui caressant la joue. D’un sourire presque possédé par la folie.

« Maman ? » S’enquit la fille.

« Oui ma chérie ? » Lui répondit la mère.

« Mais…Tu ne l’as jamais revue depuis ? » Lui demanda sa fille.

« Jamais, fort heureusement pour elle, ma belle. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, tu vois, et je m’en moque, c’est la fin de mon histoire. »

« Mais… » Insista la petite.

« Chut…Allez dors mon enfant, maman est fatiguée à présent. Elle a assez parlé. » L’interrompit sa mère, en se levant, puis en fermant la porte de la chambre derrière elle.
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La tête contre le bord de la baignoire, les cheveux trempés par l’eau glacée qu’elle venait de verser sur elle dans son accès de folie , les yeux fermés…Pâle, on aurait pu la prendre pour une morte…Tant son corps était inerte, et les mouvements de son thorax presque absents. Elle était ailleurs, elle rejoignait un autre monde…Le paysage se dessinait peu à peu. Mais avant le paysage, il y eut une douleur, intense, si horrible, que des hurlements sortaient de sa bouche… Quelque chose s’acharnait sur elle, violemment, dans le dos…Elle connaissait déjà cette scène…Evidemment, puisqu’il s’agissait d’un souvenir. Pourquoi ce souvenir précisément ? Elle n’en savait rien, ce qui était sur, c’est que son esprit se plaisait à la torturer. Il ne l’épargna pas une seule seconde. Et c’est ainsi qu’elle se mit à revoir passer, l’épisode le plus rebutant de sa vie.

Elle le voyait, lui, cet espèce d’infâme homme qui la harcelait, chaque soir. C’était la même rengaine, il attendait qu’elle soit seule, qu’elle range les provisions dans l’arrière boutique, et lorsqu’elle avait le dos tourné, il lui attrapait la taille, et il la touchait sans retenue. L’infâme…Il ne se gênait pas, il mentait à sa mère, il l’avait amadouée, tant et si bien que Luna n’osa jamais lui parler de ce qu’il faisait le soir lorsqu’elle sortait. Elle avait bien trop peur, peur qu’on ne la croit pas et qu’elle soit expulsée. Mai peur aussi de lui qui la menaçait sans cesse. Cette comédie, elle n’en pouvait plus…Que lui voulait-on à la fin ? Elle avait seulement dix neuf ans…dix neuf ans et les hommes voulaient déjà se l’approprier, elle qui nourrissait une haine inconditionnée envers la gente masculine, traumatisée par les souvenirs de son frère ainé, elle devait affronter leurs regards gourmands. Mais voilà, l’heure de révéler la vérité allait sonner. Ce fut un de ces soirs comme les autres, elle rangeait l’arrière boutique, redoutant de le voir arriver, elle se demandait ce qu’il oserait lui faire cette foi là. Il entra dans la pièce, le visage déformé par son ébriété et il s’approcha d’elle…Son imposante carrure, la fit reculer, se retrouvant contre le mur…Non…Qu’il arrête…Mais il se mit à la déshabiller, abaissant le haut de sa robe et relevant le bas. Effrayée, elle se mit à crier et se retrouva bien vite bâillonnée avec un des rubans de sa robe. Il ne fallut pas plus de temps pour qu’il parvienne à la forcer…Allongée sur une table, les mains plaquées au dessus de sa tête, les yeux en larmes, elle supportait…Elle priait pour que cela cesse au plus vite, cela faisait mal…Elle rêvait de pouvoir s’enfuir, de pouvoir riposter, mais la force avec laquelle il la tenait l’en empêchait. Elle crut que cela durerait une éternité…Mais, en effet, l’heure de révéler la vérité était arrivée. Enfin..Sa mère adoptive arriva, découvrant la mascarade, elle se mit dans une colère noire, elle frappa Henri au visage et le laissa s’en aller. L’espace d’un instant, Luna crut qu’elle viendrait l’aider, qu’elle la détacherait, ou bien même qu’elle la rassurerait…Mais la vie voulait la gâter. La mère approcha, le regard sombre, possédé par une multitude de sentiments, on pouvait y lire de la haine, mais surtout, de la jalousie…De quoi pouvait-elle bien être jalouse… ? Souhaitait-elle, elle aussi, se faire violer ? Quoiqu’en soient les raisons, la mère ne chercha pas à comprendre, elle attrapa un bâton, c’était le manche d’un balai, et elle lui asséna un violent coup sur le dos. La douleur la transperça, si bien que malgré son bâillon, on entendit un hurlement puissant et inquiétant. Et puis, il y eut d’autres coups, plus violent les uns que les autres, elle serrait les poings pour contenir son affliction…Mais petit à petit, elle n’eut plus assez de force pour tenir, elle plongea tête la première au sol, à demi inconsciente. C’est à cet instant là qu’enfin, la dégénérée cessa de frapper, l’attrapant pas le bras violemment, elle la poussa à l’extérieur de la boutique. Luna s’écroula au sol, tremblante, souffrante, ne pouvant articuler quoique ce soit tant la peau mortifiée de son dos lui faisait mal. Alors elle se traîna, se redressa, et sans répondre, sans regarder en arrière, elle marcha longtemps, adossée aux murs des rues…Une phrase se répétant dans sa tête inlassablement.

