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 Belle journée ! [PV : Lay]

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MessageSujet: Belle journée ! [PV : Lay]   Sam 9 Fév - 23:28

Ce fut une bonne et une belle matinée pour les bourgeois. Les commerces fleurissants vendaient depuis l'ouverture, les passants riaient et dépensaient, insouciants, détaché des soucis du monde avec une frivolité enfantine. L'argent et leur entourage leur permettait de caresser le doux rêve d'une situation confortable et éternelle. Ils pouvaient même prétendre s'acheter un peu de santé, avec tout cet or. Et ce n'était pas particulièrement faux. Surtout depuis qu'un praticien s'était installé en ville il y a quelques années de cela. On en disait bien de choses, tantôt des plaisanteries coquines, tantôt des louanges, il était certain que la notoriété de ce dernier n'était plus à refaire. Le jeune médecin avait eu l'accès à une large clientèle très rapidement, et put résoudre quasiment chaque cas qui lui a été soumis. Un prodige ? Un concours de hasards ? Toujours est il qu'Hope Critchlow était sans aucun doute le garant de la vie bonne de ces bonnes gens. Il s'efforça de conserver un minimum d'éthique morale dans le choix de sa clientèle : après tout, il n'y avait pas que des riches dans le bourg. Et bien que certains étaient incommodés de partager une salle d'attente avec occasionnellement quelques représentants des tranches inférieures de la strate parisienne, il n'en était pas moins sûr que ces personnes là étaient en mesure de payer le minimum de soins. Alors là venait une curieuse rumeur sur les élans de générosités du Docteur Critchlow. Cela allait des plus fantasques aux plus rationnelles, mais parmi elles figuraient la possibilité que les plus pauvres acceptaient de subir des traîtements expérimentaux et y risquaient leur vie. N'en déplaise la plèbe, la totalité des personnes ayant fréquenté le docteur n'eut jamais à se plaindre de quoi que ce soit. Courtoisie, efficacité et même parfoi charme accompagnaient chaque auscultation.


Mais quoiqu'il en soit, c'était une très bonne matinée. Et le jeune docteur en question était fermé pour l'après-midi; allez savoir pourquoi ? Un manque brutal de clientèle en cette saison où tout le monde est guérit ou en convalescence ? Ou alors juste l'envie de sortir, de respirer, et pourquoi pas, de profiter d'une bourse bien remplie et des affaires à conclure pour quelques produits de qualité. Vêtu de sa redingote blanche allant de paire avec le teint cendreux de ses cheveux, le médecin susnommé se balladait dans les bourgs, arpentant les rues, longeant les allées, passant devant vitrines et étals. Des patients croisés à la va-vite lui transmettaient les politesses, et il prenait de leurs nouvelles en retour. Rien n'était choquant dans sa manière d'être, et son assurance et son panache étaient tels qu'on oubliait bien vite que partout où il se rendait, il était seul. C'était bien la seule caractéristique notable de ce jeune homme en pleine réussite. Mais cela ne dérangeait pas outre-mesure, et il ne s'en pleignait pas. La seule idée qu'on puisse le dissocier de la masse par un comportement quelconque le faisait soupirer. Mais encore une fois, rien ne le dérangeait actuellement, pas plus que quelque chose dérangeait les passants et les marchands car c'était une belle journée.

Et pourtant, pourtant... il semblait bien que le Destin aimait jouer avec les petits hommes sur Terre. S'y préparer aurait été inutile. Tout ce fourmillement de personnes abritait des exceptions. Des personnages irrémédiablement fait pour se rencontrer, avoir une interraction. Et parfois de la manière la plus brutal. C'est au détour d'une rue qu'Hope Critchlow fut percuté par une masse de courte taille , qui lui fit perdre son équilibre. Dans la surprise, le médecin n'eut pas le temps d'aggriper quoique ce soit, et se retrouva projetté contre un révèrbère. Ses esprits se remirent en ordre diligemment, et il put discerner un enfant tombé au sol à l'endroit où il se trouvait auparavant. Le gamin semblait essouflé et peiné d'avoir chuter. Leurs regards se croisent. D'un côté, l'Infant étonné et en colère; et de l'autre le petit garçon tout autant surpris mais dont le visage était encore stygmatisé d'une sorte de peur. Hope analysa rapidement la situation, et se mit à faire ce que nimporte quel adulte digne de son rang aurait fait à sa place : il reprit contenance, lissa les plis de ses vêtements et sermonna l'enfant.

«Tu ne pourrais pas regarder où tu vas? Que fuyais-tu comme ça pour foncer dans les gens, hum ? La mort?»
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Lay Jaouen
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Dim 10 Fév - 10:28




Ce matin-là, quand Lay ouvrit les yeux, ce fut tout d’abord pour demander aux enfants du taudis d’arrêter de venir le déranger. Mais ce n’était pas l’un d’eux qui le secouait, il s’agissait d’Evilie, la femme qui l’avait recueillit plusieurs années plus tôt. Cette dernière le pria de se lever rapidement : elle devait se rendre de l’autre côté de Paris pour son travail et elle voulait que ce soit son "enfant adoptif" qui s’occupe de tous les bambins de la maison. Heureusement pour le pauvre sang-mêlé, elle avait confiée les plus petits à une autre mère vivant elle-aussi dans un taudis voisin. Il ne restait plus que six gamins à la charge de Lay. Ce dernier grogna pendant deux-trois minutes : il avait travaillé jusqu’à tard hier soir et le soleil se levait à peine lorsqu’il jeta un coup d’œil en dehors des tissus. Mais bon, il ne pouvait pas lui refuser quelque chose pour le moment, il avait encore sa dette à payer. Ce fut donc sans joie qu’il promit de s’occuper des garnements de sa "famille".

Le blond aux cheveux crasseux pensait qu’il aurait juste à les surveiller d’un œil pendant qu’ils jouaient avec les autres gamins des taudis devant leur masure de tissus. Mais il se trompait grandement et s’en rendit compte lorsque les deux jumeaux de la bande vinrent se plaindre qu’ils s’ennuyaient. Puis ce fut au tour des quatre autres enfants de venir s’accrocher à lui pour réclamer d’aller en ville. « Si ce n’est que ça » pensa le sang-mêlé. Il les emmena donc dans le cœur de la belle Paris pour ne pas avoir à se coltiner crises de larmes et de colère. Au début ils restèrent bien sages, se tenant la main, mais rapidement chacun voulut aller dans un magasin différent. N’ayant pas la particularité de se dédoubler et étant passablement fatigué, Lay décida de leur donner quartier libre. Il n’était pas d’humeur à leur courir après parce qu’ils avaient échappés à sa surveillance, surtout avec le soleil haut dans le ciel, qui lui donnait plus envie de dormir qu’autre chose.

Il alla donc s’installer dans une petite ruelle à l’abri de la lumière et garda autant que possible un œil sur chacun des six garnements. Ce n’était pas vraiment facile avec tous le monde présent dans le centre-ville en cette belle journée, mais il savait à peu près où chacun se trouvaient, surtout grâce à son ouïe de loup. Lay s’installa confortablement sur le mur de pierre, autant qu’un mur de pierre puisse être confortable, et en profita pour se reposer un minimum.


Pendant ce temps, du côté des six enfants, ils s’étaient regroupés devant un magasin de sucrerie, regardant avec envie toutes les couleurs qu’on apercevait à travers la vitre. Cependant, ils devaient se contenter de regarder car ils n’avaient pas assez d’argents pour s’acheter quoi que ce soit. Les enfants étaient tristes de cette constatation, mais ils ne pouvaient pas demander l’argent que Lay et leur mère gagnaient à la sueur de leur front pour un plaisir bref et qui deviendra addictif… Voyant la mine abattue de ses frères et sœurs, le plus âgé des six enfants déclara :

« On n’a qu’à aller voler tous ses riches ! De t’façon c’est pas comme s’ils avaient besoin de tous cet argent ! »

Les enfants des taudis ont toujours la vie dure, la plupart d’entre eux meurt avant leurs trois ans à cause de malnutrition ou à cause de l’hygiène déplorable. Alors ils ont appris à survivre et le meilleur moyen de le faire lorsqu’on est si jeune, c’est de voler les biens des autres. Chacun des six enfants avaient appris cela très tôt, malgré la nourriture que leur ramenait toujours leur "grand-frère" Lay. Voler faisait donc partit de leurs talents et ils avaient bien l’intention de l’utiliser pour s’offrir un petit plaisir aujourd’hui. Ils se séparèrent donc et partir chacun de leur côté en quête de bons pigeons à plumer.

Ce qui amusait le plus les enfants, c’est que généralement les adultes ne se rendaient compte de rien, ils les bousculaient et recevaient quelques sermons, mais rien de plus. Ils s’en sortaient quasiment toujours. Bien vite, les enfants rassemblèrent plusieurs bourses de pièces d’or. L’un d’eux, le plus jeune voulut être trop gourmand et se fit prendre la main dans le sac pour ainsi dire, autant au sens littéral qu’au sens figuré. Le gros monsieur à qui il avait essayé de prendre son argent le remarqua et commença à le poursuivre en lui promettant des coups de battons. Le gamin détala aussi vite que lui permettait ses petites jambes, se ruant vers l’allée principale dans l’espoir de retrouver rapidement Lay.

Mais ce ne fut pas Lay qu’il heurta de plein fouet en voulant induire son poursuivant en erreur et en passant par une rue avec l’attention de passer par une ruelle et se faufiler jusqu’à l’endroit où le blond les attendait. Il ne regarda même pas qui il avait heurté, tout ce que ces petits yeux de voleurs avaient vu, c’était la bourse à porté de main. D’ailleurs, il s’en saisit et la cacha pendant que l’adulte reprenait ses esprits. Il jeta un regard derrière lui rapidement, le gros porc n’était pas encore prêt de le rattraper au vu de son embonpoint fort développé. Mais il fallait quand même qu’il le sème !


