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 ~ Clarysse Bellange ~

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MessageSujet: ~ Clarysse Bellange ~   Sam 2 Fév - 16:21

CLARYSSE BELLANGE




feat. Unknown Women ..
    IDENTITÉ :

     
    Nom : Bellange (née Chartier)
    Prénom: Clarysse, mais de manière générale, les gens se rappellent plutôt de moi comme « La Belle Ange »...
    Age : 20 ans
    Date et Lieu de Naissance : Quelque part en pleine campagne française, durant une longue nuit de la mi-décembre.
    Orientation Sexuelle : Hétérosexuelle, à n'en point douter.
    Nationalité: Française, bien que j'estime venir d'un peu partout...
    Groupe : Humaine avec un très faible pourcentage de gènes lycanthropes.
    Classe Sociale: Bohémienne, artiste dans une troupe itinérante.





Description Physique :


« [..] Son suave de la viole de gambe ; rythme lent du tambourin ; cadence entêtante des timbales mêlée à celle, mystérieuse, du claquement des castagnettes emmêlées autour de ses doigts experts. La « Belle Ange » ondulait lascivement, le Diable au corps. Ses pieds nus foulaient la poussière des pavés rudement éprouvés par le temps, tournoyant avec une grâce toute sensuelle autour des flammes du foyer central de ce campement improvisé qui, sous les rayons lunaires et les éclats de voix concomitants, prenait allègrement des airs de feu de joie. Encouragée par les manières grivoises des nombreux admirateurs qui s’attroupaient autour de cet âtre ensorcelant, la jeune gitana aux courbes tentatrices accéléra un tantinet le basculement sec de ses hanches, dévoilant ce qu’elle voulait bien dévoiler, laissant aux spectateurs un sentiment de plus en plus grisant à mesure que le rythme de la musique allait crescendo. L’impatience et la frustration se lisaient sur les traits déformés par le désir et l’ivresse humaine. L’interminable crinière sombre et lisse semblait animée par un souffle irréel ; le genre de pneumâ qu’on n'accorde qu'aux saintes dans les peintures qui ornent l’autel, le chœur et la nef de la maison du saint Père.


Peut-être étaient-ce les rires et les applaudissements de cette foule ô combien hétéroclite qui m’invitèrent à pénétrer plus avant dans ce lieu qu’on appelait avec justesse, la Cour des Miracles. Peut-être était-ce juste le séduisant vibrato de sa voix qui me poussait à suivre ce chemin qui me promettait la volupté, aussi nettement que les trompettes de la cohorte angélique me guidaient vers le Jugement Dernier. Les notes suaves qui émanaient de ses lèvres entrouvertes et délicieusement colorées d’un carmin vif et provocateur, semblaient encore plus magnétiques à mes oreilles impies tant son visage, d’une douceur enfantine, captivait les sens en ébullition du trop jeune clerc que j’étais encore. Toujours est-il que, écoutant mes instincts les plus primitifs, ma carcasse refroidie par cette nuit hivernale se fraya un passage entre tous ces badauds, ces bohémiens, ces saltimbanques, ces pauvres âmes perdues qui erraient sans but dans ce bas monde. Je savais que je n’avais rien à faire dans cet endroit et pourtant, impossible de savoir par quelle volonté mes jambes m’avaient transporté ici. Dès lors, valais-je beaucoup mieux que tous ces ivrognes qui entouraient et célébraient cet autel enflammé aux allures diaboliques ? Sans que je m’en sois rendu compte, j’étais aux premières loges du spectacle qu’offrait la bohémienne, me surprenant à surenchérir les applaudissements de mes comparses d’un soir, un sourire béat étirant mes lèvres gercées par le froid.