« Prostitue toi, tu n’es bonne qu’à ça » Ah oui …?…Eh bien…Qu’il en soit ainsi.

Ses jambes ne tenaient plus, elle devait se poser, se reposer. Alors elle chercha un coin de rue, histoire de s’asseoir...Juste un peu…Rien qu’un peu…Elle avait si mal. A l’abris des regards, elle se laissa tomber entre deux murs, se cambrant sous l’effet de la douleur, gémissant malgré sa retenue. Elle passa sa main dans sur son dos, du bout des doigts, elle frôla les blessures, un simple courant d’air suffisait à la terrasser de douleur…Ces marques…Elles les auraient à vie…Jamais elle ne pourrait oublier…Jamais elle ne serait en paix. Il y avait du sang, il coulait…Chaud, sur sa peau, abondamment, bien trop abondamment, ses yeux, entrouverts, débordaient de larmes..Elle voyait mal, tout était flou, elle crut même que c’était la fin…Sa fin. Sa tête devenait de plus en plus lourde à porter, sur ses frêles épaules, elle tint encore quelques minutes, et, s’écroula sur le côté. Baignant dans son propre sang, sur le sol crasseux qui l’entourait. Ce souvenir…Quel punition…Ce jour là, la joue contre le sol, elle crut véritablement qu’elle allait mourir, mais étrangement, l’idée ne lui déplut pas, si cela pouvait abréger ses souffrances..Si cela pouvait débarrasser le monde d’une autre chose inutile. Elle accepterait volontiers de partir, elle donnerait son âme aux enfers, car c’est la seule chose qu’elle méritait…Pour tous les troubles qu’elle avait causé. Mais, que voulez-vous…aucun répit …Aucune rémission….Ca n’était pas terminé. Elle approchait aussi bien de sa fin que de sa nouvelle vie. Alors qu’elle gisait au sol, respirant mal, quelque chose la redressa…La conglomérant au mur, complètement inerte, elle ne réagit même pas, ses yeux fixaient le vide, ne parvenant qu’à voir une silhouette floue, noire…Ah…Peut-être qu’un démon venu des enfers venait enfin chercher son âme dépravée… ? … Elle ne comprit pas grand-chose à ce qui se passa cette nuit là. Des sensations subsistaient, une douleur mêlée à un plaisir impropre. Elle se souvenait…C’était comme si on l’avait poignardée, en pleine nuque, et qu’on avait aspiré son sang…Sans retenue, tout son fluide vital la quittait, alors qu’il lui en restait déjà très peu. Ca y est, c’était la fin, la vraie. Elle en était sûre, maintenant, elle allait partir, ses yeux se fermèrent, sa bouche se relâcha, s’entrouvrant et un dernier souffle de vie s’échapper de ses lèvres…Discrètement. La seule chose qu’elle put sentir avant de partir, ce fut un liquide brulant. Il entra par sa bouche, se faufila dans sa gorge, se déversant en son organisme…Brulant, certes, mais elle n’avait plus assez de force pour réaliser ce que c’était. Elle n’était déjà plus qu’une carapace inerte…Les ténèbres s’empressèrent de l’engloutir.
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« Tu n’aurais pas dû…C’est une grossière erreur..Qu’allons nous faire d’elle maintenant ? »