« Tu ne pourrais pas regarder où tu vas ? Que fuyais-tu comme ça pour foncer dans les gens, hum ? La mort ? »
« T’es bien un riche pour croire que c’est la mort qui fait le plus peur ! » Lui cracha dessus l’enfant avec hargne.

Il c’était déjà remis debout et allait détaler au quart de tours, quand la voix aigue, passablement désagréable, de l’énorme noble retentit comme un fouet claquant dans l’air :

« Au voleur !! Arrêtez-le !!! »

Le gamin marqua un temps d’arrêt à cause de la surprise mais se reprit bien assez vite pour partir en courant, la bourse du noble, du médecin et de deux autres pigeons en main. Il devait à tout prix retrouver Lay ou ses frères.


Lay savourait tranquillement ce moment de calme, ignorant le bruit de la foule compacte qui s’agitait à quelques mètres de lui. Soudain, le bruit des pieds nus courant sur le pavé de la belle Paris attira son attention. Il jeta un coup d’œil vers l’allée principale du centre-ville et aperçut une touffe sombre se faufiler à travers la foule, avec quelqu’un à ses trousses. Lay reconnut en cette touffe sombre le plus jeune des enfants dont il avait la charge en ce jour ensoleillé : Frémont. Ce dernier l’aperçut également et courut encore plus vite dans sa direction. Ce n’est presque pas s’il lui sauta dans les bras, tremblant de peur. En bon grand-frère de la famille, Lay se chargea de le réconforter et le fit descendre et le cacha derrière lui, lorsqu’un homme arriva à leur hauteur.

Le blond avait bien compris ce qu’avaient fait ces "petits frères" mais ce n’était pas le sujet du moment. Il devait les protéger d’abord et les gronder après, lorsqu’ils seraient tirés d’affaire. L’homme face à lui ne lui faisait pas plus peur que ça : il s’inquiétait surtout pour les cinq autres, il espérait qu’ils ne s’étaient pas fait attrapés et qu’ils se terraient dans un coin en attendant qu’il vienne les chercher. Derrière ses jambes, Frémont regardait s’il n’y avait personne d’autres, mais apparemment, il avait réussit à en semer un. Il ne restait plus que le problème de l’homme qui avait réussit à le rattraper. Ce fut Lay qui engagea les "négociations" :

« Qu’est ce que vous voulez ? »

Avec ses cheveux qui recommençaient à devenir sals et ses habits usés par le temps, on pourrait croire que Lay tâcherait plus de s’écraser pour régler cette affaire rapidement, mais non, il défiait son interlocuteur du regard avec ses yeux bleus marines et se tenait parfaitement droit et ce, malgré les dix bons centimètres de différence entre les deux hommes.
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Dim 10 Fév - 12:14

Sacrée journée que cela était devenue ! L'enfant d'aspect misérable déguerpit en lançant quelques invectives à la va-vite. Hope Critchlow n'eut d'autre choix que de s'indigner intérieurement mais ne quitta pas son air de surprise colérique; les évènements se déroulaient bien vite sous ce beau soleil de Février. C'est ainsi que le gamin disparut de son champ de vision, mais bientôt c'était un autre homme qui s'arrêta à la hauteur. Son front dégoulinant de sueurs graisseuses et son énorme embonpoint se soulevait frénétiquement à chaque respiration. Visiblement, l'homme venait de courir et encore plus vraisemblablement il s'agissait de celui qui criait au voleur depuis tantôt. Ses petits yeux porcins lui donnaient un air particulièrement stupide, mais il fit mine de rajuster sa mise devant le médecin et de s'incliner brièvement. L'homme hors d'haleine le renseigna sans plus attendre de la situation présente. Un larçin en plein Paris ? C'était monnaie courante. Et avant même qu'Hope ne puisse exprimer quelques mots de sympathie envers son concitoyen , il eut pour réflexe de tâter les abords de sa ceinture pour vérifier que rien n'en avait été décroché. Et à sa grande surprise, sa bourse du côté gauche était encore fixée. Celle qui tintait de pièces d'or et qui était plus discrète que celle qu'il portait à droite. C'était un fait : la plupart des hommes de la capitale étaient droitiers et mettaient donc leur argent de ce côté-ci. Mais le coeur léger du médecin s'alourdit immédiatement d'un nouveau soucis.

Si son or était intact, c'était plutôt pour l'autre contenant qu'il s'inquiétait désormais. Le gamin lui avait dérobé, sans doutes lors de la bousculade, un petit paquet précieux qui tintait comme du verre, mais dans un bruit sourd. L'Infant jetta un oeil en direction du chemin que le petit garçon fuyard avait emprunté, inquiet. Il devait récupérer absolument le contenu de sa poche. Ou les choses risquaient d'aller de mal en pis.


«Ne vous inquiétez pas Monsieur de Clirencourt, je me charge de ce petit pickpocket.» Rassura le médecin au bedonnant. «Vous devriez vous reposer ici, je vous retrouverais avec ce que ce garnement vous a dérobé. Après tout, vous suivez toujours mon traîtement pour vos problèmes de coeur?»

Le riche acquiesça vivement, ravis qu'un jeune homme en pleine santé et sans doutes plus athlétique que lui allait se farcir le sale boulot. Il fit quelques louanges entre deux souffles, exprimant le fait que le jeune homme était un modèle pour la société, et que Dieu le lui rendra au centuple. Dieu ? Qu'il reste à sa place; avait pensé Hope. Il y avait tellement plus important que ce personnage de fiction dans sa bourse que personne ne pourra l'imaginer.

C'est donc avec empressement qu'il fondit dans la foule, longeant les rues, faisant appel à son sentiment d'intuition "hors-norme". Ses sens étaient en éveil. Il pouvait entendre les battements de coeur de chaque personne, et se concentrait uniquement là-dessus. Il suffisait de repérer celui du jeune homme qui allait à tout rompre. C'est au bout de cinq minutes qu'il rejoignit sa cible : la traque n'avait pas duré si longtemps que cela car le garçon s'était arrêté. Sa pompe cardiaque propulsait toujours avec force et rapidité le sang dans ses cavités, se cognant le long de l'aorte avant de se répandre dans tout son organisme en alerte. Hope Critchlow se mit à la recherche d'un visu de ce gamin voleur, et ne tomba pas exactement sur ce qu'il croyait dans l'immédiat. C'était plutôt un autre garçon, plus grand, plus mûr et certainement du même groupe qui l'acceuillit avec une question relativement insolente. Le médecin reprenait son souffle de manière contrôlée, et repoussa quelques mèches de ses cheveux immaculés qui barrait le bleu roi de ses iris. Il rencontra alors un homologue bleu marine, qui lui donna le vague sentiment qu'il avait envie qu'il parte séant. Le défi était clairement posé, et le ton était franc. Le jeune médecin reconnut l'enfant derrière son nouvel interlocuteur, comme s'il se cachait derrière son aîné. Hope fut soulagé d'entrevoir la possibilité de retrouver ses biens par la voie diplomatique.


«Bonjour...» commença-t-il, d'un ton mêlant à la fois détachement et courtoisie. «Ce petit malin m'a dérobé quelque chose que j'aimerais récupérer. S'il-vous-plait.»

Le tout accompagné d'un fin sourire, assez pour penser que l'Infant était amical et attirait à lui toute la sympathie qu'il fallait. Mais la manière dont il avait formulé la demande n'était pas une supplique, loin de là. Plutôt une exigeance rappellant l'urgence de la situation.
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Lay Jaouen
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Dim 10 Fév - 13:42




Lorsque Lay avait vu Frémont arriver vers lui, une peur immense émanant de lui, il s’attendait au pire. Quand au gamin, il s’attendait à voir venir le gros porc qui l’avait poursuivit avec beaucoup de mal, mais ce fut l’albinos qu’il avait renversé qui s’était présenté face à son "grand-frère". D’ailleurs, le jeune gamin trouvait cela plus dangereux : l’albinos était plus effrayant que le gros noble, il était plus grand et semblait en bien meilleur santé et donc automatiquement avec plus de force. Il s’en voulut presque d’avoir volé le noble et l’albinos : il avait peur que Lay en subisse les conséquences à sa place et qu’il en sorte amoché… Il resserra inconsciemment sa prise sur la jambe de l’aîné. Le blond jeta un coup d’œil derrière en lui et regarda Frémont qui affichait une expression des plus apeurées.

Retournant son regard sur le nouvel arrivant, le sang-mêlé passa une main dans les cheveux charbons du gamin pour le rassurer. Il prit aussi le tend de détailler la personne qui ce trouvait en face de lui désormais. Celui-ci était un albinos aux cheveux cendrés et aux yeux bleus dont la couleur était plus intense que son propre bleu. Lay ne se laissa pas pour autant intimidé et ne baissa ni le regard, ni la tête. Même lorsque l’ordre fut donné, il ne montra aucun signe de soumission face à l’inconnu. Il était un fier Lycanthrope après tout, même si ce n’était qu’à moitié. D’ailleurs cette partie de son sang réagissait bizarrement à la présence de l’homme, il grondait intérieurement et était attentif au moindre de ses mouvements.