J’étais hypnotisé par ses jupons bariolés virevoltant autour de sa fine silhouette, dévoilant parfois un infime morceau de la blancheur de sa jambe tandis que les flammes de plus en plus effervescentes tentaient de lécher le tissu sans jamais y parvenir. Ne ressentait-elle donc point la morsure de l’hiver via la peau nue de ses bras à la pâleur de marbre ? Je crus même discerner, à la lueur vacillante, quelques gouttes de sueur perler dans le creux de sa voluptueuse poitrine, disparaissant dans son corsage moulant. Elle me donnait cette étrange impression qu’elle distribuait sa chaleur autour d’elle, quand bien même je savais que le responsable de cette fournaise qui s’emparait de mon être ne pouvait être que l'âtre central.
Jusque-là, sa fascinante chevelure d’ébène me dissimulait son regard alors même que je ne désirais qu’une seule et unique chose. Je voulais simplement croiser la lueur impudente de ses pupilles, j’aspirais à ce qu’elle me remarque, je désirais qu’elle me choisisse parmi la foule bigarrée. Je rêvais de lui appartenir…
Elle effectua encore un tour, accompagnée par d’autres danseuses qui s’étaient adjointes à son simulacre de Sabbat et, lorsqu’elle passa enfin à nouveau devant moi, mon vœu fut exaucé. La beauté sauvage qu’elle incarnait me fixa l’espace d’une poignée de secondes, mais ce fut comme si elle ne m'avait pas vu. Ses prunelles passaient de l’un à l’autre des mâles en présence sans s’attarder d’avantage, comme si nous n’étions finalement rien d’autre qu’un mur de chair humaine peu digne d’intérêt. Alors, le bleu clair et vitreux de ses iris que j'entraperçus entre ses mèches noires me fit comprendre que jamais elle ne pourrait me discerner, que je sois seul ou dans la multitude. Tous ces ridicules pantins autour de moi, enchaînés à la danse exaltante de cette marionnettiste virtuose, n’étaient que de pauvres fous de croire qu’ils étaient les élus de son cœur et/ou de son corps. Au travers de ces iris aveugles, ils n’étaient rien de plus que des fantoches dotés de voix tonitruantes. Cependant, ne sentais-je pas moi aussi des liens invisibles contrôler mon âme, au point de faire enfler plus encore mon désir de jeune homme pour cette femme dont auparavant je n’avais entendu que murmurer le doux nom, dans les alcôves de Notre-Dame.. ? Mais soudain, la « Belle Ange » reporta à nouveau son regard indéniablement vide sur moi, et un sourire charmeur se dessina sur son séduisant faciès.


...Son suave de la viole de gambe ; rythme lent du tambourin ; cadence chaloupée des timbales ; claquement nerveux des castagnettes ; envoûtante tessiture de la demoiselle accompagnée de celles de ses nymphes mêlées aux voix rauques des représentants du sexe fort. Une étrange transe me prit et je compris bien malgré moi que je me damnerai volontiers pour appartenir à cette délicieuse ingénue…[ ..] »
Etienne de Hutte – Journal d’un pauvre pécheur




Description Mentale :

20 lignes minimum demandées



Derrière l'écran:


    Pseudo : Nel !
    Age: 24 ans
    Comment t'es-tu retrouvé parmi nous?: L'envie de RP à nouveau avec un vieil ami...
    Des Remarques ou impressions? C'est un forum qui m'a toujours intéressé mais je manquais de temps (j'en manque toujours d'ailleurs, mais bon ~). Par ailleurs, j'espère ne pas arriver comme un cheveux sur la soupe, en plein milieu de cette période de réforme !
    As-tu lu le règlement ? Parfaitement !
    Code du règlement : Pingouin valide !


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MessageSujet: Re: ~ Clarysse Bellange ~   Sam 2 Fév - 16:22

Biographie :

PROLOGUE
Tout débute en coulisse...