« Je m’en occupe, je te l’ai déjà dis, je sais ce que je fais. Bon dieu, ce n’est pas toi qui l’a trouvée presque morte dans la rue. Qu’aurais-tu fais à ma place ? J’aimerais bien le savoir. »

« Eh bien , je me serais contenter de son sang…Mais je ne l’aurais pas sauvée. »

« Sauvée ?...Je ne l’ai pas sauvée…Je l’ai condamnée… »

« Oh…La voilà qui ouvre les yeux, regarde. Ils sont bleu, elle est jolie, tu ne t’ennuieras pas au moins l’ami.»

« Ca, c’est sur. »


D’un geste fluide, l’homme aux cheveux d’ébène passa sa main sous la tête de la jeune femme. La relevant un peu, pour rapprocher son visage. Et il l’observa. Il observa ses traits fins, ses cheveux longs d’une couleur inaccoutumée. Ils étaient si longs, s’engouffraient dans chaque forme qui se présentait, sinueusement, d’une façon presque provocante, incitant presque les regards des curieux à suivre leur chemin en dessous des vêtements. Et puis sa peau, blanche, si délicate, il ne fallait en aucun cas l’abimer, les blessures avaient guéri et il n’en restait aucune trace …Heureusement.

« Vous m’entendez ? » Lui demanda l’homme au regard argenté. « N’ayez pas peur, je vous ai sauvée. »
Elle mit un long moment avant de comprendre ce qu’il disait, sa lucidité revenant lentement.

« Où suis-je ?....Suis-je en enfer ? » Répondit Luna.

« Non…Enfin…Presque. » Lui répondit l’homme dans un rire glauque, sombre. « Vous êtes chez moi ma toute belle. Les enfers sont bien risibles à coté. » Plaisanta l’homme.

Elle ouvrit les yeux, et scruta la pièce, c’était une chambre. Tout ce qu’il y avait de plus normal, en réalité, la seule chose d’anormal dans cette pièce, c’était lui. Il possédait un visage ensorcelant. Il semblait avoir été confectionné par les anges…Elle avait beau chercher, elle ne lui trouvait pas d’imperfections. Mais au-delà de sa beauté, il y avait sa fragrance. Il dégageait une odeur étrangement appétissante, si appétissante, que sa langue pourlécha ses lèvres, comme si elle avait faim.

« Oh…Mais ne vous retenez pas très chère. Servez-vous . Régalez vous même.» Lui dit l’homme en dégageant son cou, déboutonnant le haut de sa chemise.

Alors elle approcha sa bouche, guidée par un instinct nouveau. Elle savait ce qu’elle avait à faire, alors elle le fit. Elle planta ses canines de succube dans le cou de l’inconnu et se mit à boire son sang avec entrain. Chaque lampée était délicieuse, elle sentait sa force lui revenir, c’était si bon, le gout du sang. Le gout de la mort. Elle avait compris, peut-être respirait-elle encore, peut-être avait-elle toujours la même apparence, mais elle n’était plus humaine. Elle était comme lui à présent, un vampire. Finalement, elle avait bien vendu son âme au diable cette nuit là et voilà qu’elle goutait à ce liquide engourdissant. Elle en absorba jusqu’à être rassasiée, puis retira ses crocs et passa un doigt sur ses lèvres pour apprécier la dernière goutte de liquide qui s’en échappait. Quelles sensations si exquises. Elle ne s’était jamais sentie aussi bien, aussi comblée.