« Bonjour… Ce petit malin m'a dérobé quelque chose que j'aimerais récupérer. S'il-vous-plait. »

Tandis que l’autre affichait un sourire léger et mince, Lay, lui, n’avait pas du tout envie de sourire. Son sang bouillait à l’intérieur de son corps dans une mélodie qui lui était agréable à l’oreille et qui réveillait des instincts animals qu’il ressentait de plus en plus souvent depuis quelques temps, sûrement à cause de sa vie qui arrivait bientôt à sa fin. Il n’avait eut besoin de personne pour savoir qu’il ne vivrait pas longtemps : c’était son corps, il le sentait au fond de lui. Pour en revenir à l’homme qui se tenait face à lui, Lay n’avait qu’une explication pour cette réaction : l’homme en face de lui était un vampire. Et Lay en côtoyait assez dans son travail de nuit pour se contenir de manière à ne pas lui sauter à la gorge pour le tuer. Bien que là, il ne s’agissait pas d’un client… Mais bon, tuer sans raisons ne faisait pas partit de sa manière de vivre, sans compter que Frémont était juste derrière lui.

D’ailleurs, il se retourna et s’accroupit d’un geste souple, pour faire face au garçon qui regardait toujours le nouveau venu avec méfiance. Il tendit la main et simplement du regard il lui fit comprendre ce qu’il attendait de lui. Frémont comprit en effet très bien, mais il était réticent à l’idée de donner son butin à Lay et faire de lui la cible de l’homme qui lui fichait la trouille malgré son sourire amical. « Frémont. » Dit uniquement le jeune homme blond. Ce dernier se renfrogna un peu et déposa dans la main de son grand-frère les quatre bourses qu’il avait habilement dérobées en moins d’une demi-heure. Lay sourit un peu en signe de reconnaissance et se redressa, reprenant au passage un visage plus dur pour son interlocuteur. Il garda cependant les bourses en main et ne fit aucun mouvement pour donner ou tendre les sachets de cuir vers l’albinos.

« Qu’est ce qu’il peut y avoir de si important dans votre bourse pour que vous préfériez utiliser la parole aux gestes ? » Demanda Lay d’un air rêveur, regardant les petits sachets qu’il avait en main. « Oh, je ne dis pas que vous ne seriez pas prêt à courir après un enfant pour récupérer votre argent, mais vous nous auriez déjà frappé si c’était le cas. »

Il jouait avec les sacoches pleines de pièces d’or, sentant la différence de poids dans l’une en particulier, et entendant le bruit légèrement différent que celui produit par les pièces s’entrechoquant entre elles. Oui, qu’est ce que ça pouvait bien être ? Surtout si l’homme en face de lui était bel et bien un vampire comme il le supposait, il aurait déjà utilisé un quelconque tour pour lui subtiliser le sac qui lui semblait si précieux. A moins qu’il est déjà utilisé quelque chose, mais qu’en temps que sang-mêlé il n’avait rien sentit, mais il doutait fort de cette hypothèse. En tous cas, il était relativement intrigué par le contenu de la bourse désormais. C’est vrai quoi, de quoi cela pouvait-il bien s’agir.

Il arrêta de malmener les sacs de cuirs, il venait d’entendre la voix d’un des jumeaux qui cherchait Frémont. Il prit l’une des trois sacoches pleines de pièces d’or et la lança au gamin toujours caché derrière lui. Ce dernier la rattrapa de justesse et regarda Lay, ne comprenant pas ce qu’il se passait. Lay lui désigna de la tête le magasin de confiserie.

« Vas-y, ils t’attendent. » Frémont comprit enfin le message et s’apprêta à partir. « Ne vous empiffrez pas trop, et achetez quelque chose pour Evilie, ça lui fera plaisir. »

Frémont acquiesça joyeusement et partit, courant aussi vite que ses petites jambes lui permettaient, content de ne pas être grondé tout de suite et de recevoir l’autorisation en quelque sorte d’aller manger ses confiseries aux milles et unes couleurs. Lay le regarda partir d’un œil, continuant de surveiller les cinq autres gamins d’une oreille. Apparemment, ils avaient réussit un gros coup… Il allait devoir les sermonner ce soir en rentrant. En tous cas, il avait réussit à éloigner Frémont du vampire. Il ne connaissait pas les intentions de ce dernier et par expérience, il savait que tout pouvait arriver avec ses créatures, autant donc faire attention et ne pas mêler un humain innocent à ce qu’il pourrait éventuellement se passer.

Lay reporta une partie de son attention sur son interlocuteur. Son sang de Lycanthrope c’était plus ou moins calmé et son sang de Vampire cette fois semblait bien content d’avoir trouvé un autre de ses semblables dans la belle ville qu’était la Capitale de la France. Mais ce n’est pas pour autant qu’il allait lui aussi être gentil avec l’homme. Il n’avait pas confiance en beaucoup de personne et pour l’instant ce n’était pas le cas avec cette personne. Pour le moment, il espérait simplement que le gros noble qu’il avait entendu poursuivre Frémont ne ferait pas appel à des soldats pour venir en aide à l’albinos que le gros noble semblait connaitre. D’une main, il jouait toujours avec les sacs de cuir, tous ses sens en alerte, ces derniers tournés aussi bien que vers le vampire que le moindre bruit lui annonçant qu’on pourrait tenter de se mettre à sa poursuite.
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Dim 10 Fév - 15:32

Cette si belle journée réservait son lot de surprises ! Et si Hope Critchlow était sagemment resté au cabinet, à attendre que les heures passent ? Et s'il avait pris un autre route ? Tout aurait été différent. Il n'aurait pas eu affaire à ce gamin voleur de petite semaine, ou alors à son aîné insolent. Il n'aurait pas eu à promettre quoique ce soit à ce grassouillet de Clirencourt. En définitive, il se situait dans une situation qu'il aurait très bien pu éviter; mais à quoi bon s'en plaindre à ce moment là ? La situation était sous contrôle, ou du moins, il était prêt à reprendre son destin en main : le contenu de la bourse tournant dans la main de son vis à vis récupéré, il n'aura plus qu'à continuer son train de vie comme si de rien n'était. Il ne souhaitait le mal de personne, son attitude était assez transparente à ce sujet : il n'affichait que la volonté de parvenir à ses fins. Et ce de la manière dont il avait choisi que cela allait se passer. Il n'avait pas encore tendu la main pour récupérer son bien, c'est pour cela qu'il laissa à son interlocuteur la possibilité de s'exprimer -voir présenter des excuses pour le comportement de son cadet?- avant de lui remettre son bien. Mais tout ne pouvait pas se passer comme prévu. La forte-tête d'en face en voulait pour son argent sans doutes. Mais sa requête était assez simple d'accès pour Hope. Et fort heureusement, il ne semblait pas pour l'instant réclamer autre chose que des explications.

Alors que sans attendre de réponse son homologue masculin s'était retourné vers le gosse pour l'envoier ailleurs, Hope eut le temps de détailler légèrement son interlocuteur. La première chose qui lui sauta aux yeux était sa condition misérable : des vêtements sans doutes plus propres que sa peau et ses cheveux. Il y avait dans son port une sorte d'aise/mal-aise difficile à identifier. Comme si quelque réaction le retenait ici. Peut-être l'envie de protéger ces jeunes enfants qui vivaient du vol pour subsister? L'hiver a été rude cette année, et de nombreux corps de sans-abris ont été jetés pardelà les murs de la ville, comme s'il s'agissait de denrées perissables à mettre au compost. Ce qui avait sa part de vérité en soit , en passant outre la personne : un corps était un corps, et il devait se plier aux lois de la nature. Sauf pour quelques exceptions. En revenant à son interlocuteur joueur, il ne distingua pas d'autres signes particulier qui aurait pu renseigner un quelconque point fort ou faible. Le médecin avait toujours son air courtois. Sa sérénité apparente allait de paire avec la tranquilité de son esprit à cet instant. Il ne devait rien craindre de la situation qui se présentait à lui, pour sûr. Et bien vite, il avait recaptivé l'attention du jeune homme de la rue pour lui répondre.


«Ce sont mes médicaments. Je suis médecin.»

Cette nuance de vérité et de mensonge était alors très compliquée à saisir, tant que le contenu précis de la bourse était hors de visu. Bien entendu qu'il ne s'agissait pas foncièrement de médicament à destinée curative. Mais il s'agissait en effet de quelques fioles de sang frais, contenu dans du verre assez épais pour ne pas se casser facilement ou laisser l'odeur filtrer chez les charognards. C'était quelque chose dont Hope Critchlow était très fier : les malades donnaient leur sang volontiers, et il pouvait en stocker de grandes quantités en toute impunité. Ainsi, nul besoin de se nourir à la source, puisque il avait accès à des stocks grandioses de ce liquide carmin. En sa qualité d'Infant, il ne savait pas quand ses crises de manque pouvaient subvenir. C'était une des rare pathologie dont il ne saisissait pas le sens et qu'il ne pouvait pas anticiper; ce qui justifiait le fait qu'il se promenait toujours avec une quantité suffisante dans des petites fioles en guise de calmants. Et puis, qu'importe ? Si son explication ne tenait pas la route, il allait devoir faire preuve d'un peu plus d'ingéniosité, sans pour autant chercher à mentir.