Mon index et mon pouce caressaient la pointe acérée de la lame que je tenais dans mon giron depuis une vingtaine de minutes maintenant. Confortablement installée sur ma chaise, les paupières closes, la tête basse, je me laissais envahir par les diverses sensations que me procurait mon environnement proche. Par-delà l’infime tissu de toile qui me séparait de la piste, toute une farandole de sons me parvenait : la musique de l’orchestre, les rires des enfants, les hoquets de stupeur suivis des soupirs de soulagement des dames et damoiselles, les encouragements rauques des bonshommes, suivis toujours d’une salve d’applaudissements tonitruants. Je pouvais aussi entendre les chuchotements inquiets de certains des artistes avant de faire leur entrée, les directives strictes du chef de la troupe, les piétinements nerveux des chevaux sur le sol lorsqu’ils s’ébrouaient pour témoigner de leur impatience. A cette atmosphère festive se conjuguaient encore l’odeur entêtante des animaux, mêlée aux effluves insalubres de l’alcool et de la sueur, avec néanmoins un soupçon des senteurs parfumées dévolues aux grandes dames de la société, qui exceptionnellement se mêlaient aux bas-peuple. J’avais vraiment conscience de tout ce monde qui m’entourait ; il m’appartenait en un sens, puisque j’en faisais intégralement partie. Ces gens que je côtoyais chaque jour étaient tous mes frères, mes amis d’enfance, mes parents de substitutions, mes précepteurs et maîtres. Même le public m’appartenait, ne serait-ce que durant ce laps de temps trop court ou j’osais me tenir sur la terre battue de la piste circulaire. Et dans ce monde ou l’apparence était maîtresse, je ne pouvais que me sentir dans mon élément. Après tout, dans les ténèbres de mon infirmité toute réalité m’était interdite. Il n’y avait dans mon esprit de la place qu’au rêve, à l’imagination et au souvenir des temps passés.
Dans un soupir, je délaissai un instant mon arme pour aller chercher un autre objet, mes mains parcourant à tâtons le caisson de bois usé qui me servait de coiffeuse. Mes doigts trouvèrent enfin la texture douce et lisse du petit peigne de nacre. Ils en épousèrent la forme et s’attardèrent sur les rares imperfections, quand bien même ils les connaissaient par cœur déjà. Malgré les années, je me souvenais encore de l’éclat de sa teinte rosée, des sublimes nervures irisées de pourpre. Avait-il terni avec le temps ? Je ne le saurais jamais malheureusement…

Sur scène j’entendais l’orchestre enchaîner son flamenco sensuel. Je ne pouvais qu’imaginer les danseuses tournoyer de concert dans leurs robes saturées de froufrous et de couleurs bariolées. Etant-donné le silence attentif qui semblait régner dans le public, malgré quelques voix masculines encourageantes, j’étais pratiquement certaine que leur numéro faisait leur petit effet. Il y a des signes qui ne trompent pas, même pour une non-voyante. Malgré le tohu-bohu externe, je perçu sans mal les petits pas lents et réguliers de Nana lorsqu’elle entra dans ma loge de fortune. Nana est la doyenne de notre troupe et sa sagesse n’a d’égale que son âge avancé. Comme pour bon nombre d’enfants du campement, elle est ma grand-mère de cœur et je sais qu’elle me considère comme la petite fille qu’elle n’a jamais eu. Nous sommes donc très liées et sa présence ici fait partie intégrante de mon petit rituel pré-scénique. Sa douceur et sa gentillesse m’apaise, calme la crainte qui m’envahit à chaque fois que je me retrouve seule, avec mes ténèbres et les ombres de mon passé pour seuls amis. La vieille gitane prit la masse volumineuse de mes cheveux entre ses doigts usés, je lui tendis le peigne nacré et elle s’employa à me coiffer avec délicatesse. Ce moment d’intimité et de tranquillité me permettait d’occulter tout le reste et de me concentrer sur la prouesse que j’allais devoir effectuer dans quelques minutes. Tout en s’affairant, elle entama le chant doucereux de mes ancêtres et je me laissai bercer par la mélodie pure et simple et la voix intemporelle de cette femme que j’admirais tant. Durant ces quelques minutes volées, plus rien d’autre ne comptait qu’elle et moi…

Soudain, la tenture révélant l’entrée de ma loge s’ouvrit et dans la foulée, la voix grave d’Arthuro, mon partenaire de scène, interrompit le chant de Nana et résonna à mes oreilles encore enjôlée par la berceuse :

-Cinq minutes, niña

Et il disparut dans le brouhaha aussi rapidement qu’il en avait émergé. Alors Nana me prit la main avec bienveillance et y glissa mon peigne, y ajoutant une caresse et un baiser tendre sur ma joue. Je lui souris au travers du miroir que je savais en face de moi, puis j’attendis patiemment qu’elle me quitte avant de porter le peigne à mes lèvres, comme un talisman. A dire vrai, du peu de choses que je possède, cet objet en est sans doute le plus précieux ; moins du point de vue matériel que du point de vue sentimental. Pour quelle raison le chérirai-je toute ma vie durant ? Il faudrait pour l’expliquer, que je raconte une longue histoire, une histoire qui au préalable n’était en rien de mon ressort. Je la narre telle qu’on me l’a narré auparavant, sans vraiment en connaître les tenants et les aboutissants. Tout ce que je puis du moins affirmer, c’est qu’elle fait partie de ces nombreux récits – à l’instar des anciennes légendes grandiloquentes – qui débutent dans le confort que procurent souvent les sentiments et finit par se perdre dans la douleur caractéristique qui leur succède.