« J’ai bon gout. » Rigola le vampire. « Vous avez aimé ? »

Les yeux dans ceux de son interlocuteur, fascinée par sa beauté, elle répondit, bredouillant.
« Oui…Qui…Qui êtes vous ? »

« Je me nomme Victor. Je suis celui qui vous a sauvée. Mais je vous préviens ma belle… » Il approcha son visage et l’embrassa. « Ce n’est pas gratuit. » Il l’embrassa de nouveau. « Ca ne le sera jamais. » Il la coucha, tout en l’embrassant. « Vous êtes à moi. » prononça t-il finalement, l’embrassant encore. Et, accompagnant ses gestes d’un sourire aussi beau que terrifiant, il la déshabille et profita de ce corps qu’il avait sauvé. Quant à elle, elle ne riposta même pas, car elle savait bien qu’elle ne pouvait pas, et puis, après tout, elle « n’était bonne qu’à ça »…Non ?

Victor était un vampire, un vampire sans pitié. Il aimait le sang et la luxure. Il aimait tuer. Il ne tarda pas à l’entraîner dans cette vie d’obscurité, où régnaient en maîtres « soif et satisfaction ». Il avait fait d’elle son jouet. L’empêchant de sortir, l’enfermant la journée, le temps qu’il revienne. Et, quand il revenait, il la voulait entièrement…Il l’avait dépravée, elle qui détestait les hommes, voilà qu’elle commençait à apprécier leurs entrevues..Paradoxalement, elle s’attacha à son séquestreur. C’était la seule façon qu’elle avait de trouver sa vie normale. Après tout, elle était nourrie, logée…Elle avait juste à se vendre pour continuer. Se vendre…Vendre son corps , décidément …Elle n’était vraiment bonne qu’à ça…Tant pis. Elle essayait de se convaincre qu’elle pourrait supporter cela jusqu’à la fin…Mais la fin…Quelle fin ? Elle ne vieillissait plus à présent…La fin était si lointaine, supporter cela une éternité, elle ne tiendrait jamais. Il fallait qu’elle s’échappe. Qu’elle lui échappe. Ce fut une simple idée pour un temps, mais ca devint un projet puis une obligation au fur et à mesure. Elle échafauda tout un plan pour s’extirper de cette vie insupportable. Le jour fatidique, le jour où elle devait agir, elle était prête. Elle l’attendait, comme chaque fois qu’il partait et revenait. Elle l’attendait dans le salon ; Sur la table, elle avait préparé un petit coin romantique, un plateau d’argent orné de bougies sur lequel reposaient deux verres plein de sang frais. De sang frais.. ? Pas vraiment. En réalité, il n’y avait qu’un verre de sang frais, l’autre contenait un sang différent. Un sang empoisonné, tout le monde savait, que boire du sang mort pouvait être fatale à un vampire. Le sang mort, c’était un sang qui avait coagulé, dans un endroit chaud, éloigné de toute fraîcheur indispensable à sa conservation. Elle l’imaginait déjà boire et se contorsionner dans tous les sens. Il fallait qu’elle garde son calme, la clef tourna dans la serrure, la porte s’ouvrit, et il apparut. Lorsqu’il vi la petite mise en scène, il parut satisfait.

« Luna…Luna chérie, vous me gâtez aujourd’hui. » Chantonna t-il, ravi.

« Absolument » Répondit-elle en se levant et en lui retirant son manteau. « Asseyez-vous je vous en prie. » Elle lui montra le fauteuil qui n’attendait que lui. « Je me suis dit que, cela vous ferez plaisir, si nous prenions un apéritif. »

Il lui caressa la clavicule et s’assit sur le fauteuil. « C’est une bonne idée. Même si je suis plus intéressé par le plat principal, mais vous le savez. » Répondit-il en la déshabillant du regard.