Le peuple aime la vérité. Il en raffole ! Alors pourquoi lui en priver ? Hope n'était pas non plus fou ou inconscient : s'éffacer progressivement en évitant le plus possible les situations embarassantes ou délicates était assurément son plus bel atout. Toujours compter dessus était d'ailleurs un pari risqué; bien que son intuition surnaturelle ne lui ai jamais fait faux-bond jusqu'à présent. Et la situation présente ne nécessitait pas plus de mots ou de réflexion allant de ce sens, car il était sûr et certain que tout allait bien se passer. Après tout, l'autre semblait plutôt bien s'exprimer et se tenait de manière relativement correcte pour quelqu'un de sa condition alors, pourquoi pas ? Ils n'étaient que deux citoyens parfaitement capables et sûr d'arriver à un concensus sous peu. Bon, certes, il y avait la différence de point de vue de la vie et des valeurs que leur imposait leur condition respective. Et sans doutes l'Infant de par sa qualité de naissance; alors que l'autre n'était vraisemblablement qu'un homme comme un autre.
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Lay Jaouen
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Dim 10 Fév - 19:22




Lay ne voyait pas comment cette journée avait tournée ainsi. Au départ, il devait juste veiller sur le groupe de garnements qu’était les six fils d’Evilie. Puis ces mêmes garnements n’avaient pas put s’empêcher de décider qu’il était temps d’aller en ville. Pour le blond, en ville ou dans les taudis, cela ne changeait pas grand-chose. Evidemment, comme n’importe quel enfant, ils n’avaient pas put tenir en place et ils étaient donc partit explorer la ville et ses magasins. Sauf qu’ils étaient jaloux de tous ses enfants qui pouvaient manger tout ce qu’eux ne pouvait pas manger. Ils étaient donc partit voler quelques bourses pour assouvir leur désir du moment. Jusque là, on peut dire que tout va plutôt bien ? Non, ça avait déjà dérapé dès le moment où il les avait laissés seul… Donc en somme, c’était sa faute. Vu de cette façon, il se sentait un peu idiot… Mais ça ne l’empêcherait pas de leur faire morale une fois rentrée ! Franchement, ils n’ont pas besoin de voler, il aurait suffit de venir lui demander et il leur aurait donné de l’argent. Peut-être pas autant qu’il le voudrait, mais assez pour acheter quelques bonbons au moins, comme il le voulait au début.

Maintenant il se retrouvait face à un homme étrange qui avait poursuivit le plus petit de la bande, Frémont, pour récupérer sa bourse, qui apparemment qui ne contenait pas vraiment des pièces d’ors. A vrai dire, il ne savait pas ce que contenait la bourse et ça ne l’intéressait pas plus que ça pour tout dire. Le seul cas où ça pourrait lui être utile, si c’est un client lui avait demandé d’enquêter sur l’albinos. Mais il n’avait reçut aucune demande de ce genre. En fait, il retenait l’homme en premier lieu pour protéger les enfants dont il avait la charge, car l’homme en face de lui était un vampire. Or il pourrait être rancunier et vouloir s’en prendre à Frémont pour l’avoir voler, surtout si la bourse contient quelque chose d’important. Après, en vu de ses manières, Lay est plus ou moins convaincu qu’il ne tentera pas de faire de mal à l’un des gamins chapardeurs.

« Ce sont mes médicaments. Je suis médecin. »

Lay fut si surpris par sa réponse qu’il faillit faire tomber les bourses. Heureusement, il les rattrapa par automatisme avec son pied et les reprit en main. Ses yeux s’étaient arrondis et il regardait son interlocuteur comme s’il avait devant lui une créature de Dieu descendu du ciel pour lui dire qu’il allait devenir normal, comme n’importe quel humain. Puis la surprise fit doucement place à l’ironie. Une mimique amusée s’afficha sur son visage et ses yeux bleus marines sombres pétillaient d’une malice non dissimulée. De légers tremblements secouèrent ses épaules et enfin, il éclata de rire, s’appuyant contre l’un des murs de la ruelle. Il n’arrivait plus à s’arrêter.

« Toi, un médecin ? » Son fou rire reprit de plus belle. « Un vampire médecin. C’est la meilleure ! »

Même s’il avait essayé, il sait qu’il n’aurait pas pu taire ce rire qui quittait sa gorge, et de toute manière il n’avait pas envie de s’arrêter. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas rit comme ça. En fait, en y repensant, il n’avait jamais rit… Enfin peut-être un ou deux fois, mais un léger rire, mais un éclat comme celui qu’il produisait. En plus, ce n’était pas un rire moqueur, juste un rire, autant de surprise que d’étonnement. Lay n’avait jamais entendu parler d’une telle chose : un vampire est plutôt une créature qui ôte la vie, pas qui la protège. Sa curiosité fut alors piquée à vif concernant le contenu de sa bourse. C’est vrai quoi ! Quelle sorte de médicament un vampire médecin peut-il trimballé sur lui ? Il fut d’un coup tenté de voir ce que l’homme voulait à tout pris récupérer. Aussitôt pensé, aussitôt ouvert. Il regarda le contenu de la bourse et en sortit une sorte de tube fermée contenant du sang.

« Bah, un vampire reste un vampire, médecin ou pas. »

Il était presque déçu que le contenu de sa bourse soit aussi banal. Enfin banal, il parlait en tant que suceur de sang, parce qu’il voyait mal un humain normal se balader avec des tubes de verre plein de sang dans ses poches. En même temps, un vampire se nourrit généralement dans le cou d’une personne, pas en buvant du sang préparé dans des fioles… Lay regarda le sang dans la fiole et haussa les épaules pour remettre le tube de verre dans la bourse et la lancer à l’homme en face de lui.

Il ne comprenait pas pourquoi le médecin se promenait avec du sang parmi ses affaires. Ne percevait-il pas ses crises comme lui, au point d’avoir de ce liquide rouge constamment sur lui ? Lay se doutait toujours quand une crise s’annonçait, il était généralement fatigué la plus part du temps avant une crise. Il rangea les deux autres bourses dans un pli de ses vêtements usés par le temps et passa une main dans sa chevelure pour en enlever une partie de la crasse, faisant par la même occasion briller ses cheveux blonds.
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Dim 10 Fév - 22:03

Quel était le plus étrange dans cet instantané de vie ? Le fait de ne pas être pris au sérieux et de se faire rire au nez ou alors de se faire appeler "Vampire" ? La dualité de la situation n'échappait pas au jeune médecin, qui allait de surprises en surprises aujourd'hui. Ainsi donc, le garçon lui faisant face était soit en proie à un délire pur et simple, ou bien il semblait en savoir plus qu'il n'en avait l'air. Ses yeux avaient suivis la chute lente du paquet avant qu'il ne soit receptionné avec adresse par son vis-à-vis; ce qui constitua un premier soulagement pour l'Infant. Hope retient une petite moue désapprobatrice quand le curieux se mit à farfouiller dans sa bourse pour en extraire une fiole de sang, intancte fort heureusement de par sa nature robuste. Le fait qu'il continuait à marteler le fait qu'il soit un vampire ne le dérangeait pas outre mesure. Cependant, il préférait ne rien ajouter et faire comme si la parole de son interlocuteur ne l'avait que très peu atteinte. De fait, se prendre un rire alors qu'il avait présenté sa qualité de médecin l'avait quelque peu agacé avant de le rendre curieux vis à vis de l'origine de la réaction. De nombreuses questions s'étaient alors soulevées à l'encontre de son interlocuteur. Celui-ci était-il pourvus de super-sens, encore plus développés que les siens ? Hope n'avait jamais connu ce genre de situation auparavant en tant qu'Infant : sa dissimulation était parfaite, son comportement sans failles et ses habitudes tout à fait normales. Le sang de sa mère diluait celui de son père, et aucun autre spécimen de foire ne lui avait fait la remarque jusque là. Ces quelques reflexions ne lui prirent que les fractions de seconde où l'autre lui renvoya la bourse.

Il la saisit en plein vol avant de la rattacher à l'endroit prévu à cet effet, et fit un noeud robuste avec la ficelle de cuir qui la maintenait à sa tenue. Finalement, il repassa le pan de sa tenue blanche pardessus, et apparu comme si de rien n'était. Restait à régler le cas de son mystérieux interlocuteur. Hope abordait son regard courtois et impassible; il était même convaincu qu'il n'avait pas cillé depuis qu'il avait fait cette rencontre. Mais maintenant qu'il avait récupéré son bien, il ne s'estima pas responsable de la suite des évènements, et oublia -hélas!- temporairement la promesse qu'il avait fait au gentilhomme grassouillet de tantôt. Et même mieux, l'autre ne semblait pas réclamer d'explications maintenant qu'il lui avait restitué sa bourse. Tant mieux; il ne souhaitait par ailleurs pas vouloir engager une conversation plus développée à présent avec le blond sale. A nimporte qui il aurait put affirmer qu'il emportait ce sang à un Apothicarium pour le faire décanter avec des plantes et ainsi trouver de nouveaux remèdes; ou alors trouver de nouvelles maladies affectant son aspect, sa texture ou sa couleur.


«Merci. Bonne fin de journée.» Annonça-t-il alors en inclinant brièvement le chef.

Il tourna les talons et prit la tangente, pour retourner à ses occupations. La rencontre l'emoustillait encore un peu intérieurement, et il réfléchissait toujours à toute vitesse, tâchant de trouver à chaque problématique une issue et un dénouement positif. C'était un garçon de la rue : s'il se prenait de l'envie de crier sur tout les toits qu'il était "vampire", sa parole n'avait que peu de poids face à quelqu'un de sa notoriété. Mieux encore, lui pouvait montrer patte blanche. Son métier était victime de superstitions, c'était bien connu. Relativiser était un passe-temps assez relaxant, en fin de compte. Hope Critchlow se sentait en parfaite sécurité, ainsi. Et cet évènement n'allait que rejoindre une série d'autres. Il ne se sentait pourtant pas en fuite devant une telle situation : pour lui, il faisait ce qu'il y avait de mieux à faire pour garantir son intégrité et continuer d'exercer son métier. Cela le désolait de voir qu'il y avait encore des hommes sur Terre pour se moquer aussi platement de son prochain. Il n'était pas question de preuves ou de quoique ce soit de cette envergure, mais seulement de parler avec ce côté si déplacé, si déplaisant. Si la bienséance était quelque chose de cher aux yeux d'Hope Critchlow, c'était bien parce qu'elle permettait aux Hommes de régler leurs conflits sans animosités. Un brin de pacifisme ?