CHAPITRE I
L'espoir d'une vie meilleure ?



Les grincements de la poulie perçaient le silence hivernal au fur et à mesure que le vigoureux fermier remontait son seau du fond du puits. Le crépuscule étendait sagement son épais manteau sur la plaine enneigée. Tout était calme, c’est à peine si on entendait les bêtes beugler dans l’étable non loin. Victor Chartier alla remplir l’abreuvoir des chèvres et retourna une dernière fois puiser de l’eau pour l’apporter à l’intérieur de son humble demeure cette fois. Malgré son âge avancé, le fermier était encore dans la pleine possession de ses moyens. Aussi était-ce avec une aisance qu’avaient forgé l’habitude et des années de durs labeurs, qu’il parvint sans mal à remonter encore un énième seau plein. Il avait le dos droit, les épaules carrées et une taille imposante qui le faisait passer pour un trentenaire vieillissant. Seul sa chevelure grisonnante coupée à ras laissait à penser qu’il n’était plus de la prime jeunesse. A vrai dire, il se contrefichait de vieillir maintenant qu’il avait tout ce qu’il lui fallait pour être heureux ; quand bien même la vie n’avait pas toujours été simple pour ce paysan de province. Il avait jadis perdu une femme aimante et un fils en couche. L’aîné de ses quatre autres fils était mort à la guerre, le second était parti fonder sa propre famille deux comtés plus loin. Quant au troisième, il était parti chanceux au bras d’une jeune aristocrate qui s’était amourachée de lui depuis l’enfance. Seul son fils cadet vivait encore sous son toit et l’aidait à la ferme, prêt à reprendre l’exploitation une fois que son père serait trop touché par la vieillesse ou la maladie pour s’en charger seul.
Par ailleurs, il aurait bientôt une nouvelle bouche à nourrir dans son foyer car sa jeune épouse attendait un enfant et n’allait pas tarder à arriver à terme. Mélina… Cette belle bohémienne aux yeux noirs et à l’épaisse chevelure aux longues boucles d’ébènes. Pourquoi l’avait-elle choisi, un an plus tôt, parmi la foule conséquente de ces jeunes soupirants sur la place du marché ? Il ne parvenait toujours pas à comprendre… Toujours est-il que quelques mois après leur rencontre il l’avait engrossé et ils convolaient en justes noces, dans le plus grand secret. Avec le temps, le fermier s’autorisait à penser qu’elle éprouvait de réels sentiments à son égard, bien qu’il se montra parfois un peu bourru et que la vie rurale soit assez rude pour une femme aussi belle. Son ventre qui s’était arrondi au fil des mois était la preuve indéniable de leur amour après tout.
Avec un sourire qu’il ne s’autorisait que dans ses moments de solitude, il regagna sa mansarde dans laquelle il imaginait sa belle assise auprès de l’âtre réconfortant, sous une montagne de couvertures chaudes.

- …Noooooon ! VICTOOOOOR !

Le cri déchirant de sa bienaimée le sortit instantanément de sa rêverie. Immédiatement, ses doigts relâchèrent leurs prises sur l’anse du seau, en déversant ainsi le contenu glacé sur le sol immaculé, puis il se précipita vers la maison en faisant son possible pour ne pas perdre son équilibre dans la neige.

-Lâchez-moi ! Pitié, non !

Lorsqu’il arriva sur le seuil de sa propre maison, il constata avec effarement que sa petite porte de bois de pin avait été violemment enfoncée. Mais ce fut le spectacle qui se déroulait à l’intérieur qui lui fit prendre le plus conscience du danger qu’encourait sa famille. En larme, Mélina s’efforçait de se débattre et se tendait vers son mari en hurlant de désespoir, le suppliant de venir l’aider. Un homme grand et costaud, à la longue chevelure noire la jeta sans ménagement sur ses larges épaules comme si elle ne pesait pas plus qu’une botte de paille. Un second, plus jeune, le visage émacié couvert par un large chapeau, s’occupait de bâillonner la bohémienne pour faire cesser ses vaines suppliques.