Faisant mine de ne pas comprendre, elle s’assit à coté de lui, tentant de rendre ses gestes naturels et de cacher sa fourberie. Elle attrapa les deux verres, et lui tendit l’empoisonné tout en lui souriant faussement. Et, pour éviter qu’il ne renifle le sang mort, elle attira son attention en l’embrassant puis en buvant d’un trait son verre. Alors emporté et charmé par la demoiselle, il l’imita et bu son verre d’un trait. C’était gagné. Le visage, pourtant si beau, de Victor, commença à se crisper. Il suffoqua, cracha, voulant faire sortir le poison qu’il venait d’ingérer.

« Toi… ! » Vociféra t-il en s’écroulant au sol. « Qu’as-tu fait ??!! »

Elle le toisa de haut, et lui répondit d’une voix posée.
« Le sang mort. Ca a quel goût Victor ? »

Puis elle recula, le laissant là, agonisant au sol. Ce sang ne le tuerait pas, mais il l’affaiblirait assez pour qu’elle puisse s’enfuir. Alors elle attrapa quelques affaires qu’elle avait déjà rassemblées et elle courut vers la sortie. Enfin libre.

Elle n’entendit plus parler de lui pendant cinq ans approximativement. Cinq ans au cour desquels elle troua un moyen de vivre par elle-même. Ce n’était pas le moyen le plus noble, c’était même le moyen le plus dénigré. Ne possédant aucun diplômes , n’étant jamais allée à l’école, elle savait juste lire et encore…Mais pour le reste, elle ne connaissait rien. Elle vivait de sang, et lorsqu’elle avait besoin d’argent, elle se rendait à une fête, elle mettait sa plus belle tenue et elle en apprivoisait un…Elle passait la nuit avec lui, et avec cela, elle gagnait bien sa vie…Elle choisissait les bons clients, ceux dont-elle était sûre qu’ils lui paieraient entièrement ses services. Melanie avait raison…Elle avait fini prostituée. Errant quelques fois le soir sur les trottoirs, sa vie paraissait vide et amer. Au moins, Victor n’était pas revenu la chercher, il l’avait laissée en paix. Elle aurait pu passer sa vie ainsi. Mais, une nouvelle fois, le destin lui réserva quelques surprises. Cependant, ces surprises là elle ne s’en plaint pas. Ce fut la seule et unique fois que la vie se montrait clémente envers elle. C’était un soir où elle errait sur le trottoir. Elle avait faim, le sang lui manquait, alors elle guettait les passants, la meilleure proie qu’elle pourrait attraper dans un coin de rue pour lui voler un peu de son sang, sans la tuer bien sûr … mais juste un peu de sang….Rien qu’un peu. Elle attendait. Enfin, une odeur lui parvint aux narines, deux silhouettes marchaient dans sa direction. Elle s’adossa au mur, et les fixa, plus elles se rapprochaient et mieux elle pu distinguer leurs visages. Deux jeunes femmes, d’une beauté inhabituelle. Contrairement à ce qu’elle avait imaginé, elle ne chercha pas à les surprendre pour boire le sang, au contraire, ce sont elles qui se sont approchées d’elle. L’une, à la chevelure opaline vint lui parler. Elle dégageait quelque chose de familier, elle lui ressemblait…il lui semblait, étrangement, qu’elle pourrait se confier, et qu’elle la comprendrait. La jeune femme se présenta, elle s’appelait Crystal, et celle qui l’accompagnait, c’était Opale. Toutes deux semblaient s’entendre à merveille. C’est lorsqu’elle se présenta que Luna comprit enfin pourquoi elle avait cette impression de complicité. Crystal et Opale étaient elles aussi des femmes de la nuit, des femmes de plaisirs et elles lui proposèrent de les rejoindre dans leur future Maison Close. Le trio était assez original en somme, une humaine, une louve, et un vampire…L’idée plut immédiatement à Luna. Elle les suivit, soulagée d’avoir enfin trouver des gens qui la comprenait. Les Reines de la Nuit allaient prendre leur envol.