Mais repenser à son précédent interlocuteur revint souvent dans sa marche tranquille. Qui était-il, au dela du garçon de rue ? Quelqu'un de malade ? Un aliéné à la rue ? Non, son expression l'aurait démentie. Une créature fantastique ? Pure fadaise. Et tout le monde savait que les vampires et les lycans étaient trop dispersés pour avoir une chance de se rencontrer. C'est ce que son expérience lui avait enseigné : pouvoir nourrir son appétit de sang sans revendiquer de "territoire"était la façon la plus efficace de minimiser les rencontres anormales. Après tout, quel homme sain d'esprit, bien aisé de sa condition et adapté à son train de vie aurait la simple idée de tout mettre en l'air, comme ça ? Ce serait indigne d'un point de vue sociétal. Et aussi une insulte à la plèbe des strates inférieures. Ce dernier point éclaircit soudainement l'esprit du médecin. Ou plutôt : fit lumière sur une nouvelle question.

Et si l'autre l'avait appelé "vampire" simplement parce qu'il était différent ?
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Lay Jaouen
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Lun 11 Fév - 20:07




Au moment où le garçon aux cheveux d’or apprit que le vampire en face de lui était un médecin, il n’avait vraiment pas put s’empêcher de rire. Mais bon, d’après le manque de réaction évidente de son interlocuteur, ce dernier ne devait pas s’en formalisé plus que ça, à moins qu’il était le genre de personne à rester neutre en toutes circonstances pour hurler mentalement aux autres d’arrêter leurs gestes et leurs dires. Dans les cas, Lay n’en tint pas compte et ne s’arrêta que lorsque son corps le voulut. Après quoi, il avait vidé le contenu de la bourse du médecin et puis lui avait rendu en voyant que ce n’était que des tubes de verres remplis de sang. L’idée d’en boire ne lui avait même pas traversée l’esprit. Il n’était pas comme la moitié de sa race, dépendant de ce liquide rougeâtre. Il arrivait parfaitement à se satisfaire de sa chasse, soit de la viande animale. Après, si vraiment l’envie de sentir le sang couler dans sa gorge le prenait, il savait se contenter de celui des animaux.

« Merci. Bonne fin de journée. »

Et l’autre s’en alla. Lay n’y fit même pas attention, il avait maintenant l’intention d’aller sermonner un peu les six enfants chapardeurs. Il passa plusieurs minutes à déambuler devant les magasins, cherchant du regard et de l’oreille les six garnements dont il avait la charge pour le moment, et à vrai dire, il avait hâte de les rendre à leur mère. Il n’était décidemment pas fait pour s’occuper des enfants. Oh, il pouvait maintenir leur attention quelques temps avec une chanson ou une danse, mais ils se lassaient vite. Surtout que les enfants sont de véritables petits aventuriers voulant traverser le monde en long, en large et en travers et devaient pour le moment se contenter de leurs villes plus ou moins grandes.

Dès qu’il retrouva le groupe d’enfants, ces derniers reçurent chacun un coup sur la tête, plus ou moins fort en fonction de leur âge. S’en suivit un sermon plus ou moins philosophique sur le bien et le mal et son importance. Vous y croyez vous ? Un Sang-mêlé, pire créature maléfique pouvant exister sur la Terre, actuellement en tous cas, faisant la morale à des gamins sur ce qui est bien et ce qui est mal. Alors qu’il est lui-même sensé être une créature maléfique, c’est d’ailleurs pour ça que Dieu ne veut même pas en entendre parler. En plus, il ne disait pas que faire le mal était bien. Il avait trouvé qu’un médecin vampire était étrange en soi, mais lui aussi sortait du lot.


Monsieur de Clirencourt, bon gros noble grassouillet de son état, attendait avec hâte de voir revenir son médecin qui était sensé lui ramener son or, ce même or avec lequel il allait le payer pour le suivit de son traitement. Il attendait, tapant frénétiquement le sol du pied. Si cela n’avait tenu qu’à lui, dès qu’il aurait attrapé ce petit voleur, il l’aurait frappé d’une centaine de coup de badine, mais il savait que le médecin était un peu trop gentil pour faire ce genre de chose. En même temps, il n’avait pas le physique pour rattraper ces gamins aussi maigres que légers et rapides. Surtout avec ses problèmes de cœurs. Alors lorsqu’il aperçut le médecin, il traina toute sa graisse vers lui pour venir prendre des nouvelles de son précieux or.

« Monsieur Hope, vous l’avez n’est ce pas ? Mon or, vous lui avez repris ?? »

Ce n’est presque pas s’il était près à se cramponner à l’albinos, suant toute son inquiétude à travers l’intégralité des pores de sa peau. Il n’était pas beau à voir avec son visage grassouillet rouge, son front dégoulinant de sudation et ses petits yeux noirs regardant le médecin avec insistance. On aurait dit un chien réclamant son os, ou comme le noble avide de pièces dorées qu’il était. Il ne pensait qu’à son argent et il avait remarqué la mine plus tranquille qu’à son départ du médecin. Cela voulait dire sans aucun doute qu’il avait put attraper ce moins que rien qui avait osé le voler, lui, un noble !!


Le sang-mêlé s’était installé sur l’une des fontaines du centre-ville et gardait un œil attentif cette fois, sur les enfants qui jouaient face à lui. Dans le groupe, d’autres enfants des rues c’étaient rajoutés. Après tout, ils s’étaient rapprochés de leur lieu de vie et les enfants pauvres étaient plus nombreux par ici. D’ailleurs, les mères de ces mêmes enfants ne surveillaient quasiment plus leurs marmots, les laissant à la surveillance de l’un des rares jeunes adultes des taudis. Elles avaient confiance en le garçon aux cheveux d’or qui pourtant leur mentait habilement à tous.

« Lay ! Lay ! » Gazouilla une gamine haute comme trois pommes et pourtant de neuf ans passés. « Cadeau ! »

Et la fillette mal nourrie et sale tendit une simple petite fleur néanmoins abimée : la tige était cassée et avait du mal à se tenir droite, quelques pétales blanches de la pâquerette étaient également déchirées par endroit. Pourtant le sang-mêlé la prit et l’attacha délicatement à son vêtement aussi sal que la fleur. Il embrassa le front de la fille qui rougit légèrement avant d’aller retourner jouer avec les autres enfants à la balle de chiffon qu’ils s’amusaient tous à poursuivre ou à donner des coups de pieds dedans. « Un jeu sal et digne des enfants de la rue » disaient les passants qui se faisaient déranger par ledit jeu. Lay profita de l’eau de la fontaine pour nettoyer ses cheveux sals et leur faire retrouver leur éclat brillant et doré.

Mais il fut bien vite solliciter par les enfants qui, épuisés par leur jeu et un peu lasser aussi, voulaient entendre chanter leur "grand-frère" à tous prix. Certains s’accrochèrent même à lui pour l’empêcher de s’enfuir ou de refuser. Bien sûr, ça ne servait pas à grand-chose pour Lay mais ce dernier joua le jeu. Une fois libre de ses mouvements, il se mit debout sur le rebord de la fontaine, s’étira un moment et commença à chanter la première mélodie qui lui vint en mémoire. Les enfants s’étaient assis devant lui, le regardant avec des étoiles dans les yeux, comme le feraient toutes enfants devant un spectacle quelconque.

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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Lun 11 Fév - 23:20

Retour à la case départ donc. Même réverbère, même coin de rue, même passants pressés de s'acheter des babioles inutiles ou des bonnes denrées bien chères. Même noble qui attendait le bras de la justice proposé par le jeune médecin. Oh, bien sûr, il avait oublié de réclamer ledit or au garçon de la rue, et ce n'est pas sans un ton foncièrement navré qu'il présenta son échec au gros désespéré. Ce dernier semblait sur le point de rediriger sa colère contre son docteur, mais lorsqu'Hope lui parlait de lui fournir ses prochains traîtements en toute gratuité, il se ravisa et put partir l'esprit tranquille, convaincu d'avoir faits des économies énormes. Il ne se doutait pas à cette heure-ci qu'il allait décéder quelques heures plus tard, en plein dîner, d'une crise cardiaque foudroyante : le stress accumulé et son accélération cardiaque avaient réveillé son souffle au coeur, et l'embolie était inévitable.

Débarassé du parasite porcin, le jeune médecin se mit en quête de quelques merveilles pour son plaisir personnel. Déjà, allez chercher du bon vin dans le cellier du bourg. Il avait déjà rencontré plusieurs fois le gerant et s'entendaient à merveille. Il lui avait même recommandé un livreur prusse qui exportait ses plus grands crus pour un prix très raisonable. Bien qu'il n'était pas vraiment un amoureux de l'alcool, le vin était pour le médecin la seule boisson qui était tolérable au cours d'un repas composé de viandes, de pain et de fromage. Il ne suffisait pas de plus pour entretenir un corps à son âge, si ce n'est de temps en temps quelques légumes bouillis au feu. En sa qualité d'Infant, il n'avait jamais vraiment réfléchis à comment les Sang-purs pouvaient supporter l'absence de goût pour les matières simples. Mais maintenant que le sujet du vampire avait germé dans son esprit suite à sa rencontre inopinée avec le blond de tantôt , il était plus enclin à penser à la condition de ses "congénères". Et encore, cette expression était à prendre avec des pincettes. Hope Cirtchlow ne s'était jamais considéré comme plus qu'un bourgeois bien intégré depuis qu'il était à Paris; et pas comme appartenant à une race fantastique, dangeureuse et qui au final avait peu d'attraits.