- Qui êtes-vous !? Qu’est-ce que vous voulez !? Lâchez-là nom de Dieu!

Voyant que les deux agresseurs n’avaient que faire de sa présence, il attrapa le crochet à bois de la cheminée, déterminé à s’en servir comme d’une arme. D’un pas décidé il s’avança vers le groupuscule, prêt à leur planter la pointe dans le cœur pour avoir ne serait-ce qu’oser s’en prendre à sa belle. Mais c’est en sentant le coup brutal d’une crosse ou d’une massue contre sa nuque qu’il se rendit compte qu’il n’avait pas vu le troisième vandale qui l’attendait derrière la porte ouverte. Les paupières écarquillées de surprise, il s’écroula lourdement sur le plancher en lâchant sa lance de fortune, gémissant de douleur. L’homme le retourna sur le dos et lui assena un violent coup de pied dans les côtes pour qu’il en ait le souffle coupé. Le grand gaillard à la chevelure de jais daigna enfin accorder son attention au paysan. Il fit basculer aussi délicatement qu’elle le lui permettait le corps de la jeune femme dans les bras de son compagnon, très vite assisté par le troisième homme, puis tous deux quittèrent la maison en essayant de maintenir la furie qui s’agitait comme une diablesse au détriment de son ventre lourd.

Une fois ses deux compères disparus dans la brume naissante au dehors, le chef du trio s’accroupit prêt du fermier agonisant, un sourire triomphant illuminant son visage sali sans doutes par de nombreuses heures de voyage.

- Pourquoi… ? parvint à murmurer douloureusement Victor, ce qui ne manqua pas de faire rire à gorge déployée l’agresseur.
- Chartier… Tu n’es qu’un idiot d’avoir cru aussi impunément que tu pouvais nous voler une de nos femmes…

Il attrapa le menton du paysan et le força à plonger son regard dans les ténèbres des siens, si semblables à ceux de Mélina. Victor se remémora alors que son épouse lui avait parlé un jour de son jeune frère Méphisto, un être violent et trop envahissant qu’elle était soulagée d’avoir quitté.

- Ne cherche pas à retrouver l’enfant. Ne tente même pas de nous poursuivre… Tu ne dois plus jamais revoir ma sœur. Suis-je assez clair … ? Comme pour se faire mieux comprendre, il dégaina la dague qu’il gardait sur le flanc, et entailla doucement la joue du fermier. Souviens-toi bien qu’elle ne t’a jamais aimé, vieillard…

Pour la première fois de sa vie d’homme, le paysan sentit les larmes poindre au coin de ses yeux. L’homme se releva et disparu à son tour dans l’embrasure de la porte tandis qu’il le regardait partir avec la femme qu’il aimait, impuissant. Rassemblant ses dernières forces pourtant, il tenta en vain de se traîner vers le seuil de son foyer à présent vide.

- Mélina … murmura-t-il en pleurant, s’agrippant aux planches usées du sol pour progresser jusqu’à la porte.

Dans quelques minutes, son jeune fils d’une quinzaine d’années reviendrait du village. Trop tard malheureusement…
Ce fut après cet interminable crépuscule hivernal que l’on eut dit que Victor Chartier fut accablé d’une décennie de plus… Bien loin de l’image de force tranquille et paisible qu’il s’était forgé avec le temps, il était maintenant devenu un vieillard…

***
Durant la nuit, des kilomètres plus loin, une plainte aiguë résonna dans les ténèbres d’un bois. La roulotte tirée par deux lourds poneys s’ébranlait difficilement sur le sentier recouvert de neige, son coché encourageant les bêtes à grands renforts de fouet et de cris alors que la tempête faisait rage. A l’intérieur gisait Mélina, recroquevillée par la douleur de l’enfantement. L’intervention violente de son frère lui avait fait perdre les eaux et elle avait débuté le travail à peine fut-elle enfermée contre son gré dans la roulotte. Autour d’elle se tenaient Méphisto et Nana, la guérisseuse du clan. L’autre homme était parti en avant avec un cheval afin de chercher du renfort. Mais la belle tzigane savait fort bien ce qui l’attendait durant ce voyage. La mort. Malgré les efforts de Nana pour l’aider, malgré les encouragements un peu rude de son frère, elle savait que ce périple cahoteux était son dernier voyage. Elle perdait trop de sang, elle souffrait trop pour que cet accouchement soit normal. Comme elle regrettait que Victor ne soit pas à ses côtés pour lui tenir la main… Elle n’avait même pas pu lui dire adieu. Son Victor. La dernière chose qu’elle pouvait faire pour lui, c’était mettre au monde son enfant en espérant qu’un jour il puisse le voir, même si les chances étaient maigres. Comment avait-elle pu seulement espérer qu’elle parviendrait à se libérer de cette vie de bohème qu’elle exécrait ? Le sédentarisme qu’elle avait fini par chérir aux côtés de Victor Chartier et son fils n’était finalement qu’un rêve pour des femmes comme elle.