Enfin, elle avait trouvé sa place. Une place que bien des gens pouvaient critiquer, certes, mais aux regards de ce qu’elle avait vécu jusque là, elle se considérait chanceuse et elle souhaitait par-dessus tout que rien ne vienne perturber cela. Mais vous vous doutez bien que les fins heureuses ne sont pas offertes à tout le monde. Peut-être pensiez-vous que Victor ne reviendrait jamais ? Dans ce cas vous vous trompez. L’incube ne se gêna pas pour réapparaître dans sa vie. La surprenant une soirée, alors qu’elle faisait son métier. Il se présenta à elle comme un client potentiel. Toujours la même voix, le même visage, la même perversion…La même violence dans le regard. Elle chercha à l’ignorer, mais ignorer un client ne lui était pas autorisé, et elle n’avait jamais parlé de Victor à ses deux amies. C’est pourquoi, il profita de la situation, il l’obligea à entrer dans la chambre, et il lui murmura à l’oreille.

« Je t’ai manqué Luna. Je le sais . » Il se mit la déshabiller. « Ne t’inquiète pas, après cela, tu ne me reverras plus, mais je vais tellement te violenter, que jamais, je te le dis, jamais , Luna, tu ne pourras m’oublier . »

Sur ces mots, il lui griffa la visage, et planta ses crocs dans sa nuque, aspirant le sang avec avidité. Et tout en se rassasiant, il la viola cruellement, ne mesurant aucun de ses gestes, se permettant chaque folie qui se présentait à lui. Lorsqu’il eut finit, il la contempla , ravi. Puis il fouilla dans une de ses poches et en sortit une liasse de billets qu’il jeta sur la table de nuit.

«A une prochaine fois, Luna. » Prononça t-il d’une voix sombre et inquiétante, tout en sortant de la chambre.
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Elle avait froid, si froid. Le choc thermique avait été si puissant qu’elle en avait perdu connaissance. Une longue perte de connaissance, durant laquelle tous ses souvenirs lui étaient revenus. Ses yeux s’ouvrirent. Elle attrapa une éponge, et essuya sa peau, frotta tout ce qu’elle pouvait pour faire partir la moindre trace de ce qu’il avait laissé. La blessure commençait à guérir peu à peu, c’était un des avantages de sa nature vampirique…Elle passa plus d’un heure à frotter, avec acharnement, à s’en écorcher presque la peau. Quand elle eut terminé, elle se releva, elle se rinça abondamment et elle enfila une robe de nuit. Le pas lent, fatiguée, elle sortit de la chambre. Il faisait nuit. Les clients étaient partis, ou bien étaient-ils trop affairés pour apparaître à cet instant. Elle se posa sur une chaise et laissa sa tête tomber en arrière, fermant les yeux, elle contempla le plafond. Ce fut une nuit agitée. Une dernière larme s’échappa de ses paupières, et elle s’endormit ainsi, espérant à présent rêver de choses moins sordides.




Derrière l'écran:

    Pseudo :Luna ♥
    Age:Secret ?♥
    Comment t'es-tu retrouvé parmi nous?: Partenariat ♥
    Des Remarques ou impressions? Que j'ai hâte que Crystal et Opale me rejoigne dans notre future Maison Close! ♥
    As-tu lu le règlement ? Oui ♥
    Code du règlement : Okay by Zuzure ♥ >< !
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MessageSujet: Re: ¤ Scarlance Luna ¤ Le Désir Fleurit, La Possession Flétrit Toutes Choses.¤   Mer 1 Juin - 6:21

Bienvenue à toi Luna ^^

Je n'ai rien à redire concernant ta fiche \o Elle est parfaite, c'est très bien expliqué ^^
Je te valide en tant que Vampire et "Reine de la nuit" (Rang que je m'empresse de créer pour Opale et Crystal ^^)

Je t'invite à répondre aux demandes de rp, à faire ton journal de rp ainsi que tes liens et bien sur à t'amuser !

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¤ Scarlance Luna ¤ Le Désir Fleurit, La Possession Flétrit Toutes Choses.¤

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