Vivre en prédateur, ôter la vie ? C'était à la portée de quiconque était armé en ce bas-monde. Si quelqu'un voulait se sentir exceptionnel, c'était en donnant la vie. Ou bien en la préservant. Si la moquerie du jeune homme était fondée, il ne faisait alors partie que de ces gens ayant une vision trop unilatérale de ce que pouvait être une personne forte de ses choix et de ses expériences. Pouvoir se considérer comme un rouage important de la chaîne alimentaire était une chose, mais se porter garant de l'équilibre et de la non-malfaisance en était une autre. Le rôle de Dieu, diraient certains. Mais la médecine et la science n'avait rien à envier à ce créateur. Elle évoluait d'elle-même à partir de l'esprit de l'Homme. Et c'était là quelque chose de formidable : peu importe qu'il soit vampire, ou sang-mêlé; il partageait toujours ce lien avec l'humanité, ce lien de curiosité et cette soif de connaissance, de progrès. On pouvait le montrer du doigt pour son manque de respect envers les sang-purs en agissant de la sorte, mais au diable cette catégorisation de "garde-manger" ! Dans son monde il n'y avait que deux Hommes : le méritant et le malheureux.

Sa marche tranquille et silencieuse l'avait alors porté d'échoppes en échoppes, faisant tomber piècettes sonnantes et trébuchantes, provoqué quelques poignées de mains et quelques échanges courtois pour finaliser ses commandes. Hope Critchlow n'aimait pas vraiment transporter ses achats, et faisait toujours livrer à son cabinet les denrées qu'il convoitait. Ses appartements étaient situées à l'étage de cette maison de maître ammenagée au rez-de-chaussée en palais de la souffrance et de la guérison. L'image maccabre mais très juste lui avait été suggérée par un Marquis qui avait des douleurs à l'estomac très récurrentes; et il l'avait tout de suite adoptée. Mais avant de regagner ce fameux palais, ses pas le guidèrent vers une aire de repos un peu plus loin que le grand axe commerçant. Il s'agissait d'un square, avec ses bancs et sa fontaine. Le jeune homme tout de blanc vêtu profita du cadre des lieux pour se reposer un peu à l'air libre avant de regagner son chez-soi et de s'y enfermer pour un certain temps. Mais Destin avait voulu encore frapper ce jour là. Et précisément il frappa dans une boule de chiffons. Aussitôt, il entendit les rires des gamins défavorisés qui suivaient l'objet tant bien que mal sphérique et qui roulait lamentablement sur le sol. Tant de précarité ne le mettaient pas mal à l'aise. Cela lui permettait au contraire de mieux assumer et apprécier sa situation. Hope balaya le square du regard.

Un fin sourire naquit aux coins de sa bouche. L'ironie et le hasard se liguaient apparemment contre lui ce jour-ci, pas de chance ! Il voyait le même garçon que tout à l'heure, mais avec quelque chose de différent lui semblait-il. Ah oui ! Sans aucun doute que ses cheveux blonds avaient perdu de leur crasse "naturelle" pour les laisser refleter un peu plus dignement la lumière du soleil. Les blés pouvaient ainsi jalouser l'éclat de la crinière de son vis à vis, et ce détail si insignifiant dans la masse d'informations mais si captivant à la fois qu'il ne put s'en défaire qu'au moment où l'autre s'était levé pour chanter. Après la vue, ce fut l'ouïe qui redécouvrit l'interlocuteur de tantôt. Ce dernier semblait occuper toute une rimbambelles d'enfants ainsi, et attirait au passage les regards moqueurs ou sceptiques des autres passants. Mais il y avait quelque chose dans la voix de ce garçon qui retenait Hope sur son banc. Une sorte de vérité, en fond; une histoire plus qu'une mélodie. Il écouta donc sans bouger toute la cantique, et ne cilla pas. Il abordait son éternel air serein et détendu, ses yeux détaillant peut-être un peu trop le jeune chanteur public...


«Hum.» finit-il par soupirer, une fois la chanson terminée; dans une sorte de souffle libéré qu'il avait retenu pendant toute la prestation.

Fruit de sa patience et de sa retenue sans doutes. Ou alors d'une plaisante redécouverte de celui qui l'avait insulté par son rire et qui l'appellait vampire. Difficile de réfléchir au juste milieu pour l'instant.

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Lay Jaouen
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Mer 13 Fév - 20:58




Durant toute sa prestation, le jeune sang-mêlé maudit sentit sur lui plusieurs regards se poser, la plupart des passants plus ou moins richement vêtus qui chuchotaient entre eux, se demandant sûrement ce que faisait un tel attroupement "d’ordures" dans ce parc pourtant normalement bien fréquenté. Ladite populace qui fréquentait ce lieu d’ordinaire calme, mais bien animé aujourd’hui par les enfants chétifs des taudis de la belle Paris, était de cette partie du peuple qui ne supportait de devoir côtoyer les pauvres "avec toutes leurs maladies et leurs saletés" comme ils le disaient si bien. Lay se fichait donc bien de ces gens et de leurs regards hautains et orgueilleux. Pourtant, il sentait un regard dans son dos qui suivait chacun de ses rares mouvements. Un regard presqu’insistant, bien qu’il ne soit pas malveillant.

Lorsqu’il eut finit de chanter la chanson que les enfants lui avaient réclamé, il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule en direction de la personne qui n’avait cessé de la fixer depuis quelques instants. Ses yeux avaient virés à la couleur typique du sang : il l’avait fait intentionnellement avec la motivation d’effrayer la personne, qui quelle soit, dont il sentait le regard dans son dos, mais son regard n’était ni mauvais, ni provocateur, ni agressif, ses sourcils n’étaient même pas froncés, car généralement le seul fait de voir deux orbes rouges dans lesquelles une guerre sanglante semblait se passer, suffisait à faire peur à un de simples humains. Il n’aimait pas spécialement cette manie qu’avait la plupart des gens à regarder les autres de loin, ça le mettait mal à l’aise, car il ne savait jamais bien si cette personne lui voulait du bien ou du mal.

Quel ne fut pas sa surprise lorsqu’il croisa les yeux bleus roi du médecin suceur de sang, précédemment rencontré. Face à un autre vampire, un regard sanglant ne servait pas à grand-chose. Il détourna donc son regard sans afficher la moindre surprise : ce n’était pas de son ressort le fait que l’albinos soit ici ou non, maintenant qu’il n’était plus un danger pour ses "frères", il n’avait plus à se montrer désagréable envers lui. Et puis, il avait hérité de la charge d’une multitude d’enfants des taudis, pour la plupart ses voisins, qui nécessitait qu’on s’occupe bien d’eux. D’ailleurs, une partie de ladite multitude venait de s’accrocher à lui, réclamant une autre chanson pour une moitié, tandis que l’autre demandait quelque chose de bien plus particulier…

« Lay !! C’est quand que tu nous emmènes avec toi pour aller chasser ? »
« Oh oui, moi aussi je veux chasser avec Lay ! »
« Moi aussi, moi aussi !! »

Les exploits de chasse du jeune adulte aux cheveux dorés étaient plutôt réputé dans le quartier des taudis, il faut dire que quasiment chaque famille avait reçu un jour un gibier fraichement tué offert par Lay en hiver, car le travail se faisait plus dur, plus rare et donc l’argent allait de même et par la suite la nourriture. Il est vrai que Lay chassait plus pendant cette période froide et qu’il ne chassait pas que pour sa famille, mais aussi pour d’autres familles dans le besoin. Il trouvait la mort triste, surtout depuis qu’il se rapprochait de sa propre mort. Il était donc devenu en quelque sorte plus sensible à la détresse, réelle évidemment, des autres.

« Vous emmenez chasser avec moi ? Pff ! Vous pouvez toujours rêvé. Vous ne courrez pas assez vite et puis… Je ne prends pas de voleurs avec moi. » Déclara Lay durement en leur lançant un regard plein de sous-entendus.

Car cela ne faisait aucun doute que tous les enfants présents autour de lui avaient déjà tous volés quelque chose au moins une fois. Le blond soupira en les voyant leurs regards se baisser et des moues apparaitre sur leurs visages. Il savait parfaitement que trouver de l’argent n’était pas facile, après tout, lui-même travaillait dur pour en gagner. Mais il ne pensait pas que voler était une bonne manière de subvenir ses besoins, après tout, cet acte pouvait causer de nombreux problèmes, comme se retrouver en prison ou se faire couper les mains dans le pire des cas. Or il ne voulait pas que l’un de ses enfants qui survivent tant bien que mal, se retrouve avec des problèmes supplémentaires qui pourraient le mener sur une pente difficile à remonter et qui le fera peut-être encore plus dégringoler. Lay s’efforçait donc de leur faire la morale sur la différence entre le bien et le mal, sur ce qu’on peut faire et qu’il ne faut pas faire.

Le silence et le mal l’aise qui s’étaient insinués dans le groupe de loupiot furent brisés par un grand cri et d’un grand bruit de chute. Lay fut le premier à tourner la tête vers la source de bruit, comme le ferait une mère louve attentive au moindre bruit que pousseraient ses petits. Il arriva donc également le premier auprès de la fillette en haillons qui était tombée par terre, en s’emmêlant les pieds dans son habit trop grand pour elle.

« Auraline, ça va ? » Demande le blond en remettant la petite fille sur ses pieds.
« Je me suis fait bobo… » Pleurnicha Auraline, aux bords des larmes.

Lay la souleva dans ses bras et vint l’assoir sur le bord de la fontaine, centre de l’auditoire composés des gamins des rues. Le blond appliqua un bisou magique guérisseur sur le genou légèrement écorché de la petite fille aux cheveux de charbon, puis il s’assit à côté d’elle avant de la prendre sur ses genoux. Sa "patiente" avait retrouvée le sourire et réclamait maintenant une chanson à son tour, mais une chanson d’amour cette fois exigeait-elle. Ne voulant pas refuser sa demande à la petite blessée, il refit vibrer ses cordes vocales, mais pour des intonations différentes que celles précédentes.