Nana l’informa que l’enfant était sur le point de sortir et qu’elle devait faire un dernier effort pour l’expulser de ses entrailles. Alors elle sentit ses chairs se déchirer et hurla de douleur alors que le petit être émergeait enfin à l’air libre, dans un cri témoignant de sa vigueur et de sa force de vivre. Nana l’emmaillota rapidement dans un linge après avoir sectionné le cordon ombilical, puis livra le nourrisson à son oncle. Celui-ci l’observa avec un sourire paternel, puis s’approcha de la mère qui commençait doucement à sombrer dans le sommeil éternel. Il déposa la petite entre ses bras fatigués de sa sœur et lui embrassa le front.

- C’est une petite fille, murmura-t-il tout contre son visage pour qu’elle l’entende.

Le teint de plus en plus crayeux, la jeune femme fit un effort considérable pour regarder sa progéniture s’égosiller sur son sein. Un infime sourire étira ses lèvres gercées et une larme coula le long de sa joue froide.

- Clarysse… C’est son nom…

C’était le prénom que Victor aurait souhaité pour sa fille, s’il avait été là. Son regard devint vitreux, perdu dans la contemplation de l’enfant née prématurément. Du bout de son index, elle caressa la menotte rosée de sa petite fille, consciente que c’était la dernière fois qu’elle la voyait. Puis tout s’assombrit autour d’elle. Les voix devinrent échos, les sensations la quittèrent une à une, elle avait l’impression de flotter en dehors de sa propre chair.

- Je t’aime… murmura-t-elle dans son dernier soupir, avant de se laisser emporter.

CHAPITRE II
...

Soon ...



Dernière édition par Clarysse Bellange le Dim 10 Fév - 19:45, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: ~ Clarysse Bellange ~   Sam 2 Fév - 16:23

Et peut-être celle-là, même si je n'suis pas sûre d'en avoir besoin uu'
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Allister&Annibal K.
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MessageSujet: Re: ~ Clarysse Bellange ~   Sam 2 Fév - 18:34

Oh une bohémienne ♥ Welcoooome !
Il nous faudra un lien ma chère, rien que pour notre profession commune ~ ♥

Cela dis il te manque un morceau du règlement, je t'invite donc à le rajouter au plus vite !
Bon courage pour ta fiche !



L'avatar est de Charles, la signature de Meli' ! ♥️
Je vous aime mes amours ♥️♥️♥️

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MessageSujet: Re: ~ Clarysse Bellange ~   Dim 3 Fév - 12:33

Hellcome parmi nous, sympathique Bellange! ♥

Juste... Je n'ai pas bien compris, Clarysse est a moitié louve? Car dans ce cas, il y a eu confusion entre les deux formulaires de présentation ~ Mais après je peux me tromper, donc je ferme maggle si c'est le cas uwu



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MessageSujet: Re: ~ Clarysse Bellange ~   Dim 3 Fév - 17:12

Je répond même si je n'ai pas le droit, mais je crois avoir compris que notre petite bohémienne a du sang loup mais lointain (sans doutes une descendante d'hybride) c'est bien cela? :3
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MessageSujet: Re: ~ Clarysse Bellange ~   Dim 3 Fév - 18:57

Ouip ! C'est exactement ça ! De l'eau a coulé sous les ponts depuis et les gênes hybrides ont eu le temps de se brasser dans le sang humain, avec les générations, j'imagine.
Donc je n'ai pas jugé bon de la mettre dans la catégorie hybride, étant donné le peu de pouvoir qu'elle doit conserver de ses ancêtres :]

Edit : Et je vous remercie pour votre accueil, by the way
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MessageSujet: Re: ~ Clarysse Bellange ~   

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~ Clarysse Bellange ~

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