Alors la progéniture des deux races de la nuit chantait assis sur le rebord de la fontaine, en se balançant doucement de gauche à droite, la flopé d’enfant vit en ce geste une invitation à danser tous ensemble. Comme un seul homme, les enfants se levèrent et commencèrent à faire quelques pas de danse plus ou moins réussit. Les mères qui ne surveillaient leurs enfants d’un œil, tout en se reposant, furent invitées à rejoindre les marmots dans leur petite danse improvisée. Des petits groupes d’enfants entrainèrent aussi avec eux les personnes du parc qui semblaient les plus sympathiques, dans une grande danse communes. Trois gamins, une fille et deux garçons, s’approchèrent du banc où était assis le médecin albinos et lui prirent la main pour l’entrainer de force lui aussi dans cette danse qui manquait cruellement d’une mélodie instrumentale, mais qui était tout de même très gaie et joyeuse. Le médecin fut bien contraint de venir danser avec eux, car plusieurs autres enfants vinrent s’ajouter aux trois de départ pour le pousser dans la danse, qui n’avait que pour seule musique la voix de Lay. Qui fut d’ailleurs bientôt remplacé par des comptines enfantines et entrainantes. Le blond, une fois sa performance vocale finit se joignit à eux.
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Mer 13 Fév - 22:25

Comme s'il s'agissait d'une grande valse, les choses s'accélérèrent. L'orchestre donnait forte, le tempo allait crescendo. Premièrement, regarder ses yeux. Et quel étonnement le frappait quand il distingua les pigments de ses iris s'assombrir dans un cardinal somptueux ! Ce n'était qu'un court instant, mais intérieurement il lui a parut d'une longueur extrêment exagérée. C'est comme s'il avait pu avoir le cliché de cet instant, et l'avait étudié pendant des jours durant. Telle la robe du plus beau vin, l'illusion d'optique l'avait fasciné. Assez pour que la curiosité ne se manifeste à la surface de son esprit. Il comprit bien des choses par rapport à leur précédente rencontre. Ainsi, le jeune homme était capable de sentir ses semblables, et ne se privait pas de les tutoyer et de les désigner comme tel dans ses apostrophes. Les engrenages se mettaient petit à petit en place, et tournaient avec régularité, faisant émerger de plus en plus de questions plus ou moins réfléchies.

Avait-il déjà rencontré d'autres vampires auparavant ? Etait-ce une habitude ? Y avait-il d'autres représentants de cette race dans les rues de Paris ? N'était-il plus si éloigné que ça de cette "communauté" dont il cherchait à se détacher ? Et enfin, qui était-il ce garçon aux cheveux blonds ? Que faisait-il ici en plein jour, avec autant d'enfants ? Des mordus ? Ses sbires peut-être ? Toujours est-il qu'au delà des apparences, Hope Critchlow était en proie à un mélange d'étranges sentiments. Déçu dans un premier temps d'avoir eu tord de considérer le garçon comme un être banal en pleine crise de folie. Dans un second temps ravis de pouvoir faire la conversation avec quelqu'un qui partageait sans doutes ses réflexions sur la condition de "vampire". Mais finalement, il eut l'étrange conviction qu'il fallait s'éloigner de lui. Faire comme si de rien n'était. Eviter le contact, reprendre le train de vie habituel. Vivre responsable de son insouciance.

Mais la musique s'était accélérée. Déjà qu'il sortait de ses réflexions, son vis-à-vis avait receuillit une petite fille et lui chantait quelques paroles traîtant d'amour. Alors que la place s'animait de danses et de rires, le médecin crut opportun de profiter de cet instant pour disparaître. Mais Destin avait ses petites mains et ses têtes sales. Des enfants défavorisés aggripèrent son costume blanc, laissant quelques généreuses traces de terre dessus pour l'entraîner dans le cercle des personnes dansant. Un léger malaise put se lire dans son attitude; ayant été peu préparé à ces circonstances. La voix du blond battait toujours le rythme, et bien que le jeune homme aux cheveux de cendre se sentait en mauvaise compagnie au milieu de tout ces pauvres, il se devait d'admettre que son éducation ne lui permettait pas de refuser quelques pas de danse après avoir été si vivement invité. Ainsi, quelques passantes et passants furent choquées de voir Hope Critchlow esquisser quelques pas de danse polis, discrets, mais notables au vu de sa tenue parmis toutes ces gens. Puis ce fut au tour des enfants de chanter. Les gens se mirent en cercle et battirent des jambes un instant, se bougeant joyeusement dans l'élan de candeur et d'innocence. La voix des taudis avait ce petit côté de bohème recherché chez les grands. Cela relevait d'un exotisme touchant. Ils dansèrent alors, jusqu'à ce que les voix s'étaient éraillées et que les jambes s'étaient fatiguées.

Les passants se dispersèrent, les enfants se réunirent ici et là, assis sur le sol, à se raconter des histoires ou à chamailler du peu de force qu'il leur restait. Le jeune médecin avait été laissé près de la fontaine, encore un peu sous le coup de l'émotion, bien que son expression de neutralité sereine ne l'avait pas quitté une seule seconde. Ou du moins, ses périodes se sourire ou d'étonnement étaient trop courtes pour avoir été aperçues par qui que ce soit. Il s'assied donc sur le rebord de la fontaine, sans se rendre compte que le garçon qui avait entammé tout cela était juste à ses côtés. Du moins, il ne le notifia pas immédiatement, et ce n'est qu'après quelques secondes de battement que le vent apporta les sons de son appareil circulatoire à ses oreilles. Cela n'augurait rien de bon dans ses premiers plans. En effet, il avait prévu de s'éloigner de lui avant que les pauvres gamins ne le forcent à les rejoindre dans leur jeu musical. Il se permit de maudire intérieurement les forces qui étaient à l'oeuvre pour forcer ce rapprochement et, encore une fois obligé par son éducation, adressa quelques mots à son compagnon d'infortune qui se trouvait dans son dos.


«Le monde est petit. N'êtes-vous pas agacé de me voir plusieurs fois aujourd'hui ?»

La plaisanterie coula d'elle-même. Après tout il fallait bien pour le jeune médecin de saluer l'ironie de la situation. Il replaça une mèche de cheveux ayant légèrement glisée lors de la danse. Il savait qu'il était fort malpoli de ne pas avoir de contact visuel avec la personne avec laquelle il conversait, mais après ce petit instant de complicité dans les réjouissances du chant, il se sentait capable de faire cette petite entorse au code de conduite du gentleman. Ou alors était-ce dû à ce petit agacement qui avait naquit en lui au moment même ou il s'était rendu compte que la situation exigeait qu'il reprenne contact avec ce blond qui semblait en savoir long sur la condition de vampire. Il ne tarderait pas de toute manière à s'en aller. Le temps d'échanger les politesses d'usages, et il pourrait mettre son plan à l'éxécution. Bien que cette satanée curiosité l'avait empêcher de le faire plus tôt.

«Je dois bien avouer que votre timbre est entraînant.» Rajouta-t-il alors, sur un ton fort courtois, mais sans empressement aucun; le compliment se voulant relativement spontané.
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Lay Jaouen
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Dim 17 Fév - 16:03




La musique battait son plein dans ce petit parc qui ressemblait à n’importe quel autre. Enfants et adultes, pauvres et plus riches se mêlaient dans la grande danse improvisée par les bambins maigres de la nécropole. Lay avait d’abord chanté demandé par la fillette qui venait de se blesser, puis, accompagné cette fois de tous les enfants, il avait entamé des chansons plus courtes et plus entrainantes. Le jeune homme des taudis aux cheveux d’or aperçu le cercle formé par des voisins et voisines, le médecin vampire dont il avait fait la connaissance plus tôt dans la journée et qu’il avait vu quelques minutes plus tôt sur un banc à le fixer. Ainsi, les enfants l’avaient chopé ? « Le pauvre » sympathisa mentalement Lay, un fin sourire éclairant son visage. Il savait lui-même que c’était dur de vivre avec toutes ses terreurs, alors pour un petit passant qui n’avait rien à voir avec eux, ça ne devait pas être facile de se retrouver entouré de personnes en haillons pour un petit noble.

Les minutes passèrent longues, musicales, entrainantes. Chacun se donnait corps et âme dans la danse, profitant de ce moment de complicité et de détente, bien qu’ils bougeaient tous leurs corps. Si des musiciens c’étaient joints à eux, tout aurait été sans doute parfait, mais Lay se donnait corps, âme et voix pour combler ce manque. Et tout le monde semblait s’en satisfaire. C’était une belle après-midi et tout le monde s’amusait à danser ensemble. Bientôt cependant, les voix des enfants se firent de moins en moins fortes, la danse de plus en plus lente. Au bout d’une heure, le cortège musical finit par se fatiguer. Debout, Lay regarda les enfants s’effondrer presque par terre et les parents s’assoir pour se reposer aussi. Lui n’était pas du tout fatigué et il aurait put chanter et danser pendant encore un certain temps. Mais il préféra s’assoir sur le rebord de la fontaine : il n’avait pas envie de voir les enfants s’accrocher à lui pour leur demander de les porter ou de faire quelque pour les amuser. Lay n’avait pas une seule goutte de sueur qui coulait sur son front. Il était frais comme une rose aux premières lueurs du soleil. D’ailleurs, il imita celle-ci en s’arrosant le visage rapidement avec l’eau de la fontaine, il mouilla ses cheveux blonds par la même occasion. Il se sentait bien comme ça, bien que le soleil le fatiguait plus que de raison, il était encore dans une certaine forme.

« Le monde est petit. N'êtes-vous pas agacé de me voir plusieurs fois aujourd'hui ? »

Lay ne fit pivoter que ses yeux vers la personne qui venait de lui adresser la parole. Il s’agissait sans surprise du médecin suceur de sang. Il n’était pas vraiment étonné de le voir à côté de lui, l’aura que dégage un vampire est facilement reconnaissable, or il était le seul vampire dans les environs. Il ne pouvait donc s’agir que de l’albinos. La voix de ce dernier suggérait l’ironie et le blondin des taudis lui répondit sur ce même ton moqueur de sa voix tout aussi fraiche qu’il l’était :

« Je vois tellement de gens par jour que j’avais presqu’oublié votre visage ! »

Beaucoup penserait qu’en tant qu’enfant étant né et ayant vécu dans les taudis de la belle Paris, il n’avait pas connaissance du mot "politesse", mais avec son travail, il avait côtoyé bon nombre de nobles et il avait appris que pour ne pas louper un travail, il fallait plutôt vouvoyer son employeur. Au début, cela n’avait pas été facile, mais il avait finit par s’y faire. Bien sûr, les clients réguliers avaient le droit à un petit surnom et ils ne disaient quasiment tous rien à ce sujet. Certains même appréciaient beaucoup cette appellation que leurs donnaient ce garçon sal qu’était Lay, ce garçon qui connaissait généralement leurs véritables caractères. Et cette politesse était donc devenu naturel envers les gens avec de beaux habits dirait-on. Oh évidemment, Lay avait eut un petit dérapage envers le médecin au sang moins maudit que le sien en le tutoyant. Mais ce ne fut qu’un court instant et sous le coup de la surprise surtout.

« Je dois bien avouer que votre timbre est entraînant. »

Lay fut presque surpris par ce compliment, particulièrement après leur léger accrochage quelques heures en arrière. Il ne dit tout d’abord rien et un petit silence plana, peut-être était malpoli du point de vue du vampire médecin, mais Lay ne se sentait tout simplement pas de répondre tout de suite. Sa respiration se ralentie, comme s’il entrait en transe, ses paupières se baissèrent, jusqu’à être mi-closes, mais toujours entrouvertes. Son regard se perdit dans le ciel immensément bleu, se voilant légèrement de tristesse.

« Merci… » Souffla-t-il dans un premier temps. « Mais si ma voix est entrainante, c’est seulement parce que je chante pour les vivants, parce que je sais bien à quel point la vie est courte et éphémère… » Dit-il doucement, d’une voix basse mais pas inaudible.

Il ressemblait presque à un vieil homme au bord de la mort. Ce qui n’était, qu’à peu de choses près, pas totalement faux dans le cas de Lay : il était au bord de la mort, il le savait, il le sentait. Il ne lui restait plus que combien de temps ? Un mois ? Trois peut-être ? Un an ou deux dans le meilleur des cas ? Quelques heures seulement ? Il ne savait pas exactement la date et l’heure de son décès, mais il sentait la Grande Faucheuse planée au-dessus de lui, menaçante et à la fois si douce. L’ombre de la mort lui collait à la peau et il ne savait pas comment s’en défaire. Car il était sûr qu’il le pouvait. Mais par quel moyen ? Allez savoir…

Un léger soupire franchit ses lèvres et il ferma les yeux un court instant. Et dire qu’il y avait encore tous ses marmots plus que pénibles qui avaient besoin de son aide pendant encore de nombreuses années… Il regrettait même de ne plus pouvoir aider ses clients, car s’ils venaient le voir c’est qu’ils en avaient vraiment besoin, pour la plupart du moins. Il regrettait tout ça alors qu’il n’était même pas mort, mais encore bel et bien en vie. La pression de la Mort était tellement grande qu’elle le faisait devenir mélancolique.

Il préféra donc reprendre ses esprits, soupira un bon coup avec l’espoir de faire sortir tout ce regret qui s’accumulait en lui et secoua la tête. Lay ne savait pas combien de temps il lui restait à vivre, mais il devait utiliser se temps à duré inconnu avec le sourire. C’était ce qu’il y avait de mieux. En plus, il ne souhaitait pas qu’Evilie ou l’un de ses "petits frères" s’inquiètent pour lui. Il fit donc comme si de rien n’était et lança au médecin en se tournant vers lui.

« Au fait, ça me fait penser que vous ne m’avez pas dit comment vous vous appelez. Et moi non plus d’ailleurs je ne me suis pas présenté. J’m’appelle Lay Jaouen. Enchanté. »

Il avait retrouvé un semblant de sourire qui avait tout de même une part de sincérité, bien qu’il soit encore un peu amère intérieurement et il affichait celui-ci pour le médecin dont il ne connaissant en effet pas le nom.
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MessageSujet: Re: Belle journée ! [PV : Lay]   Mar 19 Fév - 20:04

Lay Jaouen. Etrange prénom pour un parisien. Celui-ci ne sonnait décidement pas français à l'oreille du jeune médecin. Le plus étrange encore était qu'au vu de sa classe sociale, il n'y avait que de très faibles chances que sa famille ne se soit installée dans la ville de leur plein gré. Si jamais il était effectivement d'origine étrangère, cela lui faisait un nouveau point commun à partager. Il devait saluer la réplique tout aussi ironique, quoiqu'un peu moqueuse de son vis-à-vis; mais il n'y avait sans doutes rien à y faire. Les conditions de la ville basse laissaient peu de place à la courtoisie, et ce sentiment avait plus de raison d'être que leur dernière rencontre n'était pas sous l'augure des belles paroles. Hope ne se sentit que très légèrement atteint par cet avoeux d'oublis narguant, se disant qu'il s'agissait très certainement d'une taquinerie, et donc d'un nouveau moyen pour lui d'engager la conversation. Puis, en se retournant un peu, il put avoir un contact visuel avec le garçon. C'était au moment où ce dernier encaissait son compliment sur sa voix. De toute évidence, le silence de Lay laissait supposer un mélange de gène et de réflexion. Ce n'était pas vraiment le but visé, mais le jeune médecin sut s'en accomoder, une fois de plus. Il ne l'avait pas complimenté dans le but de le désarçonner, loin de là. Et bien que sa réponse fut des plus troublantes, son expression perdue attisa un petit peu de sa méfiance. Quel genre de personne pouvait être aussi triste en parlant d'elle-même suite à un "merci" ?

Il sentit la rotation de son corps s'achever, pour afficher non plus son dos, mais son profil à son vis-à-vis, qui avait laissé une question en suspend dans l'air. Hope Critchlow en était encore à se questionner sur le pourquoi de sa réaction. Cela ne lui semblait du moins pas naturel : il avait déjà vu des acteurs arborer la même expression lors de tragédies classiques. Il y avait ce côté de tristesse quasi-surnaturelle qui l'intéressait et le dérangeait à la fois. Ce cocktail était assez dur à avaler après avoir danser sur ladîte voix dont il parlait suite au compliment. Peut-être que Lay Jaouen était un être infiniment plus complexe que son apparence simple le laissait entendre. Il y avait quelque chose de presque... pathologique, dans ce petit coup de mou. L'émotion n'était pas une maladie, mais le jeune médecin perçut que quelque chose n'allait visiblement pas. Simple intuition, il n'y a aucuns doutes. Quoiqu'il en fut, c'est avec son air toujours courtois qu'il consentit à répondre.


«Enchanté, Lay Jaouen. Je m'appelle Hope Critchlow.» fit-il en tendant une main vers son interlocuteur.

Il avait pris la peine d'ôter son gant nacré pour l'occasion, dans les règles de l'art. Il n'y avait aucune raison pour qu'il ne traîte pas avec décence quelqu'un avec qui il avait pris la peine d'engager la conversation. Certes, Lay évoluait dans un milieu où la pauvreté était insoutenable et lui avait à force de travail et d'études réussit à se construire un train de vie aisé et confortable. Deux mondes qui s'opposaient par principe mais qui, d'un point de vue humaniste, se voulaient avoir des points communs : bourgeois et ouvriers travaillaient pour subsister; contrairement à ces nobles paresseux qui ne savaient parler que par la pointe de l'épée; la bouche et la culotte pleines de friandises.


«Evidemment, chanter ne fait pas danser les morts, j'en conviens. » Glissa-t-il à l'adresse de Lay. «Et je suis navré que vous ayez pu croiser des destins aussi volatiles; le monde est malheureusement fait ainsi.» Rajouta-t-il, avec la même voix basse qu'avait adopté son vis-à-vis.

Le jeune homme aux cheveux de cendres se posait encore plusieurs questions sur son interlocuteur. Et il avait une envie irrépressible de toutes les poser, là, à l'instant, ou d'en faire la synthèse, pour mieux faire le tour. Il savait bien entendu que ce n'était pas recevable d'assaillir son interlocuteurs de questions toutes les plus farfelues les unes que les autres, ou de le laisser avec une demande trop vague et trop complexe pour pouvoir s'en sortir. Ainsi, il profitait de ce moment de quiétude, où simplement le contact de leurs mains et de leur regard communiquaient. Arrivé plus proche de Lay, il put terminer de le détailler physiquement : il fut d'ailleurs assez surpris de le voir aussi en forme. Pour quelqu'un de sa condition, il n'était pas rare de voir des rachitismes ou des protubérances osseuses -qui se caractérisaient alors par des bosses-. De même, sa silhouette n'était pas aussi malingre que certains enfants des bas-fonds parisiens; de plus aucun signe notable d'infections, aucun symptôme visible ou audible ne lui parvirent. Hope allait de surprise en surprise, et bientôt, ce fut encore plus de questions qui affirmaient sa volonté de savoir qui était Lay Jaouen.
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Belle journée ! [PV : Lay]

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